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EMILIEUVALA ou Chroniques de la Terre d’Emilieu...

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 7: Ce qui se passa le jour du Seigneur…
(par ISENGAR, ajouté le 22/09/05 23:35)


Or donc, après cette tardive et ludique veillée, de nombreux invités se couchèrent pour la plupart à l’heure où le coq affûte ses vocalises.
Aussi la matinée entière ne suffit pas à observer le réveil de tous.
Maintenant dit-on que certains qui étaient déjà réveillés depuis un bon moment, tel Isengar et la délicieuse dame Béatrice, restèrent derrière les portes closes de leur chambre et sous le confort de leurs couvertures. Et d’aucuns, empereurs ou manants, furent une fois encore jaloux de lui.

Le tardif petit déjeuner fut aussi copieux que la veille. Mais les convives étaient un peu plus fatigués et certains souffraient de cette courte et éphémère indisposition que d’aucuns, parmi les apothicaires et les thérapeutes, appellent une ancéphaloproctalite passagère.

A matinée céda la place au midi, puis à l’après-midi.
Isengar le ménétrier, ne voulant pas rester sur ses échec de la veille et de l’avant-veille, emporta avec lui la guitare aux douze coupantes cordes. Maintenant lui avait-on signifié qu’il devait jouer en lieu et place un air bien précis en compagnie de la flûte enchanteresse de dame Laegalad la fée. Il se retira alors en compagnie de Gurth et Rebecca et grand fut son plaisir car la belle princesse de Mâcon les accompagna. Pour eux, il joua et joua encore jusqu’à ce que ses doigts ne puissent plus supporter l’effort. Et bien que sa démonstration fût plus mauvaise encore que la veille, il était heureux car ses auditeurs riaient et l’encourageaient. Bastien aux courtes chausses eût été présent qu’il n’aurait pas manqué de souligner la non-valeur et la caducité de la chose.
Maintenant il convenait de souligner qu’il n’était pas prêt à jouer sur un tel instrument aux si nombreuses cordes. Eût-il amené sa propre mandoline aux cordes de nylon, son luth à six coups, que les choses eurent été bien différentes… mais les sages diront que la parole est facile quand les actes ne suivent pas. Aussi attend-t-on le Hobbit au tournant…

Dans la grande salle commune, les belles dames et les beaux seigneurs se réunirent tous à nouveau. Tandis que la foule se sépara en trois groupes distincts pour goûter à la fièvre des jeux de carte, dame Kendra s’installa avec son matériel de scribe et réalisa de jolis petits billets à l’attention de chacun de ses prestigieux invités. Le travail était long mais plaisant car il convenait de trouver une phrase personnalisée pour chacune des miniatures. Et chaque phrase mettait en valeur un fait ou une action qui s’était déroulée durant le séjour et qui avait eu pour protagoniste le destinataire de la missive calligraphiée.
De son côté, Isengar fit tourner parmi la troupe attablée des cartes achetées la veille avec Neiklot, Gurth et Rebecca et destinées à quelques amis absents. Maintenant la chronique ne les cite pas, mais s’ils lisent un jour ce modeste conte, ils se reconnaîtront et sauront à quel point ils sont chers au cœur de ceux qui furent présents ces jours là au venteux champ de fête des Terres d’Emilieu.

Trois groupes parmi les invités se formèrent pour d’ardentes parties avec des jeux de cartes. On eût pu croire que c’était une grande honte de transformer la grande pièce commune en infâme tripot, et ce, le jour du Seigneur. Toutefois, les intentions étaient louables et aucun des partie jouées ne sentait ni le souffre, ni le marrissement.
Du côté du colonel Edrahil, dont la sinistre réputation était pourtant connue de toutes et de tous, on joua par exemple au « barbu » un innocent et passionnant divertissement pour les grands et les petits… Isengar soupçonna un instant que le nom du jeu était une allusion à peine subtile au fameux Pierre fils de Jacques, porteur de barbe, déjà évoqué à d’autres moments dans ce récit. Mais ses soupçons s’effacèrent vite. Maintenant, il joua aux côtés de la belle Béatrice et il en fut heureux car ils tenaient ensemble les mêmes cartes. Et non loin de là, empereurs ou manants, tous furent une fois de plus jaloux de lui...

Dame Kendra, qui tenait toujours les rênes de la fête, décida que le moment des ripailles était revenu. On attisa le feu, on sortit les viandes et d’étranges mets de forme curieuse que dame Melo Dye qualifia de saucissoïdale et qui de fait se révélèrent être par la suite être des saucisses pimentées à base de bœuf et d’ovin, et des saucisses de porc dans du boyau de mouton.
Yyr l’étoilé, devenu expert en matière de grillades et autres cuissons à la braise depuis un mémorable séjour en terre de Pibrac, fut chargé de l’entretien du foyer. Tâche qu’il assuma avec succès. Maintenant tous se régalèrent une fois de plus. Et si les louanges n’allaient plus directement vers dame Kendra ou vers les fées qui suppléèrent ses efforts culinaires, l’assemblée n’en était pas moins particulièrement reconnaissante.

Voir le chapitre 7 sur 15



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.