Un certain nombre de questions dérangeantes affleurent toujours lorsque les médias
parlent de Tolkien. Nous nous proposons d'apporter ici notre propre réponse à
certaines d'entre elles.
La première fait suite à la question récurrente du racisme chez Tolkien.
Est-ce par provocation, par dénigrement ? Toujours est-il que taxer Tolkien de racisme
relève plus de la calomnie que de la définition d'un personnage. C'est ce que le
texte suivant dénonce :
- Deux Poids, deux Mesures - Tolkien et le racisme
, par Semprini.
Autre question, autre cliché, JRR Tolkien semble être considéré comme un
auteur pour enfants. Si Tolkien n'aurait pas renié le genre, il n'en reste pas moins que ce
qualificatif est fort réducteur et tout à fait imprécis. Laurent Femenias
répond, exemples à l'appui, à cette question sans cesse posée par ceux
que ne connaissent Tolkien que trop peu.
- J.R.R. Tolkien, un auteur pour enfants ?
, par Laurent Femenias.
L'uvre de Tolkien échappe à toute tentative de définition. Monument de
la littérature ou invention d'une mythologie, cette chronique tente de répondre
à la question.
- Tolkien, Littérature ou Mythologie ?
, par Semprini.
-
Le Seigneur de Tolkien
, article paru dans
Témoignage Chrétien, n°3041, 19 décembre 2002
(publié sur JRRVF avec l'aimable autorisation de son auteur)
(à propos de La Communauté de l'Anneau)
Chacune des sorties des
blockbuster hollywoodiens (ou d'ailleurs) s'accompagne d'une
campagne de promotion à la hauteur de l'événement.
La presse écrite s'est faite l'écho de cette promotion et a largement
commenté la sortie de la dernière adaptation du
Seigneur des Anneaux.
JRRVF apporte un avis commenté, critique si besoin, de certains des titres parus
à cette période. Beaucoup s'intéressent au film, certains abordent davantage
l'uvre de Tolkien.
Articles commentés :
-
Synopsis
- N°16 - Novembre-Décembre 2001
-
Libération
- Brèves du 05/11/2001
-
Les Cahiers de Pocket
- Novembre 2001
Le 12/12/2001 :
-
Studio
- Décembre 2001
-
Casus Belli
- Décembre-Janvier 2001
-
Lire
- Décembre 2001
-
Le Vrai Journal
- Décembre 2001
-
Courrier International
- Numéro du 6 au 12 décembre 2001
Le 17/12/2001 :
Les magazines se suivent et se ressemblent. On y aborde, pose et répète les
sempiternelles questions du genre : « Tolkien était-il raciste ? », «
Tolkien, réactionnaire ? », « Tolkien, écologiste ? » ou encore
« Tolkien, auteur pour enfants ? ». Certains se sont penchés sur la question et
y répondu de manière tout à fait satisfaisante et suffisante (c'est en tout
cas mon point de vue). Mon souhait serait donc que les prochains magazines sachent se renouveller
et nous épargner désormais ce jeu de questions-réponses qui dure maintenant
depuis une trentaine d'années, c'est-à-dire depuis que le Seigneur des Anneaux
est sorti en France (1972), autant d'années pendant lesquelles Tolkien est resté
méconnu.
Pareillement, nous ne voyons pas en quoi la mise en parallèle du Seigneur des
Anneaux avec Star Wars (une autre de ces répétitions, sans parler du cas
d'Harry Potter) permet de mieux faire connaître l'uvre de Tolkien.
Il est également étrange de lire, que ce soit dans les Inrockuptibles ou
ailleurs, que les lecteurs de Tolkien sont tous des fan(atique)s, qu'ils adulent son uvre,
que le Seigneur des Anneaux est leur bible, etc. A croire que Tolkien n'a pas droit à
son public et que celles et ceux qui le constituent sont tous des extrêmistes de la pire
espèce.
Mais reprochera-t-on à Rowling d'avoir écrit Harry Potter ? De
voir les millions d'exemplaires vendus et d'entrées pour visionner l'adaptation du premier
item de la série ?
Pourquoi certains s'étonnent du succès des sites Web dédiés
à Tolkien ? Pourquoi cela ne serait-il pas légitime ? Les sites consacrés
à Rimbaud et Voltaire connaissent le même succès !
En fait, non content de critiquer l'auteur, son public l'est également. Pour exemple,
nous pouvons citer la sympathique appréciation de Nicolas d'Estienne d'Orves (dans le
supplément hebdomadaire du Figaro du 13/12/2001) qui dit regretter le peu de
littéraires parmi les cyberfans fanatiques. J'en conclue donc que moi qui écrit ces
lignes ne suit qu'un décérébré, un lobotomisé de l'informatique,
car j'ai choisi le parti d'en faire mon métier.
A quand le droit de réponse face aux critiques formulées à notre encontre
?
-
Les Inrockuptibles
, N°317, du 11 au 17 décembre 2001
-
Livres Hebdo
, N°443 du 26/10/2001
Revues à venir :
-
Ciné-Film(s), Hors-Série #1, Janvier-Février 2002
-
Le Figaro, N° du 13 décembre 2001
-
Le Figaro, N° du 15 décembre 2001
Références d'articles non commentés :
-
Première, N°297 - Décembre 2001
-
Ciné Live, Janvier 2002
-
VSD, N° 1268, semaine du 13 au 19 décembre 2001
-
Télérama, Numéro de la semaine du 03/11/2001 au 09/11/2001
A noter que
JRRVF propose sa propre critique de l'actualité liée
à l'adaptation du
Seigneur des Anneaux à travers ses
éditos
.
Les Inrockuptibles - N°317
Indiscutablement, Les Inrockuptibles soufflent le chaud et le froid (pp. 30-9). Remarquez,
cela ne dénote pas avec le style dont use habituellement ce magazine.
Commencons tout d'abord par le froid, autrement dit, par ce qui a tendance à ne pas
remporter notre approbation ou que, peut-être, nous n'arrivons pas à comprendre.
Premier exemple : que diable faut-il comprendre (dans l'édito de Joseph Ghosn, p. 31) par
« livre ultime de la pop culture gothique ». Pris séparement, les mots sont
compréhensibles, assemblés, ils relèvent plutôt du mystère propre
à l'auteur et prête à sourire.
Le froid ensuite avec les pages 32 à 34. A vrai dire, notre impression est
partagée suite à l'article intitulé La Boîte de Pandore.
Mitigé parce que Joseph Ghosn revient, comme tant d'autres avant lui, sur l'impact de
l'uvre sur la société des années 60-70 (notamment auprès de
musiciens comme Led Zeppelin), le Jeu de Rôle (qualifié de « jeu aux
atours de messe noire », pour « schizophrènes », de « passe-temps
d'autistes » !) et la similitude du Seigneur des Anneaux avec Star Wars. Par
contre, son avis est davantage intéressant lorsqu'il ne réduit pas, loin de
là, le Seigneur des Anneaux à une simple lutte manichéenne entre le
Bien et le Mal et fait témoigner Christian Bourgois sur les circonstances qui l'ont
amené à publier Tolkien.
En page 34, le court article de Christian Lehmann préfigure d'une partie de ce que sera
l'interview de Vincent Ferré dans les pages suivantes. Lehmann aborde en effet la
récupération des romans de Tolkien par l'extrême droite italienne, cette
question sera abordée plus loin.
Le chaud souffle avec l'interview de Vincent Ferré. Comme nous en parlions plus haut,
cet interview pose quantité de questions que l'ont été bien des fois
auparavant mais qui aujourd'hui reçoivent une réponse précise et
circonstanciée. Au nombre des interrogations de J. Ghosn à V. Ferré, l'on
trouve celle sur les sources du Seigneur des Anneaux, son utilisation du merveilleux, le Jeu
de Rôle, le manichéisme, l'allégorie de la Seconde Guerre Mondiale, le racisme
et l'antisémitisme supposés de Tolkien, etc. Autant de questions qui n'ont jamais
reçu de réponses provenant de la part d'une personne ayant une vraie connaissance la
vie et l'uvre de Tolkien, ce qui a malheureusement contribué à donner une
fausse image de cet auteur. Maintenant que ces questions ont trouvé leurs réponses,
souhaitons que nous pourrons passer à l'avenir à des préoccupations plus
littéraires et parler véritablement de ce qui fait que les lecteurs de Tolkien
l'apprécient.
Ce dossier Tolkien est fermé par la critique du Seigneur des Anneaux, le film.
Olivier Père n'y va pas par quatre chemins (le titre de son article, La saignée
des Anneaux, laisse augurer bien des choses), cette adaptation est « une grosse
croûte numérique ». Voilà qui est clair.
O. Père fait également preuve d'un mépris manifeste lorsqu'il qualifie
Peter Jackson de « cinéaste potache et obsessionnel » et voit dans le
Seigneur des Anneaux une « uvre littéraire ... mortellement ennuyeuse et
très mal écrite ». A utiliser de tels termes, on se demande (et sûrement
à propos) si Mr Père a pris la peine de le lire...
Cédric, le 17/12/2001
Livres Hebdo - N°443
60 millions, 80 millions, 100 millions de lecteurs du Seigneur des Anneaux, les chiffres
fusent mais quel est le bon ? 20 traductions, 30 traductions, les chiffres fusent mais quel est le
bon ? Ventes multipliées pour deux, par trois durant l'année 2001 ? Quel est le bon ?
Cela pour dire que les divers journaux énoncent des chiffres souvent contradictoires.
Livres Hebdo, titre à destination principale des professionnels de l'édition
semble nous donner enfin les réels chiffres et impacts de la sortie du Seigneur des
Anneaux.
Des pages 6 à 8, Livres Hebdo aborde le film pour en venir rapidement à Tolkien
1
et aux chiffres de l'édition. Le Seigneur des Anneaux aurait donc été
lu par 100 millions de personnes (difficile en effet d'estimer un tel chiffre. Certes, le nombre
d'exemplaire vendus est un bon indicateur mais ne permet pas de juger pour autant d'un nombre de
lecteurs) et traduit en 25 langues (ce chiffre paraît plus facile à vérifier).
De fait, le Seigneur des Anneaux s'est toujours bien vendu (Le Livre de Poche en
aurait vendu un million à lui seul) et depuis deux ans bat tous les records :
- Chez Gallimard Jeunesse par exemple, dont le premier volume en « Folio Junior
» figure sur la liste des meilleures ventes depuis 24 semaines et atteint un tirage de 342
500 exemplaires. « Nous sortons en moyenne 4 000 exemplaires de chacun des trois volumes
et 2 500 coffrets par semaine. », commente Frédéric Girault, responsable
des ventes de Gallimard Jeunesse.
- Chez Pocket, les chiffres sont également plus qu'encourageants : +25% de
hausse entre 1999 et 2000 et +100% entre 2000 et 2001.
- Même chose chez Christian Bourgois (premier éditeur à avoir
publié Tolkien en France) : la version reliée (un volume, illustrée par Alan
Lee) se vendait à raison de 4 000 exemplaires par an avant 2000. Cette année
là, les ventes sont montées à 7 000 et l'on atteint le chiffre impressionnant
de 25 000 exemplaires pour les six derniers mois de 2001. La version brochée (en un volume)
atteint également des records.
Pour les responsables des maisons d'édition et l'auteur de cet article, Claude Combet,
ce regain d'intérêt s'inscrit dans la mouvance et l'engouement général
du public pour Harry Potter et À la croisée des Chemins (de Philip
Pullman) mais doit également beaucoup à la sortie du film du Seigneur des Anneaux
et la campagne de marketing et de promotion savamment orchestrée qui l'accompagne.
Notons enfin l'encart en page 9 qui mentionne les dernières parutions et
rééditions de l'année 2001. Avec par exemple Tolkien, Sur les Rivages de la
Terre du Milieu et les différents ouvrages dédiés à l'adaptation de
Peter Jackson.
Cédric, le 17/12/2001
1
. Notons que Livres Hebdo use également de certains dictionnaires mal informés
et donne John Reginald Reuel Tolkien au lieu de John Ronald Reuel Tolkien.
Studio - Décembre 2001
Il faudra se faire une raison, les adaptations de Harry Potter et du Seigneur des Anneaux
restent intimement liés pour la presse, et plus encore pour celle qui traite de cinéma.
On pourrait comprendre que l'on mette en rapport le réalisateur, les acteurs, un
budget, le nombre de spectateurs attendus et d'autres chiffres purement statistiques mais que l'on
associe ou confronte les romans à l'origine de ces deux adaptations, voilà qui est
toujours troublant voire dérangeant.
Illustration de ces propos, le magazine
Studio, dans son numéro 173 de
décembre 2001 titre :
La Guerre des Sorciers
Harry Potter contre Le Seigneur des Anneaux
Tout ce qu'il faut savoir avant de voir ces deux films événements
Dans son éditorial, Jean-Pierre Lavoignat exprime clairement son message, ces deux
adaptations sont l'affrontement de deux superproductions mais surtout, à ce que nous lisons,
deux uvres qui ont de nombreux points communs. Tolkien & Rowling auraient eu une
idée (sous-entendu, une seule !?) qui aurait donné naissance à une saga
avec des univers « reliés à la magie, à la sorcellerie, au
fantastique, à la mythologie » et « ont su toucher les enfants que
leurs parents, les rêveurs que les chercheurs, les professeurs d'université que les
sociologues. ». Sur ce dernier point, nous ne pouvons qu'être d'accord.
Le Dossier : « La Guerre des Sorciers - Harry Potter contre Le
Seigneur des Anneaux »
Des pages 90 à 106 s'étale le dossier proprement dit et la mise en parallèle
(on devrait peut-être dire la mise en compétition) des deux adaptations. Dix pages de
texte (3 doubles pages sont prises par des photos des films) dont une moitié pour
décrire avec une certaine justesse le résumé du Seigneur des Anneaux,
un paragraphe réservé à une biographie de Tolkien et une autre page pour
évoquer les précédentes réalisations de Peter Jackson et de
revenir sur la manière dont il a réussi à obtenir le budget nécessaire
au tournage.
Enfin, deux pages reprennent le casting du Seigneur des Anneaux et donnant les noms,
précédents rôles au cinéma des différents acteurs. Evidemment,
seul Gollum reste anonyme puisque entièrement « électronique ».
Sélection Web
Pensez également à lire la « Sélection Web » (p.
86) de Studio où sont donnés les adresses de divers sites dédiés
au Seigneur des Anneaux (et pour certains plus généralement à Tolkien)
et au héros de J.K. Rowling, Harry Potter.
Notre Avis
En conclusion, nous dirons que Studio nous propose un dossier sérieux,
même si peu finalement peu engagé et relativement « classique ».
Répétons notre leitmotiv, le Seigneur des Anneaux et Harry Potter
n'ont rien de commun (ou moins qu'on voudrait le faire croire), je dirai m'inspirant d'une
phrase de Tolkien, que ces deux romans n'ont de ceci de commun qu'ils sont tous deux des livres.
Cédric, le 12/12/2001.
Casus Belli - Décembre-Janvier 2001
Il est plutôt délicat de commenter un dossier auquel on a participé
soi-même ainsi que des connaissances et amis.
Tout de même, avec plus de quinze pages, Casus Belli propose (à notre
connaissance) le plus long dossier dédié à Tolkien paru à ce jour. Et
pour une fois, la priorité n'est pas donnée au tournage du Seigneur des
Anneaux mais (et c'est le principal commentaire que j'ai reçu des lecteurs) au contraire
l'idée pour Casus Belli était davantage de faire connaître l'uvre
de Tolkien dans sa globalité et à donné à cette occasion la parole
à des « familiers de Tolkien ».C'est pourquoi Casus Belli titre :
Le Seigneur des Anneaux
Dossier : Le Vrai Tolkien
André Dehó signe l'édito dans un humour au ton passionnel. En
résumé, Peter Jackson est pour le moins attendu et signera, c'est sûr, une
adaptation qui fera date dans l'histoire du cinéma et bouleversera la société
française.
Plusieurs chapitres pour exprimer différentes idées et approches de Tolkien :
- À la recherche de Tolkien, par Vincent Ferré.
- Interview : Tolkien, par Mathias Daval. Un interview posthume de JRR Tolkien par
Mathias Daval, dont les réponses sont basés sur la correspondance de Tolkien :
The Letters of J.R.R Tolkien
1
- La Communauté des lecteurs : Un hommage à Tolkien, par Cédric Fockeu
2
- Tolkien et la Littérature, par Jean-Paul Rousset. JP Rousset veut rompre ici avec
la classification de Tolkien dans un genre rendu médiocre par « la production
industrielle de ses suivants ». Et plutôt que de classer Tolkien dans un genre, JP
Rousset relèvera « quelques points caractéristiques de son uvre, ce
qui lui ferait bien mieux justice. »
- Tolkien : une vie en Terre du Milieu, par Jean-Paul Rousset ; une brève
bi(bli)ographie de Tolkien.
La Communauté de l'Hyperfilm, par Mael le Mée. M. le Mée
s'intéresse au phénomène « culturel et
médiatique » qui entoure l'adaptation du Seigneur des Anneaux.
- Tolkien va au cinéma, par Jean-Paul Rousset.
Le dossier proprement dit, il nous reste :
- Le Seigneur des Jeux - pp. 68-9, par Serge Olivier. Une revue des jeux de figurines,
de plateau et de cartes à colectionner.
- Dossier Tolkien : la suite sur le Net ; p. 92, une revue des sites
dédiés à Tolkien.
Cédric, le 12/12/2001.
Notes :
1
.
Tolkien, J.R.R., The Letters of J.R.R.
Tolkien
, London, HarperCollinsPublishers, 1999, ed. by H. Carpenter with Ch.
Tolkien
.
2
. L'intégralité de l'article paru dans Casus Belli est disponible sur JRRVF dans un
Hommage à JRR Tolkien.
Magazine Lire - Décembre 2001
Que l'on parle de Tolkien dans le plus important magazine littéraire de
France, voilà qui pouvait paraître pour de la science-fiction il y a encore quelques
semaines de cela. Et pourtant, dans sa rubrique « Multimédia » (p. 34)
de son numéro de décembre, Philippe Perrier se fait l'auteur d'une invitation
à découvrir Tolkien, et qui plus par l'intermédiaire de JRRVF. Beau cadeau qui
est fait là à ce site et son webmaster.
1
Cédric, le 12/12/2001.
Notes :
Le Vrai Journal - N°16, Décembre 2001
Dans sa rubrique « Vrais Gens », le Vrai Journal titre « La
Confrérie des fous de Tolkien ».
Entre deux pages politiques et une autre rubrique « Mec Odieux », le Seigneur
des Anneaux occupe une double page (pp. 16-7) avec en introduction :
Le premier volet de l'adaptation cinéma du « Seigneur des
Anneaux » sort le 19 décembre.
Rencontre avec de jeunes fans du roman mythique.
Ce reportage est en fait l'interview de fans et spécialistes de Tolkien
1
Dans le paragraphe suivant, Didier revient sur sa découverte des langues imaginées
par Tolkien et réussit à nous parler du Silmarillion et de la série
Histoire de la Terre du Milieu (performance assez remarquable quand on voit la somme
d'articles qui ne consacrent leurs colonnes qu'au « seul » Seigneur des
Anneaux). Je profite de l'espace qui m'est donné ici (enfin, que je prends...) pour
remercier Didier d'avoir mentionné JRRVF et La Compagnie de la Comté.
Vincent Ferré conclut ces deux pages en abordant la géographie et dénonce
les analogies que font certains lorsqu'ils comparent le Seigneur des Anneaux au second
conflit mondial. Enfin, Vincent F. dénonce ceux qui taxent Tolkien de racisme et son
soi-disant attachement à la notion de races.
2
Cédric, le 12/12/2001.
Courrier International - N°579 du 6 au 12 décembre 2001
Vous le savez, Courrier International compile une sélection d'articles parus dans la
presse du monde entier durant la semaine écoulée. Parmi ceux-là, l'on retrouve
deux double-pages (pp. 60-4) consacrées à Tolkien :
Guerres, magie, marécages et symboles
Le « Seigneur des Anneaux » enfin à l'écran
The Independant (Londres), revient bien évidemment sur l'adaptation et sa sortie
maintenant imminente. Et à les en croire, d'apprendre que c'est le prochain épisode
de la saga de George Lucas, Star Wars, qui sera le premier à se faire
« voler » la vedette par le Seigneur des Anneaux.
Vient le tour des éditeurs de Tolkien et du Seigneur des Anneaux (le livre) de
s'étonner devant l'intérêt impressionnant que suscite Tolkien, la hausse de
leurs ventes en est la preuve indiscutable. On s'étonnera alors qu'ils en viennent
maintenant à s'inquiéter pour l'avenir, concernant les débouchés pour
les ventes du Seigneur, lorsque chaque famille en aura un exemplaire dans sa bibliothèque.
Ian Collier, porte-parole de la Tolkien Society, comme d'autres, dira son regret de
voir que l'on compare le Seigneur des Anneaux à Harry Potter.
Le romantisme sombre de J.R.R Tolkien
Autre article pour The Independant on Sunday (Londres), autre point de vue pour dire que
Tolkien est un auteur d'exception et que dans sa rédaction du Seigneur des Anneaux,
il a fait preuve de « génie ». L'auteur émettra
également un jugement sévère envers l'hostilité des critiques (mais
aussi écrivains et autres membres des cercles littéraires) pour leurs commentaires
généralement peu amènes à l'encontre de l'uvre de Tolkien.
On lira plus loin une mise en parallèle, au niveau de la qualité de la prose, du
Seigneur des Anneaux et d'Ulysse.
En résumé, cet article est plutôt élogieux et même si ce
« chef d'uvre de la littérature d'imagination » peut
présenter de « graves défauts », il n'en reste pas moins que sa
« postérité est plus que méritée ». En cela, nous ne contredirons pas l'auteur.
Quand le poète Auden défendait les Anneaux
A titre documentaire,
Courrier International nous fait retrouver les critiques parues
à l'époque de la sortie du premier tome du
Seigneur des Anneaux :
la
Communauté de l'Anneau. Ces critiques sont de W.H. Auden, américain d'origine
anglaise, poète reconnu et grand « admirateur » de Tolkien
1
Trois encarts donnent, à titre anecdotique, des informations sur 1/ le tournage de
l'Attaque des clones par Georges Lucas (dont Christopher Lee fait partie de la distribution
et tournait en alternance au Seigneur des Anneaux) 2/ Peter Jackson 3/ l'armée de
néo-zélandaise qui a participé au tournage en fournissant bon nombre de figurants.
Cédric, le 12/12/2001.
Notes :
1
.
.
Synopsis - N°16 - Novembre-Décembre 2001
Synopsis l'affiche clairement, ce numéro 16 met l'accent sur
le Seigneur des
Anneaux en proposant en couverture Gandalf (incarné par Ian McKellen) avec en gros titre :
|
|
Lire, écrire et
Conter
Le Seigneur des Anneaux
Le Petit Poucet, Nosferatu
|
Éditorial
En page 3, Laurent Dumas nous annonce que ce numéro met en avant « les aspects
littéraires et cinématographiques de ces récits « qui commencent par
'
Il était une fois' ... qui savent nous transporter dans des univers de
légendes » et fait remarquer que la frontière entre les mondes du cinéma
et de la littérature s'amenuise de plus en plus et que chacun d'entre eux, par la force des
choses, devra mesurer ce qu'il peut retirer de l'autre. Ce dossier sera notamment composé
d'un article sur les « influences mythologiques » de Tolkien.
Le Dossier
Les lecteurs patients auront lu les pages précédentes, je me suis quant à
moi directement reporté à la page 28 pour retrouver la première partie du
dossier (pp. 28-33) :
Le Seigneur des Anneaux ou la saga des mythes.
A la simple lecture du titre, la curiosité est éveillée car le sujet est
ambitieux et rarement traité dans la presse, cela mérite d'être
remarqué. C'est Stéphanie Tchou Cotta qui s'est prêté à cet exercice.
Cet article de 5 pages (un peu moins de 4 pages de texte), après une courte
introduction, s'égrène au fil des lettres «
A comme anneau
», «
L comme langages », etc. pour aborder les différentes
sources mythologiques (qu'elles soient d'origine celte, nordique ou germanique) qui ont pu, peu ou
prou, inspirer Tolkien.
Le premier bémol apparaît avec les premiers mots de l'introduction où l'on
nous dit que Tolkien nous laisse un « univers entier avec ses mythes, ses légendes,
ses héros, ... », résultat de dix ans de travaux et de recherches. Nous avons
du mal à saisir pourquoi l'auteur dit que Tolkien n'aurait travaillé que dix ans
à ses recherches lorsque l'on sait que la seule rédaction du
Seigneur des
Anneaux a demandé quatorze ans à Tolkien et que son uvre s'étale sur
pratiquement toute sa vie, soit près de soixante ans. Mais cela ne reste qu'un détail, passons...
Passé ces lignes, nous arrivons au cur du sujet :
- «
A comme anneau » cite
les Eddas et aborde un autre
célèbre anneau, celui du nain Andvari(l) et la malédiction qu'il
proférera à l'égard de ceux qui l'ont volé. La variation de Wagner
1
est elle aussi approchée.
- «
L comme langage ». L'auteur fait la relation entre le personnage
d'Earendil de Tolkien et celui des
Eddas dénommé Aurvendil, nom qui serait
« l'autre forme d'Earendil ». Nous contredirons ce rapprochement en faveur de celui qui
lie Earendel du poème anglo-saxon
Crist,
de Cynewulf (VIII
è s.) au
personnage de Tolkien qui prendra tout d'abord le nom d'Earendel pour devenir Earendil. C'est
d'ailleurs en 1917 que Tolkien le mettra en scène pour la première fois dans
l'épisode de
la chute de Gondolin.
2
Notons que les dernières phrases de ce paragraphe, qui abordent l'impact de l'Unique
sur ses porteurs, me laissent perplexe puisque qu'on y lit que « ce cadeau empoisonné
fait mourir une partie d'entre eux » car je crois bien qu'il aurait fallu plutôt lire
« une partie d'eux-mêmes ».
Je ne retracerai pas la totalité des rubriques (pour la plupart d'entre elles, je n'ai
pas de remarque particulière à formuler) mais je conclurai en disant qu'aborder les
sources mythologiques de Tolkien et présenter en quelques lignes un résumé de
chacun des textes majeurs (du point de vue des pays concernés) que nous ne connaissons que
trop peu est chose difficile. Elle l'est plus encore si l'on tente de les rapprocher
systématiquement de tel ou tel roman, chapitre ou idée présents dans
l'uvre de Tolkien. C'est au total l'écueil principal que
Synopsis n'aura
peut-être pas su franchir. En effet, comme cela a été vu ci-dessus, les
rapprochements pourront paraître rapide, parfois fallacieux, pour le lecteur non averti.
Il restera quelques coquilles à corriger au fur et à mesure de leur
découverte (on lira par exemple
Sindarin au lieu de
Sidarin dans la
rubrique « L comme langage ») mais ce dossier conserve un double intérêt :
- démontrer à celles et ceux qui ne connaîtraient pas Tolkien qu'il y a
autre chose derrière le film. Ce qui malheureusement a tendance à être
éludé par la Presse
- présenter à ceux qui connaissent déjà
Le Seigneur des
Anneaux (et les autres romans) des textes et histoires qui sans aucun doute leur plairont.
La seconde partie du dossier,
Le Seigneur des Anneaux, genèse d'une
adaptation biblique revient sur la difficulté de l'adaptation au cinéma d'un
roman tel que
Le Seigneur des Anenaux et de relater la motivation, sinon la passion, de
Peter Jackson a vouloir mener à son terme ce projet qui lui tenait tant à cur.
Enfin, les deux derniers paragraphes s'attardent respectivement sur les langues que parleront
chacune des races de la Terre du Milieu dans le film et le « manichéisme du Seigneur
des Anneaux » et « la faiblesse des personnages secondaires »).
Notre avis :
On pouvait craindre que seul le film soit à l'honneur,
Synopsis vient
heureusement nous contredire en publiant le premier dossier digne de ce nom qui se consacre
à l'aspect littéraire de l'uvre de Tolkien. En quelque sorte, la partie
cachée de l'adaptation. Car il en est malheureusement ainsi, le réalisateur a
tendance à se poser devant l'écrivain. Espèrons que d'autres magazines
choisiront de suivre ce chemin.
Cédric, le 13/11/2001.
Notes :
1
. L'adaptation de la légende des Nibelungen par Wagner dans L'Or du Rhin était
connue et loin d'être appréciée par Tolkien, comme on le lit dans sa
biographie. Cf. « J.R.R. Tolkien - Une Biographie », par Humphrey Carpenter,
édition Presses Pocket, pp. 62 & 227
.
2
. Ce sont d'ailleurs les premiers vers de Crist, de Cynewulf, que Tolkien
reprendra dans un de ces poèmes, ce qui sera le tout début de la mythologie créée par
Tolkien. Ibid, p. 81, 88-90
Libération
En seulement quelques lignes,
Libération, dans sa colonne « Brèves
» de son édition du 5 novembre, a réussi à nous faire part d'un «
grand » moment de journalisme :
Le Seigneur des Anneaux, un livre/film pour enfants ?
De la même veine que
Harry Potter ?!
Cette assertion péremptoire aura sûrement fait bondir plus d'un lecteur de
Tolkien et de J.K. Rowling. Combien de temps aurons-nous encore à subir cette
désinformation ? Classe-t-on
Les Trois Mousquetaires parmi les romans de cape et
d'épée à deux sous ? Pourquoi alors une aussi grande méconnaissance de
Tolkien et en particulier du
Seigneur des Anneaux ? Nous sommes en droit de nous le demander.
Tolkien & Rowling ont leur propre univers, leur public. Leur uvre respective existe
indépendamment de toute autre référence. Pourquoi vouloir sans cesse
rapprocher ce qui ne doit pas, ne peut l'être ? Dira-t-on que Rufin pour
Rouge
Brésil et Le Coz pour
Céleste ont eu l'un le
Goncourt, l'autre le
Renaudot, qu'ils sont les auteurs de livre pour adultes ? S'il vous plaît, assez de
banalités !
Mesdames et messieurs les journalistes, nous sommes prêts à répondre
à vos questions et à vous instruire d'un sujet qui a votre attention ces derniers
mois. Libre à vous de nous consulter, les lecteurs que nous sommes vous en seront reconnaissants...
Cet article est disponible sur le site de
Libération :
Brèves
A noter que cette publication a fait l'objet d'une série de messages sur le
Forum
de
JRRVF. Par ailleurs, l'un des éditos consacrés à l'actualité
du tournage traite de cette confusion des genres :
Une
étrange équivalence
.
Cédric, le 13/11/2001.
Les Cahiers de Pocket
Paru dans les
Cahiers de Pocket (lettre gratuite sur l'enseignement littéraire, éditée par
Pocket), l'article de Jacques Goimard, spécialiste de la S.F., essaye de comparer les Univers de
Tolkien (en particulier
le Seigneur des Anneaux) et celui de Pierre Boulle (
la planète
des Singes), avec quelques bons points.
Goimard compare d'abord les deux auteurs sur un plan moral, deux figures clericales, Tolkien
comme « humaniste à la manière de Thomas More »", Boulle à la manière d'Erasme. Puis il
aborde le thème du Voyage, celui de « l'expérience de la diversité culturelle », avec
un bilan positif chez Tolkien et plutôt negatif pour Boulle. Le thème de la « diversité des
espèces vivantes intelligentes » est abordée, Goimard soulignant le fait que dans la
compagnie, les compagnons « vivent en bonne intelligence » (on pardonnera à Goimard le
fait que pour lui les Dúnedain soient des Demi-elfes), au contraire de la planète des singes où il
existe « une division du travail entre les espèces » avec les « conflits qui en
résultent ». Ensuite, Goimard aborde le thème du sens de ces histoires et de la quête, et
enfin la question de savoir si nous avons affaire ou non à des univers manichéens, Goimard
assimilant les phases d'expansion et de contraction de l'intelligence (et donc visiblement du bien
en opposition au mal) à « une magnifique sinusoïde ».
Benjamin Babut,
alias Benilbo
PS : Cet article a été discuté sur le
Forum
de JRRVF.