| Atteindre la fin du fuseau |
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Auteur
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Sujet: Traduire les poèmes 2bis
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Laegalad |
Ecrit le 17-05-2003 18:26
Voilà un autre rejeton du fuseau “Traduire les poèmes?” ;-) Mais ce poème n’entrant pas dans le Légendaire, j’ai préféré le mettre ici. Tout d’abord, un grand merci à Moraldandil (il doit commencer à être habitué ;-)), qui m’a grandement aidée. Ensuite, quelques précisions : ce poème contient une opposition entre vers à quatre accents et vers à trois accents (je vous rassure, je ne l’ai pas trouvé toute seule), en plus des rimes croisées (ça, si J). J’ai choisi de ne rendre dans la traduction française que le schéma des rimes ; c’était déjà assez compliqué, sans en plus ajouter des différences de longueur dans les vers ;-). Evidemment, l’utilisation de la rime m’a entraînée parfois à faire une légère « broderie » pour retomber sur mes pattes. J’ai essayé autant que possible de l’éviter. Ah ! Autre chose : la traduction de « Earth-maiden » : j’ai traduit « Damoiselle de la Terre ». Je sais, c’est long, mais le « I’m born Earth’s daughter » de Firiel sonne comme une révélation tragique dans l’original, et ce vers est le pivot du poème ; si j’avais traduit « Earth-maiden » et « Earth’s daughter » de la même manière en français, j’aurais perdu cet effet. Il s’agit évidemment d’une question de sensibilité ;-) Il y a aussi le vers 84 sur lequel je doute (and she halted staring) : faut-il traduire « et elle cessa de les fixer » ou « et elle s’arrêta en les fixant » ? J’ai préféré la première solution, car elle me fait penser aux contes de fées, où dès que l’on cesse de fixer l’objet enchanté, il disparaît. De plus, j’imagine assez bien Firiel marquer un temps d’arrêt à ce moment en regardant son pied, réalisant qu’elle ne peut suivre les Elfes. The Last Ship (Le dernier navire) Firiel looked out at three o’clock: (A trois heures Firiel regarda dehors :)
the grey night was going; (la nuit grise s’en allait ; )
far away a golden cock (au loin un coq couleur d’or )
clear and shrill was crowing. (aigu et clair chantait.)
[5] The trees were dark, and the dawn pale, (Les arbres étaient noirs, et l’aube pâle )
waking birds were cheeping, (des oiseaux qui s’éveillaient pépiaient, )
a wind moved cool and frail (une brise soufflait, fraîche et frêle )
through dim leaves creeping. (à travers les feuilles sombres se frayait.)
She watched the gleam at window grow, (Elle regarda par la fenêtre grandir l’éclat, )
[10] till the long light was shimmering (jusqu’à ce qu’il devienne une grande lumière qui jouait )
on land and leaf; on grass below (sur la terre et les feuilles ; dans l’herbe en bas )
grey dew was glimmering. (une rosée grise scintillait. ) Over the floor her white feet crept, (Sur le sol ses pieds blancs glissèrent, )
down the stair they twinkled, (ils brillèrent sur les escaliers, )
[15] through the grass they dancing stepped (dans l’herbe, dansant, ils allèrent, )
all with dew besprinkled. (tout parsemés de rosée. )
Her gown had jewels upon its hem, (Sa robe de joyaux était ourlée, )
as she ran down the river, (comme elle dévala vers le ruisseau )
and leaned upon a willow-stem, (et se pencha sur un tronc d’osier )
[20] and watched the water quiver. (et regarda frissonner l’eau. )
A kingfisher plunged down like a stone (Un martin-pêcheur plongea comme une pierre, )
in a blue flash falling, (dans un éclair bleu tombant, )
bending reeds were softly blown, (des roseaux courbés doucement s’agitèrent, )
lily-leaves were sprawling. (les feuilles de lys se couchaient sous le vent. )
[25] A sudden music to her came, (Une musique vint à elle soudain, )
as she stood there gleaming (comme elle se tenait là, luisante, )
with free hair in the morning’s flame (dans le flamboiement du matin )
on her shoulder streaming. (la chevelure libre sur ses épaules flottante. )
Flutes there were, and harps were wrung, (Il y avait des flûtes, et des harpes étaient pincées, )
[30] and there was sound of singing, (et un son de voix s’entendait, )
like wind-voices keen and young (comme celles du vent jeunes et élevées, )
and far bells ringing. (et de lointaines cloches sonnaient. )
A ship with golden beak and oar (Un navire à rostre doré )
and timbers white came gliding; (et rames et coque blanches vint en glissant ; )
[35] swans went sailing on before, (guidant sa proue élevée, )
her tall prow guiding. (des cygnes nageaient devant. )
Fair folk out of Elvenland (De belles gens qui du Pays des Elfes venaient )
in silver grey were rowing, (ramaient en gris argent, )
and three with crowns she saw there stand (et elle en vit trois couronnés qui là se tenaient )
[40] with bright hair flowing. (leur chevelure brillante flottant. )
With harp in hand they sang their song (Harpe à la main ils chantaient leur chanson )
to the slow oars swinging: (suivant les rames en leur lent balancement : )
“Green is the land, the leaves are long, (« Vert est le pays, hautes sont les frondaisons, )
and the birds are singing. (et les oiseaux chantent gaiement. )
[45] Many a day with dawn of gold (Bien des jours d’une aube d’or )
this earth will lighten, (cette terre s’illuminera, )
Many a flower will yet unfold, (bien des fleurs s’ouvriront encore, )
ere the cornfields whiten.” (avant le temps où le blé blanchira. » )
“Then whither go ye, boatmen fair, (« Où donc alors, descendant la rivière, )
[50] down the river gliding? (vous rendez-vous, gents bateliers ? ) To twilight and to secret lair (Vers le crépuscule et un secret repaire )
in the great forest hiding? (dans la grande forêt vous cacher ? )
To Northern isles and shores of stone (Vers les îles du Nord et les plages de pierre )
on strong swans flying, (volant sur des cygnes puissants, )
[55] by cold waves to dwell alone (par les vagues froides pour vivre solitaires )
with the white gulls crying?” (aux cris des blancs goélands ? » )
“Nay!” they answered. “Far away (« Nenni ! » répondirent-ils. « Loin d’ici )
on the last road faring, (sur la dernière route nous allons, )
leaving western havens grey, (en laissant à l’ouest les havres gris, )
[60] the seas of shadows daring, (sur les mers d’ombres nous nous osons, )
we go back to Elvenhome, (nous retournons où l’Arbre Blanc grandit, )
where the White Tree is growing, (là où la Demeure des Elfes se trouve, )
and the Star shines upon the foam (et où l’Etoile sur l’écume luit )
on the last shore flowing. (flottant sur la dernière grève. )
[65] “To mortal fields say farewell, (« Disons adieux aux champs mortels )
Middle-Earth forsaking! (oublions la Terre du Milieu ! )
In Elvenhome a clear bell (Au Pays des Elfes dans la haute tourelle )
in the high tower is shaking. (sonne une cloche claire d’un ton joyeux. )
Here grass fades and leaves fall, (Ici soleil et lune sont en déclin, )
[70] and sun and moon wither, (les feuilles tombent, l’herbe commence à s’étioler, )
and we have heard the far call (et nous avons entendu l’appel au loin )
that bids us journey thither.” (qui nous entraîne dans cette traversée. » )
The oars were stayed. They turned aside: (Les rames furent arrêtées. « Firiel ! Firiel ! » )
“Do you hear the call, Earth-maiden? (crièrent-ils en se tournant vers le bord : )
[75] Firiel! Firiel!” they cried. (Damoiselle de la Terre, entends-tu l’appel ? )
“Our ship is not full-laden. (Notre bateau n’est pas plein encore. )
One more only we may bear. (Il nous reste une place unique. )
Come! For your days are speeding. (Viens ! Car tes jours passent à tire-d’aile. )
Come! Earth-maiden elven-fair, (Viens ! Damoiselle de la Terre à la beauté elfique,)
[80] our last call heeding.” (Ecoute notre dernier appel. » )
Firiel looked from the ricer-bank, (Firiel depuis la rive les regarda,)
one step daring; (osant une enjambée ; )
then deep in clay her feet sank, (alors son pied profondément dans la glaise s’enfonça, )
and she halted staring. (et elle cessa de les fixer. )
[85] Slowly the elven-ship went by (Doucement la nef des Elfes passa, )
whispering through the water: (chuchotant de par la rivière : )
“I cannot come!” they heard her cry. (« Je ne peux pas venir ! » entendirent-ils sa voix )
“I was born Earth’s daughter!” (« Je suis née fille de la Terre ! » )
No jewels bright her gown bore, (Sa robe ne portait plus de joyaux brillants, )
[90] as she walked back from the meadow(quand sous voûte et porte sombre )
under roof and dark door, (elle rentra des champs, )
under the house-shadow. (dans la maison de l’ombre. )
She donned her smock of russet brown, (Son sarrau feuille-morte elle revêtit )
her long hair braided, (ses longs cheveux tressa, )
[95] and to her work came stepping down. (et à son travail descendit. )
Soon the sunlight faded. (Bientôt l’éclat du soleil se fana. )
Year still after year flows (L’une après l’autre, les années )
down the Seven Rivers; (coulent le long des Sept Rivières ; )
cloud passes, sunlight glows, (le nuage passe, le jour est ensoleillé, )
[100] reed and willow quivers (le saule frissonne dans la roselière )
at morn and eve, but never more (à l’aube et à l’aurore, mais plus jamais )
westward ships have waded (vers l’Ouest les navires ne sont partis )
in mortal waters as before, (dans les eaux comme ils faisaient,)
and their song has faded. (et leur chant s’est évanoui. )
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Finrod
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Ecrit le 02-06-2003 19:18
Très beau travail Laegalad :-)Je n'ose imaginer combien de temps tu as du passer sur ce poème pour le traduire ainsi ;-) Le résultat est incomparablement plus agréable à lire que l'abominable traduction que l'on trouve dans l'édition bilingue de chez Bourgois ("A trois heures Fierette se mit à sa fenêtre" etc.). En fait, je dois dire que je redécouvre ce magnifique poème à l'occasion de ta traduction. Lorsque j'ai lu il y a quelques années les Aventures de Tom Bombadil, j'étais passé sur ce texte assez vite alors que s'en dégage une atmosphère mélancolique très forte et très belle. En relisant ce poème il y a quelques jours, il m'a d'ailleurs fait penser à un quatrain qui, je crois, ne t'es pas inconnu ;-) Au sujet la justification de ton choix pour le vers 84, il est vrai qu'il est difficile de trancher mais j'aime beaucoup l'idée que tu avances. C'est très poétique justement ;-) Pour ce qui est de la place de ce texte dans l'oeuvre de Tolkien, il y a tout de même un lien avec le Légendaire, de par le thème elfique, et aussi d'après ce qu'en dit la préface aux Aventures de Tom Bombadil (non incluse de façon incompréhensible dans l'édition bilingue de chez Bourgois mentionnée ci-dessus:-(). Cette préface est très intéressante car Tolkien s'emploie à expliquer comment la plupart des poèmes qu'il propose (et qui, à l'origine, n'étaient pas destinés à faire partie du Légendaire) dérivent notamment de la tradition hobbite ou humaine. En gros, il internalise (je ne sais pas trop si ça se dit ;-)) les poèmes. Je donne ici le passage qui se rapporte au poème "The Last Ship" afin que ceux qui n'ont pas la préface puissent savoir ce que Tolkien en disait : "No 16 ["The last ship"] must be derived ultimately from Gondor. [It is ] evidently based on the traditions of Men, living in shorelands and familiar with rivers running into the Sea [...] No 16 mentions the Seven Rivers* that flowed into the Sea in the South Kingdom, and uses the Gondorian name, of High-elvish form, Fíriel, mortal woman**. In the Langstrand and Dol Amroth there were many traditions of the ancient Elvish dwellings, and of the haven at the mouth of the Morthond from which 'westward ships' had sailed as far back as the fall of Eregion in the Second Age. These two pieces [No 6 & 16], therefore, are only re-handlings of Southern matter, though this may have reached Bilbo by way of Rivendell." * : Lefnui, Morthrond-Kirl-Ringló, Gilrain-Sernui, and Anduin. ** : The name was borne by a princess of Gondor, through whom Aragorn claimed descent from the Southern line. It was also the name of a daughter of Elanor, daughter of Sam, but her name, if connected with the rhyme, must be derived from it; it could not have arisen in Westmarch. Encore bravo pour ta traduction ! :-) Laurent
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Laegalad
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Ecrit le 03-06-2003 18:40
Merci Finrod ;-D !>Je n'ose imaginer combien de temps tu as du passer sur ce poème pour le traduire ainsi ;-) Heu... je ne sais pas, je n'ai pas compté. Il y a bien dû y avoir quelques heures de droit, des trajets en train, et puis des soirées dictionnaires ;-). >En relisant ce poème il y a quelques jours, il m'a d'ailleurs fait penser à un quatrain qui, je crois, ne t'es pas inconnu ;-) Tu parle d'"Encore un Elfe qui part"? Il se trouve que je l'avais composé avant de découvrir The Adventures of Tom Bombadil. Pas de plagiat, donc ;-), même si ma nouvelle peut faire penser à ce que tu viens de me citer à propos du prologue (dont je ne soupçonnais même pas l'existence ;-)). Encore merci (mes smileys ne ressemblent affreusement pas au grand sourire que j'ai devant mon écran ;-))!
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sosryko
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Ecrit le 18-06-2003 11:29
Je lisais Les Aventures de Tom Bombadil et je me suis demandé comment traduire certains termes des vers 15-18:« Hey, Tom Bombadil ! Wither are you going ? » said fair Goldberry. « Bubbles you are blowing, frightening the finny fish and the brown water-rat, startling the dabchicks, and drowing your feather-hat ! » [ATB, 15-18] que Dashiell Hedayat traduit par : "Eh, Tom Bombadil ! Où vas-tu donc de ce pas ? Lui disait Jolie Baie d'Or, en soufflant des bulles ainsi Tu effraies l'alevin et le brun campagnol, Les limandins tu apeures..., sans compter que tu mouilles La plume de ton chapeau !" [Pocket, p.9] il ne me semble pas que "alevin" pour "finny fish" convienne (mon dictionnaire donne nageoire pour fin) ni que "campagnol" convienne pour "the brown water-rat"... quant à dabchick je découvre qu'il s'agit d'une petite grèbe, donc "oiseau aquatique palmipède dont la taille varie de celle du pigeon à celle du canard" (Petit Robert)...on est très loin des limandins qui doivent être apparenté aux limandes, donc des poissons!!... rassurez-moi, c'est une traduction même pas approximative que nous avons là, non? et surtout, comment traduiriez-vous "finny fish", serait-ce un procédé poétique qui, pour allitérer (frightening/finny/fish), jouerait sur la redondance ('les "poissons à nageoires") comme on peut lire "les oiseaux ailés" dans le texte des Psaumes? Sosryko
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Finrod
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Ecrit le 18-06-2003 17:07
Une chose est sûre, c'est que si Ledoux est critiquable sur un certain nombre de choix qu'il a faits, il est vraiment excellent à côté de ce Dashiell Hedayat... Qu'une traduction de poèmes soit difficile à faire, je le comprends très bien, tout comme le fait qu'il est parfois nécessaire de s'éloigner quelque peu de l'original. Mais alors là, je crois qu'on a une véritable caricature peu digne d'un travail professionnel (les traductions d'amateurs sur les fuseaux "Traduire les poèmes" sont bien meilleures). Le plus amusant (enfin si l'on peut dire) est de comparer les traductions de Ledoux et de Dashiell Hedayat des mêmes termes (ex : Brandywine, Barrow-downs, etc.). Au moins, chez Ledoux, il y avait de jolies trouvailles (ex : "Hauts des Galgals" pour "Barrow-downs" ici traduit par "Bas-des-Tombeaux"... un traducteur professionnel qui ne connait pas le nom anglais "a down"" ???). Enfin bref, mon pauvre Sosryko, je crois qu'il faudrait presque tout retraduire... Et il y a donc du boulot sur ce fuseau ;-) Pour le reste, je laisse la parole à de meilleurs anglicistes/poètes que moi ;-)Laurent
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Mj du Gondor
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Ecrit le 18-06-2003 17:59
Cette fois d'accord à 100%! Je viens tout juste de lire ce volume. Même avec mon anglais basique j'ai souvent été très surprise (je m'étais réjouie d'une édition bilingue !) "Tom Bombadil a de gros sabots et sautille lourdement au raz des pâquerettes. Conclusion: il faut être poète pour traduire de la poésie ! Mj
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Laegalad
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Ecrit le 20-06-2003 08:39
Pour ce poème, on a affaire à un strong-stress verse en rimes plates. L'allitération n'est donc pas un effet récurent, mais je pense qu'il ne faut y voir que cela. Je ne sais pas comment j'y traduirai, puisque je ne m'y suis pas lancée, et que tout dépend de la forme française adoptée. Je pense que la meilleure solution serait d'utiliser des alexandrins (sans césure obligatoire) et de garder les rimes. au reste, il est vrai que la traduction de l'ensemble de The Adventures of TB est surprennante : le traducteur ne respecte ni fond, ni forme, et il ne respecte même pas le nombre de vers ! Je reste très perplexe face à ce travail... Il n'y a que "l'Oserette" pour "Withywiddle" que je trouve bien tourné ;-)
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Laegalad
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Ecrit le 21-06-2003 17:39
Tant que j'y suis, je vais essayer de le traduire (je dis essayer, et en plus je suis en train de faire beaucoup de choses en même temps, as usual, donc je ne promet pas une version pour maintenant tout de suite). Mais une question que je me pose : à quoi servent ces a- devant les verbes ? J'ai remarqué que Tolkien les utilisait souvent, est-ce une marque d'archaïsme ? Histoire de savoir s'il vaut mieux que j'en utilise aussi.
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Moraldandil
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Ecrit le 22-06-2003 12:00
Laegalad > Je me suis posé la même question en rencontrant ces formes :-) J'en ai cherché l'explication dans une histoire de la langue anglaise (trouvée en bibliothèque - je ne l'ai pas sous la main en ce moment), et si je m'en souviens bien, ce "a" est en fait une forme réduite de la préposition "on", et sa présence s'explique par l'origine de la forme progressive en anglais. Au départ, "I am hunting" (Je chasse, je suis en train de chasser), c'était une périphrase du genre "I am on hunting" (un peu comme "je suis en chasse" en français"). Comme la préposition était inaccentuée, elle s'est réduite à "a" puis a disparu dans la langue moderne (avec des survivances dialectales) Cette forme est donc bien un des archaïsmes et/ou dialectalismes qu'emploie Tolkien, et il est effectivement souhaitable d'en tenir compte dans le ton de la traduction.Moraldandil (qui espère que ses souvenirs sont bons)
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Moraldandil
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Ecrit le 22-06-2003 12:02
Voici un autre poème extrait des Aventures de Tom Bombadil, un des plus beaux de Tolkien à mon sens. En tout cas, il me touche profondément. J'ai tenté sa traduction en français. L'original fait usage d'un vers purement accentuel à quatre accents, césuré 2 / 2. Le système de rimes est assez particulier : les vers impairs comportent une rime interne tandis que les vers pairs riment deux à deux. On peut aussi noter un nombre appréciable d'allitérations. Il m'a paru approprié d'employer dans cette traduction un alexandrin irrégulièrement césuré (devrais-je alors l'appeler dodécasyllabe ?), et de conserver, vu son importance, le système des rimes... non sans quelques acrobaties.En espérant que vous l'apprécierez aussi, voici : La cloche marine/The sea-bell J'allais longeant la mer, quand mes yeux avisèrent/I walked by the sea, and there came to me Comme un rai d'étoile sur le sable mouillé/as a star-beam on the wet sand, Une conche opaline, une cloche marine ;/a white shell like a sea-bell; Elle tenait tremblante dans ma main trempée./trembling it lay in my wet hand. Entre mes doigts secoués j'entendis s'éveiller/In my fingers shaken I heard waken Un tintement, au môle d'un port incertain/a ding within, by a harbour bar Une bouée danser, un appel résonner/a buoy swinging, a call ringing Au-delà des mers infinies, sourd et lointain./over endless seas, faint now and far. Puis, sans bruit, sur le flot d'une marée de nuit,/Then I saw a boat silently float J'aperçus qui voguait un bateau vide et gris./on the night-tide, empty and grey. "Il est bien plus que tard ! Qu'attendre encor ce soir ?"/"It is later than late! Why do we wait?" J'y bondis en criant : "Portez-moi loin d'ici !"/I leapt in and cried : "Bear me away!" Éclaboussé d'écume, enveloppé de brume,/It bore me away, wetted with spray, Il m'emporta au loin, blessé dans ma torpeur,/wrapped in a mist, wound in a sleep, Vers la côte oubliée d'une étrange contrée./to a forgotten strand in a strange land. J'entendais dans la pénombre des profondeurs/In the twilight beyond the deep Une cloche marine rouler dans la houle,/I heard a sea-bell swing in the swell, Tinter, tinter encore, et rugir les brisants/dinging, dinging, and the breakers roar Sur les écueils furtifs d'un périlleux récif ;/on the hidden teeth of a perilous reef; Puis enfin j'arrivai en vue d'un long estran./and at last I came to a long shore. Blanchâtre il poudroyait, et la mer frémissait/White it glimmered, and the sea simmered En miroirs d'étoiles dans des rets argentés./with star-mirrors in a silver net; Des falaises, roches pâles comme os de seiche,/cliffs of star pale as ruel-bone Dans l'écume de lune luisaient détrempées./in the moonlight-foam were gleaming wet. Entre mes doigts glissait un sable où chatoyait/Glittering sand went through my hand, Une poussière de perles et de joyaux,/dust of pearl and jewel-grist, Des flûtes de béryl, des trompettes d'opale,/trumpets of opal, roses of coral, Des roses fines d'améthyste et de coraux./flutes of green and amethyst. Mais sous les promontoires des cavernes noires/But under cliff-eaves there were glooming caves S'ouvraient garnies de rideaux d'algues racornies./weed-curtained, dark and grey; Un air froid soudain m'échevela, et plus loin/a cold air stirred in my hair, Je me hâtai dans une lumière évanouie./and the light waned, as I hurried away. Descendant d'un coteau coulait un vert ruisseau ;/Down from a hill ran a green rill; La joie m'emplit le cœur quand je bus de son eau./its water I drank to my heart's ease. Et remontant son lit, je vins en un pays/Up its fountain-stair to a country fair Ravissant sous un soir sans fin, bien loin des flots ;/of ever-eve I came, far from the seas, Je grimpai dans des prés pleins d'ombres agitées :/climbing into meadows of fluttering shadows: Comme des étoiles tombées des fleurs poussaient,/flowers lay there like fallen stars, Et sur l'eau bleue d'un étang frais et transparent,/and on a blue pool, glassy and cool, Des nénufars pareils à des lunes flottaient./like floating moons the nenuphars. Des aulnes sommeillaient et des saules pleuraient/Alders were sleeping, and willows weeping Auprès d'un cours alangui que ridaient les herbes ;/by a slow river of rippling weeds; Feuilles comme épées, des iris gardaient les gués,/gladdon-swords guarded the fords, Et des roseaux en lances et flèches en gerbes./and green spears, and arrow-reeds. Au fond de la vallée toute cette soirée/There was echo of song all the evening long Sonna l'écho d'une chanson ; un peu partout/down in the valley; many a thing Maintes choses couraient : des lièvres blanchoyaient ;/running to and fro: hares white as snow, Des taissons un peu surpris guignaient de leurs trous ;/voles out of holes; moths on the wing Des campagnols sortaient de leurs terriers ; en vol/with lantern-eyes; in quiet surprise Clignaient des phalènes aux yeux en lumignons./brocks were staring out dark doors. Là j'entendais danser, des mélodies flotter,/I heard dancing there, music in the air, Des pieds passer rapidement sur les gazons./feet going quick on the green floors. Mais où que je me porte il en fut de la sorte :/But wherever I came it was ever the same: Les pieds s'envolaient puis tout restait calme et morne ;/the feet fled, and all was still; Sur la butte jamais un salut, que des flûtes/never a greeting, only the fleeting Qui s'évanouissaient, des voix, le son de cornes./pipes, voices, horns on the hill. Des feuilles du cours d'eau et de joncs en faisceaux/Of river-leaves and the rush-sheaves Je me fis un manteau de gemmes verdoyantes,/I made me a mantle of jewel-green, Un grand bâton à manier, un drapeau doré ;/a tall wand to hold, and a flag of gold; Mes yeux paraissaient deux étoiles éclatantes./my eyes shone like the star-sheen. Couronné de fleurs, perché sur une hauteur,/With flowers crowned I stood on a mound, Comme un appel strident qu'à l'aube un coq criaille,/and shrill as a call at cock-crow, Fièrement je lançai : "Pourquoi donc vous cacher ?/proudly I cried: "Why do you hide ? Pourquoi donc nul ne parle en quelque endroit que j'aille ?/Why do none speak, wherever I go ? Moi qui me tiens ici, le roi de ce pays,/Here now I stand, king of this land, Un iris comme épée, un roseau comme masse./with gladdon-sword and reed-mace. Maintenant répondez ! Sortez tous sans tarder !/Answer my call! Come forth all! Dites-moi quelques mots ! Montrez-moi une face !"/Speak to me words! Sow me a face!" Vint une nue de suie comme un suaire de nuit./Black came a cloud as a night-shroud. Comme ferait une taupe sombre, à tâtons/Like a dark mole groping I went, Je m'enfuis, chancelant, tombant au sol, rampant/to the ground falling, on my hands crawling Sur les mains, les yeux aveuglés et le dos rond./with eyes blind and my back bent. Je me glissai dans un bois qui poussait là, coi,/I crept to a wood: silent it stood Ses feuilles mortes et ses rameaux dénudés./in its dead leaves; bare were its boughs. Là, tandis que des hiboux ronflaient dans leurs trous,/There must I sit, wandering in wit, Il me fallut m'asseoir, tous mes sens égarés./while owls snored in their hollow house. Un jour et une année il m'y fallut rester :/For a year and a day there must I stay: Dans les arbres pourris des scarabées toquaient ;/beetles were tapping in the rotten trees, Des vesses de loup tout autour de mes genoux/spiders were weavings, in the mould heaving Surgissaient de la terre ; des araignées tissaient./puffballs loomed about my knees. Enfin le jour reluisit dans ma longue nuit,/At last there came a light in my long night, Et j'aperçus mes cheveux tout gris pendiller./and I saw my hair hanging grey. "Même courbé d'hivers, je dois trouver la mer !/"Bent though I be, I must find the sea! Je me suis perdu et ne sais par où aller,/I have lost myself and I know not the way, Mais il me faut partir !" Et je me mis à fuir,/but let me be gone!" Then I stumbled on; Par la menace d'ailes d'ombre recouvert,/like a hunting bat shadow was over me; Tout trébuchant, dans mes oreilles un vent desséchant./in my ears dinned a withering wind, Je tâchai de me vêtir de bouts de bruyère ;/and with ragged briars I tried to cover me. Mes mains étaient déchirées, mes genoux usés,/My hands were torn and my knees worn, Et les ans pesaient lourdement sur mon échine,/and years were heavy upon my back, Quand l'ondée sur mon visage devint salée,/when the rain in my face took a salt-taste, Et je sentis l'odeur de la laisse marine./and I smelled the smell of sea-wrack. Des oiseaux vinrent planant, criant, gémissant ;/Birds came sailing, mewing, wailing; J'entendais comme des voix dans des grottes froides :/I hard voices in cold caves, Des aboiements de phoques, des grondements de rocs,/seals barking, and rocks snarling, Par des évents le bruit de vagues en giclades./and in spout-holes the gulping of waves. Promptement vint l'hiver ; jusqu'au bout de la terre/Winter came fast; into a mist I passed, Enveloppé de brouillard je portai mes ans ;/to land's end my years I bore; L'air était neigeux, pleins de glace mes cheveux,/snow was in the air, ice my hair, Les ténèbres recouvraient le dernier estran./darkness was lying on the last shore. Et là, toujours à flot, attendait le bateau,/There still afloat waited the boat, Dans la marée sa proue remontait en tanguant./in the tide lifting, its prow tossing. Je m'y étendis las, au loin il m'emporta,/Weary I lay, as it bore me away, Grimpant les vagues, traversant les océans,/the waves climbing, the seas crossing, Passant de vieux vaisseaux tout hérissés d'oiseaux/passing old hulls clustered with gulls Et d'immenses navires chargés de clarté,/and great ships laden with light, Revenant au port, cherchant son quai, noir de jais,/coming to haven, dark as a raven, Coi comme neige, ennoyé dans l'obscurité./silent as snow, deep in the night. Par les routes désertées, les maisons bouclées,/Houses were shuttered, wind round them muttered, Le vent tournait grognant. Assis près d'une entrée,/roads were empty. I sat by a door, Là où le crachin s'écoulait dans un égout,/and where drizzling rain poured down a drain J'éparpillai tout ce que je pouvais porter :/I cast away all that I bore: Quelques grains de sable dans le creux de ma main,/in my clutching hand come grains of sand, Une cloche marine silencieuse et morte./and a sea-shell silent and dead. Jamais plus mon oreille de cloche pareille/Never will my ear that bell hear, N'entendra ; jamais plus de grève de la sorte/never my feet that shore tread, Mon pied ne foulera ; jamais plus, et de voie/never again, as in sad lane, En allée sombre, longue rue, triste chemin,/in blind alley and in long street Je marche en ma bohème, et me parle à moi-même ;/ragged I walk. To myself I talk; Car ceux que je croise ne disent toujours rien./for still they speak not, men that I meet.
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Mj du Gondor
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Ecrit le 22-06-2003 13:39
Bravo! voilà une traduction ! plus peut-être ! le reflet poétique français d'un poême anglais ! Magnifique ! Je voudrais en dire beaucoup plus mais j'aurais peur de rompre le charme par mon inexpérience. Je me limiterai donc à l'émotion ! Mj
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Finrod
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Ecrit le 23-06-2003 16:57
Tout pareil que Mj (et tu nous montres en passant qu'elle avait bien raison de dire que la poésie est bien mieux traduite par un poète) :-) Ah, et puis j'aime bien tes rimes même quand elles sont acrobatiques (ça a dû d'ailleurs être un sacré boulot !), comme les lièvres qui blanchoyaient par exemple. Il fallait le trouver ;-)L.
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Laegalad
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Ecrit le 24-06-2003 09:53
Je relis et re-analyse tout ça, mais comme d'habitude, je suppose que je n'aurai rien à redire ;-) Félicitations ! Et merci pour l'explication du a- Finrod: patience, patience pour TB : je n'ai pour l'instant fait que les recherches de vocabulaire ;-)
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sosryko
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Ecrit le 24-06-2003 11:00
ouii! merci Moraldandil, pour l'explication de la préposition "a-", grand mystère depuis quelques semaines au cours desquelles je ne voyais plus qu'elle dans certains poèmes ;-))
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Moraldandil
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Ecrit le 06-07-2003 12:30
Pour ceux qui ne se satisferaient pas d'un souvenir incertain – et ils auront raison car il était quelque peu réducteur – voici la source (Manuel d'histoire de la langue anglaise, Colette Stévanovitch, Ellipses 1997, p. 94) : C. LA FORME EN -ING Les désinences suivantes sont représentées par le -ing de l'anglais moderne : - le participe présent en -and(e) [nord], -ende [Midlands], -inde [sud] : huntande "chassant" - le nom verbal en -ing/-ung > -ing : hunting "la chasse" Dans le sud, participe présent et nom verbal se confondent en moyen-anglais sous la forme -ing. La construction be + -ing apparaît au XIVe siècle: þere was dwellynge somtyme a riche man "là vivait une fois un homme riche (Voyages de Mandeville, XIVe s.). Encore peu fréquente au XVIIe siècle, elle s'impose au XVIIIe siècle. On rencontre dès le vieil-anglais des expressions qui sont à l'origine de l'usage moderne : {N.B. : je supprime les macrons ajoutés aux citations} […] se ðe wið hine sprecende wæs "[…] qui parlait avec lui" (Bede, IXe s.) Wære þu to-dæg on huntunge? "As-tu été à la chasse aujourd'hui ?" (Ælfric, XIe s.). v.a. on huntunge s'affaiblit en a-hunting (XVe-XVIe siècle, persistant dans la langue littéraire jusqu'au XVIIIe siècle), et aboutit à hunting en anglais moderne.
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vincent
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Ecrit le 13-07-2003 15:58
j'espère (et je pense, vu son sérieux) que le travail de "révision" qu'a mené Céline Leroy sur "les Aventures de Tom Bombadil", à paraître dans _Faërie et autres textes_ vous plaira :-)Vincent
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Laegalad
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Ecrit le 22-07-2003 17:28
Eh bien, je n’ai pas chômé pendant mes vacances ;-), - à vrai dire au grand effarement des voisins, qui ne me croyaient pas quand j’affirmais y prendre comme divertissement - et j’ai tenté de retraduire TATB. J’ai utilisé des « dodécasyllabes », et gardé les rimes plates, au prix parfois de quelques acrobaties. Voici le début : THE ADVENTURES OF TOM BOMBADIL LES AVENTURES DE TOM BOMBADIL Old Tom Bombadil was a merry fellow; Vieux Tom Bombadil était un gai compagnon ; bright blue his jacket was and his boots were yellow, bleue était sa veste et jaunes ses botillons, green were his girdle and his breeches all of leather; verte ceinture et hauts de chausse tout de peau he wore in his tall hat a swan-wing feather. il portait plume de cygne à son chapeau. [5]He lived up under Hill, where the Withywindle Et dans l’ombre de la colline il demeurait ran from a grassy well down into the dingle. où le Tournesaule dans le vallon courrait. Old Tom in summertime walked about the meadows Vieux Tom en été allait arpenter les champs gathering the buttercups, running after shadows, cueillant des boutons d’or, des ombres pourchassant, tickling the bumblebees that buzzed among the flowers, chatouillant les bourdons vombrissants dans les fleurs, [10]sitting by the waterside for hours upon hours. s’asseillant au bord de l’eau des heures et des heures. There his beard dangled long down into the water: Ce jour-là sa barbe trempa dans l’onde claire: up came Goldberry, the River-woman's daughter; vint Baie d’Or (2), Damoiselle de la Rivière; pulled Tom's hanging hair. In he went a-wallowing elle la tira. Tom alors se retrouva under the water-lilies, bubbling and a-swallowing. sous les lys d’au, il pataugea et barbotta. [15]'Hey, Tom Bombadil! Whither are you going?' ”Eh, Tom Bombadil! Que penses-tu faire alors ? said fair Goldberry. 'Bubbles you are blowing, Tu souffles des bulles”, dit la jolie Baie d’Or frightening the finny fish and the brown water-rat, ”Appeurant les petits poisons (1), le brun rat d’eau, startling the dabchicks, and drowning your feather-hat!' les grèbes, et mouillant la plume de ton chapeau !" 'You bring it back again, there's a pretty maiden!' “Jolie Damoiselle, veux-tu donc la lâcher !” [20]said Tom Bombadil. 'I do not care for wading. dit Tom Bombadil. “Je ne veux pas barbotter. Go down! Sleep again where the pools are shady Redescend! Loin sous les racines des roseaux far below willow-roots, little water-lady!' Retourne dormir, petite dame de l’eau ! " Back to her mother's house in the deepest hollow Vers chez sa mère la jeune Baie d’Or nagea swam young Goldberry. But Tom, he would not follow; dans le trou profond. Mais Tom ne la suivit pas ; [25]on knotted willow-roots he sat in sunny weather, sur les racines du saule au soleil s’assit, drying his yellow boots and his draggled feather. séchant ses bottes jaunes et sa plume salie. ------------- (1)j’ai tenté de garder l’allitération ici (’frightening finny fishes’). Pour une interprétation de ce passage, je renvoie à l’exposé de Sosryko : ‘de la crème jaune et des rayons de miel’, la remarque à la fin du post du 22/06/2003, si je ne me trompe. (2) quelqu’un pourrais me dire pourquoi Dashiell Hedayat traduit par « Frai d’Or » ? dans mon dico bilingue (promis, j’achète l’unilingue à la rentrée, je commence à ne plus pouvoir tenir), j’ai « baie » pour « berry », et en français, « Frai » signifie soit « usure des pièces de monnaie par frottement », soit « ponte ou fécondation des œufs chez les poissons, par extension, œuf ou alevin »… -------------- Il se trouve que j’ai un gros problème pour les 2 vers suivants : je ne les ai absolument pas compris. Up woke Willow-man, began upon his singing, sang Tom fast asleep under branches swinging; Absolument est un peu fort, mais à part “up woke willow-man” et “under branches swinging”… Tom chante en dormant ? Ou est-ce le saule qui cherche à le charmer comme il l’a fait des Hobbits en vadrouille ?
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sosryko
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Ecrit le 22-07-2003 21:48
je suis pour la seconde interprétation (d'autant plus quelle confirme mon "exposé" sur le chant ;-) et s'inscrit, encore et encore chez Tolkien, dans la triple action d'un personnage)Willow-man, (1) Woke up (2) began upon his singing, (3)sang Tom fast asleep under branches swinging; l'Homme-saule (1) se réveille, (2) débute sa mélodie echantée et (3) "chantourne Tom en sommeil" sous ses branches qui se balancent ...
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sosryko
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Ecrit le 22-07-2003 21:50
Oups, pardon, j'oubliais l'essentiel : c'est bien et bon une Laegalad qui ne chôme pas ;-))
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Laegalad
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Ecrit le 23-07-2003 11:39
Merci ! Il me reste à trouver la rime alors ;-)
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Laegalad
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Ecrit le 25-07-2003 14:37
Deuxième épisode des Aventures de TB :Up woke Willow-man, began upon his singing, L’Homme-Saule s’éveilla, se mit à chanter, sang Tom fast asleep under branches swinging; Et Tom dormant sous ses branches fut enchanté (3); in a crack caught him tight: snick! it closed together, Il l’enserra : crac ! Et enferma en un lot [30]trapped Tom Bombadil, coat and hat and feather. Vieux Tom Bombadil, manteau, plume et chapeau. 'Ha, Tom Bombadil! What be you a-thinking, “Ah, Tom Bombadil ! A quoi pouvais-tu penser, peeping inside my tree, watching me a-drinking Epiant dans mon tronc, me regardant m’abreuver deep in my wooden house, tickling me with feather, dans ma maison, me chatouillant de ton plumage, dripping wet down my face like a rainy weather?' et tel un temps pluvieux me mouillant le visage ? » [35]'You let me out again, Old Man Willow! “Vieil Homme-Saule, veux-tu me laisser ressortir ! I am stiff lying here; they're no sort of pillow, Dans tes dures racines, je vais m’enraidir ; your hard crooked roots. Drink your river-water! il n’y a de cousins. Bois l’eau de la rivière ! Go back to sleep again like the River-daughter!' Va te coucher, tel la Fille de la Rivière ! » Willow-man let him loose when he heard him speaking; L’Homme-Saule l’écouta et le relacha; [40]locked fast his wooden house, muttering and creaking, claquant sa maison, il murmura et craqua, whispering inside the tree. Out from willow-dingle chuchottant dans son tronc. Hors du vallon du saule Tom went walking on up the Withywindle. Tom remonta à pied le long du Tournesaule. Under the forest-eaves he sat a while a-listening: Sous les frondaisons il s’assit un temps, écoutant : on the boughs piping birds were chirruping and whistling. Sur les rameaux les oiseaux sifflaient, pépiants. [45]Butterflies about his head went quivering and winking, Près de lui, des argus (4) frissonnaient, clignotaient ; until grey clouds came up, as the sun was sinking. quand vinrent les nuages, le soleil sombrait. ______ (3) désolée , Sosryko, je n’ai pas utilisé ‘chantourné’ ; c’est un très beau terme, mais utilisé seulement pour la menuiserie, malheureusement. Je n’ai rien trouvé qui indique que ce mot fut employé pour autre chose que la désignation des pièces de bois découpée en dentelle. (4) je me suis permise de préciser l’espèce des papillons, mais les argus sont à peu près les seuls que je connaisse. Ce sont de petits papillons bleus, fréquents dans les prairies, que l’on appelle aussi ‘azurés’, je crois. Et en plus leur nom ne fait que deux syllabes, ce qui tombait bien.
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sosryko
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Ecrit le 25-07-2003 19:16
(a) Je n’ai rien trouvé qui indique que ce mot fut employé pour autre chose que la désignation des pièces de bois découpée en dentelle.roÔohh ;-) as-tu bien lu De la Crème jaune...? hihi "Le vieux Väinämöinen, le barde sage vit sa vie (…) Barbe vieille, il chante ses rimes, Les chantourne, les chantebrode. Jour et jour il chante sans trêve, Chanteparle nuit sur nuitée (…)" [Kalevala, 3.1-2, 5-8, traduction de Rebourcet] « J’ai chantourné la barque bonne, chantaillé la gabarre ferme, (...)» [ 18.685-686] ;-)) ce n'était que par rapport à ces texte qui montre Väinö l'enchanteur 'sculptant' le son de ses rimes magiques que je mentionnais le verbe "chantourner" (J'aime cette utilisation de Rebourcet qui joue sur l'homophonie mais aussi sur les deux sens à la fois, le sens premier et le sens nouveau qu'il donne à 'chantourner': après tout, le mot est bien composé du mot "chant"...certes au sens de 'bande/face étroite', mais avoue que le résultat de ce déplacement est bien joli) Ce qui n'empêche que, dans le contexte du poème de TB, 'enchanter' est plus approprié il me semble. (b) Pour Up woke Willow-man, began upon his singing, L’Homme-Saule s’éveilla, se mit à chanter, sang Tom fast asleep under branches swinging; Et Tom dormant sous ses branches fut enchanté; Je propose : L'homme-saule s'éveilla, au chant il se mit, Il berça Tom de ses branches et l'endormit je préfère en tous cas, conservant l'Homme-saule comme sujet des verbes dans le second vers et utilisant le verbe "bercer" pour rendre le "balancement" des branches du saule qui a tout lieu d'être la source même du chant magique de l'Homme-saule !! Qu'en penses-tu? (c) until grey clouds came up, as the sun was sinking. quand vinrent les nuages, le soleil sombrait. Et pourquoi pas les nuages gris venus, le soleil sombrait.? là, on est limité par le choix des vers à 12 syllabes : tous deux, nous ne réussissons pas à rendre "until" ou "as", c'est dommage, mais alors, essayons au moins de conserver le maximum d'information ("grey"). de toute manière, encore bravo ;-) Sosryko
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sosryko
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Ecrit le 25-07-2003 20:41
(d)je constate que tu as attribué 13 pieds au lieu de 12 au vers 43...:-( (sauf erreur de ma part, ce qui ets possible)Aussi, voici une proposition (qui n'a d'autre raison que l'amusement que je trouve à proposer une ou deux alternatives pour privilégier certains aspects de la VO, ...c'est qu'on s'y prend facilement à ce jeu ;-)), à la fois pour le vers 43, mais aussi (en gardant plus de participes présent pour traduire les 4 -ing) pour conserver la simultanéité de la venue des nuages gris et du soir (le "as"'), à défaut de pouvoir traduire "until"; cela donne : Assis sous les frondaisons, il écoute un temps Les oiseaux sur les rameaux, pépiant et sifflant. Près de lui, des argus frissonnaient, clignotant ; Les nuages gris venaient au soleil couchant encore qu'en gardant des verbes à l'imparfait aux deux dernier vers, c'est peut-être aussi bien sinon mieux : Assis sous les frondaisons, il écoute un temps Les oiseaux sur les rameaux, pépiant et sifflant. Près de lui, des argus frissonnaient, clignotaient ; Les nuages gris venaient, le soleil sombrait. Sosryko
PS : plus j'y pense, et plus je la trouve jolie, la trouvaille des argus :-) d'autant plus que le bleu est la couleur essentielle pour Tom Bombadil!! :-))
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Laegalad
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Ecrit le 27-07-2003 11:06
>(a) Je n’ai rien trouvé qui indique que ce mot fut employé pour autre chose que la désignation des pièces de bois découpée en dentelle. roÔohh ;-) as-tu bien lu De la Crème jaune...?Mais oui ! seulement il reste que cela s'applique plus à la sculpture ; c'est pourquoi j'ai préféré ne pas l'utiliser : le mot 'chantourner' m'évoque invariablement ma petite scie qui n'a servie que 2 fois depuis que je l'ai ;-). cela dit, je suis parfaitement d'accord sur la beauté du mot ;-) (b)> Ce n'est pas une mauvaise idée ;-) L'avis d'une tierce personne serait bienvenue, parce que à force d'avoir le nez dessus, je commence à avoir du mal à juger, mais ta proposition est interessante... Je la garde ! (c) et (d) vers 46 : ta dernière trouvaille est préférable, je crois (Les nuages gris venaient, le soleil sombrait.) Pour le vers 43, tu as raison : il m'a échappé. Je prends donc ton 'Assis sous les frondaisons, il écoute un temps Les oiseaux sur les rameaux, pépiant et sifflant.' Mais je mettrai 'écouter' au passé simple (he sat). Ce quatrain corrigé donnera donc : Assis sous les frondaisons, il écouta un temps Les oiseaux sur les rameaux, pépiant et sifflant. Près de lui, des argus frissonnaient, clignotaient ; les nuages gris venaient, le soleil sombrait. A bientôt pour le 3e épisode ;-)
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sosryko
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Ecrit le 27-07-2003 12:29
Mais oui ! seulement (...) le mot 'chantourner' m'évoque invariablement ma petite scie qui n'a servie que 2 fois depuis que je l'ai ;-). Qu'il est souvent lourd, ce passé que l'on traîne derrière soi ;-))
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Laegalad
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Ecrit le 28-07-2003 11:26
Wops, le vers 43 fait toujours 13 au lieu de 12 : allons pour "Sous les arbres il s’assit, écouta un temps", avant de passer au 3e épisode : Then Tom hurried on. Rain began to shiver, Lors Tom pressa le pas. La pluie éclaboussait, round rings spattering in the running river; dans la rivière roulante ses ronds crissaient ;(5) a wind blew, shaken leaves chilly drops were dripping; le vent fit ruisseller les feuilles d’eau fraîche ; [50]into a sheltering hole Old Tom went skipping. dans un trou Vieux Tom sauta comme une fleche. Out came Badger-brock with his snowy forehead De là sortit Blaireau-blarel (6) au front neigeux, and his dark blinking eyes. In the hill he quarried aux yeux noirs clignotants. Il creusait en ces lieux with his wife and many sons. By the coat they caught him, avec sa famille. Ils saisirent son manteau, pulled him inside their earth, down their tunnels brought him. le poussèrent à travers tunnels et terreau. [55]Inside their secret house, there they sat a-mumbling: En leur cachette, ils s’assirent à marmonner : 'Ho, Tom Bombadil' Where have you come tumbling, “Oh, Tom Bombadil ! D’où as-tu dégringolé, bursting in the front-door? Badger-folk have caught you. enfonçant la porte d’entrée ? Nous t’avons pris, You'll never find it out, the way that we have brought you!' et jamais tu ne pourras sortir d’ici ! » 'Now, old Badger-brock, do you hear me talking? ”Hola, vieux Blaireau-blarel, m’entends-tu parler ? [60]You show me out at once! I must be a-walking. Montrez-moi donc la sortie ! Je dois m’en aller. Show me to your backdoor under briar-roses; Menez-moi à la porte sous les églantiers; then clean grimy paws, wipe your earthy noses! puis nettoyez vos pattes et vos nez crottés ! Go back to sleep again on your straw pillow, Retournez vous coucher sur vos cousin d’épis, like fair Goldberry and Old Man Willow!' tels Vieil Homme Saule et Baie d’Or la jolie ! » [65]Then all the Badger-folk said: 'We beg your pardon!' ”Nous te demandons pardon ! » dirent les blaireaux, They showed Tom out again to their thorny garden, l’emmenant à leur jardin piquant aussitôt, went back and hid themselves, a-shivering and a-shaking, avant de rentrer, tous frissonnants, se cacher, blocked up all their doors, earth together raking. de verrouiller les portes et de ratisser. Rain had passed. The sky was clear, and in the summer-gloaming La pluie avait cessée. Le ciel était clair, [70]Old Tom Bombadil laughed as he came homing, et Vieux Tom rentra, riant dans la lumière, unlocked his door again, and opened up a shutter. déverrouilla sa porte et ouvrit les volets. In the kitchen round the lamp moths began to flutter: Autour des lampes des phalènes voletaient; Tom through the window saw waking stars come winking, Tom vit à la fenêtre les astres cligner, and the new slender moon early westward sinking. et tôt à l’ouest la mince lune sombrer. _________ (5) round rings spattering in the running river : il me fallait conserver l’allitération dans la traduction. Mais « crisser » est moins approprié que « crépiter », qui ne rentrait pas. (6) Badger-brock : d’après mon dico, les deux veulent dire ‘blaireau’. J’ai donc utilisé l’ancien français ‘blarel’.
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sosryko
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Ecrit le 28-07-2003 13:01
Quelle rapidité! merci Laegalad! Aucunement le temps de faire des propositions (je n'ai ni ton habitude, ni ton talent) car "j'ai des choses à faire, (...), ma composition et mon chant, mes discours et ma promenade" {167} ;-)une seule remarques : "et jamais tu ne pourras sortir d’ici !" : 11 pieds seulement il me semble :-( ah! pour les argus, te souvenais-tu qu'il apparaissent liés à Tom dans Le Seigneur des Anneaux ? Je viens de le (re)découvrir : [Tom] choisit pour lui-même une broche incrustée de pierres bleues, à reflets multiples, telles des fleurs de lin ou les ailes de papillons bleus. Il la contempla longuement, comme sous l'impression de quelques souvenir (...) Sosryko
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Laegalad
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Ecrit le 29-07-2003 13:05
Rapidité? La traduction est déjà faite, mais il me reste à taper le texte ;-)>"et jamais tu ne pourras sortir d’ici !" : 11 pieds seulement il me semble :-( Exact, il y a un "plus" qui a sauté entre l'étape manuscrite et tapuscrite ;-) : "et jamais plus tu ne pourras sortir d'ici !" Sinon, j'ai reréfléchis aux vers 27-28 : Up woke Willow-man, began upon his singing, sang Tom fast asleep under branches swinging; 'L'Homme Saule s'éveilla, se mit à chanter, et Tom bercé par ses branches fut enchanté'. Cela vient plus naturellement que 'au chant il se mit' (j'évite autant que possible les inversions, ce qui est difficile, mais plus souple à la diction : il s'agit d'un chant de Hobbit, donc plutôt simple). Qu'en dis-tu ? Et pour les argus : il semble que je fais bien de ne connaître que 2 papillons ;-)
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sosryko
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Ecrit le 29-07-2003 14:49
'L'Homme Saule s'éveilla, se mit à chanter, et Tom bercé par ses branches fut enchanté'.Qu'en penses-tu? ça tient la route, mais : (1) je n'aime pas trop ces deux rimes identiques (chanter/chanté)que j'avais voulu éviter; (2) de plus, mon inversion était volontaire pour rendre l'inversion que Tolkien introduit au début du vers "Up woke Willow-man" (au lieu de 'Willow-man woke up') (3) enfin, je trouve qu'il faut maintenir l'Homme-saule sujet des verbes dans ce couple de vers. J'aime donc toujours L'homme-saule s'éveilla, au chant il se mit, Il berça Tom de ses branches et l'endormit Mais je reconnais qu'il y a là une affaire de goût ;-) S.
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Laegalad
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Ecrit le 02-08-2003 13:37
entre les deux, mon coeur balance... Voici le 4e épisode :[75]Dark came under Hill. Tom, he lit a candle; La nuit vint. Tom alluma une bougie, upstairs creaking went, turned the door-handle. monta les escaliers, et sa porte il ouvrit. 'Hoo, Tom Bombadil! Look what night has brought you! ”Hou, Tom Bombadil! Vois ce que la nuit t’apporte ! I'm here behind the door. Now at last I've caught you! Enfin je t’attrape ! Je suis derrière la porte. You'd forgotten Barrow-wight dwelling in the old mound L’Etre du Galgal (7), sur la colline placé, [80]up there on hill-top with the ring of stones round. encerclé de pierres, tu l’avais oublié! He's got loose again. Under earth he'll take you. Il s’est réchappé. Sous terre il t’emporteras. Poor Tom Bombadil, pale and cold he'll make you!' Pauvre Tom Bombadil ! Pâle et froid tu seras ! 'Go out! Shut the door, and never come back after! ”Va-t-en ! Ferme la porte, et ne reviens jamais ! Take away gleaming eyes, take your hollow laughter! Reprend ton rire grave et tes yeux d’effraie ! [85]Go back to grassy mound, on your stony pillow Sur ton lit de pierre étend ta tête osseuse, lay down your bony head, like Old Man Willow, tel l’Homme-Saule, va à ta colline herbeuse, like young Goldberry, and Badger-folk in burrow! Comme Baie d’Or et les blaireaux dans leur terrier ! Go back to buried gold and forgotten sorrow!' Retourne à l’or caché, au chagrin oublié ! » Out fled Barrow-wight through the window leaping, L’Etre du Galgal par la fenêtre s’enfuit, [90]through the yard, over wall like a shadow sweeping, Par le verger, par-dessus le mur il partit, up hill wailing went back to leaning stone-rings, rejoignit gémissant le cercle pierreux, back under lonely mound, rattling his bone-rings. le tertre isolé, cliquant ses anneaux osseux. Old Tom Bombadil lay upon his pillow Vieux Tom sur son traversing s’étendit alors, sweeter than Goldberry, quieter than the Willow, plus calme que le Saule, plus doux que Baie d’Or, [95]snugger than the Badger-folk or the Barrow-dwellers; plus au chaud que gens du Galgal ou bien Blaireaux ; slept like a humming-top, snored like a bellows. Il ronfla comme un soufflet, dormant aussitôt. ________ (7) j’ai gardé l’expression de Ledoux, qui me plait, encore que j’en ignore l’origine. Au moins il n’y a pas de doute quant à l’emplacement de ces tumulus pour les lecteurs français ;-).
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Laegalad
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Ecrit le 02-08-2003 13:39
Oups, 'sous terre il t'emportera'. |
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Finrod
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Ecrit le 09-08-2003 10:10
Grand bravo pour ta traduction (et dire que je serais incapable de traduire deux vers... ;-))!>(7) j’ai gardé l’expression de Ledoux, qui me plait, encore que j’en ignore l’origine. Pour quelques explications sur ce sujet (qui montrent que Ledoux était capable de jolies trouvailles), voir notamment ici. A quand le cinquième épisode ? ;-) L. |
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Laegalad
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Ecrit le 15-08-2003 10:02
Merci Finrod ;-)Le 5e épisode ? Puisque tu le demande, le voici, mais tout d'abord... ...Il y a un élément sur lequel j'aimerai avoir votre avis pour ce qui va suivre: c'est le fameux "Come, derry-dol, merry-dol, my darling !". Déjà au niveau du sens, mon bilingue ne m'indique aucune traduction pour 'derry' et 'dol'. J'en ai conclu que c'était des non-sens, utilisés pour les allitérations. Peut-être faut-il voir un parallèle dol/doll, mais je vois mal TB traiter Baie d'Or de poupée. On a 'merry', évidemment, pour "gaie", et un rythme ternaire. Là où j'hésite, c'est pour rendre cet effet - allitération et rythme ternaire. Ledoux a laissé tel quel, en tranduisant 'merry' ("Viens, derry dol, gaie dol, ma chérie", de mémoire), mais on perd l'effet ternaire. Dashiel Hodayat... je ne reviens pas sur son "auprès de ma blonde". Je pensais à quelque chose comme "Viens ! Mimelin', mégailin', mon amie !", où il ne faut pas chercher de sens (mais j'ai gardé l'idée de joie), mais qui garde rythme ternaire et effet alllitératif. Ou alors laisser "Viens ! Derry-dol, merry-dol, mon amie !", mais ça sonne un peu trop anglais à mon goût. ‘Amie’ étant choisie pour le "m", évidemment. He woke in morning-light, whistled like a starling, Il sifflota comme un sansonnet au matin, sang, 'Come, derry-dol, merry-dol, my darling!' chantant : “Mimelin’, mégailin’, mon amie, viens ! » He clapped on his battered hat, boots, and coat and feather; Il claqua vieux chapeau, bottes, plumes et manteau ; [100]opened the window wide to the sunny weather. il ouvrit grand sa fenêtre au temps doux et chaud. Wise old Bombadil, he was a wary fellow; Le sage Tom était un prudent compagnon; bright blue his jacket was, and his boots were yellow. bleue était sa veste et jaunes ses botillons. None ever caught old Tom in upland or in dingle, Personne ne l’attrapa, au plateau, en vallée, walking the forest-paths, or by the Withywindle, sur le Tournesaule ou les chemins forestiers, [105]or out on the lily-pools in boat upon the water. ou en bateau entre les lys de l’onde claire. But one day Tom, he went and caught the River-daughter, Mais il attrapa la Fille de la Rivière, in green gown, flowing hair, sitting in the rushes, sur les joncs, len robe verte, cheveux flottants, singing old water-songs to birds upon the bushes. de vieiles chansons d’eau aux oiseaux chantant. He caught her, held her fast! Water-rats went scuttering Il la serra vite ! Détalèrent les rats, [110]reeds hissed, herons cried, and her heart was fluttering. siflèrent joncs et hérons ; son cœur palpita. Said Tom Bombadil: 'Here's my pretty maiden! ”Voilà ma jolie dame ! » Tom Bombadil dit : You shall come home with me! The table is all laden: ”Tu devrais venir chez moi ! La table est servie : yellow cream, honeycomb, white bread and butter; crème jaune, rayons de miel, beurre et pain blanc ; roses at the window-sill and peeping round the shutter. des roses à la fenêtre, au volet épiant. [115]You shall come under Hill! Never mind your mother Viens au pied de la colline ! Oublie ta mère : in her deep weedy pool: there you'll find no lover!' tu ne trouveras pas d’amant dans sa rivière ! » Old Tom Bombadil had a merry wedding, Vieux Tom, couronné de renoncules d’eau (8) crowned all with buttercups, hat and feather shedding; eu des noces bien gaies, sans plume ni chapeau; his bride with forgetmenots and flag-lilies for garland la mariée, en vert-argent, d’iris des marais [120]was robed all in silver-green. He sang like a starling, était fleurie. Il chanta comme un sansonnet, hummed like a honey-bee, lilted to the fiddle, joua du violon, fredonna comme une abeille, clasping his river-maid round her slender middle. serrant sa dame de l’eau par sa taille frêle. Lamps gleamed within his house, and white was the bedding; Blanc le lit ; dans la maison des lampes brillèrent; in the bright honey-moon Badger-folk came treading, dans la lune de miel les blaireaux s’avancèrent [125]danced down under Hill, and Old Man Willow dansèrent au pied de la Colline ; eux dormaient, tapped, tapped at window-pane, as they slept on the pillow, mais Vieil Homme Saule au carreau toquait, toquait ; on the bank in the reeds River-woman sighing sur les joncs, la femme de l’Onde soupirait heard old Barrow-wight in his mound crying. et entendit l’Etre du Galgal qui pleurait. Old Tom Bombadil heeded not the voices, Aucune voix Vieux Tom n’écoutait, [130]taps, knocks, dancing feet, all the nightly noises; ni les bruits nocturnes, coups, dances à petits pas ; slept till the sun arose, then sang like a starling: il chanta comme un sansonnet quand le jour vint : 'Hey! Come derry-dol, merry-dol, my darling!' ”Hé ! Mimelin’, mégailin’, mon amie, viens !” sitting on the door-step chopping sticks of willow, assis sur le perron, il taillait des batons, while fair Goldberry combed her tresses yellow. et la jolie Baie d’Or tressait ses cheveux blonds. ________ (8) les boutons d’or sont de la famille des renoncules, mais je perd la couleur jaune : les renoncules d’eau (renoncule aquatique, renoncule lierre ou renoncule des rivières) sont blanches. |
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vincent
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Ecrit le 16-08-2003 14:41
il sera intéressant de comparer tout cela avec les choix de Céline Leroy, qui a largement révisé "Les Aventures de Tom Bombadil" à paraître dans _Faërie II_. de bons débats en perspective :-)V |
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Laegalad
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Ecrit le 17-05-2004 16:05
Voici un essai de traduction de Shadow-Bride, extrait des ATB, revu il y a quelque temps avec Moraldandil mais que j'avais oublié dans un coin de mon ordi :)J'ai voulu conserver les rimes croisées et l'alternance vers courts/vers longs de l'original, mais garder 8/6 était par trop acrobatique… je me suis rabattue sur du 12/10, plus lisible, et en essayant de ne pas broder :) Par contre les allitérations des octosyllabes sont difficiles à garder en début de mot… alors je les ai décalées vers la fin des mots autant que j'ai pu, pour garder l'écho – en évitant que cela sente trop l'artifice aussi. Le titre n'a pas été aussi évident qu'il le paraît à choisir : Dashiell Hedayat comme Céline Leroy proposent La femme de l'ombre, mais cela ne me satisfaisait pas : l'homme ne projette pas d'ombre, et il utilise celle de la dame grise. La jeune femme ne peut donc être fiancée à une ombre, elle est l'ombre de l'homme. J'ai donc opté pour l'ombre-fiancée, utilisant 'fiancée' de préférence à 'femme', puisque bride signifie 'future mariée' ou 'jeune mariée'... et que l'ombre-femme n'aurait pas eu la même signification. Autre chose : chaque strophe commence par there... Il m'a parut nécessaire de garder un début identique dans la version française... la question était : traduire par " il était... " ou préférer " là... " ? L'idée d'immuabilité et d'immobilité m'a semble importante dans le poème, there est le point tournant de rencontre entre l'homme de pierre et la femme-ombre. Je crois qu'il aurait été dommage de la perdre, même si le premier vers sonne étrangement. Le problème de commencer par 'il' est que cette idée d'ubiquité devient très sous-entendue, et que l'effet de répétition est un peu noyé Shadow-bride L'ombre-fiancée There was a man who dwelt alone, (Là vivait un homme qui restait solitaire,) as day and night went past (comme passaient et les jours et les nuits) he sat as still as carven stone, (il restait assis comme s'il était de pierre, ) and yet no shadow cast. (mais sans projeter d'ombre autour de lui.) The white owls perched upon his head ( Sur sa tête les chouettes blanches se perchèrent) beneath the winter moon; (à la lueur d'une lune hivernale ; ) they wiped their beaks and thought him dead ( elles s'essuyèrent le bec et le pensèrent) under the stars of June. ( bien mort sous les étoiles estivales.) There came a lady clad in grey ( Là vint une dame toute vêtue de gris) in the twilight shining: (illuminée par l'aube à peine née :) one moment she would stand and stay, (elle s'accorda un moment de flânerie,) her hair with flowers entwining. (mêlant des fleurs à ses cheveux tressés.) He woke, as had he sprung of stone, (Il s'éveilla comme surgi de la pierre,) and broke the spell that bound him; (brisant le sort qui le liait ainsi ;) he clasped her fast, both flesh and bone, (il se saisit d'elle, serrant fort os et chair,) and wrapped her shadow round him. (tout en drapant son ombre autour de lui.) There never more she walks her ways (Là jamais plus elle ne vient se promener) by sun or moon or star; (lorsque étoile ou soleil ou lune luit ;) she dwells below where neither days (car dans les profondeurs elle doit demeurer,) nor any nights there are. (où n'existent ni les jours ni les nuits.) But once a year when caverns yawn (Mais une fois l'an on voit les grottes éclore) and hidden things awake, (et les choses enfouies sortent en nombre,) they dance together then till dawn (alors ils dansent ensemble jusqu'à l'aurore) and a single shadow make. (et ils ne projettent qu'une seule ombre.) Dernier mot quant à la troisième strophe (la plus difficile à rendre :)) : l'emploi du 'là' m'entraîne à faire des modifications, et surtout à employer au vers 3 une idée de volonté adverse ("elle doit demeurer") ; je ne la pense pas aberrante, même si elle n'est pas exprimée dans l'original : la belle dame ne semble pas avoir eu droit au chapitre, un peu à la manière de Perséphone, enlevé par un homme sur-naturel alors qu'elle ramassait paisiblement ses fleurettes, et condamnée à ne voir le monde d'en-dessus qu'une fois l'an (encore que Perséphone est mieux lotie : elle passe la moitié de l'année aux côtés de sa mère :)) Stéphanie - le troisième post sera le bon... :) |
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Laegalad
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Ecrit le 17-05-2004 16:07
Grmf... j'abandonne pour aujourd'hui, les Buggles se liguent contre moi :| |