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Apparence  

 

Ingvais: quand la vie commence

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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1. La vision.
(par Anastasia, ajouté le 05/09/05 16:21)


Vraiment, quand la vie commence? Avec la naissance? Avant? Ou après? Peut-il être le debout, sīl n’y a pas de fin? La sagesse des esprit suggère que ce monde va exister infiniment, aussi que les êtres non-humains. Ce sont les hommes qui le passent, comme on arrive dans un auberge pour le quitter le lendemain.
De même, si les éléments sont éternels, cela ne signifie pas que la vie est un cercle sans portes. Le juin 19, Ingvais en entra un.

La musique l’emmena jusqu’ici – le cœur de la forêt. Elle était douce et mélodique, mais irrésistible. Il éloigna les branches des bouleaux et des saules qui lui bloquèrent la vue. Il voulait voir la source de cette mélodie triste et divine, qui semblait franchir les bornes de ce monde, appartenant à la passé et à l’avenir.
Autour de lui, tous semblait l’émeraude et l’or: l’émeraude du feuillage et l’or du soleil pénétrant sous les cimes d’arbres. La forêt, qu’il connaissait bien depuis sa naissance devint soudain étrangère, modifiée, enchantée, comme il, par l’air mélancolique.
Ingvais entendait le ronronnement d’un ruisseau devant. Il reconnaissait maintenant le lieu par la voix d’une cataracte minuscule tombant d’une rochée. Il fit encore un pas timide, leva encore une branche… Et s’arréta, figé.
Elle apparut, comme apparaître au regard ébahi de mortels des êtres magiques, sortant parmi les écumes et les embruns du rideau cascadant, les paillettes scintillant sur les branches, les joues… Et aussi, les lumières de ses cheveux et ses yeux. Surprit-il une fée, une esprit Sylvaine dont il avait écouté tant de contes dans son enfance?
L’or et l’émeraude… L’or de cheveux courts et l’émeraude des yeux sans fonds, inhumains, qui percèrent son cœur. Il était immergé dans deux lacs forestiers remplis de tristesse pour une seconde qui se déroula vers l’infini.
Et après, le courant de temps se reprit. Elle aperçut sa présence, et, dans les gouttes d’eau, transformant le monde en mosaïque confondue par une averse brillante, elle disparut. Il restait la petite cataracte, retentissante encore de rires et versante des larmes. L’air enchanté, il avait quitté aussi.

Ayant oublié sa chasse, son chien, ses devoirs, ayant oublié près que ce qu’il était, Ingvais errait longtemps dans la forêt. La forêt parait altéré dans la même manière que lui: sanctifiée ou enchantée. Les sons, produits par les oiseaux, les cigales, les troncs et les branches des arbres retournèrent. Il manquait la musique. Il la cherchait partout, suivant les nouvelles sentiers sepentines. Les rameau hochait tristement, le flattait, comme si la forêt, comprenant sa détresse essayait beau le soulager.
Enfin, il se trouva a l’orée du bois, en face des champs. Là, son chien l’entendait, n’osant pas pénétrer sous les coupole ténébreux. La conduite de Vilto était contraire à l’habituelle. Confus, mystifié, comme son maître, le chien flairait longtemps les mains d’Ingvais, méfiant. L’animal ne semblait pas intimidé – plutôt voulant vérifier l’identité de jeune homme. Puis, Vilto l’accueillit comme si son maître avait été perdu sans espoir et retourna soudain. Ingvais le rassura, la flatta les oreilles, rentrant avec cette geste quotidienne de son royaume rêveur.
Il commença à marcher vers son village, monta un haie bas, traversa les champs cultivés et approcha les mures hauts bâtis de grands tronches de chêne. Son chien sautillait gaiement autour de lui, heureux la première fois dans sa vie canine de rentre dans le village.
Le jour s’achevait. L’air était chauffé par les derniers rayons du soleil. Les champs, couverts de blé, parsemés de bleuets, donnaient une aromate douce – et un peu amère, ce jour-ci. Tous était différent de ce que Ingvais avait senti hier, ou la semaine dernière, ou l’étè dernier. Il sentit de changement, d’alarme, mais surtout de joie.


2. Le rencontre
(par Anastasia, ajouté le 05/09/05 16:22)


Le soleil allait se coucher lorsque Ingvais rentra dans son village. Son en plein sens, il étant le seul fils et l’héritier du prince-gouverneur. C’est pourquoi il s’empressa d’interroger la garde, aussitôt qu’il passa sous l’arc massive de chêne vert, sur lequel le nom de la province était gravé profondement en runes pointues. En lettres de la nuit de temps envisagés pour passer jusqu’à la nuit de temps. C’était son devoir de veiller que la forteresse avec l’inscription ait duré, autant que c’était la mission de ceux placés plus haut de prendre soin que ce nuit ne s’ait approché jamais.
Ingvais se sentait reponsable du bien-être et de la sécurité de ses gens. Son père possedait un espace considérable d’une terre fertile, néanmoint mal peuplée, à cause de sa position éloignée. Ce village de peu plus qu’une centaine d’habitants comptait le centre du district presque désert. Dehors les mûres formidables, il demeurait quelques chausseurs solitaires et les bergers errants, comme il y a des siècles, quand un de ses ancêtres reçut la terre pour sa fidélité, bien que pas pour la prouesse, dans une campagne militaire. Il y amena ces soldats et bâtit la fortresse, n’imposant jamais des impôt au gens qui était déjà là. Ces gens vint sous les mûres un jour pour l’offrir son aide et les fruits de son travail – des fourrures, de la laine, des provisions – mais, surtout, pour echanger les serments. Ces rélations perdurèrent à ses jours, et Ingvais se croyait responsible aussi d’une poignée de gens pour la plupart inconnus, à la différence de villageois, qu’il connait tous personellement.
La population de l’extérieur de la forteresse croisaient lentement, parce que les citadins ordinaires de Ratie se méfièrent de territoires incivilisés, неосвоенный, mal fréquentés et parcourus par démons. Bien sûr que Ingvais lui-même n’avait jamais vu rien plus dangereux que un loup ou un ours. Cette frontière toujours restait une de plus paisibles dans le pays qui se développait en tranquillité depuis les siècles, lorsque la dynastie fut rétabli il y a environ quatre cent ans.
Celà n’empêchait pas à son père, qui avait nature de guerruer, de se tenir toujours en garde et en suspicion des parages malconnus qui s’étendaient au-delà, à l’est. Il demandait de ces gens d’être prêts à confronter un dangeur indéfini chaque moment, et il avait éduqué son fils dans le même esprit. Bien que la vie rustique pouvait paraître idyllique, on ne savait jamais à quoi on devrait faire face dans une minute, ou dans une heure, ou dans un jour. À propos de ça, sa mère avait dit qu’ils existaient dans un camp militaire à la veille d’une bataille plutôt que dans une province perdu.
Toute ça dit, Ingvais n’allait pas ignorer ses devoirs à cause de rêveries et se prépara à écouter le compte-rendu de garde attentivement.
- Pas d’attaque, pas d’accident, mon fils, - répéta le plus agé de deux sentinelles les paroles uniformes.
- C’est bien, Leiron, - repondit Ingvais, qui connait bien le garnison aussi que pas mal des cultivateurs et artisans.
- Ce que n’est pas aussi bien est qu’ils peuvent arriver dans peu de temps, comme des invités uninvités. Si ces balivernes de paysans et bourgeois sont vrai. Moi, je ne croie pas dans les contes, - ajouta le soldat, sérieux.
- Quelles contes? – s’inquièta Ingvais.
- Ne vous savez pas? – s’etonna le deuxième soldat, qui avait scrutiné le chemin descendant vers les champs avant de fermer les portes. – Joghann le Borgne est arrivé ce matin.
- Je suis parti à l’aube, juste avant le changement du garde, - repondit Ingavis.
- Et ce maudit est entré avec la cloche, aussitôt que les portes ont été ouverts.
- Donc je n’avait pas l’honneur de le rencontrer. Qui est cet homme dont le nom tu prononces avec tant de mepris, Heimerik?
- Vous ne le souvenez pas, car la dernière fois il nous a rendu le malheur de son visite était dans une bonne vingtaine d’années. Et le même an votre mère est tombée malade, une fillette noble et jolie s’est jétée dans le rivage et le miel produit dans l’auberge était tout amer.
Leiron grogna:
- Il confond tous. Jaindrille s’est suicidée deux mois avant, le printemps. Et il n’y a rien d’étonnant que votre mère, qu’elle soit béni toujours, ne se sentait bien – cela arrive aux femmes après des couches, même ma femme avait cette trouble il y a dix ans. Avec le miel, oui, c’était un problème, mais pas un désastre.
Ingvais, amusé, invita Heimerik à continuer. Les deux hommes avaient des caractères opposés, ce qui declecnhait souvent des querelles badines par un tas de prétextes. Dans ce cas, c’était la confrontation de Heimerik crédule à Leiron beaucoup plus experimenté et scéptique.
- Tout le monde s’accorde que Joghann est porte-malheur, et que son nom signifie le même que peste. Il est aussi hostile à la vie normale que les démons sylvains.
Ces derniers mots causèrent Ingvais sourir doucement, en souvenant la belle “démon” il avait témoigné.
- On ne plaisante pas avec ce genre de choses, - le reprimanda Heimerik, sévère. – Souvenez-vous maintenant ce maudit?
- Oui, j’imagine, mais plutôt vaguement, - reconnut Ingvais ayant fouillé dans ses souvenirs des histoires terrifiantes. – Il est une sorte de sorcier? Ou prophète?
- Pas plus qu’un vieillard malveillant, un vagabond sans feu ni lieu chassé partout comme une peste ou un chien enragé, - fit Leiron en haussant ses épaules. – Je ne croie point dans son liaison avec des puissances de nature ou de divine.
- Porqoui donc il apporte des malheurs partout où il se rend? – rétorqua Heimerik.
- Joghann n’est pas bien aimé. Simplement parce que il est dernier va-nu-pied dans le royaume autrement prospère, et il est aussi d’aspect sombre. Rien de surnaturel,- mit Leiron les pointes sur i fermement. - Tu vas en juger toi-même, mon fils: il s’est dirigé vers votre maison, ayant été chassé de l’auberge. Là, on souviens le miel gâté aussi bien que Heimerik,- Leiron presqu’éclata des rires. – Je n’objecte pas, il porte de malheur, après tous – à soi. Si tu te dépêche, tu y sera juste en temps pour voir ce monstre de Joghann le Borgne chassé par ton père.
- Ce qui va declencher des calamités – mais s’il restera, ce sera encore pis, - ajouta Heimerik.
Ingvais déjà souvenait soufisamment d’histoires décrivant Joghann pour n’avoir pas de volonté de le voir. Bien que ce personnage attira sa curiosité, Ingvais n’était pas pressé de rentrer chez soi. Il s’arrêta souvent pour adresser soi un meunier, soi un forgeron, soi la couturière, soi la femme du laitier. Les marchands voyageants, qui avaient résidé pendant la semaine dernière pour négocier avec son père au carde du plan pour améliorer l’infrastructure du pays et y intégrer enfin cette province, devaient déjà quitter le Versant Vert. Il restait un seul sujet pour des entretiens, comme Ingvais l’avait expecté.
De même, le véhémence de malédiction à propos de Joghann lui étonna. Il avait l’impression que ses compatriotes essayèrent cacher sous leur malveillance un peur. De quoi? Croirèrent-ils que le vieillard allait vraiment jeter des malefices? Prédire une catastophe, en face de laquelle il faudrait agiter vite? Ou le source de cette malaise était simplement le rencontre, la confrontation avec l’incompréhensible, l’inéxpliquable, passant, comme les “démons” les bornes de la vie quotidienne. Au debout, Ingvais ne partageait pas le prejudice supersticieux, mais, de peu en peu, la crainte commune lui envahi aussi.
Il contemplait les rues pavés et devinait dans les cailloux sombres l’avertissement de temps hardi, dans la pussière gris – la signe de déchéance destinée à sa patrie. Le façades multicolores, noirciçants au fur et a mesure que le soleil disparait, lui paraissait aussi mornes que ses pensées.
Tout le monde parlait de Joghann avec tant de mépris que d’enthousiasme, comme s’il était un ennemi à battre. Ingvais sentit qu’il en avait eu assez et accelera ses pas pour fuir ces conversations - ou pour confronter le menace, ne pouvant plus endurer l’attente.
Comme Leiron l’avait prédit, Ingvais arriva juste en temps.
Il avait attendu voir un vieillard sombre, vêtu en noir, avec une sourire méchante et menaçante, jouissant du désastre imminent qu’il seul connait. Comme un corbeau suivant les troupes aux batailles pour se nourrir des corpes et des souffrances. L’incarnation d’une méchanceté triomphante.
Joghann était vêtu en cape gris usé, par-dessus un jaque en cuir, maculé de taches brunardes, qui allait jusqu’aux hauts bottes couverts de boue. Il tenait un crosse dans la main gauche, mais Ingvais divina une forme d’épée sous le cape ample. Joghann était au milieu du court, tourné de côté à Ingvais, qui ne voyait que son profil nettement dessiné et résolu. Ses cheveux, un jour bruns foncé, considérablement blanchis, tombaient sur son visage. Sa tête était tourné vers son père. Daïrilk était sur la perron, barrant la porte, comme pour protéger sa maison. Il régarda son visiteur de l’hauteur d’une aune: il est facile d’être hautaine dans une telle position, ne c’est pas? Une femme pâle et maladive, son épouse, les observait de la fenêtre de la deuxième étage. Une petite foule se reunit devant le cour, écartée, intéressée. Ingvais les passa, puis s’arrêta, n’osant pas entrer le cour.
- Est-il vrai que tu porte le malheur, Joghann? Une simple question, - demanda le seigneur haut placé, moquer.
- Est-il vrai que tous les seigneurs de Ratie dans temps mésuré deviennent soi fous, soi traîtres? – rétorqua le vieillard, d’une voix calme et profonde.
- Comment ose-tu? – tonna Daïrilk, indigne.
- Je t’ai prévenu. Quand ceux à qui tu ouvres tes portes et tes oreiles amènerent des hordes vruelles pour massacrer les gens qui se sont confiées à ta vaillance et à ta sagesse, rappelle ce jour.
- C’est mon suzerain qui j’écoute et aucun d’autre, - râla-t-il.
- C’est aux hommes, pas au trône, que tu as prêté ton serment.
- Je ne crois pas à tes mensonges.
- Va toi-même et vois qui a pris lieu de ton roi légtime.
- Je n’est pas besoin de tes conseils. Dehors! – il siffla aux ses chiens et, dans un clin d’oeil, le cour grouilla des grands animaux féroces. Plutôt loups que chiens, ils pouvaient attaquer et déchirer également les êtres aux pattes et aux pieds.
- Atou! – souria-t-il, montrant d’une géste la silhouette grise.
Vilton aboya, et Ingvais lui saisit par le collier, mais il ne pouvait empêcher à une dizaine de grandes formes ténébreuses, musculées, haletantes et montrantes ses dents tranchants d’entourer une forme grise. Joghann, toujours calme, fouilla dans sa maigre besace. Y sortit un os presque sans chair et la jeta dans la coin de devant droite. Les chiens y filèrent et disparurent dans les arbustes épineux de groseille à maquereaux.
Ingvais, aussi que son père et les autres le contemplèrent, ahuris.
- Tu as des bons gardiens, - remarqua le sorcier avec approbation. – Qui ne vont pas t’aider contre les vrais loups – ni à deux, ni à quatres pattes – qui viendront de ténèbres. Je te laisse. Pas besoine de reconduite.
Le vieillard se tourna lentement et fixa Ingvais d’un regard intense, étrange, rempli d’une puissance couverte. Il sortit, suivi d’une silhouette enveloppée dans un cape gris pareil, souple et légère, presque imperceptible, comme on est suivi de son ombre,.
Les deux ombres contournèrent la foule de droite, passant loin d’Ingvais, qui resta immobilisé et éperdu après le regard du sorcier. Pourquoi, après tout, on appelait Joghann le Borgne, si tous les deux de ses yeux étaient couverts d’un chiffon épais, cependant Aveugle serait un mieux surnom? Soudain, Ingvais le comprit, confronté par ce regard exigeant, autoritaire, au délà le bandage. Et puis, le vieil homme s’en alla, sans utilisant son crosse de la façon des aveugles ordinaires.
Pourquoi, donc, portait-il un bandage? Qui cachait-il? Avait raison les chuchoteries ruraux que le sorcier, venu d’enfer, jouissait d’un oeil démonique?
Paradoxalement, Ingvais n’eprouvait plus peur de cet homme. Plutôt respect, même révérence, et un peu de curiosité. Pas une sorte de curiosité oisive, mais inquiétante: une voix interne lui répétait que Joghann avait quelquechose urgente à les dire, qui les concernait tous. Quoi donc avait Joghann devoilé à son père avant être renvoyé? Quoi rendit son père, d’habitude dûr mais juste et patient, si enragé – et effaré. Presqu’aussi effrayé que les simples villageois.

Une bonne équipe, ne c’est pas, pour confronter le Messire du mal qui allait copnquerir le monde – deux mendiants et un seigneur d’un domaine ruiné et désert. Trois vagabonds – un vieiilard aveugle, une fille muette et un jeune homme éperdu et confiant.


3. La connaissance.
(par Anastasia, ajouté le 06/09/05 12:33)


Dans une salle spacieuse, remplie du meuble lourd et dur de bois sombre une dizaine de grosses bougies luttaient en vain avec les ténèbres; il y avait deux hommes et une femme.
L’un des hommes, d’environ quarante ans, était grand, aussi lourd et dur que l’ameublement, large des épaules, parcourait la salle des pas pésants, faché. Il avait une moustache et une tignasse de cheveux bruns, courts et ébouriffés. Son vêtement était simple, mais de tissu d’une bonne qualité : une chemise grise, dont les manches retroussées jusqu’aux couds montraient ses mains forts, un gilet anthracite et des pantalons noirs enfoncés dans ses bottes bases lacées. Sa femme, elle était de même age, petite et potelée, assisse sur une des chaises à dos haut. Elle portait ses cheveux noirs noués à la nuque et une robe aussi sombre et sage que la nuit, brodée au décolleté réctangulaire et aux manchettes de fleurs-de-lis dorées. Pas de bijoux, sauf un collier de petits agates elle avait reçu le jour de fiançailles. Elle manifestait un air hautain, orgeuilleux, mais dans ses yeux se mélangaient la fatigue, l’angoisse et la peine. Elle n’était jamais en bon sainté, ce qui donnait à sa peau un teint pâlot, même jauni. Elle ne se bougeait pas, le regard attentif voltigeant de son époux à Ingvais.
Ce dernier était debout; il regarda son père, attendant l’explication – en vain. Il prouvait inutile de l’interroger, Ingvais l’avait tenté à deux ou trois réprises.
- Mais quel était le but de sa visite, père? Et pourquoi tu l’as chassé dans telle façon? – Ingvais n’avait dit “comme une bête sauvage”, mais il l’avait pensé.
- Je ne vais pas t’expliquer mes décisions, - coupa net Daïrilk. - Son insolence et ses mensonges sont des raisons suffisants. Je te conseille, si, un jour, ce mendiant aille chez toi avec des mots empoisonnés et faux, de l’éviter. De l’éviter n’importe comment.
- Quelles mensonges a-t-il dit à toi?
- Je ne les réitérerai pas.
- S’agissait-il du roi-gouverneur? Comme j’ai compris, Joghann doutait sa légitimité.
- J’espère que je me suis déjà exprimé clairement: je ne veux pas traiter ce sujet, - dit Daïrilk fermement, regardant son fils dans les yeux.
- Nous sommes si isolés ici, - insista celui-ci, - privés de toutes nouvelles. S’il y avait un changement dans le royaume, nous n'en saurons que après des mois. Et s’il y avait un dangeur, un ennemi, un coup d’état – un assaillemet, enfin – quoi nous portera un message ou des ordres?
- Je les ai reçu recemment. Tout va bien. Il y aura des changements – bienfaisants, qui devrait avoir lieu il y a longtemps. Joghann voudrait les opposer, mais… bien.
- Peut-être, il a raison dans quelquechose? Comment tu sais que c’était les mots du roi-gouverneur? Ne sera-t-il mieux d’envoyer notre courier pour enêtre sûr?
- Je suis capable de distinguer les ordres de mon suzerain des contrefaçons, - rétorqua-t-il, agacé. - Je ne vais pas écouter un mot plus sur ces illuminés vagabondants. C’est très vraisemblable que deux mendiants, un aveugle et une muette, sont immensement plus au courant de l’état politique que moi, - renifla-t-il, meprisant.
Ce jour-la, Daïrilk était obstiné, impénétrable. Il les souhaita une bonne nuit et s’en alla.
Layra restait silente pendant la conversation. Maintenant, elle semblait fatiguée, mais drôlement contente. Elle regarda Ingvais avec une sourire souciante et tendre.
- Qui s’est passé, mon garçon? Porquoi ce besacier t’interesse tellement?
- Je sais pas, mama. Je sens simplement qu’il faut l’écouter, - il fit une pause, sous l’oeil interrogeant de Layra. - Je voudrais savoir plus sur lui, plus que des racontars fantastiques.
- Je pourrais te contenter sur cette question. Cet homme nous a visité, le même automne tu est né.
- Je le sais. Merci, mais je n’en veux pas parler. Pas maintenant. La journee a été trop longue. Bonne nuit, - il l’embrassa et quitta la salle précipitemment.

Quand la maison se coucha, Ingvais sortit. Il parcourut des rues somnolentes. Le ciel nuageux ne laissait passer la lumière des étoiles ou de la lune, mais il y avait une lampade à chaque façade.
Il quitta la fortresse, expliquant à la guarde qu’il allait à la chasse.
Pas éxactement sage et raisonnable, sans armes ni chien; il n’avait même un arc ou un poignard. Il n’aimait pas porter des armes sans nécessité: ce serait comme une appelle à la guerre dans le paix.
Pour le moment, il n’y avait pas besoin d’armes. Une force inconnue, indéfinie l’avait invité au bois, lui promettant la sécurité. Ingvais sentait le dangeur, aussi, mais pas si proche. La force, qui le guidait, elle le garderait.
Une voie étrangement claire, comme un rayon, s’ouvrait devant lui: à travers les champs, vers le colosse noir qui se dessinait à l’horizon contre le gris foncé de nuées. Là, ou elle menait l’attendait une éclaircie, l’aide contre la nuit qui allait les enfermer. Il avait besoin de comprendre, d’avoir un conseil, de savoir ce qui s’approchait.
Il atteignit l’orée et plongit dans l’encre. Il éprouva la même sensation que en s’enfonçant dans le profondeur – la vertige, le bruit de sang dans la tête. Point d’autre son. Le silence – majesteux, écrasant. Pas de musique.
Sous ses pieds, milles des lampyres, des miniscules luminaires vertes, parsemaient l’herbe, évoquants des émeraudes sur le velours. Ils marquaient la piste correcte parmis des ténèbres impénétrables. Dans la forêt, il n’y avait pas d’autre lumière.
Il marchait longtemps, comme dans un rêve. Le silence était peu naturel – même surnaturel: pas de vent, pas de craquement des branches sous ses pieds, ni oiseaux, ni bêtes, ni insectes. Pas de bruissement de feuilles tombant. Il n’entendait plus ni son coeur, ni son souffle. Il ne voyait rien que les émeraudes…
Devant, il apperçut une étincelle. Il sentit un vent le plus léger effleurer son visage. L’étincelle disparut.
Il se mit à courir. Il vut un lueur, un rayon s’évader entre la végétation fournie. Les arbres jeunes et sveltes, aux grandes feuilles échancrées encadrèrent une clairière ronde, au centre delaquelle brûlait un bûcher. Auprès du feu, deux gens étaient assis sur des bûches. Ingvais les surveillait, le coeur battant. Ses capuchons étaient baissés, mais il reconnut Joghann le Borgne: son bâton et son épée étaient étalés sur un tas de bois à sa droite, sous la main. Le petit bûcher, qui Ingvais barra la vue des gens, illumina merveileusement, au contraire, le grand épée lourd. Sur la gaine luisèrent des ornements de jaune et rouge entrelacés, comme des sepents ou des salamandres dançant dans la lave volcanique. La poignée, elle aussi à motifs courbés, donnait un lueur froid du bon acier.
Ingvais ne contemplait pas l’épée, ce n’était qu’une impression piquée tandis que ses yeux glissait vers la silhouette à gauche du sorcier. Elle aussi capuchonnée, son visage couvert pouer le regard d’Ingvais, penchait vers le feu, ajoutant des herbes dans une marmite. Ingvais était sûr que tous les deux, le regard plongé dans les flammes, ne pouvait pas le remarquer. Il hésitait, car entrer le cercle éclairé lui semblait égal à faire irruption dans une maison sans frapper.
- Bienvenu, Ingvais de Versent Vert, fils de Daïrilk, - sonna soudain la voix cuivrée de Joghann. – T’approches, une fois tu es venu. Nous serons heureux de t’accueillir pour cette nuit.
Confus, Ingvais fit un pas. Le silence, rompu par la voix du vieillard, revint. Une branche seche qu’il croqua sous sa pied – elle ne produit pas une sonne.
Son hôte ajouta du bois dans le bûcher et montra d’une geste la place pour Ingvais devant lui, afin qu’ils faisaient ensemble un triangle. Dans le lieu proposer pour lui, Ingvais trouva le troisième morceau de rondin, comme si préparé exprès.
- Je vous salue, - commença Ingvais, incertain de quoi dire à ses gens il ne savaient pas dans le sens propre. La personne à sa droite hocha la tête, en acquiesçant, et il saisit la vue de cheveux dorés, comme l’encadrement des émeraudes éclairées par les reflets.
Il resta figé pendant un bon moment, et il n’avait quoi dire après. Ses hôtes se taisaient. Joghann contemplait le feu, ne prêtant aucune attention à son invité, avant de parler de nouveau:
- Il me semble que nous n’avons pas acceuilli notre visiteur d’une manière convenante. Du moins, pas comme il est accepté dans les parties civilisées de l’empire.
Ingvais pâlit, souvenant quel accueil eux avait accordé son père. Pourtant, Joghann continuait:
- J’ai l’honneur de te présenter la hôtesse, Ellie.
Celle-ci leva le capuchon et opina sa tête. Elle donna à Ingvais un regard court et s’inclina vers la marmite. Elle avait une peau comme le marbre blanc et des lèvres pâles, de corail rose. Et des yeux, comme l’herbe scintillant de la rosée. Dans son habit pauvre, elle était plus splendide que une reine le jour de couronnement.
Joghann, après une pause, reprit:
- J’espère que tu n’objecte pas à ma façon de t’adresser. Si je ne me trompe pas, le droit de plus agés à tutoyer est une coûtume ancienne et encore enracinée, - le vieillard paraissait ironique.
- Non, monsieur. Je voudrais vous faire mes excuses pour Daïrilk, mon père, pour son manque de hospitalité.
- Pas de ça. Ton père serait, sans doute, furieux, s’il t’entendait. S’il regrettera sa conduite un jour, il pourra me passer ses propres excuses. Toi, tu ne m’as pas offensé – pour le moment.
- Et je n’ai pas d’intention.
- Bien. Dans ce cas nous pourrons passer la nuit assez agréablement. Nous avec Ellie ne pouvons pas t’offrir un banquet, seulement des fruits secs et du thé, mais on peut compenser ce défaut par une conversation. C’est pour ça que tu es venu, n’est-ce pas?
- Oui, monsieur. Je croie que je n’avais pas de choix, - ajouta-t-il franchement.
- Non, si tu es ce qui tu es, - repondit Joghann simplement. – Donc, de quoi tu voulais parler?
Cette question évidente pourtant inexpectée lui rendit embarrassé. Vraiment, qui allait-il demander: de répéter ce qui Joghann avait confié à son père? Il en voulait plus. Il voulait savoir ce qui se passait au dehors de la province – au dehors du royaume, peut-être.
- Tu veux pas mal de choses de moi, - fit Joghann, pensif. – Beaucoup de ce que tu veux savoir sûrement est different de ce qui tu en pense et de ce qui croient tes gens, surtout ton père. Je doute que tu sois prêt pour en entendre tout: pour le croire, l’accepter, - soupira le vieil homme.
- Je vais essayer. Il y a un dangeur au royaume, aux nous? Quelquechose du mal va prendre lieu?
- Quelquechose a pris lieu, - lui corrigea Joghann gravement. Soudain, il adressa la fille. – Ellie, porrais-tu nous servir du thé?
Elle eux accorda des coupes du bois couperosé, remplies d’une boisson odorante. Ingvais y trempa ses lèvres, et l’arôme chaleureux de la forêt, des fleurs et des herbes l’enveloppa. Pour un instant, il voyait ses hôtes à travers la buée. La boisson les renvoya aux champs vastes et libres de la nature fleurissante et puissante, vers les bois mystérieux, aux bords des fleuves sauvages et violantes… Il était protégé et réuni en même temps, contre et avec la nature primordiale, les forces des quatres éléments. Le toit des nues, les mûres des feuilles frémissantes doucement, le tapis moelleux de l’herbe courte. Ses hôtes n’étaient pas vagabonds sans feu ni lieu, ils l’accueillirent dans une maison la plus riche du monde.
- C’est le même refrain, - commença Joghann, presque gaiment, la fatigue mortelle se dissimulant derrière les mots légers, - plus ancien que ce monde. Il y a une vieille légende rencontrant que, quand le sable dans les horloges ou l’eau soient écoulé, le seigneur du mal va se réveiler. Lui, qui était tyrane sans merci, qui jouissait de voire les souffrances des peuples, surtout de ses sujets, surtout des plus fidèles. Parceque lui, il aussi éprouvait des peines insupportables. Il voulait voire tous les êtres vivants se tordre de douleur infinie, les corps et les âmes. Il y a presque quantre cents ans il fut forcé à someil. Il était immortel et invulnérable, et les gens forts de cette époque ne pouvaient faire rien d’autre contre lui. La légende explique que ça se passait pendant la trouble dynastique. Le dernier roi de la descendance de Byendrotté devait abdiquer pour rémercier ceux qui l’avait aidé et les passer le trône. La nouvelle dynastie fut établie et l’empire, quoique devasté et considerablément echancré, continuait à exister, retenant la plupart de ses avant-postes d’auparavant. Beaucoup dans cette légende est farfelu et exaggeré, mais dans les pointes principales elle est juste.
- Pourquoi vous me la racontez?
- C’est évident: le seigneur du mal s’est réveillé.
La réaction d’Ingvais fit Joghann penser que le jeune homme ne le croyait pas.
- Je t’ai prevenu que l’histoire entière peut éprouver pas pour toi maintenant. C’est toi qui en voulait tout. Ce qui se passe sur la surface est un changement subtile dans les moeurs et les coeurs de tes compatriotes; la dégénérescence se répands du centre vers les bords. La violence, les crimes et les massacres: le nouveau suzerain traite ses sujets de sa manière favorite. Il veux subir des nouvelles territoires, exterminant leur habitants ou les transformant et les mutilant. Quel que soit le sort il a dessiné pour vous, votre vie habitulle va passer sans mémoire et ce qui le va remplacer… Le changement dans les terres de l’ouest était graduel, mais ce qui a présérvé un coeur clair et des yeux ouverts va le rémarquer. La lumière du jour empêche la vue et donne la semblance du train-train normale. “Par la motion puissante de la nuit, la vérité regagne le lieu…” C’est une ligne d’une ballade appartenant au temps de l’aube de l’histoire, aussi confus et rédoutant que ce qui est devant nous.
- De quoi savez-vous toute ça? Sur l’arrivée du nouveau seigneur – nous n’avons reçu aucune message. Et pourquoi il s’intéresse de nos parages, qui sont si loin?
- Je suis illuminé, selon tes gens et les autres partout de l’empire, - fit-il avec une sourire amère. – Quand à ton deuxième doute, ou espère… La modestie, c’est bien, mais il ne faut jamais se denigrer ni denier son importance. Le nouvel empereur veux gérer toutes les terres, il ne va pas laisser un coin libre pour abrîter une guerrilla. Il a manifesté ses intentions en vous envoyant ses agents.
- Les marchans qui résidait chez nous la semaine dernière?
- Son but était de sonder ton père et votre gens, vérifier s’ils seraient obéissants au nouveau maîtres et ses goûts. Sinon, préparer d’ouvrir la porte à ses troupeaux. Il a trouvé ton père prêt à négocier, mais ce n’élimine pas le dangeur. Au contraire, la résistance sera plus difficile une fois ses loups sauront vos faiblesses et prendront des efforts pour vous affaiblir encore plus. Vous aurez besoin de vous défendre, si vous ne désirez pas devenir semblants à ses servants ombreux dépourvus de tout qui est humaine, méchants et malheureux. La victoire de son maître est assuré par sa pouvoir de corrompre des coeurs, d’y trouver des taches pourries et pénibles et les magnifier, puis utiliser à ses fins. Si tu veux sauver ta domaine, Ingvais, prende garde. Pour qu’une fortresse tombe, il faut que deux ennemis l’attaque à la fois: de dehors et de dedans.
Ingvais regardait les flammes courbantes, les feux de la guerre, des inondations… Qui était cet usurpuer qui avait pris lieu de leur gouverneur et comment il était parvenu à saisir la gestion du royaume sans que personne ne l’aie découvert?
- Notre ennemi, si tu choisis à le battre au lieu de lui servir, pourrait être qualifié par les gens de sorcier – ou, plutôt, de nécromance. Il vit de temps immémorial, depuis le debout des chroniques humaines. Comme j’ai mentionné, il a été assoupi. Sa chambre se trouvait dans les cavernes profondes sous le palais d’Erkelle. C’était le lieu pourri dans le coeur de l’empire. Le dernier roi savait du mal enterré sous ses appartements, et cela l’inquiètait. Il avait voulu s’en débarasser, et il est descendu dans le souterrain. Le deuxième coup est celui du traître, et la justice universelle le renverse. Le dernier gouverneur légitime s’est fuit et s’est caché, dans le misère et l’honte, et son adversaire pris l’empire, en lançant le voile d’ignorance sur le peuple. Si ton père le verra, il peux discerner la déception – peut-être, non, s’il s’est penché vers le mal. C’est pourquoi j’ai offert à Daïrilk d’aller à la capitale et le tester.
- Il ne va pas, - hocha la tête Ingvais. – Il ne croie pas.
- Je sais, - confirma Joghann. Il continua, ni offensé, ni amère, avec du regret et de la pitié. – Les gens me voient comme un illuminé, un fou, ou pire – un mendiant et un menteur.
- Non, - s’empressa de protester Ingvais.
La tristesse blonde dans son capuchon gris leva la tête, comme le soleil matinal se leve pour dissiper la brume. Ses yeux brûlèrent de l’indignation.
- Calmez-vous, jeunes gens, - sourit Joghann, l’air indifférent. – Un sage ne se fâche pas contre des ignorants. Pourrais-tu nous servir encore du thé, ma chere?
Ingvais pris la coupe pleine encore une fois, rencontrant ses yeux chagrins. Il senti la douceur sur ses lèvres, le saveur de l’eau d’une petite source sylvaine, qui miroitait de feuillage, tranquille et claire.

Il se réveilla sous les chansons des oiseaux. Le vent balançait des branches gentiment. Une fumée ruisselait des braises. À travers elle, Ingvais vut vagument le retentissement de hier: la dance silencieuse de feuilles grises. Finallement, il se reveilla pour de vrai.
La clairière était vide. Ses hôtes avaient disparu. Même l’herbe paraissait pas foulé par ses pieds, sauf le lieu ou il était entré. Comme s’il ait accueilli par des esprits sylvaines. Ou comme si ce n’était qu’un rêve.
Il faisait frais le matin, le soleil encore trop bas. Ingvais voulait rallumer le feu, se pencha, et trouva entre des pierres chaudes à côtè du bûcher un coupe à thé, couvert d’un morceau d’écorce de bouleau. Il le prit dans ses mains, senti le chaleur monter dans ses doigts gélés, l’ouvrit. La liquide tiède, d’un goût riche, toujours différent, lui fit revenir.


4. Les villes morts
(par Anastasia, ajouté le 10/10/05 11:14)



Un jeune homme parcourait les rues immaculées d’une fière ville de Cantique. Il surveillait la beauté, l’architecture merveilleuse, par laquelle - une sensation bizarre - il était opprimé. La joie était absente de cette cité d’immeubles riches et pompeux, et les citadins était malheureux. Le séjournant, il était impressionné, mais pas réjouit.
Le jeune provincial pouvait être discerné en moins de rien de résidants locaux. Pas par son habit, simple et élégante, plutôt pas son aspect – clair et ouvert, point d’artificiel, aussi que point de naïveté, mais franc et honnête : un homme qui acceptait les gens comme ils étaient, sans les idéaliser ni les accommoder à ses goûts. Ses yeux gris regardaient résolument devant lui, ne se perdant ni dans la terre, ni dans les nuages. Il avait un visage attirant, amical et sûr. Son vêtement utilisait les couleurs de son contré – un cape en drap jusqu’aux malléoles, un long pourpoint en velours et des hauts bottes d’équitation beiges avec des talons bas. Il portait sa meilleure tenue, car il ne voulait pas arriver dans les villes royaux comme un paysan et souligner que la domaine de son père n’était qu’une frontière pauvre et sous-développé, insignifiante. Il souvenait les mots de Joghann : renier son rôle ne mène à rien autre qu’obscurcir le danger existant.
Ingvais avait été étonné quand son père confirma qu’il pourrait aller à la capitale pour s’assurer qu’il n’y avait aucun raison pour l’inquiétude. Daïrilk même confia à son fils de continuer les pourparlers avec les mandatés du Conseil administratif pour élaborer le projet de développement du district. Le garnison allait être magnifié, en même temps que la plupart de soldats aborigènes serait transférés dans l’armée centrale pour l’entraînement. Des marchands et des entrepreneurs viendraient pour « faciliter la concordance entre la province et le reste du royaume afin de promulguer l’unité ». Puis les troupeaux des explorateur seraient envoyés pour pénétrer des bois vierges autour de Versent Vert, tracer les cartes et pousser la frontière à l’ouest. Les gens pauvres et aventureux arriveraient pour peupler les espaces acquis, aussi que compenser la manque de main-d’œuvre dans ses parages. La co-ordination de ces projets ambitieux exigeait beaucoup des efforts de sa part, comme un représentant de Versant Vert – ce qui ne pouvait pas prévenir Ingvais de faire les observations et d’arriver aux conclusions pas favorables et peu soulageants. Ici, quelque chose n’allait pas.
Bien que ces activités éprouvaient une initiative inopiné et bienvenue, Ingvais songeait qu’il y avait un autre changement, moins agréable. Il n’aimait pas le credo des gens avec qui il communiquait ces derniers jours. Les gens, qui lui regardaient de haut, comme Daïrilk regardait Joghann il y avait un mois, mais au-dedans, cachant cette attitude soigneusement sous une mine complaisante. Par comparaison aux ses co-villageois, Ingvais trouvait des gens urbains sournois, aussi que plus agressifs, plus égoïstes, ne considérant jamais ni les opinions des autres, ni le dégât ils pouvaient infliger ailleurs. Rien ne les regardait outre ses profits momentanés.
De plus, de son départ, Ingvais avait une impression qu’il était suivi. Cette sensation ne le laissait jamais, seulement devenant plus faible ou plus marqué – comme maintenant. Il se tournait et, comme toujours, ne vit que quelques gens, qui marchait précipitamment, enfoncés dans ses calculas. « Ils ne voient pas la beauté de la site autour d'eux. Surtout pas la magnificence de la nature au delà les mûrs de moellons. »
Il décida de rentrer à l’auberge, recommandé par les marchands, qui avaient séjournaient dans le Versant Vert, et qui appartenait à un d’eux. Il se faisait tard, et le matin il allait continuer son voyage vers l’Erkelle.

Son rêve évoquait la nuit, quand il avait parlé avec Joghann et avait vu Ellie. «N’oublie pas que par un geste tout-puissant de la nuit, les choses obtiennent leur vraie apparence , » répéta le magicien. Ellie tourna sa figure divine vers lui, et une sourie près qu’imperceptible parut sur ses lèvres corallines. Elle était si tendre et si triste, cette sourire, étrange à joie, et surtout si belle.
Des vagues théurgiques l’emportaient, et il flottait. Où, il ne le savait pas, et il n’aperçut pas comment son voyage finit.
Dans une chambre aux murs luisants de vert se trouvait deux locuteurs. Au debout, pas plus que deux voix dans une boule de lumière. Une voix masculine et une voix féminine sonnaient, mélodiques, comme une chante de troubadour. Puis, il vit le meubles de lignes lisses, nacré: une table blanche formés comme une coquillage, une couchette avec un édredon cela en soie, un tapis moelleux, comme des algues et le limon fluvial.
-Qui t'afflige, Bella?
-Je n'ai pas vu Kermais si longtemps. Il y a déjà pus qu'une mois il n'a pas venu me voir. Et lors sa dernière visite, il parlait d'une contré à nord-est. De sortir au-delà nos bornes trop étroites. Quelque chose lui y attirait. J’ai deviné le sang - et je n'ai pas l'attaché de l'importance. Ah, ami, - la voix soudain devint brisé, douloureuse, - j’ai fait une mauvaise mère pour lui, comme, aucun doute, je crains, ils sont pour mon pauvre fils. Je regrette ma véhémence de venger il y a vingt ans. Pourquoi votre peuple, vous-même, si sages, ont me laissé le faire? Certes, c'est le deuxième coup qui rentre.
C'était une femme qui parlait. Blonde et pâle, la peau miroitant d'une teinte perse: ce pourrait être l'effet de sa robe - un fourreau aux paillettes minuscules, comme les écailles de poisson.
L'autre voix la répondit, et, bien que Ingvais ne pouvais pas le discerner, il savait - pourquoi, d’ailleurs? - que c'était un esprit.
-Rassure-toi, le Bijou perdu du nord. La coutume de substitution de part, qui afflige tellement des hommes et fait partie de ses accusations contre nous, n'était pas établie par vengeance ni par malignité. C'est une de lois universelles dont on suit, pas plus. Pourtant, ce importe que l'enfant adopté n'arrive pas à sa patrie dans le temps méchant.
-C'est le pire moment maintenant, le pire entre tous les mauvais choix.
-Nous devons prévenir le désastre, même par un prix cher.
-J'y irai. L'interdiction de Daïrilk ne me touche pas.
-Alerte, ce n'est pas seulement le traité avec le prince qui peux nous empêcher. Prenne garde, ma soeur.
-Qu'il prenne garde lui-même! - fit-elle avec défi. - Je vais faire mon devoir.
Puis, le jeune se trouva avoir sorti, errant dans un brousse ombreux et hostile, où au lieu des arbres poussaient des tentacules tordant et mordant. Il était attrapé, impuissant. Les sentiers menaient vers la piège, et, tout finit par se savoir – il était proie dans la chasse…
Mais ce n’était plus qu’un cauchemar – ou était-ce ?..
Sentit-il une présence ? Une présence malveillante. Les yeux mi-clos, il rémarqua une ombre se pencher vers lui. Le seul charge de malice qu’elle émanait était suffisant pour prendre garde, même si une dague à lame ondulante ne chatoyait pas de gris mat dans la main gauche de l’assassin. Sa main droite dessinait dans l’air un ornement tourmenté.
Du coup, Ingvais se rendit compte d’une froideur et du poids sur sa poitrine, comme si un glacier avait été y posé. Il ne pouvait plus se bouger, à peine respirer. Son cœur ralentissant, il observait un mouvement lent de la dague descendante. Il entendait un chant macabre passer d’une note haute et pierçante vers l’ultrason inaudible.
Ce moment-ci, Ingvais souvint la fille aux yeux émeraudes.
Il chercha pour son poignard sous son oreiller, à côte de son sac avec des possessions les plus chères. Sentit la cuir de la poignée, chaude et rassurante. D’un mouvement aussi vite et net que un coup de foudre, il arrêta la dague dans quelques centimètres de sa gorge. Il la bloquait, mais quand il essaya d’écarter la lame, son adversaire prouva beaucoup plus fort qu’Ingvais avait imaginé. Plus fort que l’ours sauvage il devait battre l’hiver dernière, plus fort qu’aucun homme il avait confronté. Quelques secondes, les deux lames croisées faisaient une nonchalante approche vers Ingvais, qui, avec toute la force de sa main droite, tentait à les retenir. Avec l’autre main, il tira au-dessus de sa tête le sac et en frappa l’ennemi à la visage.
Bien que le sac était lourd et dur, l’effet surpassa ses espoir. Pour plusieurs instants Ingvais regarda, stupéfié.
La forme noire se repoussa, comme si blessé violemment, se redressa vers la porte et… disparut.
Ingvais tira les rideau et les volets ; une lumière blafard de la lune jeune pénètra timidement dans la pénombre de la chambre. Le jeune homme surveilla précautionneusement la pièce. Elle paraissait ordinaire, une simple chambre d’auberge, nette et confortable. Rien ici ne indiquait la visite nocturne.
Ingvais commença à douter s’il n’était pas subi enfin à une rêve ou une hallucination. Il se sentait épuisé par les négociation, les nouveautés et les soucis des derniers journées, mais il se força de rester alerte. Il se dirigea la porte.
Le verrou état intact. Il ouvrit et, le poignard dans une mains, l’épée nue dans l’autre, sortit dans la couloir. Là , paix et quiétude reignèrent : sereins, tranquillisants, endormants les craintes. Des lampes à huile, accrochées à la mur aux écartes égales, étaient une source d’éclairage faible et régulier. Aussi mat et monotone que le ronflement parvenant à travers des cloisons épais.
Point rassuré, Ingvais n’avait quoi faire sauf rentrer, verrouiller la porte et se coucher de nouveau. Les armes serrées contre ses flancs, il s’effondra dans un sommeil agité, qui ne lui laissa ni relaxé, ni reposé à la réveille.
Il fut accueilli par l’aube aussi brouillée que lui-même. Il devait procéder pour l’Erkelle.
Il se trouvait dans le cour – pavé, immaculé, en différence de ceci de son père. Ici, le cour d’un moindre tavernier était propre, tandis que ceci du prince-gouverneur provincial était couvert de poussière et mauvais herbes ça et là. A l’envers, l’ambiance de son village distingua favorablement…
Pensif, le jeune homme ota l’harnais de son destrier, qu’il avait sellé lui-même, comme d’habitude. il allait boucler son sac à la selle, quand un marchand, le maître de l’auberge, sorti. Ingvais n’était pas sûr de nom de ceci – Sinfok, ça pouvait être. L’homme portait deux verres.
-Monsieur Ingavis, - l’adrèssa-t-il d’une voix suave et pressé, - j’avais l’honneur de vous accueillir, mais pas de celle-ci de partager un pot avec vous. Notre coutume exige que je vous l’offre.
Cette genre de hospitalité était fortuite et Ingvais se senti mal à l’aise pour avoir jugé les locaux pire qu’ils étaient.
Ce serait la première fois qu’il allait boire d’une coupe autre que celle lui laissé par Ellie. Dès qu’Ingvais l’avait trouvé, il n’avait apporté à ses lèvres aucune autre vaisselle. Cependant, ce serait excentrique voir inconvenant de renverser le contenu de la verre qui lui tendit l’aubergiste dans sa propre coupe- ce qu’Ingvais désirait faire mais ne fit pas.
-Que votre maison prospère ! – proclama Ingvais en soulevant sa verre.
L’aubergiste sourit et s’inclina devant son hôte, l’air content. Le même temps, Ingvais percevit une souffle chaude et un effleurement duveteux sur sa poignée. Son cheval, Fidèlieux, fourra son nez dans la verre. Ingvais, amusé, lui en offrit. L’animal renâcla, souffla ses narines et but.
Dans un instant, le cheval hennit, jeta la tête en haut et arracha les rênes. Ingvais les tenait, mais un mouvement puisant de la bête affolée le renversa. Fidèlieux, une écume sanglante à la bouche, râla, fit trois courbettes et s’écroula.
Ingvais entendait l’aubergiste appeler ses domestiques.
L’image de Fidèlieux, le cheval il connaît depuis l’age de jument, se tordre les convulsions, les jambes fines comme si en bataille avec la mort, privait le jeune homme de raison. Il voulut frapper le traître avec son épée.
Ingvais avait comprit tout. Momentanément.
Le marchand, petit, gros, la physionomie de fureur, brandissait un coutelas, n’osant pas, cependant, se jeter contre Ingvais.
Ce que le jeune homme ignorait, c’était que l’aubergiste, il était malheureux et désespéré aussi. Qu’il avait peur. Beaucoup plus qu’Ingvais. Parce que l’homme gros n’avait rien - même pas de souvenirs faibles, même pas d’espoir folle, encore moins de gens qu’il pouvait aimer – pour le supporter contre la force impitoyable à quelle il devrait rendre compte de son échec. Il regrettait déjà avoir subi à cette force, mais il ne pouvait plus se dégager. Et il enviait et haïssait des gens libres, heureux, ignorants – telles qu’Ingvais.
Ce qu’il voyait, était vaurien, à qui deux douzains des serviteurs s’empêchèrent au secours, munis des haches et des couteaux. Ils s’approchèrent afin de lui encercler, en lui coupant la chemin à la sortie.
Ingvais se lança vers l’étable. Il bouscula le palefrenier et ses deux aides, tout en évitant un coup de fourche, et entra dans la pénombre chaude et odorante.
Son regard croisa un œil sanguin. Une longue gueule moreau, coinça à travers les barreau de la troisième étable à droite, lui scrutait. Sans penser, Ingvais ouvrit la porte et un géant destrier, la couleur d’anthracite luisante, se poussa à l’extérieure. Le jeune homme le rattrapa par le licol et courut vers l’autre porte dans le bout de couloir. Derrière lui, les cris de la poursuite retentissaient.
Une fois dehors, le fugueur sauta en dos de son coursier nouveau-acquis, qui tout de suite se cabra. Le chevalier à peine réussit de se tenir, tant le bond était fort. C’était difficile de manier ce roussin sans selle et brides, mais Ingvais parvint de le calmer, ou moins de le faire accepter l’homme. Puis, l’envoya vers la clôture l’hauteur d’une taille humaine.
Le cour déjà grouilla des hommes. Un des ennemis essaya de retenir les fugueur, faillit d’attraper le cheval par le licou. Un autre les barra la voie et fut bousculé, disparut sous les sabots lourds écrasants. Ingvais déjà atteint la mûr, quand un homme en tablier maculé de sang frais se jeta contre la côté du destrier et lui perça la cuisse avec son coutelas. Le cheval, fou de vacarme dont fut ajouté la peine, essaya d’échapper de cet enfers et fit un grand bond, pour franchir la palissade.
Ingvais s’aplatit contre la crinière, encerclant le cou par les bras, s’unifiant avec sa monture.
La saute était forte et longue. Plus de vol que de saute. Le cavalier avait le temps pour réfléchir comment il allait toucher la terre…
Comme la tonnerre, sonna le frappement de sabots sur le pavé. Par une merveille, Ingvais se trouvait encore à dos du cheval et pas à son propre dos dans la terre. Il se redressa. Pas besoin de fouetter, le coursier galopait déjà à bride abattue – sans bride de tout, plus précisément.
Ils parcourirent la ville comme une tempête, et en ramenant un dégât compatible, démoulant des kiosques et des marchands ambulant avec ses éventaires, sans compter des simples piétons. Le jeune cavalier à peine dirigeait le cheval avec les genoux et n’avait aucun moyen de ralentir sa carrière. Pourtant, il n’en avait pas de volonté.
Seulement après qu’ils avaient, échappé de l’enceinte et même de la vue de la ville, le cheval éreinté se ralentit.
Ingvais glissa sur la terre et arrêta l’animal pour examiner son état et sa blessure.
Le sang dense coulait de sa jambe gauche. L’échancrure, quand même, prouvait plutôt profonde que étendue. Le destrier, malgré son aspect redoutant, malin et méfiant, laissait l’homme de sonder sa cuisse. Le coursier râlait, fumant, les côtés couvertes d’écume.
Ils se trouvèrent dans les vastes champs précédant Erkelle : des plats et des prairies, séparés de loin en loin par des boqueteaux. Aucune maison visible.
Ingvais noua le cheval à un grand chêne au milieu du champ.
Il fourra dans son sac, et la surface chaude et lisse de la coupe talismanique lui vint par hasard sous les doigts. Il sourit. Ne s’arrêta pas pour réfléchir ou rêver, pas encore, sur la signification de développements derniers – ni sur la mort cruelle de Fidèlieux, ni sur l’assaut à lui-même, ni sur la trahison du marchand. Simplement, il sorti une fiole de baume et en appliqua à la cuisse du destrier. Il n’avait pas d’eau pour laver la blessure, et il ne voyait pas des indices d’une source ou d’un ruisseau dans les alentours. Tant mieux, il ne pourrait pas retenir ni son cheval soif, ni soi-même de boire : ce qui n’aurait pas fait du bon ni à l’un, ni à l’autre.
Puis, Ingvais se mit à essuyer l’écume et la sueur de sa monture par des bottes d’herbe. Ensuite, il versa la reste de le baume sur l’échancrure et y plaça un pansement, fait de sa chemise de soie fine. Le grand animal, près que paisible, l’observa avec de intérêt et déjà sans soupçon. Ingvais l’ébouriffa la crinière et lui racla avec des os de doigts la bande aux racines de la chevelure, que la plupart de chevaux aimaient. Ceci faisait, évidemment, une exception : il mesura l’homme de regard impérieux, avec un mépris aristocratique. Il secoua la tête, se dégagea et se mit à pâturer avec de la réserve et la dignité.
Ingvais s'assit, le dos contre l'écorce éparpillé roulure, cueilli un tige et se mit а le mâcher, pour montrer sa conformité avec le destrier anthracite.
Il devait réfléchir. Quoi faire? Où se rendre? Vers l’Erkelle pour la dernière épreuve , qui montrerais que Joghann avait raison ? Quoique ses confidences incroyables ou contraire au raison , il n’était pas toujours possible de comprendre le monde par raisonnement. Il restait pas mal des choses а ressentir, а croire. Avait-il besoin d’aller а l’Erkelle ? Sauf pour déceler quelques détails, se mettre au courant de la disposition pour l’instant et revenir au Versant Vert avec plus de renseignement, afin de préparer une défense plus efficace ? Dans ce cas, cependant, ils auraient peu de temps.
Autour d’eux, l’herbe haut, dur, tronchant, donna un odeur épicé. Il s’avait coupé les doigts en la cueillant, et la vue de sang lui fit souvenir la mort de Fidèlieux. Il senti l’horreur et le fureur, quand pensait de l’assassinat de son cheval. Il ne pensait même que cette agonie était destiné à lui, car ce qu’il voyait, c’était le combat entre son étalon et la mort félonne.
Il faisait midi, chaud et lourd, tout comme l’aromate de la laîche. Le ciel ennuagé, même l’arbre qui les abritait n’offrait pas d’ombre bienveillante. Comme avant l’orage, l’air était chargé d’expectation, d’inquiétude. Ingvais, influencé par cette prémonition, se décida. Il devait revenir, tout de suite, avant que ce serait trop tard.
Ingvais se rendait compte que se serait brutal d’exiger de son cheval éreinté de lui porter tout de suite au Versant Vert. Mais la voix interne lui pressait, et il se mit а marcher, malgré son épuisement, menant le cheval par le licol. Se dernier était visiblement mécontent, mais le suivi docilement, laissant l’herbe dure et apparemment dégoûtante.
Plus tard, Ingvais remonta ; il voulait trotter, pour ne pas subir à trop d’épreuve son compagnon blessé, mais ce dernier, bien fière pour se traîner lentement, choisit un galop précipité. Ingvais ne pouvait pas l'empêcher et, à vrai dire, n'avait aucune vouloir de le faire. Avec chaque lieue dont lui approcha à sa terre, son angoisse augmenta, la crainte tournant en certitude. Il n'y en avait aucun raison, les champs restait intacts et pacifiques, les bosquets - calmes. Ils n'avaient encore atteint le chemin qui se déroulait directement vers portail de l'est, mais il venait de franchir la fleuve qui faisait partie de la frontière interne. Etait-ça un jeu de son imagination recrue ou vraiment la fleuve, ordinairement si jovial et pétulant coulait plus lentement, près qu'inerte, morne, la réflexion du ciel grisâtre décolorant l'eau.
Pourtant, le jeune cavalier se rendait compte que sa monture ne pouvait pas maintenir longtemps cette allure, la distance à franchir restant encore considérable. La lumière blême de jour allait s'éteindre dans peu de temps. Ce jour-là, ils n'arriveraient pas à la fortresse. Et il ne voulait pas l'animal tomber mort sur la route et descendit.
Le cheval prit cette méfiance à sa force comme un défi. Il se courba, essaya à mordre son maître. Ingvais commença à lui parler, pour le raisonner. la bête hennit et rejimba, toute méchanceté et menace.
-Si tu veux pas m'écouter, mon beau anthracite, je vais en suffire sans toi, - dit Ingvais. Il relâcha le licol, tourna et se mit à courir.
L'Anthracite lui suivit - offensé, orgeuilleux et méprisant.
Une sorte d'entente silencieuse s'établit entre eux. L'Anthracite n'essaya plus de mutiner et, dorénavant, ils alternèrent le galop de l'Anthracite et le trot d'Ingvais.
Les deux étaient au bout de leurs forces quand le noir pandémoniaque tomba et le tempête s'éclata.
Il traversaient une grande pinière, qui s'étendait entre eux et le chemin. Ingvais connaissait bien le lieu et pourrait s'y naviguer même sans aucune lumière - ce qui n'était pas le cas, dans la turbulence fulminante du tourmente. Le prince-héritier entretenit son compagnon pour lui calmer - de quoi l'Anthracite, digne et imperturbable, s'en ficha pas mal. Pourtant, Ingvais continuait de le persuader que la maison était proche, qu'ils y arriveraient bientôt, qu'ils seraient en temps. Les moments d'accalmie, le cheval procédait gracieusement, silencieusement, le mouvement des jambes près qu'imperceptible, comme si une statue granite glissait. Ou un phantasme nocturne? Non, son présence était trop solide et rassurant.
L'orage était étrange, ne se relâchant jamais dans la pluie, le foudre et le tonnerre sans cesse. Il se mit à pleuvoir plus tard, à l'aube, quand ils sortirent à la route.

La broué éteignit les feux, mais la senteur des incendies elle ne parvint pas à laver... Ni le sang. Ni la mort.
La voie se tourna la colline, et de ce pré ils devaient voir les chers murs de Versant Vert. Ils ne les voyait pas.


5. L’inconnu
(par Anastasia, ajouté le 01/08/07 13:46)


Ils rencontrèrent le premier corps dans une bonne distance du lieu qui avait été le Versant Vert. Mutilé, l’homme couchait sur le ventre dans une flaque sèche de sang bruni. Ingvais ne s’arrêta pas pour le retourner, et c’était clair que la vie l’avait abandonné il y avait longtemps. Le jeune homme, qui s’avait cru presque mort de fatigue, se mit à courir. Il n’entendait plus si ses pas halètants étaient suivis du tagada des sabots. Il ne voyait que le chemin dont la boue profonde ne tenait plus aucune impression. C’était sur l’accotement que on rencontrait de temps en temps sur l’herbe foulée des tâches du raisiné congelé qui l’averse n’avait pas pu laver. Ou une main déchirée. Ou un ctronc sans la tête. Ou... Ingvais ne regardait pas. Ses yeux étaient tournés vers le lieu où des hautes murailles, des portes sommées d’un arc ornamenté, devait régner. Là, où une fumée flânuese, comme un bruillard, se levait. Un odeur d’empyreume humide et une quiétude profonde du cemitière remplissaient l’air. Finalement, Ingvais parvint au pied de l’haut qui avait été couronné par... qui maintenant était couronné d’une colonne ardoise qui le feu n’avait pas réussi à dévorer. Au fond de cette peinture – car ce ne pouvait être qu’un fantasme, le rêve d’un peinteur posséde par une volonté nébuleuse, surtout pas la vérité – il s’y élévèrent trois ou quatre cheminées bistrées. Ingvais en reconnut une dont les briques supérieures gardaient encore leurs teint carmine. Le teint du sang frais – le couleur qu’aurait dominé le paysage si pas pour le cendre et les charbons qui couvraient tous. Ou s’Ingavis était venu plus tôt. En temps de joindre des corps brûlés qui parsemaient les débris.

- C’est dommage d’entrer cette ville, une fois si belle et fière, comme une demoiselle adorée, conquise et ruinée comme ça, - entendit Ingvais une voix ironique derrier lui. Il se tourna précipitamment pour faire face à un homme qui serait d’environ le même age que lui si ce n’était pas pour son air hautain et sarcastique, désabusé et rempli d’une sagesse destructrice. L’inconnu avait une chevelure aussi noire et raide que la crinière d’Anthracite et des yeux dans lesquels les abîmes des prunelles s’éclipsaient dans l’obscurité des iris. Son visage ferme aux traits réguliers rappellait quelqu’un, mais qui exactement, cela Ingvais ne pouvait pas dire. Bien qu’il sentait que le visage – ou visages - dont les traits de l’inconnu faisaient songer il avait vus maintes fois. L’homme devant lui donnait l’impression d’un sauvage raffiné dans sa cape foncée de trentain nuée au cou avec un cordon torse, une chemise bleu turquin de soi brodée en fils argentés autour de col, et des gantes de cuir lisse sur les mains.
L’inconnu souria, nonchalant :
- J’aurai aimé d’habiter ici, après tous. Versant Vert – j’en avait beaucoup songé, à elle et à ces citadins. Une fortresse ancienne impregnable...
Quoiqu’Ingvais ne se fiaiat pas complètement à cet homme qui avait apparu comme s’il avait surgi de terre, et quoique les manières condescendantes de cet inconnu lui dégoutaient, Ingvais appreçut que les mots masquaient, au-dela l’expression moquese, un regret sincère.
- Est-ce que vous savez ce qui c’est passé ici ?
- Je ne l’ai pas témogné, mais c’est évident. Notre maître d’Erkelle est parvenu à son but. Tout le monde savait que cela allait se passer. N’est-ce pas ?
Ingvais baissa la tête, parce que c’était vrai : tous l’avait su, et persone n’avait rien fait pour prevenir le désastre.
- Donc on paye pour son laisse-aller, - continua l’inconnu, philosophe. – Des vivants comme des morts. En outre, ce n’est que le début.
- Oui, - acquiesça Ingvais. – Peut-être, - ajouta-t-il une banalité dont la vérité il ressentissait, - des vivants seront jaloux de ceux dont les yeux sont fermés pour toujours et qui ne souffriront plus jamais.
En cet instant, une nostalgie profonde et aigue de tout ce qui avait été consommé par le feu avec la fortresse pierça Ingvais. La vie quotidienne dans les rues et dans les champs, les « ça va »’s des artisans, des petites fleurs jaunes dont le nom il ignorait qui se poussaient dans la poussière des ruelles, la cloche du matin annonçant l’ouverture des portes, l’arôme du pain qui envahissait la maison à l’aube, les sourires maternelles de la couturière chaque fois Ingvais arrivait dans son atelier, car Layra n’aimait pas coudre... Et encore...
L’inconnu souriait. Le sourire était amer, narquois. Il ne savait pas ce qui était Versant Vert, et il ne le saurait jamais.
- Si, - répondit-il, jouissant de sa superiorité, - des morts seront sur la roue encore. Il connaitront plus de douleur que des vivants puissent éprouver dans la courte période avant leur annihilation. Sinon, ce massacre n’aurait pas eu sense pour le dirigeur qui l’avait ordonné.
- Mais comment ?..
- Il en dispose des moyens, - l’assurat l’inconnu, serein. – Est-ce que Joghann le Borgne ne t’a pas éclairé sur ce qu’advient aux tués par les serviteurs du roi de Ratie actuel ? Il me semble que non. Cela est venu comme un surpris pour lui aussi, - gloussa-t-il. – Le vieux Joghann... Dans ses jours de comabts des Renés n’étaient pas encore le cas. Cependant, tout se développe, même les capacités du mal.
L’inconnu parlait avec insouciance, ce qui aurait rendi Ingvais furieux, lui avait fait détester, même haïr ce cynique si le prince-héritier (ou le prince tout simplement, qui sait ?) n’avait pas rémarqué que le jeune homme aux yeux d’un savant endurci avait des poignées serrées.
- Qui est vous ? – l’interrogea Ingvais. De quel abîme provient votre savoir ? Je voudrais que vous me le disiez avant de vous demander qui menace aux... – sa voix cassa. Qui pouvait-il dire ? « Aux mes sujets défunts »? « Aux ces malheureux » (accompagné d’une geste large) ? « Aux mes compatriotes » ? Il finit, – aux gens tués par l’armée de l’usurpeur. Et quoi on peut faire pour écarter la malédiction.
- Tu veux pas mal des choses, Ingvais, - ria l’inconnu. – Pourquoi pas le soleil, l’empire d’antan et une reine ou une déesse comme épouse ? Tu puisses bien l’atteindre, avec une telle naïveté, - ajouta-t-il plus bas.
Ingvais, bien que les manières de ce railleur étaient agaçantes, essaya de garder son sang-froid. Le fils de Daïrilk était impatient, l’inquiétude lui harcelait, mais la mort qu’il sentait dans l’air, le sent de la tristesse qui précède le départ, plus fort que l’odeur de brûlé, lui disaient qu’il n’y restait plus à qui son aide serait utile. Son intuition lui chuchotait aussi qu’il fallait garder la patience avec cet inconnu. Donc Ingvais attendait, son régard absorbant des sourcils large et intrépides comme les ailes d’un épervier plânant en cercles en haut de sa proie, le nez aquiline rassemblant au profil du cheval de sang, le menton carré. Ingvais apperçut un pendentif d’une pierre sombre et lisse en forme d’une goutte applatie sur son cou.
Après une minute, l’inconnu, dont les yeux avait été plongés dans la vide, comme si son interlocuteur n’existait jamais, continuat :
- Mon nom... Si on le traduit dans votre langue est Meprisé. Je viens des landes maudites pour des Ratiais, des contrées à l’est.
Meprisé attendait avec curiosité la réaction d’Ingvais. Mais les événements des derniers semains et, en particulière, de ces derniers jours, avaient épuisé sa capacité d’être choqué, et l’homme aux nom et extraction si extraordinaires réprit :
- Ce que Joghann ne t’a pas expliqué, car il ne le savait pas lui-même, c’est que des morts rejoignent l’armée du seigneur victoreux. Les troupeaux de ses serves accroîssent. Il n’importe point combien il perde dans une bataille parce qu’il est sûr de recevoir un renfort avec le crépuscule. S’il avait besion des raisons pour son hargne, ceci en serait un. De même si on avait besoin des preuves qu’il est invincible, - Meprisé souria de bout des lèvres.
Pour un moment, Ingvais vit une légion de morts marchant au combat.
« L’haine et le douleur les remplissent. Ils sont mutilés au-dela reconnaissance. Ils désirent la vraie mort, une dissolution, et ils ne la obtiendront jamais tant que leur souverain garde sa puissance néfaste. En même temps, ils s’en veulent aux vivants, et ils cherchent des les amener tous au leur royaume de supplice et de désespoir, » - entendut Ingvais. Il se vira vers Meprisé. Ceci ne souriait plus.
- L’ennemi n’est pas invincible, - rétorqua Ingvais. – On trouvera comment lui battre et libérer ses serfs.
- J’ignore si ce dernier soit possible, - haussa les épaules Meprisé, détendu. – Quand même, si tu veux bien emparer des morts de Versant Vert leur sort épouvantable, il y a une possibilité. Mais ce n’est qu’un espoir bien douteux et fou.
- Quoi dois-je faire ? - Ingvais s’en ficha des derniers mots qui Meprisé savoura en les articulant.
- C’est simple. Il faut mettre les gens d’ici-bas vraiment ici-bas, les enterrer avant le coucher de soleil, - expliqua-t-il et, après une courte pause, - ah oui, il faut aussi avoir le temps de partir le plus loin qu’il soit possible si on ne songe pas de goûter le destin on a épargné aux morts.
Selon les tributs Daïrilk avait reçus après la moisson l’année précédante, il y avait été un cent et quartoze gens, des bébés exclus, à Versant Vert. Même si on soustrait de ce chiffre des chausseurs qui migraient dans les forêts et les marchands qui ramenaient des produits locaux aux autres villes du royaume... Le soleil dans l’embrun rayonnait de chaleur de l’haut du ciel. Combien des heures y restait avant que la disque voilée touche l’horizon ?
- Merci, - hocha la tête Ingvais. – Il y a de travail à faire, mais je l’accomplirai. Ou partagerai les souffrances de mes compatriotes, - finit-il d’une voix presqu’inaudible.
- Bien sûr, on pourra causer en travaillant, - s’accorda Meprisé en otant sa cape et le posant sur un tas des briques couvertes de cendres.
- Vous... vous allez m’aider ? – s’étonna Ingvais.
- Evidemment, pas te retarder.
Ils se mirent à ramasser des cadavres. Ingvais avait mal à reconnaître les rues – aussi que les gens. Pas loin des portes, il y avait été une forgerie – maintenant des débris de bois et pierre fumants. Ingvais s’y était arrêté souvent pour changer les fers de Fidelieux, remanier son épée ou son poignard, pour prendre des lances pour ses flèches... Comme enfant, il aimait accompagner les serviteurs pour ramener des varieux objets ménagers qui avait été ordonnés. Il aimait regarder comme des fers, des couteaux, des fiches ou des allonges prenait la forme sous les mains musclées et agiles du géant à une barbe rouge. Il sembla à Ingvais qu’il discernit dans les ruines l’enclume. Dans deux pas, une forme humaine couchait. Ingvais ne pourrait pas dire si ce corps tordu par des convulsions, le visage lacéré horriblement, appartenait à l’homme jovial, aussi vif que le feu dans son fourneau, qui avait été fier comme un roi de son métier.
Ils choisirent pour la fosse un verger près de la manoir princière où seulement des troncs nus, déformés par l’incindie, évoquaient les pommiers et les cerisiers qu’y avaient affruité. Un pommier dans le centre du jardin était le moins atteint par les flammes et montait ses branches noires comme en deuil. Ils posèrent à son pied ceux qu’ils apprtoaient sur un brancard imporovisé de la cape d’Ingvais et des perches trouvées dans la forgerie. Souvent, leur fardeaux était constituait par des morceaux de chair brûlé plutôt que des corps. La lumière du jour, déjà blême, s’éteignait lentement au fur et à mesure que l’amas des cadavres s’accroissaient.
Le soleil avait effleuré l’horizon par la partie inférieure de son cercle vibrant, tous soudainnement, comme pour les avertir du passage de temps quand Ingvais et Meprisé enfoncèront les houes ils avaient trouvées dans la cabine où le jardinier tenait son outillage. C’est bien étonnant, mais la cabine était dans la meilleure condition parmis tous les bâtiments de la ville. E voyait que des ruines carbonisées. On aurait cru que la maçonnerie même avait servie de combustible pour le feu, et la base de la cheminée solitaire de la maison familière d’Ingvais était entourée par des braises. Des morceaux de pierre craquait sous leurs bottes quand Ingvais et son compagnon tirèrent... Maintenant, le soleil était prêt à disparaître derrière un rideau éloigné des arbres, et il ne restait qu’une heure pour cacher la récolte la guerre avait amenée.
Ils étaient éreintés. Ingvais aurait tombé d’épuisement si ce n’était pas pour le sens de devoir vers ses administrés, qui avaient été aussi ses camarades, ses proches, ses gens. Il fallait creuser une fosse pour abriter une bonne centaine des morts dans moins qu’une heure... Ingvais n’avait pas peur qu’il allait partager le destin de ces morts. C’est seulement que il était ahuri par la pensée que tous ceux il saluait une fois sur les rues ou dans les champs, sur la grande route ou sur les sentiers, qui lui rendaient des services ou racontaient des histoires amusantes, qui venaient à sa maison le debut d’hiver pour offrir ce qu’ils avaient gagné par leurs travail... Des gens avec lesquels il avait grandi, respriré le même air, partagé les fruits de la même terre... Le jeune homme frissonnait à l’idée qu’une haïne sans borgnes allait les consummer comme les flammes dont l’horreur ils avaient vécu – et par sa faute aussi. Obsédé par cette reflexion, il enfoncait son houe avec une véhemence désesperée.
Soudain, il entendut une voix chanter. Il se tourna vers Meprisé pour une explication – et ne la demanda pas. Le travail, le sol endurci par le feu, les mouvemenets d’houe dans les mains on ne sentait plus, comme si elles appartenaient à quelqu’un d’autre – cela comptait, et rien de plus. Meprisé, comme Ingvais, continuait de fossoyer. La voix qui chantait était différente de la voix qui apostrophait Ingvais pendant leurs conversation. Cette voix, parfois brisé, parfois rauque, retentissait dans les vagues de chaleur vespéral, et le chant... La langue était étrangère à Ingvais. Elle évoquait la patience éternelle des élements comme le soleil ou la lune, l’éther ou l’eau ou la terre. Des fleuves et des deserts, des forêts et des prairies, des montagnes et des vallées se fléchaient devant l’attente placide qui était au coeur du chant.
D’un coup, la mélopée virait à un hymne autoritaire et féroce, faisant Ingvais, pour la première fois, reflechir à vengeance.
Le temps... s’arrêta-t-il ? Le soleil était là, caressant gentiment les cimes des pins à l’ouest quand ils mirent des premiers morts dans la fosse. Et le soleil n’a pas disparu quand le travail était presqu’accompli, tandis que le chant coulait, se mêlant aux odeurs de brûlé, de terre humide, de sang, et de colère.
L’incantation s’interrompit à demi-mot, et Ingvais se trouva au bout du trou rempli de cadavres couverts de suie et de boue qui on ne pouvait plus distinguer de sang congelé. Au centre, près de la surface, il y couchaient Daïrilk et Layra, main dans la main. Ingvais les reconnut malgré le sang bruni qui couvrait leurs vêtements, les rayures et le douleur qui altéraient leurs visages. Il ne souvenait pas comment ils étaient placé dans la fosse ni qui avait lavé leurs fronts – tous les puits ils rencontrèrent dans la ville étant à sec.
- Qu’ils reposent dans le paix, jusqu’à la réunion des mondes, - scanda une formule rituelle Meprisé, qui avait repris un ton condescendant.
- Que leurs âmes connaissent des prairies infinies aux astres, - continuat Ingvais, lui aussi utilisant des paroles prescrites, qui, d’ailleurs, lui toujours laissaient perplexe.
Meprisé répondut, se départisant de l’usage de Ratie et faisant le rituel encore moins compréhensible pour Ingvais :
- Qu’ils ne reviendront jamais ici, où ceux qui rénaissent sont enfermés pour l’éternité.
Ensuite, Meprisé commença à mettre la terre sur les gens de Versant Vert en sifflant un air joyeux. Comme le soleil s’était déjà caché pour deux quarts, Ingvais n’osa pas ni interroger son camarade ni le réprimander pour son attitude sacro-sainte. Quand la dernière motte couvrit le fosse, Meprisé adressa à Ingvais un regard agacé et déclara :
- Donc, on n’a plus de temps pour se cacher dans le bois. Qui vas-tu faire, Ingvais, digne fils de Daïrilk ?
Ingvais ne fit pas attention à la moquerie contenue dans la mine et l’intonation de Meprisé quand ceci prononçait les derniers mots.
- Je regrette que tu devras partager le sort dont tu m’a parlé, - soupira Ingvais. – Quand même, on peut essayer de se sauver. Je suis venu en cheval, et...
Meprisé esclaffa :
- Ton monture avait plus de raison que toi, sage et brave héritier de Daïrilk, prince de Versant Vert. Tu n’a pas besoin de t’inquièter de ton destrier.
- Il y a une ravine couvert des buissons au pied de la ville, c’est pas loin, - répondit Ingvais fermement. – On peut s’y cacher. C’est mieux qu’attendre ici, n’est-ce pas ?
- Bravo ! – lui applaudit Meprisé. – On va se cacher dans la verdure comme des lapins et dindonner les meilleurs limiers du royaume. Venons, mon ami !
Si ce n’était pas pour la reconnaissance et la pitié Ingvais éprouvait vers cet homme, il aurait voulu lui tuer pour la risée dans l’appéllation « mon ami ». Le nom « Meprisant » aurait convenu mieux à ce moqueur.
Ils coururent en bas de la colline vers une poignée des buissonbs accompagnés des derniers rayons de soleil. Une fois dans l’abri, Meprisé fit Ingvais tomber dans la boue au fond du raz, s’accomoda à côtè et leurs couvert tous les deux par sa cape.
- Pourquoi ?.. – demanda l’explication Ingvais.
- Tais-toi, - l’ordonna Meprisé brusquement, et rencherit. – Tu peux régarder, mais pas un son.
Ingvais profita de ce permit pour lever un peu la tête. Entre des branches souples et des feuilles longues des saules il apperçut une masse encrée dominée par quelques colonnes – le Versant Vert. Le soleil était parti pour donner la juissance de ses rayons au monde secondaire et revisiter le Triona dans des heures. Les nuits d’été étaient courtes, mais revoirront-ils encore la lumière du jour ? Seront-ils eux-mêmes quand la gloire portée par le Septième Guardien se leverait ? De’autre côtè, on ne félicite pas l’enlèvement des ténébres le même homme qui avait témoigné le coucher. Ingvais souvint encore une fois la nuit il avait rencontré Joghann et Ellia. La nuit qui avait bouleversée sa vie. Il y avait une autre nuit cruciale qui lui paraissait déjà bien reculée, la dernière nuit en Cantique, quand on avait manqué de lui tuer – ou pire, qui sait...
Finalement, Ingvais rémarqua un mouvement au sommet de la côte. Il y glissaient des formes ténébreuses, plus foncées que le crépuscule dans lequel le départ du soleil laissa le monde. Ingvais n’avait pas rémarqué quand elles avaient apparu, comme si elles étaient ramenées par magie. Ou, plus probablement, elles étaient montées la pente de sud-est de l’haut. Les ombres s’unirent dans une sorte de danse orgiaque. Ingvais ne voyait pas des détails ; pour lui, il n’y avait que des tâches dans le ciel, des trous s’ouvrant vers la vide, comme si on plonge la tête dans le profondeur du puits. Quand la danse commença, c’était comme si un cémitière avait éployé ses bras pour lui donner une accolade, comme si la pourriture lui flatta les cheveux, le cheveux, le visage et, puis, le coeur. Tout ce qui lui était cher avait éclipsé dans la précipice de mort implacable. Il sentait le fer rouillant et voyait la poussière grise revêtir tous ce qui tenait une étincelle vivante. Il allait faire partie de cette mort qui ne ressemblait point à la mort qui on la lui avait appris, la mort dans l’ordre des choses naturel, la fin de vie qui pouvait être triste ou glorieuse et même heureuse. Ingvais entendait des sons d’une hache utilisée pour faire un cerceuil – du bout affilé pour couper le bois et de l’autre bout – pour enfoncer des clous. Encore, il entendait les cris de...
Tout soudain, une autre mélodie s’engouffra : les chuchotements des feuilles quand le vent les fait baiser légèrement l’eau dans un ruisseau, et le ruisseau, rassereiné par cette caresse, porte ses eaux gaiement vers un rivière, qui suit sa voi vers une fleuve, qui joigne l’océan mondial, qui, comme tous le savent, uni le monde brisé.
Les ténébres qui envahissait Versant Vert perdurent leur aspect menaçant. Ils n’étaient plus que des ombres passagères et n’avaient rien à voir avec la vraie nuit veloutée qui cédait le trône à l’aube triomphante. Et des feuilles chuchotaient leurs secrets coûtumiers, et des ruisseaux portaient ces mystères vers des rivages, qui, comme tous le savent...
Ingvais se réveilla sous les rayons chalereux du soleil méridien. L’Anthracite piquait altièrement des feuilles d’osier, et Ingvais, quand à lui, sentait sous la tête un oreiller bien dur des racines et souches de ces buissons. Les troubles d’hier pourrait être un mauvaix rêve. Sauf que la cape enveloppants ses épaules n’était pas le sien, qu’il avait oublié à Versant Vert. Et Versant Vert... Il baissa les yeux qui avaient rencontré involentairement la vue du sommet d’une colline noire et morte.





Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.