Accueil » Fervent hommage » Votre Nouvelle
Apparence  

 

Le Précepteur

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
Add Chapter
Stories List
Voir les Options:
Sommaire | Plein texte
additions are not allowed l'auteur interdit les ajouts

Chapitre 261: Réveils.2.2
(par michele huwart, ajouté le 07/09/05 04:32)


Ils étaient de rang égal, avait dit Lehan. Il lui semblait donc logique d’envisager la possibilité de devenir un jour le guide spirituel de l’empire de ses pères. Le vieux mage le détrompa pourtant.
- Tu n’appartins plus à l’Hulanie, désormais, Thorwald. Tu appartiens au monde entier. Allons, nous parlerons de tout ça plus tard, mon garçon. Ainsi que de ce que tu as vécu pendant l’initiation. Pour l’instant, il faut dormir. Tu as été très éprouvé. Et je dois avouer que tu m’as fait une peur bleue.
Thorwald ne demanda pas pourquoi. Il s’en doutait trop. Il se recoucha docilement, et laissa son mentor le border comme un enfant. Néanmoins, avant de se laisser aller au sommeil, il confessa à son maître qu’il était très tracassé.
- C’est normal, lui répondit-il, pour l’apaiser. Tu viens d’être désigné par le Créateur et la Mère pour prendre en charge l’Humanité tout entière. Il y a de quoi se poser des questions.
- Ce n’est pas ça…
Il bâilla, s’excusa, et reprit.
- … enfin, si, ça aussi ça me tracasse, mais vous avez raison. Je reconnais ne pas être assez en forme pour en discuter maintenant. C’est trop… énorme.
Il eut un petit rire nerveux. Enorme, oui, c’était bien le mot.
- … mais il y a autre chose. Je n’étais pas seul, pendant mon « voyage. Je les ai emmenés.
- « Les » sursauta le Mage ? Königar ?
Thorwald opina du chef.
- Et … la jeune fille ? celle que tu as guérie ?
- Pas vraiment guérie, corrigea le jeune prêtre. Juste sauvée. Elle restera toujours fragile. C’est pourquoi je l’ai renvoyée. Enfin, pas tout à fait, mais…
- Renvoyée ?
Cet enfant l’étonnait un peu plus chaque jour. Quel pouvoir de volonté le Créateur avait-il mis en lui, lui qui semblait si frêle, si vulnérable.
Thorwald acquiesça à nouveau.
- Oui. Du moins… elle était comme « à la frontière ». Lehan, je suis inquiet. Je tiens beaucoup à elle. A Königar également. Je crains de leur avoir fait du mal. Ca a dû être très déstabilisant, pour eux, surtout pour Königar qui est resté avec moi presque jusqu’au bout.
« Presque… » nota Lehan « que veut-il dire par là ? »
- Je sais que je les ai ramenés, mais je… je ne sais pas s’ils vont bien. Et je n’ai pas la force de… enfin, de vous-savez-quoi…
Il était épuisé. La torpeur l’envahissait, mais il luttait contre elle. Il voulait quelque chose. Une promesse.
Le vieil homme l’embrassa tendrement, le rassura, lui promit qu’il vérifierait si les jeunes gens allaient bien. Il lui ordonna de cesser de s’en faire. De dormir.
Même si, à présent, lui aussi s’en faisait.

Maury avait regagné ses appartements. Allongé sur son lit, il regardait d’un œil distrait les fresques décoratives du plafond. Les couleurs en étaient douces, délavées par le temps. Il avait toujours refusé que l’Intendant du palais les fasse restaurer. Elles l’apaisaient, et aidaient son esprit à vagabonder. Ce qu’il faisait, en cet instant.
- Alors ? lui avait demandé son père.
- Alors, quoi ? avait il répondu.
Comme s’il n’avait pas su où Aubert voulait en venir.
- Tu ne l’as pas trouvée au cours de ce voyage, ta perle rare ?
Il avait dû avouer que non, et le prince l’avait gentiment gourmandé.
- Tu es trop exigeant, lui avait-il dit. Une femme telle que tu la désires, ça n’existe pas.
Il avait ri aux éclats. Faisant remarquer qu’une telle femme se trouvait précisément dans leur demeure.
- Mais elle est l’épouse de mon Seigneur. Et, pendant que j’y pense, j’ai bien rencontré une jeune fille d’exception à Guelen. Il se fait qu’elle est la promise de mon meilleur ami, voila tout. Vous voyez bien, père, que de telles femmes existent.
Les fresques représentaient un étrange paysage marin. Les yeux di jeune homme effleuraient les vagues et les rochers, tandis que mille pensées décousues lui venaient à l’esprit.
- Il faudra bien que tu te décides un jour, avait insisté son père. Je ne pourrai pas éternellement opposer de refus à mon Roi, ou à ton oncle.
- Nelly est encore une petite fille, avait-il répliqué.
- Plus vraiment. Elle a été présentée cette année. Et Aube a vingt-deux ans…
Maury était conscient d’être privilégié parmi ceux de sa caste. Son père lui laissait le choix de son épouse. Il avait de la chance, ô combien ! Il lui suffisait pour s’en rendre compte de songer à Ferrand. A Ferrand qui avait dû choisir entre sa famille et celle qu’il aimait. Il n’aurait pas à faire ce choix. Mais il se rendait compte, également, que le Roi, ainsi que le Connétable de Dartmoor, cherchaient à positionner leurs filles sur un plan politique, et qu’Hermalle était une pièce maîtresse dans le jeu des trônes. Et que dans quelques années, Hermalle, ce serait lui.
Nelly était encore une petite fille, avait-il dit… mais elle n’avait qu’un an de moins que la Galea de Ferrand…l’épouser ferait de lui le beau-frère de Königar… il appréciait beaucoup Königar… mais on n’épouse pas quelqu’un parce qu’on apprécie son beau-frère… et Nelly le regardait avec des yeux de propriétaire depuis l’âge de cinq ans… chose qu’il n’appréciait que très modérément.
De plus, elle était sa cousine germaine.
Aube, c’était différent.
Il ne voulait pas épouser Aube d’Otrante . C’était aussi simple que cela.


Voir le chapitre 261 sur 495



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.