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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 347: Chapitre 63.2
(par lambertine, ajouté le 29/03/01 23:31)


Il ne comprend pas, se demande ce qui se passe, où il est tombé; regarde d'un œil inquiet les deux autres "nouveaux", un ancien ministre et un gamin tatoué en vêtements de football. Je le comprends. Trop bien. Ce n'est déjà pas facile d'entrer au Centre en temps normal. Alors, dans cette ambiance délétère...
- Elle a eu une RP avec quelqu'un qui s'est fait virer, tente d'expliquer Agnès. Elle risque d'être recentrée pour ça.
Ralph fronce les sourcils. Il n'est pas plus avancé. Le vocabulaire RP, recentré, lui est totalement étranger. Je les laisse discuter entre eux, me réfugie dans le jardin.
- Est-ce que tu crois qu'ils vont exclure Jacob ?
Jacob, qui est revenu de week-end shooté au cannabis. Jacob qui n'a rien trouvé de mieux, pendant le debriefing, que de rappeler à Richard qu'une rechute n'est pas grave en elle-même, qu'elle ne remet pas une cure en question, qu'elle peut être une bonne expérience pour l'avenir. Comme les éducateurs l'avaient dit à Gervaise.
- Il ne pouvait pas se taire, ce con ?
- Ca lui est égal d'être renvoyé.
- Et toi ?
- Tu sais bien que non, Simon. Et tu sais aussi que je suis en quarantaine.
- Et alors ?
Il me sourit. Espiègle, et content de lui. Visiblement, il jubile.
- J'espère qu'il n'y aura pas trop de dommages collatéraux.
- De... quoi ?
De quoi veut-il parler ? Qu'est-ce qu'il a fait ? Est-ce que cela a un rapport avec le contrôle général ?
- Célestin se doutait qu'ils ne me croiraient pas.
- Tu as des nouvelles de lui ?
J'espère. Un instant. Un trop bref instant.
- Non. Je n'en attends pas. Je l'ai quand même dénoncé. L'idée, il l'a eue avant. Il était shooté et malade, mais pas idiot. Il m'a donné le pacs de la rechute. Il 'y avait plus rien dedans, que des traces. Ca a suffi, apparemment.
- Qu'est-ce que tu as fait, Simon ?
- Ce qu'il fallait pour faire tomber un proxo et un trafiquant. Pas un dealer, un trafiquant. Et un faible, incapable de se passer de blanche pendant plus de trois jours. J'ai déposé le pacs dans les prélims hier soir. Philippe l'a trouvé ce matin, pendant sa tâche. D'où le contrôle général. Ils ne trouveront d'héro dans la pisse de personne. Mais il trouveront de la coke dans celle d'Eric.
Je sens mon cœur gonfler ma poitrine. Je jubile, à mon tour. J'éclate de rire, et j'ai les larmes aux yeux. Sale gosse. Maudit sale gosse !
- Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça ?
- Parce que Célestin avait confiance en toi. Il voulait que tu saches. Je crois qu'il avait raison. Moi aussi, j'ai confiance.
Il tourne le talons, et retourne au salon. Il me laisse, seule, le visage ruisselant de larmes, dans le jardin.

- Qu'est-ce que votre mère vous a raconté, des événements de la semaine dernière.
- Rien.
C'est un mensonge. La réponse était "tout". Mais Florentine n'est pas stupide, et elle connaît le règlement.
- Rien ? Vraiment ?
Le thérapeute n'est pas stupide non plus.
- Qu'il y a eu un problème avec un jeune garçon.
Pas de noms. Nous n'avons pas le droit de prononcer les noms de nos cocuristes devant des personnes extérieures à la cure. Rien de plus hypocrite, puisque ces personnes rencontrent ces mêmes cocuristes pendant les visites.
- Que me mère l'aimait beaucoup, et qu'elle lui a dit au revoir. Et qu'elle a peur de se faire renvoyer pour ça.
Frédéric acquiesce. Aurélien aussi. Aurélien, pour qui Célestin craint tellement !



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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.