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Section « Le Légendaire » Fuseau « Frodon à Orodruin » |
| Atteindre la fin du fuseau | |
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Frodon à Orodruin
- Les messages - |
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Semprini le 05-12-2000 à 13:53 |
J'ai une question pour vous. Dans quelle mesure trouvez-vous que le refus de Frodon de détruire l'anneau à Orodruin représente une trahison morale, un échec. Tolkien précise dans ses lettres que Frodon savait qu'il avait succombé à la tentation à Orodruin et qu'il en éprouvait une grande culpabilité. Qu'en pensez-vous? |
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Samsagace
le 05-12-2000 à 14:02 |
Pour moi ce n'est pas une trahison morale, c'est une faiblesse d'esprit. J'ai toujours pensé que Sam était plus courageux et vaillant ;)
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Cedric
le 18-12-2000 à 16:54 |
La question de l'échec de Frodon quant à son incapacité de jeter l'Unique dans le Feu tend à devenir un classique ;-) Tolkien dans sa lettre 181 à Michael Straight (p 232-4) nous dit que Frodon était destiné à échouer ("doomed to failure"). Tolkien illustre son propos avec le fragment de prière "Ne nous soumets pas à la tentation". Car la tentation est ce qui pèse sur l'âme de Frodon et de tout porteur de l'Unique. Et aucun autre n'aurait pu résister mieux que lui à l'Unique. Au final, de nombreuses considérations viennent mitiger ce succès ou non de Frodon dans sa Quête pour détruire l'Anneau. Comme Tolkien le dit (cf. lettre 181), Frodon (et le monde) doit son Salut à sa pitié et son indulgence face à Gollum. Cette pitié a été en partie "provoquée" par une instance supérieure : Gandalf. Et c'est la Providence, Eru lui-même, qui fera arracher l'Anneau au doigt de Frodon puis le faire précipiter dans le Gouffre du Destin. En cela Gollum et Frodon étaient ses instruments (cf. lettre 246, p. 326). Je crois donc que Frodon, d'une manière ou d'une autre, ne pouvait faillir.
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Semprini
le 22-12-2000 à 17:42 |
Hello Cédric, Ainsi, tu considères la chute de Frodon à Orodruin comme une simple "hésitation"? Je ne suis pas d'accord. Je ne crois pas non plus que l'on puisse dire que "Frodon ne pouvait faillir". Frodon cède bien à 'la tentation de l'immortalité' que représente l'Anneau (pour reprendre les propres termes de Tolkien). C'est une faillite complète, qui marque l'impuissance de l'homme à vaincre ses démons, qui reviennent toujours indomptés. Cette pérennité du mal était d'ailleurs le sujet de 'The New Shadow', ce texte que Tolkien avait commencé sur le 4è Age. Le héro parfait est une chimère nous dit Tolkien, comme Dostoïevski avant lui (Aragorn fait bien exception, mais il n'était pas porteur de l'Anneau). La compassion que Frodon portait à Gollum le rachète, mais elle n'enlève rien au fait que Frodon ait cédé, ne fusse que momentanément, au mal. Cette idée de rédemption fait écho à la foi catholique très profonde de Tolkien. Mais si l'on en juge par la conscience qu'avait Frodon de son échec, qui le taraudait jusqu'à lui rendre la vie insupportable, cette rédemption ne suffisait pas à sauver Frodon. Même le pêcheur rédempté ne peut oublier ses pêchés. Un dernier point sur lequelle je suis aussi en désaccord avec toi. Ce n'est pas Gandalf, ou Eru, qui insuffle à Frodon sa compassion. C'est Frodon qui la découvre, tout comme Sam, beaucoup plus obtus que Frodon et moins conscient de ce que l'Anneau représente, qui découvre qu'il ne peux pas tuer Gollum sur les pentes d'Orodruin. |
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Cynewulf
le 07-05-2003 à 18:23 |
Je fais ressoortir ce vieux sujet car g trouvé dans les Contes et légendes inachevés, un texte intéressant: ( c gandalf qui parle après les événements de la Bataille de l'Anneau à Frodo) "on a voulu que ce soit Bilbo qui trouvr l'Anneau et non celui qui le forgea, et de même on a voulu que ce soit toi le porteur de l'Anneau. Et j'aurai pu ajouter: on a voulu que ce soit moi qui vous guide, tous les deux dans ces aventures" et Frodo de répondre: "Je pense cependant que Bilbo aurait pu refuser de quitter ses foyers qu'on l'ai voulu ou pas, et moi de même et tu ne pouvais nous y contraindre" J'en conclu qu'il y a bien Providence comme en témoigne le "on a voulu" répétitif qui désigne assurément Eru, mais cette Providence n'enlève pas la Liberté (conformément à la doctrine chrétienne...): jusqu'au bout Frodo est libre d'accepter ou de refuser sa mission, même au Mont Orodruin...ce n'est pourtant qu'une chute compréhensible mais aussi répréhensible. L'intervention de Gollum est sans doute aussi providentielle, elle ne fait que montrer l'attention que Eru porte à la Terre du Milieu. Jamais Eru ne s'insinue dans la volonté des gens, avec Gollum il ne fait que "miser" sur sa soif de l'Anneau et ça marche. Mais Frodo a failli, parce qu'il est homme (et comme le disait un autre post dans un autre fuseau issu de je ne sais plus qui: il n'est pas le Christ et ne peut réussir à porter le sort du Monde sur ses épaules, voilà pourquoi épuisé à la fin de l'Histoire il doit partir à Valinor).. La Providence n'est pas synonyme de fatalité, mais de Projet, un projet un plan que les Hommes doivent réaliser librement: Frodo sur le Mont Orodruin a presque réussi mais n'a pu aller jusqu'au bout et Eru pourvoit à cette faiblesse en envoyant Gollum... Voilà voilà |
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babar
le 07-05-2003 à 18:31 |
ca veut dire quoi ? que Tolkien pense que le destin etait établie d'avance ? |
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Silmo
le 07-05-2003 à 19:01 |
Cher Semprini, Tu disais (il y a trois ans)> "Un dernier point sur lequelle je suis aussi en désaccord avec toi [i.e. avec Cédric - cf post ci-dessus]. Ce n'est pas Gandalf, ou Eru, qui insuffle à Frodon sa compassion." Je suppose que ce point a déjà été évoqué à plusieurs reprises depuis décembre 2000 mais puisque ce fuseau remonte, autant rappeler que, lors de sa discussion dans la maison de Bilbon, c'est bel et bien Gandalf qui dit, en réponse à Frodon qui estime alors que Gollum mérite la mort: SDA tome 1, Chapitre II. L'OMBRE DU PASSE, Page 88: Voila des propos susceptibles d'engendrer la compassion chez Frodon... Non? ... et d'ailleurs, à la fin du SdA, Frodon dit même à Sam, après la destruction de l'Anneau: SDA tome 3, Chapitre III. LA MONTAGNE DU DESTIN, Page 306: Ca me semble quand même bien être de la compassion inspirée par Gandalf :-) Silmo
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Mj du Gondor
le 07-05-2003 à 22:16 |
Bonjour Silmo Ce cher Frodon ! Je me rapproche ici de la conclusion de Semprini. Si, comme tu le dis, Gandalf, dans l'"Ombre du passé", a éffectivement éveillé la pitié de Frodon, "au mont Orodruin", ce sentiment que j'appelle bien aussi:compassion, qui lui fait appeler le pardon pour Gollum , il le découvre seul, "à la faveur" de son propre échec. Et c'est en celà que ce dénouement me parait si déchirant, si injuste comme le dirait Ylem. Victorieux, Frodon n'aurait eu que de la pitié pour Gollum,mais au mont Orodruin, Frodon est un homme vaincu par sa propre faiblesse. Par son échec, il ne sent plus si différent de lui, la puissance de l'anneau lui a été révélée. il peut mieux imaginer ses souffrances, les partager. Il en appelle donc au pardon non seulement pour Gollum mais aussi pour lui-même. Mj |
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jean
le 08-05-2003 à 11:06 |
Sur la réussite ou l’échec de Frodo je crois qu’il faut revenir à la « Théologie » induite du SdA. Tolkien lui même a dit que le SdA était « une œuvre entièrement catholique, inconsciemment au début mais consciemment dans sa révision ». Il a souvent été dit sur ce forum que Frodo est une figure christique mais il n’est pas pour autant le Christ . Par conséquent il reste limité et ne peux faire son salut lui même. Dans la doctrine catholique l’homme ne peut gagner son salut par lui même et par ses propres forces. Cette théorie était défendue par Pélage au V° siècle et a été condamné comme une hérésie sous l’influence de St Augustin. Pour atteindre son salut et vaincre son péché l’homme a besoin de l’aide de la grâce divine et du sacrifice rédempteur du Christ lui même. Tolkien connaissait parfaitement ce point de la doctrine catholique et je pense sue c’est une des raison pour laquelle il ne laisse pas Frodo détruire l’anneau (symbole du péché et de la tentation) et gagner le salut de la TdM par sa propre force. Il a besoin d’une intervention littéralement « providentielle » pour accomplir sa mission. On remarquera que cette intervention est d’ailleurs rendue possible grâce à une longue chaîne de bonnes actions et d ’actes de miséricorde accomplies par d’autres personnages (pitié de Bilbo qui épargne la vie de Golum, de Gandalf, d’Aragorn, des elfes de la forêt noire, de Frodo lui même…). Tolkien a donc aussi introduit ici le point de la communion des saints. Les bonnes actions et l’intersession des uns pouvant servir à venir en aide à un autre pécher dans un moment critique. Doctrine spécifiquement catholique, et à laquelle Tolkien était particulièrement attaché dans un pays majoritairement protestant. MJ> Cordialement |
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Cynewulf
le 08-05-2003 à 13:45 |
> Tolkien a donc aussi introduit ici le point de la communion des saints. Les bonnes actions et l’intersession des uns pouvant servir à venir en aide à un autre pécher dans un moment critique. Voila un point de vue intéressant: la communion des saints dans le Seigneur des Anneaux?
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Silmo
le 09-05-2003 à 10:13 |
Cuynewulf> "autrement dit, si je ne pardonne pas à Gollum, Eru ne me pardonnera pas ma faiblesse...>/>" Il me semble pourtant qu'a priori, Frodo ne connait rien d'Eru... alors de là à vouloir attendre son pardon...!!! |
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Cynewulf
le 09-05-2003 à 13:47 |
Silmo, comment sais tu que Frodo ne connait pas Eru? Est-il fait fait mention de sa méconnaissance dans le SDA ou autre part? Il me semble au contraire que les Hobbits au même titre que les Hommes ont reçu diverses connaissances de la part des Elfes notamment sur la création du monde par Eru. Pourquoi certains peuples seraient ils ignorants: il me semble que Frodo et Bilbo ont de plus fréquenté les Elfes et connaissent le Quenya...de plus Frodo fait référence à Varda (Elbereth) dans l'antre d'Arachné. Fait attention à tes affirmations non-fondées et rapides. |
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Mj du Gondor
le 09-05-2003 à 14:35 |
Je respecte tout à fait la vision chrétienne du SDA de Cynewulf et de Jean et je veux bien admettre également que c'est celle-ci qu'aurait privilégiée Tolkien. Cette vision vous permet d'élever spirituellement cete oeuvre et d'expliquer ici pour quelle raison Frodon ne pouvait détruire l'Anneau. D'un point de vue purement humaniste ce texte garde néammoins toute sa valeur et nous, non croyants, pouvons tout à fait partager votre cheminement même si nos conclusions s'expriment différemment. Pour moi en effet cette prédestination à l'échec pourrait aboutir à réfuter l'utopie selon laquelle le sort d'un peuple pourrait dépendre de la volonté d'un seul individu et réduire d'autant le culte de la personnalité, ou l'édification d'un héros. Cette longue chaîne de bonnes actions pourrait s'appeler Solidarité et ce soutien moral indefectible la Fraternité. Pardon et compassion ne sont pas à mon avis vertus exclusivement chrétiennes et Frodon peut bien implorer la clémence des hommes ! Je crois avoir lu quelque part que Tolkien au contraire du Silmarillon n'avait pas souhaité que sa Chrétienté transparaisse dans le SDA(1); pourtant, connaissant l'Homme, il est tout à fait logique que dans votre lecture vous dépassiez le point de vue humaniste mais nous y trouvons aussi "notre compte" Tout ceci en toute amitié ! Mj (1)Pardon si celà, contredit la citation de Jean, il faudrait que je retrouve mes sources!.... |
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Silmo
le 09-05-2003 à 14:39 |
"Est-il fait mention de sa méconnaissance dans le SDA" D'accord, mais a contrario, est-il jamais fait mention de sa connaissance? Pour les affirmations non-fondées.. je dirai donc un partout :-) Alors ne nous énervons pas pour ça. Je crois que Frodo, cas exceptionnel parmi les hobbits, à quelques connaissances du panthéon elfe je ne pense pas que cela aille bien au delà d'Elbereth (ce sentiment n'est pas fondé sur un texte précis, je te l'accorde) Tolkien dit au sujet de la prière, dans une note de bas de page de la fameuse lettre 153 de septembre 1954 à Peter Hastings (pp. 193-194) : "Il n'y a donc, dans ce monde, ni temples, ni "églises", ni de fidèles parmi les gens de bien. Ils ont peu, voire pas, de religion au sens d'un culte. Ils peuvent appeler à l'aide un Vala (comme Elbereth) tout comme un catholique peut le faire à l'égard d'un saint, quoiqu'ils sachent sans conteste aussi bien que ce dernier que le pouvoir des Valar est limité et secondaire. Mais il s'agit d'un "âge primitif" ; et l'on pourrait dire que ces gens considèrent les Valar comme les enfants considèrent leurs parents ou de proches adultes supérieurs. Quoiqu'ils sachent qu'ils sont les sujets du roi, celui-ci ne vit pas dans leur pays et n'a ici aucune demeure. Je ne pense pas que les Hobbits aient pratiqué une quelconque sorte de culte ou de prière (ou seulement par contact exceptionnel avec les Elfes)." Je ne nie pas que Bilbo ait eu ce contact privilégié avec des elfes et qu'il ait enseigné des tas de choses à Frodo mais de là à ce que Frodo, en épargnant Gollum attende le pardon d'Eru, il y a un bien grand pas que je ne veux pas franchir.
Je n'ai pas retrouvé ce passage dans le moteur de recherche. Es-tu sûr que c'est à ce moment là? Les références que je trouve concernent Sam qui utilise le mot "Elberteh" comme mot de passe à Cirith Ungol, parce que "aucun orc ne dirait cela" et puis plus tard, Sam toujours le redit dans le même chapitre en se souvenant que ce mot chanté par les elfes avait écarté un cavalier noir dans la Comté (cela tient plusd e l'incantation que de la prière) Quant à Frodon, Il l'invoque bien avant cela au moment de planter son épée dans le pied du Nazgul sur le Weathertop... et aussi au moment de passer le Gué sur le cheval de Glorfindel, quand il dit : "Par Elbereth et Luthien la Belle dit Frodon dans un dernier effort, brandissant son épée, vous n'aurez ni l'Anneau ni moi!" Il me semblait pourtant qu'il invoquait dans ce cas ce que les hobbits considéreraient comme des puissances elfiques....indifféremment Elbereth ou Luthien, d'ailleurs - seule preuve peut-être que son savoir en matière de théologie a bel et bien des limites Silmo
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Silmo
le 09-05-2003 à 15:00 |
PS: comme MJ, je respecte tout à fait la vision chrétienne du SdA (involontaire dans un premier temps, selon Tolkien, et volontaire lors de la révision du texte pour sa seconde publication) et je respecte aussi l'interprétation de Jean, Cynewulf ou d'autres dont j'admire souvent les interventions. Ce qui m'embête juste un peu, dans le cas présent, c'est quand cela se transforme en "Eru ne me pardonnera pas ma faiblesse" alors que Frodo n'a pas été mandaté par Eru et qu'il n'a pas à attendre un quelconque pardon divin. (et quand bien même cela serait, Eru - puisque l'oeuvre est catholique - pardonnerait à Frodo, non?) |
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Ylem
le 09-05-2003 à 17:13 |
… Ma profonde conviction est que : - si l’histoire laisse à Frodo une blessure morale inguérissable et un fort sentiment de culpabilité, ça témoigne, non de l’existence effective d’une faute, mais de la profondeur et de la sincérité de son engagement. Oui, Mj, le destin de Frodo me semble injuste. Mais il me semble aussi injuste de parler de faute ou même de faiblesse à son égard alors qu’il est de tous les personnages du sda, celui que l’aventure pousse au plus loin de ses forces et qu’il lutte jusqu’à ce que ça ne soit plus possible. Pour moi, il ne convient pas de parler de faiblesse de Frodo, mais bien de limites inhérentes à la condition humaine. Même en donnant tout, de manière absolue, même en résistant jusqu’au bout, alors qu’il ne reste rien à quoi s’accrocher, l’impossible reste impossible, l’homme est limité, il n’est pas Dieu. Seul Eru/Dieu, la Divine Providence, peut accorder le salut. - Enfin, la notion de gratuité est pour moi fondamentale dans l’œuvre de Tolkien. Ce sont les actes gratuits, sans arrière-pensée, sans motivation ni intérêt personnels d’aucune sorte qui permettent d’adopter les solutions favorables au salut de la Terre de Milieu. Que ce soit de la part d’Aragorn, de Merry, de Pippin, de Sam, et a fortiori de Frodo. Comprendre cette « folie » des actes totalement dépourvus de caractère intéressé, est très difficile pour les habitants de la Terre du Milieu (Frodo est totalement incompris, une fois chez lui) – et impossible pour Sauron et peut-être aussi pour Saroumane (ce qui est un gage de victoire). Ylem.
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Silmo
le 09-05-2003 à 17:40 |
Ylem, J'adhère complètement à ton post. Nous avions d'ailleurs déjà longuement discuté du thème de la "faute" dans le fuseau Arwen, Frodon, Les Havres... et tes arguments m'avaient convaincus... :-) |
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Silmo
le 09-05-2003 à 18:00 |
Oops, Ylem, j'allais oublier de citer, sur le meêm thème, ton arrivée sur JRRVF et le fuseau Plaidoyer pour Frodon que tu as ouvert à cette occasion (fuseau qui vit aussi l'envoi du premier message de Jean et aussi celui de Lambertine...... quel succès :-))) |
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Mj du Gondor
le 09-05-2003 à 22:15 |
Ylem : Tu sais combien j’apprécie tes messages et combien j’approuve ton engagement à défendre Frodon et ce qu’il représente à nos yeux. Mais si je suis d’accord avec ton argumentation lorsqu’elle s’exprime au nom de l’ « Autre » , de celui qui juge, peut absoudre ou condamner, je ne peux l’appliquer à l’acteur du drame. Je suis bien d’accord sur le fait qu’on ne saurait lui reprocher sa faute mais il n’en va pas de même pour lui. Même pervertie par l’Anneau, c’est de sa propre volonté qu’il décide de conserver cet anneau,et de renoncer à le détruire. Qu’en serait-il sinon du libre arbitre, lequel s’exerce à mon sens jusqu’au renoncement c’est à dire à l’echec ? Cette épreuve était au-delà de ses forces, mais il croyait pouvoir la tenter ; et en cela déjà il s’est trompé. Pour reprendre ton exemple du prisonnier, celui dont on a obscurci la conscience au moyen de drogue ne peut légitimement ressentir de la culpabilité, mais celui qui a cédé à une souffrance intolérable conservera au plus profond de lui-même le sentiment de trahison. Tant que demeure cette possibilité de choix si mince soit-elle, elle implique pour lui, la réalité de sa responsabilité, quand bien même « personne n’aura l’outrecuidance de le lui reprocher ou de le taxer de faiblesse » Je pense que c’est dans l’attitude de Sauron, qu’on peut chercher cette réponse : Sauron prenant conscience du danger qui le menace , concentre alors toutes ses forces sur le mont Orodruin ; sa terreur montre qu’il a compris le but que poursuivent Frodon et ses alliés et qu’à ce moment précis il croit que Frodon peut encore détruire l’Anneau. Ce que craint Sauron par dessus tout, ce n’est pas un Frodon porteur de l’anneau, car sa victoire serait assurée, au moins par les armes, les armées de l’Ouest sont déjà pratiquement anéanties, mais bien plutôt la destruction de son Anneau et un Frodon victorieux ayant mené sa mission à son terme ! Frodon est ecore libre de sa décision. Je pense qu’il faut défendre ou justifier Frodon, je pense qu’il a droit à une totale absolution, mais je crois aussi que lui sait dans sa grande détresse qu’il a failli ! Et cet impossible devant lequel il s’incline, n’en est pas moins à ses yeux, la reconnaissance de sa présomption ou de sa faiblesse. » :je suis déterminé à faire le maximum, mais si je n’atteins pas le but que je m’étais fixé c’est à dire aller au delà de moi-même, c’est quand même un échec, je dirais même si se dressent devant moi des obstacles insurmontables . A partir du moment où on accepte une tâche, même par devoir, on est responsable de sa réalisation. Tout cela ne va pas à l’encontre de ce que disait Tolkien en nous déniant le droit d’accuser Frodon ! Ouf ! le sujet me dépasse peut-être ! Mj |
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lambertine
le 11-05-2003 à 13:45 |
Un peu en vrac ... Au sujet de la compassion de Frodo : je crois que c'est la compassion de Frodo lui-même. Certes, elle a été induite par Gandalf, certes elle entre dans le plan d'Eru, mais c'est Frodo, librement, qui la ressens, et qui l'applique. Frodo aurait parfaitement pu faire fi de l'opinion de Gandalf et ne voir en Gollum qu'un être misérable et corrompu, indigne de toute pensée positive. Si demain un prêtre dont l'avis m'est très important me demande d'avoir pitié de quelqu'un que je méprise, il ne m'y forcera pas pour autant, même si je sais que c'est quelque part ce que Dieu me demande. Je crois aussi que la compassion de Frodo n'est pas due au désir que, par la suite, sa faute lui soit pardonnée. Simplement, parce qu'au moment où il commence à l'éprouver, Frodo ne sait pas encore qu'il va faillir. Je ne dis pas qu'il n'a jamais envisagé cette possibilité. Je dis que, d'abord, la faillite de la quête à ce moment est surtout envisagée comme une faillite matérielle. Frodo et Sam vont devoir affronter de multiples dangers, tels des commandos inexpérimentés devant faire un long chemin derrière les lignes ennemies. La faillite morale est certes aussi envisagée par Frodo, de plus en plus sans doute à mesure qu'il approche du but, mais je doute que la compassion pour Gollum puisse lui apporter de l'aide morale dans ce cas. Non, la compassion de Frodo pour Gollum est, et gratuite, et personnelle. Ce qui fait la grandeur du personnage. Quant au sentiment de faillite, de faute qu'il éprouve, je rejoindrai MJ à ce sujet. Personne, humainement, ne pouvait détruire l'anneau. Et personne, ni dans le livre, ni parmi nous, ne condamne frodo. Personne sauf lui-même. De là son isolement, qui est à mes yeux bien plus psychologique que social. Frodo aurait pu rester à Minas Tirith avec un statut de légende vivante. Son retour dans la Comté est déjà en lui-même un refus de la gloire. Et la vie tranquille se changera presque en calvaire. |
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Cynewulf
le 11-05-2003 à 22:44 |
Pour ce qui est de la faute de Frodo il faut d'abord définir ce que l'on entend par faute: s'agit il d'une trahison morale en elle même qui implique la volonté de s'opposer à une instance supérieure (comme le fit Melkor en son temps)ou simplement une chute de l'homme failible?? Perso je dirais que c'est un peu des deux. Il faut ici retourner à la vision chrétienne de la faute, plus précisément de la vision catholique de la faute (excuse moi Ylem, mais je ne pense pas que Tolkien ait une vision protestante dans son oeuvre, connaissant le personnage, on peut se demander comment il aurait pu laisser échapper une telle incohérence dans son raisonnement...) En fait il faut voir que la faute est simplement une faille, une chute consciente de l'Homme, qui connait le mal qu'il fait, mais qui ne sait résister à la tentation. J'approuve sans trop de mal la vision de Cédric...je peut admettre aussi que de toute façon la mission de Frodo ne pouvait que réussir en tout cas dans son but principal...car la Providence pourvoit aux failles humaines, elle passe outre les défaillances et poursuit son chemin jusqu'à atteindre son but... Mais cela n'empêche pas que Frodo soit resté libre jusqu'au bout: et en fait le moment où il passe l'Anneau au doigt est le moment, la seconde sa défaillance. Il faut s'arrêter là et comprendre cette défaillance: Frodo porte l'Anneau depuis 10 mois au moins (je crois), et nous connaissons tous les effets de l'Anneau sur l'esprit humain (il suffit de regarder Gollum: sa conscience a en quelque sorte disparu et il ne fait sa réapparition que pour mieux périr définitivement...). En quelque sorte Frodo commet une faute mais il faut prendre en compte les circonstances et cela diminue sa culpabilité: il est épuisé, l'Anneau est un poid énorme, et à mon avis son pouvoir de perversion doit augmenter au fur et à mesure qu'il approche du lieu où il fut forgé... Mais cela n'enlève pourtant pas la faute aussi minime soit elle...le seul fait de transgresser l'interdit posé par Gandalf entraine une faute belle et bien existante...cela rejoint l'idée que Tolkien donne dans Faërie...à tout conte de fée un interdit, ici l'interdit c'est le fait de passer l'Anneau au doigt. Or Tolkien annonce dans son essai sur les contes de fée que la transgression de l'interdit entraine aussi une sorte de malheur du personnage principal (impossible de retrouver la référence: help!). Bref où en étais-je?? Oui, Frodo commet une faute même minime, ce qui fait qu'il se sent mal d'un point de vue psychologique: c'est pour guérir ce mal qu'il émigre (excusez le vocabulaire employé) en Aman...d'ailleurs, dans le SDA il me semble qu'on lit que c'est du fait de la blessure causée par la dague du cavalier noir que Frodo s'en va...or la faute, le péché est considéré comme une blessure dans la doctrine chrétienne: une anticipation de la faute sur le Mont Orodruin? peut être qu'en mettant l'Anneau Frodo a rouvert la blessure guérie à Imladris par la science d'Elrond...et peut-être que si Frodo n'avait pas été blessé il n'aurait pas failli sur le Mont Orodruin... La faute est donc minime compte tenu des circonstances, mais elle est bien existante...voilà voilà... |
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Owina
le 12-05-2003 à 14:42 |
Ylem , je suis complètement d'accord avec toi et pas du tout avec Mj du Gondorb et Cynewulf . je me suis d'ailleurs déjà exprimé à ce sujet . 1 je suis très étonné de la phrase : "Cette épreuve était au-delà de ses forces, mais il croyait pouvoir la tenter ; et en cela déjà il s’est trompé" . 2 Il y a un autre point sur lequel on peut discuter "Même pervertie par l’Anneau, c’est de sa propre volonté qu’il décide de conserver cet anneau,et de renoncer à le détruire. Qu’en serait-il sinon du libre arbitre, lequel s’exerce à mon sens jusqu’au renoncement c’est à dire à l’echec ?" Seulement , dans le cas de Frodon , celui a permis l'accomplissement de cette providence en épargnant Gollum - un acte de compassion gratuit . Il y auarit encore beacoup à dire . malheureusemet je sui très préssés .
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Ylem
le 12-05-2003 à 22:57 |
Mille mercis, Owina ! C’est exactement ça ! Et ton petit exemple est sans doute bien plus clair que mes longues phrases ;-) Ylem. |
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Mj du Gondor
le 12-05-2003 à 23:48 |
Dommage Ylem et Owina, je pense que nous n'arriverons pas à nous convaincre, surtout si nous renonçons à appeler un chat un chat !!! Je continuerai donc à soutenir mon Frodon vaincu et malheureux, à tenter de le convaincre de se pardonner, à lui montrer tout ce que sa conduite avait d'héroïque, je l'accompagnerai fidèlement jusqu'aux Havres gris et je pleurerai sûrement au moment du départ! Je souhaiterais ardemment qu'au delà de la Terre du milieu, il puisse entendre les louanges de ceux qui n'auront pas cru en sa faute mais lui auront de ce fait refuser le droit d'être libre. C'est sûrement une vision "Jacksonnienne" Mj |
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Mj du Gondor
le 12-05-2003 à 23:55 |
Quant à l'exemple de l'homme qui saute d'un toit ....je trouve l'exemple vraiment peu convaincant!!!! Ce ne peut être que l'oeuvre d'un fou ou d'un illuminé!!! Mj |
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Owina
le 13-05-2003 à 13:16 |
Je vois ce que tu veux tu dire MJ du Gondor.Mais je ne soutiens pas que le libre arbitre n'existe pas : au contraire ! Frodon était libre d'accepter sa mission ou non , libre d'épargner Gollum ou non , libre de continuer malgré la conscience de l'impossibilité la tâche qu'il doit accomplir ( c'est ce qu'il dit à Faramir : il sait qu'il n'y arriva pas ...) Il est donc libre de continuer dans le désespoir , le plus héroïque étant qu'à aucun moment Sam et Frodon ne peuvent imaginer être sauvé à la fin -l'intervention de gandalf est inespérée- Ils poursuivent donc jusqu'au mont avec comme seul objectif de tenter l'impossible et pour seule perspective possitive pour eux la possibilité de pouvoir enfin se laisser mourir !!!! Frodon et Sam sont libre de ce choix : ils auraient pu renoncer bien avant . Donc il y a bien une liberté . Par contre "l'échec" final de frodon n'est pas de ce fait . Cet impossibilité de se soustraire à l'infleunce de l'anneau est humaine C'est le fait qu'il soit un humain ( ou un hobbit ) qui fait qu'il ne peut pas . mais même un elfe ne l'aurait pas pu ! L'échec n'est pas personnel, elle est inhérente à la condition humaine .MOn exemple n'est pas terrible mais l'idée était de comparer la tâche imposssible de Frodon avec une tâche physiquement impossible : par essence un homme ne peut pas voler -sauter 30m ...- par essence un homme sera prisonnier de l'anneau au final . Et la seule chose que l'on puisse reprocher à Frodon s'est de ne pas être autre chose qu'un être humain , ou de ne pas avoir dépasser sa condition humaine .( et on ne peut le lui reprocher ) A propos de cette chaîne de compassion , je ne pense pas qu'elle ait été préprogrammée par la Providence . (c'est mon avis ) Selon le catholiscisme il n'y pas de destinée . l'intervention finale de la Providence n'était pas prévue , elle n'est que la conséquence logique de tous les bons choix fait par Frodon . Bon tout ce que je dis est certainement peu clair .Je souhaitais juste éclairer d'avantage mon interprétation . |
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Cynewulf
le 13-05-2003 à 18:23 |
Owina, tu affirmes que Frodo étais libre jusqu'au Mont Orodruin et qu'à ce moment il n'obéissait plus à sa volonté...qu'il avait perdu son libre arbitre??? |
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Cynewulf
le 13-05-2003 à 18:50 |
ps: tu te trompes quand tu dis qu'il n'y a pas de destinée dans le Catholicisme...la Providence n'est rien d'autre que le plan de Dieu dont nous sommes les "ministres" libres...à nous de choisir de suivre ou non Dieu et de lui faire confiance JUSQUE AU BOUT. Il y dans le catholicisme l'idée d'une predestination...mais pas celle de PREDETERMINATION: la différence est que dans la première nous sommes libres de faire ce à quoi Dieu nous a destiné (en quelque sorte réaliser notre Destin, comme diraient les Vikings), dans l'autre, de toute façon quoi que nous fassions, certains irons en enfer et d'autres au Paradis cela ne dépendant pas de nos actes présents (conception cette fois protestante et je crois luthérienne...): dans cette idée, le prédeterminisme, la notion de faute n'existe pas (c'est je crois l'idée d'Ylem...), parce que ça n'aurait aucun sens : en effet dans cette conception c'est la foi seule qui sauve (foi dans le sens "croire en Dieu point"...) Nous sommes tous appelés à réaliser ce que Dieu attend de nous, et les signes par lesquels Il nous le fait savoir est la Providence...Frodo avait besoin de connaitre sa contingence...et la Providence la lui a fait connaitre: c'est tout simple. De plus tu dis (de façon amusante dailleurs) que l'action de la Providence n'était pas prévue...comment voulait tu la prévoir ??? C'est l'action de Dieu, la Providence, crois tu que Dieu informes les hommes comme ça de ce qu'il va faire??? A mon avis la Providence est à l'oeuvre même quand Frodo laisse Gollum en vie, elle informe le cours des choses, lui donne une direction à suivre: Frodo aurait très bien refuser de laisser Gollum en vie, mais l'intervention de la Providence (son souvenir des mots de Gandalf - il suffit juste de cela à la Providence divine - )permet d'infléchir le cours des choses. Ne crois pas que Dieu ait laissé l'homme sans guide, ou qu'il ait construit le monde comme "un grand horloger" au contraire il veille sans cesse aux besoins de ses créatures et le montre en actes.... |
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Lothiriel
le 13-05-2003 à 21:42 |
je ne suis pour l'instant pas intervenue dans ce débat fort intéressant. sur le principe, je dirais que oui, Frodo "échoue", faute en cédant à la tentation qu'exerce l'Anneau sur lui depuis des années, et que oui, cette "faute" est éminemment excusable et pardonnable étant donné étant donné son parcours. tout cela a été abondamment argumenté, je ne reprends pas. la force de l'Anneau est une excuse, une circonstance atténuante, elle ne supprime pas la faute commise. pas de casuistique : soudain, Frodo veut l'Anneau pour lui, pour le pouvoir, toute sa bonne volonté cède devant sa mauvaise volonté si on peut dire. dans son "humanité" (ou sa hobbiteté, si vous préférez), Frodo a choisi, avec toutes les excuses que l'ensemble de la Terre du Milieu lui attribue sans se poser la moindre question et à juste titre évidemment, la mauvaise part et est sauvé au-delà de lui-même, par lui-même également puisque c'est la compassion qu'il a mise en oeuvre qui outrepasse sa dernière faute. j'ajoute sur le débat vision catholique / vision protestante que, contrairement à ce que dit Cynewulf, "dans l'autre, de toute façon quoi que nous fassions, certains irons en enfer et d'autres au Paradis cela ne dépendant pas de nos actes présents (conception cette fois protestante et je crois luthérienne...): dans cette idée, le prédeterminisme, la notion de faute n'existe pas (c'est je crois l'idée d'Ylem...), parce que ça n'aurait aucun", Pour revenir à Frodo, en tapant j'ai réfléchi autrement. un guerrier vaincu au combat n'est pas fautif, il tombe sous le nombre quand son corps lâche. vaincu par plus fort que lui, l'Anneau, Frodo ne serait donc pas "fautif" ? je penche quand même pour l'idée de faute car Frodo cède à la tentation du pouvoir, non à la force brute qui l'aurait fait amener l'Anneau à Sauron. tout le problème réside donc dans la définition même du combat mené par Frodo : en gros, abdiquer sa liberté devant plus fort que soi, est-ce une faute ? je pense que la manière dont Frodo met l'Anneau, le réclamant comme sien, dépasse ce pb de la force brute, de la défaite brutale devant une autre force. il y a aussi abdication interne, défaite interne de la très haute valeur morale de Frodo devant ses bas instincts qu'il connaît comme tout individu (Tolkien ne présente pas de personnages exempts de cette lutte : Gandalf ne cède pas, refusant l'Anneau que lui offre Frodo, Galadriel non plus ; Boromir cède et se rachète - lui aussi se rachète aux yeux des autres, d'Aragorn notamment, mais conserve sa culpabilité personnelle, d'ailleurs). |
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Ylem
le 13-05-2003 à 22:37 |
…Oh, Mj, rien n’était dirigé contre toi. Je respecte ta vision si sensible. Chacun a le droit d’interpréter un roman et ses personnages comma ça lui convient, selon sa sensibilité, et ainsi de les faire sien (d’ailleurs, en restant ou non fidèle à l’auteur). C’est bien là, l’un des grands plaisirs de la lecture ! En ce qui me concerne, c’est juste que le nombre important d’éléments corroborant ma thèse, dans le sda ou les lettres (cf. fuseaux cités) me donne à penser qu’elle est en phase ou du moins fort proche de la vision de Tolkien. Loin de moi l’idée de détenir la vérité absolue. J’accueillerais avec ouverture tout élément de texte qui démontera mon argumentation. (Ca ne pourra probablement pas modifier ce qu’il me plait d’imaginer du personnage de Frodo, mais me permettra de savoir que ce n’est pas en adéquation avec la pensée de Tolkien ! Quoiqu'il en soit, je n'en ai jusqu'à présent pas vu dans les différentes interventions de ce forum.) *** Il n’est pas du tout question de dénier à Frodo le droit à exercer sa liberté. Bien au contraire, c’est pour la conserver qu’il lutte âprement. Par l’universalité de sa mission, il se bat aussi pour la liberté, contre l’asservissement, de toute la Terre du Milieu. A chaque fois qu’on frôle la catastrophe, le texte nous dit, de manière récurrente, que c’est à sa volonté que la situation doit son redressement. En conséquence, ça me semble très clair que l’Anneau cherche justement à la détruire, à détruire son libre arbitre. Pourtant, Frodo, même dépouillé de tout, conserve cette liberté jusqu’à ce que la limite absolue soit atteinte. Aucun autre personnage n’est poussé aussi loin. Mais limite, il y a ; limite absolue que l’Homme ne peut franchir, si ce n’est avec l’intervention de Dieu. C’est, pour moi, le message de l’épisode de Frodo à Orodruin et l’un des importants messages du sda. Si tu relis les passages concernant Frodo, Mj, tu ne pourras pas manquer, je pense, de voir à quel point il ne croit pas avoir les capacités de réussir sa mission. Sa « faute » ne peut pas être qu’il pense pouvoir réaliser l’impossible. Enfin, tu penses que le personnage du petit exemple d’Owina est fou et insensé, mais n’est-ce pas justement fou et insensé de confier un objet aussi puissant et maléfique que l’Anneau, de laisser le destin du monde tout entier, dans les mains d’un hobbit totalement inexpérimenté, qui n’a rien d’un sage ni d’un guerrier, et qui n’a même qu’une idée très vague du monde hors des frontières de son pays ? N’est-ce pas encore plus insensé lorsque l’on sait que, de toutes façons, sa mission n’a aucune (presque aucune, si tu veux !) chance de réussite. Ca, Gandalf le sait – c’est pourtant le choix qu’il fait – et, incroyable, c’est le bon choix ! Je pensais m’arrêter là, mais en fait, il me semble Tolkien parlera bien mieux que moi : (Lettre n°246 de Tolkien à E. Elgar – The letters of JRR Tolkien, p. 327) « Frodo a entrepris sa quête par amour – pour sauver le monde qu’il connaissait du désastre, par son propre engagement, s’il le pouvait ; et aussi en complète humilité, avouant qu’il était complètement inadéquat pour cette tâche Son réel contrat était uniquement de faire ce qu’il pouvait, d’essayer de trouver une voie et d’aller aussi loin sur la route que la force de son esprit et de son corps lui permettrait. C’est ce qu’il a fait. Je ne vois pas moi-même que la destruction de son esprit et de sa volonté sous la pression démoniaque et après torture (à c’est bien sa volonté qui a été détruite au moment fatidique. Il a perdu son libre arbitre au moment fatidique), Il apparaît que ça a été le jugement de Gandalf et d’Aragorn et de tous ceux qui ont appris l’histoire entière de son voyage. Certainement rien n’aurait été caché par Frodo ! Mais ce que Frodo lui-même ressentait au sujet de ces événements, était tout à fait une autre chose » (à même s’il n’y a aucune raison objective, il ne se pardonne pas, car ne perçoit pas que se débarrasser de l’Anneau était impossible et que cet impossible ne lui était pas demandé.) Ylem – à qui est très difficile de faire lâcher prise ;-)
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Mj du Gondor
le 13-05-2003 à 23:32 |
Trop tard pour répondre ce soir, je crois que j'essaierai demain; je ne manquerai pas d'y réfléchir ;mais je suis très heureuse que ces débats aient retrouvé, malgré nos divergences d'opinion, beaucoup de chaleur "humaine"! Mj |
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Moraldandil
le 14-05-2003 à 18:20 |
Très intéressant débat ! Je regrette de venir si tard... Cynewulf > l'homme n'est pas schizophrène, juste faible. Peut-on vraiment écarter la schizophrénie chez Frodon, surtout à un stade aussi avancé du récit ? Il en donne bien des signes : voir par ex. sa réaction féroce puis désolée dans la tour de Cirith Ungol quand Sam propose de l'aider à porter l'anneau. Par ailleurs, la schizophrénie du porteur de l'anneau est un thème récurrent, le personnage de Gollum en étant une illustration constante. La parenté entre Frodon et Gollum est reconnue - reconnue dans le récit lui-même par Frodon qui voit une partie de lui-même en miroir dans Gollum, élément qui l'aide ressentir de la compassion pour lui et à l'épargner, avec les conséquences que l'on sait. Cette schizophrénie est certainement source de souffrance pour Frodon : il se voit agir dans un sens que sa conscience réprouve, d'où peut venir qu'il éprouve en lui-même un sentiment de faute suffisant pour le miner - même si s'en faut qu'il s'agisse d'une faute au sens propre, si l'on juge d'un point de vue extérieur au personnage. Tolkien emploie lui-même le terme failure et non fault : un échec, pas une faute. Je ressens comme Ylem une différence entre d'une part l'engagement public de Frodon et d'autre part son estime propre. Vis à vis de sa mission, il n'y a certainement pas faute, et parler même d'échec est discutable ; il est effectivement allé jusqu'au bout, et n'a proprement à se faire pardonner de personne. Cependant, son exigence envers lui-même me semble avoir été plus forte : il n'a pas accepté d'avoir pu céder à l'anneau et en éprouve une profonde culpabilité, même si cette faiblesse était inhérente à sa nature humaine... mais cela, l'a-t-il compris? > Avant même d'arriver sur le Mont Orodruin Frodo passe l'Anneau: n'est il pas libre de la faire?? Et au Mont Orodruin il ne serait plus libre. Laisse moi te citer ce que dit Frodo à Sam,juste avant de passer l'Anneau: "Je suis arrivé. Mais il ne plait pas maintenant de faire ce pour quoi je suis venu. Je n'accomplirais pas cet acte. L'Anneau est à moi". Frodo se rend encore compte de la mission qu'il avait à remplir, et c'est tout à fait consciemment qu'il met l'Anneau au doigt. Il a cédé au pouvoir de l'Anneau...de même que l'Homme peut céder à la tentation. Mais Frodon a évolué entre Amon Hen et Orodruin ! Si sa volonté n'a pas faibli (et s'est même vraisemblablement renforcée, bien que je n'aie pas le temps de le prouver aujourd'hui), son contrôle de ses actes et sa liberté d'action se sont considérablement réduits : il ne se commande plus, tout conscient qu'il reste. Mais il y a un gouffre entre conscience d'accomplir un acte et volonté de le faire. Au fait, je commence à penser que les débats sur ce sujet mériteraient amplement d'être compilés... Moraldandil |
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jean
le 14-05-2003 à 23:04 |
Je reviens tardivement sur ce fuseau car j’étais en déplacement professionnel cette dernière semaine. Je vois que les échanges ont été particulièrement riches, comme d’habitude sur ce sujet du statut de Frodo. Je n’ai pratiquement rien à ajouter à ce qu ‘a dit Ylem. Je suis entièrement d’accord pour dire que Frodo ne connaît pas un échec car il est allé le plus loin possible pour un être créé et donc imparfait (cf mon précédent post sur le pélagianisme). Juste pour compléter sur ce point les citations pertinentes des letters, je souligne que les personnages du livre eux même en ont conscience. Non seulement Frodo ne ressent pas de honte pour ce qu’il a fait et ne cherche ni à le cacher ni à s’excuser, mais les grands et les sages (Gandalf, Aragorn, Elrond, Galadriel…) ne lui font pas le moindre reproche et au contraire le louent hautement. (ils savent que eux même auraient chuté et d’ailleurs, ils n’ont pas voulu prendre l’anneau). Ceci me fait d’ailleurs penser à l’ancienne formulation du « Notre Père » la prière la plus commune des chrétiens, qui disait « ne nous laisse pas succomber à la tentation mais délivre nous du mal ». Ceci montre bien que dans la tradition chrétienne on est bien conscient que sans l’aide divine on ne peut que succomber. Je suis encore d’accord avec Ylem sur le fait que les différents actes de bonté fait par les personnages du SdA sont des actes entièrement gratuits et non pas accomplis dans une optique mercantile avec Eru dans le genre « si je fais cette bonne action, tu m’assisteras au moment critique ». En ce sens mon intervention sur la Communion des Saints a peut-être été mal comprise. Celle ci n’est en aucun cas « mécaniste » où un certain nombre de bonnes actions dans une balance viendrait compenser un « poids » équivalent de péchés. Chaque bonne action doit être accomplie pour elle même gratuitement « sans attendre d’autre récompense que de savoir que nous accomplissons la très sainte volonté » (prière scoute). Simplement par une économie de la providence qui nous échappe car nos intelligences sont limitées Dieu peut à sa guise les utiliser. Cf Isaie 55 7-9 « Vos pensées ne sont pas mes pensées et mes voies ne sont pas vos voies . Oracle de Yahvé , autant les cieux sont élevés au dessus de la terre, autant sont élevées mes voies au dessus de vos voies et mes pensées au dessus de vos pensées ». Seulement Ylem j’ai juste un désaccord avec toi. Je reste persuadé que le fait d’avoir enduré la tentation de l’Anneau et y avoir succombé aide Frodo à comprendre les tourments de Golum et de Saruman et à se montrer miséricordieux. Je ne vois pas ce que cela a d’antinomique avec la gratuité de ses actions. Owina> Je ne crois pas que Frodo ressent de la culpabilité. S’il n’arrive pas à reprendre vraiment gout à la vie je pense que c’est plutôt qu’il DESIRE ENCORE L’ANNEAU et que sans cet anneau le monde lui semble vide. Il y aurait beaucoup de chose à dire la dessus et notamment sur le rapprochement que l’on peut faire entre Frodo et Sauron mais cela a déjà été traité ailleurs. Cordialement
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Lothiriel
le 14-05-2003 à 23:24 |
en resongeant à tout cela, je pense qu'il y a deux pbs à résoudre : - dans quelle mesure peut-on résister jusqu'au bout à l'Anneau ? en bref, peut-on détruire volontairement l'Anneau ? le "on" désignant un être "humain", une créature d'Eru, une personne finie et donc limitée. j'aurais tendance à croire que oui, mais manifestement, si je suis ce qui a été dit, Tolkien aurait conçu l'Anneau comme irrésistible ? mais n'est-ce pas contradictoire avec le fait que l'homme catholique a toujours la capacité de choisir le camp de Dieu, si je peux dire ? marqué du péché originel, l'homme, créé à l'image de Dieu, garde sa liberté de choix entre le bien et le mal. au dernier moment, celui du Jugement, l'homme peut se jeter dans les bras de Dieu (tout ça n'est pas exprimé très théologiquement, certes). la "faute" de Frodo serait alors à la fois le désespoir - tout cela est vain - et l'orgueil - je veux le pouvoir pour moi. d'où à la fois la culpabilité éventuelle (cf deuxième question) et le mal qui ronge ensuite, impossible à guérir (cf ce qu'a posté Jean ce soir). - Frodo culpabilisait-il, comme l'évoque Semp' dans son premier post sur ce fuseau ? il y a eu dans la suite des citations des Letters pour "défendre" Frodo, mais pas de citation expresse d'un texte à ce sujet. je ne mets aucunement en doute la science de Semp', évidemment ;-) , mais est-ce qu'on peut m'éclairer sur ce point par une référence directe de Tolkien? et me répondez pas que je n'ai qu'à lire les Letters, hein :-p |
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Cirdan
le 14-05-2003 à 23:35 |
Tu n'as qu'à lire les Letters! :-) (Lol) |
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Szpako
le 15-05-2003 à 02:12 |
Lothiriel > je dirai plutôt de lire le poème "Sea-bell" in "Les Aventures de Tom Bombadil" à la suite des propositions de lecture de Cirdan >> (bravo d'ailleurs, Laurent, pour ton intervention in "le sens de l'histoire", ;-)) Cathy |
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sosryko
le 15-05-2003 à 03:34 |
J'ai pensé qu'une traduction d'une grande partie de la lettre 196, tout en confirmant la thèse de "l'échec" plutôt que celle de la "faute", donnerait un élément de réponse à Lothiriel, à savoir qu'aucune personne incarnée ne peut résister à l'Anneau (cf. la fin)
"12 Ainsi donc, que celui qui pense être debout prenne garde de tomber! 13 Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine; Dieu est fidèle et ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais avec la tentation, il donnera aussi le moyen d'en sortir, pour que vous puissiez la supporter." 1 Corintiens X :12-13
PS : tu vois Lothiriel qu'il fallait commencer par lire les Letters ;-)) |
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Lothiriel
le 15-05-2003 à 08:30 |
merci Cathy ;-) Mais comme il y a plein de savants pour m'éclaire, ma lecture des Letters attendra encore :-D et il semble qu'il faille également que je me décide à relire les Aventures de TB qui ne m'ont laissé qu'un très vague souvenir ... Tout ça me fait quand même cogiter, mais ce sera pour plus tard, les derniers Carolingiens m'attendent :-p |
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Ylem
le 15-05-2003 à 10:05 |
Jean> Seulement Ylem j’ai juste un désaccord avec toi. Je reste persuadé que le fait d’avoir enduré la tentation de l’Anneau et y avoir succombé aide Frodo à comprendre les tourments de Golum et de Saruman et à se montrer miséricordieux. Je ne vois pas ce que cela a d’antinomique avec la gratuité de ses actions. - Oui Jean. Je ne disais pas le contraire. Je voulais juste exprimer que la compréhension intime des terribles effets de l’anneau est une aide importante dans le jugement de Frodo, mais n’en est pas LA raison. Avec les mêmes données, il aurait très bien pu agir autrement et souhaiter la destruction de Gollum et de Saruman, par exemple, afin d’effacer l’insupportable similitude qu’il pouvait ressentir. Au contraire, il choisit la voie de la compassion… et il a « tout juste » ! Ylem – très rapidement. Cirdan – je cogite aussi sur ta nouvelle intervention dans le fuseau « le sens de l’histoire » ;-)
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Yyr
le 15-05-2003 à 10:29 |
Ylem > Szpako et Sosryko – ou le site a quelques problèmes d’horloge ou il y en a qui ne dorment jamais sur ce forum !! Je crois au contraire, Ylem, que les horaires des posts de nos chers Szpako et Sosryko attestent que l'horloge du site est redevenue parfaitement fonctionnelle ;) ;) ;) Yyr
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Vinchmor
le 15-05-2003 à 10:45 |
Je crois que Cirdan est également un insomniaque comme l'attesteraient ses deux derniers posts dans le fuseau "le sens de l'histoire" datés d'hier, l'un à 2h32 du matin et le second à 9h02 et qui corrige le précédent ;-) Vinch', qui ne fait que passer |
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Lothiriel
le 15-05-2003 à 23:21 |
oups, j'ai confondu Spazko et Sosryko, dans mes remerciements ... Bon, merci aux deux, du coup, faut que je cogite encore ;-) |
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Mj du Gondor
le 15-05-2003 à 23:56 |
Je n’ai pas encore trouvé de réponse et je ne sais pas si j’y parviendrai, tant nos visions de ce passage sont incompatibles mais se justifient réciproquement selon qu’elles reflètent nos conceptions du monde, athées ou religieuses. Je me sens en outre défavorisée dans la mesure où je n’ignore pas que Tolkien était profondément chrétien et fervent catholique et que son ouvrage ne peut être autrement qu’imprégné par cette spiritualité même en supposant qu’il n’ait pas souhaité écrire une œuvre manifestement religieuse. Je présume qu’à chaque proposition d’argumentation, vous pourrez opposer un sens chrétien qui m’échappe totalement et il vous sera facile de me convaincre de mon erreur puisque votre interprétation s’appuiera sur cette foi que vous partagez avec l’auteur. Ce qui ne veut pas dire que je vais renoncer à la discussion, mais je me sens battue d’avance ! …….. Effectivement, je vais me lancer dans une démonstration doublement risquée, puisqu’après avoir clamé haut et fort mon ignorance de l’anglais (encore une incongruité de ma part !) je vais commenter les citations que vous m’avez proposées en vo ! (Je sais que sous une apparence de simplicité, elles peuvent recéler certaines subtilités qui sans doute m’échapperont, mais je dois faire cet effort, ce passage apparaissant comme le pivot de notre discussion.) Alors « au risque de me perdre : - Ledoux fait dire à Frodon : -« Je suis arrivé dit-il. Mais il ne me plait pas maintenant de faire ce pour quoi je suis venu. Je n’accomplirai pas cet acte. L’Anneau est à moi. » = décision, choix délibéré -Vous citer pour Tolkien: - La traduction de Ledoux se justifierait si Tolkien avait écrit : I choose not to do….(je choisis de ne pas faire……) 1)Je ne crois pas qu’une phrase aussi affirmative, aussi précise aurait pu convenir à Tolkien pour exprimer, dans un moment aussi tragique, le sentiments de désarroi de Frodon, quelle que soit l’hypothèse de responsabilité ou non. Il n'aurait pas choisi cette formulation 2)Par contre, il me semble que votre interprétation aurait dû apparaître dans la juxtaposition des 2 idées opposées, exprimées séparément : a) le constat : maintenant, je ne choisis pas ( je ne suis pas en situation de choisir) ; Ainsi , pour moi, la phrase:I do not choose now to do what…..peut aussi bien traduire sa détermination en faveur de l’autre alternative, surtout lorsqu’elle est renforcée dans la citation complète par les phrases suivantes: « I will not do this deed. The ring is mine ! “ Mon anglais basique, m’incite aussi à m’attarder sur la réitération dans le paragraphe complet, d’expressions traduisant à la fois, le changement intervenu dans la personnalité de Frodon et sa volonté dans l’exercice de son choix : Je suis vraiment convaincue qu’à ce moment le mal a Moraldandil : Il me semble que nos points de vue se rapprochent. Toutefois, pour la schizophrénie de Fodon je pense qu’elle est celle, naturelle et latente qui nous habite tous par la perception de notre aptitude à faire ou à penser tout et son contraire mais non l’état pathologique qui pourrait s’opposer à la responsabilité de ses actes. Jean : je me trahirais si j’étais d’accord avec toi,puisque tu ne reconnais pas l’echec Mais je note que tu fais appel au Notre Père dans ton argumentation ; Or cette prière n’est-elle pas une supplique à Dieu pour être épargné par la tentation, ce qui induit à mon avis la possibilité de succomber et de s’écarter du choix de Dieu A Owina tu réponds : « je ne crois pas que Frodon ressent de la culpabilité. S’il n’arrive pas à reprendre goût à la vie, je pense que c’est plutôt qu’il désire encore l’Anneau » Sosryko : Je ne comprends pas bien le sens de cette lettre ni le but recherché par cette citation, si ce n’est que , aucune personne incarnée ne peut résister à l’Anneau donc que toute tentative est vouée » à l’échec Ici donc même d’un point de vue exterieur au personnage « Frodon a échoué. Tolkien( si je puis dire ) procède à l’analyse de la situation et sa conclusion est claire ; il justifie (ou explique)le choix de son dénouement.et confirme l’échec. Finalement,je crois que j'ai répondu, mal peut-être, mais j'ai éssayé;je réclame votre indulgence aussi bien pour l'anglais que pour les aspects "théologiques"! |
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Yyr
le 16-05-2003 à 11:10 |
MJ> Je n’ai pas encore trouvé de réponse et je ne sais pas si j’y parviendrai, tant nos visions de ce passage sont incompatibles mais se justifient réciproquement selon qu’elles reflètent nos conceptions du monde, athées ou religieuses. Je ne crois pas que vos visions soient incompatibles. Et j'entrevois de les réunir (c-à-d je crois pourvoir proposer quelque chose qui ...). Je ne suis pas sûr que la différence d'approche soit due à celle de votre conception du Monde,au contraire : tous vous partez du principe que quelqu'un pèche / faute si et seulement si il est libre. Mais c'est justement à la question de savoir en quelle mesure Frodo était encore libre que vous apportez une réponse différente.
Je crois que ta frustration peut venir plus du problème posé lorsqu'on argumente de la dimension religieuse du SdA a priori (et ce, quel que soit la fin étudiée). Ce que, sauf le respect (profond et sincère) des *axondili fig. 'carnassiers' ici présents :), je regrette infiniment. L'indélicatesse ne vient pas tant du fait de rechercher le sens chrétien de l'oeuvre (que ce soit pour défendre l'un ou l'autre des deux points de vue), mais de le poser comme un a priori, d'en faire un argument intentionaliste. Cela je pense Tolkien en aurait été tout autant navré. Dans Faërie il engage à se préoccuper de ce qu'un conte *produit* en nous, et non de ses ingrédients (en relevant ailleurs en outre le biais de la démarche 'carnassière'). Il n'y a qu'à lire sa propre lettre dans le présent sujet ! Tolkien défend son point de vue a posteriori du Mont Orodruin, et ce non en disant une horreur ;) du style "j'ai voulu que / c'est ça que j'ai voulu dire ...", mais en *relisant* avec son lecteur les passage susceptibles de répondre à sa question. Dans cette relecture, ça ne l'empêche pas d'argumenter à partir de la vision chrétienne des choses. En l'occurence, et au risque de choquer, tous les arguments commençant par "Tolkien était catholique donc Frodo a ..." ne sont pas recevables. Lorsque un certain article et d'autres travaux seront finis, je donnerai quelque chose sur le sujet ; en attendant, voir le fuseau Etude et Créance Secondaire, qui aborde déjà le problème de la déconstruction et du désenchantement ... pb de moralité "faërique" en quelque sorte, mais il faudra que j'y ajoute le problème du biais "méthodologique" de l'approche intentionaliste pour certains contes de fées. Je précise par avance qu'une approche qui refuse une argumentaion intentionaliste ne se prive pas pour autant des arguments eux-mêmes ; elle les retrouve a posteriori et les expose dans une dialectique différente. Elle procède avec un certain Art en fait, celui-là même qu'employait Tolkien pour débattre du SdA ... un art elfique ? Enfin, si ce bref apparté suscite de légitimes réactions, je nous encourage à poursuivre sur un fuseau dédié :)
Sans vouloir te flatter, chère MJ, je n'ai pas du tout l'impression que le sens chrétien donné à la vie t'échappe :) Et j'ai aussi le sentiment qu'une argumentation qui ne tire pas partie d'intentions prêtées à l'auteur te laissera plus libre.
Et tu espères me faire croire que tu es athée ? :) :) :) Allons :) ... Quoi qu'il en soit, il se pourrait que mon intervention à venir t'apporte quelque réconfort, si je réussis à trouver une journée bientôt, pour vous proposer les reflexions que ce long et profond débat m'ont inspirées.
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Cynewulf
le 16-05-2003 à 15:01 |
Juste répondre à MJ pour ce qui est de la "schizophrénie" de Frodo: il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une pathologie psychiatrique qui a tendance à être élargie à tout état où l'homme tend à opposer deux solutions contraires. En fait je pense qu'il faudrait plus rapprocher l'état de Frodo à la situation de tout chrétien qui doit "tuer le vieil homme" comme dirait St Paul...le vieil homme est un être imaginaire, mais en fait bien existant (excusez moi pour cette oxymore...) c'est en gros la tentation de l'homme...le petit être qui glisse à notre oreille toutes sortes de choses qu'il nous plairait bien de faire ( "j'aimerais bien mettre l'Anneau" réponse: "mais oui met le et tu aura force et pouvoir..." quelque chose comme ça) Le vieil homme est en quelque sorte ce qui en nous voudrait nous faire céder...c'est ce que saint Paul nomme la chair, ou encore l'humanité... Ce vieil homme est àmon avis matérialisé en Gollum...rappelez vous le passage ou Frodo voit (à Rivendell) Bilbo ressemblant étrangment à Gollum... Frodo doit choisir...et c'est un choix constant: depuis son départ de la Comté jusqu'au Mont Orodruin Frodo doit renouveler son choix...choix fait par anticipation à la Comté et officialisé à Rivendell (en acceptant d'apporter l'Anneau à Rivendell Frodo en accepte la charge au moins pour un temps). Le vieil homme est celui qui voudrait lui faire renoncer à ce choix... Voilà voilà... |
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Mj du Gondor
le 16-05-2003 à 19:22 |
Yyr: Je suis athée.Mais on ne se libère jamais totalement de sa première éducation !...Et puis, si j'ai abandonné cette croyance en un Dieu, c'est que je crois que les lendemains peuvent chanter sur la terre à condition que l'Homme agisse selon des principes qui bien souvent trouvent leur écho dans la morale chrétienne. Nos divergences me semblent fondamentales, et difficilement conciliables mais n'excluent ni le respect ni une certaine admiration. C'est la raison pour laquelle j'attendrai ton étude et me ferai une joie de la lire. "Etude et créance secondaire"; encore un fuseau que j'ai beaucoup apprécié même si je ne m'y sentais pas toujours à l'aise. Mais j'y aimais cet attachement à l'enchantement du premier niveau de lecture et le risque couru à démythifier une oeuvre par un regard trop....(carnassier?)J'y retournerai... Cynewulf: |
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Cynewulf
le 16-05-2003 à 21:48 |
Mj Je ne pense pas que cela soit conciliable: le vieil homme n'est pas un "deuxième homme" mais la personnification des tendances de l'homme , ses inclinations, son refus de suivre la volonté de Dieu... je le répète, la schizophrénie fait référence à un vocabulaire médical qui n'est pas de mise ici: il faut parler de tentation, de faiblesse de l'homme: l'homme se combat lui meme, il doit se faire face. Il faut ici retrouver le "connait toi toi meme" inscrit sur le fronton du temple auquel fait référence Socrate. Cela n'implique pa une double personnalité, mais juste une introspection: encore une citation de St Paul (je l'aime bcp celui la...): "je fais le mal que je ne veux pas, et je ne fais pas le mal que je voudrais" (citation approximative, je n'ai pas les Stes Ecritures a portée..lol). L'homme qui s'examine, l'homme sujet à la tentation n'est pas schizophrénique...il découvre juste sa faiblesse inhérente à sa condition. Si je pensait que je suis tout blanc ou tout noir alors quel malheur!!! ou est mon salut???? Si je suis tout blanc (je fais ici un développement de doctrine chrétienne entendos nous) alors le Christ n'a pas déversé son sang pour moi, et si je suis tout noir alors meme le sang versé ne peut me sauver car je suis comme un démon pour qui le salut est exclu...mais je m'écarte du sujet: je voulais juste dire par là que l'homme est faible, et qu'il connait cette faiblesse par l'intermédiaire d'une représentation "pédagogique" qu'est le vieil homme. La meilleure façon de combattre la tentation c de l'extoriser...ce n'est pas un etre intérieur, une sorte de représentation manichéenne (genre le "coté obscur de la force"), mais plutot un soi meme, que l'on connait bien, et dont on connait les faiblesse, il n'est pas un autre soi différent, mais juste une partie de soi...une partie défaillante |
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Mj du Gondor
le 17-05-2003 à 12:02 |
Cynewulf:Je crois nécessaire de faire un petit retour en arrière.si tu reprends les messages précédants tu verras que la Schizophrénie latente, bénigne, dont nous parlons n'est arrivée qu'en métaphore, en image, un raccourci; Pas plus que tu ne vois de vieil homme, je ne vois de réel dédoublement de la personnalité chez Frodon. J'ai parlé plutôt de la perception que nous avons de notre aptitude à penser ou à faire, le bien et le mal; ce qui, a mon avis, revient à dire pour toi, que nous savons que nous ne sommes ni tout blanc ni tout noir;Nest-ce pas bien là le "connais-toi toi-même"? Mj
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Cynewulf
le 17-05-2003 à 09:32 |
Après avoir longuement réfléchi en mon fors intérieur (lol) je crois avoir peut être trouvé une solution qui pourrait (je dis bien "PEUT ETRE") concilier les deux conceptions ,(faute vs/échec mais pas faute, pour résumer, c'est ce que j'en retiens): nous sommes tous d'accord me semble-t'il pour dire que l'Anneau représente une certaine tentation, qui pourrait être associée à la tentation de l'orgueil...et que pour tous les peuples humanoides de la Terre du Milieu en tout cas ceux qui en connaissent son pouvoir, le fait de passer l'Anneau (l'acte formel j'entends en dehors de toute considération subjective...) représente une faute qui est celle de vouloir le pouvoir pour soi, et que même le seul fait de le désirer au point de le rechercher afin de pouvoir le passer au doigt...est une faute équivalente au fait de passer l'Anneau. Bon mais si l'on prend en considération les circonstances du sujet, savoir celui qui le porte, le lieu, le moment, depuis combien de temps il l'a sur lui, nous sommes tous d'accord je crois pour dire que cela a une influence sur le raisonnement...la liberté du porteur pouvant être altérée voire anihilée par l'Anneau. Ou veux-je en venir??? J'y viens j'y viens: en fait je crois qu'il faut faire une distinction entre faute et responsabilité: l'acte formel de mettre l'Anneau quelque soit l'état d'esprit de la personne est une faute, c'est à dire une faute objective (pour donner un exemple: si je tue quelqu'un c'est une faute, pourquoi? Parce que j'ai transgressé l'interdit: tu ne tueras point...mais si quelqu'un menace ma vie et mes enfants, et que, dans l'action, pour me protéger ou protéger ma progéniture je frappe et tue mon adversaire ???) Frodo a bien transgressé un interdit ce qui objectivement représente une faute, mais en considération des circonstances particulières, sa responsabilité est largement altérée voire disparait totalement, parce qu'il ne pouvait pas résister plus longtemps à l'Anneau... Est ce cette réponse convient???? jb |
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Mj du Gondor
le 17-05-2003 à 13:39 |
Faute avec circonstances atténuantes ? Ce pourrait être un compromis ! Mj |
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Lothiriel
le 17-05-2003 à 15:04 |
eh oh, c'est ce que je me tue (hum ... n'exagérons rien!) à expliquer plus haut ! LOL, la meilleure pédagogie serait-elle la répétition ? ;-) petite réaction à une remarque de MJ : faut-il donc être chrétien (et qui plus est catholique) pour comprendre le sens chrétien (et qui plus est catholique) que peut prendre le SDA ? de plus, la "faute morale" évoquée par Semp' dans le post initial relève-t-elle forcément du péché, comme plusieurs d'entre nous l'ont manifestement considéré ? Tolkien était catholique, soit. cela implique-t-il que la notion de "faute morale" évoquée par Semp' dans le post initial ne peut être distinguée de celle de "péché" qui place la faute sur un plan de rapport à la divinité ? je ne pense pas. A mes yeux, Frodo faute (avec toutes les circonstances atténuantes évoquées) en cédant à la tentation du pouvoir (si j'ai bien compris, la connaissance d'Eru chez les hobbits est suffisamment faible pour écarter la notion de désespoir, de refus de Dieu, en gros. me trompé-je sur ce point également?). Dans la perspective d'un Anneau auquel nul ne peut résister, la question n'a effectivement plus de sens, il n'y a alors ni échec ni faute, seulement fatalité. pffff, tout ça pour en arriver là ;-) |
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Mj du Gondor
le 17-05-2003 à 15:41 |
Lothiriel: compromis suppose concessions réciproques et pour un tel sujet, ce n'est pas évident ! Et puis, ce n'est peut-être pas clos !! Mj qui ne sais pas encore faire les smileys mais qui te fait un petit clin d'oeil! |
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Moraldandil
le 17-05-2003 à 17:36 |
Mj > Nos divergences me semblent fondamentales, et difficilement conciliables mais n'excluent ni le respect ni une certaine admiration. C'est la raison pour laquelle j'attendrai ton étude et me ferai une joie de la lire. Je suis parfaitement d'accord, et pense aussi que l'intérêt de la discussion n'est pas tant de concilier les points de vue que de les confronter. Le désaccord n'enlève rien au respect mutuel, au contraire il est souvent source d'enrichissement ; c'est le cas ici. La richesse d'un texte est aussi de pouvoir se lire dans des optiques différentes. Mj > Toutefois, pour la schizophrénie de Frodon je pense qu’elle est celle, naturelle et latente qui nous habite tous par la perception de notre aptitude à faire ou à penser tout et son contraire mais non l’état pathologique qui pourrait s’opposer à la responsabilité de ses actes Pour ce qui est de la "schizophrénie" de Frodon, j'ai employé le terme un peu librement. Je suis d'accord que les contradictions qui agitent Frodon partent d'un état inhérent à tout être humain, mais je pense que l'état de Frodon est bel et bien pathologique (même s'il n'est pas nécessairement schizophrénique au sens médical strict qui est celui des psychiatres) : il est vraiment malade de l'Anneau. A plusieurs reprises il apparaît franchement double, deux aspects de son esprit luttant pour le contrôle de ses actes et prenant le dessus tour à tour. Que cette lutte existe est normal ; qu'elle reste insurmontée au point de se traduire dans les actes mêmes ne l'est pas. L'Anneau semble avoir pour effet de dissocier la personnalité de Frodon en deux entités concurrentes, sans compromis possible. Mj > la permanence de son degré de volonté, je pense au contraire qu’il va, s’affaiblissant en direction de son objectif initial , tout au long de son cheminement et qu’il ne recouvre cette volonté qu’à l’ultime moment mais en faveur d’un objectif radicalement opposé. J'ai été un peu rapide. Je pense toujours que sa résolution se renforce bel et bien pendant le trajet, sinon il n'aurait tout simplement jamais pu l'accomplir. Mais la tentation, l'ensorcellement de l'Anneau croissent parallèlement et deviennent finalement insurmontables. La tension interne entre ces deux forces se manifeste par sa "schizophrénie" en usant de ce mot au sens large. Cynewulf > le fait de passer l'Anneau (l'acte formel j'entends en dehors de toute considération subjective...) représente une faute qui est celle de vouloir le pouvoir pour soi, et que même le seul fait de le désirer au point de le rechercher afin de pouvoir le passer au doigt...est une faute équivalente au fait de passer l'Anneau. Non. Enfin, à mon avis. La tentation de l'Anneau est inéluctable et n'est donc pas condamnable en soi. La faute est d'y céder volontairement et en connaissance de cause – et là il existe une possibilité de résister, comme nous le voyons dans les renoncements de Gandalf, Galadriel ou Faramir. Nos divergences proviennent me semble-t-il du fait que nous ne définissons pas la faute de la même façon. En ce qui me concerne, je ne parlerai de faute que s'il y a, d'une part, responsabilité de ses actes, ce qui implique la liberté de choix - sans quoi il n'y a pas de jugement moral possible - et d'autre part, conscience du caractère mauvais de la décision – sans quoi il ne s'agit que d'une erreur. L'inconscience est évidemment impossible dans le cas de Frodon, mais sa liberté de choix est en cause. Reste à voir ce qu'il lui reste de liberté au bord des Crevasses du Destin... s'ouvre alors la possibilité de bien des avis divergents, je rejoins Yyr là-dessus. Moraldandil |
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Mj du Gondor
le 17-05-2003 à 22:25 |
Nos points de désaccord me semblent aujourdh'hui assez réduits,là où c'est possible! Alors simplement pour le plaisir de la discussion, j'ajouterai encore par rapport à la "schizophrénie" de Frodon , au sens où nous l'entendons, que je suis d'accord sur le fait que Frodon était "malade de l'Anneau", son désir de l'Anneau le rongeait. Pour moi, il en résulte que sa volonté s'émousse et sa progression de plus en plus pénible en est la marque. Par chance, la ténacité de Sam, sa force morale, peut-être là le"signe de la providence"lui apporte le soutien nécessaire à la poursuite de sa route.Sam ne port-t-il pas Frodon à la fin du parcours? un Frodon anéanti, sans volonté ! Quant aux notions de faute ou de liberté, au risque de me répéter je plaide pour: Finalement je trouve une grande similitude entre ce schéma et celui qu'on retrouve dans la passion !! |
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lambertine
le 18-05-2003 à 10:50 |
Waouw. Sujet riche entre tous, idéal pour passer une nuit blanche ... ce que j'ai fait ! Alors: La schizophrénie de Frodo : je ne suis pas psychiatre, mais, même si je suis fermement opposée à la "psychiatrisation" des actions humaines, je rejoindrai Moraldandil et dirai que Frodo est bel et bien "malade de l'anneau". Malade au sens médical, psychiatrique du terme. Il y a plus que le fait de devoir "tuer le vieil homme", plus que le devoir de résister à la tentation. L'anneau plonge peu à peu Frodo dans la folie. A long terme, il aurait pu en faire un nouveau Gollum ( qui lui est bel et bien dément ). Détruire l'anneau = mission impossible ? Oui. Parce que Frodo est humain ( les Hobbits sont des Atani, n'est-ce pas ? ). Or, nul être humain, de par son humanité même ne peut résister à la tentation suprême que représente l'Anneau. Car chacun est faillible. Mais le fait que tout homme, sans exception, aurait commi la faute ne fait pas que cette faute n'en reste pas une. Frodo a failli par son humanité. Personne n'a le droit de lui en vouloir, ni d'ailleur ne le condamne. Au contraire. Mais il n'en a pas moins failli. Il n'est pas Dieu. Il n'est pas le Christ ( qui lui aurait pu résister à la tentation de par sa divinité ). Il a donc besoin de la Providence pour aboutir et de la Grâce pour être pardonné. Frodo désire-t-il encore l'anneau après la fin de sa mission ? Oui, et encore une fois, nul ne peut lui jeter la pierre. Il le désire, et regrette ce désir. Il éprouve un manque. Si la tentation n'était pas quelque part agréable, ne flattait pas l'homme, il n'y aurait pas de mérite à lui résister. Au sujet de Gollum : Eru intervient par l'intermédiaire de Gollum. Dieu sait si je suis loin d'être "gollumophile". J'aurais probablement eu difficile - même en sachant que la miséricorde, la compassion, sont dans le plan de Dieu et correspondent à ma Foi - à rentrer dans la chaîne de compassion qui sauve Gollum tout au fil de l'histoire. Mais je finis quand même par me poser une question: Eru intervient en misant sur la chute, la faute de Gollum. Même si celui ci est quelqu'un de peu recommandable, assassin de son propre cousin,ce pari de Dieu sur la faute me fait froid dans le dos. Même si on ne sait rien de ce qui arrivera à Gollum " par delà les cercles du Monde". Encore une chose : personne ne reproche rien à Frodo, qui n'a rien caché de sa chute. Il aurait pu, comme je l'ai déjà dit précédemment, vouloir rester une légende vivante ( voir les paroles de Ioreth au couronnement ). On peut penser qu'il ait mis au courant de son "échec" Aragorn et Gandalf. Mais il ne s'est pas contenté de çà. Il a rendu, en quelque sorte, sa faute publique en écrivant son histoire, pour sa génération et les générations futures. Je crois que Frodo, conscient de ce qu'il a fait - et n'a pas fait - n'aurait jamais voulu garder çà pour lui, mai a voulu remettre les pendules à l'heure. Ce qui ne le rend que plus grand à mes yeux. |
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jean
le 18-05-2003 à 16:19 |
Effectivement le sujet est riche et je n’arrive pas à suivre le rythme des messages. MJ> « je me sens battue d’avance » Sois assurée que dans nos débats je ne cherche pas à l’emporter ou à te « battre » d’une quelconque façon. Nos débats sont des échanges ou chacun exprime son point de vue sans chercher à imposer sont point de vue. Le désaccord entre nous n’exclue pas pour autant le respect réciproque. Si par hazard dans la chaleur de certains échanges tu as senti une volonté d’imposer un point de vue, c’est involontaire de ma part. Pour revenir plus au en amont cela correspond à la vraie tradition chrétienne. Dans le « Gloria », qui d’après la tradition a été appris aux hommes par les anges eux mêmes la nuit de Noël, il est bien dit « et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». Ceci veux bien dire que quelqu’un de réelle bonne volonté et de parfaite bonne foie doit être regardé avec paix, même si ses opinions diffèrent des notre. Ou encore je citerais les paroles du Christ lui même dans Marc 9-40 « Qui n’est pas contre nous est avec nous » à propos d’un autre prêcheur qui faisait le bien sans suivre le Christ. Concernant la raison de la mélancolie de Frodo après son retour dans la Conté. Je ne pense pas être particulièrement pessimiste. Tolkien en revanche l’était certainement. Sa vie a été marquée très tôt par la mot et le *deuil et il a toujours ensuit envisagé l’avenir avec pessimisme. Dans une de ses lettres il dit lui même (citation de mémoire) « en tant que catholique je ne peux concevoir l’histoire que comme une longue défaite ». Je crois donc réellement que Frodo continue a désirer l’anneau même après sa destruction et que c’est ce qui l’empêche de jouir à nouveau de la vie. Nous en avons une confirmation dans Chapitre « les havres gris » dans RdR . Frodo est surpris par le père Chaumine qui « trouva Frodo étendu sur son lit [.] et il paraissait perdu dans un songe. IL A DISPARU A JAMAIS , disait il, ET MAINTENANT TOUT EST SOMBRE ET VIDE ». D’après moi c’est bien l’anneau unique dont Frodo parle à ce moment. Ceci est conforme à l’âme humaine. Pour prendre un comparaison même malhabile je prendrait l’exemple suivant. Un blanchisseur modeste qui trouverait dans un vêtement qui lui a été confié un ticket de loto gagnant et qui aurait choisi de le rendre à son propriétaire plutôt que de l’encaisser, aurait certainement fait le choix juste du point de vue de l’honnêteté. Cela ne voudrait pas dire qu’il ne ressentirait pas un petit pincement au cœur chaque fois qu’il verrait son ancien client passer en voiture luxueuse en se disant « dire que cela aurait pu être moi ». On peut même imaginer que pour éviter de laisser ce sentiment devenir envahissant il préfère déménager pour éviter de se retrouver trop souvent face à son gagnant. Je pense que c’est un peu de même pour Frodo. Malgré son choix juste, il ne peux pas s’empêcher de regretter l’anneau.. Une comparaison étant forcément imparfaite je reviens maintenant au texte de Tolkien. Je pense que tous ceux qui ont porté l’anneau se trouve avoir leur destin désormais lié à celui-ci. En conséquence une fois que l’Unique est détruit, ils n’ont plus de destin possible en TdM. Ils doivent donc : Arwen le dit elle même à Frodo qui s’étonne que Bilbo ne soit pas venu assister au mariage. « Cela vous étonne, Porteur de l’Anneau? [.] vous connaissez le pouvoir de cet objet qui est maintenant détruit; et tout ce qui a été fait par ce pouvoir est en train de disparaître. Et votre parent a possédé cet objet plus longtemps que vous « . Ce qui, à mon sens montre que après la destruction de l’anneau , les porteurs ne peuvent plus véritablement encore s’intéresser à la vie de la TdM. Yyr> D’autre par plus généralement, je pense que pour un catholique aussi pratiquant et dévot que l’était Tolkien il est impossible de séparer sa foie de sa vie et son œuvre. Un vrai croyant (probablement quelque soit sa religion d’ailleurs) vie sa foie au quotidien et à chaque instant dans chaque fibre de lui même. C’est ce que dit le psalmiste dans le psaume 139 entier et plus particulièrement « Que je me lève ou m’assoie, tu le sait. Tu perces de loin mes pensées. Que je marche ou me couche, tu es là. Tous mes chemins te sont familiers ». On trouve cela aussi dans st Paul 1CO 10-31 » Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ». Donc même manger un sandwich doit l’être fait dans une perspective religieuse alors la rédaction d’un livre qui dure 14 ans et qui est particulièrement chère à son auteur doit l’être encore plus. Au risque de choquer certains je dirais donc en conclusion que pour un catholique il n’est rien de profane et que donc le SdA ne fait pas exception à la règle. Cordialement
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sosryko
le 18-05-2003 à 17:29 |
Permets moi, Jean, de corriger juste ce qui pourrait être mal interprété : Paul ne dit pas que manger un sandwich est un acte religieux en soi (il n'encourage ni le mysticisme ni la religiosité!) : il faut replacer le dernier verset dans son contexte pour se rendre compte que juste avant (v.29) il dit "Je parle ici, non de votre conscience, mais de celle de l’autre", c'est-à-dire qu'il demande à chacun de se veiller à son comportement pour ne pas choquer la conscience des autres sur des points de détails et qui ne relèvent pas du salut (v.32 "Ne soyez une pierre d’achoppement ni pour les Grecs, ni pour les Juifs, ni pour l’Église de Dieu") |
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Ylem
le 19-05-2003 à 01:12 |
… quelques réflexions pêle-mêle suite à tous ces posts… Tout d’abord, vos interventions, Mj et Yyr, me font penser que j’ai effectivement oublié une précision à mon argumentation. Même dans un monde sans Dieu, la question conserve tout son sens : c’est celle de la réelle part de liberté de l’homme et ce qui relève du Destin, de la Fatalité, J’ai déjà eu l’occasion d’exprimer que, à mon sens, et même si Tolkien affirme que le sda est une réflexion sur « la chute, la mort et la machine », cette question de l’exercice possible ou non de la liberté individuelle face au Destin/Providence, est tout à fait centrale dans le sda (et pas seulement en ce qui concerne Frodo). On a pu aborder ça dans les 3 fuseaux « Affaire de volonté ». J’avais pensé que plus personne ne souhaitait poursuivre sur ce thème, mais il semblerait bien que le sujet est loin d’être épuisé... Il serait bien malvenu de ma part de m’en plaindre ! (*) dans le fond c’est un peu stupide ce que je dis là : cette vision de l’homme illimité n’est pas du tout optimiste ! C’est même tout le contraire. Elle lui enlève de manière absolue toute justification pour ses comportements inadéquats et le rend responsable de tout ce qui peut rater dans sa vie – y compris quand on est allé aussi loin dans la résistance et le don de soi que Frodo. Si Frodo est coupable, c’est que c’est toujours de sa faute si l’homme ne réussit pas - c’est que personne ne peut se dire innocent sauf ceux qui ont « réussi » - c’est que personne n’a le droit d’avoir des limites. Décidément, c’est bien trop désespérant… au delà de tous les arguments, je préfère bien penser que ce n’est pas de sa faute si Frodo ne peut pas jeter l’anneau ! ***** >Cynewulf : « faute » une question de vocabulaire, ou de connotation peut-être ? D’accord pour parler de faute de Frodo si l’on définit ce mot « fauter » comme « ne pas avoir fait ce qui aurait été dû être fait, dans le cadre d’un idéal absolu et sachant que, dans le cas de Frodo, cet idéal était hors de portée. Sinon, la notion de faute comprend, me semble-t-il, celle de culpabilité et celle-ci la notion de responsabilité. En une phrase, si l’on a fauté, c’est que l’on pouvait faire autrement – donc qu’on est coupable de cette faute =et responsable de l’avoir faite. ***** Concernant la question du sentiment de culpabilité… Dans la suite directe de la Lettre 246 citée plus haut, Tolkien indique que Frodo se sent coupable d’abord, du fait que l’espoir d’être accueilli en héros chez lui l’a effleuré Ca montre bien à quel point Frodo ne se juge pas lui-même comme digne de mérite. Voilà le passage dont il est question : « Au début, il apparaît que Frodo n’éprouvait pas de sentiment de culpabilité. Il avait été rétabli dans sa santé d’esprit et dans la paix. Mais alors il pensait qu’il avait donné sa vie en sacrifice : il s’attendait à mourir très rapidement. Mais ça ne se produit pas et l’on peut observer l’inquiétude qui grandit en lui. Arwen fut la première à en remarquer les signes, lui donna son bijou comme réconfort et pensa à un moyen pour le guérir. Lentement, il disparaît du paysage, parlant et agissant de moins en moins. Je pense qu’il est clair pour un lecteur attentif que lorsque ténèbres l’envahirent et qu’il prit conscience d’avoir été « blessé par poignard, morsure et un long fardeau », ce n’est pas seulement les souvenirs cauchemardesques des horreurs passées qui l’affligeaient, mais aussi un reproche sans raison, qu’il se faisait à lui-même : il s’estimait lui-même et tout ce qu’il avait fait comme un échec cassé. ‘Même si j’arrive à la Comté, elle ne paraîtra plus la même ; car je ne serai pas le même ». C’était une tentation hors de l’Obscurité, un dernier soupçon de fierté, le désir d’avoir pu revenir en ‘héros’, ne se satisfaisant pas d’être un simple instrument du bien. Et ce sentiment était mélangé avec une autre tentation, plus sombre, et encore (dans un certain sens) plus justifiée, bien que ça puisse s’expliquer, en fait, il n’a pas jeté l’anneau de sa propre volonté, il a été tenté de regretter sa destruction et d’encore le désirer ‘Il est parti pour toujours et maintenant tout est sombre et vide’, dit-il lorsqu’il se réveille de sa maladie en 1420. ‘Hélas ! Il est des blessures qui ne peuvent pas être guéries complètement, dit Gandalf – pas en Terre du Milieu ». *** Concernant la question de la tentation. Il me semble que tout qui a creusé la question ne peut avoir manqué de se poser la question de savoir ce que l’Anneau avait bien pu proposer à Frodo pour le tenter. Les discussions passées m’ont déjà donné l’opportunité de développer et argumenter pourquoi, de mon point de vue personnel, ni la gloire ni la possession ne pouvaient être des bons arguments aux yeux de Frodo. Il me semble que, pour autant qu’il faille poser la question de cette manière, il n’y a qu’une chose qui ait été réellement susceptible de le tenter : que rien de tout cela ne se soit produit – qu’il n’ait pas à porter ce terrible fardeau – qu’il ait pu continuer à vivre dans le temps de l’Innocence – et le monde avec lui. Puisqu’il est naturellement impossible d’effacer le passé (l’Histoire est linéaire !) ni de faire en sorte que le Mal n’existe pas, alors la seule chose qui pouvait le tenter, c’est de refuser les voir – et le seul moyen : ne plus exister lui-même. Pour moi, la tentation de Frodo est celle de la non-existence, du Néant, de la mort en tant que tel. *** Ylem. |
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Hisweloke
le 19-05-2003 à 04:29 |
Sur la notion de "faute" et de "péché" discutée ici, il peut être utile de s'en remettre à ce que Tolkien dit à propos de Manwë dans les Myths transformed: "So [Melkor] offers to become 'the least of the Valar' and servant of them each and all, to help (in advice and skill) in repairing all the evils and hurts he has done. It is this offer which seduces or deludes Manwë - Manwë must be shown to have his own inherent fault (though not sin)* ... Ainsi [Melkor] offrit de devenir 'le moindre des Valar' et leur serviteur à tous et chacun, pour aider (par ses conseils et son talent) à réparer les maux et les dommages qu'il avait causés. Ce cette offre qui séduit ou trombe Manwë - Manwë doit être montré comme ayant sa propre faute inhérente (mais pas un péché)* ..." Avec en note: "Every finite creature must have some weakness: that is some inadequacy to deal with some situations. It is not sinful when not willed, and when the creature does his best (even if it is not what should be done) as he sees it - with the conscious intent of serving Eru. Chaque créature finie doit avoir quelque faiblesse: c'est-à-dire quelque incapacité à gérer certaines situations. Ce n'est pas un péché lorsque ce n'est pas volontaire, et quand la créature fait de son mieux (même si ce n'est pas ce qui devrait être fait) selon sa perception - avec l'intention conscience de servir Eru" Didier. |
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Sylvae
le 19-05-2003 à 12:03 |
Ylem : "Cette question de l’exercice possible ou non de la liberté individuelle face au Destin/Providence, est tout à fait centrale dans le SDA (…) J’avais pensé que plus personne ne souhaitait poursuivre sur ce thème, mais il semblerait bien que le sujet est loin d’être épuisé … Il serait bien malvenu de ma part de m’en plaindre ! " Tu es surpris de la force récurrente de ce thème !!! Mais l’idée la plus poignante de ce livre, l’idée sur laquelle se cristallise le plus aisément le phénomène d’IDENTIFICATION qui fait qu’on reste fasciné par un bouquin ! Je pense que si certains ne peuvent plus se détacher du Seigneur des Anneaux, le dévorent et le relisent avec la même jouissance, c’est parce qu’ils ressentent intensément cette identification aux personnages et à leurs dilemmes. La force de ce livre, c’est justement d’offrir un parfait miroir à notre "moi" le plus secret, c’est de mettre à nu l’intimité même de notre personnalité. Discuter sans fin pour savoir si Frodo a commis une "faute" ou un "péché", chercher des explications ou des excuses à ses actes (ou à ceux de Boromir, de Gollum, de Galadriel …), savoir jusqu’où peut s’appliquer le libre-arbitre, c’est se donner des explications ou des excuses à nos propres faiblesses, c’est vouloir se persuader que , nous aussi, nous pourrions avoir la grandeur d’âme de nous sacrifier pour une cause supérieure (ou pourquoi nous sentons que nous ne renoncerions avant ...) Que nous soyons croyants ou athées, de culture judéo-chrétienne, musulmane, bouddhiste ou que sais-je, je pense vraiment que ces "valeurs" sont inhérentes à la pensée humaine, modelées ou orientées différemment suivant notre éducation. Je VEUX croire que la nature humaine met en chacun de nous un peu de courage dans l’adversité, d’abnégation pour le bien collectif, de respect de l’autre, de remords ne n’avoir pas réalisé ce que l’on voulait (même avec circonstances atténuantes) … Puisque je me décide enfin à intervenir sur ce sujet, j’éprouve le besoin de dire pourquoi je ne l’ai pas fait jusque là, bien que j’en aie eu l’envie de nombreuses fois, allant même jusqu’à écrire des messages que je n’envoyais pas : parce que dans tous ces messages, il y avait beaucoup de "je". Ylem, Plaidoyer pour Frodo a été un des fuseaux où tu as exprimé le mieux ces sentiments, avec d’autres comme Affaire de volonté 1, 2 et 3, ou Frodon, Arwen, les Havres, et d’autres encore … |
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Ylem
le 19-05-2003 à 18:14 |
>Sylvae Tu es surpris de la force récurrente de ce thème !!! - Non… pas du tout ;-) - au contraire bien aise que l’on remette sur le tapis un sujet sur lequel, il me semble, il y a encore beaucoup à dire ! >Mais l’idée la plus poignante de ce livre, l’idée sur laquelle se cristallise le plus aisément le phénomène d’IDENTIFICATION qui fait qu’on reste fasciné par un bouquin ! (…) PS : merci pour les liens. C’est vrai, il faudrait décidément que je me soucie de la technique pour les faire moi-même… |
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Mj du Gondor
le 19-05-2003 à 22:02 |
Didier, bonjour ! Il me semble que je suis d'accord, si toutefois j'ai bien interprété les propos de Tolkien: S'il y a tromperie, sans possibilité de discernement, il n'y a pas faute; l'habileté de Melkor a bien obscurci le jugement de Manwê, lequel n'a jamais douté de sa soumission à Eru. Son intention n'a jamais été la révolte envers son créateur ni même de lui déplaire? D'ailleurs son attitude ultérieure montre bien qu'il ne garde aucun regret du temps de son ereur. Mj |
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Lothiriel
le 20-05-2003 à 12:31 |
merci à Ylem pour la citation de la lettre de Tolkien sur le sentiment de culpabilité de Frodo, qui ne concerne donc pas le fait d'avoir refusé de jeter l'Anneau, mais le fait de le désirer encore, ce qui sont deux choses différentes. au bout du compte, ce sentiment vient aggraver la souffrance créée par ce manque ... je rajouterai que nul sans doute, même dans les tenants de la notion de "faute" de Frodo, ne lui retire le droit de se reposer enfin à l'Ouest ... |
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Hisweloke
le 20-05-2003 à 02:02 |
MJ: "S'il y a tromperie, sans possibilité de discernement, il n'y a pas faute; l'habileté de Melkor a bien obscurci le jugement de Manwê, lequel n'a jamais douté de sa soumission à Eru." Oui, ou plutôt, il y a une faute (dans le sens de mise en défaut, ou d'aveu de faiblesse), mais pas un péché (dans le sens d'acte volontaire, responsable, à commettre la faute en question). Didier. |
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Yyr
le 20-05-2003 à 10:10 |
En anglais comme en français, le mot fault / faute peut désigner soit une erreur (-> mistake), soit un "péché" (-> misdeed) ; l'usage peut être ambigü ;). Pour cette phrase des Myths transformed la précision en parenthèse (et peut-être la note) a sans doute pour but de marquer la distinction, comme vous le faites, Didier et MJ ...
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Owina
le 20-05-2003 à 14:17 |
Je n'ai pas pu intervenir sur ce forum pendant plusieurs jours , étant trop occupée . J'ai lu tous les messages et je reste sur mon interprétation, encore plus convaincue après avoir pu lire les extraits de lettres de Ylem ( merci d'ailleurs de les avoir citer ! ) Je pense par ailleurs , comme beacoup commence à le faire , que nos points de désaccord concerne : 1 la notion de faute 2 la liberté de Frodon . 1 Selon moi , dire "il y a faute mais pas responsabilité" est antynomique : il n'y a faute que s'il y a responsabilité,liberté de choix et possibilté de faire autement . 2 Frodon a fait tout ce qui était dans les limites de l'humain et n'était plus libre de son choix . - Et Là Lambertine , tu dis "Mais le fait que tout homme, sans exception, aurait commi la faute ne fait pas que cette faute n'en reste pas une. Frodo a failli par son humanité. Personne n'a le droit de lui en vouloir, ni d'ailleur ne le condamne. Au contraire. Mais il n'en a pas moins failli" Si détruire l'anneau est une mission impossible , alors elle est impossible : il n'y ni possibilté , ni liberté donc pas de faute !! Maintenant ( je me répète ) il faut considérer aussi que jamais la mission n'aurait réussie s'i n'y avait pas eu Gollum .. Sur ce point (et là on touche effectivement aux croyances personnelles qui dépasse le cadre le l'oeuvre ) je ne pense pas qu'Eru intervienne en misant sur la chute de Gollum ... a + |
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Cynewulf
le 20-05-2003 à 21:42 |
Hisweloke: >Oui, ou plutôt, il y a une faute (dans le sens de mise en défaut, ou d'aveu de faiblesse), mais pas un péché (dans le sens d'acte volontaire, responsable, à commettre la faute en question). Merci à Hisweloke pour cette citation du HoME X (j'étais passé dessus sans faire le rapprochement...je crois que ça étaye un peu ma thèse de la faute objective sans responsabilité. Owina je crois que tu confond un peu faute et imputabilité de la faute: la premiere est ce qu'on pourrait appeler un acte dommageable (par exemple je te donne un coup du seigneur des anneaux en un seul volume...lol) l'autre sont les conditions dans lesquelles ont pourra dire que cette faute était consciente (peut tu reprocher à un enfant de deux ans de te donner un coup du même livre, puisqu'avec son intelligence limitée il ne peut pas se rendre compte de ce qu'il fait). |
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Hisweloke
le 20-05-2003 à 22:40 |
"Et puisque que Tolkien était CATHOLIQUE" Certes, c'est un fait... Et alors? Oui, c'est ma sempiternelle ristourne, équivalent à "Est ce que ça éclaire le texte sous un jour nouveau". Mais j'avoue modestement que les rapprochements me laissent généralement de marbre (ils expliquent peu de choses), tandis que les divergences seraient intéressantes à lever (pour leur vision personnelle et leur interprétation de la foi, par exemple). Didier, amusé. |
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Mj du Gondor
le 20-05-2003 à 23:13 |
Cynewulf : Hé voilà! puisque Tolkien était catholique !...voilà l'argument qui me faisait dire "je suis battue d'avance"! Et pourtant il me semble qu'au contraire tu confirmes ma position:"...si l'homme connait le mal, le juste jugement de sa conscience peut demeurer en lui le témoin de la vérité universelle du bien.... » J’aimerais vous proposer un exemple ; après le prisonnier, après l’homme qui saute du toit, voici l’incendie : Voilà comment je pense que Frodon a failli même s’il est le seul à en avoir conscience Mais vous avez bien sûr le droit de dire selon vos convictions qu’il n’était pas dans le projet de Dieu qu’il réussisse, que ce n’était pas son destin. Pardon pour cet exemple si triste !! Mj |
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TB
le 21-05-2003 à 08:33 |
J' ai, comme à l' ordinaire, quelques difficultés à m' immiscer dans un échange qui mélange un peu trop, de mon point de vue, personnages et auteur...Parle-t-on de Frodo, créature de Tolkien, ou de Frodo, personnage du roman, lui accordant une autonomie, une vie propre ? Ou ne doit-on considérer Frodo que comme un avatar plus ou moins fidèle de Tolkien, pensant ce qu' il pense, structuré mentalement, philosophiquement, religieusement, comme son inventeur, projection romanesque d' un pseudo-bovarysme tolkienien ? Par ailleurs, nombre de réflexions de ce fil s' appuyant sur des partis pris et convictions divers de leurs auteurs respectifs, j' en ferai de même...En évacuant faillibilité intrinsèque à l' existence et lecture exter-nale ? -niste ? nienne ?, des personnages ! Frodo, confronté au choix ultime, finit, comme les mille et quelques pages précédentes nous y avaient préparés, par revendiquer l' Anneau...Fidèle, si l' on peut dire, à sa logique ! Avant de déterminer si choix il y avait, attardons-nous, un instant, sur les comportements, motivations, et attitudes, des différents porteurs successifs, face à la possession dudit objet...En excluant, bien entendu, son légitime propriétaire ! Gollum, tout d' abord...Ici, pas d' ambiguïté, le personnage est digne de son trésor ! Pulsion assassine et passage à l' acte, motivés par l' envie et la cupidité...Mmouais, vrai...Mais pas seulement ! Il y a, aussi, cette soif irrépressible de Connaissance ( SdA, vol.1, p 79/81 ), ce désir brûlant d' aller à la rencontre des secrets d' avant les Origines...Un mélange incongru d' Absolu et d' ignominieuse médiocrité ! Ceci dit, Sméagollum reste, tout au long du récit, constant dans sa démarche: il VEUT l' Anneau, et agira donc en parfaite adéquation avec l' image donnée... Bilbo, ensuite...Là, ça devient plus complexe ! Voilà un bien curieux personnage, pétri de contradictions, et jouissant d' une estime qui n' est, peut-être pas, si légitime qu' on pourrait, à première vue, le penser ! Dès l' Anneau en poche, notre " brave " Bilbo se révèle tricheur, menteur, frimeur, voleur...Si on peut excuser la manière pour le moins douteuse qui préside à " l' échange " de l' Unique, on peut être surpris du comportement légèrement déplacé de notre " bon hobbit " quand, n' étant plus sous la pression d' une chasse mortelle, la première utilisation " en conscience " sera un numéro de cabotin quelque peu mesquin: alors que ses amis se désolent, déja, de sa disparition probable, et le pleurent en s' accusant mutuellement, il trompe le pauvre Balïn ( dont l' efficacité de sentinelle sera durement critiquée par un Gandalf quelque peu courroucé ! ) ( Bilbo le hobbit, p 124/126 ), et surgit brusquement au milieu du groupe ébahi, s' attirant, instantanément, des félicitations et une estime qu' il ne mérite guère ! Et la suite du roman ne fera que renforcer cette image pour le moins ambiguë du personnage...Voleur, parfaitement conscient ici encore, de la précieuse Arkenstone, il finira par trahir ses compagnons, non pas pour éviter une désolante confrontation, mais par peur d' être démasqué, et par désir de retrouver une vie moins agitée et des repas plus substantiels ( Idem, p 344/357 ) ! On est loin de l' image d' Epinal du héros oublieux de soi-même, et sacrifiant ses propres intérêts à ceux de tous ! Plus tard, pendant de longues années, il utilisera UNIQUEMENT " son " Anneau dans un but rien moins qu' égoïste ( Le SdA, vol.1, p 146 ), jouissant bourgeoisement de sa petite fortune...Et jusqu' au dernier instant, il fera preuve d' une attitude plus que suspecte, encore qu' on peut admettre, si la contagion maligne de l' artéfact s' avérait si puissante qu' on le prétend habituellement, qu' il peut bénéficier de quelques circonstances atténuantes ! Nous verrons cela ultérieurement... De même, nous écarterons, pour le moment, le " brave Sam " de cette nomenclature, n' ayant été, à contrario de ses homologues, qu' un très occasionnel porteur, et pour une durée infiniment moins longue...! Venons-en donc, enfin, à Frodo...Je ne reviendrai pas sur la transmission du " trésor familial ", les circonstances en sont largement connues ! Par contre, il est intéressant de noter une certaine similitude, entre oncle et neveu, dans une utilisation, que l' on pourrait qualifier de purement pragmatique, de l' Anneau: " Enfin, il peut être utile.. ", furent parmi les premiers mots prononcés par Frodo, à l' annonce du don....L' hérédité, sans doute ! Passons l' épisode on ne peut plus révèlateur du chapitre consacré à Tom Bombadil, qui n' a, lui, aucune difficulté à maîtriser le si terrible anneau, et le séjour à Imladris, qui aura vu la " guérison " apparente de Frodo à l' attaque des Nazgûl...Et où il nous sera donné d' assister à une scène qui, convenablement décryptée, nous offrira matière à réflexion quant à la personnalité de Frodo ! " ..Mais Frodo ramena vivement l' Anneau...//...une ombre semblait être tombée sur eux, et à travers celle-ci, il observait un petit être ridé, au visage avide...//... IL EPROUVA LE DESIR DE LE FRAPPER "....! ( Le SdA, vol.1, p 310 ) Assez curieusement, cette scène semble toujours perçue, par le lecteur distrait ( et le réalisateur en mal d' esbrouffe ! ), comme une brusque flambée de désir du vieux Bilbo pour " son " anneau perdu...Pourtant, rien n' est moins sûr ! Nous vivons la scène par le regard qu' en porte FRODO...C' est LUI qui voit, dans son oncle, un vieillard avide...Et c' est LUI, Frodo, qui a peine à maîtriser une violente envie de cogner ! Des deux protagonistes, il semble évident que l' un a plus à perdre que l' autre à y gagner...Et on peut interpréter le geste las de Bilbo, se passant la main devant les yeux, comme un pitoyable déni d' une triste réalité, le refus de voir ce que son " héritage " a fait de son neveu...Si vite et si profondément ! La lente descente en Mordor se verra émaillée, ça et là, d' incidents similaires...Frodo faisant jurer Sméagollum sur l' Unique " ..Frodo se redressa, et Sam fut de nouveau saisi par ses paroles et sa voix dure.. " ( Le SdA, vol. 2, p 298 )..." ..Il sembla un moment à Sam que son maître avait grandi...//...une grande ombre sévère, un puissant seigneur cachant son éclat dans un nuage gris.. " ( Idem, p 299 )....Et à nouveau, avant de se décider à emprunter l' autre chemin, " ..En dernier recours, Sméagol, je mettrai le Trésor à mon doigt...//...si, le portant, je vous commandais, vous obéiriez, l' ordre fût-il de sauter du haut d' un précipice ou de vous jeter dans le feu. ET TEL IL SERAIT .. "...( Idem, p 329 )...Pour ne rien dire de la manière dont notre héros récompense son fidèle valet de l' avoir délivré des griffes de Cirith Ungol, " ..Non, non ! cria Frodo, arrachant l' Anneau et la chaîne des mains de Sam. Non, tu ne l' auras pas, voleur ! "...Marquant ainsi, et un fois de plus, le choix vers une revendication pleine et entière de l' Unique ! Citons donc Sam, qui semble être le seul dont la personnalité n' offre guère d' ambiguïté...Du moins en ce qui concerne un éventuel désir de possession ! Mis en présence du choix, il conservera son attitude habituelle, privilégiant les intérêts de son " maître ", prêt à tout pardonner, offrant, sans état d' âme, son innocence de jardinier à la tentation du Pouvoir....Sans atteindre le complet détachement d' un Tom Bombadil, bien évidemment ! Alors, y avait-il, à l' Orodruin, un choix possible...? Pour moi, oui, assurément...Et Frodo est plus que largement responsable du sien, ceci quelqu' en aient été les modalités ! Des quatre porteurs cités, Sam, seul, avait quelque chance de succès...Les trois autres ayant, par leur personnalités propres, un bien lourd handicap à surmonter ! Ils étaient, à mon sens, déja " séduits ", et incapables de résister aux multiples tentations de l' Anneau Unique....Par son engagement en demi-teinte, ses doutes constants, son fatalisme récurrent, Frodo, bien qu' apparemment plus apte à gérer les difficultés de l' entreprise, était tout aussi condamné à échouer que l' évident Sméagollum, ou le vieux Bilbo ! Ceci dit, Frodo, ou qui que soit d' autre, pouvait-il réussir...? La réponse est définitivement OUI ! L' entreprise consistant à éliminer l' Unique n' est pas le résultat d' un pari d' ivrognes, d' un challenge de suicidaires désoeuvrés, ou un gage issu du chapeau de Gandalf...C' est la conséquence du Conseil d' Elrond, où furent envisagées différentes solutions pour éliminer l' Anneau Unique, ledit anneau n' étant rien moins que la fin programmée du monde ! L' idée même qu' il ait été choisi, par les participants dudit Conseil, une solution n' ayant rigoureusement, mathématiquement, " humainement " parlant, AUCUNE chance de réussir, m' apparaît devoir relever de la bouffonnerie la plus absolue....Bien évidemment, tous étaient conscients de l' incroyable difficulté de la chose, mais on doit éviter, par simple logique, de prêter à l' ensemble du Conseil le pessimisme de Frodo ! Et la question corrollaire sur l' inévitable corruption du porteur de l' Anneau, interdisant toute fin heureuse au projet, doit recevoir une réponse tout aussi catégorique, encore que diamétralement opposée...NON, la " contagion " maligne, générée par le port de l' Anneau, n' est pas à ce point rapide et altérante qu' elle vienne contrarier inéluctablement le dessein libérateur des conjurés...Les attitudes et réactions diverses des porteurs face aux maléfiques tentations de l' Unique sont là pour corroborer cet optimisme ! Bien entendu, il ne saurait être question, dans une lecture inter-nale, niste, nienne ( ?! ), du roman, d' invoquer une " faillibilité intrinsèque à l' homme " directement issue d' une religion rigoureusement inconnue des personnages ! En fait, tout cela a déja été dit et redit...Le seul bémol apporté concerne la vision idyllique dont semblent bénéficier les héros de cette histoire ! Loin de moi l' idée de faire de Frodo, Bilbo, Sam, et autres, de machiavéliques hooligans, n' aspirant qu' à supplanter Sauron dans son rôle d' Ennemi Public n° 1, mais c' est un fait qu' une grande majorité de lecteurs s' attachent à ne voir, dans les tenants du Bien, que les héros trop parfaits d' un monde où le négatif n' existe que dans sa forme la plus exacerbée...En TdM, on est ange, ou tyran ! Le Gandalf pompeux et autoritaire, le Bilbo égocentrique, le Frodo velléitaire, le Sam nunuche ( ne voyez ici qu' une prudente auto-censure ! ), disparaissent du regard des lecteurs pour laisser place à de jolly good fellows incapables du moindre accroc à leur panoplie de héros positifs....D' où les circonvolutions conceptuelles embarrassées pour éviter d' admettre, par exemple, que malgré toutes les subtilités de décodage sémantique, le bon Frodo, Saint Sauveur de l' Humanité, ponctue ses douleureuses pérégrinations par un quasi blasphématoire " The Ring is mine ! ", décidant, in fine, de s' octroyer un petit boni sous la forme, excusez du peu, de rien moins que le Maître Anneau ! Dans le genre humilité christique, on peut difficilement faire mieux...! Ces quelques citations, et les réflexions qu' elles m' ont inspiré, n' auront pas eu d' autre objet que de mettre l' accent sur le caractère parfois TRÈS ambiguë de nos sympathiques personnages....." Arrête de ricaner, Morgoth, ils vont t' entendre.." ! :[] TB |
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Mj du Gondor
le 21-05-2003 à 11:34 |
Le manichéisme de Tolkien a déjà maintes fois été évoqué mais il me semble que des fuseaux comme celui-ci parmi tant d'autres dont certains beaucoup plus philosophiques théologiques ou simplement érudits auraient plutôt tendance à démontrer sa subtilité à éveiller en nous des échos mutiples de tout l'éventail de nos principes moraux qui ne sauraient surgir d'un univers composé exclusivement d'anges et de tyrans. Mais peut-être voulais-tu démontrer le contraire par ce long playdoyer pour un Frodon ambigü. Dans ce cas pourrais-tu apporter ton brillant éclairage sur le sujet de ce fuseau car enfin, soit la dimension de Frodon se limite à un personnage de roman et notre discussion est vaine, il suffit de faire parler l'auteur,( j'ai dit pour ma part, que j'étais prête à m'incliner devant une réponse dictée par sa religion) soit elle justifie d'être projetée dans nos visions intimes et supporte d'être le prétexte à nos interrogations. Mj
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Cynewulf
le 21-05-2003 à 17:41 |
Pour la petite phrase qui semble soulver la colère (ou l'amusement) de certains, je faisais juste référence à un post précédent de jean, qui montrait que si Tolkien était catholique il devait être cohérent avec sa foi...le "puisque Tolkien était catholique" ne fait que montrer que la doctrine catholique, si elle se rapproche ou si elle permet de comprendre certains points brumeux, peut tout a fait être utilisée, parce que Tolkien avait, disons, une "structure" d'esprit catholique. Donx si l'on retrouve des aspects concordants avec la doctrine catho, dans ce cas là sautons sur l'occasion et si je puis dire "appliquons le principe d'applicabilité" qui permet de laisser au lecteur sa liberté de d'interprétation (voir préface à la seconde édition du SDA) Il ne s'agit pas de se trouver de réfs facile, mais de mieux comprendre certains points qui engagent par exemple la morale...la conception de la faute etc... Soucis de cohérence. jb |
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Cynewulf
le 21-05-2003 à 17:45 |
Pour que tout le monde comprenne mieux je me permet de citer jean: >Je ne peux pas être d’accord avec toi lorsque tu dit : » tous les arguments commençant par "Tolkien était catholique donc Frodo a ..." ne sont pas recevables ». D’autre par plus généralement, je pense que pour un catholique aussi pratiquant et dévot que l’était Tolkien il est impossible de séparer sa foie de sa vie et son œuvre. Un vrai croyant (probablement quelque soit sa religion d’ailleurs) vie sa foie au quotidien et à chaque instant dans chaque fibre de lui même. C’est ce que dit le psalmiste dans le psaume 139 entier et plus particulièrement « Que je me lève ou m’assoie, tu le sait. Tu perces de loin mes pensées. Que je marche ou me couche, tu es là. Tous mes chemins te sont familiers ». On trouve cela aussi dans st Paul 1CO 10-31 » Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ». Donc même manger un sandwich doit l’être fait dans une perspective religieuse alors la rédaction d’un livre qui dure 14 ans et qui est particulièrement chère à son auteur doit l’être encore plus. Au risque de choquer certains je dirais donc en conclusion que pour un catholique il n’est rien de profane et que donc le SdA ne fait pas exception à la règle. < (jean écris moi pour les droits d'auteur...lol)
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Owina
le 21-05-2003 à 19:15 |
Bien ton exemple MJ Du Gondor ! D'accord avec toi( la mère qui ne tente pas de sauver ses enfants s'en voudra toute sa vie - à tortmais elle s'en voudra ) , sauf que , sauf que .....selon moi Frodon correspond au cas de la première mère : il tente l'impossible tout comme elle , et si cette mère échoue parcequ'"ellle meurt axydsphiée ou autre , de m^me Frodon échoue par ce que sn esprit est complètment dévoré par l'anneau .... Non Cynewulf je ne confond pas faute et imputabilité de la faute...
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sosryko
le 21-05-2003 à 19:18 |
Joli post TB, et je préfère "interniste" et "externiste" :-)) |
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Owina
le 21-05-2003 à 19:36 |
Oups , je me rend compte que j'ai été beacoup trop préssée tout à l'heure .. Ce que je voulais dire -par rapport à l'exemple de l'incendie - c'est que Frodon correspond au cas de la seconde mère ( celle qui tente tout ...). |
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Mj du Gondor
le 21-05-2003 à 20:02 |
Mais non, Owina, Frodon n'est pas semblable à la Première mère! celle-ci a été jusqu'au bout: elle n'a pas échoué, elle est morte. Si Frodon avait sauté dans les crevasses du Destin, il aurait sauvé le monde ! Merci quand même de ton effort ! Mj |
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Mj du Gondor
le 21-05-2003 à 20:06 |
Tiens moi,moi aussi j'ai confondu! enfin peu importe, je crois que nous nous sommes comprises ! Mj |
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Owina
le 21-05-2003 à 21:37 |
Non encore désolée , Frodon est semblable à la mère qui tente tout et meurt . Frodon aussi est allé jusqu'au bout , il n'a pas échoué par sa volonté par son choix : il est anéantit par l'anneau- c'est comme s'il était mort ( d'ailleurs pour moi c'est la raison principal de son incapacité à vivre ) Et là je recite les extraits des lettres de Tolkien -que Ylem a déjà cité : "Je ne vois pas moi-même que la destruction de son esprit et de sa volonté sous la pression démoniaque et après torture (soit plus un échec moral, que la destruction de son corps aurait été, s’il avait été étranglé par Gollum et écrasé par la chute d’un rocher. " Sur ce je m'arrête dans mon argumentaire .. |
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Angelyn_Lothlinde
le 21-05-2003 à 22:37 |
Je ne suis pas théoricienne, alors je vais faire simplement. Frodon n'a pu rejeter l'anneau pour 2 raisons je pense: -la première est la plus évidente: il se trouvait au plus près de la source du "mal". Il était à l'endroit même où avait été forgé l'anneau. Qui aurait pu résister à cela? -la seconde est l'échec prévisible dû à son esprit. Frodon est résigné dès le départ, il sait (ou devine un peu faussement comme on l'a constaté) qu'il ne reviendra pas ou qu'il reviendra avec des blessures inéffaçables. Il a conscience dès le départ que plus rien ne sera jamais comme avant, et il sait qu'il ne peut rien faire pour changer cela. Il est contraint, résigné et donc perd tout espoir de fin heureuse pour lui. Il lutte dès le départ contre l'anneau certes, mais aussi contre lui-même. Alors quand enfin il en vient à accomplir sa tâche, non, il ne peut pas. Il a tout perdu...et que lui restera-t'il? Que certains ne soient pas trop prompts à juger cet acte. Auriez-vous pu faire ce qu'il afait et subir ce qu'il a subit? Pour ma part, je l'ai admiré de sa résistance incroyable à tout cela. (même si je maintiens qu'il est plaintif et égoïste!) |
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Mj du Gondor
le 21-05-2003 à 23:14 |
Je pense effectivement qu'il est sage de s'incliner ! on n'y arrivera pas, ce n'est pas possible ! Ce n'est pas grave l'essentiel est de se dire que c'est un bon roman et que nous y trouvons tous beaucoup de plaisir ! sans rancune !,-)) |
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Yyr
le 22-05-2003 à 11:55 |
Owina > Non encore désolée , Frodon est semblable à la mère qui tente tout et meurt. Mais, chère Owina, je n'ai pas l'impression que Frodo meurt. Tu dis : > Frodon aussi est allé jusqu'au bout - oui comme la première mère - > il est anéantit par l'anneau- c'est comme s'il était mort (d'ailleurs pour moi c'est la raison principal de son incapacité à vivre ). Je suis désolé, mais pour un mort, il se débrouille encore bien. Il faut faire la distinction entre perdre le goût à la vie et perdre la vie. Si l'esprit de Frodo avait été réellement anéanti, Sam n'aurait récupéré qu'une coquille vide. Ainsi je trouve que le Professeur exagère et fait une petite erreur dans son propos lorsqu'il dit "Je ne vois pas moi-même que la destruction de son esprit et de sa volonté sous la pression démoniaque et après torture (soit plus un échec moral, que la destruction de son corps aurait été, s’il avait été étranglé par Gollum et écrasé par la chute d’un rocher.". Je trouve les investigations de MJ très intéressantes ... Yyr
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Yyr
le 22-05-2003 à 14:58 |
Et cher TB, j'aime beaucoup ton post également :) Je ne puis m'empêcher de te trouver un peu dur ... je suppose que c'est la (juste ?) réaction à l'angélisme dénoncé :), mais n'évinces-tu pas le mystère du Mal (éprouver le désir de frapper est une chose, choisir entre passer à l'acte et maîtriser ce désir en est une autre ;)) ? Ton exposé est intéressant à plus d'un titre, et entre autre, il montre quelque chose qui n'a pas été intégré jusqu'ici, à savoir que l'Anneau, sa Tentation, et sa destruction, ce n'est pas seulement le Mont Destin, c'est avant tout un chemin. Pas uniquement un chemin d'embûches et de fatigue, mais aussi un chemin de choix, de tentations et de chutes (et pas forcément liés à l'Anneau lui-même) ... qui participent au choix (non choix ?) final. (Ainsi, effectivement, je veux bien croire que l'échec de Frodo pouvait être pré-visible, dès lors qu'à la première tentation, il ne parvient pas à jeter l'Anneau dans sa cheminée !) Je crois aussi comme toi que Frodo était le plus "endurant" (mais pas forcément celui qui résistait le mieux à la Tentation), et que Sam eût été le plus apte à la fin ... mais il faut relever que ce qui lui donne, à ce magnifique Sam, de se dépasser et de vaincre la Tentation de l'Anneau, c'est ... son amour pour un Frodo accablé par l'Anneau (donc si on retire l'Anneau à Frodo, on retire peut-être la fermeté à Sam) ... le mystère du Bien ? ;) Il m'apparaît tout aussi évident que la quête avait une chance de succès a priori sinon elle n'aurait pas été tentée - je n'ai pas l'impression que le Conseil s'en soit remis à la seule Providence - dis avec moins de style que toi :) Enfin, de la part d'un de mes parents, du Peuple d'Aulë, je suis chargé de te remercier pour avoir rétabli la vérité par rapport au vol éhonté et inqualifiable du Coeur de la Montagne, l'Arkenstone ! C'est honteux de dire que Bilbo y a agit par altruisme (mais rassure-toi, cher Ylem, je n'ai pas donné ton nom à mon parent ; il m'a menacé, torturé, mais je n'ai rien dit ;)) Yyr
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Yyr
le 22-05-2003 à 17:23 |
Bon ... après le Shibboleth de Ylem ;) le Shibboleth de Yyr je suppose :) ... - en apparté et concis -
Oui*. Je suppose que, si quelqu'un pouvait encore l'ignorer sur ce forum, tous pourront maintenant en rêver la nuit ;). Il n'a pas dit en revanche qu'il était pertinent d'en faire un élément de lecture a priori de son oeuvre. Les reflexions qui vous ont été faites ne concernent pas les fois où vous avez proposé une lecture chrétienne a posteriori mais celles faites a priori, qui ont le tort, pour la méthode de partir sur une hypothèse arbitraire sinon spécieuse**/***, pour le sens de n'en prêter aucun autre à l'oeuvre que celui de l'intention***, et pour l'enchantement de le mettre à mal****. Sans compter que si Tolkien a méthodiquement viré toutes les références explicitement chrétiennes de son Oeuvre, c'était peut-être pour une bonne raison, non ? Pourquoi les y remettre ? :) En revanche, rien n'empêche d'y faire appel, non en amont mais en aval : pour parler de ce que *produit* le conte. Ainsi lui-même n'hésite-t-il pas à employer dans ses lettres les références chrétiennes pour *décrire* la terre-du-Milieu « selon lui (comme un autre) », exactement de la même façon qu'il l'emploit pour parler de notre Monde (primaire). Notez des mot comme « exemplifies », mis en italiques par lui-même. Pour Tolkien, la dialectique chrétienne, théologique, est un langage qui permet de mettre en valeur le sens de son monde, pas le pourquoi. Si vous vous sentez obligés de poser des énoncés externistes en pré-requis, ce n'est pas de l'applicabilité, c'est de l'allégorie, et c'est que l'auteur a mal fait son boulot, que le sens du conte ne peut être atteint par lui-même. Plutôt que de dire la chrétienté du SdA *à cause de* celle de l'auteur (qu'est-ce que j'en connais, de sa foi ? de sa relation intime avec Dieu ? et qu'est-ce que je connais des "impuretés" de sa foi qui auront faussé ses intentions ?), je préfère montrer la chrétienté que m'*inspire* le SdA (comme un grand :) sans l'aide de l'auteur (malgré lui)), et ainsi peut-être découvrir la foi de mon auteur (et la mienne).
** Enoncé : "Mes amis Bush et Blair sont des chrétiens fervents" (si, si : prières, messes etc... la totale). Pourtant, je ne sais pas si c'est à cause de la parabole de l'ivraie - sans doute suis-je naïf d'y trouver une contradiction majeure avec la guerre préventive -, ou de l'exigence de vérité - je n'ai vu nulle part dans l'Evangile qu'elle pouvait souffrir de la confection de fausses preuves même dans le but de convaincre ses partenaires du mal-fondé de passer outre la parabole précédente -, ou encore à cause de la prophétie selon laquelle « celui qui veut sauver sa vie la perdra ; celui qui la perdra à cause de moi la gagnera » - à nouveau je fais partie des simples d'esprit qui trouvent là une contradiction totale avec la mise en avant du principe selon lequel les intérêts et sécurité de la nation américaine passent avant tout le reste -, quelque chose me dit que cet énoncé ne me permettra pas d'éclairer les politiques et actions de mes amis Bush et Blair ... *** Il y a entre l'auteur et son oeuvre comme le rapport du parent avec son enfant : celui-ci doit être laissé libre de l'intention de ses parents ... (cf. le post de TB ;)) **** Cf. Etude et Créance Secondaire
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Ylem
le 22-05-2003 à 18:34 |
Pardon pour 'l'angélisme', donc. Il est évident que de multiples lectures sont possibles et pertinentes - y compris celle qui met en évidence les défauts, les bassesses, les erreurs, pourquoi pas même le ridicule de tous les personnages. A chacun de décider ce qu'il préfère voir et partager, non ? ;-) Ylem. |
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jean
le 22-05-2003 à 21:38 |
Yyr, je crois que nos positions ne sont pas forcément incompatibles. Je suis d'accord pour dire que le plus important est la lecture à postériori. De ce point de vue le SdA a été un véritable choc pour moi. Alors que j'avais commencé à lire ce livre un peu par hasard, il y a 14 ans, je me souviens tres bien m'être dit en le terminant "pour avoir écrit un tel livre à coup sur cet auteur était un catholique pratiquant". Alors que je ne connaisais rien de sa vie celà c'est imposé à moi comme une évidence. C'est ensuite pour vérifier cette hypothése que je me suis intéressé à sa biographie. Je suis donc parfaitement d'accord pour reconnaitre que c'est ce message induit qui est le plus important. Pour autant connaissant maintenant la volonté réelle de l'auteur je continue a penser qu'il n'y a rien de "spécieux" à ensuite rechercher avec respect et amour pour son texte les éléments cachés qu'il y a volontairement mis. * Celà détruit-il la féérie? Peut-être... Mais pour moi il suffit de me mettre a lire quelques pages pour m'y replonger entièrement et oublier mes réflections trop intellectuelles.
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Cynewulf
le 22-05-2003 à 22:08 |
Yyr, je répondrais moi aussi à ton message, pour te dire en tout et pour tout que je me place pour fonder mes dires, sur un plan aussi psychologique que religieux: pouvait-il se détacher même consciemment des références au catholicisme: en clair, Tolkien a écrit un livre catholique, quel mal ensuite à rechercher dans les Saintes Ecritures pour voir d'où l'esprit de Tolkien a tiré la substance (et oui Tolkien est un sous-créateur, il ne crée pas dans le sens où il est obligé de construire à partir d'une matière préexsitante - hé oui moi aussi j'ai lu Faërie - j'ajouterais que Tolkien dit que l'Evangile porte en elle quelque chose qui embrasse toute l'essence du conte de fée, donc même le Seigneur des Anneaux tire sa substance de cette essence...au même titre que tous les autres contes de fées et les mythologies) |
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romaine
le 23-05-2003 à 12:52 |
Voyons...permettez moi d'intervenir d'une manière toute simple: Si Tolkien a indiqué qu'il avait fait dès le début une oeuvre catholique, d'abord inconsciemment et ensuite volontairement, est ce qu'elle est pour autant réduite à cela seulement? Il me paraît assez "normal" qu'un écrivain laisse transparaître dans son oeuvre son "arrière plan culturel" (disons spirituel, en l'occurrence). Et qu'ensuite il choisisse volontairement de laisser s'exprimer ce qui lui tient à coeur (sa spiritualité donc). Cependant, il écrit un conte, une " faerie", et il me semble que c'est plus large qu'un message religieux. Ne serait ce qu'à cause de la liberté qu'il a envie de donner au lecteur (cf "Faeries" justement, à moins que je n'aie rien compris) Je ne sais si des pays de culture non chrétienne ont manifesté pour Tolkien un engouement aussi grand qu'en europe, mais ça ne me semblerait pas impossible: Après tout, le Bien, le Mal, l'amitié, le courage, la compassion, ce n'est pas réservé à la Chrétienté. Est ce que l'oeuvre de Tolkien n'est pas plus ...universelle? (Et ne me dites pas que la religion chrétienne est universelle, hein, ce serait une pirouette ;o) ) Si oui, je ne vois aucun inconvénient à des lectures catholiques, au contraire, c'est enrichissant pour tout le monde. Mais il ne faut pas oublier que le lecteur athée aussi se laisse envoûter par l'enchantement, et ça me paraît (encore plus ?) important. Romaine (lectrice athée, mais ça, vous l'aurez compris...;o) ) NB: Pardon, on n'est plus du tout dans le sujet de Frodon à Orodruin, désolée... |
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julien le sage
le 23-05-2003 à 08:32 |
L'incapacité de Frodon n'est pas un réel échec pour lui il me semble qu'il ne revient pas dans la suite de ses aventures sur se fait. Ceci n'est encore moins une trahison, il a juste perdu son combat contre lui même. Parrallèlement à la bible il est vrai que certaine parabole affirme que si tu pêche du regard crêve toi un oeil (biensur j'extrapole à fond, que l'on me pardonne), l'anneau l'a trahi son doigt a été coupé... biensur cette mythologie a des aspects "catho" pas sa philosophie mais je pense qu'il ne faut y voir qu'une influence culturelle comme dans toute histoire.Qu'en est il de la race des hommes, ne croyez vous pas que si Tolkien avait voulu implicitement manifester la philosophie du christianisme, il l'aurait montré chez les homme?? |
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Sylvae
le 23-05-2003 à 08:39 |
Bonjour Julien le Sage, Bienvenue sur ce forum et je suis contente d'être la première à t'accueillir . Nous souhaitons te lire souvent, comme dit notre Estimé Webmestre ! |
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Lothiriel
le 23-05-2003 à 08:54 |
Romaine, rassure-toi, je ne pense pas que quiconque veuille "réduire" le SDA à une oeuvre spécifiquement catholique. je pense qu'un sujet comme celui évoqué ici ne pouvait que mener à une réflexion dans ce sens, la notion de "faute morale" menant "naturellement" à celle de péché. ceci dit, comme je l'ai dit plus haut, je pense qu'elle a un sens, indépendamment d'une transcendance - transcendance dont, si je ne me trompe pas, Frodo en tant que hobbit n'a qu'une conscience vague, Eru n'étant pas le Dieu chrétien dans son rapport intime et personnel avec chaque croyant (théologiens et érudits de la religion en TdM peuvent m'éclairer, siouplait). de plus, comme je l'ai déjà dit, être soi-même de conviction chrétienne, bouddhiste ou athée n'empêche pas de concevoir les conceptions personnelles que l'auteur met dans son oeuvre, comme de s'interroger, comme tu le dis, sur la réception intime que nous faisons de tel ou tel épisode, sentiment vécu par un personnage etc. D'où ma surprise régulière devant le besoin, quand les sujets évoquent ces enjeux religieux, de préciser "moi lecteur chrétien", "moi lecteur athée", cela me semble limitatif de vos propres jugements - qui pourtant attestent tout aussi régulièrement d'une réflexion nuancée et ouverte au débat. L'éclairage chrétien sur la notion de faute peut influer sur notre vision de celle (ou non) de Frodo, sans pour autant être catégoriquement réducteur, excluant toute prise de position du lecteur, quelles que soient ses propres convictions. ou alors, on renonce à penser, ce qui est caractéristique du propos sectaire. ouf, nous en sommes très loin sur JRRVF, il n'y a qu'à voir la richesse de ce sujet. |
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Sylvae
le 23-05-2003 à 09:36 |
Quelques éléments de référence, SVP : Plusieurs d’entre vous parlent de lecture «carnassière» … Je me souviens avoir lu des discussions sur cette idée dans un fuseau, mais lequel ? |
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sosryko
le 23-05-2003 à 10:53 |
>> Lothiriel : D'où ma surprise régulière devant le besoin, quand les sujets évoquent ces enjeux religieux, de préciser "moi lecteur chrétien", "moi lecteur athée", Une remarque qui fait plaisir à lire et une surprise partagée, avec un soupçon de tristesse et de lassitude. >>Sylvae : Quelques éléments de référence, SVP C'est dans le post d'Yyr du 02-05-2003 13:21 dans le fuseau Dans quelle mesure interpréter Tolkien que tu trouveras la première apparition du mot sur le forum. Sosryko |
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Finrod
le 23-05-2003 à 11:24 |
julien le sage > Bienvenue parmi nous comme te l'as déjà souhaité Sylvae :-) Lorsque tu parles de "manifester la philosophie du christianisme" en la montrant chez les hommes, j'ai un peu de mal à te suivre. Bien entendu, les hommes (ou hobbits, ou elfes) de la Terre du Milieu ne peuvent être chrétiens (les histoires qui nous sont contées sont censées se dérouler avant l'ère chrétienne de notre monde). De même, le monde secondaire (comme notre monde primaire) est peuplé de personnes loin d'être parfaites : "nombre d'habitants [sont] bons, mauvais ou les deux à la fois comme il en va d'ordinaire" (Smith of Wootton Major) sans que cela n'empêche le lecteur de pouvoir s'interroger sur le fait que Frodo peut avoir commis une faute à un moment donné (au sens chrétien) ou exprimé de la pitié pour Gollum à un autre. Celui qui lit avec un regard chrétien pourra aussi se demander quel est le regard d'Eru/Dieu vis à vis des actions des hommes. Toutefois, comme le souligne Yyr, la lecture chrétienne de l'oeuvre peut être faite seulement a posteriori (et non a priori). Tolkien n'a ainsi jamais dans le LotR manifesté explicitement la philosophie du christianisme. Et c'est bien volontaire :-) De là découle la différence entre allégorie et applicabilité. Ainsi, romaine souligne très justement que le lecteur athée, ou bouddhiste, etc. pourra bien évidemment lui aussi participer à l'Enchantement du monde secondaire, ce qui serait moins évident si l'oeuvre nécessitait un regard chrétien pour être appréciée. Toutefois, il est également vrai qu'un lecteur chrétien pourra trouver dans un conte réussi "un reflet ou un écho lointain de l'evangelium dans le monde réel" (Fäerie, p. 201), même si cela laissera probablement de marbre le lecteur athée. Il est heureux que chacun puisse lire un bon conte suivant ses propres convictions :-). Tolkien, très imprégné de la religion catholique (qui représentait sans doute pour lui bien davantage qu'une simple influence culturelle) pose pour sa part un regard chrétien sur son oeuvre comme en témoignent les Letters (applicabilité). Mais cette oeuvre n'a pas été conçue comme une allégorie ou une parabole illustrant le message chrétien. Tout dépend de la foi de chacun. Laurent |
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TB
le 23-05-2003 à 13:05 |
Re MJ du Gondor: " Le manichéisme de Tolkien a déjà maintes fois été évoqué... " En fait, je faisais plutôt allusion, non pas à un possible manichéisme de Toto, mais à celui de nombre de ses lecteurs ( dans la vision qu' ils avaient des personnages, quoi ), et, tout ersatz d' humour mis à part ( Aïe, voilà qui risque de raccourcir singulièrement mon ( trop ) long plaidoyer ! ), j' ai tenté, dans un lecture inter...Euh ( -niste, me souffle Sosryko ), interniste, donc, de justifier ma réponse à la question de Semprini: que pensais-je d' un éventuel echec de Frodo, face à l' ultime tentation ! Mais peut-être n' ai-je pas bien compris le sens de ton intervention...Et tu pourrais me la préciser ?! ( Par mail, éventuellement, pour éviter l' ennui de ceux qui t' auraient parfaitement compris ! ) Re Ylem: " ...Il est évident que de multiples lectures sont possibles et pertinentes - y compris celle qui met en évidence les défauts, les bassesses, les erreurs, pourquoi pas même le ridicule de tous les personnages. A chacun de décider ce qu'il préfère voir et partager, non ? " Houlà...Mais ne serait-ce pas un joli caillou dans mon jardin ( d' Eden ), ça ?! Loin de moi l' idée de mettre en évidence une quelconque " bassesse ", voire le ridicule de qui que ce soit, fût-il personnage de roman...Ou de forum ! Je ne faisais qu' étayer, par de simples exemples, ce qui me semblait être l' échec de Frodo, et son...Euh...Evidente inéluctabilité ! Je suis désolé que mon goût avéré pour l' abjection est, de ce fait, terni quelque peu, pour certains, l' image qu' ils avaient du pays de Oui-Oui...Euh, je voulais dire, de la TdM ! Dommage, je les aimais pourtant bien, moi, mes Sacquet/Dalton...! :[ TB
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TB
le 23-05-2003 à 13:22 |
Re Yyr: Quant à vous, n' ayez crainte, je me mets, dès toute ma honte bue, au travail sur un post qui mêlera, tout à la fois: le Mal, le Bien, la Providence, athéisme et religion, visions internistes et externistes...Le tout dans un style qui renverra Toto lui-même au rang de pauvre balbutiateur intraduisible ! C' est promis...! :) TB |
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Yyr
le 23-05-2003 à 16:06 |
Sosryko > Sur une proposition de ma part (Grand carnassier devant Eru mais néanmoins omnivore ;-)), Carnassiers (qui possède maintenant grâce à Yyr sa traduction elfique : *axondili) "se dit ici de ceux qui se livrent, parfois au-delà de toute morale faërique ;), à la dissection des contes, et font ressortir l'os du boeuf de la soupe, pour reprendre l'image employée par JRR Tolkien dans On Fairy Stories. De manière plus imagée, un carnassier aime, de temps en temps, à "ronger quelques os externistes" ... Par exemple chercher les sources hypothétique d'un texte, comme on cherche à savoir d'où viennent les pierres qui ont servi à bâtir une tour, sans se soucier de la notion d'Enchantement... enfin, c'est ce que pensent les disciples de la "morale faërique" selon Tolkien qui prone l'Enchantement par la seule Loi de la Créance Secondaire et donc impose certains interdits alimentaires ;-)) Cher Sosryko, ta manière imagée de définir un *axondil (axo q. 'os' + (n)dil q. 'qui aime (normalement associé à l'idée d'étude)') me plaît, bien plus que l'esquisse rapide de définition que j'avais proposée, trop partiale :) et non aboutie ... nous en reparlerons, et j'attendrai ton regard critique quand je rédigerai mon Shibboleth un jour :) Dans cette approche, étrange au coeur des étoilés, tu fais bien par ailleurs de dire la différence entre étudier une pierre et abattre la tour (= allégorisation) (l'ennui c'est que tout le monde se réclamera bien sûr des premiers ... rien de nouveau sous la Soleil) ...
Merci pour ton mot :) - tout à fait dans la ligne de la discussion d'Etude et Créance Secondaire - il montre que nous sommes d'accord sur la problématique, même si nous n'y apporterons pas toujours la même réponse.
Je n'ai pas le temps de me fâcher, nom d'un magicien, mais si tu ne réponds pas à mon argumentation, je saurai quel nom donner à mon ami Nain :)
Dis tout de suite que nous coupons les cheveux en quatre ! hi ! hi ! hi ! :) :) :)
Tiens bon ! Ne lâche rien mon ami ! :) :) :)
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Mj du Gondor
le 23-05-2003 à 19:56 |
TB : En dépit de ton affreux élitisme affiché (je manque peut-être d'humour) tu sais très bien que je ne suis que trop d'accord avec toi mais je te reprochais de généraliser trop facilement cette vision réductrice dont font preuve certains lecteurs de Tolkien en ne reconnaissant pas le droit à l'erreur à leurs héros favoris; elle ne pouvait en aucun cas te concerner; comme toi je le présume, ma préférence va aux héros imparfaits peut-être pour le seul plaisir d'exercer mon indulgence ou de me reconnaître dans leurs faiblesses. Et puis on ne peut mettre en évidence que ce qui existe déjà.Mais je ne voudrais pas accabler Ylem qui a vraisemblablement cédé à un moment d'agacement ! Par ailleurs je suis certaine que l'éclairage que tu nous promets me ravira, mais en me gardant bien de tout désir d'anticipation, je voudrais rendre hommage à Romaine pour la clarté de son message auquel j'adhère totalement. J'ajoute qu'il me parait illusoire de vouloir concilier l'inconciliable. A un certain point, la discussion devrait s'arrêter et notre bon sens nous dicter de mettre un terme au debat sans acrimonie ni amertume car c'est alors que nous mêlons dangereusement fiction et réalité.(ça c'est pour moi et pour la faute de Frodon ! pour le Bien, le mal la providence etc... je sais bien que nous ne cesserons jamais d'en discuter et c'est heureux !!) Mj |
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romaine
le 23-05-2003 à 20:50 |
A Lothiriel: Sur la signature, j'ai eu envie de me définir, en souriant tout de même ;o). Ce qui peut limiter mon jugement, c'est parfois une méconnaissance de la sphère religieuse, non une opposition matérialisée par une signature. Sur le fond, je me retrouve assez bien dans ton post et dans celui de Finrod. Je suis donc rassurée... A Yyr: "Dis tout de suite que nous coupons les cheveux en quatre ! hi ! hi ! hi ! :) :) :)" Alors là, tu m'as bien eue! ;o) Mais non, tu sais très bien que ce n'est pas ce que je voulais dire ;o)))) A MJ: Merci, je craignais justement de n'avoir pas été assez compréhensible :o) |
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Cynewulf
le 23-05-2003 à 23:21 |
A tous ceux qui ont accé leur réflexion sur le christianisme chez Tolkien je me permet de leur donner rendez vous sur le fuseau "Jusqu'ou interpréter Tolkien" qui sera sans doute plus approprié, il serait en effet pas mal de reprendre la discussion sur la question première, maintenant rien ne nous empeche de faire des liens entre les deux fuseaux. Au moins comme ça nous aurions toute lattitude pour discuter, et les gens qui viendront sur le fuseau ne se retrouverons pas perdu entre une dizaine de personnes s'arrachant un morceau d'os... qu'en pensez vous.... Yyr, laisse moi penser à une réflexion approfondie avant de répondre à ton argumentation, mes vacances nouvelles devraient m'en laisser le temps...allez hop jb |
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Sylvae
le 24-05-2003 à 18:08 |
Il devient bien long à charger, cet intéressant fuseau ! Je vous propose de le poursuivre dans Frodon à Orodruin (suite) |
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Yyr
le 06-07-2008 à 20:42 |
up jubilaire (des 10 ans de Jrrvf) :) |
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Section « Le Légendaire »
Fuseau « Frodon à Orodruin » | |
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