Chapitre 247:
Suite et conséquenses.1.
(par
michele huwart, ajouté le 24/07/05 13:53)
|
- Pardonnez-moi, Madame, répondit Ormond à Bathilde. Mais il n’est pas question que nous acceptions votre… votre charité. Nous ne sommes pas riches, mais nous ne sommes pas pauvres non plus. Et, de plus, ma fille a déjà trop de rêves en tête pour, qu’en plus, nous lui permettions d’aller se coltiner avec les grands de ce monde dans un endroit comme Berck, en compagnie d’une Altesse royale. Je suis désolé. Galea voulut se lever, et prendre la parole. Mais ses prunelles saphir rencontrèrent d’abord les yeux clairs de la princesse, emplis de réconfort, et en même temps d’autorité. Elle se rassit, regrettant l’absence de Hunter qui, elle en était sûre, se serait révélé d’un grand soutien, mais que son père avait prié, tout comme Quantor, d’aller « prendre un verre à la taverne », dès qu’il avait connu la raison de la présence de Bathilde, alors qu’il lui avait ordonné à elle de rester. Ce qui était de toute évidence dans l’ordre des choses. Elle lissa pour la troisième fois sa jupe rouge, baissant les yeux d’une façon faussement modeste, pour cacher son exaspération. - Vous ne comprenez pas, Messire, reprit la jeune femme en souriant d’un sourire impénétrable et pourtant chaleureux. Il n’est pas, pour moi, question de « charité » dans cette proposition. Un valet frappa à la porte, entra, porteur d’un cruchon de cidre et de quatre gobelets. Il servit chacun, salua, et se retira. Bathilde but une gorgée rafraîchissante avant de continuer. - Je n’irai pas par quatre chemins, Messire, Madame de Lammermoor. Ce n’est pas mon genre, bien qu’ayant été éduquée dans des palais royaux, de tergiverser. J’aime bien votre fille. Même si je ne la connais physiquement que depuis hier. - Physiquement ? intervint Aëlia, intriguée. - Physiquement, acquiesça la princesse. J’ai beaucoup entendu parler d’elle par Ferrand. Et j’avoue aussi que ses… manigances ? peut on appeler cela ainsi ? afin de persuader Kön, de persuader Guilhelm, de prendre Ferrand à notre service afin qu’il apprenne à nous connaître mieux, m’ont beaucoup plu. Tout comme son « esclandre » d’hier soir. Votre fille a un sacré tempérament, que j’apprécie. Et c’est une des raisons pour laquelle j’aimerais l’avoir à mes côtés dans ce temple de l’affectation qu’est Berck. Aëlia soupira. Elle ne cessait de se tordre nerveusement les mains. - La place d’une fille comme la nôtre n’est pas dans un lieu aussi… mondain que Berck. C’est un endroit pour la haute noblesse, et pour les nouveaux riches. Pas pour une paysanne… La voix de Bathilde se fit très douce, comme pour expliquer une chose très importante à un enfant, bien qu’Aëlia eut presque pu être sa mère, et qu’Ormond aurait pu sans problème être son père. - Votre fille, exposa-t-elle, n’est plus exactement ce que l’on peut appeler une « paysanne ». C’est une future comtesse, la fiancée d’un garçon qui occupe une des charges les plus en vues à la Cour. Une future comtesse instruite par un prince de sang royal. - Qu‘elle a toujours eu l’ambition de mettre sur le trône, lui fit remarquer Ormond. A n’importe quel prix. - Croyez vous que je l’ignore ? rétorqua Bathilde, en regardant fixement la jeune fille. Il n’était pas dans les habitudes de Galea de rester silencieuse, alors qu’elle était le centre d’une discussion. Elle était cependant assez intelligente pour comprendre que Bathilde était son alliée et son amie, et que ce qu’elle pourrait dire elle-même ne ferait que tourner la situation en sa défaveur. Elle lissa à nouveau le dessus de sa jupe en soupirant intérieurement. - Je suis bien informée, fit doucement la princesse. Je n’ignore rien de ce que pouvait penser Galea il y a peu. Je vis désormais au quotidien avec un garçon qui a suivi le même parcours qu’elle-même. Sans compter que l’ami le plus cher de notre couple habite chez vous. Et qu’il est très proche de la damoiselle. Galea devint rouge comme une pivoine, et détourna la tête afin que personne ne s’en aperçoive. - Je sais qui elle est, reprit Bathilde. Je sais ce qu’elle a pensé autrefois, et ce qu’elle pense, aujourd’hui. Vous avez parlé avec mon époux, Ormond, … elle avait dit « Ormond » en toute simplicité… - … dans cette ville même, au chevet de Kön… vous savez quelles sont nos opinions. Ce que nous ferons dès que nous en aurons la possibilité. Ormond opina. - Il n’y a pas de dissensions entre Galea et moi. Son rang social et son manque de fortune ne sont pas non plus un problème à mes yeux. Pas plus que son âge. Aëlia, Ormond, je l’aime bien, et je la respecte. Elle a été gravement souffrante et reste fragile, et les eaux de Berck pourraient lui faire le plus grand bien. Je veux juste lui offrir ce à quoi n’importe quelle personne qui relève de maladie devrait avoir droit. J’aimerais l’offrir à bien plus de gens, mais… je ne contrôle pas les établissements de Berck. Leurs directeurs préfèrent accueillir des personnes cousues d’or, ou portant de grands noms, que des malades ou des convalescents qui auraient vraiment besoin de leur aide. S’il vous plaît… - Non ! Aëlia hurla comme une bête blessée, et éclata en sanglots. - je ne veux pas… haleta-t-elle. Je ne veux pas que ma petite fille s’éloigne de moi plus d’un jour ! Chaque fois que je la regarde… chaque fois que je la regarde, j’ai l’impression que ce sera la dernière… que…. Je ne veux pas… … et elle pleurait de plus belle… Ormond voulut prendre son épouse dans ses bras, mais, fermement, sa fille l’en empêcha. Elle s’agenouilla aux pieds de sa mère, et pris son visage dans ses mains. - Maman -
|
|
Voir le
chapitre 247 sur 495
|
|
|
Script fourni par
,
adapté et modifié par .
|