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Section « Hors du Légendaire » Fuseau « Le sens du Conte » |
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Le sens du Conte
- Les messages - |
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Yyr le 18-06-2003 à 14:33 |
En réponse, peut-être, à une très belle question de MJ : pourquoi Tolkien avait-il gommé de ses oeuvres toute référence religieuse ? la fameuse lettre à Robert Murray [L142§1] : […] I think I know exactly what you mean by the order of Grace; and of course by your references to Our Lady, upon which all my own small perception of beauty both in majesty and simplicity is founded. The Lord of the Rings is of course a fundamentally religious and Catholic work; unconsciously so at first, but consciously in the revision. That is why I have not put in, or have cut out, practically all references to anything like 'religion', to cults or practices, in the imaginary world. For the religious element is absorbed into the story and the symbolism. However that is very clumsily put, and sounds more self-important than I feel. For as a matter of fact, I have consciously planned very little; […] Allons-y pas à pas dans la traduction … un régal :) […] Je crois savoir exactement ce que vous voulez dire par l’ordre la Grâce; et bien sûr par vos références à Notre Dame, en laquelle repose toute ma modeste perception de la beauté tant dans la majesté que dans la simplicité. Le Seigneur des Anneaux est bien sûr une oeuvre fondamentalement religieuse et catholique ; inconsciemment au début, mais consciemment dans sa révision. Tiens … cette phrase a un contexte ?! :) :) :) Bon, soyons très terre-à-terre et poursuivons : qu’en est-il de cette " révision " ? en quoi a-t-elle donc consisté, pour parfaire une œuvre fondamentalement catholique ? C’est pourquoi n’y-ai je mis, ou bien en ai-je ôté, pratiquement toutes les références à quoi que ce soit qui approche 'religion', aux cultes ou pratiques, dans le monde imaginaire. Comment ?!! C’est en enlevant croix, clocher, chapelle et oratoire ?! Non ? Vous n’avez pas osé, professeur ? … - Si ! :) Mais le paradoxe n’est qu’apparent, car … Car l’élément religieux est absorbé dans l’histoire et le symbolisme. J’ignore si cela est difficile à comprendre ; pour un étoilé, c’est l’évidence même. Pour certains contes, le sens est dans ce qu’il *produit*, non dans ses matériaux. ( Mais cela est dit bien maladroitement, et sonne à mes oreilles plus prétentieux que je ne le ressens. Car à dire vrai, je n’ai planifié consciemment que très peu ; […] C’est bon professeur, on a compris, ce n’est pas la peine d’en rajouter :) Vous n’allez tout de même pas sous-entendre en plus que cela s’est fait avec l’action de l’Esprit Saint ? Comment ça et pourquoi pas ??? |
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Vinyamar
le 18-06-2003 à 15:32 |
Salut yyr, et belle attaque de la question. Mais je garantis qu'il y en aura pour ne pas comprendre et rester insatisfaits des mots du professeur. (et après tout, pourquoi seraient-il beaucoup plus limides que son oeuvre ? Il n'a pas écrit pour le public d'Harry Potter) Par contre, j'ai du mal à saisir le lien très exact avec ton titre de sujet (ou alors... non quand même pas) |
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Cynewulf
le 18-06-2003 à 19:57 |
Bon, bah Yyr je pense qu'il n'y a pas grand chose à rajouter de plus... Sinon que l'idée que Tolkien soit inspiré par l'Esprit Saint n'est pas sans me plaire: mais bon il faut un minimum de Foi pour comprendre ça: de même que Socrate ou Aristote entrevoyaient la vérité sans le savoir, parce que l'Esprit souffle où il veut. Enfin voilà: Tolkien a écrit une oeuvre chrétienne sans s'en apercevoir au début et après consciemment. Le fait qu'il n'y ait pas de référence au religieux et le fait qu'il ait volontairement retiré toute référence explicite à la religion chrétienne montre à mon avis un certain "esprit laic" de Tolkien. L'idée c'est que Tolkien devait supporter assez mal c'est esprit clérical qui commençait à pointer déjà dans les années 50. Vous savez le fait de croire que pour être chrétien il faut faire toujours référence au christianisme que ce soit dans les discussions les plus anodines, les blagues etc...en gros selon l'esprit clérical il faut que tout tourne autour de la religion. Il est amusant de voir qu'un auteur spirituel espagnol qui a vécu à la même époque que Tolkien...prêchait l'esprit laic des personnes qui ont une vocation dans le monde. Ce prêtre se disait même anti-clérical (attention au sens!! En gros il n'était pas friant des personnes cléricales...le trait d'union a un plein role ici (lol)) En fait sans doute Tolkien préférait insinuer, proposer des idéaux: laisser la liberté aux gens; imaginez quelle est la meilleure façon pour convertir aujourd'hui...est ce qu'il faut parler de Dieu tout le temps (ah c'est fou ce que le monde aime parler de Dieu en ce moment c'est vrai nan? - LOL -) ou alors montrer certains aspects principaux de la religion...puis par un ingénieux système de dévoilement (comme Gandalf dans la foret de Fangorn...quand il enlève son manteau gris): là les gens qui n'y croyaient pas sont subjugués...non pas par une démonstration savante ou par un assommoir de référence à Dieu...mais tout simplement par eux mêmes: exactement la méthode que Tolkien a utilisé avec CS. Lewis. En gros le système c'est d'utiliser des arguments ad hominem (homino) parce que la type en face est battu sur son propre terrain. Imaginez que Tolkien viennent lui même sur ce site...et confirme lui même tout ce qui a pu être dit quant aux références au religieux: que diraient les personnes incroyantes: soit elles seraient hypocrites et laisseraient tomber le SDA soit elles entamerait un (lent) chemin de conversion. Et puis en plus je suis sur que Tolkien savait que s'il mettait des références explicites au religieux il n'aurait eu qu'un public essentiellement chrétien, ce que je pense ne pas avoir été son but premier. Tolkien s'adresse au plus intime de l'Homme "la raison naturelle, à laquelle tous sont contraints d'assentir" comme le dit très bien St Thomas d'Aquin. Il fait fi des grandes démonstrations, parce qu'elles sont trop limitées, elles n'englobent pas assez de personnes. Il faut toucher plus. Mais bon vu comme ça le SDA apparait comme un projet apostolique de grande envergure (lol)...ce n'est pas non plus cela: mais je pense qu'en faisant surgir quelques sentiments chez le lecteur, en le faisant réagir...si Tolkien a réussi à faire ça...alors il a réussi le principal. Je ne pense meme pas que Tolkien ait eu des volontés apostoliques...plutot des velleités. Bon je m'arrête là...je risque de déraper à tout moment (si ce n'est pas déjà fait...lol) JB |
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Cynewulf
le 18-06-2003 à 20:01 |
Oups la coquille, à un moment j'écris "puis par un ingénieux système de dévoilement" et puis une parenthèse et puis rien: en gros la suite c'est "montrer la nature catholique de l'oeuvre, pour leur montrer que la religion (catholique) est comme ce conte, avec les sacrements en plus c'est tout" |
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romaine
le 18-06-2003 à 20:57 |
Pour Cynewulf: "Imaginez que Tolkien viennent lui même sur ce site...et confirme lui même tout ce qui a pu être dit quant aux références au religieux: que diraient les personnes incroyantes: soit elles seraient hypocrites et laisseraient tomber le SDA soit elles entamerait un (lent) chemin de conversion". Hé bé milledieux (si j'ose dire...) l'alternative est cornélienne! :oD J'ose penser qu'il y aurait des voies "médianes", comme continuer à lire le SdA, et respecter le droit le plus strict de l'auteur et de l'oeuvre a avoir des "références au religieux" Tu t'es un peu laissé emporter par ta démonstration, non? ;o)) |
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Mj du Gondor
le 18-06-2003 à 22:30 |
Cynewulf: Tu as déjà fait la moitié du chemin vers moi à moins que ce n'soit l'inverse. Romaine: nous n'abandonnerons jamais le SDA et puis quoi encore !!!! Voici ma réponse à Yyr et Vinyamar:(sans fantaisie html car ça me fait trop peur!) Je ne vais surement pas me contenter de votre réponse !! Mais tout d'abord merci d'avoir ouvert ce fuseau, merci de me répondre et merci pour les traductions. Qui était Robert Murray : le frère R. Murray était un ami de la famille, un ecclesiastique gravitant dans la même sphère universitaire que Tolkien avec qui il entretenait des liens si étroits qu'il a participé à la messe de requiem de notre professeur où il assistait le propre fils de JRRT (une biographie de Carpenter) Je suppose que la question du frère Murray (le contexte) devait être "doit on considérer que les oeuvres (SDA et Silmarillion) étaient inspirées d'une foi chrétienne" ou bien la question était-elle encore plus proche de la mienne. La première partie de la lettre est pour moi très obscure n'ayant aucune idée de la signification de "ordre de grâce" Plus loin: "référence à Nore Dame en laquelle repose toute ma modeste perception de la beauté, tant dans la majesté que dans la simplicité" Pour la suite, je comprends que par un choix délibéré (on est bien d'accord sur ce point) il a éffacé toute référence à la religion, aux cultes et aux pratiques religieuses. "Car l'élément religieux est absorbé dans l'histoire et le symbolisme" Donc pour résumer: Le monde imaginaire de la TDM exclut tout ce qui pourrait avoir une connotation religieuse(total désaccord pour l'Ainulindalë !)parce que religieux et merveilleux ne peuvent s'entremêler (je crois que c'est ce que condamnait ou désapprouvait Tolkien dans la littérature médiévale). On peut y lire parfois, si on le souhaite, l'expression d'un symbolisme chrétien parce que ces oeuvres sont celles d'un catholique et qu'il serait audacieux et peu constructif de vouloir lire le contraire de ce qu'il a sûrement profondément ressenti. Mais celà ne répond pas à la question: Pourquoi ? Je vais reprendre le message de Cynewulf ! dont une partie de la réponse semble bien me rejoindre ! Mj |
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Hisweloke
le 19-06-2003 à 03:24 |
Cynewulf: Imaginez que Tolkien viennent lui même sur ce site...et confirme lui même tout ce qui a pu être dit quant aux références au religieux: que diraient les personnes incroyantes: soit elles seraient hypocrites et laisseraient tomber le SDA soit elles entamerait un (lent) chemin de conversion. "Ai-je besoin de croire en Odin pour apprécier le lyrisme des Eddas? Dois-je croire en vieux Vaino pour m'enchanter à la lecture du Kalevala? Me faut-il vénérer le panthéon grec pour vivre l'Illiade et l'Odyssée? Et enfin dois-je croire en Dieu pour m'éverveiller devant la Bible et ces valeurs que certains disent chrétiennes? Ou avoir Bouddha dans mon coeur quand une sage maxime m'est citée? Las! Le glaive est tombé: je devrais me convertir (mais lentement, sans me presser, à croire que la Révélation ne saurait être hâtive)... ou partir vers l'Est maudit à jamais, loin des terres de la Faërie. Mais qu'importe, il est vrai, s'il ne restera en ces terres que ceux pour lesquels la poésie et la richesse du verbe n'est rien, pour lequel l'attrait du mythe et l'immensité des constructions de la psyché humaine sont vains." Voilà en peu de mots, jeune homme, ce qu'un incroyant - peut-être - aurait pu dire. Mais si Tolkien, revenu d'entre les morts (Dieu l'en garde!), infirmait toutes ces références, alors... Ah! L'étrange rhétorique dialecticienne que voilà ;) Ho Antilegôn |
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Szpako
le 19-06-2003 à 04:45 |
Yyr >>> Tu aurais dû traduire la petite intro à cette fameuse lettre 142, assez éclairante pour comprendre la réponse de Tolkien sans s’arracher les cheveux ;-)) Je t’en laisse donc l’initiative afin d’apaiser Mj ;-)) >>>> Car l’élément religieux est absorbé dans l’histoire et le symbolisme. J’ignore si cela est difficile à comprendre ; pour un étoilé, c’est l’évidence même. En effet, l’évidence même :-) On est dans un monde préchrétien et pour les croyants, toutes les formes, antérieures à la Révélation, de l’adoration, des terreurs ou des espoirs métaphysiques sont une aspiration à la vérité, une intuition humaine des mystères encore irrévélés (ex les traits christiques chez Gandalf, Aragorn et Frodo, ceux de Marie chez Galadriel et Elbereth/Varda, Lady of the Stars ….). Pour certains contes, le sens est dans ce qu’il *produit*, non dans ses matériaux C’est bien l’avis de Tolkien ;-)) in Faërie qui insiste sur ce point : « quelles sont les valeurs et les fonctions de ce genre ? C’est là … la plus importante question. » (ch. Des enfants) A ce propos, selon Eliade (Aspects du Mythe), le sens du conte, dès ses origines, révèle un certain comportement de l’homme à l’égard du sacré. Mais à la différence du mythe et de la saga, il y a dans le conte « camouflage des motifs et des personnages mythiques …dégradation du sacré … si dans les contes les dieux n’interviennent plus sous leurs propres noms, leurs profils se distinguent encore dans les figures des protecteurs, des adversaires et des compagnons du héros. Ils sont camouflés … déchus – mais ils continuent de remplir leur fonction » (p.245 ; on en avait déjà parlé ailleurs avec Nikita). Tolkien, qui cherche à réhabiliter le conte dans ce sens (la preuve, le SdA), est bien du même avis. >>> Vous n’allez tout de même pas sous-entendre en plus que cela s’est fait avec l’action de l’Esprit Saint ? Comment ça et pourquoi pas ??? Il me semble que j’en avais déjà dit un mot ailleurs ;-)) Dans plusieurs lettres, Tolkien précise qu’il n’invente pas ses histoires, « elles me vinrent à l’esprit comme si elles m’avaient été ‘données’ … J’ai pourtant toujours eu conscience de mettre par écrit ce qui était déjà ‘là’ qq part, et de ne pas ‘inventer’ » (traduction de la Lettre 131 par Eruvike in Conférence). C’est l’impulsion divine qui suranime sa plume (L113, p.126), ailleurs il se présente comme un instrument, imparfait, de la providence (L328, p.413). « I have long ceased to invent … I wait till I seem to know what really happened. Or till it writes itself » (L180 , p.231, 1956). Tolkien se considère comme un subcréateur, participant à l’enrichissement de la Création, à la manière des Valar, ces dieux artisans qui façonnent et élaborent à partir de la matière préexistante (Bach aussi se considérait humblement comme artisan de Dieu et non artiste) ; notre professeur distingue entre création et élaboration dans son Légendaire, « la création … est l’acte de la volonté d’Eru, l’Un qui donne réalité à ses pensées, et l’élaboration, qui est permise » (p.721, Conférence). Notons également que le don d’Eru aux Elfes est le don de subcréation à la gloire de la Création : « Que les Quendi soient les plus belles des créatures terrestres, qu’ils possèdent et imaginent et fassent apparaître plus de beauté que tous mes autres Enfants… » (Silm, p.48). Et finalement le plus beau des contes de fées est celui du Christ car « cette histoire est entrée dans l’Histoire et le monde primaire » (Faërie, épilogue). Pour Tolkien le cœur du Christianisme est un mythe qui est aussi un fait et Lewis de renchérir : « The old myth of the Dying God, without ceasing to be myth, comes down from the heaven of legend and imagination to the earth of history » (Essays on Theology and Ethics, p.66). Pour conclure, disons que dans une perspective chrétienne, la créativité humaine est la créativité divine en l’homme. Le philosophe Fichte exprime bien cette philosophie de la créativité divine en l’homme : « tout le nouveau, le grand et le beau qui est venu au monde depuis le commencement du monde et qui viendra en lui jusqu’à la fin, est venu et viendra en lui par l’Idée divine qui s’exprime en se particularisant dans des individus élus » et cette élection apparaît dans l’acte de l’homme qui « par la liberté suprême renonce à sa liberté et indépendance propre », cad l’humanisme chrétien met la grandeur de l’homme dans son humble renoncement à lui-même, et identifie la suprême manifestation de la créativité humaine à l’extrême passivité dont la liberté de l’homme s’est rendue capable en se laissant porter sans réticence par la grâce. Mais je suppose (j’espère) que comprendre cela n’est pas spécialement réservé à une élite, chers messieurs ;-)) Mais prudence ;-)) Dans une petite note à propos des Ents (Lp.211-212), lorsque Tolkien précise qu’il ne les a pas inventés consciemment, il ajoute immédiatement que rétrospectivement dans une démarche analytique, qu’ils sont les fruits de la philologie, de la littérature et de la vie réelle : « … I did not consciously invent them at all … I was not inventing but reporting (imperfectly) … but looking back analytically I should say that Ents are compsed of philology, literature, and life …” Il me semble alors que l’on ne doit pas juger la valeur esthétique d’une oeuvre sur sa vérité philosophique ou ses intentions morales. L’artiste n’est pas un messager. Ce n’est pas l’engagement d’une œuvre, sa mise au service de qq idéal moral, politique, religieux qui constitue sa valeur proprement artistique. Tolkien nous met aussi en garde … L’œuvre d’art a une finalité parce qu’elle est une harmonie … « Enjoyed is the key-word » (Lp.232) Cathy
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sosryko
le 19-06-2003 à 10:36 |
>>Cathy (modeste) : Il me semble que j’en avais déjà dit un mot [hi!hi!] ailleurs ;-))
S. |
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Silmo
le 19-06-2003 à 11:45 |
Hisweloke > "Ai-je besoin de croire en Odin pour apprécier le lyrisme des Eddas? Dois-je croire en vieux Vaino pour m'enchanter à la lecture du Kalevala? Me faut-il vénérer le panthéon grec pour vivre l'Illiade et l'Odyssée? Et enfin dois-je croire en Dieu pour m'éverveiller devant la Bible et ces valeurs que certains disent chrétiennes? Ou avoir Bouddha dans mon coeur quand une sage maxime m'est citée?" Didier: I agree... molto molto :-)
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lambertine
le 19-06-2003 à 15:00 |
I agree aussi. Plus largement, ne peut-on pas apprécier grandement une oeuvre littéraire ( ou autre d'ailleurs ) qui présenterait des idées opposées à celle du lecteur sans être entraîné par cette oeuvre à se "convertir" ? Dois-je limiter mes "coups de coeurs" àux auteurs qui partageraient mes points de vues ou renier ceux-ci ? Je ne le crois pas. Dieu sait si je suis personnellement croyante, mais il est parfaitement possible d'aimer profondément l'oeuvre de Tolkien sans partager sa Foi, car je pense qu'il y a dans l'oeuvre plus que cette Foi. |
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Cynewulf
le 19-06-2003 à 16:05 |
Didier>>"Ai-je besoin de croire en Odin pour apprécier le lyrisme des Eddas? Dois-je croire en vieux Vaino pour m'enchanter à la lecture du Kalevala? Me faut-il vénérer le panthéon grec pour vivre l'Illiade et l'Odyssée? Et enfin dois-je croire en Dieu pour m'éverveiller devant la Bible et ces valeurs que certains disent chrétiennes? Ou avoir Bouddha dans mon coeur quand une sage maxime m'est citée?" Je ne doute pas qu'on puisse apprécier une oeuvre littéraire d'une façon tout à fait superficielle, pour la beauté des mots, le style élevé, etc... |
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Silmo
le 19-06-2003 à 16:29 |
Cynewulf "Je ne doute pas qu'on puisse apprécier une oeuvre littéraire d'une façon tout à fait superficielle, pour la beauté des mots, le style élevé, etc..." Voila un commentaire, d'une suffisance rare. C'est fort regrettable dans ce forum. Il y a, quoi qu'il en soit, une nette différence entre une oeuvre "fondamentalement religieuse et catholique ; inconsciemment au début, mais consciemment dans sa révision" et ce que tu sembles prendre pour un outil au service de la propagande de la foi (cette expression n'étant pas péjorative puisqu'officiellement utilisée en son temps par l'Eglise). Vade retro Balrog Silmo (pas du tout lol) :-( |
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Yyr
le 19-06-2003 à 17:37 |
En hâte, JB - avant que tu ne termines en steak de dragon, carcasse de carnassier, ou confit d'étoilé -, il n'y a pas *plus* besoin d'adhérer à la foi chrétienne pour visiter et apprécier le Conte d'Arda, que pour visiter et apprécier notre propre Monde. Tiens-le toi pour dit ! Par ailleurs, dans un monde comme dans l'autre, *proposer* une lecture chrétienne du monde, c'est de l'évangélisation ; l'*imposer* c'est du prosélytisme [cf. les paroles de Silmo que je rejoins] ... donc, méfies-toi ... Ensuite, je trouve un peu fort de miruvor que tu défendes en même temps la nécessité de "comprendre ce que voulais dire l'auteur" (= allégorisme) et l'entrée en Faërie par la Créance Secondaire (= l'Enchantement), qui s'opposent diamétralement.
Superbe - Merci beaucoup :) :) :)
Pour aller plus loin, lis Faërie (essai sur les Contes de Fées) :)
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Silmo
le 19-06-2003 à 18:05 |
Jérôme> merci d'apaiser le fuseau avec des paroles de raison. Je commence déjà à me calmer et c'est tant mieux pour profiter pleinement des vacances qui s'annoncent à partir de ce soir... ... et samedi soir, lorsque je regarderai Vénus, comme toujours en cette saison, au dessus des châtaigniers de la place de l'église de mon petit village au bord de la mer, je penserai au Vaisseau d' Eärendil, et lorsque le bruit des rouleaux de l'Océan tout proche, juste derrrière la coline, se répercutera sur les murs du vieux clocher, je serai bien heureux que cette bâtisse soit là et toujours debout pour servir de caisse de résonnance aux trompes d'Ulmo.... Alors, avant d'aller me coucher en rêvant à un ailleurs, j'arroserai tranquillement mes petits Olvar semés au printemps... RDV en juillet Silmo |
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Semprini
le 19-06-2003 à 18:49 |
Cynewulf>>>Je ne doute pas qu'on puisse apprécier une oeuvre littéraire d'une façon tout à fait superficielle, pour la beauté des mots, le style élevé, >>>"Mais ici n'oublions pas que nous parlons de l'oeuvre de Tolkien, ce n'est pas n'importe laquelle." >>>Je pense que si vous lisez le Seigneur des Anneaux comme un roman, c'est à dire comme une belle histoire mais rien d'autre. Bonjour Cynewulf, et bonjour à vous autres :) Je ne fais que passer mais permets-moi de manifester mon étonnement devant ce peu de crédit, voire ce mépris, que tu accordes à la littérature, au roman. L'oeuvre tolkienienne est belle et pleine de sens, mais ni plus belle, ni plus profonde, que celles de Dostoïevski, Kafka, Mann, Balzac, Céline ou Proust. Par ailleurs, une littérature devrait donc nécessairement reposer sur ce que tu estimes être une vérité absolue et incontestable pour être belle, selon toi? Mais aucun livre ne le peut, car la vérité, il m'apparait, est toujours multiple. Je suis athée et pourtant les thèmes embrassés par Tolkien me touchent profondément. J'en déduis qu'ils transcendent toute interprétation exclusivement chrétienne, toute lecture unique faite à la lueur, couvrant un espace limité, de la Bible.
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Lothiriel
le 19-06-2003 à 19:14 |
ma foi (!!!!), je vais renchérir sur les remarques de Silmo, Yyr et Semprini : si pour ma part j'aime beaucoup réfléchir sur les aspects religieux/chrétiens/catholiques de l'oeuvre de Tolkien, par goût pour l'histoire de l'Eglise, que j'étudie, et pour les études bibliques, je suis "désolée", Cynewulf, de te dire que oui, le SDA et l'oeuvre de Tolkien sont d'abord des oeuvres littéraires que j'ai lues et relues avec un plaisir sans cesse renouvelé qui n'a rien à voir avec une quelconque apologétique de la foi et de l'appartenance religieuse de l'auteur. de plus, bien des témoignages de foi restent sans écho, je ne comprends pas pourquoi celui de Tolkien serait si exceptionnel qu'il mènerait tout lecteur à la même foi. Je lis sans doute "superficiellement" les romans que j'aime, mais cela reste l'un de mes plus grands bonheurs ; l'art offre cette chance de ne pas avoir à être intellectualisé pour parler à celui qui le reçoit (lecteur, spectateur, auditeur) : dois-je être d'accord avec le choix de l'héroïne de Dancer in the dark pour trouver ce film remarquable ? eh bien non ... son choix me semble erronné et pourtant le film me touche et m'offre trois heures de bonheur. le plaisir intellectuel n'est pas limitatif d'un plaisir autre ; la quête de compréhension n'est pas exclusive des convictions ni de l'auteur ni du lecteur (je l'ai déjà dit ailleurs : que le lecteur trouve dans l'oeuvre de Tolkien plus que celui-ci n'y a mis, ou autre chose, cela n'est plus du ressort de l'auteur, qui nous a livré son oeuvre en pâture ... Merci professeur ;-) ). j'ajoute que peut-être bien que le SDA est "une belle histoire et rien d'autre" ... Car après tout, je ne demande rien d'autre à un "sous-créateur" que de m'offrir de belles histoires, quelles que soient ses inspirations et quel que soit le plaisir que j'ai à les rechercher. |
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Cynewulf
le 19-06-2003 à 19:27 |
Yyr>> "il n'y a pas *plus* besoin d'adhérer à la foi chrétienne pour visiter et apprécier le Conte d'Arda, que pour visiter et apprécier notre propre Monde. Tiens-le toi pour dit !" Je n'ai jamais dit le contraire...j'ai juste dit que le Conte d'Arda PEUT AMMENER à la foi chrétienne comme les mythologies et là je ne fait que référence au moyen qu'utilisa en son temps Tolkien avec CS Lewis. de plus tu dit: "l'*imposer* c'est du prosélytisme"...je pense que tu ne sais pas ce qu'est le prosélytisme (pas plus que Silmo d'ailleurs) car ce mot est teinté dans notre siècle d'un sens péjoratif. Sache que ce qu'à fait Tolkien avec CS Lewis (encore lui) c'est du prosélytisme...et personne n'a crié haut et fort contre l'autoritarisme de l'Eglise ou la violence de la conversion: parce que tout simplement le prosélytisme c'est proposer, avec des moyens efficaces (et parmi eux l'enthousiasme ou optimisme chrétien). Faire du prosélytisme c'est tout simplement faire du zèle...ce qui ne veut pas forcément dire avoir une attitude d'imposition...on essaye tout simplement de tout faire pour convaincre, ce qui implique évidemment que l'on croit fermement que l'on a raison. Ca peut paraitre bizarre dans l'atmosphère actuelle de relativisme...mais c'est comme ça. Silmo>>"Il y a, quoi qu'il en soit, une nette différence entre une oeuvre "fondamentalement religieuse et catholique ; inconsciemment au début, mais consciemment dans sa révision" et ce que tu sembles prendre pour un outil au service de la propagande de la foi (cette expression n'étant pas péjorative puisqu'officiellement utilisée en son temps par l'Eglise)." Je pense que tu te contredis puisque tu cite très bien Tolkien en disant que c'est une oeuvre fondamentalement religieuse et catholique. je crois que si Tolkien utilise l'adverbe fondamentalement c'est qu'il y a une raison. dans le dictionnaire on voit que cet adverbe a pour sens "totalement, complètement"...Si le SDA est totalement catholique...je ne vois pas quelle différence on pourrait faire avec une oeuvre au service de la "propagande de l'Eglise"...c'est peut être un instrument atypique mais c'en est un. De plus: "Voila un commentaire, d'une suffisance rare. C'est fort regrettable dans ce forum". C'est peut être parce que ce message atteint mon orgueil (lol) mais je ne crois pas que ce soit suffisant de dire ça: on peut très bien lire une oeuvre de façon superficielle, sans rentrer au fond des choses...alors que l'oeuvre possède de nombreux niveaux de lecture (que ce soit le SDA ou une autre oeuvre, un autre conte)...tout simplement parce qu'on apprécie la forme...le style..alors qu'il y a des choses écrites en filigranes...visible seulement pour certains yeux (comme certaines runes elfiques qui ne se voient qu'à la lumière de la lune). Et oui on peut lire sans creuser...lire sans rien rechercher de plus profond...et ce n'est pas non plus forcément une question de foi. Seulement il est vrai qu'un catholique formé verra des choses que ne verrait pas un autre lecteur non croyant.
Il faut donner tout son role à la raison...pas seulement aimer l'oeuvre pour l'art mais, parce qu'il s'attache à un monde primaire, savoir donner toute sa place à la reflexion: notons au passage que Raison est employé avec une majuscule: c'est à dire que Tolkien entend par là la raison naturelle présente en tout homme. En fait il ne s'agit pas de plonger dans un monde seulement pour y voir passer elfes et orques mais aussi pour voir ce à quoi il nous font penser...l'idée à laquelle ils se rattachent. Yyr>>je serais peut être plus goûtu en steack de dragon, ou en carcasse de de carnassier...lol |
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Cirdan
le 19-06-2003 à 20:00 |
Vade retro Conquistador! Tu es c'est le cas de le dire "totalement, complètement" à côté de la plaque mon pauvre ami lorsque tu dis à Silmo : "Je pense que tu te contredis puisque tu cite très bien Tolkien en disant que c'est une oeuvre fondamentalement religieuse et catholique. je crois que si Tolkien utilise l'adverbe fondamentalement c'est qu'il y a une raison. dans le dictionnaire on voit que cet adverbe a pour sens "totalement, complètement"...Si le SDA est totalement catholique...je ne vois pas quelle différence on pourrait faire avec une oeuvre au service de la "propagande de l'Eglise"...c'est peut être un instrument atypique mais c'en est un." En effet, il est préférable de ne pas sombrer dans la mauvaise foi (au sens propre) ou à défaut de lire les lettres de Tolkien avant de dire n'importe quoi - c'est-à-dire avant d'obliger les autres à y voir ce que l'on aimerait. "Affixing 'labels' to writers, living or dead, is an inept procedure, in any circumstances: a childish amusement of small minds: and very 'deadening', since at best it overemphasizes what is common to a selected group of writers, and distracts attention from what is individual (and not classifiable) in each of them, and is the element that gives them life (if they have any). But I cannot understand how I should be labelled 'a believer in moral didacticism'. Who by? It is in any case the exact opposite of my procedure in The Lord of the Rings. I neither preach nor teach."
Cirdan :-( ps: chercher à produire un lointain écho de l'évangile c'est bien davantage approcher le sentiment du féerique de la Bonne Nouvelle que de vouloir prêcher, et jouer les Torquemada de la littérature! |
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Silmo
le 19-06-2003 à 20:28 |
Cynewulf > "Je pense que tu te contredis puisque tu cite très bien Tolkien en disant que c'est une oeuvre fondamentalement religieuse et catholique. Certes, je le cite, et lorsque je le fais, je souhaite précisément ne pas le trahir, mais je ne le convoque pas (comme on dit) pour propager mes idées personnelles. Malheureusement, je ne crois pas que nous pourrons nous entendre (au sens de comprendre) si ton objectif principal ici est de proposer le SdA comme un possible moyen de convertir des lecteurs - et ce, quel que soit ton enthousiasme, ton zèle, ton prosélytisme. Le fait que tu qualifies de manière si péremptoire le SdA d'"instrument atypique" suceptible de servir la propagande de la Foi me gêne terriblement. Il y a sur JRRVF des tas de gens aux idées différentes: des athées, des croyants, des agnostiques,... qui se chamaillent parfois mais qui s'écoutent volontiers, et s'entendent bien (au sens de s'accorder cette fois-ci) pour discuter d'une Oeuvre magistrale, certes, mais qui ne constituera jamais un nouvel Evangile. (faut-il absolument être croyant pour savoir lire????) Bref! Je trouve tes propos fâcheux et j'en suis vraiment fâché. Je termine ce post en lisant celui de Laurent et je ne puis qu'approuver sa citation de Tolkien "I neither preach nor teach" Sur ce, je tire l'échelle et mets enfin les voiles plein Ouest. Silmo |
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Cynewulf
le 19-06-2003 à 20:53 |
Et bien me voilà finalement réduit en steack fumant de dragon (comme l'avait prévu Yyr)...mais ce n'est pas un dragon mort qui démordra soyez en sur... |
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Vinyamar
le 20-06-2003 à 01:46 |
Bon, le propos de Yyr était de répondre à une question qui, sous une forme ou une autre, revient toujours dès qu'on parle du sujet de la foi dans le SdA. Comme le dis Cathy, il n'a pas pris soin de fignoler sa citation, je me charge donc de préciser le contexte de cette lettre pour MJ. (je traduits directement, Yyr, plus professionnel, tapera le texte original s'il le juge opportun).
"Compatibilité avec l'ordre de la Grâce" me semble désigner ce que Yyr se permettait de suggérer: "c'est sous le régime de la grâce (comme on dit en français) que vous avez écrit", rien d'autre que cela. Tolkien pourtant se défend bien de prêcher, et interdit d'ailleurs à tout le genre du conte de faire de même. Il se trouve pourtant très réjouis des paroles du prêtre, et crains en effet beaucoup la critique, dont il dit qu'il ne pourra pas détourner son esprit. ("it will be impossible not to mind what is said. I've exposed my heart to be shot at." phrase préférée de Cathy, non sans raisons).
Voilà le rai débat, la vraie question, qui nous permettra de saisir cete étonnante subtilité, que l'on retrouvera ailleurs. Tolkien est philologue, je pense que le premier pas à franchir pour se mettre à son niveau c'est d'étudier le sens précis des mots précis qu'il utilise. Et le sens que le mot avait à son époque et dans la culture dans laquelle il baignait. MJ, où as-tu vu que Tolkien condamnait la reprise des épopées médiévales par le catholicisme ? |
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Cynewulf
le 20-06-2003 à 09:43 |
Ouf...merci Vinyamar...je sens un souffle de vie revenir un peu dans mes pauvres membres engourdis... Parce qu'évidemment je n'avais pas dit que Tolkien se pose en nouvel évangélisteur...mais plutôt que son oeuvre peut servir d'outil "atypique" (parce que ce n'est pas banal de faire découvrir la foi à travers un conte de fées !!!) pour ceux qui ont pour vocation de convertir (c'est à dire tous les chrétiens). Puisque la question a été reposée: en route pour savoir pourquoi Tolkien avait gommé toute référence de son oeuvre!!! Jb ps: s'il y en a encore que mes propos choquent, rangez vos épées au fourreau, laissez vos francisques à terre, vos flèches dans leur carquois et discutons calmement... |
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Mj du Gondor
le 20-06-2003 à 10:21 |
Vinyamar: Si j'en avais le pouvoir je te bénirais ! Comme il est bon d'entendre la voix de la raison ! Il était trop tard pour moi hier pour me mêler au débat. Mais je me suis couchée effrayée par le fracas des armées du Christ ! Heureusement,Cynewulf>> tu suggères la remise des épées au fourreau, la tienne comprise j'espère !"Prions " pour que tu n'aies pas causé de blessures inguérissables !! re Vinyamar: Tu proposes un nouvelle piste pour répondre à ma question ; je t'en remercie ; inclus-tu un inventaire symbolique ? Où ai-vu que Tolkien condamnait la reprise des épopées médiévales par le catholicisme? Bonne question, !!!! Il va falloir que je cherche ! |
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Ylla
le 20-06-2003 à 12:31 |
Pourquoi Tolkien a gommé toute référence à la religion ? D'abord pinaillons un peu : pas vraiment toute, puisque'il arrive souvent aux hobbits de dire des choses comme "God knows", etc. Dans la mesure où ces expressions sont passées dans le langage courant, au point que des athées les utilisent, cela peu paraître anodin ; mais je pense que Tolkien avait une trop grande maîtrise du langage pour ne pas avoir remarqué que si les hobbits parlent de Dieu, c'est forcément qu'ils en ont un. A partir de là, comment se fait-il que ce dieu ne soit pas précisé, i.e. qu'on n'entende jamais parler de ses commandemants, que les hobbits ne montrent aucune ferveur, etc. ? Peut-être peut-on d'abord y voir une simple question de logique : le SdA étant antérieur à toute révélation, Tolkien n'aura pas voulu introduire des références à une révélatio non mentionnée, un culte primitif arbitraire, ou autre. Voyons ensuite la relation très particulière des Eldar aux dieux. Il faut bien voir qu'ils ne peuvent as pratiquer de la même manière que nous, dans la mesure où leur connaissance, au moins des Valar, ne leur a pas été révélée : ils les ont vus, tout simplement, ils ont contemplé de leurs yeux les artisans du monde et les "offsprings of [the] thought [of Eru]". Cela dit, Eru lui-même leur reste aussi mystérieux. Mais comme leur destin leur a été dit (non révélé : la notion de foi n'est plus en jeu), quelle place reste-t-il pour le culte, dans la mesure où le culte n'est après tout qu'un effort pour se concilier avec la divinité ? Garder espoir, et se contenter d'attendre, n'est-il pas le meilleur moyen de rendre un culte à Iluvatar ? Quant aux Valar qu'ils connaissent, ils peuvent les aimer mais il me semble que la connaissance de l'être supérieur s'oppose tout à fait à la création d'une religion. Voilà, tout ceci pourra paraître peut-être simpliste, mais c'est qu'en parcourant ce fuseau (avec un peu de retard) j'ai constaté qu'une question n'avait pas été posée : c'est la question du point de vue. N'oublions pas que le SdA et les récits du Silmarillon sont vus travers le regard de divers personnages. L'Ainulindalë et le Valaquenta ne devraient-ils as alors être considérés comme la base de pensée, non pas du texte, mais de ses narrateurs ? Tolkien, à ce qu'il me semble, s'implique rarement lui-même, et ses personnages ont leurs propres références et leur système de pensée. Ne doit-on dans ce cas pas voir dans leur foi même ces fameuses références à la religion ? Si le narrateur avait été athée, le récit aurait-il été le même ? Sans doute justement, Tolkien n'aurait pas introduit de personnage athée, pour cette raison.
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lambertine
le 20-06-2003 à 13:25 |
Chèr (e ?) Ylla, En ce qui concerne les Eldar, qui n'auraient pas besoin d'avoir la Foi ( au moins la Foi dans les Valars ) parce qu'ils en ont la connaissance : tout à fait d'accord en ce qui concerne les Elfes de Valinor et les Noldor du Premier âge, qui ont été effectivement en contact direct avec eux. Mais quid des Eldars qui n'ont jamais été à Valinor ? Les plus âgés d'entre eux doivent leur avoir transmis leur connaissance des Valars, mais eux-mêmes n'en ont pas la connaissance directe. Quant aux fait que le SdA soit "profondément catholique" celà ne veut pas dire "profondément prosélyte". Il ne pourrait pas ne pas être imprégné de valeurs chrétiennes,parce qu'un auteur met forcément des valeurs qui sont les siennes dans son oeuvre, mais la plupart des valeurs du SdA ne sont pas uniquement chrétiennes ( je ne dirai pas universelles, car je ne crois pas moi non plus à l'universalité des valeurs, sauf de quelques valeurs de base - genre ne pas tuer gratuitement, ne pas voler, ne pas violer ) mais nous ramènent à des questions beaucoup plus fondamentales sur l'humanité, qui peuvent trouver des réponses en dehors du Christianisme. |
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Cirdan
le 20-06-2003 à 13:28 |
C'est vrai, Cynewulf, que je me suis emporté, et comme le montre sagement Vinyamar, j'ai exagéré la portée de tes propos (à cause d'une ou deux phrases peut-être un peu excessives de ta part, malgré tout...:-)) Désolé donc, mais la discussion virtuelle (bâtarde entre l'oral et la réflexion écrite, comme l'ont dit Moraldandil et bien d'autres) continue a piegé ma spontanéité! Laurent |
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Ylla
le 20-06-2003 à 14:16 |
Lambertine, Legolas est un Sindar, au même titre que Celeborn (que Galadriel a rencontré à Doriath); d'accord, les Sindar n'ont pas été à Valinor, mais leur reine était tout de même une Maia. Et croire au témoignage de ceux qui ont vu (on peut supposer que les Elfes ne sont pas suspects de mensonge), c'est déjà autre chose que de suivre une révélation personnelle. Bien sûr les chrétiens suivent le témoignage des apôtres, saints et autres, qui disent souvent avoir été témoins de miracles, mais leur parole a plutôt une valeur métaphorique, tandis que les récits de ceux qui ont connu les Valar sont à prendre au pied de la lettre. Ylla (au fait, c'est bien "chèrE") |
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Yyr
le 20-06-2003 à 14:38 |
Cynewulf > Yyr>> "il n'y a pas *plus* besoin d'adhérer à la foi chrétienne pour visiter et apprécier le Conte d'Arda, que pour visiter et apprécier notre propre Monde. Tiens-le toi pour dit !" Je n'ai jamais dit le contraire... Stop ! Je le sais bien :) Pourtant c'est ainsi que plusieurs le comprennent. Interroge-toi. > [...] les chrétiens ont une façon de penser qui leur est propre [...] Ah oui ? ils ont un cerveau différent ? :) Mais surtout, ici comme ailleurs, je constate à nouveau que tu pars du principe a priori que Tolkien est un chrétien-comme-toi et cela supporte toute ta contribution. Or, cf. le fuseau Frodon à Orodruin, Yrr, 22-05-2003 17:23, je crois avoir contesté la pertinence d'un tel argumentaire (sans toujours avoir reçu de réponse - mais au vu des derniers développements je ne suis plus très sûr d'en désirer ...). Connais-tu Tolkien ? Quelle preuve as-tu de sa *chrétienté* et de l'idée que tu t'en fais ? Quelle preuve as-tu par ailleurs du prétendu "fonctionnement d'un esprit chrétien" ? Quelle preuve as-tu ensuite pour pouvoir relier ces deux points ensemble ? Sans ces preuves, j'ai du mal à concevoir la rigueur et la pertinence de toute dialectique qui consiste à dire : "Tolkien était ainsi et fonctionnait ainsi donc nous devons lire (comme) ceci" parce que le "Tolkien était ainsi et fonctionnait ainsi" n'a pas encore été démontré ! NB : Tu n'as pas répondu à la ~question de Didier : > Mais si Tolkien, revenu d'entre les morts (Dieu l'en garde!), infirmait toutes ces références, alors... Ah! L'étrange rhétorique dialecticienne que voilà ;)
> quand on lit le Silmarillion ou le SDA je crois qu'il faut absolument penser comme s'il on était un elfe, ou un homme dans le monde de Tolkien, se mettre dans leur situation et se demander ce que l'on aurait fait en pareil cas: aurais je été jusqu'à prendre le Silmaril comme le fit Beren...me serais je tué comme l'a fait Tutin...me serais je révolté contre les Valar comme le firent les Noldor... Chiche ! Je ne demande pas mieux :) Quand tu te seras mis dans leur situation, vois s'ils auraient tenus des discours du style "puisque Tolkien était chrétien, alors ..." > on ne peut pas lire une oeuvre en faisant abstraction de son auteur: parce que c'est l'auteur qui détermine le cours de l'Histoire Si ! On peut :) et on s'en porte fort bien et on parvient à lire le sens (chrétien) du Conte d'Arda. Faire abstraction de l'auteur, c'est suspendre l'incrédulité, et c'est particulièrement ce que désirait Tolkien avant tout ! (la place de la raison défendue par Tolkien était celle qui permet de juger du réalisme de l'enchantement produit et donc qui sert la créance secondaire, certainement pas celle qui s'occupe d'expliquer le processus externe de l'imagination et qui s'ingénie à ne pas couper le cordon entre l'auteur et son oeuvre, qui empêche la créance secondaire). Créance Secondaire = faire abstraction de l'auteur (et du Monde Primaire).
Jérôme
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Ylla
le 20-06-2003 à 17:50 |
Cynewulf, Jérôme, par pitié, essayons de ne pas ramener les guerres de religion sur le forum ! Je ne prend parti pour personne, je vous dis simplement que si on commence à s'affronter entre chrétiens et athées au lieu de discuter tranquillement le débat n'ira plus très loin. :-) On peut reprendre ? :-))) Donc, à part ça, il y a une question que je me posais, au sujet des valeurs chrétiennes dans le Silmarillon. Il y a un récit assez troublant, c'est l'histoire de Turin et de Niénor. Le frère et la soeur commettent l'inceste, sans le savoir certes, mais ceci tombe tout de même sous le coup de l'un des interdits les plus absolus qui soient. Lorsque Niénor l'apprend, on pourrait s'attendre à ce qu'elle soit horrifiée ; or elle est simplement désespérée d'avoir perdu Turin, qu'elle appelle même "deux fois bien-aimé", si je ne me trompe. Aucun des deux n'est par la suite blâmé, même pour être excusé ; l'auteur a l'air de choisir de ne pas donner son propre avis du tout. Cela pourrait-il être pour détacher encore mieux le monde du récit du monde vécu ? Dans ce cas on aurait l'explication du choix de ne pas évoquer notre religion moderne, tout en évitant d'en inventer une qui pourrait paraître hérétique (j'ai des doutes mais bon ???). Ou peut-on y voir un jugement a posteriori de Tolkien, selon une casuistique qui lui permettrait de considérer Turin comme un héros malgré ce qu'on considère tout de même comme une faute des plus graves ? Ou refuse-t-il simplement le jugement, ce qui permettrait d'émettre des doutes sur le fond chrétien de l'histoire ? Voilà, c'était juste pour revenir au débat. Sans rancune ? :-))) Ylla |
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Mj du Gondor
le 20-06-2003 à 21:39 |
Tu as mille fois raison Ylla! stop aux guerres de religion ! Si on veut être constructif, on peut retenir que nous sommes en principe d'accord sur le fait qu'il n'y a pas de références religieuses dans le SDA. Cette observation s'étend même au Silmarillion, à l'exception de l'Ainulindalë et du Valaquenta qui posent une mythologie ou plutôt une théogonie , en toile de fonds pour donner de la profondeur aux récits ultérieurs, ces textes étant d'apparence païenne avec une forte imprégnation de la genèse biblique pour le premier. La question qui subsiste est: pourquoi? Certains ici le justifient par l'essence même du conte.( je n'ai pas encore lu "Faërie" qui devrait semble-t-il me mettre sur la voie). D'autres comme toi l'expliquent par une logique historique où l'aspect religieux apparaîtrait en anachronisme puisqu'il précéderait la révélation. D'autres encore comme Cynewulf (ce pour quoi je croyais qu'il avait fait un pas vers moi) décelaient l'expression d'un éventuel désaccord de Tolkien avec les pratiques religieuses de son époque(vous noterez les formules hypothétiques impliquées par la lecture des derniers post!!). Je pourrais me ranger à l'explication par la forme littéraire du conte si Vinyamar arrivait à me persuader de l'existence de représentations symboliques significatives . Car quelle que soit la forme littéraire adoptée , l'intégrité de la personnalité de Tolkien aurait dû le pousser à intégrer ou à accepter cette représentation minimum. La logique par rapport à une religion non encore révélée ne me parait pas crédible: car si le Christianisme ne peut apparaître de ce fait dans le SDA cette restriction est incohérente par rapport à la mythologie spécialement conçue pour la TDM , théogonie à laquelle les premiers elfes étaient associés relayés par les générations suivantes qui ont elles-mêmes coexisté avec les hommes et les hobbits, dans un monde où la communication orale et même écrite était à l'honneur. La première hypothèse formulée timidement par Cynewulf si elle me séduisait au départ me parait maintenant après tous ces débats un peu osée !! Il y aurait donc bien volonté délibérée de "gommage" [(ou bien de dissimulation sous forme symbolique (symboles y compris linguistiques)]et présentation d’un monde exempt de toute forme cultuelle où hommes elfes et hobbits doivent livrés SEULS leur combat contre les forces du mal sans aide divine et sans même le véritable espoir d’un Paradis. Ce ne serait pas en soi choquant ou sujet à interrogation si par ailleurs on ne voulait pas faire du SDA une œuvre (apostolique ?) un outil de propagation de la foi. Peut-être que si Tolkien revenait parmi nous, il nous dirait :Laissez au SDA sa vocation de roman, de conte ou de légende, qu’on l’analyse, qu’on l’étudie, qu’on le dissèque en tant qu’œuvre littéraire soit mais qu’on se réserve mes « letters » ou autres écrits clairement prédestinés pour faire œuvre de conversion ou de théologie et nous ferons ainsi la part du sacré et du profane. Mj
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Mj du Gondor
le 20-06-2003 à 21:59 |
Vinyamar>>>: je cherche ce qui a bien pu m'inspirer que Tolkien n'était pas satisfait de ce que les auteurs du Moyen Age avaient fait des anciens mythes, signifiant pour moi son mécontentement de la Chritianisation des anciens mythes. Mj
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Ylla
le 21-06-2003 à 13:33 |
Mj : La logique par rapport à une religion non encore révélée ne me parait pas crédible En fait, à moi pas tellement non plus, mais vu que je n'avais pas d'arguments contre, j'ai quand même suggéré l'idée. Voilà, ça devrais régler le sort de cette hypothèse. |
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lambertine
le 21-06-2003 à 14:15 |
Chère Ylla, Je reviens sur la question de la "Foi" des Elfes, précisément des Elfes Sindar à l'époque du SdA. Certes, les Sindar sont le peuple de Thingol et Melian, mais Melian est repartie depuis des générations Elfiques pour Valinor. Thranduil lui-même est, si je ne me trompe, né au deuxième âge. En admettant même que les Elfes ne mentent pas ( en tout cas, pas sur un sujet tel que la religion ) il me semble quand même que pour ceux de la génération de Legolas, il doit y avoir une espèce de "Foi" au moins en la parole des aînés au sujet des Valars. Et celà ne résout pas le problème de la "Foi" en Eru. Quant au sujet de la vocation apostolique du SdA : je pense que si Tolkien avait voulu faire une oeuvre telle, il aurait mis dedans des références claires au christianismes. Or, elles ne sont pas si claires que çà ( sinon nous ne serions pas en train d'en discuter ... ) |
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Tirno
le 21-06-2003 à 16:57 |
J'ai un peu peur de recommencer les guerres de religion... Mais il me semble que la fonction primaire de la religion, chez les hommes, est une explication du monde qui nous entoure. Pourquoi pleut-il, pourquoi le soleil se lève? Ou va-t-on quand on meurt? La religion chrétienne ajoute aussi un code moral, qu'il faut respecter, sous peine de punition divine. La foi est aussi un élément profondément chrétien (corrigez moi si je me trompe): Dieu ne va pas "prouver qu'il existe" puisqu'il n'y aurait aucun mérite à croire en un Dieu qui se serait montré. En terre du Milieu, il n'y a pas besoin de religion sous son utilité première. La magie existe. Tout ce qui est "supernaturel" chez nous est parfaitement naturel en Arda. Puisqu'on vit dans un monde avec des dieux, il n'y a aucun besoin d'inventer des mythes. Il n'y a nonplus pas besoin de vouer un culte "a la greque" aux dieux: Ils existent; ils n'agissent donc pas de manière aléatoire, au gré de leurs envies. (Par contre, au deuxieme age, plusieurs peuples humains ont voué un culte à Sauron ; il est imprévisible et il a un gros orgueuil, il est normal de le craindre et de l'honorer) Est-ce que je doute lorsqu'on me dit que Christophe Colomb est allé aux amériques en 1492? Est-ce que je doute qu'il ait existé? Pourquoi les habitants des terres du milieu en feraient autant des Valar, des Maiar ou d'Eru. Contrairement à notre planète, laquelle (je suis personnellement convaincu) n'a pas de Dieu, Arda à été crée par les Valar, nés de la pensée d'Eru. En tant que lecteur, je n'ai pas de doute. Il n'y a donc pas d'image de Foi dans le SdA: Il n'y en a pas besoin. Il n'y a pas non plus de paradis: Eru ne punit pas ceux qui agissent mal. Il y a cependant l'Esperance. Que la victoire du Bien sur le Mal est possible. C'est ce salut que recherchent les habitants des TdM. Et c'est Tolkien qui dicte par quelles actions cette victoire s'obtient: Ce sont des valeurs chrétiennes, bien entendu, puisque les valeurs d'un auteur sont souvent celles qu'il donne à ses personnages "gagnants". En résumé, les personnages qui vainquent le Mal dans le livre sont ceux qui agissent selon des valeurs chrétiennes - il se trouve que ce sont aussi de bonnes maximes de manière générale. Ils n'ont pas de religion, puisqu'il n'en ont pas besoin: Pas besoin de Foi et pas besoin d'explication du monde. Du point de vue de Tolkien, je pense que des eglises ou des cultes seraient incongrus en Terre du Milieu. A qui pourraient-ils vouer un culte sans casser entièrement l'image de la chrétienté? A Eru? Non, puisqu'il n'a aucun effet sur leur manière de vivre, ni sur leur vie future. Aux Valar? Non, ce serait irréconciliable avec le catholicisme. Il est intéressant de noter que les Numénoréens, dont les récits ne sont pas à mon avis "fondamentalement chrétiens". Vouent un culte à Eru de la meme manière que les civilisations marginales à la Grèce antique vouaient un culte à Mère Nature (Demeter?). Gregory |
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Mj du Gondor
le 21-06-2003 à 17:21 |
ylla et Lambertine me poussent à reprendre ma lecture du Silmarillion !!(Turin et Niénor, Thingol et Mélian....les elfes appartiennent-ils à la mythologie ? mais ne nous écartons pas du sujet!..) lambertine : qu'il y ait une foi pour les elfes, j'en suis bien convaincue; c'est ce que je veux dire quand je parle de communication orale ou écrite tout à l'honneur en TDM; ils ne pouvaient ignorer leur origine. mais une foi qui n'a pas besoin de culte ou de prière, une foi qui laisse aux hommes la liberté de leur devenir, l'entière responsabilité de leur bonheur (ou de leur malheur)une foi en un principe uniquement créateur,une " foi profane"!!!Qui justifierait pour Tolkien sa volonté de ne pas exposer sa propre foi. Mj |
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Mj du Gondor
le 21-06-2003 à 17:23 |
ah! ma réponse a croisé celle de Tirno!.. |
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Mj du Gondor
le 21-06-2003 à 17:49 |
Tirno: beaucoup de points d'accord avec toi, même si tu fais un peu trop l'amalgame entre mythes et religion et si tu consens à la religion chrétienne l'élaboration du code moral! N'oublies pas les philosophes et en particulier ceux d'avant JC! Et quel mérite peux-tu concéder à un dieu qui se dissimule à sa créature, tout en lui dictant ses lois; il faut avoir la foi pour de tels raisonnements. J'approuve par contre tout à fait ton observation sur l'absence de paradis et de punition (pas d'enfer !) Mais je trouve que tu qualifies trop souvent de chrétiennes des valeurs qui sont pour moi universelles; C'est l'homme qui par sa raison est à l'origine du bien et du mal, du beau et du laid, du bon et du mauvais. Mj ;-) |
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Tirno
le 21-06-2003 à 18:14 |
Si j'ai trop souvent attaché à ces valeurs qui sont universelles l'épithète "chrétien", ce n'est que pour l'associer à Tolkien et au fait qu'il les qualifie lui-meme de chrétiennes. Si je devais écrire un livre, on verrait probablement agir les personnages selon des principes chrétiens, mais je ne voudrais pas qu'on les qualifie ainsi. Pour Tolkien, en revanche, j'ai choisi d'utiliser explictment ce mot. Et quel mérite peux-tu concéder à un dieu qui se dissimule à sa créature, tout en lui dictant ses lois; il faut avoir la foi pour de tels raisonnements. Je ne comprends pas ce que tu veux dire... Je ne vois pas de différence fonctionnelle entre les mythes et la religion, raison pour laquelle j'en fais trop librement l'amalgame. Le code moral chrétien est parfois très moderne par rapport à ce qui est venu des philosophes Grecs. Je remarquais surtout que les valeurs et la foi chrétienne vont de pair. On n'imagine pas l'un sans l'autre (pour un chrétien donc). Pour les habitants des TdM, en revanche, la foi est absente et les valeurs sont chrétiennes à cause de l'auteur. J'irais jusqu'a dire que Tolkien à fait en sorte que les décisions "morales" conduisent à la victoire et que les "décisions immorales" (notablement l'acceptation de la tentation) conduisent à la perte. Il est ainsi inévitable que ses héros "vainqueurs" aient agi selon des valeurs chrétiennes, non par choix personnel, par intime conviction que c'est ainsi qu'il fallait agir, mais par nécessité, puisque d'autres choix n'auraient pas mené à la bonne issue. Greg |
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Mj du Gondor
le 21-06-2003 à 19:46 |
Je ne te comprends pas : tu dis « j’ai trop souvent attaché à ces valeurs qui sont universelles l’épithète Chrétien pour l’associer à Tolkien », le terme « universelles » inclut Chrétien et Tolkien. Ce n’est pas parce que ces valeurs sont exprimées par Tolkien qu’elles deviennent chrétiennes. Tolkien ne fait que partager des valeurs universelles. Ou bien tu admets que courage, abnégation, volonté, fidélité, honneur., sont essentiellement chrétiens ? (on peut restreindre « universelles », quelques idéologies n’en font effectivement pas l’apologie mais pour l’essentiel elles sont bien basiques de notre culture qu’on soit ou non chrétien ) Tu ajoutes « si je devais écrire un livre on verrait probablement les personnages agir selon des principes chrétiens ». Je ne le crois pas (si tu n’es pas chrétien) Seul le chrétien pourrait le dire et il devrait d’ailleurs admettre que ces principes sont conformes aux siens et reconnaître par là leur universalité et je crois que c’est là l’objet de toute notre discussion. Et ton dernier paragraphe me surprend : Ciel ! Te voilà plus chrétien que mes amis les plus engagés dans leur chrétienté de ce fuseau !;-)))) . |
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Tirno
le 21-06-2003 à 21:04 |
Definitivement, on se comprend pas. Je ressaie: Tolkien dit que le livre est fondamentalement chrétien, voire meme exprès dans sa révision. J'en déduit que la plupart des choix des protagonistes peuvent avoir été choisis parcque ce sont des valeurs dont Tolkien approuve. J'avance aussi que ce ne sont pas des valeurs des personnages eux-memes. C'est juste des coincidences. En tout cas, ce ne sont pas des valeurs que la religion leur a apportés. C'est de cette facon que je réconcile le fait que Tolkien dise "Le Seigneur des Anneaux est bien sûr une oeuvre fondamentalement religieuse et catholique ; inconsciemment au début, mais consciemment dans sa révision." et le fait que les personnages ne pratiquent pas de religion et ne semblent pas avoir un code de moeurs. Je pense que quand on trouve certaines valeurs, notamment l'abnégation, dans un livre de Tolkien et qu'il à dit ce que j'ai cité plus haut, il faut trouver en ces valeurs une projection de la volonté de Tolkien que ce livre soit chrétien. Je ne comprends pas du tout ta dernière phrase. Puisque les deux raisons majeures qui font que je suis athée sont: C'est vrai que mes paroles projettent peut etre trop de religion sur ce qu'écrit Tolkien: On ne peut pas voir chaque acte courageux comme une affirmation explicite de ses valeurs chrétiennes. Par mon "si je devais écrire un livre ..." je me suis mal exprimé. Si je devais écrire un livre, soit il y aurait un élément de cynisme qui verrait gagner les mauvais, soit je me permettrais d'échapper à la réalité et les "gagnants" gagneraient par des choix dont j'approuve moralement. Cela n'implique pas que les gagnants aient les memes valeurs que moi. De meme, je crois que Tolkien projette ses valeurs sur les choix positifs des personnages, sans pour autant que ces choix soient le fruit du code moral du personnage. Et oui, je pense que seul un chrétien aurait pu écrire ce livre. (ou quelqu'un qui voulait explicitement projeter un code de valeurs très très proche de celles des catholiques - mais ce serait étrange: j'ai de la peine à comprendre que certaines de ces valeurs n'aillent pas de pair avec la Foi). Notamment, les actions de Frodo sur la fin, la passivité de Galadriel, la mort de Boromir et les rédemptions échouées de Smeagol et Langue de Serpent ne se seraient pas nécessairement passés comme ca si j'avais écrit le SdA. |
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Tirno
le 21-06-2003 à 21:10 |
Moi:- Je ne vois aucunément pourquoi il faudrait associer mes valeurs (dont certaines sont chrétiennes) Argh. Disons plutot "dont certaines feraient de moi un bon chrétien". Il m'arrive souvent d'agir en "bon samaritain" en dépit du fait que je ne soit pas croyant. Greg |
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Mj du Gondor
le 21-06-2003 à 21:26 |
Ta réponse me suggère l'alternative suivante: Soit tes valeurs diffèrent des valeurs que j'avance comme étant universelles(heureusement j'avais relativisé l'universelle) soit ces valeurs que je juge positives et que j'avance comme étant universelles sont exclusivement chrétiennes (et je dois revoir ma copie!....) Mj |
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Ylla
le 21-06-2003 à 21:27 |
Tirno : "J'irais jusqu'a dire que Tolkien à fait en sorte que les décisions "morales" conduisent à la victoire et que les "décisions immorales" (notablement l'acceptation de la tentation) conduisent à la perte. Il est ainsi inévitable que ses héros "vainqueurs" aient agi selon des valeurs chrétiennes, non par choix personnel, par intime conviction que c'est ainsi qu'il fallait agir, mais par nécessité, puisque d'autres choix n'auraient pas mené à la bonne issue." Tu es sûr ? Pourtant ce qui met fin à la guerre de l'Anneau, avec la défaite de Sauron, ce n'est pas un choix moralement défendable. Frodo vient de succomber et par hasard il se trouve que la cupidité aveugle de Gollum aboutit à la destruction de l'Anneau, pas un courageux retour de Frodo sur lui-même ou un acte héroïque de Sam, par exemple. Pas si moral tout ça, non ? Pour ce qui est de l'existence attestée d'Eru en Arda, il faudrait peut-être apporter une petite nuance. L'existence des Valar a été attestée, ça oui (encore que seulement par les Elfes ; les hommes appellent d'ailleurs les Valar "les Dieux"). Celle d'Eru est manifeste seulement dans les deux premiers textes du Silmarillon, qu'on pourrait qualifier de textes religieux des Elfes, et qui donc ne sont pas une preuve certaine. On pourrait à la rigueur penser que par Valar interposés les peuples d'Arda ont acquis la certitude qu'Eru existait. Mais comme les Valar eux-mêmes ne sont pas à égalité avec leur créateur, et ne connaissent pas toutes ses intentions, peut-être leur témoignage est-il contestable par ceux qui l'entendent (enfin, je ne sais pas, qu'en pensez-vous ?) |
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Mj du Gondor
le 21-06-2003 à 21:28 |
courrier croisé! pouce! tu vas trop vite! Mj |
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Mj du Gondor
le 21-06-2003 à 21:30 |
Et maintenant c'est Ylla je ne pourrais jamais vous suivre !!!!;-))) |
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Tirno
le 21-06-2003 à 22:16 |
Je ne comprends pas par quel raisonnement, tu arrives à la conclusion que soit mes valeurs ne sont pas universelles, soit celles que tu croyaient universelles sont aussi chrétiennes. Greg |
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Mj du Gondor
le 21-06-2003 à 22:33 |
Cher Tirno: je pense qu'on s'amuse bien mais peut-être pas les autres! Alors si tu veux poursuivre, tu peux me joindre sur mon E-mail Mj |
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Mj du Gondor
le 21-06-2003 à 22:59 |
Ylla sans vouloir réactiver le fuseau Frodon à Orodruin on peut dire quand même que la morale est sauve en ce sens que l'alliance des hommes libres et la pitié de Frodon ont permis la victoire sur les forces du mal. Le Silmarillion texte sacré de la TDM, peut-on l'imaginer bien rangé dans les archives de Minas Tirith ou pluôt à Imladris; comprenait-il L'Ainulindalë et le Valaquenta. Gandalf et tous les autres mages devaient y avoir accès. Tout celà reste bien légendaire et peu religieux! |
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Vinyamar
le 30-06-2003 à 22:07 |
Mj, tes questions sur le devoir moral d'un auteur chrétien prennent en effet leur sens dans ce fuseau: Je note Vinyamar que tu as un roman en préparation. Si ce n'est pas indiscret, sous quelle forme apparaîtra ta chrétienté? As-tu envisager de la dissimuler sous une apparence quelconque, ou bien en tant que chrétien te sens-tu obliger de l'"afficher" ? J'y répondrais petit à petit.
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lambertine
le 30-06-2003 à 22:12 |
Cher Vinyamar, A propos où en est-il, ce roman ? Michèle ( curieuse de te lire ... ) |
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Vinyamar
le 30-06-2003 à 22:31 |
>>Si ce n'est pas indiscret, sous quelle forme apparaîtra ta chrétienté? As-tu envisager de la dissimuler sous une apparence quelconque, ou bien en tant que chrétien te sens-tu obliger de l'"afficher" ? Question plutôt personnelle, donc plus facile d'y répondre (quoique). comme je le disais au moment où la question fut posée, il y a dans ce forums d'autres (et vrais, eux !) auteurs, je les encourage à répondre à ces questions, qui ne s'adressent pas forcément qu'à une personne croyante |
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Vinyamar
le 30-06-2003 à 22:37 |
(Tiens lambertine, figure toi que depuis que je suis rentré des philippines, j'ai eu tout le temps de m'y remettre à plein temps. J'ai donc achevé il y a deux jours le premier tome (dont il faut que je reprenne encore les dix derniers chapitres pour revoir le style, qui issu d'un premier trait n'est pas terrible. Mais c'est quand même ma troisième version du tome I !). Le tome II, déjà écrit, est à reprendre aussi sérieusement, mais si j'ai du temps ces vacances, je devrais avoir avancé. Restera le tome III, le plus dur, qui me demandera au moins un ou deux ans. |
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Mj du Gondor
le 30-06-2003 à 23:49 |
Merci de ta réponse Vinyamar! je la juge honnête et ne peux demander mieux que la reconnaissance d'une erreur de Tolkien sur ce sujet. Je pense aussi moi, athée (ou agnostique!!! ) que le devoir d'un chrétien aussi fervent que Tolkien était de faire transparaître sa foi dans son oeuvre, d'une manière évidente pour les non-croyants. Sa mission de chrétien devait passer avant celle du simple plaisir d'écrire. Il en va ainsi de tous les engagements profonds et je concluerai en te disant que mon auteur favori est Dostoïvski et que ses angoisses métaphysiques ne m'ont jamais dérangée ! Maintenant je bénis l'erreur de Tolkien qui m'a donné le SDA tel que j'ai pu le lire. |
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Vinyamar
le 01-07-2003 à 22:37 |
>>N'existe-t-il pas une obligation morale pour un chrétien de laisser apparaître sa foi dans son oeuvre ? Toute oeuvre pour un chrétien fervent ne se doit-t-elle pas d'être apostolique? Au sujet de la tentative de Tolkien, je n'ai pas dit que Tolkien avait commis une erreur, mais qu'il avait eu tort, qu'il s'était trompé en pensant (s'il l'a cru) que son public discernerait son motif chrétien, que sa foi serait perçue dans son roman. Et comme je l'ai dit, que les lecteurs passent à côté n'est pas très grave je pense, mais qu'ils y lisent le contraire l'est énormément. Je ne pense pas qu'il existe d'obligation morale de laisser apparaître sa foi dans l'oeuvre d'un chrétien. Je suis sûr que de nombreux hommes du XVIe siècle, pour tout chrétiens qu'ils étaient, ont écrit de purs divertissements sans connection avec la foi. Par contre, je pense qu'un auteur, surtout aujourd'hui, imprégné de sa foi ne pourra pas éviter de la laisser apparaître dans son oeuvre. Je dirai, sa foi "transpirera", il n'y pourra pas grand chose. Par contre, elle pourra être ou non explicite, ce sera là un choix de sa part. Mais je ne vois aucune obligation morale de laisser apparaître sa foi dans une oeuvre. Toutefois un auteur a toujours (ou du moins souvent) quelque chose à dire dans ce qu'il écrit. Pas forcément demanière préméditée, mais il profitera très certainement d'une situation dans laquelle se retrouvent ses personnages pour déposer son petit message personnel sur ce sujet (d'où un grand paquet de livres modernes qui y vont tous de leur couplet, un moment ou à un autre, sur leur perception de la religion - pour prendre un exemple très répandu - même si l'auteur n'a pas fait exprès d'aborder cette question). Toute oeuvre d'un fervent chrétien doit-elle être apostolique ? Hum. Voici une autre formulation de la question à laquelle je répondrais moins directement. Je pense en tout cas qu'un vrai chrétien aura son oeuvre en haine s'il découvrait qu'elle servait à éloigner les gens de la foi, à les égarer. Il serait au contraire flatté d'apprendre qu'elle peut mener les gens à la foi. Mais est-ce que toute oeuvre chrétienne devra tendre vers ce but... ? Non, même dans la simple conscience (ou inconscience) de l'auteur. Par contre elle a le devoir moral de ne pas éloigner de la foi. |
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Mj du Gondor
le 01-07-2003 à 23:31 |
Je pensais bien que tu n'en resterais pas là ;-)))) (J'espère que je ne me trompe pas de symbole !!!) Divinement accompagnée par le requiem de Verdi( j'en suis au plus beau passage! celui qui évoque pour moi Frodon à Orodruin !!)- c'est sublime !!)je vais donc reprendre "mon bâton de pélerin" ! Où en étais-je ? J'ai bien insisté sur la ferveur de Tolkien; je ne pensais pas à ces chrétiens ...tièdes ou timorés (je ne trouve pas de termes qui me conviennent)Vous m'avez suffisamment démontré la place importante que tenait la foi dans la vie de Tolkien pour que je ne le classe pas dans cette catégorie! Je trouve par conséquent qu'il a mal usé de son talent (pour notre plus grand plaisir !) N'aurait-il écrit, comme tu pourrais le laisser penser, que pour ses coreligionnaires? Je préfère ne pas dire la conclusion que cela m'inspirerait ! Non je reste convaincue que l'Ideal d'un homme doit transparaître dans toutes ses oeuvres quelles qu'elles soient et à fortiori quand cet Ideal intègre dans ses fondements une mission d'évangélisation !Lorsqu'en plus, on dispose d'un talent tel que celui de Tolkien c'est un devoir que de le mettre au service de son Dieu et de sa foi. N'est-ce pas aussi un devoir que d'éclairer et d'éviter l'erreur par des artifices ambigüs. Quel aurait été aujourd'hui l'impact du SDA si Tolkien l'avait écrit d'une autre façon. Là je sens que je te tends une formidable perche !!!! Mj |
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Mj du Gondor
le 02-07-2003 à 22:38 |
J'ai fini par retrouver "la parabole des talents" ;on peut je crois l'interpréter aussi dans ce sens ? Mj je suis sûre que vous saviez que j'allais y venir !!! |
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Vinyamar
le 03-07-2003 à 12:17 |
Salut Mj, je comprend très mal ton dernier message, j'ignore s'il manque une partie ou quoi. Tolkien a parfaitement réalisé ce qu'il a voulu faire. Son talent n'est absolument pas en cause (sauf si tu veux dire qu'il aurait pu faire mieux avec le talent qu'il avait), car c'était bien un choix de sa part d'agir de la sorte dans son oeuvre. C'était même pour lui très important que la foi soit présente de manière implicite seulement. Je trouve au contraire qu'il y a mis un formidable talent, et une culture chrétienne et légendaire absolument remarquable pour marrier ainsi les deux. >>"N'aurait-il écrit, comme tu pourrais le laisser penser, que pour ses coreligionnaires? Non, car cet aspect de la foi ne résume pas son oeuvre, et n'est pas à mon avis la fin de son oeuvre. Elle a d'autres buts, qui ont été tout à fait rempli au sein de ses lecteurs. Par contre je dis que la subtilité de son procédé religieux n'était accessible (qu'il en ait eu conscience ou non, et je crois que non) qu'à des personnes ayant la culture religieuse qu'il fallait (qu'ils partagent ou non la même religion que lui). >>"Non je reste convaincue que l'Ideal d'un homme doit transparaître (...)!Lorsqu'en plus, on dispose d'un talent tel que celui de Tolkien, c'est un devoir que de le mettre au service de son Dieu et de sa foi." Il me semble avoir répondu à ce point là. Si tu restes convaincue du contraire, qu'ai-je à ajouter ? >>"N'est-ce pas aussi un devoir que d'éclairer et d'éviter l'erreur par des artifices ambigüs" Hum... L'entreprise de Tolkien était très audacieuse en effet. Mais le mot d'artifice ne lui aurait guère plu ! De plus, ce n'est pas le matériel qui est ambigü, mais le procédé, s'il s'agissait effectivement d'évangéliser. Mais ce n'est pas son BUT ! Son but, c'est la légende ! Mais il la veut en accointance avec sa foi, et c'est là que cela peut devenir ambigü... sauf quand on a le génie de Tolkien... sauf quand il n'est pas compris.
Que veux-tu dire ? Est-il possible de toute façons de répondre à pareille question ? (je ne saisis pas ta perche :-( )
Euuh, quel rapport avec la choucroute ? Quel est CE sens d'interprétation dont tu parles ? Celui d'égarer par des artifices ambigüs ? |
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Mj du Gondor
le 03-07-2003 à 22:30 |
"Euuh, quel rapport avec la choucroute ? Quel est CE sens d'interprétation dont tu parles ? Celui d'égarer par des artifices ambigüs ?" Evidemment, Vinyamar, si tu n'accordes pas le sens dont je pensais me souvenir à propos de cette célèbre parabole mes efforts de recherche d'arguments dans tes propres sources sont vains ! Mj |
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Vinyamar
le 04-07-2003 à 01:36 |
Pardonne moi Mj si je t'ai offensé sur ce coup là. Il n'y avait pas d'ironie, je suis réellement un peu largué là sur tes deux derniers messages. Cela vient sûrement de moi... pourrais-tu simplement éclaircir ta pensée ? J'en profite pour continuer à répondre à tes excellentes questions: >>"N'y a-t-il pas blasphème ou sacrilège à dire ou laisser croire que tout ce qui est beau, bon, ou bien, n'est pas forcément oeuvre de Dieu ou de l'église?" Oeuvre de l'Eglise, certainement pas. L'Eglise n'a pas et ne prétend pas être la source du beau.
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Vinyamar
le 04-07-2003 à 14:24 |
OK, après réflexion, j'ai compris quel lien tu faisais entre la parabole des talents et tes propos précédents: Tolkien a un grand talent, il n'aurait donc pas dû le gaspiller en ne le mettant pas à profit pour évangéliser de façon manifeste. C'est bien ça ? Je répondrais en disant que Tolkien a mis à profit son génie d'une manière plus fine pour réconcilier les mythes païens avec le christiannisme. A travers on essai sur les contes de fée, nous comprenons bien qu'il y a là une entreprise d'évangélisation: révéler ce qui dans les légendes anciennes - et parce qu'elles nous touchent (surtout Tolkien) - reflète la vérité de la vraie religion. |
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Yyr
le 04-07-2003 à 19:01 |
Ylla > Cynewulf, Jérôme, par pitié, essayons de ne pas ramener les guerres de religion sur le forum ! Je trouve dommage de parler de "guerres de religions" ; les religions ont souvent eu bon dos ... mêmes les quelques véritables "guerres de religions" ne sont jamais venues qu'au secours d'intérêts politiques parce qu'incapables seuls de transporter les troupes ... passons ... mais ici peut-être serait-il plus humble de parler de "querelles de clocher" ? :) > Je ne prend parti pour personne, je vous dis simplement que si on commence à s'affronter entre chrétiens et athées Hum ... entre Cynewulf et moi ? Mais il se trouve que Cynewulf et moi partageons peut-être la même foi :) :) :) ; c'est assez amusant, je trouve : cela ne montre-t-il pas combien il est devenu habituel de parler de "guerre de religion" lorsqu'on comprend mal de quoi il retourne ? mmm ... :) :) :) ? > au lieu de discuter tranquillement le débat n'ira plus très loin. :-) Si tu entends par tranquille discussion, éviter à tout prix de confronter ses idées ou/et convictions, effectivement tu auras de la tranquillité ... mais c'est tout ce que tu auras : le débat n'ira pas plus loin non plus ; il n'existera plus ;). Je suis d'accord pour dire qu'un débat sain exige le respect de l'autre ... il exige l'amitié (et je suppose que c'est ce qui amenait ta réaction) ; mais il exige la vérité tout autant. Le tout est de ne pas trahir l'un ou l'autre (et pour un chrétien cela fait écho à : vivre la Charité dans la Vérité, et vivre la Vérité dans la Charité). Si j'ai donné l'impression de manquer à l'amitié envers Cynewulf, je le regrette sincèrement, et je prends note :| MJ > Peut-être que si Tolkien revenait parmi nous, il nous dirait : Laissez au SDA sa vocation de roman, de conte ou de légende, Certes, mais c'est justement ce que nous mettons derrière vocation de roman, conte, légende, qui nous fait débattre > qu’on l’analyse, qu’on l’étudie, qu’on le dissèque en tant qu’œuvre littéraire soit Certainement que non :) Lis Faërie
Quelles certitudes ! © Yoda. Mon cher Grégory :) D'une manière générale, j'avoue être un peu surpris en vous lisant ici quand MJ et toi vous livrez, pour MJ à juger des "erreurs de foi" de Tolkien, et pour toi de la "foi en Terre du Milieu", pour vous savoir athées (ou agnostique pour MJ, si celle-ci se pose la question de Dieu ?) convaincus, car la Foi est tout de même "relation à Dieu" ! Comment celui qui nie sa relation à Dieu peut-il en juger ? Non seulement, il en va de la Foi comme de toute disposition humaine (et l'étude est indispensable pour en parler ; imagine, Greg, un petit nouveau, qui n'aime pas la linguistique, après avoir lu le Seigneur des Anneaux, parler des éléments les plus fondamentaux du quenya !) mais aussi spirituelle : la Foi est la relation entre Dieu et l'homme, entre l'homme et Dieu : on ne peut parler de la foi sans Dieu. Il y a ici des "Edouard Kloczko" de la question spirituelle en Arda. Vous pouvez leur faire confiance. Ainsi, Greg, quand tu dis que > Que la victoire du Bien sur le Mal est possible. C'est ce salut que recherchent les habitants des TdM. Et c'est Tolkien qui dicte par quelles actions cette victoire s'obtient [...] En résumé, les personnages qui vainquent le Mal dans le livre sont ceux qui agissent selon des valeurs chrétiennes , j'ai peur que tu entrevois les victoires terrestres, et alors cela n'a rien de chrétien. C'est heureux que les gens de Bien vainquent parfois physiquement les Ténèbres ; mais pas plus souvent en Arda que chez nous. Parle-en à Finrod Felagund le Bien-Aimé. Le fait que le Seigneur des Anneaux s'achève sur une victoire visible du Bien préfigure la victoire spirituelle à venir et à rechercher, l'eucatastrophe du Conte d'Arda, tout comme dans notre histoire on peut lire des signes visibles d'un Salut Invisible ... Ni plus. Ni moins. Si Tolkien avait effectivement "forcé" le christianisme, cela n'aurait plus été le christianisme, qui n'existe que par et dans la (liberté de la) Foi. S'il n'y avait pas de foi en Arda, le Conte d'Arda n'offrirait pas un iota de lecture chrétienne possible. S'il avait "truqué" quoi que ce soit, en outre, il n'aurait pas sous-créé comme il le souhaitait, un monde libre et donc réaliste.
PPS : Et j'oubliais ... Vinyamar > Mais je garantis qu'il y en aura pour ne pas comprendre et rester insatisfaits des mots du professeur. (et après tout, pourquoi seraient-il beaucoup plus limides que son oeuvre ? ... serais-tu prophète mon ami ;) ?
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Vinyamar
le 05-07-2003 à 02:01 |
Salut Yyr ! "Ils ne sont donc pas inutiles puisqu'ils servent à à la beauté et ainsi à la gloire de Dieu ;) non ? Je songeais en fait (suite à la lecture de quelques pages d'un des derniers livres de Jean d'Ormeson) à ces millions de beautés extraordinaires présentes dans l'univers, des profondeurs sous-marines que nous n'atteignons pas aux galaxies boréales que nous ne verrons jamais: il existe un noùbre incalculble (si on ajoute le facteur temps) de merveille que l'homme ne voit pas et ne verra pas et qui pourtant existent. Dans quel but ? Celui de répondre au désir que Dieu a de créer, de faire du beau, de surprendre un jour un unique explorateur qui peut-être en découvrira un échantillon ? Mais cela dépend en effet du sens à donner au mot inutile :-) "serais-tu prophète mon ami ;)"
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lambertine
le 05-07-2003 à 15:35 |
Ce serait me semble-t-il un grand orgueil de la part de l'Homme de penser que toutes les meuveilles de la création ont été créées pour lui et lui seul.
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Mj du Gondor
le 05-07-2003 à 16:13 |
En effet et il serait aussi juste de dire que l'homme en bénéficie par hasard à moins que cette beauté n'existe que par la perception de l'homme. Vinyamar:La choucroute est un plat quelque peu indigeste mais enfin elle a fini par passer ! Heureuse que tu aies compris mon allusion ! C’est peut-être un argument extrème , mais pas tout à fait faux cependant. J’accorde aux chrétiens le droit de jouir des plaisirs naturels de la vie (et notamment du plaisir de la création)et n’imagine pas pour eux une existence infernale; ce que je connais de la vie de Tolkien pourrait en être un bel exemple s’il s’agissait d’un chrétien « ordinaire » (en refusant à cet adjectif tout sens péjoratif) mais je trouve en celui que vous m’avez montré, une certaine complaisance au moins pour son œuvre littéraire si ce n’est pour sa personne. Pour moi il existe un décalage un peu choquant entre consacrer tout un pan de son existence à la « fairie » et les langues inventées et une conscience empreinte de mysticisme comme il apparaît dans certaines des lettres que vous m’avez données à lire. et en particulier cette lettre sur le mariage ou la seule chose à chérir sur terre est le « sacrement » : « « « Depuis les ténèbres de ma vie, tellement frustrée, je place devant toi la seule « chose à chérir sur terre : le Saint Sacrement…Là tu y trouveras la romance, la gloire, « ’honneur, la fidélité et le véritable chemin de tous tes amours sur la terre, et plus que « cela : »la Mort : »selon la divin paradoxe, qui arrête la vie et demande la capitulation en tout, »et pourtant selon le goût (ou l’avant-goût) »de ce qui seul »peut maintenir ce que tu recherches dans tes relations terrestres (amour, fidélité, joie), »[de ce qui seul] »[peut] se charger de cet aspect de la réalité, d’une durée éternelle, que le cœur de « chaque homme désire. » » » Je comprendrai tout à fait quand vous me répondrez qu’il n’y a pas de rapport car je pense qu’il s’agit là d’une divergence fondamentale et que seul un athée peut se poser ce genre de question , celui-ci ne pouvant voir dans le mysticisme que l’expression d’un amour passionné et exclusif. Il va de soi que ce raisonnement ne s’applique pas aux croyants traditionnels ! Mais probablement contesterez-vous le mysticisme de Tolkien dont je vous rends innocemment responsables ! Alors pour éviter un autre débat, je dirais que ma conviction est que Tolkien n'était pas mystique, qu'en homme honnête il a accordé sa vie à sa foi et qu'il s'est livré en toute sérénité à sa passion d'écrire en exprimant sa préférence pour l'épopée et la légende. Mj |
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Ylla
le 05-07-2003 à 19:46 |
Hou là, je suis partie en vacances au mauvais moment, il s'en sont passées des choses! Jérôme, quand je parlais de guerres de religions, je ne me suis pas spécialement interrogée sur le terme, je tenais simplement à faire remarquer qu'on pourrait essayer de parler de religion dans Tolkien sans dériver sur la religion toute seule, surtout que je soutiens quand même que laisser le débat s'échauffer et chacun camper sur ses positions envers et contre tous ne donne pas un climat très propice à l'échange. Enfin c'était une parenthèses, et puisque je voulais justement faire une tentative pour limiter le hors-sujet, je ne veux pas m'y lancer moi-même :)
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Vinyamar
le 05-07-2003 à 21:47 |
Ylla, je suis entièrement d'accord avec toi. |
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Mj du Gondor
le 05-07-2003 à 23:41 |
Ylla: je pense que tu n'as pas tort;( tu vois Vinyamar j'évolue)tes textes en toute sérenité pourront être muets sur la religion sans toutefois s'opposer à celle-ci ; bien des auteurs ont suivi cette voie; Mais écrirais-tu des lettres comme celle que Sosryko a eu la gentillesse de nous traduire (et je l'en remercie encore une fois)et qu'il nous a données à lire sur le fuseau "la foi de Tolkien"? Les as-tu lues ? Mj |
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sosryko
le 06-07-2003 à 02:25 |
merci ;-)) |
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Ylla
le 06-07-2003 à 17:51 |
Mj, effectivement, j'ai lu le fuseau "La foi de Tolkien". Et je crois que cela me donne même un argument supplémentaire. Tolkien parle de sa foi, celle-ci ne fait certainement aucun doute, mais je n'ai vu aucune allusion (ou alors je suis passée trop vite :)) à un quelconque sentiment d'une mission, d'un devoir, de transmettre sa foi dans ses textes. Par contre, dans une lettre citée par Cathy, il affirme que les mythes et les légendes qu'il crée expriment mieux que tout sa propre nature. Sa nature, pas sa biographie (bien que le mot intervienne dans la lettre), ni ses doutes : or une foi si profondément ancrée ne doit-elle pas être comprise dans la nature d'un homme ? Mais Tolkien parle d'exprimer sa nature, pas de transmettre sa foi. C'est pour cela que je pense que si ses textes ont pu refléter ses convictions, ce n'était pas parce qu'il entrait dans ses intentions de remplir un devoir moral, un auteur peut très bien exprimer ce qu'il pense être la vérité sans pour autant vouloir en convaincre les autres. Je ne parle même pas d'un texte qui évite d'aborder la religion (c'est peut-être ce que tu as compris quand j'ai qualifié mes propres textes d'agnostiques ? mais ils le sont parce que je suis agnostique moi-même; je pense que si j'étais chrétienne mes écrits le reflèteraient de la même façon); je dis seulement que je doute que le travail de l'écrivain comprenne le devoir de convaincre, même lorsqu'il permet à l'auteur de délivrer sa vision du monde. Rares sont les vrais auteurs "à message". |
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Mj du Gondor
le 07-07-2003 à 23:35 |
Ylla: """Rares sont les vrais auteurs "à message". """ Oui, c'est ce qu'on appelle je crois un auteur engagé! un choix de procédé littéraire qui ne s'impose pas à tout écrivain. Mj |
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Coeur de Canard
le 08-07-2003 à 13:09 |
Deux choses: - Le SdA connait un succes enorme chez toutes sortes de lecteurs. Il me parait difficile de presumer que necessairement une grande part des lecteurs n'en on necessairement qu'une approche superficielle. Cela me parait aussi presomptieux et insultants. Bon, le sujet a deja ete fort discuter, mais eci dit le SdA ne se veut pas, en tout cas explicitement, un texte religieux. Maintenant des tas gens s'interressent au pentateuque pour des raisons n'eyant pas de relations avec leur foi. Parmis eux ils y en a d'extremements savants et integres. De quel droit peut on dire que leurs approches est intrinsequement vicie par l'absence de foi (est de qu'elle foi d'ailleurs ?). N'est ce incroyablement presomptieux (il n'y pas d'autres chemins vers la verite que ceux de mon ecole de pensee) ? Ou totallement ego-centrique (ma foi, mon ecole de pensee est necessairement la bonne et l'unique puisque j'y adhere et que justement j'ai la foi) ? Ou du moins profondement insultants et meprisant pour autrui ? - A mon sens dans le SdA, JRR ne fait pas de proselytisme chretien, il illustre et il loue une certain nombre de valeurs fondamentales du christianisme (eg libre arbitre, sacrifice, etc ...). Apres il fait fort attention que son monde epique ne vehicule pas de principe contraire au dogme (eg si n'importe quel humains peut etre magicien, c'est un probleme pour le dogme catho mais si les seuls magiciens sont des creatures angeligues ou a la rigueur des serviteurs de l'enemi, ca pose beaucoup moins de probleme). Je pense que c'est justement par precautions pour eviter d'ecrire a l'encontre du dogme ou de faire de son roman un traite proselyte qu'il a gomme les references religieuses. CdC
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Vinyamar
le 10-07-2003 à 23:24 |
MJ, je n'ai pas fini de répondre à tes questions, qui deviennent de plsu en plus intéressantes. >>"Pourquoi restaurer des mythes et des légendes quand l'église à tant fait pour les effacer de nos mémoires et les reprendre à son compte en les christianisant ?" Difficile cette question, j'espère que de plus éminents spécialistes reprendront ça mieux que moi. DONC: pourquoi restaurer les mythes et légendes (nous parlons de Tolkien): parce qu'il les aime, parce qu'elles le touche, et qu'il vzeut nous les faire partager. Mais Tolkien n'a pas restaurer les mythes et légendes. Ils les a utilisées, pour en faire une oeuvre qui était son dessein: donner à l'Angleterre une mythologie qu'elle n'a pas en propre. C'est par amour de son pays, (sa patrie serait plus adéquat, patrie ayant un sens idéalisé tandis que pays a un sens politique), qu'il a agi ainsi. Cela lui semblait important, comme il peut être important de rendre son enfance à un adulte, même si en tant qu'adulte il paraît n'en plus avoir besoin. |
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Ylla
le 11-07-2003 à 20:30 |
Si cela peut intéresser quelqu'un, voici ce que je viens d'exhumer dans le fuseau "L'Ainulindalë fait la nique à la genèse": "Theologically...I imagine the picture to be less dissonant from what some (including myself) believe to be the truth. But since I have deliberately written a tale, which is built on or out of certain 'religious' ideas, but it is not an allegory of them...and does not mention them overtly, still less preach them..." (L211, p.283). "Théologiquement [parlant]... j'imagine que la description s'accorde mieux avec ce que certains (dont moi-même) croient être la vérité. Mais néanmoins j'ai délibérément écrit un conte, construit dans ou hors [du cadre] de certaines idées "religieuses", mais qui n'en n'est pas une allégorie... et qui ne les mentionne pas ouvertement, et encore moins les prêche." C'est assez clair, non ? |
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Vinyamar
le 12-07-2003 à 12:11 |
:-) non ! Pour commencer, dans la traduction: Théologiquement (si le terme n'est pas trop grandiose) j'imagine l'image {laquelle ? à suivre} être moins discordante que ce que certains (moi y compris) croient être la vérité. Mais depuis que j'ai délibérément écrit un conte, qui est bâti sur ou à partir de certaines idées "religieuses", mais n'est pas une allégorie de celles-ci (ni de rien d'autre) et ne les mentionne pas ouvertement, et les prêche encore moins, je ne m'écarterai pas à présent de cette modalité, et m'hasarder à des discussions {"disquisitions" ??? dissécations ?} pour lesquelles je ne suis pas taillé. Donc, premièrement, on découvre qu'en se trompant sur les textes, les choses paraissent nécessairement plus claires que dans la réalité. Il dit ensuite, pour continuer à traduire ce passage qui même en français reste obscur, à travers une longue phrase, que: Les virgules qu'il met partout n'aident pas bien à comprendre le noeud de sa phrase, mais il semblerait qu'il dise qu'il refusera à présent de changer son point de vue sur son monde: il restera un autre temps et non pas un autre lieu, parce qu'il a écrit ce conte. |
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Ylla
le 12-07-2003 à 16:48 |
Vinyamar : on découvre qu'en se trompant sur les textes, les choses paraissent nécessairement plus claires que dans la réalité Ou moins...:-) Il va peut-être falloir faire appel à un troisième avis. D'accord pour "out of", je suis passée un peu vite. Mais il me semble que : Enfin, il me faudrait le reste de la lettre pour voir, je dois avouer que j'ai quelque peine à comprendre ton post sans avoir le texte. Et je maintiens l'appel à angliciste/anglophone/avis compétent quelconque pour lever le doute sur cette traduction. |
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Mj du Gondor
le 12-07-2003 à 18:17 |
Vinyamar :Grand merci de ce soin que tu apportes à me chercher des réponses. A ma question sur l’opportunité de restaurer des mythes et des légendes alors que l’Eglise a tant fait pour les effacer de nos mémoires et les reprendre à son compte en les christianisant, tu me réponds : On a souvent vu au cours des siècles, la résurgence de la première méthode !! Qu’en est-il des églises et des méthodes employées pour l’évangélisation des masses ? il me semble que c’est selon…. ! Selon que leur bras est armé ou non ! Je ne vois pas non plus où se situe le respect quand on puise dans la mémoire d’un peuple pour en dénaturer les sources à son profit. Je n’y vois que stratégie ou démagogie. Pour ce qui est du Père Noël, soit nos générations sont trop éloignées, soit je n’ai connu dans mon enfance que des intégristes ! car je ne me souviens que d’une ardente rivalité entre le Petit Jésus de la Crèche et le Bon vieillard à la barbe Blanche pour le 25 décembre! De même pour le « pendule » : je te garantis que mes très chères sœurs auraient crié au scandale ! Enfin pour ce qui est de l’amour de Tolkien pour les mythes et ce désir qui le poussait à vouloir donner une mythologie à son pays pourquoi ne pas rejoindre le fuseau initialisé par Cedric dans la section « Tolkien et la littérature ? Et encore cette question (si je ne l’ai pas déjà posée) :pourquoi vouloir donner à l’Angleterre une mythologie plutôt que la bible ? Ylla : « « je suis athée et pourtant les thèmes embrassés par Tolkien me touchent profondément. J’en déduis qu’ils transcendent toute interprétation exclusivement chrétienne, toute lecture unique faite à la lueur, couvrant un espace limité, de la Bible » ». Je ne vois pas vraiment en quoi on ferait un procès à JRRT puisque lui-même, tout en admettant que son choix d’écriture était contestable s’est refusé à envisager de changer son point de vue sur son monde. |
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Vinyamar
le 12-07-2003 à 19:01 |
Non, non. Ma dernière phrase où he fais parler le professeur est de moi. Tolkien n'a jamais dit ça (il n'y avait pas de guillemets). Au sujet de l'élément romain, j'ai en effet failli ajouter une parenthèse sur la culture grecque, que j'ai finalement effacé, car cela aurait compliqué le sujet. C'est aussi anecdotique, et surtout ne rentrepas dans la même démarche que l'Eglise catholique. Pour les grecs, toutes le religions se valent, et ils sont toujours à l'affut de nouvelles religions et de novueaux dieux (conscient sans doute au fond d'eux que leur panthéon ne répondait toujours pas à la vérité ). Pour le reste de ton message, j'en viens à désespérer. Je ne te demande pourtant pas d'être d'accord avec moi, il s'agit ici de foi. Mais je suis très gêné de te voir poursuivre dans ta voie sans aucun changement, de la même façon, comme si tout ce que j'avais dit n'avais absolument pas existé. >>"Je ne vois pas non plus où se situe le respect quand on puise dans la mémoire d’un peuple pour en dénaturer les sources à son profit. Je n’y vois que stratégie ou démagogie." j'ai déjà assez parlé de ce point je crois. Mais si vous n'avez pas conscience de ce que peut signifier un mot comme "Vérité", je crois que toute poursuite est vaine. Je suis ennuyé que tu me ressortes le même refrain que plus tôt. Au sujet du bras armé ou non de l'Eglise, tu as toi-même posé la solution du problème, et tu le vois pas (parce que ce serait trop facile, n'est-ce pas ??). Pourtant tout est là: qui arme l'Eglise ?? Quels sont ses intérêts dans la partie ? Au sujet du père Noël et du pendule (par exemple), il ne manque pas dans mon entourage de personnes qui combattent le vieux barbu au nom d'une catholicité pure. A leur guise, ce n'est pas la position de l'Eglise ! (qui n'approuve pas pour autant ce petit bonhomme devenu commercial, mais le regarde plutôt avec attendrissement quand il s'agit d'une légende qui fait briller les yeux des enfants). POURQUOI AVOIR VOULU DONNER A L'ANGLETTERRE UNE MYTHOLOGIE ? Tolkien s'explique là dessus, même s'il s'agit plutôt d'une histoire de goût personnel. Je tâcherai de retrouver... un jour, car je fini par me fatiguer à travailler en vain. les réponses ne vous conviennent pas, et lire: >>"Et j’ose attribuer à Tolkien la volonté de le démontrer enprivilégiant ce passé mythique et son univers de légendes. Pour moi son objectif pouvait bien être de montrer que ces valeurs n’ont pas nécessairement besoin d’un support religieux et par là ne sont pas « intrinsèquement chrétiennes" Après tout ce qui a été dit ici et ailleurs me pèse ! A quoi ça sert que Ducros y se décarcasse ?? C'est strictement ton point de départ !! Je travaillerai plutôt désormais à une étude de longue haleine (tellement longue que je n'en vois pas même la ligne d'horizon, et manque de temps, et de compétence, pour cela) qui pourra peut-être, non pas vous convaincre de l'inclusion de religieux et de foi dans l'oeuvre de Tolkien, vous le refusez, il faut croire, par idéologie ferme, mais de vous faire prendre conscience au moins que c'est ce que Tolkien a tenté de faire.
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Ylla
le 12-07-2003 à 19:33 |
Il est vrai qu'il est difficile de parler de religion sans finir par confronter non pas des avis, mais des vérités... qui n'ont aucune chance de se modofier mutuellement. Vinyamar, je ne crois pas avoir été touchée par une quelconque révélation, je n'ai pas fait la découverte de Dieu et par conséquent je ne crois pas en lui, bien que la possibilité de son existence ne me semble pas du tout absurde (je l'ai déjà dit, je suis agnostique, donc je ne crois pas que je serai capable de trancher la question par aucun argument que ce soit). Certes, j'ai cru comprendre que la foi n'était pas une question d'arguments... Ce que j'admets tout à fait, mais ce que je cherche à te dire, c'est qu'il est effectivement difficile de "débattre" (je mets entre guillemets parce que je ne suis pas toujours sûre que ces discussions soient un vrai débat) quand chacun est sûr du bien-fondé de sa croyance, qu'il s'agisse ou non de la vérité (avec ou sans majuscule...). Je ne crois donc pas qu'il faille trop t'étonner si on piétinne un peu : c'est exactement ce que je voulais dire un peu plus haut, quand j'ai écrit qu'à s'emballer sur la religion, on n'arriverait nulle part ! Discuter de la foi de Tolkien, et de lui seul, n'est-ce vraiment pas possible à faire sans entrer dans le cas de chacun de nous ? |
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Mj du Gondor
le 12-07-2003 à 21:08 |
Vinyamar: ne te fâches pas ! j'ai pris soin avant d'éditer mon message de reprendre la totalité du fuseau! Et si je n'ai pas beaucoup progressé dans ton sens toi tu n'as pas fait un seul pas. Comme Cynewulf, vous ne répondez à mes questions que par des actes de foi ! moi j'ai admis que le sens caché de l'oeuvre de Tolkien pouvait être chrétien, que son mysticisme pouvait s'accomoder de l'écriture d'oeuvres laïques (en apparence), que son choix du monde légendaire était légitime par fidélité à la "faërie" ; j'ai le sentiment d'avoir amplement évolué !! mais je ne pense pas quand même que tu attendais mon illumination ! Tu as reconnu quelque part que vos certitudes étaient parfois excessives surtout dans vos formulations mais tu n'as en rien changé à tes méthodes ! Tolkien a raison, la vérité est Notre vérité, nous pensons juste, notre seule lecture honnore JRRT, si vous ne partagez pas notre foi inutile de lire le conte d'Arda! Tu peux relire le fuseau, la tolérance à l'exception de Yyr, n'est pas de votre côté! Mj |
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Vinyamar
le 12-07-2003 à 23:35 |
Non, on est à côté du sujet là. Je ne te reproche pas (ni toi ni Ylla) de ne pas avoir la foi, ce serait stupide de ma part. j'ai bien tâché, il me semble, de répondre à tes question par tout autre chose que des actes de foi... sauf pour les questions qui ne portent que sur la foi (une bonne partie de tes questions n'est-ce pas ?) et son rapport avec un auteur. La question dont il me semble que nous débattons est de savoir si Tolkien a réellement INCLUS sa foi ou des valeurs religieuses dans son oeuvre, ce qui vous pose problème puisqu'il affirme à la fois que son oeuvre est fondamentalement catholique et qu'il en a volontairement ôté toute référence explicite à une religion quelconque. On frise l'absurde là... En tous cas tout ce qui a été dit jusqu'ici est réduit à néant par ce "j'ose attribuer" et ce "Pour moi...". bon, la lassitude fait déraper la fin de ce fuseau, je suppose qu'il n'évoluera plus dans le sens du bien à présent, sauf intervenant extérieur pour cette petite question de l'anglais. |
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Vinyamar
le 12-07-2003 à 23:39 |
Il me reste d'ailleurs à répondre à deux autre questions: - Faut-il voir un dualisme permis entre le religieux d'une part et l'artiste ou le poète d'autre part? - Peut-t-il y avoir pour le même homme 2 sources d'inspiration antagoniques? La fable peut se prêter au stratagème, mais le Silmarillion et le SDA ne sont pas des fables! La première question traite bien de la foi, il me semble, vous me pardonnerez d'essayer d'y répondre (si ça m'amuse en fin de compte) en traitant de la foi, non ? |
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Lothiriel
le 12-07-2003 à 23:47 |
Mj, je ne vois pas en quoi les réponses que te fait Vinyamar relèvent des actes de foi. expliquer pourquoi l'Eglise a fait telle ou telle chose n'est pas question de foi mais d'histoire. quand il écrit que l'Eglise a vocation à étendre la foi qu'elle défend, c'est vrai, qu'on soit croyant ou non. après, on peut considérer que l'acculturation mise en place par l'Eglise est une manipulation, ou y voir une sagesse, il n'existe aucune preuve dans un sens ni dans l'autre. ton parti-pris : c'est de la démagogie, est autant un "acte de foi" que le parti-pris "c'est de la sagesse". question d'optimisme sur l'humain ? à propos d'histoire de l'Eglise, je corrigerai Vinyamar sur l'arbre aux fées de Jeanne d'Arc : le tribunal (d'Eglise, quels que soient les enjeux politiques du procès) qui la jugeait en a quand même bel bien fait tout un foin, de cet arbre aux fées, et le procès de réhabilitation a cherché par tous les moyens à prouver qu'il n'y avait rien de démoniaque par là dessous - en disant notamment qu'il n'y avait plus de fées dans ledit arbre depuis qu'on y avait lu l'évangile de Jean ! en revanche, il n'existe aucun moyen - si ce n'est une conviction d'ores et déjà faite - de dire que le grand effort contre les superstitions des XIVè-XVè siècle, dans lequel s'inscrit cette partie des procès, est fait par conviction "positive" : il faut éduquer, puisque la foi que nous défendons est celle qui mène au salut ; ou "négative" : il faut éradiquer toute différence pour asseoir notre autorité et assouvir notre soif de pouvoir. toute l'histoire des mentalités récentes tend plus vers la première hypothèse que vers la seconde, mais 1° pencher "plus" ne veut pas dire supprimer la seconde hypothèse comme radicalement invalide, eh non l'humanité n'a jamais été toute blanche ou toute noire, ça se saurait 2° l'histoire des mentalités est une discipline périlleuse et par là même extrêmement prudente, du fait qu'elle ne peut être faite honnêtement qu'en écartant toute conviction a priori. je constate que des questions sur la foi de Tolkien, on arrive systématiquement aux questions sur l'histoire de l'Eglise, ce qui ne laisse pas de m'intriguer, et que dans ces deux domaines la part d'interprétation personnelle l'emporte rapidement - et là, Mj, Vinyamar m'a toujours donné plus d'arguments que ses "opposants" ! il y a ce qu'on peut dire, grâce à telle ou telle source. ensuite, il y a ce qu'on en comprend avec notre rationnalité. enfin, il y a ce qu'on choisit d'interpréter, sans preuve que ce soit. Tolkien doutait-il de sa foi ? ma foi (!) on a cité des textes qui laissent penser que oui, d'autres qui laissent penser que non, on a réfléchi à partir des oeuvres littéraires et non des lettres, ou à partir des lettres et non des oeuvres de fiction ... je ne suis pas certaine qu'on puisse aller beaucoup plus loin dans la réflexion, chacun est désormais dans le registre des convictions. à propos des valeurs universelles/chrétiennes : je pense en bref (très bref) que le fait qu'une valeur telle que l'amitié (illustrée magnifiquement dans le SDA) soit considérée comme universelle, ne l'empêche pas d'être chrétienne. un chrétien ne peut rejeter cette valeur-ci (ce qui ne veut pas dire que moult chrétiens ne l'ont pas fait !), en fonction du contenu du message évangélique sur lequel se fonde sa foi ; cela n'empêche aucunement un non-chrétien de la partager également : la différence est du registre du rapport foi/conviction morale. la foi chrétienne implique la charité (Dieu = amour pour les chrétiens, donc être chrétien implique de croire en l'amour et l'évangile dit qu'aimer Dieu et aimer son prochain c'est pareil), mais la charité n'implique pas la foi (pour un chrétien, la charité implique l'existence de Dieu, mais la non-foi d'une personne n'empêche pas la charité d'exister ; pour un athée, la charité existe en elle-même, si on peut dire). |
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Ylla
le 13-07-2003 à 15:10 |
Vinyamar : "less dissonant than": signifie 'moins dissonnant que' de manière comparative (this idea is less dissonant than this other one) "less dissonant from": signifie 'moins dissonnant de' par rapport à un point établi, une idée originelle. (this idea is less dissonant from the truth) Ben oui, j'ai précisément traduit par moins dissonnant de (ou s'accorde mieux à, ce qui revient exactement au même), quand tu traduis "moins discordant que". |
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Ylla
le 13-07-2003 à 15:33 |
Petite précision : "the picture" ici ne veut certainement pas dire "l'image", mais plus vraisemblablement "l'ensemble", "la description générale". |
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lambertine
le 13-07-2003 à 15:34 |
Je vais tenter de me joindre au débat sans jeter de l'huile sur le feu des querelles religieuses ... Tout d'abord, chère Lothiriel, je ne suis pas vraiment d'accord quand tu parle de l' "acculturation" causée par l'Eglise en luttant contre les légendes locales ou les superstitions. Il y a plus "assimilation" que réelle acculturation. En bien ou en mal ? Je dirais à tout prendre que celà dépend des cas, mais je remarque que, lorsqu'on regarde l'expansion du christianisme, si le message reste le même partout ( enfin, globalement ) la façon de l'exprimer et ce qui "tourne autour" varie énormément. Le catholicisme d'un mexicain aura "assimilé" nombre de thèmes et de légendes Aztèques, comme celui d'un Irlandais la mythologie celtique ( il est d'ailleurs à remarquer que c'est dans un des pays les plus chrétiens du monde que la mythologie pré-chrétienne reste la plus vivante ). Et cette assimilation n'est finalement pas bien différente de la "récupération" des Dieux locaux par les Romains ( ou leur assimilation aux dieux du panthéon gréco-latin ; pourquoi assimiler Thor à Jupiter - même si ils ont une source indo-européenne commune - serait-il moins grave que d'assimiler le Graal celtique au calice de la Scène ? ). Au sujet des valeurs spécifiquement chrétiennes du SdA : la plupart de ces valeurs sont en effet bien plus "universelles", bien qu'un croyant puisse les rattacher à sa foi. Mais il en est une qui me semble quand même plus particulièrement chrétienne : la miséricorde. Là ou la plupart des peuples et des religions demandent la justice, Tolkien met en exergue le Pardon, que ce soit vis à vis de Gollum ou de Saruman. Un auteur chrétien se doit-il d'être engagé ? J'ai déjà répondu que non, mais je voudrais rajouter quelque chose : en général, les auteurs dits "engagés" ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils sortent de leur "engagement". Et les livres vraiment engagés ne convainquent souvent que les convaincus, simplement parce que leurs adversaires, soit ne les lisent pas, soit sont trop agacés par leur contenu. J'avoue même que, toute croyante que je suis, j'ai rarement été aussi agacée par un texte que je l'ai été il y a quelque s semaines par une "christianisation" médiévale de la matière de bretagne qui derrière chaque action des héros voyait, Dieu, Jésus, marie, Joseph, ou un ange du paradis. Dans l'engagement, point trop n'en faut. Petit HS au sujet du Père Noël : dans mon enfance, le Père Noël n'existait pas en Belgique. C'était son homologue et modèle Saint Nicolas qui faisait son travail le 6 décembre. Il continue à le faire, mais maintenant les petits reçoivent deux fois des cadeaux en décembre ... Je me souviens pourtant qu'à 4 ans ( eh oui, çà m'a marqué ) j'avais été très choquée par une chanson disant que Noël était "la fête des enfants". Noël, pour moi, élevée pourtant dans une famille non pratiquante, c'était l'anniversaire de Jésus, sans cadeaux, sans cotillons, avec la crèche sous le sapin. Je crois que ce qui m'est resté de cette réaction enfantine, et çà doit être le cas de nombreux chrétiens, c'est un rejet de la commercialisation outrancière de Noël, dont le Père Noël est en quelque sorte le symbole. |
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Mj du Gondor
le 13-07-2003 à 18:20 |
Vinyamar :En quoi est-ce absurde que de dire : >>"Et j’ose attribuer à Tolkien la volonté de le démontrer en privilégiant ce passé mythique et son univers de légendes. Pour moi son objectif pouvait bien être de montrer que ces valeurs n’ont pas nécessairement besoin d’un support religieux et par là ne sont pas « intrinsèquement chrétiennes" Quand je dis « j’ose attribuer, c’est que j’admets que mon hypothèse pour « elucider cet apparent paradoxe » est personnelle, que j’ose la soutenir en dépit de vos tentatives d’explications lesquelles si elles peuvent être justes n’excluent pas toutefois de façon rédhibitoire les autres hypothèses ; n’oublions pas que nous ne sommes pas dans un domaine scientifique et que le doute est permis !! Les efforts que tu as fait pour ta démonstration n’ont pas été vains ; je ne les rejette pas ; tu sembles pourtant avoir lu mon message d’hier à 21h08 !! Qu’avez-vous en fait démontré : -Tolkien était catholique : ok -De ce fait l’inspiration en est chrétienne : ok -Il ne voulait cependant pas que sa foi apparaisse : vrai -parce qu’il avait choisi le mode d’expression de la « faërie » : vrai et faux : tous les contes ne sont pas d’inspirations chrétienne mais sa conception de la « faërie » exclut l’apparition de sa foi qui pour lui est une réalité -les thèmes et les valeurs vehiculés sont des thèmes et des valeurs chrétiennes : non et c’est là que je m’insurge : ce sont des valeurs et des thèmes fondamentaux et universels à la fois partagés par les chrétiens et les autres (enfin certains !! ni par tous les chrétiens ni par tous les religieux ni par tous les athées !!) Si Tolkien a fait de son œuvre romanesque une œuvre chrétienne mais ou le sens chrétien n’est perceptible que pour un chrétien, qu’y a-t-il d’absurde à dire que les valeurs ou les thèmes qu’il y développe sont cependant reconnus et partagés par des non chrétiens ! Mais je préfère conserver sur le sujet le message de Lohiriel beaucoup plus convaincant ! N’y a-t-il pas d’intolérance à vouloir imposer sa vérité quand l’argumentaire n’a pour effet que de contester l’exclusivité ? Lothiriel : pour moi l’acte de foi consistait à ne répondre à mes questions que par l’argument de la foi ; j’ai peut-être bien fait une erreur et aurais dû employer le terme « profession de foi » ? Vinyamar : J’attendrai bien entendu tes réponses aux autres questions, surtout si tes réponses te procure autant de plaisir à les écrire qu’à nous de les lire !! Lambertine : je rejoins Lothiriel quand elle parle d’acculturation, car même si quelques mythes tenaces ont nécessité une assimilation, la plus grande partie de la culture spirituelle d’un peuple évangélisé disparait au profit de la nouvelle religion ; c’est donc bien de l’acculturation. Miséricorde : valeur essentiellement chrétienne Peut-être mais pas la faculté de savoir pardonner !! |
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Lothiriel
le 13-07-2003 à 23:46 |
Mj, je trouve que Mission est un film magnifique, mais qui démontre surtout les enjeux politiques compris derrière une destruction culturelle, cette fois-ci. les jésuites des missions, eux, ont une attitude qui rejoint beaucoup plus la description qu'en fait Vinyamar. ensuite, je pense que sur ces questions d'acculturation/assimilation, il faut distinguer notamment en fonction des périodes dont nous parlons. aux XIVè-XVè siècles (période que je connais le mieux), on peut parler d'acculturation, mais il est actuellement très difficile de mettre en cause la "bonne foi" si j'ose dire des autorités ecclésiastiques, qui pour des raisons extrêmement complexes (et mal comprises malgré les nombreux travaux sur la question) ont vu dans le maintien de pratiques anciennes d'abord des superstitions mettant en danger le salut universel, puis des pratiques démoniaques, par définition encore plus dangereuses. c'est de l'intolérance, oui, au sens moderne du terme, ceci dit la tolérance est un concept extrêmement récent - pour lequel le christianisme n'a pas peu fait, d'ailleurs. aux XVIè-XVIIè siècles, les questions se posent différemment selon qu'on évoque l'approfondissement de la christianisation des campagnes européennes - approfondissement qui va de pair avec les débuts de la déchristianisation, le développement du doute rationnel, l'acceptation de fait, après moult drames, d'une division radicale du christianisme européen (le drame principal étant la crispation dans l'intolérance qui caractérise les années 1550-1620, en gros, dans toute l'Europe), et l'évangélisation massive et en partie forcée du Nouveau Monde. je dis "en partie" forcée, justement parce que comme le montre Mission, une bonne partie des missionnaires qui ont risqué leur peau l'ont fait avec infiniment d'amour pour les populations qu'ils rencontraient. quant aux premiers temps de l'évangélisation, je me répète : il n'existe aucun moyen de mettre en doute la bonne volonté des apôtres et des missionnaires. enfin, pour revenir à Toto, et quitte à radoter ;-), je suis pour ma part à 100 % Vinyamar en disant que ce n'est pas parce que des non-chrétiens se retrouvent dans les valeurs défendues par le SDA, que Toto, lui, a voulu déconnecter lesdites valeurs de sa foi. je pense que l'argumentaire de plusieurs érudits de ce forum (Spazko, Sosryko, Vinyamar) est assez convaincant, pour ma part. sur la miséricorde comme valeur chrétienne : elle me semble l'exemple même de ces valeurs défendues par le christianisme et aujourd'hui adoptées beaucoup plus largement, déconnectées en partie des questions de foi. ceci dit, j'ai toujours un peu de mal avec cette idée de la miséricorde envers Gollum comme exemple du christianisme du SDA : cette miséricorde sauve tout le monde, sauf Gollum lui-mêmê, or il me semble que le discours chrétien sur la miséricorde est d'abord un discours d'espérance sur l'humain, toujours capable de se tourner vers le Bien, toujours capable d'aimer. le christianisme appelle à la miséricorde comme moyen de sauver l'autre, autant (plus ?) que comme moyen de se sauver soi-même. or, si Gollum avait été "sauvé" moralement, l'Anneau n'aurait pas été jeté ... c'est donc l'échec de la miséricorde qui sauve la TdM, quelque part, non ? |
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Mj du Gondor
le 14-07-2003 à 17:45 |
Lothiriel : La politique excuserait-elle les erreurs religieuses ? Elle peut les expliquer mais certainement pas les absoudre. Le dévouement la sincérité le sacrifice du Père Gabriel de « Mission »portent à l’extrême mon admiration ; j’admets que l’évêque ait été confronté à un terrible dilemme mais je ne peux pas me rendre aux raisons de son choix ; pas plus qu’à ceux de Mr « Tout-Blanc ». Mais n’attisons pas la guère franche et je m’excuse si je l’ai en quelque sorte provoquée ! Je connais trop d’ailleurs les arguments qui pourraient m’être opposés et qui n’aboutiraient qu’à une nouvelle « profession de foi » pour les uns et à un désaccord irréductible pour les autres . Restons dans le domaine du culturel ou du spirituel, car les blessures infligées à l’esprit sont pour moi, moins douloureuses que celles appliquées au corps car elles sont toujours réversibles ; une victoire sur les esprits n’est jamais acquise définitivement. (là je crois que je suis en désaccord avec Tolkien qui faisait dire à Eru que la plus grande faute de Melkor avait été la perversion de ses créatures , au sens de les avoir convertis au mal et non de les avoir transformer ?) Revenons à l’acculturation ou à l’assimilation et à ton message si intéressant sur le sujet : Tu dis pour le Moyen Age, période d’intolérance, » il est actuellement très difficile de mettre en cause la "bonne foi" si j'ose dire des autorités ecclésiastiques, qui pour des raisons extrêmement complexes (et mal comprises malgré les nombreux travaux sur la question) ont vu dans le maintien de pratiques anciennes d'abord des superstitions mettant en danger le salut universel, puis des pratiques démoniaques, par définition encore plus dangereuses ». Dans une vision très simpliste, j’attribue les excès à l’hégémonie de l’Eglise sur la vie spirituelle de l’époque où la seule autorité en matière de pensée revenait à l’église et à ses prêcheurs avec la tentation simplement humaine de gommer tout ce qui n’est pas « sa vérité » ; parce que l’église en avait les moyens, ces penchants trouvaient l’occasion de s’affirmer à chaque tentative de rébellion (spirituelle)provoquée soit par les dissensions dans les hautes sphères menaçant l’unité, soit par de grands fléaux menaçant la crédibilité . Il me semble que Régis Debray (si je ne le trahis pas)impute aussi cette évolution dans les mentalités que tu situe entre le XIVéme et le XVIème siècle à l’apparition de l’imprimerie (entre autres facteurs) ayant entrainé cette division radicale du christianisme ; La connaissance ou le savoir étant plus accessible à l’homme par la vulgarisation du livre ; l’origine des « excès » serait alors devenue plus manifestement politique les dogmes étant pris comme moteur pour unir et mobiliser les foules.(ça c’est moi qui le dit…) Quant aux premiers siècles d’évangélisation, le livre que tu cites est fort tentant…même si en conclusion, tu vois « un volonté d’éducation, une invitation au salut, qui comprend plus de respect pour les cultures en place que de destruction dans ce que j’appelle de la récupération stratégique ou démagogique. J’accepte cependant ton interprétation de la Source guérisseuse, le mythe et le miracle se confondant aisément de manière bien innocente ; le danger est moins grand que là où le subterfuge consiste par exemple à endosser la stature divine « du Grand Dieu Blanc venu de l’Est en débarquant au Mexique ou sur les côtes d’Amérique du Sud . L’intérêt de ton message me fait reporter à la fin ce qui me tient le plus à cœur :toujours ces valeurs fondamentales ! Pourquoi vouloir encore une fois les attribuer en priorité au christianisme ? « « « sur la miséricorde comme valeur chrétienne : elle me semble l'exemple même de ces valeurs défendues par le christianisme et aujourd'hui adoptées beaucoup plus largement, déconnectées en partie des questions de foi. » » comment expliques-tu « Le Grand Pardon de la religion juive » ?Qui demande le pardon à son Dieu est je crois capable de l’accorder à son prochain ? cette notion existait donc bien avant le christianisme. Je suis certaine qu’on peut trouver de nombreux exemples dans nos mythes occidentaux mais je veux m’éloigner des sources de notre culture : Ainsi « du Bouddha » d’André Migot (je ne suis pas bouddhiste !) « les voies de la moralité » « …….. Nous pourrons être plus brefs sur ce chapitre car les principes de la morale bouddhique. se retrouveront presqu’inchangés dans la morale chrétienne… ……………. Il est un point qui a pris dans la morale bouddhique un développement catractéristique, c’est la doctrine de la non-violence. Le commandement essentiel du décalogue judaïque « tu ne tueras pas » est le premier du Pentalogue bouddhique Le Christ en a rappelé la valeur impérative ………..Le monde admire ces préceptes à juste raison mais il oublie volontiers que Bouddha les avait proclamé six siècles avant lui….La haine ne peut être détruite par la haine, la haine ne peut être détruite que par l’amour. » Je vous fais grâce du développement mais de cette doctrine de Non–violence découle un grand nombre de valeurs partagées par les chrétiens :miséricorde, pitié, charité, etc.. Pour terminer sur Gollum avec Lothiriel , ne peut-on imaginer Sméagol jetant lui-même l’Anneau dans les flammes d’Orodruin ? si….. |
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Vinyamar
le 15-07-2003 à 12:51 |
Mouais. On n'avance guère... mais je reviendrais très rapidement sur deux ou trois choses, en abandonnant pour l'instant le motif de répondre à la question initiale, les esprits s'étant suffisemment instruits les uns des autres pour conclure. >>"je constate que des questions sur la foi de Tolkien, on arrive systématiquement aux questions sur l'histoire de l'Eglise, ce qui ne laisse pas de m'intriguer" Et moi donc !! Comme si juger de la foi d'un homme nécessitait le procès de toute l'Eglise !! less dissonant from
bon, je ne vais pas me battre sur l'anglais tout le long du fuseau. Rien ne te permet de donner au mot "picture" un sens aussi flou et général. J'ai la lettre sous les yeux, même si ce mot n'est pas explicitement très défini, il est fort probable qu'il désigne "Many reviewers seem to assume that Middle-Earth is another planet". La seule chose qui m'en fait douter est la mise en paragraphe de la phrase suivante. C'est léger. acculturation / Inculturation je voudrais être certain que le distinction entre ces deux mots a bien été faite. Pour autant que je puisse le saisir, l'acculturation est le processus qui consiste à supprimer la culture (un bien grand mot en vérité, disons plutôt les religions et superstition d'une culture) d'un peuple (pour y mettre la sienne), auteur engagé> Lambertine, je suis assez d'accord avec toi sur ce point, pour des livres qui du moins prétendent s'adresser à tous. Mais cela dépend aussi de la subtilité mise en oeuvre dans l'énonciation de l'engagement. (mais je susi entièrement d'accord avec toi sur ton exemple, et même sur celui de ceux qui cherchent, comme on a pu le lire, à agir de la même manière abusive sur l'oeuvre de Tolkien, en tirant la couverture vers le christiannisme là où il n'y a pas lieu ! Mj:>>"Il ne voulait cependant pas que sa foi apparaisse : vrai" Non, non. C'est décidemment et pourtant au coeur même de la question et de sa réponse qu'il continue à y avoir un malentendu !!! Je ne suis pourtant pas le seul à y avoir répondu. Si vous ne voulez pas me croire, peu m'importe, mais si vous vous moquez de tous ceux qui ont répondu sur ce point, vous devenez lourds ! "parce qu’il avait choisi le mode d’expression de la « faërie » : vrai et faux : tous les contes ne sont pas d’inspirations chrétienne mais sa conception de la « faërie » exclut l’apparition de sa foi qui pour lui est une réalité Je ne comprend pas l'articulation de ta pensée ici, et les liens entre chacun des éléments de cette phrase. Si Tolkien a fait de son œuvre romanesque une œuvre chrétienne mais ou le sens chrétien n’est perceptible que pour un chrétien, qu’y a-t-il d’absurde à dire que les valeurs ou les thèmes qu’il y développe sont cependant reconnus et partagés par des non chrétiens ! Et qu'y a-t-il d'absurde à répondre que des valeurs chrétiennes peuvent être partagées par des non-chrétien. "Quant à ta vision « angélique de l’Eglise, qui te fais réduire ses erreurs à quelques petites mesquineries à propos du Père Noël ou d’un accessoire de superstitieux, l’exemple soigneusement et sagement argumenté par Lothiriel à propos de Jeanne D’Arc devrait te rappeler à un meilleur sens critique ." Je n'ai pas réduit les erreurs des clercs à quelques petites mesquinneries. Mais je pense que totu ce sujet est largement hors sujet. Quand au coup de l'arbre aux fée de Jeanne d'Arc, je n'ai jamais dit que cela avait été réglé vite fait, mais que cela a été réglé. Cela ne retire rien à mon exemple (ni à mon sens critique, j'espère). POur le reste je susi d'accord avec Lothiriel: les clercs se méfiaient (tout comme je me méfie parfois de la part de chrétiens) de tout ce qui pouvait être superstitieux, ou idolatre, ou démoniaque.
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lambertine
le 15-07-2003 à 10:59 |
Je reviens sur l'acculturation/inculturation: Tout d'abord, au sujet des Aztèques : le grand Dieu blanc venu de l'Est était dans leur propre religion. Disons que les Espagnols en ont bien profités, mais que ce n'est pas eux qui se sont fait passer pour des dieux. Et qu'au Pérou, ils ont eu la chance de tomber en pleine guerre de succession ... Celà n'excuse rien, mais celà explique ... Au sujet de l'acculturation et de l'assimilation des rites, pratiques et traditions par la chrétienté/la religion romaine : je peux me tromper, et attirer les foudres de tous les latinistes, mais les régions/pays ou la religion chrétienne - du moins en Europe occidentale - a réussi à "éradiquer" non seulement les anciens cultes mais les anciennes mythologies sont celles où ceux-ci avaient déjà été assimilé par la "religion" helleno-latine ( sur laquelle je me pose aussi pas mal de questions quand je pense, non à l'absorbtion, mais à l'assimilation complète d'un panthéon divin par l'autre ). La Scandinavie, l'Irlande, l'Allemagne du Nord n'ont pas été moins christianisées que la Gaule ou la Bretagne ( au sens ancien ) mais leur mythologie et leurs légendes y on subsisté par delà les siècles, comme d'ailleurs le panthéon hellène. Les seuls endroits où les anciennes mythologies ont disparu ( qui sait aujourd'hui qui est Toutatis ? ) ce sont ceux où les dieux locaux ont été fondus avec la mythologie gréco-romaine, ce en quoi je voulais dire que cette assimilation là était peut-être plus grave que l'autre. Quant à ce que Tolkien devait appeler l'acculturation de la Grande Bretagne, elle était plus due à l'invasion Normande ( d'où son antipathie vis à vis des français ) et au fait que les Normands aient complètement francisé les légendes et l'histoire britannique - qu'à la christianisation de son pays . |
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Mj du Gondor
le 15-07-2003 à 17:31 |
Lambertine : Quelques petites nuances : Pour l’acculturation de l’Amérique Centrale : J. Babelon était plus catégorique : « Ils (les rois) sont associés aux phénomènes cosmiques gouvernés par des êtres divins qui ont présidé à la formation du monde. Sur ce point nous pouvons avoir recours à des textes aussi prolixes qu’une Odyssée ou les écrits d’Hésiode, comparables aux livres sacrés des Hindous. Trois manuscrits sont entre nos mains. C’est tout ce qui subsiste d’une littérature abondante, disparue par l’effet du zèle intempérant des missionnaires qui avaient pris à tâche d’abolir les bases d’une religion sans cesse renaissante sous ses formes multiples pour corrompre l’enseignement chrétien. » Pour les invasions normandes , cette époque en ces lieux m’a toujours posé des problèmes ! l’origine des normands n’était-elle pas « Viking » ? quid de la nationalité des envahisseurs de l’Angleterre après le couronnement de Guillaume le Conquérant ,puis avec les Plantagenets ? et les suivants jusqu’à la bataille de Bouvines ? De toute façon ils étaient tous chrétiens même si d’églises différentes (je pense que je vais faire frémir Lothiriel par mon ignorance !!!!)Ne me reste qu’une vague impression de puzzle à géométrie variable ! Vinyamar : » » Je ne comprend pas l'articulation de ta pensée ici, et les liens entre chacun des éléments de cette phrase. » » J’avais cru comprendre que la « faërie » ne supportait pas l’introduction de la réalité ! « « « Et qu'y a-t-il d'absurde à répondre que des valeurs chrétiennes peuvent être partagées par des non-chrétien. » Sommes nous parvenus au dialogue de sourds ? « « « « (et quand nous parlons de valeur, chrétien englobe généralement son frère aîné, le Juddaïsme, comme tu le fais justement remarquer au sujet du pardon. On parle en général de manière plus pompeuse mais plus proche de la vérité de valeur (et de culture) judéo-chrétienne.) » » Tes valeurs s’étendent aux valeurs « judéo-chrétiennes » heureuse de voir que nous progressons !!! heureuse aussi que tu qualifies, les fils de Jéhovah de frères aînés. souhaitons que les temps de Caïn et Abel soient dépassés ! « « « Je n'ai pas réduit les erreurs des clercs à quelques petites mesquinneries. Mais je pense que totu ce sujet est largement hors sujet. » » » Je suis d’accord puisque j’ai déclaré que je ne voulais pas rallumer la guerre franche ! » » »je ne reviendrai pas sur les valeurs fondamentales de l'homme (de tout homme, n'est-ce pas ?? Indépendamment de se culture judéo-chrétienne, ou musulmane, païenne...), c'est un sujet beaucoup trop vaste et hors sujet (ici). » » » Mais nous ne parlons que de cela depuis un bon moment !! « « « Je ne peux cependant m'empêcher de répondre à MJ sur le bouddhimse. Je connais un peu le sujet, et je susi très surpris que tu me parles de pitié et de miséricorde chez les bouddhistes, ou alors tu me parles du bouddhisme tibétain qui est excessivement minoritaire et de doctrine tardive » » Moi aussi je connais un peu le sujet ! voilà 40ans que je vis avec le fils d’une bouddhiste ! (je ne dis pas avec un bouddhiste, il m’en voudrait de si peu de modestie,..)
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Silmo
le 15-07-2003 à 18:09 |
>>> « Et qu'y a-t-il d'absurde à répondre que des valeurs chrétiennes peuvent être partagées par des non-chrétien. » Rien d'absurde, sauf que j'aurais, de beaucoup, préféré lire ici que.... des valeurs universelles peuvent être partagées par les chrétiens et les non-chrétiens... - c'est un peu différent! Silmo
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Vinyamar
le 15-07-2003 à 18:31 |
Bon, on va en rester là pour le bouddhisme (mais il n'y a pas de contradiction dans ce que tu relèves, la charité ne naissant pas d'abord d'une émotion quelconque
Voyons d'abord que Tolkien a eu ce projet, mais qu'il en est quand même revenu: Lettre 131 - p.144 "Ne riez pas ! Mais il fut un temps (ma cime s'est depuis longtemps affaissée ), j'avais en tête de constituer un corps de légendes plus ou moins connectées, s'étendant du large et du cosmogonique jusqu'au niveau des contes de fée romantiques - le plus large fondé sur le moindre au contact de la terre, le moindre tirant sa splendeur des vastes arrières-courts {backcloths ?} - que je pourrais dédicacer simplement à: l'Angleterre; à mon pays. Cela devait posséder le ton et la qualité que je désirais, de quelque façon frais et clair, être parfumé de notre "air" (le climat et le sol du Nord-Ouest, c'est à dire la Bretagne {Britain} et les plus hautes parties de l'Europe: pas l'Italie ou l'Égéen, encore moins l'Est), et bien que possédant (si je pouvais le terminer) la radieuse {fair} et fuyante beauté que certain apellent Celtique (bien qu'elle soit rarement trouvée dans les véritables et anciennes choses Celtiques), ce devait être 'élevé', largement épuré, et adapté pour l'esprit le plus adulte à une terre depuis longtemps aujourd'hui imbibée de poésie. Je dessinerais certains des grands récits en entier, et en laisserai de nombreux à l'état de projet, et esquissés. Les cycles seraient reliés à un tout majestueux, et pourtant laisseraient le champ libre à d'autres esprits et d'autres mains, maniant la peinture, la musique et le théatre. Absurde." Il en est revenu, mais il demeure heureux de voir que certains lecteurs comprennent son oeuvre dans ce sens: lettre 180 - p. 231 "M'étant moi-même assigné une tâche, dont j'ai absolument reconnu l'arrogance et devant laquelle je tremble: étant précisémment de restaurer pour les Anglais une épique tradition et leur présenter une mythologie issue d'eux-mêmes: c'est une chose merveilleuse que d'entendre que j'y ai réussi, au moins avec ceux qui ont toujours le coeur et l'esprit non enténébré." L'esprit non-enténébré !!... On pourrait disserter longtemps sur ce qu'il attend de ses lecteurs ici. "Tout ceci est ennuyant, j'en suis sûr, parce qu'apparemment nombriliste; mais je suis assez vieux (hélas !) pour prendre un intérêt dispassionné {dispassionate} et scientifique, à proprement parler, dans ces matières, et me cite moi-même simplement parce que je suis intéressé dans 'l'invention' mythologique, et le mystère de la création littéraire (ou sub-création comme je l'ai ailleurs appelée) et je suis le plus facilement disponible corpus vile [=bon marché] pour expérimenter ou observer." Je répondrais en conclusion, et suite à certaines choses dites dans le fuseau "l'Ainulindalë fait la nique à la genèse de la Bible" que Tolkien recherche la création poétique, et par goût de créer, et par goût esthétique. Or la bible ne lui permet pas de créer, et n'est pas forcément aussi poétique que ses oeuvres. Voilà en tous cas pourquoi répandre le message de le Bible ne répond pas à son désir profond, qui est plutôt de sub-créer. lettre 131 - p.145 "Je n'aime pas l'Allegorie {I dislike Allegory} - l'allégorie consciente et intentionelle - pourtant toute tentative pour expliquer la portée d'un mythe ou d'un conte de fée doit utiliser le langage allégorique (et bien sûr, plus une histoire a de "vie", plus elle sera facilement susceptible d'interprétations allégoriques: tandis que le mieux une allégorie est délibéremment faite, le plus près sera-t-elle acceptable juste comme une histoire). Quoiqu'il en soit, toute cette matière {all this stuff} est principalement au sujet de la Chute, la Mortalité, et la Machine. Avec la Chute, inévitablement, et ce motif revient sous plusieurs modes. Avec la Mortalité, plus spécialement en tant qu'elle affecte l'art et le désir de créer (ou devrais-je dire, de sub-créer), qui semble n'avoir aucune fonction biologique, et se tenir à part des satisfactions de la pure vie viologique, avec laquelle, dans notre monde, il est en effet habituellement en conflit. Ce désir se marrie aussitôt à un amour passioné du véritable monde primaire, et de là empli du sens de la mortalité, et pourtant insatisfait par lui."(...) suis un long et intéressant développement sur la Machine qu'il lie à la Magie, qui ensemble vont contre l'Art (le désir de reformer le monde, de dominer et de puissance contre celui de compléter, parachever, embellir) On découvre ici d'abord une nuance très importante sur ce lieu devenu commun concernant la haine de Tolkien contre l'Allégorie: il ne déteste que l'allégorie (avec un petit "a") volontairement écrite telle quelle (telles qu'on peut en trouver dans les romans du graal). Mais qu'il y a nécessairement interprétation allégorique pour comprendre le vrai sens d'un conte ou d'un mythe (Tolkien ajoutera ailleurs une autre nuance, source de tant de problème, avec la notion d'applicabilité, qui rend cette interprétation relative au lecteur). Mais sachant que même en argumentant mieux et en m'appuyant sur les textes je ne vous couvaincrait pas, je préfère passer le temps qui me reste à d'autres occupations. Je fatigue, mais il me semble qu'on a presque répondu aussi aux deux autres et dernières questions. A bientôt (mon modem a du mal à charger cette page, si on poursuivait ailleurs ?) |
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Mj du Gondor
le 15-07-2003 à 20:12 |
Silmo: Si tu relis mes moults messages précédents, c'est bien sur ces valeurs fondamentales universellement partagées que j'ai tenté d'obtenir en vain un consensus Espérons que tu auras plus de succès que moi ! Mj |
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Mj du Gondor
le 16-07-2003 à 13:47 |
Vinyamar: Je pense effectivement que tu as répondu à toutes mes questions même si je ne suis pas toujours convaincue; le positif de cet intéressant débat (pour moi) est ailleurs mais cependant pas négligeable: nous connaissons réciproquement nos convictions et nos arguments; mais surtout nous avons réussi à discuter sans nous fâcher malgré nos positions extrèmes(enfin je l'espère !)Alors, si comme tu sembles le souhaiter, nous pourrions tourner la page.... Est-ce que ça te dirais de poursuivre sur le fuseau "une mythologie pour L'Angleterre" ? Mj |
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lambertine
le 16-07-2003 à 13:58 |
Chère MJ, Au sujet de l'Amérique Latine : je n'ai pas voulu dire qu'il n'y avait pas eu là-bas de volonté d'acculturation de la part des missionnaires espagnols. J'ai simplement dit que le Dieu venu de l'Est faisait déjà partie des mythes fondateurs de leur propre religion ( et de leur propre capitale, d'ailleurs ). Et que les Espagnols n'ont pas eu besoin de l'inventer pour s'en servir. On peut remarquer cependant que dans de nombreuses régions d'amérique latine les croyances anciennent restent vivaces, et que le catholicisme mexicain est très différent de l'irlandais. Au sujet des invasions normandes : certes les ducs de Normandie étaient d'ascendance Viking, mais la culture qu'ils ont ensuite imposée à l'élite anglaise était bel et bien la culture française de l'époque ( je parle de culture, non de religion, les anglais comme les français de l'époque étant tous catholiques romains ). Mais comme les religions peuvent assimiler les mythologies locales, il en est de même avec les cultures, et les Normands ont en quelque sorte francisé un cetain nombre de légendes locales ( dont la Matière de Bretagne ) dans le but notamment de se donner eux-même une légitimité qu'ils refusaient aux rois saxons . |
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Mj du Gondor
le 16-07-2003 à 16:33 |
Lambertine: ok pour les Amériques ! la comparaison de l'absorption des mythes et des cultures ainsi que leur adaptation est un sujet passionnant d'un point de vue sociologique ! Pour les normands je me replonge dans cette histoire de l'Angleterre si nébuleuse pour moi! Mj |
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Mj du Gondor
le 16-07-2003 à 16:37 |
Lothiriel: j'ai pris ce matin "Neropolis" à la Bibliothèque ! Mj |
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Cynewulf
le 17-07-2003 à 18:09 |
Hé bien, hé bien, on discute, on discute!! Je croyais à un moment que ce fuseau était bouclé, mais je vois que durant mon absence (jurassienne) les langues se sont déliées. Je vois de nouveau MJ camper sur ses positions de "valeurs chrétiennes, universellement partagées" que je ne partage décidément pas, et Vinyamar fidèle au poste qui, en donnant ses propres idées donne aussi les miennes...enfin voilà, JB est de retour (ne vous inquiétez pas la hache de guerre est belle est bien enterrée), voyons ce que ça va donner... JB |
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Vinyamar
le 17-07-2003 à 20:51 |
ah ben moi "valeur chrétiennes, universellement partagées", dit comme ça, ça me va très bien... :-)) |
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Mj du Gondor
le 17-07-2003 à 21:09 |
ben voui !! et pour moi valeurs universelles partagées avec les chrétiens ! Bon retour quand même Cynewulf! Mj |
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Cynewulf
le 18-07-2003 à 08:27 |
Je dois avouer Vinyamar, que j'aurais du (comme d'hab...) mieux formuler ma phrase: il est évident que ces valeurs chrétiennes, vues comme des vertus humaines et considérées dans leur rapport à la loi naturelle, sont d'une certaine façon universelles...mais c'est l'idée (qu'avançait MJ) selon laquelle les chrétiens n'ont fait que puiser dans un fond commun des valeurs pour leur donner une coloration chrétienne qui me déplait: MJ exprime justement cette idée, quand elle dit "valeurs universelles partagées par les chrétiens". A mon avis il y a un problème. Pour que ces vertus soient des valeurs, il faut qu'elles soient principe de vie dans une société entière...or ça n'est à l'heure actuelle bien souvent pas le cas (rien que dans notre pays...ou dans celui de Tolkien). Pour moi si ces valeurs sont universelles c'est parce qu'elles sont catholiques (ouh là le jeu de mots savant!). Et puis je me dit aussi que si MJ à l'impression que ces valeurs sont universellement partagées, c'est parce qu'elle a reçu comme beaucoup une éducation de tradition chrétienne, et que ces valeurs lui semblent...naturelles! Je pense bel et bien que ces valeurs sont universelles, mais seulement si on le prend de l'optique de la loi naturelle que Dieu a placé en l'homme, par contre dire que la christianisme ne fait que partager des valeurs communes à tous, je pense que c'est faux, parce que si tout le monde vivait les vertus humaines alors le monde ressemblerait au Paradis. Parce que pour que ces valeurs soit vécues, il faut d'abord vivre les vertus cardinales: force, tempérence, justice, prudence. Déjà vivre ces vertus rendrait le monde meilleur, or Dieu sait qu'au moins les deux vertus de tempérence et de justice ne sont vécues que par peu, et très souvent par des chrétiens. |
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Mj du Gondor
le 18-07-2003 à 10:50 |
Cynewulf: Si je n'ai pas répondu à ton mail,(au moins sur le sujet) c'est que la discussion se poursuivait ici et ignorant que tu étais en vacances je croyais que tu suivais le débat mais qu'il avait perdu pour toi son intérêt !! """Je pense bel et bien que ces valeurs sont universelles, mais seulement si on le prend de l'optique de la loi naturelle que Dieu a placé en l'homme""": Je trouve dans cet énoncé philosophique un brin de panthéisme ! """par contre dire que le christianisme ne fait que partager des valeurs communes à tous, je pense que c'est faux, parce que si tout le monde vivait les vertus humaines alors le monde ressemblerait au Paradis""": """ Déjà vivre ces vertus rendrait le monde meilleur, or Dieu sait qu'au moins les deux vertus de tempérence et de justice ne sont vécues que par peu, et très souvent par des chrétiens""": |
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Silmo
le 18-07-2003 à 11:22 |
Aucune chance que ce dialogue de sourds aboutisse un jour. Ne devrions nous pas y mettre fin??? D'un côté, certains considèrent (merci MJ) qu'il existe des valeurs sur lesquelles chaque humain peut s'appuyer pour mener la barque de sa vie (qu'il vénère Boudha, Jésus, Mahomet ou qu'il préfère son chat) ce qui ne signifie pas que toute l'humanité soit vertueuse, loin s'en faut, personne ne l'a jamais prétendu (et il faut être sacrément tordu pour déformer la pensée des autres et tenter de faire croire que c'est ce qu'ils ont soutenu); d'un autre côté, certain estime qu'une bonne valeur ne peut être QUE chrétienne et que tout homme qui cherche à être vertueux est forcément chrétien quelque part, même s'il l'ignore....(Ah, bon??? J'attends donc avec impatience que Rome canonise Gandhi, Confucius, Voltaire, et bien d'autres...) Cher Cynewulf, autant je respecte sincèrement ta foi, autant je suis agacé (et en même temps amusé) par ta mauvaise foi. Et à propos de vertus cardinales, si dans un précédent post j'appelais à la Tempérance, je t'incite aujourd'hui gentiment à la Prudence, car je ne suis pas tout à fait rassasié de steack fumant de Dragon... :-) Silmo |
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Mj du Gondor
le 18-07-2003 à 13:50 |
Merci silmo: je commençais à me sentir désespérément seule et à me demander si je n'avais pas l'esprit tordu ou enténébré par Melkor! Mj |
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Lothiriel
le 03-08-2003 à 23:29 |
j'ai pris trois semaines de vacances, je viens de survoler ce qui s'est dit entre temps, je prendrai le temps de relire demain calmement. bonne lecture de Neropolis, Mj ! |
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