Accueil » Fervent hommage » Votre Nouvelle
Apparence  

 

Le Précepteur

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
Add Chapter
Stories List
Voir les Options:
Sommaire | Plein texte
additions are not allowed l'auteur interdit les ajouts

Chapitre 179: Confidences.4.
(par michele huwart, ajouté le 03/02/05 15:34)


Il ferma les yeux un moment. Pourquoi l’interrogeait-elle ainsi ? Lui ? Un étranger ? Quelqu’un qu’elle n’avait jamais rencontré auparavant ? Et comment se faisait-il qu’elle lisait en lui comme dans un livre ouvert ? Il répondit, pourtant. Sourdement. Avec peine.
- Vous le savez, Damoiselle. Vous le savez aussi bien que moi. Il vous faut accepter les faits. Vous défendre, vous défendre jusqu’à la mort, d’espérer quoi que ce soit. J’aimerais pouvoir vous dire autre chose. J’aimerais pouvoir vous donner une recette, qui vous permette de vivre heureuse. Je n’en ai pas. Je n’en ai pas eu pour moi-même. J’ai eu mal. Et j’ai toujours mal, même vingt-trois ans après sa mort.
Elle restait toujours aussi calme, toujours aussi triste. Toujours aussi digne.
- Merci, seigneur, lui dit-elle. Vous avez raison : je connaissais la réponse à ma question. Pardonnez-moi de vous avoir importuné.
Elle se leva, se dirigea vers la porte. L’Intendant la rappela.
- Attendez, Galea.
- Monseigneur ?
- Vous êtes belle, Damoiselle. Vous êtes intelligente et fine. Mais surtout, surtout, vous êtes forte. Vous vivrez, malgré tout. Et vous accomplirez beaucoup, je crois, malgré votre naissance obscure.
Elle eut un faible soupir.
- Je ne désire accomplir qu’une seule chose. Une seule, Monseigneur.
- Et vous êtes en train de le faire. D’y contribuer, du moins. J’en suis certain.

Lehan sortit du Consistoire. Il était las, très las. Il avait tenté de faire entendre son point de vue. Mais Leurs Saintetés, tout comme les professeurs, avaient passé outre. Lui reprochant son manque d’objectivité, quant au garçon… Le garçon… Thorwald… il devrait lui annoncer. Mais demain… Demain... Pas ce soir… Il aurait voulu pouvoir se convaincre que son protégé serait heureux d’apprendre la grande nouvelle. Il savait pourtant trop bien que ce ne serait pas le cas. Il était si jeune, encore…si jeune. Vingt ans à peine. L’âge de l’insouciance et des émois amoureux ! Il n’y avait pas de place pour l’amour dans la vie de Thorwald, même s’il avait réussi à s’y glisser. Et plus de place pour l’insouciance.
L’initiation aux seconds mystères à vingt ans ! L’initiation qui ferait du jeune prince un prêtre à part entière ! C’était impensable, malgré tous les dons du gamin. Pourtant, au fond de lui-même, le vieux mage devait se l’avouer : le petit était prêt. Prêt à subir l’Epreuve. La dangereuse, la merveilleuse Epreuve. L’était-il aussi à en subir les conséquences ? A prendre les responsabilités d’un prêtre adulte ? Avait-il les épaules suffisamment solides pour supporter ce qui l’attendait ? Son petit… son petit… Il aurait voulu le protéger, comme il avait protégé Königar, du mieux qu’il l’avait pu. Chaque fois qu’il l’avait pu. Mais Königar n’était pas prêtre.
Il n’était que roi…
Ce « que » lui parut incongru. Et lui-même se trouva hautement présomptueux. Et triste. Il n’avait pas pu protéger Königar non plus, songea-t-il. Il avait seulement essayé….
Le seul à y avoir réussi était Ormond de Lammermoor…
Il se sentit soudain très vieux.
Il entra dans la chapelle, et s’agenouilla.

- Qu’est ce que tu fais-là ? Il fait froid, et la mer est mauvaise. Maman m’a envoyée te chercher.
Le jeune homme ne se retourna pas, gardant, dans la nuit, les yeux fixés sur l’immensité des flots.
- Je rentrerai plus tard. Toi, tu devrais être au lit depuis longtemps.
- J’ai DOUZE ans ! se fâcha la fillette.
Douze ans, c’était vrai ! A peine deux de moins que Galea.
Galea…
Ferrand passa la main dans les cheveux de sa sœur.
- Rentre à la maison. Je… j’ai besoin d’être un peu seul.
- Tu es amoureux ?
Il ne répondit pas.
- Dis, tu es amoureux ? insista Sylvae.
- Non… tenta-t-il de mentir. Enfin, oui, mais il n’y a pas que çà. Je n’ai pas envie d’en parler, soeurette. S’il te plaît, laisse-moi.
- Bon, admit la gamine. Je rentre. Mais maman ne va pas être contente. Elle sait que tu es amoureux ?
- Sylvae ! se fâcha le jeune homme.
Sa sœur partit en riant, le laissant seul avec ses pensées.

Voir le chapitre 179 sur 495



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.