Chapitre 350:
L'Attentat.3.
(par
michele huwart, ajouté le 08/10/06 19:36)
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Elle sourit, se remémorant le visage de son promis, et ce fit l’esprit dans les nuages qu’elle se dirigea vers les bains pétillants, où l’attendait la princesse. Une domestique lui ouvrit la porte, la referma derrière elle. Ce qui se passa ensuite… Ce qui se passa ensuite, elle le vécut comme dans un rêve, ou plutôt, comme dans un cauchemar. Ce qui se passa ensuite lui parut durer des heures, des mois… des siècles… Alors que tout se déroula en quelques minutes… quelques minutes, seulement. Quelques minutes d’enfer… Au premier regard, elle ne vit personne, dans aucun des deux bassins. Elle hésita. Bathilde lui avait fait dire qu’elle se trouverait là… Au second… elle refusa, tout son corps refusa de croire à ce qui se déroulait devant ses yeux. Deux femmes se trouvaient dans le bassin le plus éloigné. L’une d’elle était Janet, la robuste infirmière qui l’avait soignée le jour de son arrivée. De la seconde, seuls de longs cheveux blonds surnageaient à la surface de l’eau. Eau dont le pétillement disparaissait sous les remous créés par la tentative désespérée de la princesse pour se dégager. Pour se dégager de l’emprise de l’infirmière. De la criminelle qui tentait de la noyer. Qui tentait de la tuer. Qui tentait de les tuer, elle et l’enfant qu’elle attendait. Galea cria-t-elle ? Galea ne cria-t-elle pas ? Elle ne s’en rendit pas compte. Elle courut. Elle courut, comme par réflexe, sur la pierre bleue humide. Vers sa maîtresse en danger. Ver celle que quelques mois auparavant, elle aurait pu, par fanatisme, étrangler de ses propres mains. Bathilde… Elle sauta dans l’eau bouillonnante. Elle agrippa l’infirmière par les deux bras, la tirant violemment en arrière. Surprise, la femme relâcha légèrement son étreinte. Suffisamment pour qu’avec l’énergie du désespoir, Bathilde se dégage à demi, remonte à la surface, tousse, crache… … respire… Mais pas assez pour que la jeune femme puisse complètement se dégager. Et, le moment de saisissement passé, la meurtrière, tout à la rage de son acte, tendue exclusivement vers son but, n’essaya même pas de se débarrasser de l’adolescente qui s’accrochait à elle. Seule comptait la bru du Roi. Seule comptait la mort de la bru du Roi. Elle rattrapa la princesse par ses longs cheveux, l’attira brutalement vers elle. Bathilde hurla. Dans un état second, Galea lâcha l’infirmière. Se saisit ensuite, des deux mains, du poignet de cette femme athlétique. Le lui crocheta dans le dos avec une violence inouïe. Avec une force dont elle ne se serait jamais crue capable. Elle lui crocheta le bras dans le dos, et ce faisant, lui démit l’épaule. Ce fut au tour de Janet de rugir de douleur. De douleur et de colère. Car elle avait bel et bien, cette fois, lâché la princesse pour de bon. Princesse qui, après quelques secondes d’ébahissement, voulut retourner au secours de son amie. Jusqu’à ce que la jeune fille crie à son tour. - Va-t-en. Pense au bébé ! Au bébé ! Essoufflée, désespérée, Bathilde grimpa tant bien que mal hors de la piscine. Incapable de se tenir debout, elle rampa vers la porte de service. Tambourina. Tambourina. Tambourina du peu de forces qui lui restait. Tandis que la meurtrière s’en prenait à Galea. Une Galea qui ne lui résistait que grâce à son état de transe. Bien que blessée, Janet se battait. Elle était grande. Elle était forte. Elle était entraînée. Et en bonne santé. Alors que la jeune fille ignorait tout du corps à corps, n’en ayant pour seule expérience que ses bagarres d’enfant avec Quantor ou Rita. Et qu’elle avait le cœur malade. Elle sentait, à chaque instant, qu’elle faiblissait. Sa poitrine lui faisait mal. Elle ne voyait plus qu’à travers un brouillard rouge. Un brouillard rouge qui se teinta de noir, lorsque la criminelle lui enfonça pour la troisième fois la tête sous l’eau… Elle le sentit, pourtant… elle sentit des bras la ceinturer, se saisir d’elle. Elle sentit qu’on l’arrachait à la poigne de fer de Janet. Qu’on la sortait de l’eau. Qu’on l’étendait sur le sol qui, étrangement, lui parut tiède. Elle entendit, alors que quelqu’un appuyait sans ménagement sur sa poitrine une voix lointaine, mais ferme, lui ordonner de respirer. Voix couverte par les vociférations de Janet… Vociférations parmi lesquelles, elle distingua des mots que jamais plus, elle n’aurait voulu entendre. Et qui lui confirmèrent ce qu’au fond d’elle-même elle savait déjà. L’infirmière avait cru se battre pour Hamerland. Pour Königar. Köni… Köni qui aimait tant Bathilde… Elle ouvrit les yeux et, à travers la brume, aperçut la jeune femme, enroulée dans une couverture, sanglotant dans les bras d’une inconnue. Vivante. Bathilde était vivante. Rien d’autre ne comptait, à présent. Elle se mit à trembler de tout son corps. … « Oh… Köni… pardon… »
« La princesse est morte… La princesse héritière a été assassinée… Les Hamerlandais ont tué la Princesse et sa demoiselle d’honneur » La rumeur se répandit à travers la ville d’eaux comme une traînée de poudre. Jusqu’aux oreilles de Ferrand. |
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