Chapitre 85:
Chapitre 19.3
(par
lambertine, ajouté le 02/12/09 00:10)
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Je les envie. Ils sont ici depuis plus longtemps que moi, mais j’aimerais être à leur place. Dehors. Avec les miens. Le vrai monde ne me fait pas peur. Ou plutôt, sortir dans le vrai monde. Y vivre, c’est différent. Je n’y ai plus, ou pas encore, ma place. Je dois d’abord me retrouver. Guérir. Réapprendre à être moi-même. A accepter ce moi-même. Ce ne sera pas facile. Ce n’est pas facile. Il y a en moi trop de rage, trop de colère. Je les sens bouillir dans mes veines, dans ma tête, dans mon cœur. Je les sens prête à faire exploser mon âme. Je ne sais pas comment les canaliser. Pas encore. Peut-être bientôt, j’espère, y arriverais-je ? Je n’en sais rien. Je me suis tue trop longtemps. Beaucoup trop longtemps.
- Non. - Pardon, Diane ? - Je dis que Claude se trompe. Je dis « non ». - Pourrais-tu développer ta pensée ? - Ce n’est pas difficile. Non. Le travail n’est pas synonyme d’ennui. Et c’est scandaleux de dire le contraire à un gosse de vingt ans. L’éducatrice n’a pas l’air très contente. - Tu préfères lui mentir ? - Je préfère dire la vérité. - Qu’on ne s’ennuie pas, à rester huit heures par jour dans un bureau ? Tu appelles ça la vérité ? Elle est idiote, ou elle fait semblant ? - J’ai parlé de travail, pas de bureau. Tu ne restes pas huit heures par jour dans un bureau, me semble-t-il. Silence de plomb. - Claude non plus, d’ailleurs. Il était restaurateur. Peut-être s’ennuyait-il devant ses fourneaux, mais là n’est pas la question. - Ni moi, même si j’y passais de longs moments. Et je peux t’assurer que, dans mon travail, je ne me suis jamais ennuyée. - Tu veux inciter Célestin à trafiquer avec les pays du Golfe ? - Non. Je ne suis pas un exemple à suivre. Mais bosser dans le commerce international ne veut pas dire « trafiquer ». Travailler dans l’humanitaire, encore moins. Pourquoi ne le ferait-il pas ? Je ne crois pas que ça l’ennuierait. - Tu diriges le groupe professionnel, maintenant ? - Non. Mais tu m’as demandé mon avis… J’exagère, d’accord. Mais à peine. - … et je ne pouvais pas laisser Claude raconter ces bêtises. Surtout devant une assemblée comme la nôtre. Non, le travail honnête n’est pas toujours ch*iant. Même s’il peut l’être. Surtout quand on le choisit mal. - Tout le monde n’a pas l’occasion de choisir. - Certains peuvent s’en donner les moyens. Et il me semble que c’est votre travail, enfin, le travail de l’Equipe, de les aider à trouver leur voie. - Et de t’aider à trouver la tienne ? - Pourquoi pas ?
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