Chapitre 268:
Chapitre 50.1
(par
lambertine, ajouté le 23/09/00 00:01)
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le centre est à peu près vide.Il n'y reste que les "vieux" et les "éclopés". Les autres, les jeunes, sont allés se défouler en forêt, participer à ce qu'on appelle un "raid aventure", ce parcours sportif fait de tyroliennes et de ponts de singe entre falaises et cîmes de grands arbres censé boosté l'énergie des cadres stressés et renforcer leur esprit d'équipe. Les garçons ont beaucoup insisté pour que je les accompagne, mais j'ai refusé. J'approche de la cinquantaine, et je ne tenais pas à être un poids pour eux. Malgré tout, j'éprouve un pincement au coeur. J'aurais aimé y être, jouer dans les airs les Jane-la-Tarzanne comme une petite fille. Mais je ne suis plus une petite fille, depuis bien longtemps. Voudrais-je le redevenir ? Je n'en suis même pas certaine. A quoi bon pleurer sa jeunesse perdue ? Je n'ai pas envie de tricoter. Dessiner, peut-être ? mon matériel se trouve dans l'aquarium, et Béatrice également. Je redoute vaguement de me retrouver en sa seule compagnie. Ce que j'ai entendu à son sujet pendant la réunion d'évaluation ne me concernait en rien. Il s'agissait de problèmes privés. De problèmes de couple, et d'intimité familiale. A sa place, je serais furieuse que ma vie privée soit étalée ainsi devant d'autres patients, au mépris de tout secret médical. Elle est furieuse, mais pas contre moi. Elle est furieuse contre les psychologues de l'Equipe, particulièrement contre le thérapeute familial. - Il cherche à nous faire divorcer. Mais je ne veux pas divorcer ! Je veux résoudre mes problèmes de couple. J'aime Marcel, et il m'aime aussi. Je m'inquiète déjà pour lui : il doit descendre avec Roberto, dans notre propriété du Midi. En voiture. C'est un long trajet, et les routes sont dangereuses. Je voudrais lui dire de faire attention, parce que je tiens à lui, mais je n'ose pas. - Pourquoi ? - Je ne sais pas. J'ai peur qu'il se moque de moi, qu'il m'envoie sur les roses. Qu'il me dise que je suis idiote, de m'inquiéter comme ça, pour rien. - Idiote ? Mais non. Amoureuse, peut être ? Elle sourit. Elle n'est plus une petite fille, elle non plus, depuis bien longtemps. Peut-on encore être amoureuse, après trente ans de mariage ? - Je crois bien, oui... Les psys ont beau prétendre le contraire, j'ai l'impression de l'aimer de plus en plus, de le redécouvrir à mesure que je me découvre moi-même. Je ne comprends pas l'insistance des autres à vouloir nous séparer. L'Equipe, mes filles... Il n'y a que Roberto, finalement, qui me soutienne. Ce n'est pas Marcel qui m'a poussée à boire. Ce n'est pas lui qui a sapé ma confiance en moi, même si je l'ai cru, quelquefois. C'est moi-même. C'est moi-même qui doit retrouver l'énergie de me battre, et de croire en moi. Et ce n'est pas en divorçant que j'y parviendrai. Au contraire. Que lui répondre ? Je n'ai pas eu la chance de pouvoir envisager de vieillir aux côtés de l'homme que j'avais choisi. Il m'a quitté depuis bien des années. Béatrice le peut, elle. Et elle le désire. Alors... - Fonce. - Qu'est-ce que tu veux dire ? - Fonce. Dis-lui que tu l'aimes, et que tu tiens à lui. A cent contre un, qu'il ne se moquera pas de toi. A cent contre un, qu'il n'attend que ça. - Alors, pourquoi ne me le dit-il pas, lui ? - Je n'en sais rien. Peut-être est-il aussi intimidé que toi ?
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