Accueil » Fervent hommage » Votre Nouvelle
Apparence  

 

Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
Add Chapter
Stories List
Voir les Options:
Sommaire | Plein texte
additions are not allowed l'auteur interdit les ajouts

Chapitre 269: Chapitre 50.2
(par lambertine, ajouté le 24/09/00 21:11)


- Intimidé ? J'ai difficile à l'imaginer. Ours, par contre, ce serait plus son genre. Ours mal léché... Mais tu as raison, je vais essayer d'être plus franche avec lui, plus honnête. C'est bizarre de parler d'honnêteté quand il s'agit d'exprimer son amour, non ?
Bizarre, sans doute. Pas plus que de me voir, moi, la femme abandonnée, servir de conseillère conjugale à l'épouse d'un mari fidèle. Le monde à l'envers.
- Je leur montrerai, reprend-elle, qu'ils se trompent, tout psychologues qu'ils sont. Je leur montrerai qu'ils ont tort. Que mon couple n'est pas foutu, brisé, comme ils le disent tous.
- On croirait entendre le gamin.
- Peut-être parce que l'Equipe considère mon couple comme une cause perdue ?
- Il n'y a pas de causes perdues, tant qu'il reste quelqu'un pour se battre pour elles.
- Tu le crois vraiment, Diane ?
- Bien sûr que j'y crois.
Ai-je le choix de faire autrement ?

Ils sont de retour. Heureux. Fourbis. Fiers de leurs exploits de Tarzans d'un jour. Ils font plaisir à voir, et plaisir à entendre. Ils racontent, racontent, et racontent encore. Ils rient, se chamaillent, expliquent le grand air, le vertige, la forêt vue d'en haut.
- J'ai failli tuer Célestin.
Elle le dit d'un ton badin, comme "j'ai laisser tomber une assiette, et elle s'est brisée". En fait d'assiette, il s'agissait d'une poulie de plusieurs kilos.
- Elle est passée à "ça" de sa tête, explique Ben, en écartant les mains d'une vingtaine de centimètres.
- Ca veut dire qu'elle ne m'a pas tué, cette poulie. Mon heure n'était pas arrivée. Ils ne veulent pas encore de moi, là-haut. Trop chiant, comme personnage.
Etranger aux faits, distant, comme s'il s'était agi de quelqu'un d'autre.
- C'aurait pu être un accident. Ca a été juste... rien. Alors, pas la peine d'en parler. D'ailleurs, on n'en a pas parlé.
- Tu as eu peur ?
- Peur ? Non. Pas le temps. J'ai vu passer la poulie, c'est tout.
Il s'étire en bâillant.
- J'ai besoin d'un douche, maintenant. je dois puer le bouc.
- On pue tous le bouc, renchérit Ben. On mange quoi, ce soir, Diane ?
- Pâtes jambon-fromage. Bonne douche !
Il s'esquive. Je reste seule avec Agnès, qui recommence à raconter, raconter, raconter. Le trajet en camionnette. L'obligation de rester à distance de Damien. La fierté de réussir l'épreuve mieux que bien des garçons.
- Si mes parents m'avaient vue, ils ne m'auraient pas reconnue. Je n'avais plus été comme ça de puis avant... avant... avant, quoi.
Avant Aymeric. Avant la mort. La mort qui rôde, partout et toujours.
- Et la poulie ?
- Elle s'est détachée, c'est tout. Je l'ai dit au moniteur dès qu'il nous a rejoints. Tu crois que je dois raconter l'incident aux éducs' ?

Voir le chapitre 269 sur 395



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.