Chapitre III, La Venue des Elfes et la captivité de Melkor :

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     [...] Eldar ne désiraient pas se hâter, car tout ce qu'ils voyaient les remplissait de surprise et d'émerveillement : ils voulaient séjourner dans chaque contrée, au bord de toutes les rivières. Et si tous étaient encore d'accord pour avancer, ils espéraient moins qu'ils ne craignaient le terme du voyage. Quand Oromë les quittait, appelé de temps en temps par d'autres tâches, ils faisaient halte et n'avançaient plus avant qu'il ne revint pour les conduire. Après plusieurs années de marche, les Eldar durent traverser une grande forêt et arrivèrent soudain devant un fleuve plus large que tous ceux qu'ils avaient vus. Au-delà du fleuve se dressaient des montagnes dont les pics acérés semblaient déchirer le pays des étoiles. On dit que ce fleuve est celui qui, plus tard, fut appelé le Grand Anduin, la frontière ouest des Terres du Milieu. Les montagnes étaient les Hithaeglir, les Tours de la Brume aux portes d'Eriador, plus hautes et plus terribles encore à cette époque, car Melkor les avait dressées là pour barrer la route à Oromë. Les Teleri se reposèrent longtemps sur la rive occidentale du fleuve, et ils souhaitaient y rester toujours, tandis que les Vanyar et les Noldor traversèrent l'Anduin et suivirent Oromë dans les défilés montagneux. Quand Oromë les eut quittés, les Teleri levèrent les yeux vers les brumes menaçantes, et ils eurent peur. [...]