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Section « Tolkien sur JRRVF et les médias (sites internets, presse écrite, ...) » Fuseau « Mise à jour du 30/04/2002 » |
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Mise à jour du 30/04/2002
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Cedric le 30-04-2002 à 15:04 |
Pour reprendre des bonnes habitudes, je vous propose ce jour une nouveauté ; le texte de ma conférence donnée à Carcassonne dans le cadre du Festival Européen des Mythes et Légendes : - Le Silmarillion, mythologie ou chrétienté ? Vos remarques (sûrement nombreuses ;-) sont évidemment les bienvenues ;-)
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Cedric
le 02-05-2002 à 17:02 |
Mince, n'a pas l'air de ravir les foules, mon article ? ;-)
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Adunaphel
le 02-05-2002 à 17:12 |
Il est surement génial, cet article, mais quand j'ai vu la taille qu'il avait, je me suis dit que je prendrais le temps de le lire un autre jour... Juré, demain, je le lis (et je fais une ch'tite remarque par la même occasion). |
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sosryko
le 02-05-2002 à 18:38 |
bienvenue au club de ceux qui espèrent toujours plus ;-) mais à part ça...Tu rigoles?!, Simplement, en ce moment, j'attends un moment d'accalmie de mon côté pour voir si je peux être 'constructif'. a+ |
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Cedric
le 02-05-2002 à 21:32 |
Bien sûr, excusez mon impatience ;-)) Mais c'est vrai qu'il est toujours intéressant d'avoir un retour sur ce que l'on a pu faire. Faut-il le rappeler, cet article a été "montré" lors d'une conférence et, à ce titre, apporte beaucoup d'éléments introductifs qui n'ont pas forcément lieu d'être si l'on s'en tient au sujet strictement Tolkienien. Par ailleurs, mais vous le savez, je ne prétends pas faire le tour de la question mais "seulement" de montrer si elle a sa légitimité.
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Adunaphel
le 03-05-2002 à 16:17 |
J'ai adoré (re)découvrir les influences de Tolkien. La comparaison avec la chrétienté m'a un peu étonné, car je n'avais jamais fait de rapprochement direct avec l'oeuvre de Tolkien. Il me semble que l'article appuie un peu trop le rôle d'Ulmo, même s'il n'est qu'instrument de Manwë. Cela me fait me demander, mais où donc dans la Bible trouve-t-on plusieurs dieux, réunis en une espèce d'Oligarchie ? Adu
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Adunaphel
le 03-05-2002 à 16:22 |
Ah oui ! Encore un p'tit truc... L'article traite de la Destinée. Un faisceau a-t-il déjà débattu de cela ? A mon avis, 'y a de quoi faire. Merci de m'indiquer le fuseau s'il existe (en attendant, je médite cette histoire... Destin/Pas Destin ?)
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Cedric
le 03-05-2002 à 16:40 |
Merci Adunaphel pour ces premiers commentaires ;-) Tu m'étonnes lorsque tu dis que tu n'avais pas fait le rapprochement avec la chrétienté car nous en avons souvent parlé dans la section "Légendaire". J'ai traité en effet en partie de la Destinée qui, en effet, mérite qu'on s'y attarde davantage. Nous en avons également parlé à plusieurs reprises (rechercher "Destin" dans la liste des titres des fuseaux de la section "Légendaire") mais je pense revenir vers vous prochainement pour en parler à nouveau.
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Yavanna
le 03-05-2002 à 16:51 |
Bonjour, Je vais probablement sortir des énormités, mais je vous fais confiance pour me remettre les pendules à l'heure ;-) Pour la forme, rien à dire, c'est très bien présenté, c'est agréable à lire, les sources sont facilement accessible (merci pour les liens vers les notes :-)) Pour le fonds, c'est très intéressant, notamment pour les compléments d'explications sur les choix de l'auteur pour fonder son oeuvre. Je partage assez ton opinion (qui d'ailleurs vient confirmer ce que j'avais entrevu jusqu'à présent). Là où je n'ai pas très bien suivi (peut-être manque d'attention, alors pardon d'avance) : - La notion de Destin, tu l'opposes à la Fatalité. Mais la fatalité est fixée par le destin, c'est ce qui doit arrivé, non ? Je l'opposais plus volontier au Hasard (cf. ta première phrase où le chaos organisé est inmpossible) - le Destin des hommes de recevoir le "Don d'Ilùvatar" a été transformé par Melkor en "punition pour les hommes". J'avais, à travers la lecture, eut une conception quelque peu différente (mais tout à fait personnelle). Je pensais que ce "don" que recevaient les hommes étaient de pouvoir renaître ailleurs que sur Arda. Et dans ce contexte, après la Fin des Temps, "une musique encore plus grande, celle des choeurs des Ainur et des Enfants d'Ilùvatar" donnerait naissance à un autre monde, plus beau et parfait : un Paradis. - le rôle de la Chrétienté : si l'influence de la religion est notoire dans les écris de Tolkien, sa pensée dans le Silmarillion, plus que pour le Seigneur des Anneaux (mais présente toutefois) était véritablement tournée vers la Création par un Dieu Unique, complété par des "Archanges" puissants (Valar) et des "anges" moins puissants (maiar) mais tout aussi actifs. Là où je te rejoins totalement, Tolkien est un génie dans son genre. Et peu d'auteurs en vérité peuvent prétendre d'avoir laisser un Monde à leurs descendants. Le Silmarillion est une oeuvre bien plus complexe et complète que le Seigneur des Anneaux, bien plus passionnante aussi. Deux questions cependant auxquelles je n'ai pas encore trouvé de réponse : dans le Silmarillion, au sujet des Valars : ils sont quinze au départ, puis Melkor est déchu, ils se retrouvent à quatorze. Y a t-il une signification à ce chiffre ou est-ce le fruit d'un hasard de la "création" (pour faire référence aux chiffres "magiques" de la Religion comme les douzes apôtres...) ? De même, ces Valars, pour les plus puissants vont par couple. Sauf Ulmo (que tu définiras justement comme l'Instrument de Eru via Manwë) ; Nienna et Melkor (là, on se doute que celui-là, il vaut mieux qu'il soit seul...) ? Pardon d'avance pour les abérations de mes propos... :) Yavanna |
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Szpako
le 04-05-2002 à 04:37 |
Oups, j'avoue m'être retranchée dans le Légendaire depuis un temps certain, je cours faire un copier/coller/mes documents/lecture critique/commentaires ...c'est parti :-)) Cathy |
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Vallis
le 04-05-2002 à 09:54 |
Pour l'instant je n'ai que parcouru en daigonale ton essai mais il semble très interressant. Je m'y attaque dès que je le peut. |
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Szpako
le 15-05-2001 à 02:48 |
Salut Cédric, Voilà, lu et relu, excellent Cédric, clair, précis et accessible à tous (en disant cela, je pense à l’article d’Eruvike, excellent naturellement, mais de lecture plus ardue ;-)) et c’est un sujet passionnant aussi. Bon, qq remarques ;-) 1. Tu dis que les Nornes habitent sur les sommets d’Yggdrasil. Selon mes sources (ouvrages de vulgarisation, dont un étrange, « B.A._ BA Tradition Nordique » d’Arnaud d’Apremont, je ne savais pas qu’une tradition Odiniste perdurait ?), elles seraient plutôt sous l’arbre, à côté d’une racine menant à Asgard, le monde des dieux Ases et du puits d’Urda ; c’est un aigle qui serait perché sur les sommets. 2. Wow, ta définition de ‘mythologie’ tiré du Littré 1872 me semble bien archaïque ;-)) Pour la notion de mythe, ben, j’aime bien celle de Mircea Eliade in « Aspects du mythe » : « Le mythe raconte une histoire sacrée ; il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des « commencements ». Autrement dit, le mythe raconte comment, grâce aux exploits des Etres Surnaturels, une réalité est venue à l’existence, que ce soit la réalité totale, le Cosmos, ou seulement un fragment : une île, une espèce végétale, un comportement humain … En somme, les mythes révèlent que le Monde, l’homme et la vie ont une origine et une histoire surnaturelles, et que cette histoire est significative, précieuse et exemplaire ». Bon, c’est un peu plus long et l’idée de paganisme est moins présente. Mais c’est plus moderne (1962) ;-))
On retrouve cette idée de « vivre c’est souffrir et la seule solution est de souffrir avec courage » dans la pensée chrétienne ; du fait que le bien et le mal sont totalement imbriqués l’un dans l’autre (Saint Augustin), l’histoire de l’humanité marquée par les aléas d’un temps corrompu (Arda marred) ne trouvera son épanouissement qu’à la fin des Temps. Mais chez les nordiques , à la différence des chrétiens, il n’ y a aucun espoir dans une éternité bienheureuse. Et avec le Silmarillion, mythes païen et chrétien se rejoignent, au sein de toutes ces ténèbres, une lueur apparaît : la vie après la mort et la Seconde Musique. La fin des temps : il y a aussi une étrange « ressemblance » entre le Ragnarök dans l’Ancienne Edda et le Livre de la Révélation, dans le premier il est dit qu’après la défaite des dieux, quand : Le soleil deviendra noir et que la terre sombrera dans la mer, Il y aurait alors un nouveau ciel et une nouvelle terre. Une fois encore d’une beauté merveilleuse ;
… Le Cosmos qui réapparaîtra après la catastrophe sera le même cosmos créé par Dieu au commencement du Temps (Ainulindalë), mais purifié, régénéré et restauré dans sa gloire primordiale (Arda sans l’élément-Melkor) : « Alors les thèmes d’Iluvatar seront joués dans leur vérité… ».
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Szpako
le 15-05-2001 à 02:57 |
Très fatiguée :-)) Désolée pour l'erreur de manupilation :-(( Cathy |
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Szpako
le 15-05-2001 à 03:11 |
Cédric, en plus il y a un problème de date ??? Je poste le 15 mai 2001 et non le 5 mai 2002 ?? |
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Cedric
le 05-05-2002 à 21:20 |
L'heure et la date sont corrigées. Petit message donc pour faire remonter ce sujet dans l'ordre chronologique...
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Szpako
le 06-05-2002 à 03:15 |
Voilà, je rectifie pour plus de clarté :
La différence c’est que dans le mythe nordique on ne retrouve pas la notion de résurrection, que l’on retrouve bien dans le Silmarillion avec la Seconde Musique. Après le Ragnarök, 2 êtres humains rescapés redonneront naissance à la race humaine, c’est le mythe de l’éternel retour avec la re-création d’un univers nouveau qui n’est pas celui du Silmarillion plus proche du mythe chrétien :
Cathy, cool ;-)
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sosryko
le 06-05-2002 à 04:48 |
Je vois, Cathy, que tu as fait quelques remarques que j’aurais voulu être le premier à relever mais d’autres avec lesquelles je m’inscris en faux. Szpako : Dans la mythologie nordique, on trouve l’idée que les dieux sont finalement impuissants devant le mal, les hommes et les femmes bien d’avantage. Faux, ils ne sont pas impuissants puisqu’ils arrivent à le faire disparaître. Simplement avec un coût des plus élevés. Alors que toutes les puissances mauvaises disparaissent, s’entretuant avec les principales puissances ‘bénéfiques’ (mais une telle dichotomie est-elle justifiée pour les dieux scandinaves ? cf. l’exemple d’Ódhinn qui n’a rien d’un héros), les dieux existent encore par quelques survivants qui organisent l’âge d’or ; ce sont Vídharr, Váli, Módhi, Magni, Baldr et Hödr. [Gylfaginning 53] Le mal est bien vaincu. Szpako : Le désastre attend donc les héros et héroïnes des récits anciens […] et malgré tout ils refusent de céder et vont stoïquement au-devant de la mort (acte tout à fait anti-chrétien). Quoi ? ? aller stoïquement à la mort serait un acte anti-chrétien ? refuser de céder face à l’adversaire serait anti-chrétien ? Que nous soyons croyants ou pas, c’est ainsi que les textes parvenus jusqu’à nous présentent des héros de la foi qui n’ont rien à envier, sur le plan de l’attitude stoïque face à la mort, aux dieux scandinaves. Je m’emporte, je m’emporte, mais je me rends compte que tu voulais peut-être dire que les chrétiens ne cherchent pas à aller au devant de la mort, encore moins à mourir. C’est vrai. Mais c’est tout aussi vrai (certes dans une moindre mesure s’agissant d’une mythologie guerrière) pour les dieux nordiques ! ! Ódhinn cherche par tous les moyens à connaître l’avenir pour savoir si les temps sont venus de se sacrifier ou pas (il serait bien regrettable de mourir avant l’heure !) ; ainsi lit-on en Völuspá 46 : S’ébattent les fils de Mímir, (au passage, nous avions vu une attitude similaire d’Ódhinn cherchant des renseignements avant l’heure avec les Dits de Vafthrúdhnir dans le fuseau Énigmes) Szpako : Mais chez les nordiques , à la différence des chrétiens, il n’ y a aucun espoir dans une éternité bienheureuse. C’est faux. Il y a l’espoir d’une lutte utile avec la vision d’une terre éternellement bénie pour les générations futures, humaines comme divines : Elle [la voyante] voit émerger Bénédictions éternelles également pour les fidèles qui ont lutté avec les dieux et qui sont dans l’au-delà : Elle voit une salle se dresser
Je ne m’étendrai pas sur des félicitations que j’ai déjà faites et qui ont été largement complétées, et tenterai plutôt de faire une remarque critique que j'espère constructive. Il me semble erroné (si je t’ai bien lu) de vouloir opposer Chrétienté et Mythologie Nordique en considérant que " nous trouvons une concurrence entre le Destin, d’une portée mythologique, et la providence, signe de l’intervention de Dieu. " [§4] donnant l’impression que, progressivement, Tolkien a christianisé le Silmarillion. Ceci pour plusieurs raisons :
L’Apocalypse dévoile un avenir qui doit arriver (‘ce qui doit arriver bientôt’ Ap. 1 :1).
Oui Tolkien a voulu faire une mythologie. Oui il a donc dû introduire des dieux agissant sur Terre, ce qui est contraire la croyance en un dieu unique. Mais il faut remarquer qu’il s’inspire d’une mythologie qui, bien que possédant ses caractéristiques propres, nous est parvenue christianisée en partie. Ainsi, le poème sur lequel tu te fondes pour présenter avec raison une mythologie du Destin ne doit son existence qu’à un syncrétisme mythologique qui n’a pas attendu Tolkien pour exister. *Ainsi comment ne pas voir que [Matthieu 24 :29] : Le soleil s’obscurcira, Est à l’origine de [Völ 57]: Le soleil s’obscurcit, *De même [Völ 45]: Les frères s’entre-battront Renvoie à [Marc 13 : 7-8, 12]: Vous entendrez parler guerres et bruit de guerres (…) *Là, encore, en [Völ 52, 57] : Surtr arrive du sud (…) on trouve l’écho du passage du prophète Isaïe [Is. 34 : 3-6,10] : La puanteur de leurs cadavres se répand,
Enfin, concernant Tolkien, je ne pense pas qu’il faille parler seulement d’inspiration ‘chrétienne’ (laquelle serait axée sur le Salut, la ‘Providence’ divine) mais bien d’inspiration ‘biblique’ (le Silmarillion étant plutôt associé à l’Ancien Testament et le SdA au Nouveau).
De nos jours, de moins en moins nombreuses sont les personnes ayant une culture chrétienne. Ainsi Cédric, lorsque tu parles de Parque ou de Cassandre, tu prends le temps de préciser les sources (cf. notes [24] et [31] de ton article). Mais lorsque, dans la partie §4.Un Silmarillion Chrétien, en §4.1, tu évoques " ce qui est resté du domaine d’Ilúvatar ", pourquoi ne pas justifier la présence de cet argument par une citation biblique venant le confirmer ?
Idem pour toi, Cathy, qui, ci-dessus, compare Völupsa et Apocalypse mais sans citer de référence de l’Apocalypse. Or certains passages que tu cites ont leur origine pas seulement dans l’Apocalypse (Ap. 6:12-13, 8:12, 9:2) mais plutôt dans les synoptiques. (cf. 3))
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sosryko
le 06-05-2002 à 15:24 |
Cédric, Cathy, les autres...j'ai dit des bêtises? enfin...juste en passant pour préciser que les dernières occurences de la torpeur divine se trouvent dans le livre de Job. Sosryko |
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Cedric
le 06-05-2002 à 16:29 |
Merci d'ores beaucoup pour toutes vos remarques. Le temps de les relire, de les assimiler, de vérifier ce que j'ai dit dans mon article et de rédiger une réponse et je suis à vous ;-))
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Cedric
le 06-05-2002 à 22:14 |
Pour faire suite à ma première réponse à Adunaphel (et à tous) conçernant le Destin, je signale l'ouverture du sujet La Place du Destin dans Le Silmarillion (tout un programme ! ;-))
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Beruthiel
le 06-05-2002 à 22:25 |
Je voulais juste aller dans le sens de Sosryko quand il dit qu'il serait préférable de plus expliciter les références à la chrétienté. Je fais partie de ceux qui sont parfaitement incultes dans ce domaine. En fait quand j'ai lu ton article, Cédric, je me suis demandé comment interagissait le libre arbitre et la volonté divine selon la pensée chrétienne. Sosryko : tu parles de Dieu comme étant celui qui fixe les destinées humaines : cela me semble contradictoire avec l'idée du libre arbitre de l'homme (j'avais dans l'idée que c'était un aspect important du catholicisme) ? ? Mais sans doute que je caricature ta pensée. En tout cas tout cela est très intéressant ! ! Poursuivez cette discussion, chers érudits, et je continuerai à vous lire dans un silence attentif… |
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sosryko
le 07-05-2002 à 12:58 |
C’est un bien vaste sujet (au-delà de mes compétences) que de traiter l’apparent problème entre, d’un côté, le libre arbitre dont Dieu à gratifié l’homme et, de l’autre côté, son omniscience qui le rend maître de l’avenir ou son omnipotence qui lui permet d’intervenir et donc de façonner cet avenir. Mais je n’ai surtout jamais voulu dire que Dieu ‘programme’ sa création ou ses créatures!! Je voulais simplement montrer que la dichotomie entre Destin nordique (où des héros acceptent un avenir fixé d’avance) et Providence divine ignorait que l’on trouve dans le Nouveau Testament des hommes (Jésus, Paul) ayant également accepté une destinée en toute connaissance de cause. De même, ne pas s’engager c’est choisir son camp, donc son ‘destin’ (= une fin subie plutôt que choisie) ; car il faut garder à l’esprit que, selon la Bible, la vie ne s’arrête pas à la mort mais que tous sont appelés au salut et que tout est appelé en jugement. Le don du libre arbitre est sans équivoque dans le texte biblique : l’homme a la capacité de choisir de suivre Dieu comme de le rejeter ; ainsi, parmi d’autres versets : Genèse 4:7 Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi, mais toi, domine sur lui. Jusqu’à un certain point toutefois. Cette capacité s’amenuise si l’homme décide de se complaire dans le rejet de Dieu, s’il ‘endurcit son cœur’, comme Pharaon qui refuse une autre autorité que la sienne, ou Judas qui se laisse pervertir par son amour de l’argent ; liés et esclaves de ce qui les a dominés (le péché), leurs destinées est toute fixée : la mort spirituelle.
Là encore, nous avons là un autre passage, avec les apocalypses synoptiques et johannique, qui trouve son écho dans la Völuspá... Sosryko
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sosryko
le 07-05-2002 à 01:04 |
au fait Beruthiel, c'est la première fois que je te rencontre, alors je manquerais (et j'ai manqué!) à tous mes devoirs si je ne te remerciais pas de venir rejoindre la troupe ;-)) salut à toi Céline |
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Szpako
le 07-05-2002 à 03:22 |
sosryko >> Tu sais bien que je ne sors que lorsque les ténèbres ont obscursi la face du soleil et jeté leur voile de frayeur sur l'inconscient des hommes endormis ;-) proies faciles et délectables pour les prédateurs nocturnes :-)) Donc j'ai posté la nuit dernière ( où l'année dernière selon les traces écrites, les plus fiables :-)) Suis-je un démon de votre passé ou un être de votre présent ?), je te lis là ( et ailleurs) et demain je réponds et je mords LoL A+ |
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Szpako
le 07-05-2002 à 03:50 |
SoSryko >>> Enfin, concernant Tolkien, je ne pense pas qu’il faille parler seulement d’inspiration ‘chrétienne’ (laquelle serait axée sur le Salut, la ‘Providence’ divine) mais bien d’inspiration ‘biblique’ (le Silmarillion étant plutôt associé à l’Ancien Testament et le SdA au Nouveau). Je te renvoie au message d'ERUVIKE DU 8/12/2001 qui semblerait dire le contraire, mais comme je ne suis pas une spécialiste en théologie, à toi de voir: Cathy Dodo |
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Vayrenoth
le 07-05-2002 à 10:04 |
J’ai potassé ton article Cédric, et j’aimerais te poser deux trois questions et faire quelques remarques.
2.1. La comparaison que tu fais entre le Silmarillion et la Chrétienté est très intéressante, et s’imposait effectivement. J’aurais aimé ajouter une similitude que je n’ai pas vu dans ton étude : Melkor n’est-il pas semblable à l’ange Iblis, rebellé contre son Créateur et banni des cieux ? 2.2. A ce propos, je trouve que la fin du monde évoquée par Tolkien ressemble plus au Jugement Dernier qu’au Ragnarök ; en cela par exemple que le Ragnarök n’évoque pas de renouveau après la destruction des Dieux… Mais peut-être que je me trompe. 3.1. Troisième remarque, et la plus essentielle à mes yeux. Lorsque Tolkien se mit au travail, c’était dans l’optique de donner une mythologie à l’Angleterre. Fasciné par les récits épiques nordiques, les anciennes sagas seront ses principales sources d’inspiration. Alors voilà la question que je me pose : Tolkien n’avait-il aucune connaissance des légendes celtes ? Pourtant l’édition diplomatique du plus important d’entre eux, le « Lebar na Nuachongbala », plus connu sous le nom de « Book of Leinster », date de 1986, tandis que ses premières traductions sont antérieures à 1847. Alors, manque d’informations ? Choix volontaire ? Ou haine de l’Irlande ? (dont les récits concernent d’ailleurs la totalité des pays celtes)… D’ailleurs, certains points de comparaison m’amènent à penser que s’il ne s’en est pas essentiellement inspiré, il en a peut-être au moins eu connaissance… A moins que ce ne soit là quelque tour de notre bonne vieille Noosphère ;-))) 3.2.1. D’abord, l’importance de la musique chez Tolkien. Il en est de même chez ces bons vieux celtes, chez lesquels elle appartenait au domaine divin, et à l’Autre Monde, le Sidh. La musique est tout à la fois une magie, une thérapeutique, un divertissement. C’est aussi un art primordial, et pour les celtes, quiconque possède un art est élevé au rang des dieux. ( Mais certains me diront que son importance est plus grande encore parmi d’autres peuples, comme les peuples africains par exemple…) 3.2.2. La fin du monde ( euh en fait ceci est plutôt une comparaison entre les textes nordiques et celtiques, donc à prendre hors de l’étude) : pour faire écho au texte de la Völuspà ici cité par Sosryko et qui s’imposait en effet, je donnerais ce passage extrait de la « Seconde bataille de Mag Tured », où prophétise Morrigan, déesse de la guerre : mauvais avis des vieillards, le fils ira dans le lit du père, Un mauvais temps, En voici un autre, qui lui aussi parle de lui-même, du « file » Ferchertne dans le « Dialogue des deux sages » : Cet extrait finit ainsi : La notion de jugement étant ici évidemment chrétienne… 3.2.3. Le style d’écriture. Celui du Silmarillion relève de la dramaturgie, plus proche des styles usités dans les récits celtes que nordiques (mais peut-être est-ce la traduction qui donne ce visage), ceux-ci étant plus... Comment dire… Folkloriques ? ;-) C’est-à-dire qu’ils se servent de nombreuses métaphores et répétitions non présentes dans le Silmarillion. On pourrait peut-être y voir une quelconque influence romantique.
Les trois vierges du frêne Yggdrasill (Urdr, Verdandi, Skuld), les bons exemples de tisseuses de destin, vivent au pied d'Yggdrasill, pas au sommet... ;-) Voilà, c’était en gros à peu près tout ce que je voulais dire. A bientôt, Vay ;-) |
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Beruthiel
le 07-05-2002 à 13:40 |
Sosryko >> Merci pour ta reponse (et aussi pour tes encouragements pour ma these...). Il y a un truc qui m'a interpelle c'est le :"il viendra le jour du seigneur,comme un voleur". Je trouve ca assez curieux comme comparaison. Je mediterai tout cela pendant le magnifique viaduc qui commence ce soir.... |
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Hisweloke
le 07-05-2002 à 17:40 |
Un peu perdu dans ces longs échanges, moi... Noté en passant: 2.2. A ce propos, je trouve que la fin du monde évoquée par Tolkien ressemble plus au Jugement Dernier qu’au Ragnarök ; en cela par exemple que le Ragnarök n’évoque pas de renouveau après la destruction des Dieux… Mais peut-être que je me trompe. (Vayneroth) C'est plutôt l'inverse, j'aurais dit... Il y a une recréation du Monde après le Ragnarök: "Elle voit la terre sortant une deuxième fois / Hors de l'écume, belle et verte" (Völuspá §59) Cf. la Völuspá. Il n'y a pas à strictement parler de recréation du Monde après le Jugement Dernier. L'avènement du Royaume de Dieu est plus métaphorique que concret. Cf. notamment Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses volume 1, Payot, notamment le chapitre "L'iran antique et Zoroastre" où l'auteur se livre à une comparaison (rapide) avec les thèmes hébraïques. Enfin c'est une bonne question, à creuser. Didier. |
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Cirdan
le 08-05-2002 à 12:43 |
Didier, il y a neanmoins le concept de la Jerusalem Nouvelle qui peut y etre rapprochee, non? Mais peut-etre est-ce seulement metaphorique. Pour le Ragnarok, Tolkien ecrit ouvertement dans une lettre son influence sur la fin d'Arda quoique de facon indirecte car les differences y sont pour le moins nombreuses. Parmi les plus flagrantes, Morgoth n'a pas le succes de Surtr et Manwe n'est pas voue au sort d'Odin. Cirdan |
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sosryko
le 08-05-2002 à 21:36 |
>> Hisweloke : Un peu perdu dans ces longs échanges, moi... Je suis désolé mais c’est la faute à Cédric, il n’avait pas à rédiger un si long article pour ensuite nous demander avec insistance des commentaires ;-) >> Hisweloke : Il n'y a pas à strictement parler de recréation du Monde après le Jugement Dernier. L'avènement du Royaume de Dieu est plus métaphorique que concret. Erreur (cf. ce qui vient) >> Hisweloke : Cf. notamment Eliade, (…) notamment le chapitre "L'iran antique et Zoroastre" où l'auteur se livre à une comparaison (rapide) avec les thèmes hébraïques. Enfin c'est une bonne question, à creuser. Si nous la creusons, les échanges n’ont pas fini d’être longs ;-) Si on se restreint à la destinée de la Terre à la Fin des Temps, au moins deux courants bibliques se rencontrent et décrivent une révolution miraculeuse géographique/cosmique succédant à la " Fin de Jours " : (1) il y a régénération de la Terre, (2) il y a destruction de la Terre actuelle et création d’une Nouvelle Terre (= nouvelle création) Dans les deux cas il y a action divine sur les éléments terrestres, sans métaphore volontaire aucune de la part du rédacteur.
[Jubilés 23 :18-30]
Cette promesse, elle vient d’un oracle d’Esaïe [Es. 65 :17 ; cf. 66 :22] Le verbe hébreux ‘créer’ utilisé est le même que celui qui décrit l’action divine au jour de la première création (Genèse 1 :1 " au commencement Dieu créa les cieux et la terre "), d’où l’interprétation littérale de ce passage qui peut être aussi lu comme le ‘simple’ symbole du renouvellement de l’ère messianique. C’est à ce verset là encore que fait référence Apocalypse 21:1. Lectures confortées par les évangiles mêmes où Jésus annonce [Matthieu 24:35//Marc 13 :31//Luc 21 :33] : [IV Esdras 7 :30-31] : [cf. aussi Oracles sibyllins, 3 :80-96 ; Jubilés 1 :29 ; I Hénoch 91 :16 ; II Baruch 32 :1-6…] Si on veut revenir à la comparaison Völuspá/Nouveau Testament, cette première, décrivant l'incendie universel provoqué par Surtr, comme le second, présente une destruction totale suivie d'une nouvelle création. Normal, encore une fois, le poème nordique s'inspirant de la Bible qui privilégie la tradition du total recommencement plutôt qu'une régénération. Voilà Didier, j'espère que je n'ai pas été trop long. Sosryko |
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Szpako
le 09-05-2002 à 03:17 |
Wow ça devient craignos sur JRRVF. Je propose à Cédric de nous installer un moteur de recherche sur La Bible ;-)) Bon en attendant je m’arme de tous mes bouquins … Sosryko, Je maintiens mes positions « stoïquement », et je commence par ta dernière remise en cause qui semble plus d’actualité ;-) Niet, Niet, Niet, je maintiens que chez les nordiques , à la différence des chrétiens, il n’ y a aucun espoir dans une éternité bienheureuse. La Ragnarök fait partie de « ces mythes de la Fin du Monde, impliquant plus ou moins clairement la re-création d’un Univers nouveau, exprimant la même idée archaïque, et extrêmement répandue, de la « dégradation » progressive du Cosmos, nécessitant sa destruction et sa re-création périodiques …. Et la croyance dans la perfection des commencements ». (Mircea Eliade)
Jesus parle bien aussi du Royaume des Cieux et non terrestre, il me semble : « Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi ; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des Cieux » (l’Evangile selon St Mattieu). Plus loin à propos de la résurrection il dit « A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme, ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel ». Enfin la Jérusalem future dans l’Apocalyse est dite « céleste ». SoSryko <<<<< Si on veut revenir à la comparaison Völuspá/Nouveau Testament, cette première, décrivant l'incendie universel provoqué par Surtr, comme le second, présente une destruction totale suivie d'une nouvelle création. Normal, encore une fois, le poème nordique s'inspirant de la Bible qui privilégie la tradition du total recommencement plutôt qu'une régénération.
Et dans le Légendaire, Tolkien parle d’une Arda Régénérée. Je ne nie pas que la mythologie nordique dont s’est inspiré Tolkien, soit en partie christianisée, mais qu’il faille opposer les sources chrétiennes et scandinaves, oui je le crois. Et là j’ai envie de citer un extrait de Mircea Eliade in « Mythes, rêves et mystères » qui montre bien cette opposition : « … la mythologie mise en œuvre par le national-socialisme apparaît étrangement maladroite. …surtout grâce au pessimisme fondamental de la mythologie germanique. Dans son effort pour abolir les valeurs chrétiennes et retrouver les sources spirituelles de la « race », cad du paganisme nordique, le national-socialisme a dû nécessairement s’efforcer de ranimer la mythologie germanique. Or, dans la perspective de la psychologie des profondeurs, pareille tentative était proprement une invitation au suicide collectif : car l’eschaton annoncé et attendu par les anciens germains est la ragnarök, cad une « fin du monde » catastrophique ; elle comporte un combat gigantesque entre les dieux et les démons, qui s’achève par la mort de tous les dieux et de tous les héros [et les survivants Mr Eliade ?] et par la régression du monde dans le chaos. Il est vrai qu’après la ragnarök, le monde renaîtra, régénéré (car les anciens Germains eux aussi, connaissaient la doctrine des cycles cosmiques, le mythe de la création et de la destruction périodiques du monde) ; néanmoins, substituer au christianisme la mythologie nordique, c’était remplacer une eschatologie riche en promesses et en consolations (pour le chrétien, la « fin du monde » achève l’Histoire et la régénère tout à la fois) par un eschaton franchement pessimiste. Traduite en termes politiques, cette substitution voulait dire à peu près ceci : renoncez aux vieilles histoires judéo-chrétiennes et ressuscitez au fond de votre âme la croyance de vos ancêtres, les Germains ; ensuite, préparez-vous pour la grande bataille finale, entre nos dieux et les forces démoniaques ; dans cette bataille apocalyptique, nos dieux et nos héros – et nous avec eux – perdront la vie, ce sera la ragnarök, mais un monde nouveau naîtra plus tard. On se demande comment une vision tellement pessimiste de la fin de l’Histoire a pu enflammer l’imagination d’une partie du peuple allemand ; le fait est pourtant là et il n’a pas fini de poser des problèmes aux psychologues. »
Cathy
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sosryko
le 09-05-2002 à 19:48 |
>> Szpako : Bon en attendant je m’arme de tous mes bouquins … c’est un peu le problème ; je sens que tu vas me sortir Eliade ;-)…au lieu de me lire avec calme et sans a priori :-( >> Szpako : Sosryko, Je maintiens mes positions " stoïquement ", Toutes? Suis-je donc tant dans l’erreur ? Alors, je suis désolé, mais je vais devoir citer plusieurs de tes critiques car tu as mal compris ce que j’ai voulu dire ; c’est ma faute, c’est ma faute, j’aurais dû détailler (…au risque de rebuter le peu de personne qui me survolent ? ;-)) Alors, pour que ce soit clair pour tous, (là, j’aurais presqu’envie de mettre des capitales partout, étapes supérieure au gras omniprésent que tu as utilisé, Cathy ;-)) :
J’écrivais bien, juste après ta phrase : >>Szpako : La Ragnarök fait partie de " ces mythes de la Fin du Monde, impliquant plus ou moins clairement la re-création d’un Univers nouveau, exprimant la même idée archaïque, et extrêmement répandue, de la " dégradation " progressive du Cosmos, nécessitant sa destruction et sa re-création périodiques …. Et la croyance dans la perfection des commencements ". (Mircea Eliade)je te cite me citant (un tout petit peu plus loin) : >>Szpako : SoSryko <<<<< Si on veut revenir à la comparaison Völuspá/Nouveau Testament, cette première, décrivant l'incendie universel provoqué par Surtr, comme le second, présente une destruction totale suivie d'une nouvelle création. Normal, encore une fois, le poème nordique s'inspirant de la Bible qui privilégie la tradition du total recommencement plutôt qu'une régénération. Ce n’est pas, j’espère, parce que " dans le Légendaire, Tolkien parle d’une Arda Régénérée " ? ? ? 1) je répète, pour l’avoir expérimenté moi-même, un chrétien ne peut être que fasciné et séduit par le poème du Ragnarök tant il reprend une terminologie, une forme, un souffle épique biblique (indépendamment du sens) 2) Que Tolkien ait préféré suivre la tradition (1) d’une Terre régénérée (cf. post [08-05-2002 21:36] !) est justement LA preuve qu’il ne faut pas à tout prix (même si les philosophies diffèrent au-delà de la forme) opposer les sources judéo-chrétiennes principales (= tradition (2)) et scandinaves quant à l'avenir de la Terre: Tolkien n’a retenu ni les unes ni les autres pour le destin d’Arda.
C’est sur ce point que j’ai voulu répondre, pas sur la notion linéaire du temps de l’histoire biblique que je ne remets pas en cause ! ! Au passage, la notion d’histoire cyclique (tout redevient comme avant, périodiquement) chez les scandinaves n’est pas plus fondée que dans l’histoire biblique. Elle [la voyante] voit émerger De même, il ne faudrait pas tomber dans l’erreur d’une histoire biblique certes ‘linéaire’ mais où tout ce qui arrive serait totalement ‘différent’ de ce qui a précédé. Tu crois pouvoir imaginer les combats cosmiques que décrit la Völuspá ? ;-) De plus, je ne m’intéressais qu’au destin de la Terre à la Fin des Temps et non pas à tous les événements de la Fin des Temps ('l’eschatologie', puisque tu utilises ailleurs ce gros mot ;-)). Enfin, je répète que je me limitais au texte biblique et non pas aux siècles de théologie qui ont suivi et qui ont voulu voir dans la Fin des temps la Fin Du temps (ou comment remplacer une énigme par une autre). Il te semble bien ;-)) c’est en [Mt 19 :14]. Mais… pardonne-moi, et je rougis de ce que je vais dire tant je t’aime bien (c’est vrai, tu le sais ! ;-)), mais tu es de mauvaise foi, là : comment, un peu avant, peux-tu me reprocher une présentation littérale de l’Apocalypse pour ensuite t’appuyer sur une interprétation littérale d’une parole de Jésus ? 1) en essayant de faire simple, le ‘Royaume de Dieu’ n’est pas, dans la bouche de Jésus, un lieu géographique, une destination mais bien la présence de Dieu dans le cœur des hommes, s’assimilant avec la Bonne Nouvelle (= Évangile). Alors, le ‘Royaume de Dieu’ devrait être traduit ‘Règne de Dieu’. Dans cette acception, il n’est pas une réalité palpable/physique mais une puissance non éclatante déposée dans le cœur de l’homme (cf. les multiples images du Royaume sous forme de paraboles du grain, de la semence, du trésor, de la perle en Matthieu 13 :24-30,31-33,36-50,44-47…). [Matthieu 12:28//Luc 11 :20 (Luc 10 :9,11)] 2) le Royaume de Dieu/des Cieux appartient à la fois au ‘Déjà-pas encore’ de l’Évangile. ‘Déjà’, il est au milieu de nous (aspect ‘sotériologique’) mais il n’est ‘pas encore’ éclatant sur cette terre ; ce n’est qu’à la Fin qu’il sera totalement manifesté (aspect ‘eschatologique’). 3) ensuite, je le répète ( ;-)), si le sens est le même, on rencontre différentes présentations (symboliques, qui se complètent) dans le NT. Ainsi, l’interprétation du Royaume/Règne de Dieu dans l’Apocalypse est autant terrestre que céleste et non pas seulement céleste comme cela semble l'être souvent en Matthieu (mais il faut garder à l’esprit que ‘Cieux’ n’est qu’un euphémisme rabbinique pour ‘Dieu’). Dans l'Apocalypse, tout 'simplement', Dieu vient régner au milieu de ses fidèles qui restent sur la Terre Nouvelle : [Ap 5:10] De plus le terme de " Jérusalem céleste " n’existe pas dans l’Apocalypse; ce terme n’apparaît qu’en Hébreux 12 :22. Aussi lorsque tu écris : >> Szpako : Enfin la Jérusalem future dans l’Apocalyse est dite " céleste ". Exact, en [Matthieu 22:30] 1) tu en as une lecture erronée (mais très compréhensible ;-)) : ce ne sont pas les ressuscités qui sont ‘dans le ciel’ mais ‘les anges’. 2) Luc l’a bien compris qui n’écrit que ‘ange’ dans son texte parallèle au texte de Matthieu que tu cites [verset 36 de Luc 20 :27-40]. Au passage, l’auteur de Hébreux va plus loin, en parlant, lui aussi de " Monde à venir " pour les élus (en Hé 2 :5). Sauf qu’il utilise le mot grec Normal ; en nous souvenant que pour les premiers chrétiens comme pour les juifs, ‘ciel’ ou ‘cieux’ désigne la présence de Dieu et Dieu lui-même, dès à présent, le chrétien qui vit sur terre est décrit comme étant assis dans les cieux. Cf. [Éphésiens 2 :5 ]:
Je suis entièrement d’accord ! ! ! et je n’ai jamais voulu remplacer la seconde par le premier, arglll :-( ! ! >>Szpako : Je ne nie pas que la mythologie nordique dont s’est inspiré Tolkien, soit en partie christianisée, mais qu’il faille opposer les sources chrétiennes et scandinaves, oui je le crois. Une dernière fois, je suis d’accord avec toi : la pensée pessimiste de la mythologie nordique n’a rien de comparable avec l’espérance chrétienne. Finalement nous sommes d’accord sur l’essentiel, non ? a+ Cathy Sosryko |
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Szpako
le 10-05-2002 à 04:42 |
Hé ben Sosryko ! Belle explication de texte, que j’apprécie et que j’ai lu « stoïquement » (je plaisante ;-)) Merci du temps passé. >>>>> ce que je ne voulais pas opposer, ce sont les sources, non pas quant à leur message mais quant à leur forme, à leurs tournures littéraires, aux images que l’une à prise à l’autre ET qui toutes deux ont influencé, sur ce seul plan formel, Tolkien de la même manière. >>>>> enfin, au delà de la fausse opposition Destin/Providence, je ne crois pas qu’il faille autant opposer les sources chrétiennes et scandinaves. [06-05-2002 ]
Réaction en chaîne : euh…tu me pardonneras, mais elle est où mon erreur ? ! ! ! pour une fois que je suis entièrement d’accord (à un mot près : ‘périodiques’) avec Eliade !… ;-)) <<<<<<< Tu dis que la Bible privilégie la tradition du total recommencement et c’est là où j’ai du mal à te suivre (j’aurais du me méfier et regarder ton profil avant de m’aventurer dans ce genre de débat ;-)) Pour moi, dans le mythe chrétien il n’y a pas un total recommencement mais autre chose de nouveau (tu vas dire que je joue sur les mots, soit). (Et l’Apocalypse est à comprendre comme une vaste métaphore ? ?)
Une seconde fois Une terre de l’onde, Éternellement verte ;(…)
"Elle voit la terre sortant une deuxième fois / Hors de l'écume, belle et verte" (Völuspá §59)
Mais où ça ? ? ? Pour ‘Royaume des Cieux’, je ne fais pas preuve de mauvaise foi ( :-( ), je comprends cieux comme un ailleurs avec Dieu (tu explicites tout cela bien mieux que moi ;-)) et ma citation venait juste après la notion du « face à face » avec Dieu. Là tu me lis aussi avec un a priori. Idem pour ma deuxième citation, qui suivait, les ressuscités seront autres, régénérés, différents de ce qu’il étaient en tant que mortels, plus proches des êtres angéliques. Là je suis véxée ;-((
§63 Et les fils de deux frères ont installé leur demeure dans la grande salle des vents… (les 2 frères sont les Ases Hoenir et Odinn/Hroptr et au commencement ce sont les 3 frères Odinn, Hoenir et Löddur qui donnèrent vie au premier couple humain engendré de deux arbres ; et les 2 rescapés du Ragnarök s’étaient refugiés dans le bois de l’arbre du monde, Yggdrasill ; l’arbre, essentiel dans les 3 mythologies germaniques/chrétiennes /Tolkieniennes).
Pour mes autres remarques, ben, à demain A+
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sosryko
le 10-05-2002 à 12:54 |
>> Szpako :Tu dis que la Bible privilégie la tradition du total recommencement et c’est là où j’ai du mal à te suivre (j’aurais du me méfier et regarder ton profil avant de m’aventurer dans ce genre de débat ;-)) Quoi?! tu n'avais pas encore regardé mon profil?! je suis véxé ;-) Sinon, il faut (encore) replacer cette phrase dans son contexte : je ne parlais pas de l'oeuvre et du salut de Dieu pour les hommes, mais bien du destin de la Terre.
J'ai fait confiance à la traduction de Régis Boyer, qui n'est pas un manche mais a pu se tromper...tant ce vers semble êtreinterpété de façons diverses (un petit tour sur internet, on trouve la 'belle et verte'='fair and green' que tu cites mais aussi 'all green'). C’est que le nom en vieux norois " iðiagrœna " est difficile à traduire. Boyer, cohérent, dit que " son nom convoie l’idée de plaine toujours verte ". " Völlr = vallée; Ið ?=? "se répétant", c.-à-d., se renouvelant toujours. " Il n’est pas sûr de cette traduction, mais elle est confirmée par Boyer et Simek (qui parle d’une ‘interprétation possible’ dans Dictionnaire de la mythologie germano scandinave, I, p.191 et traduit par "champ qui se renouvelle constamment")
dans ta longue citation d'Eliade ('l'eschaton annoncé', 'eschatologie', 'eschaton franchement pessimiste').
>>Szpako : Pour mes autres remarques, ben, à demain ok |
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Szpako
le 11-05-2002 à 04:07 |
Ne crains rien Sosryko, en tout cas pas en plein jour ;-)) J’oubliais, mais je suis d’accord , face à une lecture poétique j’oppose une lecture d’interprétation, idiot, mais cela m’a permis d’apprendre un tas de choses interessantes (comme l’utilisation du mot grec oikoumenh ). Rassurée que c’est Eliade qui a l’esprit mal tourné par contre ;-))
Mais il affirme le contraire, non ? ? ? >>>>>> Vili et Vé (cf. Gylfaginning) Selon mes sources (petites) ils peuvent être identifiés à Hoenir et Lödurr, donc je n’étais pas si loin de la vérité … mais quel micmac ;-) Bon la suite de mes griefs ;-)) Je maintiens que le désastre attend donc les héros et héroïnes des récits anciens (que d’histoires atroces, comme celle de Kullervo ou celle de Signy fille de Volsung et sœur de Sigmund que l’on trouve dans la Volsungasaga) et malgré tout ils refusent de céder et vont stoïquement au-devant de la mort (acte tout à fait anti-chrétien). Et les Noldor, en retournant sur la Terre du Milieu, font aussi le choix de mourir, faisant suite à ce que je disais de la mythologie nordique, où l’on trouve l’idée d’une impuissance devant le mal. Ce n’est pas un camouflet ;-)) Je vais tenter d’être plus explicite … De plus, je ne parle pas des dieux nordiques mais bien des hommes ;-) Si Buffy, pour vaincre les forces du chaos, fait le choix de mourir, c’est par amour, pour sauver ceux qu’elle aime et accessoirement l’humanité ;-)). « La mort est son Cadeau » ;-) Par contre Kullervo le fait par désespoir et honte. Dans le Légendaire le fait d’aller au-devant de la mort est bien déterminé par ces 2 motivations fort différentes, l’une dans l’optique chrétienne d’amour et de sacrifice (et le SdA s’en fait l’écho à travers les personnages de Gandalf et de Frodo, 2 images « christiques »), l’autre dans une optique plus mythique reposant sur la notion d’hybris, ce sont l’orgueil, la vengeance et le désespoir qui poussent à aller au-devant de la mort ou à se suicider (voir les cas de Denethor,de Hurin, de Turin et de Nienor par exemple). Cette dernière attitude, la mystique chrétienne la condamne (moi, personnellement, non): Et Gandalf dit à Denethor qui veut se suicider par le feu : « Vous n’avez pas autorité, Intendant de Gondor, pour ordonner l’heure de votre mort.Et seuls les rois païens , sous la domination de la Puissance Ténébreuse, le firent, se tuant dans leur orgueil et leur désespoir, et assassinant leurs proches pour faciliter leur propre mort » (Le Retour du Roi, Livre V, chap.7). Gandalf ne traduit-il pas ici une réalité pangermanique de certains destins « déplorables » ;-) de héros marchant sans faillir vers une mort tragique, que leur valent l’enchaînement fatal, inéluctable, des vengences d’honneur ? Cette farouche grandeur provient d’une volonté inflexible de prendre son destin à son compte (Turin et Fëanor sont représentatifs à cet égard, leur mort étant par contre héroïques, car ils refusent de capituler et préfèrent la mort, Denethor lui capitule, …mais n’est-ce-pas faire preuve d’orgueil aussi ?). Mais comme tu le dis justement, les Nordiques comme les premiers chrétiens persécutés, mesuraient la valeur de leur vie selon un talon d’héroïsme, mais souvent dans les contes nordiques , le tragique découle d’un héroïsme « démesuré ». Prenons la légende de Signy contenue dans la Saga Völsunga (on connaît celle finlandaise de Kullervo), particulièrement atroce, dont voici un petit résumé (que je dédicace à Beruthiel ;-)) : « Signy était la fille de Volsung et la sœur jumelle de Sigmund. Son mari, le roi des goths, tua Volsung par traîtrise et captura les fils de sa victime. L’un après l’autre, il les enchaîna pendant la nuit, afin de les faire découvrir et dévorer par un loup, mère du roi. Quand le dernier , Sigmund, fut amené et chargé de chaînes, Signy avait trouvé un moyen de le sauver. Elle le libéra et ensemble, ils firent le serment de venger leur père et leurs frères. Signy décida que Sigmund aurait pour l’aider un être issu de leur rang ; sous un déguisement, elle lui rendit visite, lui jeta un charme et passa 3 nuits avec lui.Jamais il ne sut qui était cette femme, le charme se rompant une fois vengeance accomplie. Lorsque le garçon né de leur union atteignit l’âge de la quitter, Signy l’envoya à Sigmund et dès lors, tous 2 vécurent ensemble jusqu’à ce que l’adolescent – Sinfjolti – devînt adulte. Signy vécut toutes ces années- là avec son mari, lui donnant des enfants, ne lui montrant rien de ce désir de vengeance qui consumait son cœur. Le jour attendu vint enfin. Sigmund et son fils prirent la maisonnée par surprise, ils tuèrent tous les autres enfants de Signy ; ils enfermèrent son mari dans sa demeure et y mirent le feu. Signy, sans un mot, les regardait agir. Quand tout fut accompli, elle leur dit qu’ils avaient glorieusement vengés leurs morts, puis elle entra dans la maison en flammes et y mourut. C’était là ce projet qu’elle avait nourri pendant toutes ces années : faire périr son mari puis mourir avec lui. » De même Denethor, qui dans son orgueil et désespoir d’une défaite, veut entraîner dans son suicide son fils Faramir. Et que dire de Fëanor, qui malgré la prophétie de Mandos : « …et au-delà d’Aman vous marcherez sous l’ombre de la Mort… » , mène lui-même, ses fils et une partie des Noldor à leur perte, en toute connaissance de cause. Son héroïsme se fonde sur une cause perdue, il est impuissant devant le mal, mais paradoxalement l’héroïsme est son seul soutien possible. C’est grâce à son courage et à celui des autres Noldor, qui a permis l’affaiblissement de Morgoth détourné de ses objectifs premiers de destruction totale d’Arda, et ainsi contribué à sa défaite future.
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Szpako
le 11-05-2002 à 04:27 |
Cathy |
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sosryko
le 11-05-2002 à 11:44 |
>>> Sosryko : (en tout cas, rien n'est moins 'sûr' comme l'affirme l'auteur de la néanmoins superbe page sur la Voluspa indiquée par Didier). >>Szpako Mais il affirme le contraire, non ? ? ? [Rien n'est moins 'sûr'] que de croire qu'il n'y a qu'une solution [comme l'affirme etc..] S'il s'agit de Vili et Vé (qui créent l'homme avec Odhinn dans Gyl.18, remplacés par Hoenir et Loddur en Vol.17-19), alors on peut avancer l'idée que leurs fils sont les hommes. S'il s'agit de Baldr et Hodr, alors leur fils sont les noveaux dieux. La seconde proposition (il y en a paut-être d'autres car Vidarr est également fils d'Odhinn et semble vivant, p.ex.) me semble plus probable tant il y a recouvrement des thèmes par deux srtophes consécutives de Vol.60 à 64 est présent : 60. se remémorent/les grands événements 61. Dans la verdure 62. Hodr et Baldr 63. bâtissent >>Szpako: Dans le Légendaire le fait d’aller au-devant de la mort est bien déterminé par ces 2 motivations fort différentes, Joli distinction, d'accord avec toi sur l'esprit de la dichotomie, à condition de remarquer deux contre-exemple bibliques (au moins) qui me viennent à l'esprit : la fille de Jephté et Samson (qui se trouvent tous deux dans le livre des Juges respectivement aux chapitres 11 et 16) >> Szpako: Mais … la suite à demain ;-) il faut attendre?...arrglll!!! Sosryko |
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Beruthiel
le 13-05-2002 à 21:49 |
Ouh là là vous en avez écrit des pages pendant mon absence ! |