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Section « Le Légendaire » Fuseau « psychocritique » |
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psychocritique
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Szpako le 17-04-2002 à 03:29 |
Salut, J'essaie encore une fois de poster ce message, qui devrait se trouver dans celui de Frodon & Sam, mais j'ai des probblèmes ???
Tolkien a perdu jeune ses parents. J’ai vécu une telle expérience et je sais qu’on ne sort pas indemne de ce genre de situation. Dans une perspective freudienne, les traumatismes psychologiques de l’enfance, les relations premières de l’enfant et de ses parents sont des facteurs essentiels dans la formation de la personnalité. Cette souffrance, certains l’exprimeront par des névroses ; à mon avis Tolkien a extériorisé sa souffrance, de manière positive, grâce à la création, d’une certaine manière il y trouva là son ‘salut psychique’ (salut au sens d’équilibre). Et cette souffrance est à la base de son humanisme et je crois c’est cela qui m’a d’abord séduit dans le légendaire. Ainsi Barthes écrit : « Bachelard a montré que l’imagination poétique consistait, non à former des images, mais bien au contraire à les déformer ; et en psychologie, qui est le domaine privilégié des explications analogiques … on sait maintenant que les phénomènes de dénégation sont au moins aussi importants que les phénomènes de conformité : un désir, une passion, une frustation peuvent très bien produire des représentations précisément contraires ;…une œuvre peut être le fantasme même qui compese la vie négative … l’imitation [pris dans un sens très large] suit des voies retorses ; qu’on la définisse en termes hégéliens ou psychanalytiques ou existentiels, une dialectique puissante distord sans cesse le modèle de l’œuvre, le soumet à des forces de fascination, de compensation, …(p.249, Essais Critiques, 1964). Il me semble que Tolkien s’est comparé à Beren, tout en reconnaissant que ce dernier était son contraire, plus grand, plus beau, plus courageux et aussi son couple à celui de Beren/Luthien (cf.L.p420, 1972). Mais je dirais plutôt que le couple fictif (suivant la logique barthésienne) représente le couple idéal, l’antithèse du sien, peut-être un échec dans la réalité (le summun de la notion de couple représenté d’ailleurs dans celui de Tom Bombadil et Baie d’Or). Bon je sens que l’on va crier au scandale, mais Les Lettres et la Biographie de Tolkien restent, il ne faut pas se leurrer, des morceaux choisis, autorisés à la publication. De même, la représentation de l’amitié de Frodo et de Sam, n’est-ce-pas une façon d’extérioriser un sentiment de culpabilité ; la première guerre mondiale lui a pris 2 amis très chers, mais lui, Tolkien, tombé « heureusement » malade, fut épargné ; Sam, par contre restera jusqu’à la fin avec Frodo et celui-ci ira jusqu’au bout de ses forces, tout en reconnaissant son incapacité ; pas un ne faillira.
En conclusion, l’œuvre de Tolkien rapporte autant les traces de conflits personnels que les plus lointaines angoisses de l’humanité au cours de son histoire. A+ Cathy, bien dans ses baskets ;-)) |
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Szpako
le 17-04-2002 à 03:46 |
En fait c'est mon lien qui pose problème ? Donc Silmo, je te donne l'adresse, qui ne doit plus marcher ? ou c'est moi pas au point ??? pour des études psychanalytiques : http://www.ma.man.ac.uk/~jchuhta/bookn.html Vinymar > La psychanalyse, ce n'est pas que sexuel ou scatologique, c'est plutôt faire en sorte qu'un individu n'est plus son passé, mais il a un passé, mais j'avoue sans une pratique active :-))..... Amitiés |
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Silmo
le 17-04-2002 à 14:02 |
Pour ceux qui veulent s'y retrouver, ces deux messages de Cathy sont une suite au fuseau suivant: Sam_et_Frodon |
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Szpako
le 18-04-2002 à 03:20 |
Pfffff... Quel fouillis ! Et de ma faute :-(( Bon, les titres des bouquins, Silmo, puisque ma page "merdouille" : 1. Tolkien's World de R. Helms,1974, (pas terrible selon le lecteur) En gros les essais freudiens ne sont pas appréciés ? Pourquoi ?? Cathy |
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Silmo
le 18-04-2002 à 10:15 |
Merci CAthy Visiblement que des trucs à dégoter en bibliothèque.... J'essaierai de les trouver pour y jeter un oeil merci encore |
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Cirdan
le 18-04-2002 à 18:48 |
Sans rejeter la psychanalyse en tant que medecine, je la nie entierement comme "outil a une critique litteraire". La psychocritique tres certainement specule avec une forte probabilite d'erreur, et lorsqu'on s'accorde pour dire qu'elle a touche un point veridique, elle appauvrie generalement le sujet qu'elle s'est donne d'etudier. Il me semble qu'un certain Gandalf, au Troisieme Age de notre monde dit bien que celui qui cherche a briser une fleur pour la comprendre a perdu les sentiers de la raison... Sans vouloir t'offenser, Cathy, je te vois dangereusement approcher avec ta tondeuse a gazon sur le jardin anglais du vieux Professeur... Je ne te suis pas dans l'eventuelle "culpabilite" de Tolkien pour expliquer la relation Sam/Frodo. Ce que je noterai plutot, c'est combien la culpabilite du lecteur est plus en jeu qu'autre chose. Je crois que c'est TB qui, dans l'autre fuseau, s'avouait gene par la soumission de Sam a Frodo. Je crois que c'est dans Tolkien and the Critics (Cathy, tu me reprends si je me trompe) qu'il y a cet article "No sex, please - We are hobbits"? Il y a longtemps que je l'ai lu et ca ne me laisse pas un souvenir imperissable, ni sur le plan litteraire, ni sur la pertinence du propos. >En gros les essais freudiens ne sont pas apprecies? Pourquoi? Chacun a sans doute ses raisons particulieres, la mienne comme je le dit plus haut est liee au fait que je ne considere pas interessant (mais ce n'est qu'un critere personnel; je n'empeche personne de trouver une legitimite a ce type d'etude) de savoir si tel ou tel attitude reflete telle ou telle angoisse de l'auteur. Et puis, comme le souligne JRRT lui-meme dans les Letters, le fait que Beethoven soit violent avec ses neveux n'apprend pas grand chose sur son genie. De la meme facon, ce n'est pas en remarquant que Tolkien s'est idealise dans le personnage de Beren qu'on va mieux comprendre ce qui fait la force de la legende de Tinuviel. En fait les rapports qui lient une oeuvre a l'inconscient de son auteur sont a prendre avec un maximum de precautions, car malgre Freud, l'etude de ce domaine est encore toute jeune - en quelques sortes, on tente d'etudier la face engloutie d'un Iceberg avec un masque et un tuba. Peut-etre meme en est-on encore a un stade trompeur, comme l'epoque de la conceptions des humeurs en medecine. Car finalement, prenons l'interpretation des symboles - il y a de nombreux exemples d'erreurs sur le sens d'un terme qui aboutissent a des theories pipees (j'ai le souvenir d'une biographie psychanalityque d'Edgar Poe qui est maintenant bien sujet a controverse). Je ne vais pas nier tout interet a cette etude (comme je l'ai fait au debut par pure provocation :-)), mais je la rapprocherais d'une de mes lubies que d'aucuns ne prennent pas au serieux autour de moi: la science des courses. Je me suis assez penche sur les courses de chevaux depuis plusieurs annees pour savoir qu'il s'agit d'une science, mais d'une science inexacte, faite de suppositions de theories toujours renouvelees qui font que certaines personnes la rapproche du hasard. C'est faux. Anar kaluva tyelyanna Namarie
PS: Je me pose une question assez stupide. Pardonne-la moi mais ca m'echappe... Durant toute ma scolarite post-bac, je me suis rendu compte que, majoritairement, les filles sont beaucoup plus porte que les garcons sur l'interpretation psychanalityque des texte. Ca veut dire quoi, docteur Cathy? on fuit la realite, nous autres males "faux forts", "vrais faibles"?? :-)) :-))) |
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Cirdan
le 18-04-2002 à 18:53 |
"beaucoup plus porteES que les garcons sur l'interpretation psychanalYTIQUE des texteS. GRRR... |
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Ithil
le 18-04-2002 à 21:03 |
Suilad ! Ben dis donc vous m'impressionnez. J'avoue que j'ai beaucoup aimé ces messages car j'aimerai étudier la psychologie et d'ailleurs je pense que Szpako (ça se prononce comment ?) à raison, il est possible et même sûr que l'inconscient de Tolkien ai joué un rôle dans ses écrits, car selon Freud (cours de Philo d'il y a deux semaines) toutes nos actions son dû en partie à notre inconscient donc notre refoulement de certains événements, pour en revenir au sujet de départ dons Tolkien à pus projeter sur le papier en monde utopique ou toutes les relations seraient idéales. Mais je ne pense pas qu'on puisse faire une critique d'un livre d'après une pseudo psychanalyse de son auteur. Je pense que le livre y perdrait de son âme. Non? Bon ben c'est tout je suis pas aussi cultivé que vous. Namarié Ithilxxx |
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Beruthiel
le 18-04-2002 à 21:22 |
>les filles sont beaucoup plus portees que les garcons sur >l'interpretation psychanalytique des textes. Ce n’est pas mon cas ! ! En fait je suis très sceptique vis à vis de la psychanalyse en général. Ce n’est certainement pas une science puisque les psychanalystes ne peuvent pas mettre à l’épreuve leurs assertions (ce n’est pas un hasard s’il y a autant de chapelles dans ce milieu, comment se mettre d’accord quand on ne peut pas tester ses hypothèses ? ). Je ne dit pas que tout est faux là-dedans, mais à mon avis il y a quand même pas mal d’élucubrations… |
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Alfonso
le 18-04-2002 à 21:46 |
Tout de même, que "Tonton Sigmund" (comme les profs aiment dire) soit parvenu à guérir une personne atteinte de névroses en une seule séance et cela plusieurs fois, ne peux quand même pas nous laisser scepique à ce point. :^} |
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Alfonso
le 18-04-2002 à 21:48 |
sceptique |
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Silmo
le 19-04-2002 à 11:10 |
"Et qui brise quelque chose pour découvrir ce que c'est a quitté la voie de la sagesse" (Gandalf racontant sa rencontre avec Saroumane au Conseil d'Elrond). Merci Cirdan pour la clarté et la pondération de ton message. Je trouve tes propos convaincants même si tes images sont parfois un peu "excessives" (l'exploration de l'iceberg avec un masque et un tuba, c'est drôle mais un peu too much - je m'arrêterai donc à penser que c'est drôle... :-) |
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RR
le 19-04-2002 à 18:57 |
Cirdan: >>> "Et issue de cette culture ou "tous les hommes naissent et demeurent libres et egaux"," Hmmm... Légère différence, n'est-ce pas Maître Falathrim ? |
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Cirdan
le 19-04-2002 à 19:34 |
bon, la ... c'est vrai je n'ai rien a dire. Je me suis emporte, et je me plante moi-meme en mentant par omission sans m'en rendre compte (ce qui n'est pas glorieux, loin s'en faut), mais bon j'espere que tu comprends ce que je veux dire. Je persiste a penser qu'on nous bourre le crane avec une hypocrite cecite sociale. Moi, je n'hesite pas a reconnaitre quand je suis inferieur a quelqu'un que j'admire sur un plan ou un autre. On devalue la notion de Maitre dans notre societe, or c'est a mes yeux, une notion benefique, car d'avoir un guide, que l'on suit et sert (quitte a s'opposer a lui et le combattre s'il se fourvoie ensuite - ce qu'approuve Tolkien comme je l'ai deja dit), est quelquechose de sain et a une grande valeur initiatique. On peut remarquer que Sam, meme s'il reste lui-meme, evolue par certains cotes au contact de Frodo. Certain considereront sans doute que c'est le destin qui pousse Sam a ne pas tuer Gollum sur Mount Doom, mais l'on peux parfaitement concevoir qu'il s'agisse de la trace d'un debut apprentissage de la pitie. Malgre tout, je vois combien les propos que tu as releve sont maladroits (et tendancieux, mais ce n'etait meme pas mon intention)et je m'en excuse. Aussi, je m'arrete la pour ne pas faire deraper le sujet. Cirdan, levant un verre de Chateau-Pelargir 59 a la sante de RR |
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Alfonso
le 20-04-2002 à 12:05 |
quand on pense, que certains ont pour "maître" David Beckam |
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Szpako
le 20-04-2002 à 04:00 |
Cirdan, les pelouses ont parfois besoin d’être tondues, ça repousse plus vigoureux ;-)) Tes comparaisons le sont aussi, vigoureuses :o) >Je crois que c'est dans Tolkien and the Critics (Cathy, tu me reprends si je me trompe) qu'il y a cet article "No sex, please - We are hobbits"? Il y a longtemps que je l'ai lu et ca ne me laisse pas un souvenir imperissable, ni sur le plan litteraire, ni sur la pertinence du propos. < Je me demandais bien où pouvait se trouver cet article (que j’avais lu dans Pearce) ; je dirais plutôt qu’il relève plus de la déformation (obsession) professionnelle ;-)) On a tendance sur le forum pour interpréter les personnages à recourir à l’analyse psychologique (Tolkien le premier dans les Lettres), « humaniste » ( cad selon une perspective anthropocentrique, loin de moi la Renaissance ;-)), on les juge, on prétend même faire leur procès ;-) Mais cela a-t-il du sens, appliqué à des êtres de papier, à ces « vivants sans entrailles » comme le dit si poétiquement Valéry ? ? Il me semble donc que d’aborder les caractères des personnages par une analyse psychanalytique (intelligente et nuancée bien évidemment), y lire les obsessions d’un auteur, voire celles du lecteur (comme tu le dis justement) n’est pas plus deplacé ;-)) Psychologie ou psychologie des profondeurs, that is the question . Hemm, aussi je crois que l’analyse psychanalytique relève plus d’une approche interne et la psychocritique d’une approche externe dans l’étude d’une œuvre ? Je n’ai jamais dit qu’il fallait réduire l’œuvre de Tolkien à cette seule lecture (j’ai parlé de traces). C’est une lecture parmi d’autres et cela prouve la richesse d’une œuvre littéraire. La pyschanalyse de l’art n’expliquera que ce qui en lui n’est pas artistique, donc l’inessentiel, car on peut psychanalyser une œuvre médiocre comme un chef-d’œuvre et c’est précisément cette différence caractéristique entre la médiocrité et le génie qu’aucune psychanalyse ne pourra mettre en lumière (mais je crois que là nous sommes d’accord ;-)) Freud réduisait l’œuvre d’art (si mes souvenirs sont bons) à la sublimation d’instincts refoulés … Une œuvre intelligente « Roman des origines et origines du roman » de Marthe Robert, qui pour analyser le roman part d’un texte de Freud, « Le roman familial des névrosés » … ça existe ;-)) >Je me pose une question assez stupide. Pardonne-la moi mais ca m'echappe... Durant toute ma scolarite post-bac, je me suis rendu compte que, majoritairement, les filles sont beaucoup plus porte que les garcons sur l'interpretation psychanalityque des texte. Ca veut dire quoi, docteur Cathy? on fuit la realite, nous autres males "faux forts", "vrais faibles"?? :-)) :-))) < Lol Cathy alias Chpako PS « une œuvre peut être le fantasme même qui compense la vie négative » Barthes Cathy têtue
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Szpako
le 21-04-2002 à 04:23 |
Cirdan >>> On devalue la notion de Maitre dans notre societe,
Tolkien avait 24 ans en1916. Gilson (22 ans) et Smith (21 ans) furent tués. Comme je l’ai déjà dit, Tolkien échappa au carnage grâce à la « fièvre des tranchées ». Fièvre réelle, mais aussi symptomatique d’une peur dans la mesure où à chaque rétablissement, il rechutait inexorablement au moment de reprendre du service. A ce propos Edith lui écrit « I should think you ought never to feel tired again, for the amount of Bed you have had since you came back from France nearly two years ago is enormous » (p.106). Le processus inconscient est le suivant : le soldat a peur et a honte d’avoir peur. Il refoule sa peur, mais inconsciemment lui cède. Sa pseudo-fièvre (bien réelle) est l’équivalent inconscient d’une mutilation volontaire, susceptible de le soustraire au danger. Si je dis cela, ce n’est nullement dans l’optique de Chaumeix qui soutient « Satan fait aujourd’hui de la psychanalyse, il a imaginé ce moyen de nous convier allégrement à contempler nos bas-fonds et à excuser nos fautes par le déterminisme de nos tendances inconnues », mais bien plutôt dans celle de Jung qui affirme qu’ « une diminution de l’hypocrisie et un accroissement de la connaissance de soi-même ne peuvent avoir que de bons résultats, notamment sur le plan de la tolérance, car on n’est que trop disposé à reporter sur autrui le tort et la violence que l’on fait à sa propre nature ». Smith (grand amateur de poésie), avant de mourir, avait écrit une lettre à Tolkien dont les derniers mots : « May God bless you, my dear John Ronald, and may you say the things I have tried to say long after I am not there to say them, if such be my lot » (p.94). Et comme le dit Carpenter dans sa biographie ces paroles incitèrent Tolkien à commencer son Légendaire qui depuis qqtemps le préoccupait et ainsi sa Mythologie commença à prendre forme dans divers lits d’hôpitaux. Je sens une situation psychologique pour Tolkien pas facile à maîtriser (et je lui rends grâce de par sa grande sensibilité d’avoir agi ainsi) ; sur quatre hobbits, deux ont continué « courageusement » leur voyage ‘au bout de la nuit’ et un les a abandonnés, lâchement physiquement certes mais non spirituellement, car toute sa vie, il s’est acquitté d’une mission poétique qu’un jeune homme de 21 ans lui demanda d’accomplir. Voilà ce que je voulais dire par cristallisation d’un sentiment de culpabilité dans la relation Sam/Frodo.
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Lothiriel
le 21-04-2002 à 15:03 |
je devrai trainer plus souvent dans Le légendaire, moi ... Je trouve tout ceci plutôt intéressant. Sans être du tout une maniaque de l'interprétation psychologique et/ou psychanalytique des oeuvres d'art, je pense quand même que c'est un angle d'approche qui a ses mérites. je n'ai lu que récemment la biographie de Tolkien, et il y a un certain nombre d'éléments qui sautent aux yeux - non pas pour une explication globalisante et exhaustive, mais comme pièces d'un puzzle. cela n'enlève de toutes manières rien à la qualité de l'oeuvre! |
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Vinyamar
le 24-04-2002 à 19:10 |
ici aussi, il y a beaucoup à dire. Mais je voudrais simplement faire remarquer que la psychanalyse qui prétend étudier un auteur à trvers son oeuvre oublie un détail: ses sources d'inspirations. Un auteur peut très bien raconter une histoire dans laquelle il ne transpose rien de lui-même, mais ressort les milieux qui l'ont influencés, ou bien raconte l'histoire d'un ami. Le psychanalyste a alors non seulement besoin de connaître l'oeuvre, mais les relations sociales de l'auteurs, ses sources, les influences de son enfance, etc... J'écris un livre, et si on le psychanalisait, on y trouverait nombre de choses que je n'ai jamais porté en moi, mais qui proviennent de mes propres sources d'inspiration (absence de mère chez le héros, présence cachée d'un père au poid ombrageux -> oedipe ? non, non. les cités d'or)(attachement particulier aux racines des arbres -> chaisplusquoi d'important en psycho, non,non, influences extérieures (Miyazaki ?) etc... Oui, j'ai été mordu par plusieurs psy. Le dernier en date est une de ces bonne femme en relation humaines qui sous prétexte de quelques diplomes de psychologie prétendent pouvoir lire à travers vous : "pourquoi êtes vous autiste, Xavier, livrez moi ce que vous avez sur le coeur", parce que je ne rentrais pas dans le formatage des têtes de commerce: "c'est moi le meilleur !" et qu'un garçon qui cesse de paraître, et qui n'entre pas dans le "Struggle for life", ça inquiète dans ce milieu. Elle n'aura jamais deviné que j'avais trouvé une autre vocation, plus riche, malgré les indices que je lui laissait. La psychanalyse pour les grands malades, ok ! Mais pour prétendre interpréter l'Homme malgré lui, non ! Xavier |
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Cirdan
le 25-04-2002 à 15:04 |
Sans aller jusqu'a lui "denier tout autorite", comme le fait Vinyamar, je pense qu'il est anormal que la psychanalyse jouisse d'une espece de permission de ne pas etre mise en doute dans certain milieux dit intellectuels (litteraires, en particulier). J'abhore les methodes qui font cuire des oeuvres sur un grill de lecture prealable. C'est une sale manie qui a fleurit au XXieme siecle: lecture psychanalyste, lecture marxiste, lecture feministe, etc... Je ne m'oppose aucunement a l'interet de se poser des questions renvoyant a ces problemes dans une oeuvre mais il faut maintenir une certaine souplesse, comme le souligne Vinyamar, un doute permanent dans le traitement de l'analyse en gardant a l'esprit qu'une fiction ne peut pas etre consideree comme une confession, meme si elle en prend parfois l'apparence. Recentrons sur Tolkien. Cathy> "Psychologie et psychologie des profondeurs, that is the question". Dans le cardre curatif, certains considerent que la psychanalyse permet une etude d'un malaise "a la racine" tandis que la psychologie serait une coupe d'un probleme qui repousse plus tard sous une autre forme. Est-ce ce que tu sous-entends?
ps: Le grand ecrivain americain James Baldwin ecrivait dans "La prochaine fois, le feu" quelquechose de particulierement interessant a propos des materialistes occidentaux qui se moquaient des africains consultant les griots: pourquoi devrais-je cesser de voir le griot au nom de la sainte raison si c'est pour le remplacer par un psy?. :-)) |
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Szpako
le 27-04-2002 à 02:58 |
Cirdan >>>> De mon point de vue, s’il y a une vérité à trouver dans l’œuvre de Tolkien Une vérité ? ? ? Je dirais plutôt à la manière de Barthes « Une œuvre est « éternelle », non parce qu’elle impose un sens unique à des hommes différents, mais parce qu’elle suggère des sens différents à un homme unique, qui parle toujours la même langue symbolique à travers des temps multiples : l’œuvre propose, l’homme dispose » (Critique et vérité). L’œuvre excède l’intention ou les intentions de son auteur (dixit Tolkien). Elle est ouverte (comme dirait Eco). Au sens originel (à propos du SdA, Tolkien écrit dans l’avant-propos de 1966 : « La motivation première a été le désir d’un conteur de s’essayer à une très longue histoire, qui retiendrait l’attention des lecteurs, les amuserait, les ravirait et, par moments, peut-être les exciterait ou les émouvrait profondément ») se superposent, s’ajoutent des sens ultérieurs qui dépendent des lecteurs et de leurs outils.
Je dirais plutôt que cette situation psychologique et aussi événementielle a été le coup de pouce et la problématique du SdA n’est-elle pas la Mort ? ? ?
Je te trouve drôlement sélectif dans tes choix ;-) Je complète : lecture existentialiste, lecture universitaire (recherche des sources par ex, mais celle-là a toujours existé, la tradition quoi et ici sur le forum on l’aime bien ;-)), lecture psychocritique et un dérivé lecture thématique, lecture structuraliste, lecture phénoménologique, lecture génétique, lecture poétique et blablabla ;-)) Pour finir une boutade de Barthes : « Tout écrivain dira donc : fou ne puis, sain ne daigne, névrosé je suis » (Le plaisir du texte, p.13) Cathy exaspérante :o)
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Cirdan
le 29-04-2002 à 16:53 |
Salut Cathy! Revoila le casse-pieds! Non, non, non, je ne suis pas fache du tout! Et que Tolkien soit un pietre soldat ne m'importe aucunement... Je suis de ton avis encore lorsque tu ecris qu'etre eleve par un tuteur ne remplace pas une famille, mais on se doit cependant, malgre nos convictions de rappeler que Tolkien dit du pretre qui l'eleva qu'il fut "a father to me, more than most real fathers" (cf. une lettre n43). Et puis finalement tu as raison, et c'est sans doute a cause de vieux a priori que je ne regarde pas assez l'oeuvre Tolkienienne a la lumiere de Barthes. Pourtant, c'est vrai qu'il y a bcp de choses interessantes. On se rend compte dans les letters de la conscience de Tolkien que l'oeuvre est independante de son auteur. Son indifference pour le culte du Grand Auteur (idee sans doute encore plus ancree dans la litterature anglaise que la notre - il existe la-bas tout un code critique pour definir les "canonical works"), que note aussi Tom Shippey, me parait avoir une parente indeniable avec une certaine approche de la litterature developpee par Barthes dans des textes comme "La mort de l'auteur" ou "la lecon". C'est bien a cela que je faisait (en partie) allusion avec l'idee de "souplesse" dans l'interpretation: ce que demande Barthes n'est-il pas de rendre le texte au texte? A mon avis la critique s'appuyant sur la vie de l'auteur est ne va pas dans ce sens mais continue a etre plus anthropocentrique que litteraire. Rappelons ce qu'ecrit Tolkien dans sa lettre a Milton Waldman: "As I say, the legendary Silmarillion is peculiar, and differ from similar things that I know in not being anthropocentric." Sans doute m'opposera-t-on le SdA au Silmarillion, mais malgre les grandes differences des deux oeuvres, il me semble qu'une certaine vision de la faerie persiste, rebelle a se plier entierement a la lumiere (ou plutot "a l'obscurite") de l'homme. Mais, je me dois d'avouer qu'a l'origine, c'est une raison beaucoup plus basse qu'une simple mefiance (partielle) vis-a-vis de la psychocritique qui me fait tenter (en vain, tes posts sont meilleurs)
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Szpako
le 30-04-2002 à 01:59 |
Cirdan >>> Je t'ai lu là rapidement, mais j'ai moi aussi des torts et dès que possible je poste . A+ Cathy |
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Vinyamar
le 01-05-2002 à 08:46 |
Salut Cathy, je ne suis pas du tout choquée que Tolkien n'est pas été un bon soldat. Pour moi Tolkein est un écrivain, pas un guerrier. Mais j'aime bien l'humour de son épouse qui lui reproche son manque de bravoure :-) Je repasserai aussi poster un message plus réfléchi, mais je voulais dire que je rejoins Cirdan et son explication sur les briseurs de rêve, et je le remercie aussi, il est le premier à m'expliquer enfin "l'applicabilité", dont on parle si souvent ici. Je ne sais pas ce qui a vaincu Cirdan (explique moi, je veux pas mourir dans mon ignorance), mais je ne vois toujorus pas ce qui légitime une lecture de l'oeuvre par la psychanalyse: pourquoi cela est-il intéressant, qu'est ce que cela apporte et permet de découvrir, en quoi est-ce seulement faisable, quels sont les outils pratiques utilisés, ... ?
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Szpako
le 02-05-2002 à 03:41 |
Salut Cirdan et Vinyamar, Cirdan, en relisant ce fuzeau, je me demande si mon humanisme et ton anti-humanisme ne se rejoignent pas d’une certaine façon. Je suis en train de réfléchir sur la pbm de Tolkien, auteur « raciste », et j’essaie de démontrer que l’Humanisme de Tolkien est assez proche de la redéfinition que fait Lévi- Strauss (encore un maniaque des structures comme Barthes) de ce mot :« humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même ». Il définit l’anthropologie comme « tentative pour étendre l’humanisme à la mesure de l’humanité », en l’élargissant notamment aux cultures sans écriture ; il soutient que l’essence même de la Culture est de donner lieu à une pluralité de cultures ; et que « la civilisation implique la coexistence de cultures offrant entre elles le maximun de diversité, et consiste en cette coexistence [la TdM et ses habitants illustrent cette notion parfaitement]. La civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition, à l’écelle mondiale, de cultures préservant chacune son originalité ». Pas de culture « supérieure », bien qu’il soit vrai que certaines sociétés sont allées plus loin dans un domaine que dans un autre ... Bon, y a encore rien de bien littéraire dans tout cela, il s’agit simplement d’une interprétation vue sous une autre angle. Je suis complètement hors-sujet, mais comme tu soulèves le problème ? ? ? Sinon, encore qq vérifications et lectures comparées, et je psychoposte, Vinyamar, mais tout cela relève d'une critique herméneutique, cad d'une lecture d'interprétation selon diff outils utilsés ... Cathy
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Stephane
le 23-05-2002 à 11:28 |
Je suis un peu dépassé par les événements dans cette série de message. Tout se que je puis faire pour y contribuer est de vous donner une référence de bouquin à lire en relation directe avec l'expérience militaire de Tolkien durant la première guerre mondiale : Il s'agit d'Anatomie de la bataille de John Keegan (paru en poche chez pocket). La dernière partie de son livre est consacrée à la bataille de la Somme. Il y décrit le calvaire des jeunes soldats britanniques mais également le processus exceptionnel qui a conduit des anglais de toutes origines à s'enrôler pour aller combattre en France avec une ferveur quasi-irrationnelle. Il explique comment les sentiments de camaraderie ont contribué à la mise en place spontanée d'une armée britannique inexpérimentée mais nombreuse. Il est amusant d'y retrouver des références aux relations fraternel entre soldats qui constituèrent la base des relations amicales de Tolkien. Un ouvrage qui pourra judicieusement être complété par la vision du film " The Trench " dont j'ai oublier le nom du réalisateur également britannique. C'était juste une référence pour ceux qui voudraient compléter leur impressions sur la vie qu'a du être celle de Tolkien ainsi que l'ambiance qui régnait en Angleterre à cette époque. STéphane |
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NIKITA
le 25-05-2002 à 18:47 |
Je viens mêler mon grain de sel à la conversation qui prend des proportions dépassant largement l’étude de l’œuvre de Tolkien : la légitimité de la psychocritique. J’ai lu et apprécié les arguments des uns des autres et tout cela me conforte dans mon opinion première : la psychocritique me paraît toujours aussi illusoire et vaine. Je m’explique. Je rejoins l’avis de Cirdan quand il dénonce ces véritables « kits » de lecture parmi lesquels on peut ranger la psychocritique. Plus je lis ce genre d’études, plus je me dis qu’au fond elles n’éclairent pas l’œuvre qu’elle se proposent d’étudier mais qu’elles l’utilisent pour s’auto-justifier. En lisant l’étude de Loki sur The hobbit, je n’ai personnellement pas découvert un nouveau sens caché à ce « conte de fée ». Par contre j’ai été le témoin d’associations plus ou moins arbitraires entre l’évolution du héros Bilbo et l’évolution psychologique de l’enfant selon Freud : cela m’a rappelé une certaine UV dispensée par des profs de psycho à l’université aux futurs enseignants! Tout cela est bien intéressant quand on se propose de travailler en interaction avec des enfants ou des adolescents mais qu’est-ce que ça va bien faire avec l’étude littéraire d’une œuvre ? La conclusion de ce même article apporte de lui-même la réponse : on voit Bettleheim se servir du Hobbit comme il le ferait de n’importe quel conte pour apporter un palliatif aux angoisses enfantines ! Et les adultes dans tout ça ? S’est-il posé la question ? Voilà ce que je trouve dangereux : « instrumentaliser » une œuvre pour lui faire dire sa propre vérité (celle du critique) ! Deuxième idée qui rejoint un peu plus le sujet de ce fuseau : l’intérêt de « psychanalyser » Tolkien pour justifier ou comprendre son œuvre. Là je me range à l’avis de Vinyamar qui souligne combien le processus de création est complexe et combien il est difficile d’y décerner ce qui relève du vécu de l’auteur ou d’autres sources d’inspiration. Les associations que nous pouvons faire entre la vie de Tolkien et celle de ces personnages restent selon moi tout à fait subjectives et je me hasarderai peu sur ce terrain-là. Je préfère chercher du côté des sources littéraires ou du contexte sociologique : là au moins on peut s’appuyer sur des faits ! Certes on va m’opposer toutes les citations de Tolkien parlant de ces motivations ou de ses rapports avec sa création. Personnellement je prends tout cela avec des pincettes : qui peut prétendre connaître un homme à travers ce qu’il dit ou ce qu’il fait ? L’être humain est infiniment plus secret que cela… Freud a peut-être mis en évidence que le langage (à travers le lapsus, par exemple) ou les actes (manqués) pouvaient nous trahir mais il néglige tout ce qui relève du travestissement et du « brouillage » de piste. Un artiste se dévoile tout autant qu’il se cache dans une œuvre et démêler le vrai du faux me paraît une aventure très périlleuse et dénuée de toute objectivité ! Voilà ! mon point de vue peut paraître un peu tranché, je vais tâcher de le nuancer. Connaître quelques fondamentaux sur la psychologie me semble indispensable quand on veut chercher à comprendre l’homme mais cette vision a ses limites et ces limites sont vite franchies lorsqu’elle s’applique à la littérature : ce n’est tout simplement pas sa vocation. |
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Cirdan
le 26-05-2002 à 15:45 |
Rappelons aussi un fameux travail de Freud sur Leonard de Vinci dont les consequences furent plus que troublees par l'interpretation symbolique d'un vautour qui n'en etait pas un... |
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Fangorn
le 26-05-2002 à 16:36 |
Voici une belle série de messages !! J'aimerais réagir dans la continuité de ce qu'a dit Cathy. Je crois tout d'abord qu'il ne faut pas raisonner de façon "binaire" : ce n'est pas parce qu'un auteur n'a pas voulu explicitement dire telle ou telle chose que l'on n'a pas le droit — ou qu'il serait inutile — de l'interpréter de cette façon. L'herméneutique a pour principe de déployer les sens d'une œuvre, même s'ils n'étaient pas intentionnels à l'origine. C'est le propre des grands textes d'avoir su trouver des résonances au sein des époques et des cultures différentes. Nikita, je suis franchement d'accord avec toi (et c'est peu de le dire...;-)) pour considérer que la psychanalyse n'a pas le dernier mot en littérature. Toutefois je ne soutiens pas, à l'inverse, la thèse selon laquelle la psychanalyse n'aurait strictement aucune légitimité. Quant à la démarche, je ne lis pas une œuvre uniquement pour savoir ce que pensait l'auteur, mais pour essayer de mettre en relief les sens qu'elle recèle. Il me semble que les grandes œuvres se caractérisent par une surabondance de sens, qui échappent à leur auteur. Réciproquement, un texte qui n'a qu'un seul sens me paraîtra pauvre et plat.
Plus je lis ce genre d’études, plus je me dis qu’au fond elles n’éclairent pas l’œuvre qu’elle se proposent d’étudier mais qu’elles l’utilisent pour s’auto-justifier. cela m’a rappelé une certaine UV dispensée par des profs de psycho à l’université aux futurs enseignants! Tout cela est bien intéressant quand on se propose de travailler en interaction avec des enfants ou des adolescents mais qu’est-ce que ça va bien faire avec l’étude littéraire d’une œuvre ? La conclusion de ce même article apporte de lui-même la réponse : on voit Bettleheim se servir du Hobbit comme il le ferait de n’importe quel conte pour apporter un palliatif aux angoisses enfantines ! Et les adultes dans tout ça ? S’est-il posé la question ? Voilà ce que je trouve dangereux : « instrumentaliser » une œuvre pour lui faire dire sa propre vérité (celle du critique) ! Deuxième idée qui rejoint un peu plus le sujet de ce fuseau : l’intérêt de « psychanalyser » Tolkien pour justifier ou comprendre son œuvre. Là je me range à l’avis de Vinyamar qui souligne combien le processus de création est complexe et combien il est difficile d’y décerner ce qui relève du vécu de l’auteur ou d’autres sources d’inspiration. Je préfère chercher du côté des sources littéraires ou du contexte sociologique : là au moins on peut s’appuyer sur des faits ! Certes on va m’opposer toutes les citations de Tolkien parlant de ces motivations ou de ses rapports avec sa création. qui peut prétendre connaître un homme à travers ce qu’il dit ou ce qu’il fait ? L’être humain est infiniment plus secret que cela… Freud a peut-être mis en évidence que le langage (à travers le lapsus, par exemple) ou les actes (manqués) pouvaient nous trahir mais il néglige tout ce qui relève du travestissement et du « brouillage » de piste. Un artiste se dévoile tout autant qu’il se cache dans une œuvre et démêler le vrai du faux me paraît une aventure très périlleuse et dénuée de toute objectivité ! Voilà ! mon point de vue peut paraître un peu tranché, je vais tâcher de le nuancer. Connaître quelques fondamentaux sur la psychologie me semble indispensable quand on veut chercher à comprendre l’homme mais cette vision a ses limites et ces limites sont vite franchies lorsqu’elle s’applique à la littérature : ce n’est tout simplement pas sa vocation.
Sébastien, qui n'a pas pu s'empêcher d'ajouter son grain de poivre ;-) |
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NIKITA
le 26-05-2002 à 18:16 |
Cher Fangorn, Je me dois de réagir à ton message qui passe au crible le mien, mais après tout, c’est le jeu de ce forum et je m’attendais à ce genre de réaction… Je voudrais juste revenir sur certains détails car je crains de m’être fait mal comprendre. Certes on va m’opposer toutes les citations de Tolkien parlant de ces motivations ou de ses rapports avec sa création. Tu es donc favorable à l'idée qu'une œuvre dépasse les intentions explicites de son auteur :-) Tout à fait ! Je ne l’ai peut-être pas exprimé dans mon message mais je ne suis absolument pas totalitaire en matière d’interprétation, simplement je suis plus ou moins convaincue par telle ou telle approche. Je ne suis pas adepte de la psychocritique mais cela n’engage que moi, nous sommes en démocratie et je suis plus que favorable au débat d’idées, sinon je ne serais pas sur ce forum ! C'est pourquoi la littérature ne prétend pas à une objectivité de type scientifique. Je me suis mal exprimée quand j’ai opposé la « subjectivité » d’une interprétation psychanalytique à l’ «objectivité » des autres démarches. Il est évident que dans la littérature n’est pas une science mais si chacun procédait à une interprétation purement subjective des textes sans souci d’argumenter ou de trouver des terrains d’entente, il ne pourrait y avoir d’échanges et la littérature ne pourrait s’enseigner !!! Par objectivité, j’entends une interprétation réellement argumentée. La conclusion de ce même article apporte de lui-même la réponse : on voit Bettleheim se servir du Hobbit comme il le ferait de n’importe quel conte pour apporter un palliatif aux angoisses enfantines ! Ce que je voulais dire en fait, c’était que la lecture de cet article me donnait le sentiment d’assister à un cours de psycho étayé par des exemples pris au hasard dans The Hobbit. Les interprétation étaient à mon goût trop peu argumentées et l’on aurait pu dire la même chose à propos des personnages ou des épisodes d’un autre conte. L’originalité de Tolkien s’en trouve alors diminuée, me semble-t-il… Et les adultes dans tout ça ? Je reproche précisément à Bettleheim de n’envisager la lecture de ce conte que dans la perspective de l’éducation de jeunes enfants. Je pense qu’on peut lire un conte, que l’on soit adulte ou enfant, sans y trouver obligatoirement un palliatif à nos angoisses : je suis pour une pluralité des lectures !!! Freud a peut-être mis en évidence que le langage (à travers le lapsus, par exemple) ou les actes (manqués) pouvaient nous trahir mais il néglige tout ce qui relève du travestissement et du « brouillage » de piste. Quand je parle de « brouillage » de piste, je veux parler d’une démarche volontaire, contrairement au lapsus ou à l’acte manqué qui sont inconscients donc indépendants de notre volonté ! Ce serait assez amusant d’écrire dans la perspective de faire « tourner en rond » certains adeptes de la psychocritique, tu ne trouves pas ? En résumé, nous sommes assez d’accord sur le fond du problème. Je te remercie néanmoins pour toutes ces remarques qui m’ont amenée à préciser ma pensée et à mesurer certains de mes propos. |
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Fangorn
le 26-05-2002 à 18:50 |
Merci pour ces éclaircissements, je te comprends mieux en effet :-) Et tu as bien raison d'insister sur l'état d'esprit de ce forum qui me semble faire preuve de cette ouverture à une diversité d'interprétations à condition qu'elles soient argumentées :-) Sébastien |
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Vinyamar
le 26-05-2002 à 20:02 |
Salut Fangorn. Désolé, mais tu ne m'as pas encore convaincu. Je suis d'accord pour admettre qu'après tout, on a bien le droit de faire une 'psychocritique' (ça existe vraiment ce mot ?), mais il faudrait éviter l'écueil classique hyper orgeilleux de la psycho qui consiste à dire: c'est LA vérité de l'oeuvre. J'aime assez ton discours sur la stratégie imunisante, on m'en avait justement parlé (sans ce terme compliqué), et j'approuve. Mais il est amusant parfois de l'utiliser contre l'interpréteur lui-même (tu interprête l'oeuvre de telle façon, mais c'est parce que toi-même y glisse tes propres refoulements, tu accuses l'auteur de telle pensée, parce que toi-même ne peux penser autrement, tu dis qu'il transmet telle partie de son inconscient, parce que c'est la partie qui TE préoccupes, etc..) Là, je n'ai pas de talent, mais bien fait, on peut en arriver à contrer le psychocritique avec ses propres arguments. La psychanalyse n'a donc encore aucune légitimité à traduire une oeuvre, du moins pas plus que ma petite soeur de me donner sa vision de la lecture (aucune légitimité d'autorité, dirons-nous). Sauf que ma petite soeur m'offre sa vision personnelle, celle d'une lectrice, à laquelle s'adressait l'auteur (et donc cela intéresse l'auteur et le reste de la communauté des lecteurs), tandis que la psychanalyse offre une vision qui, si elle n'est pas personnelle (alors, cf. cas 1), se veut objective (c'est à dire ?), inhumaine, instrumentale.. je ne sais quel terme employer : elle provient de ce qui n'est pas humain. Aucun sentiment de lecteur, même pas une machine pour donner des chiffres, mais un décorticage fait par un aveugle (puisqu'il s'affranchir de son statut de lecteur), ou plutôt une analyse faite par un fantôme, auquel l'oeuvre n'était pas adressée, et dont les résultats invérifiables et immatériels ne peuvent pas toucher la communauté des lecteurs, pas plus que l'auteur. Je suis d'accord pour dire que les oeuvres (grandes ou petites) possèdent plusieurs sens qui échappent à leurs auteurs qui, du moins, n'ont pas conscience de ce qu'ils mettent dans l'oeuvre. Par contre, en retour d'analyse, il me semble qu'ils sont encore capable de dire si telle sens est possiblement de lui, ou si tel autre est une pure immagination, l'auteur se jugeant incapable de penser une chose pareille. Je crois qu'il en est capable. Fangorn:La psychanalyse — même si elle est loin d'être la seule à pouvoir le faire — mettrait au jour un sens qui aurait pu m'échapper jusqu'ici. Ou peut-être t'offrira-t-elle un sens de son propre cru, sur lequel tu méditeras en vain. Je suis persuadé qu'avec une bonne analyse, je peux te faire dire ABSOLUMENT (Absolument !) tout ce que je veux dans une oeuvre. Je le constate régulièrement. Je peux te prendre la dernière chanson de Goldman (faut quand même de la matière, je ne parle pas des '2 be 3'), les trois petits cochons, Akira et le SdA, et je peux leur faire dire strictement la même chose, et puis ensuite je peux leur faire dire le contraire (moins facile).
Ah bon ? Pourquoi. Que va apporter la lecture psychanalitique si elle ne sait même pas ce qui provient de l'auteur qu'elle étudie, de tel autre auteur sur lequel il a pompé consciemment, de telle image qui l'a inspiré malgré lui, de telle autre qu'il a voulu intégré mais qui n'est pas de lui, des conseils et suggestions des amis, etc...) Ca fait beaucoup de monde à psychanalyser ! Tu es donc favorable à l'idée qu'une œuvre dépasse les intentions explicites de son auteur :-) A partir du moment où la littérature est une production humaine, elle entre dans le champ de la psychologie en général. Humm. J'en doutais, à présent je doute de mon doute ! Pour psychanaliser un homme, tous ses moyens de communication (création) sont donc bons à être étudiés (coup de l'iceberg, hein ?). ok. Un livre peut être un outil pour psychanalyser son auteur. Peut ! ais-je dit. Nous savons un peu en quoi Tolkien apparaît dans ses romans, et cela peut servir pour faire SA psychanalyse. ok toujours! Mais par pitié, une fois ce travail fait, en quoi peut-on psychanaliser l'oeuvre elle-même ? Nikita:Connaître quelques fondamentaux sur la psychologie me semble indispensable quand on veut chercher à comprendre l’homme mais cette vision a ses limites Presque d'accord, sauf sur le 'indispensable'. Connaître l'homme demande bien d'autres talents que celui de savoir interpréter le non-dit. La philosophie mène bien plus loin (sans parler de la foi). La psychologie peut-être utile, mais ce n'est pas la seule façon de connaître l'homme, il y en a de plus optimistes. (ça c'était pour pas que Fangorn croit que je lui en voulait personnellement :-) Comme Nikita, j'ai le sentiment que sur le fond on est pas trop loin les uns des autres) Vinyamaar*
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Fangorn
le 26-05-2002 à 22:23 |
Afin d'éviter des excroissances effrayantes pour ceux qui tombent par hasard sur cette page, je ne vais pas inutilement répéter mes propos précédents ;-) Je me contente de revenir sur les véritables points de désaccord (à une ou deux exceptions près ;-). Vinyamar : Ca tourne donc à vide. Peut être que la psycho a quelque chose à dire, mais elle n'a pas encore les moyens de découvrir quoi ! Vinyamar : La psychanalyse n'a donc encore aucune légitimité à traduire une oeuvre, du moins pas plus que ma petite soeur de me donner sa vision de la lecture Vinyamar : (aucune légitimité d'autorité, dirons-nous). Vinyamar : Sauf que ma petite soeur m'offre sa vision personnelle, celle d'une lectrice Vinyamar : à laquelle s'adressait l'auteur Vinyamar : tandis que la psychanalyse offre une vision qui, si elle n'est pas personnelle (alors, cf. cas 1), se veut objective (c'est à dire ?), inhumaine, instrumentale.. je ne sais quel terme employer : elle provient de ce qui n'est pas humain. Vinyamar : Aucun sentiment de lecteur, même pas une machine pour donner des chiffres, Vinyamar : mais un décorticage fait par un aveugle (puisqu'il s'affranchir de son statut de lecteur), ou plutôt une analyse faite par un fantôme, Vinyamar : Comment se fait-il qu'une psychocritique soit toujours faite après la mort de l'auteur ? Vinyamar : Il n'y a que les journalistes pour s'essayer à balancer des arguments psycho face à des types venus vendre leur bouquin, Vinyamar : J'écris un livre, je serais surpris (encore une fois) de ce qu'une psychocritique en dira, Vinyamar : pourquoi ne pas faire une psychocritique pendant la création d'une oeuvre ? Vinyamar : Par contre, en retour d'analyse, il me semble qu'ils sont encore capable de dire si telle sens est possiblement de lui, ou si tel autre est une pure immagination, l'auteur se jugeant incapable de penser une chose pareille. Vinyamar : Ou peut-être t'offrira-t-elle un sens de son propre cru, sur lequel tu méditeras en vain Vinyamar : Je suis persuadé qu'avec une bonne analyse, je peux te faire dire ABSOLUMENT (Absolument !) tout ce que je veux dans une oeuvre. Vinyamar : (faut quand même de la matière, je ne parle pas des '2 be 3') Vinyamar : (je ne connais pas d'autres façon de lire une oeuvre que... de la lire) Vinyamar : et cherche à en dire quelque chose d'intelligent. Vinyamar : mais tout cela le ramène strictement au plan de n'importe quel lecteur, et tous ses arguments psychologiques sont comme des enveloppes qu'on jette ! Elle ne valent rien en soi, Vinyamar : Il ne peut pas prétendre imposer cette vision à l'aide d'arguments fantômatiques (ou phantomatiques :-) ). Vinyamar : Ca fait beaucoup de monde à psychanalyser ! Vinyamar : (d'ailleurs, tu l'admet à peine plus loin, disant que la séparation des sources relève de l'interprétation) Vinyamar : Le monde de Sophie" exploitait cette idée, Vinyamar : Connaître l'homme demande bien d'autres talents que celui de savoir interpréter le non-dit Vinyamar : La philosophie mène bien plus loin Vinyamar : (ça c'était pour pas que Fangorn croit que je lui en voulait personnellement :-) Vinyamar : Comme Nikita, j'ai le sentiment que sur le fond on est pas trop loin les uns des autres) Sébastien |
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Szpako
le 28-05-2002 à 03:09 |
Wow ;-)) Bisous à tous et génial vos réponses il me tarde de répondre, mais j'suis occupée par un autre poste A bientôt Cathy |
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Hisweloke
le 28-05-2002 à 03:37 |
Tout ça pour non montrer qu'elle est encore debout à 3:09 :p Didier, ancient wyrm that never sleeps. |
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Szpako
le 28-05-2002 à 03:45 |
Didier > Au dodo le dragon infâme Lol Cathy |
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Lothiriel
le 28-05-2002 à 13:32 |
j'ai du mal à comprendre l'hostilité de Vinyamar face à l'approche psycho, qui ressemble fort à une hostilité envers la psycho tout court ... Dans un post, Vinyamar, tu compares la psycho au "soin" donné par les confesseurs et les amis. à mon avis, il ne faut pas les assimiler. La démarche d'aide d'un ami n'est pas celle d'un confesseur, ni même de ce qu'on appelle désormais un "accompagnateur spirituel", et pas non plus celle d'un psychothérapeute. Ou alors c'est qu'il y a une confusion dangereuse pour la relation à l'autre: un ami n'est pas un psy, heureusement. Même chose pour la parenthèse sur la foi qui mène bien plus loin que la psycho: elle ne mène surtout pas au même endroit (si tant est qu'elle mène quelque part), et la plupart des prêtres aujourd'hui n'hésitent pas à conseiller à leurs ouailles un bon soutien psychologique en cas de besoin. On n'est pas sur le même plan. quant à l'approche psychanalytique d'une oeuvre, tant qu'elle ne prétend pas être la vérité seule et absolue, elle a sa légitimité propre, qui est une approche des comportements humains. L'analyse de contes de fée par Bettelheim, pour reprendre l'exemple classique, n'empêche pas le Petit chaperon rouge de rester une jolie histoire qu'on racontera à nos enfants en leur offrant des marionnettes réversibles. ps: ceci dit, personnellement je m'en passe très bien de cette psychocritique ;-) |
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Yyr
le 28-05-2002 à 15:38 |
Je crois comprendre pour ma part l'hostilité de Vinyamar à la psycho où qu'elle se trouve ; sa rencontre avec elle se sera faite j'imagine avec un 'pro' qui aura eut le chic de décortiquer ses sujets d'une certaine manière en brisant tout leur mystère [pourtant il existe des approches psycho tout autant pertinentes que respectueuses du mystère des personnes ...]. L'approche psy d'une personne est très intéressante, m'est avis, mais c'est souvent dommage de la mener seule. C'est ignorer les autres dimensions de sa réalité : dimension spirituelle entre autre (comme faire en mathématiques par exemple une projection d'un élément en trois dimensions sur un plan en deux dimensions : on ne peut nier que ce soit l'élément de départ, mais plus tout à fait ...). Quoi qu'il en soit, si l'on est conscient des biais de la démarche, celle-ci est tout à fait valable (mais il n'est peut-être pas simple de se faire une idée des biais ?) En ce qui concerne la psychocritique abordée ici, je ne me placerai ni d'un côté ni de l'autre, même si j'ai tout lu avec plaisir (enfin ... pas vraiment tout ; dès que mon intuition me le soufflait, j'ai sauté certains passages Cathy ;) ...). Je crois qu'elle est très intéressante si l'on veut étudier le rapport entre Tolkien et son Oeuvre pour mieux cerner l'Auteur, mais justement ... je n'ai pas du tout envie d'étudier ce rapport ... de peur de ne plus croire en la Véracité (Secondaire) de la Terre-du-milieu. Promis c'est la dernière fois que j'emploie cette métaphore ;) : Que le joyau soit un Silmaril ou l'Histoire de la Terre-du-milieu, comprendre la beauté et la lumière de ce joyau ne ous oblige pas à le briser. Je donne quelques références du Professeur en ce domaine dans le fuseau Etude et Créance Secondaire. Jérôme, ayant mis toute une soirée à vous lire ;)
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Vinyamar
le 01-06-2002 à 15:27 |
![]() Lothiriel, Dans un post, Vinyamar, tu compares la psycho au "soin" donné par les confesseurs et les amis. à mon avis, il ne faut pas les assimiler Ce que je disais sur le lien psychologie / ami / confesseur était un maladroit raccourci d'un des points mis en avant par le psychologue Tony Anatrella (prêtre de son état, mais exerçant le métier de psychologue et pas autre chose). Il disait assez justement (je trouve) que les premières thérapies se faisaient par les amis, et que la consultation d'un spécialiste se faisait pour les cas qui nécessitaient des soins plus profonds. Ca ne veut pas dire qu'on peut utiliser un ami comme un psy, mais que de fait cette relation quant à l'approche psychanalytique d'une oeuvre, tant qu'elle ne prétend pas être la vérité seule et absolue, elle a sa légitimité propre, qui est une approche des comportements humains Ben justement. Elle n'intéresse donc pas le lecteur d'une oeuvre. Etudier l'auteur, et étudier son oeuvre, sont deux choses quand même différentes. A moins qu'on veuille étudier les comportements humains des héros d'une oeuvre, mais alors là c'est n'importe quoi Pour le reste, je suis d'accord. src="http://parati.free.fr/smiley/icon35.gif"> Yyr: [ta] rencontre avec elle se sera faite j'imagine avec un 'pro' qui aura eut le chic de décortiquer ses sujets d'une certaine manière en brisant tout leur mystère Oui, euuh, je ne sais pas. J'ai rencontré trois vrais psychologues, et une quantité de prétendus psychologue src="http://parati.free.fr/smiley/sm193.gif"> (durant mes études en école de commerce - oral de personnalité devant un jury, etc...). Le premier a passé sur moi comme l'air ! Pas senti ! Le second, c'est le Père Tony Anatrella. Admiratif, il réfléchit vraiment et sainement, mais il ne parvient pourtant pas à réintégrer la dimension spirituelle de la personne dans son discours - plus quelques bémols. le troisième, juste avant de partir en mission, parce qu'on nous le conseillait ( et puis pourquoi pas) : j'ai perçu un univers profondément sombre, ténébreux,
Voilà, tu m'enlève les mots de la bouche... Mais il n'y a pas que ça !
dégager une structure psychologique à la fois chez l'auteur et chez l'interprète n'a rien d'un fonctionnement à vide. Le fonctionnement n'est certes pas vide, et il est même très plein... très très rempli. Il faut bien, puisqu'on s'appui sur une matière que je nomme fantômatique (non pas inexistante). Elle est si peu saisissable qu'il faut répandre des étages de démonstrations pour en garder un bout.
Pas si sûr. J'en lis des interprétations. Je ne les partage pas toutes. Ce sont ces interprétations qui ont déclaré que Tolkien (et ses oeuvres) étaient racistes, que Harry Potter était une image du Christ, et d'autres imbécilités pourtant extrèmement bien argumentées la psychanalyse porte sur le psychisme humain quand même :-) Le quoi ? Quelqu'un sait ce que c'est ? Quelqu'un sait-il comment ça s'approche, comment ça se touche, comment ça se déchiffre ? Ca existe vraiment ? Et si c'était le nom donné à autre chose, de plus grand, ou de plus petit. Si on se gourait ? C'est quoi le psychisme humain ?!
Voilà, c'est EXACTEMENT ce que je reproche à la
Mea culpa
Après rélfexion, je poserai quand même un commentaire dans ton fuseau, Yyr, cela se prêtera mieux qu'ici. Donc, euuh, j'ai sûrement encore des trucs à dire ici, mais on va faire dans l'ordre. A + Vinyamar |
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Vinyamar
le 01-06-2002 à 15:30 |
J'ai voulu jouer avec les smiley. Désolé pour les deux foirades et la mise en page pas nette. ;-( |
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Vinyamar
le 01-06-2002 à 17:33 |
Et puis comme je vois que cela s'est fêté ailleurs, je signale aussi à ceux qui arriveraient jusqu'ici qu'aujourd'hui 1er juin voit poindre ma 27e année d'existence (ce qui me donne 26 ans résolus, pour ceux qui ne calculent pas en cardinaux). Cédric, s'il t'en reste une, je veux bien une bouteille de ton champagne, et puis toute une caisse pour trinquer avec les admirables membres de ce non moins admirable forum ! Vinyamar |
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NIKITA
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