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Expositions temporaires & musées - Silmo - 10/02/2009 Plutôt que de lancer un nouveau fuseau à chaque fois qu'on voudra parler d'une exposition (cf. les Celtes et les Scandinaves), peut-être est-il plus simple d'ouvrir celui-ci où l'on pourra les annoncer en vrac. J'ouvre le bal pour signaler au musée du Louvre du 26-02-2009 au 18-05-2009 : "Imaginaire de l'Arioste, l'Arioste imaginé" A travers les amours, les combats et les voyages des chevaliers du «Roland furieux» de l'Arioste, cette exposition propose une réflexion sur les influences réciproques de l'image et du texte dans la création artistique et littéraire. S'il y a des parisiens intéressés pour aller s'y promener (ou visiteurs de passage dans notre belle capitale), faites moi signe... J'ai également ouï dire qu'à partir de fin octobre 2009 jusqu'à janvier 2010, la Bibliothèque nationale de France (site François Mitterrand) présentera une exposition intitulée: «La légende du roi Arthur»... dont on aura le temps de reparler le moment venu. Silmo Expositions temporaires & musées - vincent - 10/02/2009 beau post, silmo ! amicalement, Expositions temporaires & musées - Silmo - 10/02/2009 Trop sympa Vincent :-) Sois certain que si j'avais eu l'audace de rédiger un paragraphe sur l'Arioste, j'aurais commencé par un truc du genre "Orrlaandooooooooooo ..." façon légolettes :-D Silmo Expositions temporaires & musées - Silmo - 07/05/2009
Pas spécialement réservée aux empereurs mégalomanes ;-), elle s'intitule Fastes de Cour. N'y cherchez pas le pardessus gris d'Elwë ou la Blanche mante des Intendants du Gondor mais si vous êtes sensible à ce que l'on appelle aujourd'hui les "métiers d'art", on peut voir dans ces salles les réalisations les plus inouïes de la broderie, de la dentelle ou du tissage de la soie (cette dimension 'technique' étant, à mon avis, bien plus intéressante que le côté bling-bling de l'expo). Silmo Expositions temporaires & musées - Silmo - 08/05/2009
L'été approche et bientôt l'exposition " TARZAN " qui réjouira les elfes sylvains et autres funambules arboricoles du 16 juin au 27 septembre au Musée du Quai Branly. Histoire de patienter, une double exposition va ouvrir dans les prochains jours simultanément au musée national du Moyen-Age (à l'Hotel de Cluny dans le 5ème) et au musée national de la Renaissance (au château d'Ecouen). Cette manifestation est intitulée "Le miroir et le bain". Elle est consacrée, du 20 mai au 21 septembre, aux soins du corps et à la toilette depuis l'antiquité. musée national du Moyen-Age : En donnant à voir limportation dun modèle gréco-romain et lhéritage antique dans la pratique des soins du corps au Moyen Âge, lexposition réunit un ensemble exceptionnel de deux cent cinquante uvres venues des grandes collections publiques européennes qui renouvellent notre regard sur la société antique et la civilisation médiévale. A loccasion de la réouverture du frigidarium restauré des thermes de Cluny, le musée propose une exposition qui traite du thème de la toilette et du bain et de la question de la cosmétique et du soin du corps que lon découvre essentielle à lAntiquité et au Moyen Âge. Les deux périodes sont représentées à travers une large variété dobjets : nécessaires de toilette comportant des boîtes à fards, vases à parfum, peignes, miroirs, des objets précieux et ordinaires mais aussi des petits outils de propreté. Des sculptures (portraits antiques et statues médiévales), peintures sur vases et peintures sur bois du XVe siècle complètent ce panorama de la beauté entre Antiquité et Moyen Âge. Une analyse chimique menée sur des produits cosmétiques apporte une dimension inédite au projet. musée national de la Renaissance : Cent trente objets et uvres dart réunis pour restituer au cérémonial de la beauté à la Renaissance toute sa dimension esthétique et sociale. Nécessaires de toilette, palettes à onguents et flacons à parfums, boîtes à fards, miroirs, peignes, éléments de parure des cheveux, sont replacés dans leur contexte et mis en regard de représentations peintes et sculptées. Cette confrontation entre la beauté parfois idéalisée propre aux artistes de la Renaissance et ces témoignages de la culture matérielle et quotidienne permet de mieux comprendre les usages dune civilisation où lapparence autant que le soin de soi joue un rôle non négligeable. Je connais des visiteurs (et -teuses) du marché médiéval de Pontoise qui vont pouvoir compléter leurs connaissances et leur panoplie. Silmo Expositions temporaires & musées - Elwe - 11/05/2009 Tellement classieuse cette collection. Merci Silmo! E. Expositions temporaires & musées - Laegalad - 11/05/2009 Irrémédiablement, les robes à panier me font penser à Funes habillée en dona dans La Folie des Grandeurs ^^ Expositions temporaires & musées - Laegalad - 11/05/2009 Moi, léthargique ? C'est l'effet "tour du cadran" :D Silmo dans la lune a dit : infos sur des expos parisiennes: L'été approche et bientôt l'exposition " TARZAN " qui réjouira les elfes sylvains et autres funambules arboricoles du 16 juin au 27 septembre au Musée du Quai Branly.
Expositions temporaires & musées - Silmo - 11/05/2009 Pfff... même pas piquée au vif quand on se moque des Sylvains, tu manques d'énergie Laegalad. Va falloir remettre le pied à l'étrier ! ;-) Si vous faites un tour sur le site de l'exposition "Faste de Cour" je conseille de télécharger le dossier de presse qui propose un Glossaire très intéressant sur le vocabulaire en usage pour désigner les textiles et autres éléments du costume, pp. 32-36 (NB: l'autre glossaire proposé sur le site est un peu moins riche que celui du dossier de presse) Silmo Expositions temporaires & musées - Laegalad - 11/05/2009 Hrmmm... après la sieste alors... et après le goûter ! :D Je ne vois qu'à peine ce que c'est, Tarzan, à part qu'il a une tenue ridicule et qu'il fait fit de la discrétion qui s'impose en forêt hostile en hurlant sur sa liane... ^_^ Expositions temporaires & musées - Dragon Sacquet - 11/05/2009 Laegalad a écrit : Je ne vois qu'à peine ce que c'est, Tarzan, à part qu'il a une tenue ridicule et qu'il fait fit de la discrétion qui s'impose en forêt hostile en hurlant sur sa liane... Euh, en gros, tu viens de résumer le personnage. A part peut-être les pectoraux huilés (à l'huile de Moringa?) et la guenon à rajouter. P. Expositions temporaires & musées - Silmo - 16/09/2013 Tant pis si ça ne concerne pas Tolkien, je sais que je ne serai pas complètement hors sujet ici et dans l'espace libre. Par Toutatis, c'est la consécration pour notre irréductible gaulois, la Bibliothèque nationale accueille une exposition ASTERIX, du 16 octobre au 19 janvier.
Des détails ? Ici : Silmo Expositions temporaires & musées - Hyarion - 17/09/2013 Le 08-05-2009, Silmo a écrit :
Je garde un très bon souvenir de mes visites de cette exposition "Le Bain et le miroir" de 2009, au musée de Moyen Âge de Cluny d'une part, et au château d'Écouen (prononcer "écouan") d'autre part. Pour celles et ceux que cela intéresse, un article consacré à ladite exposition est toujours disponible en ligne sur le site de la Tribune de l'Art : http://www.latribunedelart.com/le-bain-et-le-miroir Amicalement, Hyarion. [EDIT (24/04/2023): mise à jour du lien hypertexte] Expositions temporaires & musées - Silmo - 21/07/2016 Vous avez jusqu'au mois d'Octobre pour visiter au Palais des beaux-arts de Lille les très chouettes interventions de ZEP dans les collections permanentes. Épatant pour rendre la visite d'un musée ludique à ceux que cette idée rebute. Tout est expliqué et drôle, de la préhistoire aux temps modernes. Une des meilleurs expo familiales de ces dernières années, tout le monde en profite, petits et grands. http://www.pba-lille.fr/Agenda/OPEN-MUSEUM-3-Zep2 Silmo Expositions temporaires & musées - Silmo - 21/07/2016 Vous avez jusqu'au mois d'Octobre pour visiter au Palais des beaux-arts de Lille les très chouettes interventions de ZEP dans les collections permanentes. Épatant pour rendre la visite d'un musée ludique à ceux que cette idée rebute. Tout est expliqué et drôle, de la préhistoire aux temps modernes. Une des meilleurs expo familiales de ces dernières années, tout le monde en profite, petits et grands. http://www.pba-lille.fr/Agenda/OPEN-MUSEUM-3-Zep2 Silmo Expositions temporaires & musées - Hyarion - 21/07/2016 Puisque j'ai eu l'occasion d'en parler de vive voix avec Sosryko il y a quelques jours, je me permets pour ma part de signaler ici une très belle exposition parisienne proposée par la Fondation Custodia, jusqu'au 14 août prochain, et consacrée à l'œuvre de Christoffer Wilhelm Eckersberg (1782-1853), un peintre danois qui fut notamment élève du grand maître français du néo-classicisme Jacques-Louis David.
http://www.latribunedelart.com/c-w-eckersberg-1783-1853-artiste-danois-a-paris-rome-et-copenhague
Les photos des œuvres disponibles en ligne ne reflètent pas toujours leurs qualités, notamment en matière de lumière et de couleurs : raison de plus, lorsque cela est possible, pour aller voir lesdites œuvres de ses propres yeux. :-) Amicalement, Hyarion.
[EDIT : correction d'adresses d'une image et d'un lien hypertexte] Expositions temporaires & musées - Silmo - 25/08/2016 Signalée à partir du 26 octobre et jusqu'au 13 février 2017, dans notre cher musée national du Moyen-Âge, l'exposition "Les temps Mérovingiens" Plus de précisions dans le programme du musée pour l'automne et l'hiver où on lit : "Au-delà des portraits forgés par les historiens du XIXeme siècle et passés dans la mémoire collective – rois batailleurs et chevelus, reines saintes ou sanguinaires, ministres sages et pieux... – la manifestation met en lumière l’effervescence artistique d’une époque durant laquelle les mouvements des hommes et des œuvres ont enrichi un substrat culturel antique plus vivace qu’on ne le pense souvent [...] Entre permanence de la romanité et mise en place de formes inédites de pouvoir, le début du Moyen Âge est marqué par le développement d’expressions originales souvent méconnues. L’exposition Les Temps mérovingiens offre un large panorama de l’activité artistique et intellectuelle de cette période de trois siècles - entre la bataille des Champs catalauniques en 451 et la fin du règne des « rois fainéants » en 751 – loin de l’image de « barbarie » qui lui était autrefois attachée" Pourquoi en parler dès maintenant?? Simplement parce que le même programme annonce par ailleurs une conférence, le 14 septembre à 18h30, sur les Mabinogion (récits légendaires de la mythologie galloise) et je me suis dit que ça risquait d'intéresser quelques-uns d'entre-vous. :/ Silmo Expositions temporaires & musées - Hyarion - 22/10/2019
Puisqu'il n'y a pas que l'exposition Tolkien à la BNF à voir cet automne, signalons également, parmi les nombreuses autres expositions parisiennes de la saison, « Toulouse-Lautrec. Résolument moderne » au Grand Palais du 9 octobre 2019 au 27 janvier 2020. J'ai eu l'occasion de visiter cette exposition quelques jours après son inauguration, en évitant les longues files d'attente de la pleine saison, car fort heureusement ladite expo a ouvert un peu plus tôt dans le calendrier que les autres. La dernière rétrospective française de l'œuvre d'Henri de Toulouse-Lautrec remonte à 1992, et elle avait eu lieu, déjà, au Grand Palais à Paris, après avoir été présentée à la Hayward Gallery de Londres dès l'automne 1991. Il se trouve que c'est à cette époque, alors que j'étais encore à l'école primaire, que j'ai visité pour la première fois un musée de peinture, à l'occasion d'une sortie scolaire, et qu'il s'agissait précisément du musée Toulouse-Lautrec d'Albi, dans le Tarn. En outre le premier livre d'art que j'ai découvert, enfant, dans la bibliothèque familiale fut un ouvrage de Philippe Huisman et Madeleine Grillaert Dortu consacré à Toulouse-Lautrec. Autant dire qu'il s'agit là d'un artiste dont l'œuvre m'est familière depuis fort longtemps... Je me souviens, lors de ma première visite au musée d'Albi d'avoir surtout été intéressé par les peintures animalières du tout jeune Lautrec (les cartes postales que j'avais acheté au musée, et que j'ai gardé, en témoignent encore), ce qui correspondait fort bien à mon goût précoce pour le dessin animalier (je me suis aperçu plus tard que très jeune, déjà entre 4 et 5 ans, j'avais le souci de donner une impression de mouvement dans la représentation des chevaux, un sujet d'art en commun avec Toulouse-Lautrec enfant). Plus tard, plus grand, je me suis intéressé aux divers autres aspects de l'œuvre de Lautrec, de ses nus d'atelier d'après modèle vivant (exercice que Lautrec pratiqua, avec son condisciple et ami Vincent Van Gogh, dans l'atelier de Fernand Cormon) à son grand travail d'affichiste et d'illustrateur, en passant par ses tableaux et dessins dédiés aux lumières de la nuit, au café-concert, au cirque, à l'opéra, aux maisons closes, et à la vie présente dans toutes les figures humaines croisées dans ces lieux. Pour l'anecdote, s'agissant des maisons closes et de leurs pensionnaires vues par Lautrec, ma familiarité avec le sujet m'a notamment valu d'être sollicité par le Dragon, pour le contenu d'une certaine note de bas de page dans son article sur les lanterniers, portiers et hôteliers de Minas Tirith figurant dans le volume 2 de Tolkien, le façonnement d'un monde.
Moins ambitieuse que la grande rétrospective de 1992, l'exposition organisée cet automne au Grand Palais propose cependant, avec plus de 200 œuvres, largement de quoi se faire une idée de la production dessinée, peinte, lithographiée de Toulouse-Lautrec pour qui ne la connaitrait pas (ou peu, ou mal), avec notamment le concours de la BNF (qui conserve l'œuvre lithographié de l'artiste) : « Viveur, client insatiable des cabarets et des maisons closes, telle est la vision courante de Toulouse-Lautrec (1864-1901), qui se serait contenté de peindre sa vie dissolue de façon expéditive, voire caricaturale. Loin de cette légende encombrante, il convenait de revenir à l'œuvre, son ambition, son sens, son ouverture large sur le monde, que l'artiste a scruté et célébré sans complaisance. L'exposition se propose de le rattacher à la lignée du réalisme expressif, mordant et complice, héritier de Daumier, Manet et Degas. A dix-sept ans, le débutant déclare vouloir déjà « faire vrai et non pas idéal », puis Lautrec fait évoluer son naturalisme vigoureux vers un style incisif et caustique marqué par le Japon, la photographie, les impressionnistes. De plus, électrisé par la vitesse et les inventions du monde moderne, Lautrec livre des images en mouvement, quasi cinématographiques. Liant peinture, littérature et nouveaux médiums, l'exposition trouve son chemin, au plus près de cet accoucheur involontaire du XXe siècle. »
À noter que si le musée Toulouse-Lautrec d'Albi a prêté beaucoup d'œuvres — une trentaine, dont le célèbre tableau Au Salon de la rue des Moulins de 1894 — à l'exposition du Grand Palais, ce n'est pas une raison pour ne pas aller dans le célèbre musée tarnais si l'on passe dans la région, car ledit musée profite de l'occasion pour sortir de ses réserves des œuvres de Lautrec moins souvent montrées au public et pour exposer des acquisitions récentes. Pour qui serait intéressé par une évocation à la fois radiophonique et cinéphile d'Henri de Toulouse-Lautrec, je me permets enfin de signaler la possibilité d'écouter en ligne l'émission Ronde de Nuit n°64, proposée, préparée et présentée par Olivier Le Borgne, diffusée sur France Musique en janvier 2013 et rediffusée en février 2014. Consacrée à la sortie en DVD/Blu Ray Disc de plusieurs chefs-d'œuvre du cinéma britannique, l'émission évoque en premier lieu, et pour une part importante, le célèbre film Moulin Rouge (1952) de John Huston, biographie romancée de Toulouse-Lautrec d'après un roman de Pierre La Mure, avec notamment au casting José Ferrer (qui joue à la fois les rôles de Lautrec et du père de celui-ci), Zsa Zsa Gabor (dans le rôle de Jane Avril), Suzanne Flon et Colette Marchand (et même Christopher Lee, dans le rôle non crédité du peintre Georges Seurat), un film dont la musique a été brillamment composée par Georges Auric (avec une indispensable citation de Jacques Offenbach) : Olivier Le Borgne propose de larges extraits sonores du long métrage, et de nombreuses informations sur ce film aux grandes qualités esthétiques ainsi que sur son sujet. Ronde de Nuit n°64 est écoutable à cette adresse : https://www.francemusique.fr/emissions/ronde-de-nuit/cinema-master-class-la-collection-des-maitres-22746 À noter que l'émission se poursuit en évoquant l'excellent film Les 39 Marches (The 39 Steps ; 1935) d'Alfred Hitchcock, puis d'autres films, et enfin — grosse cerise sur le gâteau — en diffusant l'intégralité de la magnifique musique composée par Basil Poledouris pour La Chair et le Sang (Flesh+Blood, 1985) de Paul Verhoeven, film dont je ne soulignerai jamais assez la très haute qualité. Bonne écoute, et bonne(s) expo(s) ! ^^ Hyarion. Expositions temporaires & musées - Hyarion - 26/10/2019 P.S. : j'ai oublié de signaler, l'autre jour, qu'à l'occasion de l'exposition « Toulouse-Lautrec. Résolument moderne » au Grand Palais, un film documentaire de Gregory Monro intitulé « Toulouse-Lautrec, l'insaisissable » a été diffusé sur la chaîne ARTE dimanche dernier, 20 octobre. Ce film sera rediffusé demain matin (très tôt), dimanche 27 octobre, et il est accessible du 13/10/2019 au 18/12/2019 sur le site de la chaîne : https://www.arte.tv/fr/videos/083935-000-A/toulouse-lautrec-l-insaisissable/ Hyarion. Expositions temporaires & musées - ISENGAR - 26/10/2019 Merci beaucoup pour ces infos et pour le lien
Le dimanche est prévu pour être pluvieux. Deux documentaire de 53 minutes feront agréablement passer l'après-midi I. Expositions temporaires & musées - Silmo - 30/06/2020 Je ne sais plus dans quel fuseau mais j'avais fait la promesse de vous parler de quelques-unes de mes œuvres préférées, pas forcément les plus connues et je commence par ce que je considère comme la Joconde des musées en régions...
Il était une fois... En 1883, le Louvre venait d'acquérir une partie de la fabuleuse collection du marquis de Campana, mise en vente par le Mont de Piété Vaticinais après que ce noble ait détourné les fonds dont il était gestionnaire (un Cahuzac avant l'heure). L'Assemblée française vota un budget exceptionnel de 4 millions de francs or, avec un peu de retard sur la Russie qui rafla les meilleures pièces. Du coup, le Louvre n’avait plus les moyens d'acquérir la collection Pancoucke qui la proposa à la ville de Boulogne. Voila pour le contexte et pourquoi, il faut aller à Boulogne. Ensuite, vous savez que je tiens au vocabulaire. De nos jours, on sait qualifier un saladier ou une soupière, la deuxième ayant un couvercle et des poignées pour ne pas se chauffer les mains, bref chaque objet à son nom. Ici on parlera d'une Amphore, donc d'un usage particulier.
Dans l'antiquité, il en était de même, chaque objet avait sa fonction et son nom. Le besoin du vase consistait en un banquet; c'était l'occasion de parler politique, philosophie ou événements mondains - désormais on dirait une soirée apéro un peu alcoolisée. Le Banquet de Platon n'en est pas loin. Y avait pas la télé, donc on causait autour d'une boutanche/ d'une amphore. Le banquet consistait à mélanger miel, vin et eau. Chaque vase avait son attribution, sa fonction : le cratère pour le mélange, l'hydrie avec trois anses pour l'eau, l'amphore avec deux anses pour le vin miellé. Nous avons donc ici une amphore qui n'a pas de signature mais on connait une quasi jumelle au musée du Vatican - jumelle par sa forme et son décor et surtout signée "Exekias", un des plus excellents peintres de son époque. Dans les décennies précédentes, ce sont les potiers qui signaient leur productions avant que les peintres soient plus célèbres. Et on ne sait pas ici s'il s'agit d'une œuvre originale ou de la copie d'un tableau grec... on n'en a retrouvé aucun, on en connait quelques-uns par la tradition et l'autre amphore d'Exekias du Vatican est connue par plusieurs copies, un peu comme les mugs du Louvre avec la Joconde dessus, qu'en sera-t-il dans 1500 ans si on n'en retrouve qu'un seul exemplaire ? Avec notre amphore de Boulogne-sur-Mer, nous avons affaire à une antiquité qui a eu de la chance et qui était avant tout un produit d'exportation. Si elle avait été en métal, des pilleurs l'aurait fondue, si elle avait été sur parchemin ou dessin, le temps l'aurait ruinée. C'est tout l'avantage de la céramique : ça dure et ce n'est pas réutilisable. Voici donc une amphore de Grèce, qui arrive en Etrurie, est fouillée surement par des pilleurs au 19eme siècle, vient à Paris puis finit à Boulogne. Quel parcours ! Mais pourquoi tenir à vous en parler ? Jetez y un oeil https://www.flickr.com/photos/69716881@N02/22978527041/ Parce qu'il s'agit d'une des plus précoces images de l'idée classique de l'art. Encore une fois, peut-être copie d'un tableau, peu importe. La scène est celle du suicide d'Ajax et les commanditaires pouvaient, au cours de leur symposium évoquer les histoires de l’Iliade et l'Odyssée comme nous le ferions aujourd'hui lors d'un moot à propos de Tolkien, de Star Wars ou autres. Dans l'antiquité, il n'y avait pas Netflix ou Disney mais les grecs exportaient déjà des supports (vases) avec des histoires, des images à observer, détailler, commenter. C'était déjà de la diffusion commerciale de données à fort rendement. Il s'agissait avant tout de commerce d'objets précieux et couteux ( on en a peu retrouvé à Athènes mais bien plus dans les autres pays de Méditerranée et surtout en Italie) objets avec lesquels les plus aisés voulaient se faire inhumer, même avec une scène de suicide à laquelle nous arrivons enfin.
On connait des versions plus directes, par exemple au British Museum Celle de Boulogne correspond à ce qu'on appelle "l'instant saisi" et c'est pour cela qu'elle inaugure le classissime, ne pas représenter l'action mais le moment figé qui la précède ou la suit. On en connait d'autres exemples (fuseau à compléter) come les frontons des temples d'Olympie ou Delphes ou l'amphore précitée du Vatican - elle fera l'objet d'un autre mel. Ici, le tableau n'est pas rectangulaire. Il est adapté au format de l'amphore, une sorte de trapèze. La scène est connue de tous à cette époque. Le Grand Ajax après avoir rapporté le corps tué d'Achille s'est querellé avec l'ambitieux Ulysse (qui en paiera plus tard le prix). Ajax furieux, pris de folie, abat les troupeaux alentour, puis au matin plein de regret et de déshonneur se jette sur son épée. La subtilité du tableau est de ne pas montrer ce geste mais celui qui le précède, planter l'épée dans le sol, celle qu'Hector - son ennemi loyal - lui a offerte lors d'un duel "match nul" ainsi qu'un bandeau qui reste son seul vêtement. Les héros sont nus pour être intemporels et Ajax ne porte que ce bandeau et son glaive.
A droite les armes déposées ressemblent à un personnage qui observe le drame à venir. Lances, casque et bouclier forment un ensemble menaçant. S'agit-il des trophées qu'Ajax n'a pu obtenir d'Ulysse ? ou de ses propres armes ? Sur le bouclier, la Gorgone censée repousser les adversaires semble moqueuse mais il s'agit d'objets de mort. Pour ceux qui ne connaissent pas cette époque antique, vous aurez noté que personnage et décors sont en négatif, ce qu'on appelle les figure noires (teintées puis incisées sur les vases). Il faudra quelques décennies avant de connaitre les figures rouges (peintes et non incisées) comme celle du British Museum évoquée ci-dessus. Après ce long discours, soyez déconfinés et allez voir ce vase à Boulogne-sur-Mer et le reste de la collection. S. Expositions temporaires & musées - Silmo - 30/06/2020 Prolongeons tout de suite sur Exekias, nous parlerons d'autres œuvres préférées ultérieurement Expositions temporaires & musées - Yyr - 01/07/2020 Silmo a écrit :
C'était peut-être là ;) La suite, la suite :) Expositions temporaires & musées - Hyarion - 01/07/2020 Merci beaucoup pour ce partage de regard sur la céramique grecque, Silmo. :-) Yyr a écrit :
Oui, la suite, la suite ! ;-) ^^ Et puisqu'il est question de se déconfiner en retournant dans les musées, je me permets de signaler, au passage, une exposition temporaire actuellement proposée, à Toulouse, au musée Saint-Raymond : « Wisigoths. Rois de Toulouse », du 27 février au 27 décembre 2020 (initialement prévue jusqu'au 27 septembre, l'expo a été prolongée suite au confinement de ce printemps). Organisée à l'occasion du 1600e anniversaire de l'installation des Wisigoths à Toulouse et dans le Sud-Ouest de la Gaule, installation consentie à l'époque par l'empereur romain d'Occident Honorius, cette exposition présente les résultats des recherches archéologiques consacrées à Tolosa, capitale des rois wisigoths, et à son territoire au Ve siècle de notre ère.
Présentation de l'exposition, sur le site du musée : https://saintraymond.toulouse.fr/Wisigoths-Rois-de-Toulouse_a1193.html À noter, pour mémoire, que le musée Saint-Raymond, musée d'archéologie de Toulouse, conserve par ailleurs de riches collections permanentes, avec des œuvres originaires de la région provenant notamment de la villa romaine de Chiragan (en particulier une collection de bustes d'empereurs romains, qui est la plus importante de France après celle du Louvre, ainsi qu'un ensemble de haut-reliefs du IIIe siècle représentant les douze travaux d’Hercule) et d'une autre villa romaine se trouvant à Saint-Rustice (d'où provient un bel ensemble de mosaïques du IVe ou Ve siècle et découvert au XIXe siècle). Amicalement, B. Expositions temporaires & musées - Cédric - 01/07/2020 Merci beaucoup Silmo ! Et, évidemment, merci également Hyarion pour tes contributions à ce fuseau !
C. Expositions temporaires & musées - Silmo - 01/07/2020 Benjamin m'a titillé en parlant de mosaïque. Voyons quelle est la plus belle. La Mosaïque d'Alexandre est l'un de ses portraits les plus connus, découvert dans la Maison du Faune à Pompéi. Son nom n'est pas écrit mais on connait sa description par les historiens : imberbe et cheveux bouclés et puis son ennemi est facile à identifier, Darius en costume perse. Les historiens ne sont pas sûr de quelle bataille il s'agit, en tout cas Darius prend la fuite et Alexandre, juste 25 ans, va mettre fin à un empire tri-millénaire puis conquérir un vaste monde. Macron peut aller se moucher. C'est pas pour me moquer mais on n'est pas au même taquet. Voyons maintenant ce panneau acheté par un riche romain.
Il est fait de presque 3 millions de petits morceaux de pierre, des "tesselles". Des parties ont été perdues avec le temps. Il nous semble coloré pourtant, il n'est composé qu'avec quatre couleurs, du blanc, du noir, du rouge et de l'ocre. Cette minutie en 4 couleurs me fait furieusement penser aux pixels des téléviseurs en 3 couleurs ou de nos ordinateurs, autrement dit les ancêtres savaient réduire les images à des points, à des pixels. Examinons maintenant cette image. Nous ne sommes pas comme hier en céramique devant une image figée qui précède un drame mais plutôt comme dans le feu d'une action à la télé, si on avait soudain mis sur pause. Clic, arrêt sur image. La narration est différente. Le paysage est sinistre, il n'y a qu'un tronc d'arbre décharné. En bas, une étrange bande brune qui fait penser qu'on assiste à une scène de théâtre, qu'on serait assis dans le public (voyez toujours tous les détails avant les acteurs - les mains, les pieds, les objets autour)
A gauche, Alexandre s'avance, lance à la main, un Perse se sacrifie pour retenir ce tir. Du côté droit la débâcle commence, quelques javelots au milieu sont encore tendus vers les grecs, ceux de droite sont déjà en train de se mélanger et de se retirer. Dans sa fuite, Le cocher du roi va l’œil déterminé écraser avec son char l'un de ses soldat pour sauver son monarque, Darius reste la main tendue qui semble éperdu. Ces œuvres furent découvertes bien après le triptyque de Paolo Uccello sur la bataille de San Romano divisé entre Londres, Paris et Florence, vous saurez trouver sur la toile, le jeu des lances est ressemblant, tel un mouvement démultiplié au ralenti, une image de BD.
C'est une des plus belles mosaïques antiques et Naples ou Rome nous offriront bientôt d'autres mystères, certains que Sosryko a déjà explorés. Silmo ps : et sinon j'aime bien le film d'Oliver Stone sur Alexandre (une terrifiante hypothèse est venue il y a quelques temps sur son trépas Expositions temporaires & musées - Hyarion - 02/07/2020 Merci François. :-) Silmo a écrit :
Et François de me titiller en retour, car il se trouve que l'empire d'Alexandre III de Macédoine et les royaumes hellénistiques qui lui ont succédé figuraient parmi les sujets d'étude que j'avais choisi à l'université, sachant qu'en histoire, il faut s'intéresser à toutes les époques... ;-) Cette fameuse Mosaïque d'Alexandre, trouvée dans la maison du Faune de Pompéi au XIXe siècle (à peu près à la même époque que les découvertes des villas romaines de Chiragan et de Saint-Rustice, en France), est un des témoignages les plus remarquables de la diffusion de l'art du monde hellénistique en Italie romaine, en l'occurrence ici à travers la technique de la mosaïque (notre joli terme moderne venant de l'italien mosaico, du latin médiéval musaicum, altération de musivum opus qui signifie « travail artistique auquel président les Muses »). Ici, on peut notamment sentir la différence avec l'art grec classique antérieur, au modèle presque « collectiviste » perceptible entre autres à travers sa céramique, l'art hellénistique lui, comme l'art romain qu'il influencera, se tournant davantage vers un horizon humain notamment plus individuel, mais aussi plus propice à la célébration princière : à divers degrés, chacun de ces arts a, en fait, sa richesse... Silmo a écrit :
Il est vrai que l'on ne sait pas exactement quelle bataille d'Alexandre III ou Alexandre le Grand est représentée dans cette célèbre mosaïque. Est-ce la bataille d'Issos, qui eut lieu en 333 av. J.-C. sur la côte de l'antique Cilicie, aujourd'hui turque ? Ou bien la bataille de Gaugamèles, livrée en 331 av. J.-C. non loin d'Arbèles, aujourd'hui Erbil dans l'actuel Kurdistan irakien ? Ou bien une synthèse de plusieurs batailles qui furent autant de victoires d'Alexandre sur le roi de Perse Darius III Codoman, dernier des Achéménides ? Le dynamisme de la composition amène plutôt à se focaliser spécifiquement sur l'affrontement personnel des deux souverains. La fuite de Darius, directement attaqué par Alexandre sur le champ de bataille, fait certes penser à Issos (bataille dont Pline l'Ancien a écrit que Philoxène d'Érétrie en avait fait une peinture, dont la mosaïque pourrait dès lors peut-être, éventuellement, être une copie), mais aussi, et peut-être davantage encore, cela fait penser à Gaugamèles, qui vit Darius être contraint de fuir devant Alexandre une ultime fois lors d'une bataille décisive. Du moins est-ce là mon point de vue, et la question reste en tout cas ouverte... Silmo a écrit :
Le film Alexandre (Alexander) d'Oliver Stone a été assez critiqué et n'a pas attiré les foules lors de sa sortie en salles en 2005, mais pour ma part j'étais allé voir ce film deux fois à l'époque (si ma mémoire est bonne), et je l'aime bien également. Ceci dit, outre la version cinéma, il existe plusieurs autres versions du long métrage, dont une rallongée de 2007 que j'ai dans ma vidéothèque (Alexander Revisited: The Final Unrated Cut que ça s'appelle en anglais) ainsi qu'une version « ultime » de 2012-2013, plus courte que la précédente et que je ne connais pas (c'est un peu comme pour Apocalypse Now de Coppola : au bout d'un moment, les remontages en série ou les séries de remontages finissent par devenir difficiles à suivre). Silmo a écrit :
Oui, on a pu voir succinctement cela dans un autre fuseau... Bref, la suite, la suite ! ;-) Si tu as, entre autres, notamment des choses à raconter sur ce que contient l'église Saint-Louis-des-Français, que j'ai visitée il y a maintenant bien des années, je reste évidemment intéressé... B. Expositions temporaires & musées - Elendil - 02/07/2020 Je connaissais cette mosaïque, mais la description me l'a faite voir sous un jour renouvelé. Merci Silmo. Par contre, je ne vois pas où est censé se trouver le compas dont tu parles. E. Expositions temporaires & musées - sosryko - 02/07/2020 J'ai pu voir cette mosaïque l'an dernier, à l'occasion de quelques jours passés à Naples. Très impressionnant et difficilement plus cinématographique. Difficile aussi, lorsqu'on a pu voir le voir (surtout la partie exposée à Londres, je trouve), de ne pas penser au tryptique d'Uccello ; mais je n'avais pas pensé au fait qu'Uccello ne pouvait pas avoir connu la mosaïque ! Je note que sur cette mosaïque, Alexandre est plutôt brun, ce qui fait un peu regretter la blondeur de Colin Farell dans le film de Stone ;-) Quant au compas, une lance brisée en deux (ou son ombre) le suggère tout en bas à droite, mais je ne le vois pas tel quel non plus. Expositions temporaires & musées - Silmo - 02/07/2020 Alors peut-être est-ce mon imagination... c'est plutôt en bas à gauche, presque à la verticale d'Alexandre, et un peu plus à gauche au sol, c'est tout petit.... et pourquoi pas une lance brisée. Je ne suis pas certain de ma lecture. La photo précitée peut être agrandie pour les détails.
Quant aux millions de tesselles, c'est une estimation à partir d'un fragment compté minutieusement puis extrapolé entre 2 et 4 millions. J'en suis resté à une moyenne de 3. Nous retournerons bientôt à Naples après Rome et Paris. PS : on dit souvent que le film d'Oliver Stone est issu de Klaus Mann (1931) mais il doit bien plus, sans le dire, au livre de Mary Renault "The Persian Boy" (1972) sur Bagoas, l'eunuque de Darius dont hérita Alexandre, version romancée dont s'inspire le scénario de Stone. Excellent livre sur Alexandre le Grand. Dans le film, je regrette seulement Angelina Jolie qui en fait des caisses et la scène de bataille fluo en Inde. Le reste est bon. Expositions temporaires & musées - Silmo - 02/07/2020 Vive le déconfinement, avant un retour en Italie ou Paris, un petit saut à Boston pour une œuvre vue à Paris lors de l'expo "1500" au Grand Palais. https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/51/Tapestry-_Narcissus_-_Google_Art_Project.jpg
On est plus loin de la sobriété des images. La tenture est remplie de fleurs. Narcisse va en en devenir une au milieu de ce pare-terre.. Penché sur la vasque, le beau Narcisse s'observe en souriant mais si on regarde bien son sosie en miroir, lui, fait la gueule. Les oiseaux semblent picorer ses plumes qui ne sont qu'un reflet, marquant le temps fugace. On est même pas sûr que l'ordre des couleurs des plumes soit l'opposé du modèle.
Le gag qui causa mon éclat de rire durant cette exposition, c'est qu'une maman expliquait à son mioche qu'afin qu'on le reconnaisse, Narcisse avait son nom écrit sur sa cuisse et le gamin répondit "Oui, comme Zidane sur son maillot" Expositions temporaires & musées - sosryko - 03/07/2020 La vérité sort de la bouche des enfants ;-) « Remember this as long as you live: Whenever you meet up with anyone who is trying to cause trouble between people—anyone who tries to tell you that a man can’t be a good citizen because of his religious beliefs—you can be sure that the troublemaker is a rotten citizen himself and a rotten human being. » The Adventures of Superman, 16 avril 1946, "The Hate Mongers Organization"
En 1949, le personnage participe à une campagne menée conjointement par DC comics et la National Social Welfare Assembly pour diffuser un message de tolerance (et de bonne morale américaine) aux jeunes lecteurs. S. Expositions temporaires & musées - Silmo - 03/07/2020 Merci Sosryko pour ces détails que j'ignorais., le jaune ayant disparu du costume du dernier Superman qui n'est pas le meilleur. Mais revenons à nos moutons ou plutôt au berger après ce crochet à Boston et avant un week-end à Rome, sans Etienne Daho, juste une escale à Paris car le Louvre ouvre lundi après 3 mois de confinement (place déjà réservée) et je songe à une sculpture dont j'ai envoyé l'image à quelques liens, symbolique de cette respiration du musée, la "Résurrection" de Germain Pilon, artiste trop peu connu hélas alors qu'il est le sculpteur Michel-Ange français. Encore un que vous pouvez gougueuler et wikipédier.
Son chef-d'oeuvre est cette Résurrection Pourquoi ne l'ont-il pas placée sur le pilier central de la Pyramide ? Même un mécréant tel que moi y songe. Expositions temporaires & musées - ISENGAR - 03/07/2020 les détails de la main et des cheveux sont superbes, en effet. I. Expositions temporaires & musées - Hyarion - 03/07/2020 Silmo a écrit :
Lisant la mention entre parenthèse, je vais me permettre un petit coup de gueule en passant. Pas contre toi, François, bien sûr, mais contre la gestion actuelle du musée du Louvre. Silmo a écrit :
Merci pour cette référence. Bonne visite, malgré tout, François ! C'est la magie du Louvre : malgré des contraintes ne datant certes pas d'hier, mais hélas de plus en plus présentes, il y aura toujours quelque-chose à voir ou revoir dans ce lieu à nul autre pareil. Amicalement, B. EDIT: correction d'un lien hypertexte (concernant Arcimboldo, capture d'écran de la base Atlas le 9 juillet 2020, par la Wayback Machine). Expositions temporaires & musées - Silmo - 03/07/2020 Hyarion, je me désole comme toi de ces réservations obligatoires et n'en tiens pas rigueur à JL Martinez, le patron du Louvre que je connais depuis longtemps. Il fait ce qu'on lui demande et les choses pourraient vite changer. D. Rykner est un critique agile mais hélas souvent acerbe sans connaître toutes les arcanes. Le confinement a réduit considérablement les recettes du Louvre qui ne s'en réjouit pas. Expositions temporaires & musées - Hyarion - 04/07/2020 Silmo a écrit :
Je n'ai pas envie d'accabler J.-L. Martinez, vu que Rykner le fait déjà bien assez de toute façon, mais je ne comprends pas comment est-ce qu'il a pu simplement faire ce qu'on lui a demandé avec les résultats auxquels cela a abouti à des degrés divers, notamment sur fond de sous-financement public maintenant quasi-chronique pour le Louvre : il y a le devoir de réserve du fonctionnaire, certes, mais à sa place, je serais retourné m'occuper de mes sculptures grecques dès que j'en aurai eu l'occasion... mais bon, je ne suis pas à sa place. Les choses pourraient effectivement vite changer, ceci dit, peut-être dès l'année prochaine, on verra. Silmo a écrit :
Merci à toi pour ce rappel. Il se trouve que j'ai été un peu trop vite en besogne en me contentant de reprendre ici machinalement l'intitulé du cartel du tableau... ^^' alors qu'en fait mon point de vue, depuis assez longtemps maintenant, est que Le Concert champêtre peut être considéré comme un tableau de Giorgione terminé par le jeune Titien (c'est un peu, en un sens, comme le tableau du Caravage trouvé près de Toulouse : il se peut qu'il soit une œuvre à la fois du maître et de son hôte Finson, après tout, mais bon, c'est quand même là une autre histoire...). Silmo a écrit :
En effet. :-) Quand j'ai le temps, je me fais volontiers, dans les ailes du Louvre, un petit parcours dédié notamment à ce thème... en lien avec mes travaux, histoire de joindre l'utile à l'agréable... ^^ Mais avec le temps qui passe, c'est peut-être maintenant presque un pèlerinage que de revoir successivement tous ces nus lors de mes visites... Silmo a écrit :
Ça, c'est vraiment une chance. ^^ Silmo a écrit :
Si l'occasion se présente, avec plaisir. :-) Amicalement, B. P.S.: Je suis allé voir ce vendredi l'exposition, évoquée plus haut, sur les Wisigoths au musée Saint-Raymond de Toulouse : c'est bien, allez-y. ^^ En début d'exposition est notamment abordée la notion de « barbare » héritée de l'Antiquité, et en lien avec le thème du barbare dans la culture populaire contemporaine, on parle même un peu de Conan, le Cimmérien de Howard et le Barbare de Milius (et des comics)... ;-) Expositions temporaires & musées - Elendil - 06/07/2020 Silmo a écrit :
Nonobstant les associations actuelles de couleur, je confirme que le jaune était traditionnellement associé au mensonge et à la trahison. C'est donc la couleur communément utilisée pour représenter le manteau de Judas. Même pour les grèves, « jaune » n'est pas une mise à l'écart, c'est une insulte envers les travailleurs considérés comme des « traîtres » pour avoir refusé de s'opposer à leur patron. Pour St Pierre (pas de tiret, sauf pour la Basilique), la couleur jaune n'est nullement le fruit du hasard, mais le rappel de son triple reniement, lorsqu'il affirme ne pas connaître Jésus la nuit où celui-ci est arrêté. Pour St Joseph, c'est un peu plus compliqué. En effet, la couleur jaune dont nous parlons ici est le jaune pâle. Au Moyen Âge, cette couleur a une symbolique différente du jaune doré, lequel symbolise l'Amour et la Sagesse de Dieu. Et c'est ainsi que St Joseph se retrouve habillé de jaune doré, mais (normalement) jamais de jaune pâle ; cf. Les Saints, de Rosa Giorgi (Hazan, 2003) et L'Histoire de Joseph : les fondements d'une iconographie et son développement dans l'art monumental français du XIIIe siècle, de Marie-Dominique Gauthier-Walter (Lang, 2003) — et merci à la Bibliothèque d'art et d'archéologie de la ville de Genève pour ces derniers détails. E. Expositions temporaires & musées - Hyarion - 14/07/2020 Depuis quelque temps, ces dernières semaines, la chaîne ARTE rediffuse certains des films documentaires réalisés en lien avec les expositions artistiques parisiennes de ces dernières années. Tous ces films documentaires sont rediffusés de temps en temps à la télé sur le canal d'ARTE, et sont accessibles librement sur le site de la chaîne franco-allemande pendant une bonne partie de cet été.
Toulouse-Lautrec, l'insaisissable, disponible du 14/06/2020 au 19/08/2020 (prochaine diffusion le samedi 18 juillet à 06h15) : https://www.arte.tv/fr/videos/083935-000-A/toulouse-lautrec-l-insaisissable/ B. Expositions temporaires & musées - Silmo - 16/08/2020 Continuons à voyager, j'ai promis Rome, puis Naples derechef, et il y aura sûrement Bâle, Washington, que dirais-je encore ?
Chargé du retour des Cendres, il rapporta aussi des souvenirs ensuite offerts au musée de Châteauroux, : le Sabre d'Aboukir et curieusement une immense volière, commandée par Napoléon, fabriquée par des esclaves asiatiques sur l'Île où il fut prisonnier, n'ayant servi à rien puisqu'aucun oiseau n''y survécu.
Quelle ironie, quel paradoxe ! Être prisonnier, isolé et faire construire une cage ensuite à son tour enfermée dans un musée. Expositions temporaires & musées - Silmo - 17/08/2020 J'ai loupé l'envoi d'un autre post que j'écrivais hier afin de vous faire contribuer à ce sujet qui est hors sujet (merci l'Espace Libre). Expositions temporaires & musées - Silmo - 17/08/2020 Un autre avant d'autres voyages, La réalisation est merveilleuse, au trépan (barbe, chevelure et lion). Peu de copies antiques ont cette qualtié A vous de découvrir. Dans le dos, dans la main cachée, trois pommes, l'avant-dernier travail d'Hercule.
Le bestiau est biggest, à tel point qu'on en fit souvent des copies. PS: Lutèce Lugdunum en finale ???? au pire contre des Goths du Sud ou de L'est ?
A la fin, ce sont toujours les Goths qui gagnent ??? Expositions temporaires & musées - Hyarion - 17/08/2020 Silmo a écrit :
Beurk... quelle horreur... Il y a effectivement de quoi s'enfuir... et d'ailleurs c'est bien simple, je n'ose même pas reproduire ton dernier lien en question dans ma citation... ^^' Amicalement, B. Expositions temporaires & musées - Silmo - 17/08/2020 Je dois confesser que la vidéothèque du logis contient le meilleur comme le mauvais ou le très mauvais voire le pire que mauvais, y compris une catégorie classée "films archi nuls" dont fait partie schwarzy en Hercule (rangé dans le bad bad bad), et tu sais que j'ai pire encore (du quadruple bad, voire quintuple que tu as visionné chez Didier et Romaine, mwarf) Parfois, plus c'est nul, plus c'est drôle. Expositions temporaires & musées - Hyarion - 25/08/2020
Silmo a écrit :
Le tableau montre un jeune homme, le regard tourné vers la droite, habillé majoritairement de couleurs sombres devant un fond obscur, accoudé sur un support de pierre où l'on peut voir la signature de l'artiste inscrite en trompe-l'œil. Les vêtements propres et élégants, la paire de gants, et a fortiori la chaîne en or porté au cou et à laquelle pend un bijou apparemment orné d'un saphir, sont autant d'indices suggérant le statut social élevé du modèle. La main gauche gantée de celui-ci tient l'autre gant tandis que la main droite porte un anneau à l'index. De dernier détail peut laisser supposer que ce portrait d'homme avait peut-être pour pendant un portrait de femme, possible jeune épouse du jeune homme, dont hélas nous ne connaissons pas l'apparence, même si nous pouvons imaginer qu'elle ait les traits du modèle féminin d'un autre célèbre tableau du Titien, exposé dans la même salle du Louvre, La Jeune Fille au miroir, dite aussi La Femme au miroir. Le portrait de l'homme au gant, réalisé, vers 1520, par un Titien encore jeune mais en train d'évoluer vers un style généralement associé à la maturité du peintre, est un des premiers représentants d'un genre de peinture, le portrait individuel à caractère psychologique, qui connaîtra un grand succès auprès des clientèles aristocratiques et bourgeoises occidentales durant au moins les 350 ans qui suivront. Amicalement, B. Expositions temporaires & musées - sosryko - 25/08/2020 Cher Hyarion, figure-toi que j'avais aussi vu un homme-fleur ;-) Mais pour revenir à une lecture première, l'anneau à l'index m'intrigue car je ne suis pas certain qu'à cette époque l'époux portait un anneau en signe d'engagement marital ; j'ai souvenir que l'anneau était donné par le mari à l'épouse et que l'échange d'alliances entre époux est finalement récent. Expositions temporaires & musées - Elendil - 25/08/2020 Je suis Hyarion sur sa description au premier degré. Pour le second, j'avoue le voir maintenant qu'il l'a signalé, mais cela ne m'avait pas franchement frappé en regardant le portrait. Le port des gants au repos me semble un peu curieux, mais je ne suis certes pas expert de la mode de cette époque. Après, le fait qu'un des deux gants soit ôté met clairement la main dénudée en exergue. Or celle-ci n'a à mes yeux que deux éléments potentiellement remarquables : l'anneau et le doigt qui semble pointé vers le bord inférieur du tableau, où il n'y a... rien de notable. Le tableau aurait-il pu être recoupé ? Si ce n'est pas le cas, je ne vois pas trop ce que pourrait (éventuellement) désigner l'index. Et pourtant, le fait qu'il pointe globalement dans une direction similaire à celle du regard laisse à penser qu'il faudrait voir quelque chose d'autre. Peut-être un portrait en pendant, comme le suggère Hyarion. Pour l'anneau, je doute toutefois qu'il s'agisse d'une alliance : d'une part, il est porté à l'index, de l'autre il semble avoir une face supérieure aplatie. Sur l'image, j'ai l'impression qu'il pourrait s'agir d'une pierre dure, d'un motif gravé ou peut-être d'un camée. Ce pourrait être une chevalière, et la clef pour reconnaître l'homme au portrait, mais s'il y a un motif, il n'est pas suffisamment distinct pour être reconnu sur l'image. E. Expositions temporaires & musées - Yyr - 25/08/2020 Merci François pour ce nouveau voyage !
Pour le port d'un anneau à l'index, Eruvike m'a appris que l'alliance conjugale se portait : Cet indice me fait donc penser que l'artiste avait voyagé en Faërie, peut-être par le moyen du rêve à travers le temps et l'imagination, et rencontré les Eldar ... :) :) :) PS : & merci aussi à Benjamin pour son exégèse, même si c'est habituel (et une bonne habitude) ;). Expositions temporaires & musées - Silmo - 06/09/2020 J'ai reçu d'autres réponses directes à la maison à propos du Portrait de l'Homme au Gant... je vais les compiler et commenter, sans doute au prochain we.
En attendant, je vous suggère un peu de lecture pour patienter... Sans doute suis-je en retard, je viens de découvrir après quelques années, une série de documentaires calendaires sur Arte (ça date de 2017 et je viens de les voir aujourd'hui)... Vieux motard que jamais.
Ca s'appelle "Quand l'histoire fait dates", docus de 25 min. présentés par Patrick Boucheron, historien, sur un ton savant mais pas pédant, neutre, sans provocations, qui ne récite pas wikipedia, avec des illustrations bienvenues car souvent rares et des animations limpides. Silmo Expositions temporaires & musées - Silmo - 20/09/2020 Enfin un temps libre ce dimanche (je ne suis pas aux journées du Patrimoine, ça me rappelle trop le boulot, ni à l'arrivée du Tour de France, ça me rappelle trop le vélo).
Alors, reprenons dans l'ordre à commencer par le titre du tableau.
1 / c'est un portrait :
2/ un homme 3 / N'oublions le dernier mot du titre du tableau qui est au singulier 'Gant' alors qu'il devrait être au pluriel puisque le type tient dans sa main gauche le gant de droite. Stéphanie l'a écrit, ils sont usés, élimés, tandis que tout l'habit est neuf. Peut-être un moyen de dire "Je suis jeune mais déjà un fier cavalier - je suis un combattant- capable d s’offrir des ornements précieux, je sais les user et rester humble en respect de Venise"... Ce n'est que de l'interprétation puisque chacun peut lire à sa manière. C'est toujours un mystère.... Mille excuses devant Titien, une dernière remarque : la main gauche qui tient le gant de la main droite : huit doigts, un octopus, une pieuvre. Un Hasard, un symbole de famille, un fétiche , qui sait ? mais comme c'est mon totem, ça m'a interpelé :-)
*C'est une obsession, les grands peintres sont les meilleurs portraitistes de mains car il en sont aussi soucieux que des visages (Berthe Morisot,aura toujours été nulle, Philippe de Champaigne, splendide) et c'est aux mains qu'on voit les excellences.
PS: prochain jeu en direction d'Angers puisque nous devons porter des masques, encore une jolie chemise et des gestes à lire... Expositions temporaires & musées - Silmo - 21/09/2020 Aujourd’hui, c’est le 21 septembre, jour de Saint Mathieu
PS: Jean-Philippe, nous avons lu et relu les mêmes articles mais il aura fallu tellement de temps pour que ce qui va de soi saute aux yeux en plein milieu du tableau : les manches des bras de la même couleur, le commerçant et son fils ou son page, la même livrée, le barbu ne peut pas être le douanier et il désigne celui que Jésus interpelle, pas lui-même. La vérité dans les couleurs. Expositions temporaires & musées - sosryko - 21/09/2020 Rahh, c'est beau :) Mwarf, évidemment que Matthieu est le personnage le plus à gauche, et tu ajoutes des arguments colorés qui viennent confirmer une telle lecture :)
L'argument le plus fort pour moi demeure la temporalité : Caravage n'est plus un peintre de la temporalité des tableaux classiques. On lui demande un tableau sur l'appel de Matthieu et lui répond par un tableau sur la confusion qui a pu suivre l'appel.
Ce qui est beau c'est que Caravage peint l'intervalle temporel entre l'appel et la réponse à l'appel, mieux, entre l'appel et sa reprise.
Et là, la lecture des couleurs et des vêtements de Silmo rend le tour de force encore plus beau : assurément, le Matthieu peint par Caravage, comme ceux avec qui il interagit autour de la table n'est pas habillé à l'antique. A droite, la peinture d'un appel lancé alors il y a près de 1570 ans (la Vocation de saint Matthieu date de 1600) ; à gauche, l'écho de cet appel qui résonnait au temps de Caravage, avec la possibilité encore donnée de demeurer assis et de poursuivre ses comptes dans la pénombre ou de se lever et de suivre le rabbi de Nazareth dans la lumière. S. PS : hep, Silmo, lors d'un retour à Rome, j'espère que tu as l'intention de passer (pour diverses raisons) par Santa Maria del Popolo ;-) Expositions temporaires & musées - Hyarion - 22/09/2020 Merci (à tous les deux) pour tout ce partage.
En passant, je me permets de signaler ici une possible, voire probable, source d'inspiration caravagesque en ce qui concerne un tableau tolkienien de Donato Giancola : The Tower of Cirith Ungol, peint en 2012. Je vous laisse chercher l'œuvre (avec une coquille dans le titre) dans la page dédiée à la Terre du Milieu sur le site de l'artiste : https://www.donatoarts.com/middle-earth B. P.S. : concernant le tableau de Lorenzo Lippi du musée d'Angers, il apparait que, jusqu'à présent, François a sélectionné des œuvres qui se trouvent être étudiées dans une partie de ma bibliographie de travail... donc même si j'entends jouer le jeu et mettre en avant mon propre regard, difficile pour moi de jouer totalement les ingénus ! ^^' Ceci dit, en essayant de rester spontané, il y a évidemment de toute façon des choses à dire... mais on verra plus tard. Expositions temporaires & musées - Silmo - 22/09/2020 Hyarion a écrit :
Pur hasard pour des choix communs ou des évidences partagées car je ne connais pas ta bibliographie Sosryko a écrit :
Of course, c'était l'entrée de Rome pour les pèlerins et visiteurs venus du Nord et donc de France, j'y vais toujours mais après Saint-Louis des Français (par patriotisme :p ). Lors de mon premier séjour, je ne pus accéder à la chapelle des Caravage sans attendre la fin de l'office, mais, pour paraphraser le roi Henri dont je parlais hier, Rome vaut bien une messe. :/
Expositions temporaires & musées - Yyr - 22/09/2020 Grand merci, Silmo, pour tout cela, à nouveau.
Sur l'Appel de saint Matthieu, je vous suis, Sosryko et toi, d'autant plus facilement que vous m'aviez commenté ce tableau en privé. Encore bravo et un très grand merci pour ce partage de richesse, Silmo, à commencer par la tienne. Hyarion : bien d'accord avec toi pour l'écho entre le tableau de Donato Giancola et Le Martyre de saint Matthieu du Caravage. Expositions temporaires & musées - sosryko - 22/09/2020 Cher Yyr, Je trouve que Matthieu ramène les pièces vers lui mais effectivement l'index de l'homme riche pointe plus vers Matthieu que vers lui-même (ce qui fait qu'il pourrait être en train de dire « C'est à qui de nous deux que ton maître a parlé ? »), mais ta proposition est tout aussi valable et belle : Caravage qui peint la décision en train de se prendre, Matthieu entré en lui-même après avoir entendu l'appel, saisissant la rupture que cela implique et tiraillé par des désirs contraires. @ Hyarion : très bien vu ! Expositions temporaires & musées - Silmo - 22/09/2020 La suite viendra avec plaisir chers amis, patience, ne soyons pas en hâte du martyre de Mathieu plus compliqué à commenter, et chacun peut y aller de sa plume ou de son clavier.
et derechef à propos de martyr, gaffe aux détails avant de conclure... Affaire à suivre pour Matthieu et d'autres. FrA ps: vos remerciements font plaisir, pourtant, je n'invente rien qui n'ait déjà été dit (sauf peut-être les coloris du costume) ou écrit, pour le peu que je sache. Il n'y a aucune découverte et seulement une autre lecture, au départ pour mes neveux et nièces en leur parlant de commerce, de support d'image, de couleurs, de format, d'objectif, etc. Ce changement de perspective vint de l'ainé de mes neveux à moins de 10 ans, pressé au Louvre de voir la Joconde, et qui me disant en avoir vu une photo à l'école, qu'elle avait plein de marrons différents et lui n'en avait qu'un dans son tube de peinture. Une révélation sur le regard, celui des jeunes et comment leur parler d'art (et d'ailleurs les écouter avant que de parler, c'est pourquoi je me tais). Expositions temporaires & musées - Hyarion - 22/09/2020 Yyr a écrit :
sosryko a écrit :
Merci pour vos retours. ^^ B. Expositions temporaires & musées - Silmo - 22/09/2020 le rapprochement de Hyarion entre Donato Giancola et Caravaggio est probable et j'aime l'idée. Expositions temporaires & musées - Yyr - 22/09/2020 sosryko a écrit :
Oui, c'est beaucoup mieux exprimé ainsi. Petite blague à vous partager. Tout à l'heure j'étais à l'église quelques minutes, assis devant l'autel avec un vitrail du Christ au fond, et je pensais à Silmo qui pourrait m'expliquer ses couleurs. Peu de temps pour prier : deux paroissiennes dont une religieuse m'aperçoivent et viennent me saluer, car cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus. À la sœur qui me demande des nouvelles, je dois lui annoncer la naissance et aussi la maladie de Sailendil. « Pauvre petite » me dit-elle. « Non non lui réponds-je, ce n'est pas aussi grave quand même, c'est un garçon » :). Elle n'a pas entendu (fichus masques). Pas grave, je me suis dit que François serait plié ;). Quant au Seigneur, je pense qu'il a souri. L'ennui, c'est qu'il est imbattable : rentré ici, je montre l'Appel de Saint Matthieu à ma moitié et je lui demande de me dire où est Saint Matthieu (elle n'a jamais vu le tableau) ... et elle me le montre immédiatement !!! ;) Pour le Martyr, je n'arrive fichtrement pas à distinguer ce qui se passe derrière.
En attendant, je note que cette fois, les épées, transparentes, sont futuristes. :) Expositions temporaires & musées - Hyarion - 22/09/2020 Silmo a écrit :
C'est surtout au Martyre de saint Matthieu que la composition de Giancola continue à me fait penser, mais tu as raison d'évoquer aussi une position du corps plus en diagonale et tête en bas que celle de Mathieu, et en cela plus proche de celle de Paul dans la Conversion de saint Paul : on peut ainsi envisager un certain mélange caravagesque dans l'inspiration, en effet. B. Expositions temporaires & musées - Silmo - 22/09/2020 Ne regarde pas les épées, quoique..., mais voyez d'abord les vêtements, les mouvements, les regards et les lumières.
Dans la Vocation, quand je parlais de "tous et toutes", bien sûr c'est le message du tableau souligné par Sosryko pour les contemporains. Merci pour le message Jérôme. Un éclat de rire à retardement en pensant à ce vitrail et ta discussion cordiale avec ces ferventes et toujours autant de belles pensées pour vous cinq. Expositions temporaires & musées - Silmo - 23/09/2020 Nous reparlerons vite du Martyr de Mathieu et de Rome. Mais les voyages se poursuivent... Un qui va faire cogiter le jeune Esteldil, j'espère... au musée Condé de Chantilly, les Très Riches heures du Duc de Berry, avec plein de détails à fouiller (faut mettre les zimages en grand format : vêtements, couleurs, saisons, animaux, flore, villes et châteaux, etc...). On décrypte les miniatures avant de regarder les notices en ligne.
Je rajoute aussi par plaisir le Puits de Moïse à Dijon (idem, voir toutes les photos agrandies): six bonhommes qui se tournent le dos sous un calvaire disparu et prophétisent la même religion. une merveille, une rareté avec ses couleurs encore visibles, à aller voir absolument.
FrA (espérant inspirer des idées de voyages ou excursions post covid). Peut-être (sans doute) est-ce aussi dans la biblio de Benjamin Expositions temporaires & musées - Silmo - 09/10/2020 Par Bélénos, Toutatis, et Cie, il faut bien un jour un l'autre se coller à l'exercice de ce Martyr de Mathieu. Selon la légende, donc, Mathieu se fâche avec le roi d’Éthiopie qui refuse la conversion au catholicisme de sa fille. Ce dernier envoie des soldats tuer Mathieu pendant qu'il officie. Il meurt en martyr et devient Saint.
Revoyons l'image : il s'agit d'un baptistère, une piscine pour recevoir les nouveaux convertis : une margelle, trois marches, de l'eau.
Les quatre candidats au baptême sont quasi nus et souvent, on considère le personnage central, le plus visible, comme le bourreau de Mathieu... Un peu comme dans une série policière, cherchez le criminel, ce n'est pas le plus évident ! On regarde plus à gauche, des personnages en tenue moderne, les uns effarés, les autres fuyant. Un tout petit détail : parmi ceux qui s'enfuient, l'un lâche une épée (il a le visage -autoportrait - du peintre qu'on connait par ailleurs) tandis que le présumé bourreau, figure centrale du tableau, semble non lâcher mais s’être saisi de l'arme du crime.... il a même l'air effaré, tente de tenir Mathieu comme en secours pendant que les assassins s'enfuient. Oui, le personnage central, c'est le baptisé qui tient la main de Mathieu. Le désespéré est celui qui jette l'objet du meurtre (et c'est le peintre lui-même). Les autres ne sont que des gandins qui l'accompagnent (blousons de cuir brodé), signe de vanité.
Et puis regardons encore... Je livre encore une autre question insoluble... quid du cierge à la verticale du présumé ou non bourreau. Aviez-vous noté cette petite flamme ? Argh, ce chef-d’œuvre est complexe.
C'est marrant. S.
ps: ayant dit que je parlerais de Palmes, je ne suis pas allé gougueuler, mais j'ai songé ce matin à la Palme de ce Martyr, aux palmes académiques et aux palmes du Festival de Cannes, en prenant le café et me demandant quel rapport entre ces récompenses palmées (et je ne parle même pas des des palmes nautiques pour les nageurs) et suis-je bête, j'oubliais les palmes de la Pentecôte... en résumé, pour beaucoup (Jésus, Mathieu et tous les martyrs), qui reçoit des palmes va sitôt passer Ad Patres... du coup, pas envie de Cannes, ni d'académie pps : le baptisé central, ce n'est qu'un hasard, porte au front un bandeau comme celui qu'Hector offrit à Ajax évoqué plus haut... des hasards ou des thèmes répétés, comme les palmes ??? Expositions temporaires & musées - sosryko - 10/10/2020 Cher Silmo,
Tu as dit l'essentiel, mais tu sembles hésiter entre un Carvage-personnage qui fuit ou qui ne fuit pas ; pour moi, il ne peut que fuir. C'est son regard et l'attitude de son visage qui m'interroge. Il semble écoeuré, mais de quoi ? De son acte ? De sa lacheté qui le porte à ne pas l'assumer ? Ou bien de la dévotion accordé à Matthieu ? Mais dans ce dernier cas, j'attendrais du mépris.
Le centre de la Croix attire à son tour le regard et de nouveau ronds dans l'eau font vibrer la toile : Ce qui est quand même dingue, c'est que le bout de la palme soit dans les deux cas à une frontière (soit de l'horizontale qui partage le tableau en deux parties égales, soit d'une des diagonales centrées sur la croix). Dès lors, d'autres centres encore sont possibles, dont le point intermédiaire entre la main de Matthieu et le bout de la palme. Mais évidemment, le centre décentré par Caravage et qui fait l'objet du tableau est la tête de Matthieu lui même. Des deux figures de catéchumènes en bas à droite, l'une m'est insupportable : le visage appuyé sur le dos de sa main (laquelle se tient fixe on ne sait comment), elle semble se complaire du spectacle qui s'offre à ses yeux. Inversement, le personnage au couvre-chef emplumé semble être ailleurs, indifférent à l'agitation ; certainement il était déjà ailleurs au cours de la cérémonie... et il sera le dernière à se rendre compte de ce qui se passe. Et puis il y a les mains de Matthieu. Dans sa jeunesse, elles se fermaient sur l'argent qu'elles ramenait à lui ; au moment du dernier souffle, elles sont ouvertes et dirigées vers l'extérieur : la main droite pour recevoir le don (la palme), la main gauche qui semble offerte, prêt de l'eau du baptistère. Cette main ouverte, c'est la vie qu'on ne peut retenir, comme l'eau coule à travers les doigts, mais j'aime aussi voir cette main gauche faire pendant à la main gauche du Caravage-personnage : la main offerte du pardon en regard de la main honteuse du coupable. Enfin, mon regard suit des figures géométriques, les mains répondant aux mains, les visages aux visages. Une dernière réflexion : les plumes et la palme. Matthieu, au moment de mourir, peut à la fois voir la tête emplumée qui évoque les deux autres têtes emplumées du tableau de son appel, qui fait face à celui-ci, et la palme. Les plumes, qui évoquent le milieu opulent et vain dans lequel il évoluait, et la palme qui évoque la victoire accordée à celui qui a été fidèle à l'appel entendu dans sa jeunesse. Encore une fois le tableau de Caravage n'est que temporalités télescopées et regards multipliés à partir d'un espace constitué essentiellement de lumière, d'obscurité et de corps. Tant de tableaux dans le tableau ! Le mystère de la beauté demeure. S. Expositions temporaires & musées - Silmo - 10/10/2020 Arf, pourquoi pas? Expositions temporaires & musées - Silmo - 10/10/2020 ps : rien à voir avec la choucroute mais un ami d'ici franchissant en ce moment les Pyrénées, je ne me souviens pas du film dans lequel A. de Vigny était cité (le Cor) : "Tranquille cependant, Charlemagne et ses Preux, descendaient la Montagne et se parlaient entre eux". J'ai gougueulé sans trouver et ma mémoire défaille (a priori, ni Resnay, ni Sautet, ni Y. Robert, ni Oury..). si quelqu'un s'en souvient, je lui offre un kg de cacahouètes. Promis :-) Expositions temporaires & musées - sosryko - 10/10/2020 Très cher Silmo, droites et cercles sont les miens, Expositions temporaires & musées - Silmo - 10/10/2020 Merci Sosryko. Belle façon de regarder Caravage. Expositions temporaires & musées - sosryko - 11/10/2020 Un dernier regard pour la route, qui cherche les volumes du lieu, visible ou supposés (étant entendu qu'il y a de l'eau dans le baptistère et que le pied du catéchumène comme la main gauche de Matthieu n'y sont pas plongés). Il apparaît que le tableau se termine sur la droite au niveau de la courbe de la dernière marche visible avant d'entrer dans l'eau. Expositions temporaires & musées - Silmo - 11/10/2020 Pourquoi pas, cher ami... mais je n'aurais pas écrit "il est clair"
Bravo pour le diagramme des volumes. Tu as dû y passer du temps et c'est très bien vu. S. ps : et c'est bien sûr un clin d'oeil aux jeux de mots :| Expositions temporaires & musées - Yyr - 12/10/2020 Pfiou ... Alors, pouvez-vous éclairer ma lanterne ?
D'abord, je ne vois toujours pas bien ce qui se passe au fond ici :
Ensuite, c'est bien une jambe, ici :
Enfin, ce personnage est particulièrement mis en valeur je trouve :
Pour l'énigme, je sèche. Sosryko a écrit :
Tout comme Sosryko encore, le catéchumène qui assiste au spectacle m'est insupportable. Yyr
Silmo a écrit :
Hi ! Hi ! Hi ! :) :) :) Expositions temporaires & musées - Silmo - 12/10/2020 Content que ma petite blague à Sosryko t’amuse
Il est inimaginable qu'à cette époque, avec une commande aussi importante, Le bourreau ai pu être le personnage central fraichement baptisé (et ce n'est pas non plus dans la Légende dorée).
Cependant, je ne sais pas identifier celui ayant un habit vert qui ne fuit pas, est stupéfait, et porte un habit moderne, pour l'époque.
La partie gauche avec ses personnages 'contemporains' pour l'époque me semble une leçon de conjugaison à tous les temps et tous les modes selon chacun des personnages : "qu'ais-je fais? Qu'a-t-il fait? que n'avons-nous pas fait? Que puis-je faire? Expositions temporaires & musées - Hyarion - 13/10/2020 Merci, encore une fois (à tous) pour tout ce partage. Quelques mots, rapidement, car ici comme ailleurs, le temps me manque pour participer... Silmo a écrit :
Voici une reproduction du tableau où le clair-obscur apparaît moins assombri, permettant de mieux voir les détails : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:The_Martyrdom_of_Saint_Matthew-Caravaggio_(c._1599-1600).jpg Ci-joint, une « petite » copie maison, au cas où il faudrait se passer de sources externes :
Attention, le fichier original sur Wikimedia Commons est, lui, vraiment très gros (12,439 × 10,928 pixels) ! Silmo a écrit :
Yyr a écrit :
Pourquoi pas, en effet, mais j'avoue que je n'y crois pas beaucoup... Voici, dans son style bien à lui, quelques lignes d'Éric Walter, dit Hector Obalk, qui a beaucoup étudié le peintre en question : On a longtemps associé l'homosexualité bien connue du Caravage à la présence répétée d'éphèbes qui, torses nus et bouches ouvertes, peuplent les débuts de son œuvre. C'est à l'âge de 25 ans environ que le Caravage délaisse ce registre festif de la mythologie pour celui, nettement plus « hétérosexuel » et dramatique des deux Testaments. Mais on peut aussi penser que Caravage révèle dans ces peintures sombres, ferventes et théâtrales de la maturité, une libido spécifique qui, sans être forcément homosexuelle, dévoile l'hypersensibilité d'un narcissisme prépubère, lequel confine, dans son cas, au pur génie. Hector Obalk, Aimer voir, Paris, Hazan, 2011, chapitre physionomie, 17., p. 52. Amicalement, B.
P.S. : Jean-Luc Martinez, le président-directeur du Louvre, vient encore d'en prendre pour son grade, ces jours-ci, sur le site de La Tribune de l'Art > https://www.latribunedelart.com/jean-luc-martinez-l-ennemi-du-louvre Expositions temporaires & musées - Elendil - 13/10/2020 Merci beaucoup, cette version du tableau est nettement plus lisible. Si l'ensemble est somptueux, j'avoue être déconcerté par la posture étrange du personnage doté de la figure du Caravage, dont on dirait même qu'il est incomplet : entre l'épaule et la main dont nous parlons, on dirait que le bras n'a pas été peint ou est entièrement effacé. On pourrait en effet se demander à l'instar d'Yyr si cette main lui appartient bien, mais il ne me semble pas y avoir d'alternative possible. Même problème pour la semelle de la chaussure de ce personnage, même si dans ce cas cela ne nuit guère à la lisibilité du tableau. E. |