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Le Précepteur

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 444: Pères.4.
(par michele huwart, ajouté le 28/06/07 02:00)


La présence de Garin contre son ventre lui faisait une impression bizarre. Plus douce que lorsqu'elle le tenait dans ses bras. Plus proche de ce qu'elle aurait ressenti, sans doute, en le portant à l'intérieur d'elle même. Spontanément, ses bras entourèrent le nourrisson, comme elle l'avait si souvent vu faire à Bathilde ou Caylen de leur ventre. Elle se mordit les lèvres, tentant de refouler ses sentiments. Garin n'était pas son fils. Elle ne prenait soin de lui que parce que sa mère, sa vraie mère, était souffrante. Elle ne pouvait s'y attacher comme à son propre enfant. Un jour, le plus proche possible, elle devrait s'en séparer, accepter ce qu'il était : le fils d'une autre, et l'héritier d'un trône. Le fils d'un autre, aussi, qui le réclamait.
Elle fut prise de vertige en entrant dans la chambre princière. Guilhelm la fixait d'un oeil désespéré d'attente, mais elle ne se dirigea pas vers lui. Mal assurée, elle s'approcha de Bathilde inconsciente, effleura le front de la jeune femme de ses lèvres, dit quelques mots rassurants à voux très basses. Puis, elle sortit le bébé de son nid douillet, posa délicatement la petite tête contre la joue de sa mère, et le laissa, un trop bref instant, découvrir son odeur, son grain de peau, son souffle fragile. Ensuite, seulement, elle alla vers le prince.
- Mon fils, fit celui-ci en tendant les mains vers elle, telles une coupe. Mon petit garçon !
Elle soupira. Elle n'avait aucun désir de confier Garin à Guilhelm, même pour un temps limité.
- Pas comme ça, répondit-elle brusquement. Découvrez votre poitrine.
Ce qu'il fit, docilement. Elle coucha alors le petit prince contre le coeur de son père, le couvrant au départ de ses mains rassurantes, puis remontant sur lui l'édredon de plumes, ne laissant dépasser que la tête minuscule. Le prince paraîssait désemparé, maladroit, face à ce petit être vulnérable. Il chercha du regard une aide auprès de la jeune fille, qui ne lui fut d'aucun secours.
- Entourez-le. Et parlez-lui. Dites-lui n'importe quoi. C'est votre voix qui compte, pas les mots.
- Mais... geignit-il. Comment ?
- Suivez votre instinct. Vous êtes son père.
Elle faillit ajouter "même s'il est né trop tôt par votre faute". Elle préféra se taire. Pour l'instant. Parce que Guilhelm souffrait lui-même dans sa chair, et qu'il devait s'habituer à la présence de son fils. Elle prit sur elle-même, et s'assit dans un fauteuil profond, se renfermant. Etre aimable avec l'héritier d'Otrante était au desssus de ses forces. Elle ne s'était pas rendu compte à quel point elle lui en voulait avant de se trouver face à lui. Que lui avait-il pris, bon sang, de vouloir rejoindre Castellanne malgré les risques encourus, malgré les avertissements de son ami le plus fidèle ? Pour que son enfant naisse en terre otrantaise ? Il était né en Hamerland, malgré tout. Et Maury était mort.
- Vous me détestez, n'est-ce pas ?
Si elle n'avait pas envie de parler, ce n'était pas le cas de Guilhelm.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.