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| Atteindre la fin du fuseau | |
| Auteur | Sujet: Traduire les poèmes ? |
| Moraldandil |
Tout lecteur du SdA aura remarqué qu'un nombre non négligeable de poèmes, divers en style, en inspiration et en forme, parsèment le récit. Ils remplissent, je pense, un rôle important de contrepoint et aident à installer la Terre du Milieu dans l'esprit du lecteur, suggérant l'ancienneté et la richesse d'un monde auquel nous n'avons que très partiellement accès - l'effet de profondeur. S'il ne sont pas, à mon avis, inoubliables (quoique... j'aime assez le chant sur Beren et Luthien), ils se lisent avec plaisir... en anglais. Car pour ce qui est de la version française... Les avez-vous lus ? Je dois avouer que lorsque j'ai abordé le SdA (en français) pour la première fois, il y a une petite dizaine d'années, je les ai purement et simplement zappés. J'ai découvert le Silmarillion, les Contes et légendes inachevés, et (encore partiellement !) Home, j'ai lu et relu le SdA et le Silm en anglais aussi bien qu'en français. Et pourtant... je ne peux que dire des paraphrases de la traduction française du SdA qu'elles sont pénibles à lire. Cela tient-il au traducteur ? Peut-être en partie, à voir ses nombreuses erreurs - sujet sans fin ! Le fait, par exemple, que "when straw is gold and ear is white" dans le chant des ents et des ents-femmes soit traduit par "quand la paille sera d'or et l'AURICULE blanche", alors qu'il s'agit d'épis, est proprement inexcusable de la part d'un traducteur professionnel. Mais ces erreurs ne m'ont pas empêché de lire le récit avec plaisir. Je ne peux en dire autant des paraphrases des poèmes. Le problème principal, à mon sens, vient de ce que l'aspect poétique est perdu. D'où ma question : aurait-il mieux valu, à votre avis, donner une traduction poétique, au risque de s'éloigner quelque peu du texte original ? J'ai tendance à penser que oui. Cela ne serait d'ailleurs certainement pas allé sans difficultés, car certaines formes poétiques qu'emploie Tolkien n'existent pas dans la tradition française. Je notamment au vers allitératif utilisé à plusieurs reprises (Longue liste des Ents, Chant des tertres de Mundburg...). Je ne vois pas d'équivalent français. Bien que je sois conscient que le problème de la traduction poétique est quasi insoluble, j'aimerais avoir votre avis. |
| Denethor |
Ok. Je t'ai jamais vu ici, alors avant tout, salut et bienvenue si tu es nouveau. Moi je suis un puriste, et j'ai tendance à penser qu'il vaut mieux sacrifier l'aspect poétique pour préserver l'exactitude des traductions. Pour éviter d'induire les lecteurs en erreur, il y a déjà tellement de passages plus ou moins ambigüs... Mais je suis d'accord sur le fait que les poèmes sont incomparablement plus agréables à lire en anglais. Denethor. |
| Iarwain |
Moraldanndil: je te remercie d'avoir ouvert ce fuseau, dont le sujet me passionne au plus haut point, comme tu pourras le constater au vu de l'étendue de mon message... En effet, en tant que traducteur (encore très amateur), et amateur (ainsi qu'auteur: voir ici, si je puis me permettre cette modeste auto-référence...) de poésie, ce problème m'intéresse, au moins d'un point de vue théorique. En général, ma préférence va plutôt aux "belles infidèles", qui donnent, à partir d'un objet poétique situé dans une langue étrangère donnée, quelque chose de familier (et néanmoins poétique) aux oreilles -et donc je privilégierais les traductions des poètes par d'autres poètes, aux traductions de traducteurs professionnels (bien que l'un n'exclue pas l'autre). Quant au "medium" à utiliser, tout dépend des circonstances: Mais dans tous les cas, je crois que l'essentiel est de restituer les qualités poétiques de l'original, que ce soit en lui restant (relativement) fidèle ou en se l'appropriant, sur un plan plus personnel...
Mais si tu veux une traduction vraiment catastrophique, je crois que celle des Aventures de Tom Bombadil tient le haut du pavé: mais ici, heureusement (ou malheureusement, pour le traducteur...), la comparaison est directement possible avec le texte anglais, ce qui n'est pas le cas avec le SdA (ce qui explique aussi pourquoi, ayant abandonné la lecture de sa traduction depuis environ un an, je ne garde pas un très grand souvenir des efforts de Ledoux, surtout en ce qui concerne la poésie) Iarwain |
| Vinyamar |
Bienvenue aussi Moraldandil ! je n'ai jamais lu les poèmes en anglais, mais j'avoue que comme Dénéthor et Iarwain, je les trouve très fades et difficiles à lire en français (on a vraiemnt envie de les zapper) (par contre, Ledoux n'est pas fade pour le reste de la traduction, son vocabulaire est plutôt riche). Personnellement, je m'amuse souvent à les retraduire pendantla lecture pour voir ce que ça aurait donné en anglais. Je retrouve facilement les rimes (d'où l'intérêt d'un texte traduit fidèlement au sens), mais pas le reste du génie du poème, évidemment. Pour la question de la traduction à choisir, il me semble tout d'abord que Shakespear a été traduit en français en rime, ce qui prouve que c'est faisable tout en gardant le sens du texte... mais aussi aprce que le texte est long, et qu'on peut en comprendre plus facilement le trame malgré des changements lourds dans le sens des phrases traduites. A la limite, le changement des poèmes en rime des Hobbits à la prose des Elfes auraient aussi montré une sacrée distinction de noblesse dans le poème. Ceux qui s'attachent à la beauté d'un poème sans qu'il soit en vers atteignent quelque part déjà une profondeur qui me semble adaptée à la sensibilité elfe. |
| Moraldandil |
Je vous remercie pour vos commentaires et votre accueil. Je pensais bien recevoir des avis assez différents :-) Je ne suis pas tout à fait nouveau sur ce forum, mais c'est effectivement mon premier message à cette section. Généralement, je sévis plutôt dans les "Langues inventées"... Vinyamar : > je n'ai jamais lu les poèmes en anglais, mais j'avoue que comme Dénéthor et Iarwain, je les trouve très fades et difficiles à lire en français (on a vraiemnt envie de les zapper) (par contre, Ledoux n'est pas fade pour le reste de la traduction, son vocabulaire est plutôt riche). Malgré ses nombreux défauts, la traduction de Ledoux me semble également honorable. A mon goût, elle se lit très agréablement et ne "sent" pas la traduction, sauf justement dans les poèmes... Les poèmes en anglais, à mon avis, valent d'être lus. Mais je pense que tu n'as besoin de ce conseil ;-) Iarwain : > En général, ma préférence va plutôt aux "belles infidèles", qui donnent, à partir d'un objet poétique situé dans une langue étrangère donnée, quelque chose de familier (et néanmoins poétique) aux oreilles -et donc je privilégierais les traductions des poètes par d'autres poètes, aux traductions de traducteurs professionnels (bien que l'un n'exclue pas l'autre). C'est aussi mon cas pour ce qui est du SdA. Ce qui est acceptable dans les traductions de HoME - les annotations nécessitant une grande fidélité à l'original, au prix parfois de la qualité de la langue - l'est moins dans le SdA, qui est une oeuvre complète, achevée, et n'est pas, contrairement à HoME, destinée à des lecteurs déjà familiers de Tolkien (puisque c'est souvent la porte d'entrée en Terre du Milieu). Vinyamar (et Denethor) > Comme le dit Dénéthor, pour ce genre de poèmes, les innovations de l'auteur peuvent conduire à de vraies hérésies dans un monde aussi complexe que celui de Tolkien, et je crois donc qu'il est plus sage de suivre le sens du texte, quitte à perdre les rimes et la musicalité (pourquoi ne pas mettre le texte original en note à la fin du livre). Il y a une exception: si le traducteur connait parfaitement bien l'ensemble de l'oeuvre de Tolkien, a résolu les conflits que nous nous posons encore sur ce forum, alors il doit être capable de "refaire" les poèmes pour qu'ils soient beaux et aient un sens sauvegardé. Mais Ledoux n'avaient pas les moyens d'une telle connaisance, et il n'est sans doute pas poète. Effectivement. Je n'avais pas envisagé ce problème. Vu ainsi, Ledoux a peut-être bien fait de rester prudent. Iarwain : > En ce qui concerne les vers, à mon avis l'idéal serait d'adapter la forme originelle à quelque chose de plus familier dans la langue d'arrivée. Tolkien utiliant beaucoup de formes différentes, la difficulté varierait. Les vers iambiques (ex : tétramètres iambiques dans le Chant de Beren et Luthien) seraient probablement rendus sans trop de difficultés par nos vers syllabiques (octo- ou décasyllabes, dans ce cas précis, je pense). Il est beaucoup plus difficile de donner un équivalent au vers purement accentuel - ang. strong stress - (Chant de la Mer de Legolas) ou au vers allitératif que Tolkien a exhumé du vieil anglais (ex. Longue liste des Ents). Là, le traducteur allemand a dû être avantagé. Sans avoir lu la version allemande, je peux déjà presque entendre "Lernet jetzt die Lehre / der lebenden Wesen !". Iarwain : > Mais si tu veux une traduction vraiment catastrophique, je crois que celle des Aventures de Tom Bombadil tient le haut du pavé: mais ici, heureusement (ou malheureusement, pour le traducteur...), la comparaison est directement possible avec le texte anglais, ce qui n'est pas le cas avec le SdA (ce qui explique aussi pourquoi, ayant abandonné la lecture de sa traduction depuis environ un an, je ne garde pas un très grand souvenir des efforts de Ledoux, surtout en ce qui concerne la poésie) Je vois très bien. Dans le style Mewlips = Chats gluants ? (Mais il faut bien avouer que l'exercice est terriblement difficile.) Nai Anar caluva tielmanna ! |
| Iarwain |
Vinyamar>Pour la question de la traduction à choisir, il me semble tout d'abord que Shakespear a été traduit en français en rime, ce qui prouve que c'est faisable tout en gardant le sens du texte... mais aussi aprce que le texte est long, et qu'on peut en comprendre plus facilement le trame malgré des changements lourds dans le sens des phrases traduites. Tout à fait d'accord...
Çà, encore, je trouve que ce n'est pas mal trouvé comme adaptation d'un mot intraduisible, même si on peut évidemment discuter (comme je le fais) le choix du traducteur; pour ma part, je verrais bien "Miaulants" ou "Miauleurs"(mais ce n'est qu'une suggestion: on pourrait aussi y voir l'association de mew "mouette" et lips "lèvres"). Vinyamar>Ainsi, les chansons des Hobbits n'ont pas un sens très important, et il aurait mieux valu les traduire en conservant les rimes et la musicalité. Ce serait l'idéal, sans aucun doute...en attendant de pouvoir l'atteindre (un jour), j'ai déjà entrepris de traduire la chanson de marche de Bilbo, en décasyllabes rimés (et césurés, dans la mesure du possible), avec toute la difficulté (et le risque assumé) que cela comporte. Voilà donc le résultat (assez imparfait, je dois l'avouer...en tout cas, plutôt différent de l'original -et de la version de Ledoux, comme je viens de m'en apercevoir!) de mes cogitations de la journée, avec le texte anglais dessous pour comparaison... Toujours la route au-delà se poursuit The Road goes ever on and on
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| Vinyamar |
Salut Iarwain, Je trouvais ton effort louable, mais curieusement, je n'en étais pas satisfait. alos pour ne aps critiquer bêtement, j'offre une autre tentative. J'essaye aussi d'illustrer le fait que l'on peut sortir du texte, encore qu'ici nous y restions tous deuxc trop collés. La route toujours va cheminant |
| Moraldandil |
Voici ma contribution. J'espère que vous - Iarwain surtout - ne m'en voudrez pas trop d'avoir passablement vampirisé vos versions... De la porte où elle s'étire, Cel s'éloigne quelque peu du texte initial, évidemment. Nai Anar caluva tielmanna ! |
| Vinyamar |
ouaiiiis! pas mal celle-là En plus tu respecte le rythme à 8 pieds original. le seul truc, c'est une construction peu hobbite, car un peu trop recherchée, mais Bilbon se voulait poète apte à réciter devant les elfes après tout. Et s'éloigner du texte est justeeùnt le seul chemin vers le salut pour des taduction poétiques. Le sens n'en a guère à dire vrai, ici. J'adopte ! Iarwain, aurais-tu d'autres VO à soumettre ? |
| Moraldandil |
J’ai essayé d’adapter en décasyllabes - pas bien réguliers - le début du Chant de Beren et Lúthien. En voici les deux premières strophes, en espérant qu’elle sont vaguement acceptables.
Là vint Beren des montagnes gelées.
The leaves were long, the grass was green, There Beren came from mountains cold, |
| Yyr |
Juste un mot pour dire que c'est très beau ... donc très utile ;) Yyr |
| Vinyamar |
Moraldandil, c'est très réussi, bravo ! |
| sosryko |
Vinyamar de retour, ça fait plaisir ;-) |
| Iarwain |
Je n'ai rien à rajouter sur ce qui a déjà été dit sur les qualités de tous les poèmes (en particulier la version de Moraldandil de la chanson de Bilbo) Pour ne pas demeurer en reste, je propose une traduction en octosyllabes (donc, plus resserrée) de la dernière strophe du même poème (càd le Chant de Beren et Lúthien): Loin les emporta leur destin
Iarwain
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| Moraldandil |
Merci beaucoup. A me relire, je m’aperçois qu’un aspect de l’original n’est pas rendu : l’opposition entre les trois premiers vers de chaque demi-strophe, en rime masculine, et le dernier qui est en rime féminine. C’est très sensible à l’oreille. Peut-être pourrait-on reproduire ce contraste en opposant trois décasyllabes à un octosyllabe pour chaque demi-strophe. Mais bon... j’ai choisi de tout adapter en décasyllabes, autant continuer. L’enchantement ranima ses pieds las Il entendit souvent le bruit de pieds Il la cherchait toujours, errant bien loin Quand l’hiver fut passé, elle revint, De nouveau elle fuit, mais vif il vint
Enchantment healed his weary feet He heard there oft the flying sound Her sought her ever, wandering far When winter passed, she came again, Again she fled, but swift he came. Iarwain : > Pour ne pas demeurer en reste, je propose une traduction en octosyllabes (donc, plus resserrée) de la dernière strophe du même poème Effectivement, le style en est sensiblement plus lapidaire. J’ai personnellement choisi le décasyllabe parce que je me sentais un peu à l’étroit dans l’octosyllabe (indiscutablement plus proche du rythme original). Le français réclame souvent un peu plus de syllabes que l’anglais. Pour l’avant-dernier vers, peut-être serait-il possible de continuer d’élider le sujet : Qui, d’ailleurs, chante sans tristesse ? F. Ledoux semble incliner vers Beren et Lúthien (Et, il y a longtemps, ils disparurent / Dans la forêt, chantant sans tristesse.), mais ne serait-ce pas la forêt ? Ambiguïté voulue ? |
| Moraldandil |
> When winter passed, she came again, And her song released the sudden spring About her feet, and healed again He longed by her to dance and sing Upon the grass untroubling. Houlà... coupure intempestive ! Lire : When winter passed, she came again,
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| Moraldandil |
Terminons : Lorsque Beren regarda dans ses yeux, De leur destin le long chemin amer
As Beren looked into her eyes Long was the way that fate them bore, |
| Fangorn |
Fichtre, je suis admiratif, bravo ! :-) Fangorn, scié |
| Vinyamar |
moi aussi. c'est vraiment réussi. il est seulement dommage d'avoir recours au chevauchement (comment ça s 'apelle déjà, quand on fini un vers à la ligne qui suit). j'avoue que c'est un bémol que j'ose poster, mais je ne sais pas comment faire mieux. C'est quand même pas la même langue. |
| Iarwain |
Vinyamar >il est seulement dommage d'avoir recours au chevauchement > (comment ça s 'apelle déjà, quand on fini un vers à la ligne qui suit). Cela peut s'appeler enjambement ou rejet (s'il y a une volonté stylistique derrière: quand on veut mettre l'accent sur un mot précis, par exemple); mais la différence entre les deux termes n'est pas essentielle. En fait, je n'aurais qu'une seule réserve à faire, à peine une critique, en ce qui concerne le sens à donner au dernier vers, puisque c'est une partie (la seule, pour l'instant) que j'ai moi-même traduite; mais pour moi, il s'agit plus d'un problème d'interprétation personnelle. Iarwain |
| Moraldandil |
Merci à tous. > Fangorn, scié Comme le souligne Iarwain, le dernier vers est assez ambigu en anglais. J'ai hésité longtemps - et en fait j'hésite toujours - entre ce que j'ai proposé plus haut et : Pour ce qui est de l'enjambement, autant le dire franchement : je l'ai plus utilisé pour obtenir un vers et des rimes corrects que pour son pur effet stylistique... Ceci : Nai Anar caluva tielmanna ! |
| Cirdan |
Apres les brillantes traductions de Moraldandil et de Iarwain, je me suis laisse tenter par l'entreprise moi aussi. Me voila donc lance dans une traduction rimee en decasyllabe du poeme de Frodo en hommage a Gandalf (dans le chapitre "Le miroir de Galadriel"). L'original est en octosyllabes a rimes croisees. J'ai garde les rimes croisees, mais les differences de l'anglais et du francais etant ce qu'elles sont, j'ai du me rabattre sur le vers du Cimetierre marin (enfin... tres approximativement! j'ai essayer de garder les cesures en 4/6 ou 6/4 pour garder la musicalite, mais parfois j'ai du me rabattre sur du 5/5, ou pire du 7/3) car garder l'octosyllabe eut ete quasiment impossible dans notre langue qui ne possede pas la densite de l'anglais. Enfin, je dois malheureusement vous prevenir d'avance qu'il y a un certain nombre de libertes que vous jugerez peut-etre inadmissible, mais je tenais a poster malgre tout ma tentative pour avoir vos opinions. Voici donc ma traduction (vous devrez egalement imaginer les accents...):
Des rives de l'Ouest aux Sauvages Terres, Nains ou Hobbits, Premiers Nes ou Suivants; Une epee cruelle, une main soignante, Il tronait en seigneur de la sagesse Seul, sur le pont, il se tenait, dresse, Voici maintenant l'original:
From Wilderland to western shore, With Dwarf and Hobbit, Elves and Men, A deadly sword, a healing hand, A lord of wisdom throned he sat, He stood upon the bridge alone Bon, je voulais preciser deux ou trois details: l'original donne ici a probablement quelques fautes de ponctuation, mais je n'ai pas le SdA sur moi, seulement ma traduction, et si je me souviens du texte par coeur, j'ai plus de problemes avec pour la ponctuation. Ensuite, vous aurez peut-etre remarque qu'il faut faire une dierese sir "vieil" pour l'avant dernier vers de l'avant derniere strophe. A mon avis, loin d'etre un probleme, c'est plutot bienvenu dans la mesure ou il y a une emphase certaine de cet aspect de Gandalf dans le poeme (avec "weary pilgrim", "battered hat"). Je crois que ma derniere strophe est la plus reussie.
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| Cirdan |
" garder l'octosyllabe eut ete quasiment impossible [...]" > impossible pour moi, cela s'entend! (puisque Iarwain parvient a garder le vers octosyllabique dans la derniere strophe de Beren et Luthien). |
| Vinyamar |
Bravo Cirdan, c'est très chouette. J'ai préféré ne pas lire l'original pour l'instant. J'aime beaucoup, elle est très imagée cette chanson, si bien que je ne vois même plus où ele se trouve dans le roman (t 2 j'imagine) |
| Cirdan |
salut Vinyamar! Merci pour tes encouragements, j'etais un peu anxieux de la reaction, et il faut avouer que c'est plus agreable de savoir que cela puisse plaire! > j'aime beaucoup, elle est tres imagee cette chanson [...] Moi aussi je l'aime particulierement, et je trouve meme qu'elle a un poids presque elfique, ou tout au moins un ton solennel et pas du tout"light-hearted2 comme le sont la majeure partie des chansons hobbites(Il s'aigit quand meme d'un hommage a la mort de Gandalf dans la Moria). Cirdan
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| Cirdan |
> et pas du tout "light-hearted" (en deux mots ce n'est pas "y a d'la joie") |
| Iarwain |
Cher Cirdan, je te souhaite la bienvenue sur ce fuseau dédié à la poésie de Tolkien...que tu as si bien illustrée dans ce forum-même avec un tombeau-hommage à JRRT... Cirdan >Je crois que ma derniere strophe est la plus reussie. Effectivement, mais la première strophe n'est pas mal non plus (d'ailleurs, je crois que ce sont les deux seules qui respectent le rythme "classique" du décasyllabe). Mais tu n'as pas traduit (est-ce volontaire?) la strophe composée par Sam sur les feux d'artifice de Gandalf; je la donne donc ci-dessous, accompagnée d'une adaptation assez libre de mon cru: The finest rockets ever seen: Les plus belles fusées, encor: Iarwain PS: je constate que pour l'instant, nous nous "contentons" (moi y compris) de traduire les poèmes les plus "faciles", c'est-à-dire dont le rythme est le plus facilement adaptable en français; qu'en est-il d'autres poèmes, comme les chansons des Ents, qui ne suivent pas un schéma aussi clair? Pour ceux-ci, je verrais bien des versets à la manière de Claudel ou (mieux) de Saint-John Perse: reste à les mettre en oeuvre... |
| Moraldandil |
Hasard ou ósanwë ? Je me suis penché sur le poème de « l’Ent et l’Ent-femme » le week-end dernier... L’original est en heptamètres iambiques - donc le plus souvent 14 syllabes. Le texte est assez dense, comme vous le constaterez - peu d’articles, bon nombre de monosyllabes. De plus, je suis ici d’accord avec F. Ledoux quant à l’emploi du futur dans la VF, ce qui donne des formes verbales d’une certaine longueur. J’ai donc essayé de traduire en vers de... 20 syllabes - j’ignore si cela porte un nom (« icosasyllabe » ??) - en respectant la structure en rimes plates. Une telle longueur nécessite bien entendu trois ou quatre coupes par vers - et parfois l’on retrouve des rythmes plus courants. En fait, vingt syllabes, c’est tout de même parfois un peu long... d’où quelques ajouts, sans parler de quelques approximations. J’espère ne pas avoir fait d’erreur d’interprétation en faisant rêver de Valinor à Fangorn. L’Ent et l’Ent-femme L’ENT : Quand le Printemps dépliera les feuilles de hêtre, la sève remplissant le tronc, L’ENT-FEMME : Quand le Printemps viendra sur le clos et le champ, et qu’en herbe sera le blé, L’ENT : Quand sur le monde s’étendra l’Été, que paisibles dans un midi doré L’ENT-FEMME : Quand l’Été chauffera le fruit pendant et de son ardeur brunira la baie, L’ENT : Et quand viendra l’Hiver, l’Hiver sauvage qui abattra colline et forêt, L’ENT-FEMME : Et quand viendra l’Hiver, le dernier chant, et qu’enfin les ténèbres tomberont, TOUS DEUX : Ensemble nous prendrons la route qui mène vers l’Ouest, loin au delà des flots,
ENT : When Spring unfolds the beechen leaf, and sap is in the bough ; ENTWIFE : When spring is come to garth and field, and corn is in the blade ; ENT : When Summer lies upon the world, and in a noon of gold ENTWIFE : When Summer warms the hanging fruit and burns the berry brown ; ENT : When Winter comes, the winter wild that hill and wood shall slay ; ENTWIFE : When Winter comes, and singing ends ; when darkness falls at last, BOTH : Together we will take the road that leads into the West,
En fait, ce poème m’a semblé plus facile à rendre que le Chant de Beren et Lúthien, une fois trouvée la forme. Je pense que ce qui serait vraiment délicat, ce seraient les poèmes allitératifs comme la longue liste des créatures vivantes que récite Fangorn. Cette forme n’existe pas en français - ou alors, elle est très discrète ! Et même si nous l’avions, il y aurait neuf chance sur dix pour que les allitérations soient rendues impossibles par la traduction. Je ne vois guère d’autre issue que de choisir une forme complètement différente. Je souhaite la bienvenue à Círdan, et bravo pour sa traduction de la Lamentation pour Gandalf ! Je suis tout à fait de l’avis de Iarwain : la première strophe est bien rendue aussi. Et je ne chipoterai pas sur la diérèse, vu que l’ai aussi employée pour « Reviens donc vers moi ! » ci-dessus... Nai Anar caluva tielmanna ! |
| Caranthir |
Bravo messieurs, clap clap clap! Dites dites dites je peux essayer? Je prends ça pour un oui. J'ai commencé par un poème assez simple, le morceau de "La chute de Gil-galad" récité par Sam.
Une lance aiguë et une longue épée, Mais il y a longtemps, chevauchant il s'en alla C'est pas trop mauvais, non? Caranthir |
| Caranthir |
Siouplaît... J'essaie de traduire la Chanson de Bilbon lorsque la Communauté quitte Fondcombe mais un mot me pose problème: Gossamer Si quelqu'un sait ce que c'est... |
| Eva |
Bonjour Caranthir, gossamer signifie : fil de la Vierge / étoffe très légère / arachnéen/-éenne Bon courage pour cette traduction. Nat |
| Moraldandil |
Je me suis essayé au Chant de Durin (Livre II, chapitre 4 Un voyage dans l’obscurité) en alexandrins, pas toujours réguliers. Il y a, de nouveau, quelques petits écarts par rapport à l’original - l’alexandrin laisse un peu trop de place... Chant de Durin Le monde était jeune, les montagnes verdoyaient, Le monde était beau, les montagnes s’élevaient, Roi il était sur un grand trône ciselé Là les marteaux sur les enclumes s’abattaient, Jamais lors les gens de Durin n’étaient lassés, Le monde est gris, et les montagnes ont vieilli,
The world was young, the mountains green, The world was fair, the mountains tall, A king he was on carven throne There hammer on the anvil smote, Unwearied then were Durin’s folk ; The world is grey, the mountains old, Moraldandil |
| Laegalad |
Moi, je me suis attaqué au chant de Legolas "To the Sea". Désolée pour les puristes, je ne suis pas douée pour l'exercice de versification alexandrins, décasyllabes et Cie. Mais il rime (après quelques sueurs!);-p A la Mer, à la Mer§ Les mouettes blanches s'envolent, Le vent souffle, et la blanche écume vole. A l'Ouest, bien à l'Ouest, tombe l'orbe de la soleil enflammée. Gris navire, ô navire gris, les entends-tu m'appeller, ceux de mon peuple qui avant moi sont partis? Je vais m'en aller, je vais quitter les bois où j'ai grandi; Car nos jours déclinent et nos années vont diminuant. Je vais traverser seul le large Océan. Longues sont les vagues sur la dernière rive déferlant, Douces sont les voix de l'Ile Perdue m'appelant, En Eressëa, en Elvenhome, que ne peut trouver aucun Humain, Où les feuilles ne tombent pas: contrée des miens jusqu'au dernier lendemain! To the Sea, to the Sea! The white gulls are crying, |
| Moraldandil |
> Désolée pour les puristes, je ne suis pas douée pour l'exercice de versification alexandrins, décasyllabes et Cie. Ah, mais ça n’a rien d’obligatoire :-) Il ne s’agit que du choix d’une forme - classique en l’occurrence - parmi d’autres. Quid des modifications suivantes ? - blanche écume - > écume blanche Bonne chance ! Moraldandil |
| Laegalad |
Rhhaaa! Moraldandil, tu me désespère! Je ne suis qu'une poétesse dilettante, et ce que tu me dis est quasi du chinois... Ce que je recherche est la musicalité, soit, mais en ce qui concerne le "rythme" dont tu parles... Quésaco? Et j'arrivais toute fraîche avec une autre traduction. Bon, tant pis, je l'expose à ton jugement: voici le (court) poème de Legolas à propos du Lebennin : Silver flow the streams from Celos to Erui D’argent coulent les flots du Celos et de l’Erui Ma traduction me semble plus claire que celle de Ledoux, notamment le cinquième vers. L’idéal serait bien entendu de faire une traduction en sindarin… Hmmm ; si quelqu’un à le courage de s’y lancer : bonne chance ; entre les écueils du vocabulaire, des lénitions, des conjugaisons, plus les rimes et le nombre de pied, il faut savoir louvayer ! Et ma science du sindarin est trop mince actuellement pour que je m’y lance. sans compter apparement ma science de la poésie ;-) |
| Moraldandil |
Holà ! Ces mots sont bien forts 8-) Il ne s’agit en aucun cas de juger ! Mes propos ne se voulaient que de simples suggestions, et basées qui plus est sur mes propres goûts en la matière. Maintenant, de gustibus non est disputandum ! En ce qui concerne la « blanche écume », il se peut que j’aie plus ou moins consciemment voulu prévenir un possible anglicisme dans la syntaxe. Un peu stupide ! :-) Evidemment, une inversion poétique est possible. Pour « humain »... j’ai plus de mal à m’expliquer. Disons que je le ressens comme moins naturel qu’ « homme ». Mes excuses, mesdames, mais Tolkien emploie « man » qui est tout aussi ambigu... Quant au rythme, je suis un peu surpris. Parlant toi-même de « musicalité », n’en aurais-tu pas au moins une perception intuitive ? Peut-on concevoir la musique et la poésie sans rythme ? Ce genre de notion est probablement plus facile à ressentir qu’à définir. Peut-être pourrait-on évoquer le retour plus ou moins régulier d’un élément - prosodique, en ce qui concerne la poésie - permettant de structurer et de caractériser le poème. C’est sur lui que se fonde le mètre, qui peut être entre autres marqué par un décompte régulier des syllabes (cas des mètres de la poésie française classique, du haiku ou du tanka en poésie japonaise...), par un motif accentuel particulier (en poésie anglaise ou allemande), par une alternance dans la longueur des syllabes (mètres grecs classiques et latins)... Chez Tolkien, nous avons plusieurs genres de mètres. Fréquemment, ce sont des vers iambiques, ex. dans le Chant de Durin (Song of Durin): The world was young, the mountains green, Strong-stress verse : ex. Chant de la Mer de Legolas (Legolas’ Song of the Sea) To the Sea, to the Sea ! The white gulls are crying, Vers allitératif : ex. Longue Liste des Ents (Long List of the Ents) Learn now the lore of the Living Creatures ! Il y a aussi le rapport des mètres entre eux si le poème en comporte plusieurs : voir par exemple le Lai de Nimrodel chanté par Legolas à l’entrée de la Lothlórien. An Elven-maid there was of old On peut y ajouter d’autres phénomènes de répétition : au niveau des sons, les rimes, les allitérations (retour de consonne), cf. plus haut, les assonances (retour de voyelle) : Tout m’afflige et me nuit et conspire à me nuire. Au niveau de l’expression, divers procédés de style comme l’anaphore (répétition d’une expression en tête de plusieurs membres de phrase) Rome, l’unique objet de mon ressentiment ! ou le parallélisme (un premier sujet est repris et traité d’une manière différente) : Le miel grésille aux hans de lame, Au niveau de la structure du poème, la présence d’un refrain, les reprises, le nombre, la forme et le rapport des strophes. La présence d’une structure rythmique permet aussi, par contraste, des effets de rupture ou de décalage lorsque l’on brise la régularité du motif. Par exemple l’enjambement : Il est de forts parfums pour qui toute matière Est-ce toujours du chinois ? ;-) Moraldandil |
| Vinyamar |
Merci Moraldandil pour ce cours de poésie, c'est génial; Au fait, je suis d'accord avec toi sur la "blanche écume" et le "Humain" |
| Laegalad |
C’est bon, c’est bon, je m’incline ! ;-p J’espère, Moraldandil, que tu n’avais pas pris mal mes mots ? En tout cas, merci pour ton condensé de cours : du chinois on passe au sindarin, que je comprends beaucoup mieux ;-p Non, je plaisante, j’ai presque tout compris. I agree avec le mot « homme » qui, il est vrai, respecte mieux la volonté de flou de l’auteur que « humain » (est-ce à dire que les femmes auraient encore accès à Eldamar ? J’aimerais assez ;-)) ; mais je garde ma « blanche écume » ! ;-) Quant à Elvenhome, ne pas le traduire était un choix délibéré de ma part, à tort ou à raison. Je trouvais le terme anglais plus digeste que « demeure des Elfes » ; mais si je devais le traduire, je le ferais ainsi. Passons à la musique : c’est un domaine où je m’y connais, j’en fait depuis 12 ans. Non, la question que je me posais, c’est s’il y avait une certaine façon de trouver les accents en poésie (anglaise), par un calcul quelconque (babeurk ! mélanger calculs scientifiques et poésie ! ). Apparemment non, si j’ai bien compris, et ça me rassure. Ce que j’avais trouvé correspond à ce que tu as écrit ; j’ai essayé de mieux les mettre en relief ci-dessous, mais rien à faire, je n’arrive pas à faire ressortir les effets de répétitions et de rappel. A la Mer, à la Mer ! Les mouettes blanches s’envolent, Le vent souffle, et la blanche écume vole. A l’Ouest, loin dans l’Ouest, tombe l’orbe de la soleil enflammée. Gris navire, ô navire gris, les entend-tu m’appeler, Ceux de mon peuple qui avant moi sont partis ? Je vais m’en aller, et quitter les bois où j’ai grandi Car nos jours sans cesse déclinent et nos années vont diminuant. Je traverserai, naviguant en solitaire, le large Océan. Longues sont les vagues qui sur la dernière rive déferlent, Douces sont les voix qui de l’Ile perdue m’appellent, En Eressëa, en la Demeure des Elfes, qu’aucun Homme ne peut trouver, Où les feuilles ne tombent pas ; à jamais des miens la contrée ! Evidement, je n’y ai plus grand mérite : j’ai intégré sans vergogne tes suggestions. Mais comme j’ai plus de mal, à force de le relire, à juger mon rythme, je ne sais pas si ce second essai est meilleur. J’ai essayé d’augmenter les sons coulants (mes cours de français remontant à 3 ans, j’ai oublié comment on appelle les sons en « l »), les sons nasalisés ( ? ) ( « on », « en », « m » et « n »), ce qui malheureusement ne remplace pas la prolifération des « -ying » de l’original. Et je viens de me rendre compte que j’ai traduit « Last Isle » par « l’Ile perdue »… Je garde l’erreur, elle me plait 8-) … Bon, aller, je m’attaque au Lai de Nimrodel ; promis, j’essayerai de ne pas trop le massacrer ! Suilannad ! Laegalad |
| Moraldandil |
En ce qui concerne la place des accents en anglais, il existe certains repères, mais le sujet est un peu trop complexe pour être traité ici. Le plus simple est encore de dire les poèmes en s’assurant de la correction de sa prononciation. Le dictionnaire peut être utile. Pour le rythme, c’est sensiblement plus régulier. C’est vrai qu’il peut être difficile de juger par soi-même. En ce qui me concerne, je me lis plusieurs versions à voix haute avec soin et me fie à mon oreille. Il peut aussi être utile de laisser reposer tout cela un moment avant d’y revenir jeter un œil neuf. > Evidement, je n’y ai plus grand mérite : j’ai intégré sans vergogne tes suggestions. Mais il n’y a pas de gêne à avoir, la critique constructive est précisément faite pour cela ! Questions de phonétique : [l] est une consonne latérale. On regroupe traditionnellement [l] et [r] sous le nom de liquides, peut-être s’agit-il de ce que tu évoques. [m] et [n] sont des consonne nasales, et les voyelles écrites an, on, en, etc. sont dites nasales ou nasalisées. Quant à l’ « Île perdue », est-ce vraiment une erreur ? L’édition anglaise que j’utilise (Harper Collins paperback 1999, 3 volumes) dit bien « Lost Isle », et vu que F. Ledoux a traduit par « Île Perdue », je pense que c’est la version correcte. Y aurait-il une coquille quelque part ? Pas impossible avec deux épithètes qui allitèrent comme « Last Shore » et « Lost Isle ». Naturellement, bien des régularités, dont cette allitération, sont hélas perdues en français. On touche là aux limites de la traduction... Moraldandil |
| Laegalad |
Merci Moraldandil! Tu m'as rendu le sourire après une journée où tout est allé de travers ;-) Le terme que je cherchais était bien "liquide". Et pour le "Last" ou "Lost", j'ai un doute maintenant... Peut-être que j'ai mal lu, finalement. Je suis l'heureuse détentrice de l'édition Harper et Collins et un volume (avec l'image de Gandalf dessus, une de mes préférée ;-p), qui doit dater aussi de 1999... Donc c'est moi qui ai du faire une erreur. J'ai un problème avec le Lai de Nimrodel: vers la fin, quand Amroth se jette du bateau, Tolkien utilise le mot "mew" ("As a mew..." et je ne me souviens plus de la suite); Ledoux le traduit par "mouette", mon dico me dit "miaulement" et moi "goéland" m'arrangerait... Alors lequel des 3? Bon, entre mouette et goéland, la nuance est faible... Je crois que je choisirais le deuxième. Là, je parle pour ne rien dire. Il y aura sans doute beaucoup de corrections à faire ;-), mais je me fais plaisir! Bon, encore merci pour ta patience, à ma prochaine viste je mettrai surement mon travail dans le post. Suilanad! Laegalad |
| Laegalad |
Tadam!!! Enexclusivité sur ce forum... Non, là je m'y crois trop... Voici le Lai de Nimrodel: An Elven-maid there was of old, A star was bound upon her brows Her hair was long, her limbs were white, Beside the falls of Nimrodel, Where now she wanders, none can tell, The elven-ship in haven grey A wind by night in Northen lands When dawn came dim the land was lost, Amroth beheld the fading shore From helm the sea they saw him leap, The wind was in his flowing hair, But from the West has come no word, Evidemment , j’ai du prendre quelques libertés par rapport au texte ; outre la forme (alexandrins au lieu d’octosyllabes, alternés avec des vers de 11 pieds au lieu de 6… Je ne suis pas arrivée à garder la forme originale), j’ai parfois ajouté des mots et changés certains sens (par exemple, strophe 1 vers 4, j’ai remplacé chaussures par atours, beaucoup plus poétique à mon sens et en plus qui rimait). Bon, cela dit, toute suggestion pour remplacer « Le vent soufflait dans ses beaux longs cheveux flottants », accumulation indigeste d’adjectifs (plus un angliscisme ;-D), sera la bienvenue. Mais mon cerveau étant pressé comme un citron, il n’a pas pu produire mieux. J’espère ne pas m’être trompée en comptant les pieds sur mes doigts (je n’ai jamais été douée en maths, alors si en plus on rajoute du contorsionisme ;-p). Suilannad |
| Moraldandil |
Hum... sans vouloir déprimer personne, il me semble qu’il y a là une faille : les vers choisis sont trop longs par rapport à l’original, qui alterne vers de 6 et 8 syllabes. C’est vrai que se donner plus de place rend la traduction plus confortable, on se sent moins enserré... mais la poésie s’en trouve diluée. Et il arrive un moment, comme ici, où l’on se voit obligé de « remplir », d’empâter en ajoutant des adjectifs notamment... ce qui aboutit parfois à bousculer assez sérieusement le sens du texte. Par ex. l. 10 : « de deuil », qui change vraiment trop la tonalité du début du poème, l. 15 « ombelles », qui me rendent perplexe à cet endroit, bien que j’aie quelque idée de leur provenance ;-) etc. De plus, le sujet lui même n’est pas sans danger ici ; on ne peut pas dire qu’il soit franchement original... il est même passablement rebattu ! Ce qui expose à tomber dans le cliché : « sa belle Nimrodel » par exemple me semble un peu doucereux. Je voudrais aussi signaler ceci : > strophe 1 vers 4, j’ai remplacé chaussures par atours, beaucoup plus poétique à mon sens et en plus qui rimait Là, je dis : attention ! « Shoes » est un terme on ne peut plus banal, et la traduction doit respecter le niveau de langue, sans « embellir », sans quoi l’effet d’origine risque de ne pas être restitué. A la limite, on aboutit à une « belle infidèle » à la mode du XVIIIe siècle, soigneusement expurgée de tout ce qui pourrait choquer les convenances du temps... Maintenant, je soupçonne que c’est plutôt la rime qui posait problème :-) C’est vrai que les rimes sont un pousse-au-crime ; il est tentant de tordre le sens pour en dénicher. D’un autre côté, les supprimer enlève un des caractères essentiels de la musique et de la structure du poème, notamment ici où les rimes croisées viennent renforcer l’effet de l’hétérométrie. Voici un essai dans une alternance de déca- et d’octosyllabes. Si j’ai moins eu besoin d’« étoffer », je ne me fais pas trop d’illusions : il y reste encore bien des défauts que je viens précisément de citer. Voyez plus haut pour le texte original.
Une vierge des Elfes fut jadis Une étoile était posée sur son front, Ses cheveux étaient longs et ses bras blancs, Au bord des chutes de la Nimrodel, Nul ne sait où elle erre maintenant La nef elfique dans le havre gris Des terres du Nord, une nuit, un vent Au point du jour la terre était perdue, Amroth vit que la rive s’effaçait Il fut jadis un roi Elfe régnant De la barre on le vit sauter dans l’onde Ses cheveux dénoués flottaient au vent, Mais de l’Ouest nul message n’est venu,
Moraldandil |
| Laegalad |
ET bam, ramasse tes billes Laegalad ;-) Heureusement qu'il en faut beaucoup pour me déprimer ! Tu sais que tu serais presque désespérant des fois? Parce qu'évidemment, ta trado est bien plus coulante et aisée que la mienne... J'aimerais bien trouver de quoi remplacer tes "cruelle" et "seule", mais j'ai bien peur que tu me surpasse de trop loin là-dessus... Bon, la prochaine fois, je m'attaque à un truc tout simple, s'il y en a un. Ah, l'"ombelle" ! J'ai du chercher où tu voulais en venir: je l'avais trouvée toute seule! Ton travail est remarquable (je suis sincère : tu voudrais pas traduire TOUS les poèmes ? ;-D), mais je n'ai pas un tempérament de plagieuse ;-). Et, heu... "cascatelle"? Pas courant comme mot... Je ne remets pas en cause ta maîtrise du français poétique ;o), mais c'est la première fois que je le lis. Suilad Laegalad PS : toute ironie transparaissant n'est centrée que sur moi-même... En relisant certains mes post, je me rends compte qu'ils sont parfois un peu mordants, ce qui n'est pas l'objectif... Autrement dit, je ne fais pas de méchante critique ;-, |
| Vinyamar |
Bon, ben il ne reste plus qu'à imprimer ça dans la même police que le lvire, à couper et à coller à la place de l'original... :-) |
| Moraldandil |
Merci... Et... mes excuses aussi ; mon objectif n’est certes pas de décourager quiconque. Je me suis attelé ce lai à plusieurs reprises avant d’obtenir ce résultat. Pour ce qui est des ombelles... mes excuses encore ! Mais j’étais assez surpris de voir survenir ce mot à cet endroit, alors que rien ne le suggère dans l’original. Comme le lai emploie la même comparaison avec la feuille de tilleul que le chant de Beren et Lúthien, j’ai tout bêtement fait un lien... qui n’avait pas lieu d’être. Reprendre un mot me semble d’ailleurs difficilement constituer un plagiat :-) > Et, heu... "cascatelle"? Pas courant comme mot... Ça n’est pas faux, et c’est une critique pertinente : le style de l’original est plus simple. Et je viens précisément de souligner le danger de l’ « embellissement » stylistique... « Nef » est également critiquable à ce titre... mais je confesse que sa brièveté est bien commode. Je ne pense pas dénaturer par là le ton général, mais c’est vrai que ce point pourrait être amélioré. > En relisant certains mes post, je me rends compte qu'ils sont parfois un peu mordants, ce qui n'est pas l'objectif. Je n’y avais rien vu de spécialement mordant. La critique peut aussi être une contribution constructive - comme ici - et il serait alors malvenu de s’en formaliser. Moraldandil |
| Laegalad |
Moraldandil> J'accepte tes excuses ;-) et je t'explique mon ombelle : en fait, ce qui m'y a fait penser, ce sont les branches des mellyrn, mais à la réflexion, je ne sais plus si les mellyrn se trouvaient en Lorien au temps de Nimrodel. En tout cas, Nimrodel avait pour habitude de demeurer dans les arbres... Fait un amalgame de tout ça, et tu obtiens l'expliquation des ombelles : Nimrodel chantant du haut d'un talan au bord des cascades. Bon, en ce moment, je lève un peu le pied (partielles se rapprochant à une vitesse dangereuse et encore des dizaines de pages de vocabulaire à apprendre...), mais je ferrais peut-être un essai avec le poème de Bilbo (quand il part de la Comté, repris plus tard par Frodo)... enfin, c'est pour dans quelques temps encore. Vinyamar> Toi aussi? Mais moi j'ai du y imprimer en tout petit tout petit, parce qu'en français, je n'ai encore que l'édition Pocket avec les affreuses illustrations de Siudmak ;o) |
| Iarwain |
Moraldandil> je n'aurais qu'une petite correction à faire (sinon, je trouve le reste admirablement rendu), sur l'adverbe "traître[use]ment", à la 9e strophe; mais se pose, alors, un problème de métrique...que je proposerais volontiers de résoudre ainsi (en empruntant un petit quelque chose à Laegalad:-)): "[...]
Iarwain |
| Finrod |
Bravo pour vos belles traductions Moraldandil et Laegalad. Bien sûr, on peut toujours discuter du rendu de tel ou tel passage particulier du poème mais traduire en français un poème anglais n'est pas une mince affaire. Pour ma part, je m'en sentirais bien incapable. Bon courage Iarwain :-) Finrod. |
| Moraldandil |
Iarwain > je n'aurais qu'une petite correction à faire (sinon, je trouve le reste admirablement rendu), sur l'adverbe "traître[use]ment", à la 9e strophe Touché ! :-D C’est ma foi vrai, « traîtrement » ne se trouve pas dans le dictionnaire. Voilà donc pourquoi le correcteur d’orthographe le refusait obstinément! Ayant consulté mon Petit Robert, j’ai bel et bien constaté que cet adverbe n’y figurait pas… mais "traîtreusement" s’y trouve, formé sur l’adjectif "traîtreux" aujourd’hui sorti de l’usage général (que je me souviens avoir découvert de façon significative chez Robert Merle). Bref, j’avais procédé sans le savoir à une régularisation analogique. Pas d’une faute contre le système de la langue donc, mais contre une norme, et la question est de savoir si cet écart est acceptable. De mon point de vue, visiblement oui, puisque j’ai produit cette forme spontanément. A vrai dire, la proscrire m’apparaît en valeur absolue comme un purisme mal placé. Néanmoins, je conçois qu’elle puisse gêner et, plus important, troubler par là l’effet produit. Ta solution est donc largement préférable, d'autant plus que "perfide" correspond de plus près à "faithless" que "traître". Je te souhaite bon courage pour ta traduction du lai de Leithian… pour une entreprise de cette ampleur, je crois que tu en auras besoin, ne serait-ce que pour le premier chant ! Moraldandil
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| Iarwain |
Moraldandil> Bref, j’avais procédé sans le savoir à une régularisation analogique Sauf que (si je me souviens bien de mes leçons de grammaire de collège...:-)) en règle générale* les adverbes en -ment se forment d'après le féminin de l'adjectif correspondant: ainsi, bonnement, grandement... et donc **traîtressement, ce qui me semble tout de même moins heureux que traîtreusement, et même que **traîtrement:-) *mais peut-être y a-t-il des exceptions? Iarwain PS: Merci pour vos encouragements:-) tant pis j'ai osé:-) |
| Moraldandil |
Mmm... pour rester chez Robert Merle, il y a bien bougre/bougrement.... :-) Peut-être en est-il ainsi parce que nous avons affaire à des noms employés comme adjectifs ? A creuser (mais pas ici). Le fait que le mot me soit venu spontanément montre néanmoins qu’il y a certainement eu alignement inconscient sur un modèle de dérivation plus courant. De toute façon, le problème ne se pose plus si l’on adopte ta solution, à mon avis nettement meilleure. Moraldandil |
| Laegalad |
Merci pour vos compliments ;-), ça fait plaisir ! Je me suis risquée à « The road goes ever on… »… J’ose ou j’ose pas ? Allez, j’ose ; c’est la meilleure des versions (j’entend : la meilleure que j’ai pu faire, évidemment ;-D) The road goes ever on and on Down from the door where it began. Now far ahead the road has gone, And I must follow, if I can, Pursuing it with eager feet, Until it joins some larger way Where many paths and errands meet. And wither then? I cannot say. La route va toujours avant Moi qui croyais que c’était simple ! L’octosyllabe ne m’est pas naturel, sans compter ses fichues césures à 4 temps (je ne sais pas si le terme existe en poésie ou si je viens de l’inventer ;o)). Du coup, la trado perd beaucoup de sens et de rythme (je crois que je ne la réciterai qu’en anglais ! ). Un des trucs qui m’embête, c’est que ce poème à une variante (vers 5 : Frodo emploi « weary » au lieu de « eager », ce qui a donné lieu à quelques interprétations), qu’il ne me sera pas possible de traduire (à cause de la rime et du nombre de pied). En attendant mieux... Bon courage à Iarwain ! J'ignore totalement le degré de difficulté de ton entreprise, pour la simple raison que je n'ai pas HoME III; apparement, il est élevé ;-) * dites, vous me félicitez ? J’ai eu mon permis B hier, du 1er coup (sachant que j’ai horreur de conduire, c’est un exploit ;-)). |
| Laegalad |
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