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EMILIEUVALA ou Chroniques de la Terre d’Emilieu...

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 15: un cinq heureux devient cinq uns tristes
(par Gregory Dyke, ajouté le 01/11/05 09:23)


Les chants et danses s'enchainèrent, dit-on, si bien que le temps s'acceléra - on comprend aisément que l'année des elfes avant la venue de la Soleil durait bien plus de nos ans actuels - quel dommage que de limiter une nuit de fête à un temps si court! Et bientôt, la foule dût se disperser pour regagner leurs lits respectifs. Mais l'histoire nous conte que nos amis ne voyaient pas la suite de leur soirée de cet oeil là. Vous ai-je conté la beauté des quatre dames? Ce qui leur donnait cet éclat, rare en ces temps là et quasi inexistant aujourd'hui, ce qui les mettait encore au-delà de leurs paires était leur vivacité d'esprit remarquable. Il n'est dont aucunément surprenant au vu de cela et au vu de la rareté des occasions pour se rassembler que notre compagnie avait bien l'intention de se rassembler pour parler, pour conter, pour chanter, pour jouer de leurs instruments et pour se tenir au courant de toutes les nouvelles touchant à la faërie (par opposition aux mondanités dont on discute trop souvent aujourd'hui). Qui se ressemble s'assemble, dit-on, nous ne pouvons donc que supposer que l'Helvète (des chroniques duquel les anciens conteurs nous rapportent ces histoires) était lui-même au moins d'un esprit assez clair pour apprécier pleinement la compagnie de ces dames. Mais bref... tout cela n'est que supposition. Suffit-il que nous soyons surs que ces cinq formaient une bien belle étoile, l'égal duquel ne se retrouve plus de nos jours.

Maintenant, voilà que les cinq marchaient dans la rue et sortaient leurs flutiaux afin d'encourager leur monture Técéhel - qui tenait un peu du pétaure - à les aider à rejoindre au plus vite la demeure d'Emilie des Iles, que les elfes nommaient Aino, les nains Banshee mais dont le nom le plus secret n'était connu que d'elle et de Benjamin des étoiles (dont on dit aussi que c'était un elfe et qui était, vous vous souviendrez, présent à l'Emilieuvala). Les discussions se prolongèrent fort tard dans la nuit, si bien que nul n'avait envie de partir. Or Tirno, ayant un logement plus spacieux mais plus difficile d'accès avait prévu d'y héberger la dame Kendra et la princesse Lalaith de Vendée. Voilà donc que tous furent ravis lorsque Emilie, ne voulant point nuire à la convivialité du moment, proposa que tous pouvaient rester sous son toit.

Cette histoire, je vous l'ai dit, nous vient en grande partie de Tirno l'helvète et c'est la que je vous avoue que je ne sais quelle part est vraie - pouvons nous lui faire confiance? N'exagérait-il pas, voulant se vanter d'avoir partagé l'espace d'une courte nuit la chambrée de tant de belles gens? (ou encore de tant de dames maniant avec aisance renard de feu et oiseau de tonnerre?). Est-ce que le conte fut embelli par la suite? Toujours est-il qu'aucun ne s'est proposé de contredire cette histoire. Bref, tous les recueils nous content que Tirno, l'helvète, le breton, gagna cette nuit-là le titre de Galant. Un titre blageur par sa double connotation, certes, mais cela n'était qu'un jeu de mots. Il ne fait pas de doute qu'on lui donna ce titre car son comportement à l'égard des dames fut exemplaire. Un gentleman pareil n'est pas courant. Mais le Galant était bien conscient de l'honneur qu'il avait de rester parmi les quatre dames et qu'il fit donc de son mieux pour les mettre à leur aise, sans profiter aucunément de la situation.

Cela commença lorsque la dame Aino expliqua qu'elle n'avait aucune intention d'être vue en tenue de nuit par un homme autre que le sien. Le galant helvète ferma donc bien les yeux les quelques fois qu'elle dut sortir de sa couette. Un homme plus faible que lui, un homme mois galant - un homme normal en quelque sorte - aurait jeté un coup d'oeil; mais pas lui. Ah! si tous en faisaient autant, la gente masculine aurait moins une réputation de goujaterie. Bref, ne nous attardons pas trop la-dessus, mais sachons que dans toutes la suite de l'histoire, le galant Tirno eut un comportement irreprochable. Qu'il s'agisse de trouver un lit (le parterre, couvert d'une couette), de se laisser examiner par la dame Kendra (qui jurait que jamais de sa vie n'avait-elle vu un pouce pareil à celui de Tirno)ou de découvrir que la princesse Lalaith avait de si petits pieds qu'on aurait dit des mains. On dit cependant que seules les sages Emilie et Stéphanie avaient la discrétion de ne pas vouloir réveiller les voisins. Mais voilà que dans leur exubérance des trois autres eurent grande peine à contenir leur euphorie... et leur bruit. Maintenant que chacun eut fini de parler (même Kendra, Lalaith et Tirno), tous s'endormirent à leur façon. Aino et Tirno comme des loires, Laegalad l'elfe ferma ses yeux pour ne pas étonner les autres (les elfes ne dormant pas mais laissant simplement leur esprit partir ailleurs), Kendra, comme une Kendra (c'est à dire décue que ses compagnons voulaient dormir, mais fatiguée malgré elle) et Lalaith, le cerveau bien trop actif ne dormit qu'a la dernière heure.

Le lendemain, les cinq se réveillèrent d'un même baillement (a part Lalaith qui venait seulement de s'endormir) et découvrirent que le temps avait continué son bonhomme de chemin et que le cheval de fer de Kendra partait dans la demi-heure. Celle-ci fit donc des adieux hatifs - ce qui eut au moins le mérite de ne pas laisser aux larmes le temps de venir - et partit. Les autres déjeunèrent - copieusement et sainement, se nourissant de yoghourt et de chocolat. Mais cela sentait la fin - rien de permanent, mais une séparation tout de même et le groupe de cinq, devenu quatre, se sépara progressivement en petits groupes tristes de un.

Chacun rentra chez lui, heureux et nostalgique à la fois, mais enrichi encore plus de cette germe semée lors de l'Emilieuvala.

Voir le chapitre 15 sur 15



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.