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Ingvais: quand la vie commence

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 5: L’inconnu
(par Anastasia, ajouté le 01/08/07 13:46)


Ils rencontrèrent le premier corps dans une bonne distance du lieu qui avait été le Versant Vert. Mutilé, l’homme couchait sur le ventre dans une flaque sèche de sang bruni. Ingvais ne s’arrêta pas pour le retourner, et c’était clair que la vie l’avait abandonné il y avait longtemps. Le jeune homme, qui s’avait cru presque mort de fatigue, se mit à courir. Il n’entendait plus si ses pas halètants étaient suivis du tagada des sabots. Il ne voyait que le chemin dont la boue profonde ne tenait plus aucune impression. C’était sur l’accotement que on rencontrait de temps en temps sur l’herbe foulée des tâches du raisiné congelé qui l’averse n’avait pas pu laver. Ou une main déchirée. Ou un ctronc sans la tête. Ou... Ingvais ne regardait pas. Ses yeux étaient tournés vers le lieu où des hautes murailles, des portes sommées d’un arc ornamenté, devait régner. Là, où une fumée flânuese, comme un bruillard, se levait. Un odeur d’empyreume humide et une quiétude profonde du cemitière remplissaient l’air. Finalement, Ingvais parvint au pied de l’haut qui avait été couronné par... qui maintenant était couronné d’une colonne ardoise qui le feu n’avait pas réussi à dévorer. Au fond de cette peinture – car ce ne pouvait être qu’un fantasme, le rêve d’un peinteur posséde par une volonté nébuleuse, surtout pas la vérité – il s’y élévèrent trois ou quatre cheminées bistrées. Ingvais en reconnut une dont les briques supérieures gardaient encore leurs teint carmine. Le teint du sang frais – le couleur qu’aurait dominé le paysage si pas pour le cendre et les charbons qui couvraient tous. Ou s’Ingavis était venu plus tôt. En temps de joindre des corps brûlés qui parsemaient les débris.

- C’est dommage d’entrer cette ville, une fois si belle et fière, comme une demoiselle adorée, conquise et ruinée comme ça, - entendit Ingvais une voix ironique derrier lui. Il se tourna précipitamment pour faire face à un homme qui serait d’environ le même age que lui si ce n’était pas pour son air hautain et sarcastique, désabusé et rempli d’une sagesse destructrice. L’inconnu avait une chevelure aussi noire et raide que la crinière d’Anthracite et des yeux dans lesquels les abîmes des prunelles s’éclipsaient dans l’obscurité des iris. Son visage ferme aux traits réguliers rappellait quelqu’un, mais qui exactement, cela Ingvais ne pouvait pas dire. Bien qu’il sentait que le visage – ou visages - dont les traits de l’inconnu faisaient songer il avait vus maintes fois. L’homme devant lui donnait l’impression d’un sauvage raffiné dans sa cape foncée de trentain nuée au cou avec un cordon torse, une chemise bleu turquin de soi brodée en fils argentés autour de col, et des gantes de cuir lisse sur les mains.
L’inconnu souria, nonchalant :
- J’aurai aimé d’habiter ici, après tous. Versant Vert – j’en avait beaucoup songé, à elle et à ces citadins. Une fortresse ancienne impregnable...
Quoiqu’Ingvais ne se fiaiat pas complètement à cet homme qui avait apparu comme s’il avait surgi de terre, et quoique les manières condescendantes de cet inconnu lui dégoutaient, Ingvais appreçut que les mots masquaient, au-dela l’expression moquese, un regret sincère.
- Est-ce que vous savez ce qui c’est passé ici ?
- Je ne l’ai pas témogné, mais c’est évident. Notre maître d’Erkelle est parvenu à son but. Tout le monde savait que cela allait se passer. N’est-ce pas ?
Ingvais baissa la tête, parce que c’était vrai : tous l’avait su, et persone n’avait rien fait pour prevenir le désastre.
- Donc on paye pour son laisse-aller, - continua l’inconnu, philosophe. – Des vivants comme des morts. En outre, ce n’est que le début.
- Oui, - acquiesça Ingvais. – Peut-être, - ajouta-t-il une banalité dont la vérité il ressentissait, - des vivants seront jaloux de ceux dont les yeux sont fermés pour toujours et qui ne souffriront plus jamais.
En cet instant, une nostalgie profonde et aigue de tout ce qui avait été consommé par le feu avec la fortresse pierça Ingvais. La vie quotidienne dans les rues et dans les champs, les « ça va »’s des artisans, des petites fleurs jaunes dont le nom il ignorait qui se poussaient dans la poussière des ruelles, la cloche du matin annonçant l’ouverture des portes, l’arôme du pain qui envahissait la maison à l’aube, les sourires maternelles de la couturière chaque fois Ingvais arrivait dans son atelier, car Layra n’aimait pas coudre... Et encore...
L’inconnu souriait. Le sourire était amer, narquois. Il ne savait pas ce qui était Versant Vert, et il ne le saurait jamais.
- Si, - répondit-il, jouissant de sa superiorité, - des morts seront sur la roue encore. Il connaitront plus de douleur que des vivants puissent éprouver dans la courte période avant leur annihilation. Sinon, ce massacre n’aurait pas eu sense pour le dirigeur qui l’avait ordonné.
- Mais comment ?..
- Il en dispose des moyens, - l’assurat l’inconnu, serein. – Est-ce que Joghann le Borgne ne t’a pas éclairé sur ce qu’advient aux tués par les serviteurs du roi de Ratie actuel ? Il me semble que non. Cela est venu comme un surpris pour lui aussi, - gloussa-t-il. – Le vieux Joghann... Dans ses jours de comabts des Renés n’étaient pas encore le cas. Cependant, tout se développe, même les capacités du mal.
L’inconnu parlait avec insouciance, ce qui aurait rendi Ingvais furieux, lui avait fait détester, même haïr ce cynique si le prince-héritier (ou le prince tout simplement, qui sait ?) n’avait pas rémarqué que le jeune homme aux yeux d’un savant endurci avait des poignées serrées.
- Qui est vous ? – l’interrogea Ingvais. De quel abîme provient votre savoir ? Je voudrais que vous me le disiez avant de vous demander qui menace aux... – sa voix cassa. Qui pouvait-il dire ? « Aux mes sujets défunts »? « Aux ces malheureux » (accompagné d’une geste large) ? « Aux mes compatriotes » ? Il finit, – aux gens tués par l’armée de l’usurpeur. Et quoi on peut faire pour écarter la malédiction.
- Tu veux pas mal des choses, Ingvais, - ria l’inconnu. – Pourquoi pas le soleil, l’empire d’antan et une reine ou une déesse comme épouse ? Tu puisses bien l’atteindre, avec une telle naïveté, - ajouta-t-il plus bas.
Ingvais, bien que les manières de ce railleur étaient agaçantes, essaya de garder son sang-froid. Le fils de Daïrilk était impatient, l’inquiétude lui harcelait, mais la mort qu’il sentait dans l’air, le sent de la tristesse qui précède le départ, plus fort que l’odeur de brûlé, lui disaient qu’il n’y restait plus à qui son aide serait utile. Son intuition lui chuchotait aussi qu’il fallait garder la patience avec cet inconnu. Donc Ingvais attendait, son régard absorbant des sourcils large et intrépides comme les ailes d’un épervier plânant en cercles en haut de sa proie, le nez aquiline rassemblant au profil du cheval de sang, le menton carré. Ingvais apperçut un pendentif d’une pierre sombre et lisse en forme d’une goutte applatie sur son cou.
Après une minute, l’inconnu, dont les yeux avait été plongés dans la vide, comme si son interlocuteur n’existait jamais, continuat :
- Mon nom... Si on le traduit dans votre langue est Meprisé. Je viens des landes maudites pour des Ratiais, des contrées à l’est.
Meprisé attendait avec curiosité la réaction d’Ingvais. Mais les événements des derniers semains et, en particulière, de ces derniers jours, avaient épuisé sa capacité d’être choqué, et l’homme aux nom et extraction si extraordinaires réprit :
- Ce que Joghann ne t’a pas expliqué, car il ne le savait pas lui-même, c’est que des morts rejoignent l’armée du seigneur victoreux. Les troupeaux de ses serves accroîssent. Il n’importe point combien il perde dans une bataille parce qu’il est sûr de recevoir un renfort avec le crépuscule. S’il avait besion des raisons pour son hargne, ceci en serait un. De même si on avait besoin des preuves qu’il est invincible, - Meprisé souria de bout des lèvres.
Pour un moment, Ingvais vit une légion de morts marchant au combat.
« L’haine et le douleur les remplissent. Ils sont mutilés au-dela reconnaissance. Ils désirent la vraie mort, une dissolution, et ils ne la obtiendront jamais tant que leur souverain garde sa puissance néfaste. En même temps, ils s’en veulent aux vivants, et ils cherchent des les amener tous au leur royaume de supplice et de désespoir, » - entendut Ingvais. Il se vira vers Meprisé. Ceci ne souriait plus.
- L’ennemi n’est pas invincible, - rétorqua Ingvais. – On trouvera comment lui battre et libérer ses serfs.
- J’ignore si ce dernier soit possible, - haussa les épaules Meprisé, détendu. – Quand même, si tu veux bien emparer des morts de Versant Vert leur sort épouvantable, il y a une possibilité. Mais ce n’est qu’un espoir bien douteux et fou.
- Quoi dois-je faire ? - Ingvais s’en ficha des derniers mots qui Meprisé savoura en les articulant.
- C’est simple. Il faut mettre les gens d’ici-bas vraiment ici-bas, les enterrer avant le coucher de soleil, - expliqua-t-il et, après une courte pause, - ah oui, il faut aussi avoir le temps de partir le plus loin qu’il soit possible si on ne songe pas de goûter le destin on a épargné aux morts.
Selon les tributs Daïrilk avait reçus après la moisson l’année précédante, il y avait été un cent et quartoze gens, des bébés exclus, à Versant Vert. Même si on soustrait de ce chiffre des chausseurs qui migraient dans les forêts et les marchands qui ramenaient des produits locaux aux autres villes du royaume... Le soleil dans l’embrun rayonnait de chaleur de l’haut du ciel. Combien des heures y restait avant que la disque voilée touche l’horizon ?
- Merci, - hocha la tête Ingvais. – Il y a de travail à faire, mais je l’accomplirai. Ou partagerai les souffrances de mes compatriotes, - finit-il d’une voix presqu’inaudible.
- Bien sûr, on pourra causer en travaillant, - s’accorda Meprisé en otant sa cape et le posant sur un tas des briques couvertes de cendres.
- Vous... vous allez m’aider ? – s’étonna Ingvais.
- Evidemment, pas te retarder.
Ils se mirent à ramasser des cadavres. Ingvais avait mal à reconnaître les rues – aussi que les gens. Pas loin des portes, il y avait été une forgerie – maintenant des débris de bois et pierre fumants. Ingvais s’y était arrêté souvent pour changer les fers de Fidelieux, remanier son épée ou son poignard, pour prendre des lances pour ses flèches... Comme enfant, il aimait accompagner les serviteurs pour ramener des varieux objets ménagers qui avait été ordonnés. Il aimait regarder comme des fers, des couteaux, des fiches ou des allonges prenait la forme sous les mains musclées et agiles du géant à une barbe rouge. Il sembla à Ingvais qu’il discernit dans les ruines l’enclume. Dans deux pas, une forme humaine couchait. Ingvais ne pourrait pas dire si ce corps tordu par des convulsions, le visage lacéré horriblement, appartenait à l’homme jovial, aussi vif que le feu dans son fourneau, qui avait été fier comme un roi de son métier.
Ils choisirent pour la fosse un verger près de la manoir princière où seulement des troncs nus, déformés par l’incindie, évoquaient les pommiers et les cerisiers qu’y avaient affruité. Un pommier dans le centre du jardin était le moins atteint par les flammes et montait ses branches noires comme en deuil. Ils posèrent à son pied ceux qu’ils apprtoaient sur un brancard imporovisé de la cape d’Ingvais et des perches trouvées dans la forgerie. Souvent, leur fardeaux était constituait par des morceaux de chair brûlé plutôt que des corps. La lumière du jour, déjà blême, s’éteignait lentement au fur et à mesure que l’amas des cadavres s’accroissaient.
Le soleil avait effleuré l’horizon par la partie inférieure de son cercle vibrant, tous soudainnement, comme pour les avertir du passage de temps quand Ingvais et Meprisé enfoncèront les houes ils avaient trouvées dans la cabine où le jardinier tenait son outillage. C’est bien étonnant, mais la cabine était dans la meilleure condition parmis tous les bâtiments de la ville. E voyait que des ruines carbonisées. On aurait cru que la maçonnerie même avait servie de combustible pour le feu, et la base de la cheminée solitaire de la maison familière d’Ingvais était entourée par des braises. Des morceaux de pierre craquait sous leurs bottes quand Ingvais et son compagnon tirèrent... Maintenant, le soleil était prêt à disparaître derrière un rideau éloigné des arbres, et il ne restait qu’une heure pour cacher la récolte la guerre avait amenée.
Ils étaient éreintés. Ingvais aurait tombé d’épuisement si ce n’était pas pour le sens de devoir vers ses administrés, qui avaient été aussi ses camarades, ses proches, ses gens. Il fallait creuser une fosse pour abriter une bonne centaine des morts dans moins qu’une heure... Ingvais n’avait pas peur qu’il allait partager le destin de ces morts. C’est seulement que il était ahuri par la pensée que tous ceux il saluait une fois sur les rues ou dans les champs, sur la grande route ou sur les sentiers, qui lui rendaient des services ou racontaient des histoires amusantes, qui venaient à sa maison le debut d’hiver pour offrir ce qu’ils avaient gagné par leurs travail... Des gens avec lesquels il avait grandi, respriré le même air, partagé les fruits de la même terre... Le jeune homme frissonnait à l’idée qu’une haïne sans borgnes allait les consummer comme les flammes dont l’horreur ils avaient vécu – et par sa faute aussi. Obsédé par cette reflexion, il enfoncait son houe avec une véhemence désesperée.
Soudain, il entendut une voix chanter. Il se tourna vers Meprisé pour une explication – et ne la demanda pas. Le travail, le sol endurci par le feu, les mouvemenets d’houe dans les mains on ne sentait plus, comme si elles appartenaient à quelqu’un d’autre – cela comptait, et rien de plus. Meprisé, comme Ingvais, continuait de fossoyer. La voix qui chantait était différente de la voix qui apostrophait Ingvais pendant leurs conversation. Cette voix, parfois brisé, parfois rauque, retentissait dans les vagues de chaleur vespéral, et le chant... La langue était étrangère à Ingvais. Elle évoquait la patience éternelle des élements comme le soleil ou la lune, l’éther ou l’eau ou la terre. Des fleuves et des deserts, des forêts et des prairies, des montagnes et des vallées se fléchaient devant l’attente placide qui était au coeur du chant.
D’un coup, la mélopée virait à un hymne autoritaire et féroce, faisant Ingvais, pour la première fois, reflechir à vengeance.
Le temps... s’arrêta-t-il ? Le soleil était là, caressant gentiment les cimes des pins à l’ouest quand ils mirent des premiers morts dans la fosse. Et le soleil n’a pas disparu quand le travail était presqu’accompli, tandis que le chant coulait, se mêlant aux odeurs de brûlé, de terre humide, de sang, et de colère.
L’incantation s’interrompit à demi-mot, et Ingvais se trouva au bout du trou rempli de cadavres couverts de suie et de boue qui on ne pouvait plus distinguer de sang congelé. Au centre, près de la surface, il y couchaient Daïrilk et Layra, main dans la main. Ingvais les reconnut malgré le sang bruni qui couvrait leurs vêtements, les rayures et le douleur qui altéraient leurs visages. Il ne souvenait pas comment ils étaient placé dans la fosse ni qui avait lavé leurs fronts – tous les puits ils rencontrèrent dans la ville étant à sec.
- Qu’ils reposent dans le paix, jusqu’à la réunion des mondes, - scanda une formule rituelle Meprisé, qui avait repris un ton condescendant.
- Que leurs âmes connaissent des prairies infinies aux astres, - continuat Ingvais, lui aussi utilisant des paroles prescrites, qui, d’ailleurs, lui toujours laissaient perplexe.
Meprisé répondut, se départisant de l’usage de Ratie et faisant le rituel encore moins compréhensible pour Ingvais :
- Qu’ils ne reviendront jamais ici, où ceux qui rénaissent sont enfermés pour l’éternité.
Ensuite, Meprisé commença à mettre la terre sur les gens de Versant Vert en sifflant un air joyeux. Comme le soleil s’était déjà caché pour deux quarts, Ingvais n’osa pas ni interroger son camarade ni le réprimander pour son attitude sacro-sainte. Quand la dernière motte couvrit le fosse, Meprisé adressa à Ingvais un regard agacé et déclara :
- Donc, on n’a plus de temps pour se cacher dans le bois. Qui vas-tu faire, Ingvais, digne fils de Daïrilk ?
Ingvais ne fit pas attention à la moquerie contenue dans la mine et l’intonation de Meprisé quand ceci prononçait les derniers mots.
- Je regrette que tu devras partager le sort dont tu m’a parlé, - soupira Ingvais. – Quand même, on peut essayer de se sauver. Je suis venu en cheval, et...
Meprisé esclaffa :
- Ton monture avait plus de raison que toi, sage et brave héritier de Daïrilk, prince de Versant Vert. Tu n’a pas besoin de t’inquièter de ton destrier.
- Il y a une ravine couvert des buissons au pied de la ville, c’est pas loin, - répondit Ingvais fermement. – On peut s’y cacher. C’est mieux qu’attendre ici, n’est-ce pas ?
- Bravo ! – lui applaudit Meprisé. – On va se cacher dans la verdure comme des lapins et dindonner les meilleurs limiers du royaume. Venons, mon ami !
Si ce n’était pas pour la reconnaissance et la pitié Ingvais éprouvait vers cet homme, il aurait voulu lui tuer pour la risée dans l’appéllation « mon ami ». Le nom « Meprisant » aurait convenu mieux à ce moqueur.
Ils coururent en bas de la colline vers une poignée des buissonbs accompagnés des derniers rayons de soleil. Une fois dans l’abri, Meprisé fit Ingvais tomber dans la boue au fond du raz, s’accomoda à côtè et leurs couvert tous les deux par sa cape.
- Pourquoi ?.. – demanda l’explication Ingvais.
- Tais-toi, - l’ordonna Meprisé brusquement, et rencherit. – Tu peux régarder, mais pas un son.
Ingvais profita de ce permit pour lever un peu la tête. Entre des branches souples et des feuilles longues des saules il apperçut une masse encrée dominée par quelques colonnes – le Versant Vert. Le soleil était parti pour donner la juissance de ses rayons au monde secondaire et revisiter le Triona dans des heures. Les nuits d’été étaient courtes, mais revoirront-ils encore la lumière du jour ? Seront-ils eux-mêmes quand la gloire portée par le Septième Guardien se leverait ? De’autre côtè, on ne félicite pas l’enlèvement des ténébres le même homme qui avait témoigné le coucher. Ingvais souvint encore une fois la nuit il avait rencontré Joghann et Ellia. La nuit qui avait bouleversée sa vie. Il y avait une autre nuit cruciale qui lui paraissait déjà bien reculée, la dernière nuit en Cantique, quand on avait manqué de lui tuer – ou pire, qui sait...
Finalement, Ingvais rémarqua un mouvement au sommet de la côte. Il y glissaient des formes ténébreuses, plus foncées que le crépuscule dans lequel le départ du soleil laissa le monde. Ingvais n’avait pas rémarqué quand elles avaient apparu, comme si elles étaient ramenées par magie. Ou, plus probablement, elles étaient montées la pente de sud-est de l’haut. Les ombres s’unirent dans une sorte de danse orgiaque. Ingvais ne voyait pas des détails ; pour lui, il n’y avait que des tâches dans le ciel, des trous s’ouvrant vers la vide, comme si on plonge la tête dans le profondeur du puits. Quand la danse commença, c’était comme si un cémitière avait éployé ses bras pour lui donner une accolade, comme si la pourriture lui flatta les cheveux, le cheveux, le visage et, puis, le coeur. Tout ce qui lui était cher avait éclipsé dans la précipice de mort implacable. Il sentait le fer rouillant et voyait la poussière grise revêtir tous ce qui tenait une étincelle vivante. Il allait faire partie de cette mort qui ne ressemblait point à la mort qui on la lui avait appris, la mort dans l’ordre des choses naturel, la fin de vie qui pouvait être triste ou glorieuse et même heureuse. Ingvais entendait des sons d’une hache utilisée pour faire un cerceuil – du bout affilé pour couper le bois et de l’autre bout – pour enfoncer des clous. Encore, il entendait les cris de...
Tout soudain, une autre mélodie s’engouffra : les chuchotements des feuilles quand le vent les fait baiser légèrement l’eau dans un ruisseau, et le ruisseau, rassereiné par cette caresse, porte ses eaux gaiement vers un rivière, qui suit sa voi vers une fleuve, qui joigne l’océan mondial, qui, comme tous le savent, uni le monde brisé.
Les ténébres qui envahissait Versant Vert perdurent leur aspect menaçant. Ils n’étaient plus que des ombres passagères et n’avaient rien à voir avec la vraie nuit veloutée qui cédait le trône à l’aube triomphante. Et des feuilles chuchotaient leurs secrets coûtumiers, et des ruisseaux portaient ces mystères vers des rivages, qui, comme tous le savent...
Ingvais se réveilla sous les rayons chalereux du soleil méridien. L’Anthracite piquait altièrement des feuilles d’osier, et Ingvais, quand à lui, sentait sous la tête un oreiller bien dur des racines et souches de ces buissons. Les troubles d’hier pourrait être un mauvaix rêve. Sauf que la cape enveloppants ses épaules n’était pas le sien, qu’il avait oublié à Versant Vert. Et Versant Vert... Il baissa les yeux qui avaient rencontré involentairement la vue du sommet d’une colline noire et morte.

Voir le chapitre 5 sur 5



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.