![]() |
|
Expositions temporaires & musées - Version imprimable +- Forum JRRVF (https://jrrvf.com/forum) +-- Forum : Divers (https://jrrvf.com/forum/forumdisplay.php?fid=7) +--- Forum : Espace libre (https://jrrvf.com/forum/forumdisplay.php?fid=18) +--- Sujet : Expositions temporaires & musées (/showthread.php?tid=4) |
Expositions temporaires & musées - Hyarion - 24/04/2023 Silmo a écrit :
Merci pour le signalement. J'essaierai d'aller y faire un tour, lors d'un prochain passage à Paris. J'ai vu le documentaire sur ARTE, dernièrement : de mon point de vue, il est bien fait (même si la présentation de la Commune de Paris est approximative et que le propos sur Victor Hugo est un peu trop mélioratif à mon goût... mais nous avons déjà longuement discuté de tout cela, dans un autre fuseau par le passé, et je n'y reviendrai donc pas. ^^). Je signale, de mon côté, le fait que La Tribune de l'Art a fêté ses vingt ans ce mois-ci, et qu'à cette occasion son site a été entièrement accessible durant le week-end de Pâques, pour la première fois depuis la mise en place (il y a déjà bien longtemps) du verrouillage pour abonnés. Cela a été l'occasion d'accéder librement aux comptes-rendus d'expositions dont il a été question en ces lieux (merci cependant encore à Silmo de m'avoir déjà fourni, avant ce déverrouillage temporaire, les textes dont j'avais besoin) et aussi de relire quelques vieux articles, comme par exemple celui, toujours amusant, écrit par Rykner à l'occasion du fameux faux scoop de Paris Match en 2013 concernant l'Origine du monde de Gustave Courbet (l'article en question reste en libre accès), ou encore la série d'articles (4 nov. 2006, 23 nov. 2006, 12 mai 2015) consacrée à l'hypothèse d'une conservatrice de musée, il est vrai tirée par les cheveux (l'hypothèse, pas la conservatrice), et selon laquelle le tableau perdu du maître Ingres La Dormeuse de Naples serait dissimulé derrière un tableau de Luca Giordano, Vénus dormant avec Cupidon et satyre, beau tableau du Museo di Capodimonte, pour lequel l'épouse du peintre napolitain aurait servi de modèle et que j'avais par ailleurs pu voir exposé à Paris au Petit Palais en 2020, juste avant le premier confinement.
Bref, la Wayback Machine ayant capturé quelques pages du site durant la gratuité pascale offerte par Rykner, je viens d'en profiter pour mettre à jour quelques liens hypertextes renvoyant à La Tribune de l'Art dans certains de mes messages précédents, récents ou plus anciens, dans le présent fuseau et dans un autre.
Enfin, je me permets de signaler une série documentaire sur ARTE qui s'appelle "Tableaux volés", disponible en replay jusqu'à fin juin : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-023061/tableaux-voles/ Amicalement, B. Expositions temporaires & musées - Silmo - 24/04/2023 Merci des infos Hyarion. J'étais passé à côté de cette série mais puisqu'elle est en replay.... je vais me régaler. Expositions temporaires & musées - Silmo - 03/05/2023 Passons à autre chose au Louvre Expositions temporaires & musées - sosryko - 03/05/2023 Impressionnant ! Expositions temporaires & musées - Hyarion - 04/05/2023 J'ai finalement pu aller faire un tour du côté du Petit Palais pour voir cette exposition sur Sarah Bernhardt précédemment évoquée plus haut, lors d'un passage à Paris il y a quelques jours (après quelques semaines de report du voyage en raison d'un mouvement social qui, au moins en France, n'aura échappé à personne). C'est une expo très riche, avec énormément d'objets, œuvres et documents présentés, à l'image de l'immense vedette que fut Sarah Bernhardt en son temps. Il manque certes son Ophélie, sculpture en haut-relief assez connue, mais d'autres œuvres sculptées ou peintes par la comédienne sont exposées et donnent une idée de ses talents multiples. Je me permets de signaler deux autres expositions, visitées également lors de mon dernier passage à Paris :
Silmo a écrit :
Merci d'avoir évoqué ici cette Pendule de la Création du Monde, cher Silmo, singulier objet dont je viens d'ailleurs de vérifier l'emplacement actuel au Louvre (aile Sully, salle 609) : https://collections.louvre.fr/en/ark:/53355/cl010116200. Je dois avouer que cela fait assez longtemps que je ne suis pas repassé (en prenant le temps) du côté du Département des Objets d'art, ce qui est d'ailleurs un peu paradoxal dans la mesure où j'ai notamment participé, ces dernières années, aux campagnes de mécénat pour l'acquisition du camée de Vénus et l'Amour (Camée de Miseroni) et dernièrement pour l'acquisition de la luxueuse tabatière du duc de Choiseul. Concernant donc la fréquentation de ce Département, j'essaierai de me rattraper, si possible, lors d'une prochaine visite (quitte à revenir au Louvre le matin pour l'ouverture, ce que j'ai déjà fait par le passé, je vais m'efforcer de continuer à tout faire pour éviter les fourches caudines de la réservation anticipée, malgré la décision qui a été prise de limiter le nombre de visiteurs quotidiens à 30 000 : à mon sens, le Louvre doit pouvoir rester raisonnablement accessible aux 20 % des visiteurs qui ne préréservent pas de billet à l'avance, même s'ils sont minoritaires). Amicalement, B. Expositions temporaires & musées - Silmo - 04/05/2023 Cher Benjamin, si tu viens en semaine visiter le Louvre, je te passe mon pass Expositions temporaires & musées - Silmo - 05/05/2023 Allez S. Expositions temporaires & musées - Silmo - 05/05/2023 ps : faut tout de même lire Saint-Jean avant d'y aller afin de ne pas s'y perdre ! Expositions temporaires & musées - Silmo - 05/05/2023 pps : on est dans l'espace libre et lâchons nous car je sais que cela fera plaisir aux fans d'astronomie comme Hisweloke, entre autres. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jason Au XVIIIe siècle, Jason et les Argonautes suscitent encore l'intérêt. Dans The Chronology of Ancient Kingdoms Amended (1728), Isaac Newton défend l'idée selon laquelle une bonne part des constellations dérivent de la geste argonautique :
le Bélier est celui de la Toison d'or ; Très étonnant chez un scientifique comme Newton ! S. Expositions temporaires & musées - Silmo - 05/05/2023 Tiens donc, une histoire de Dragon et de Corbeau ensemble. Ça me fait penser à Tolkien même remontant au 18eme et à Newton :-) Expositions temporaires & musées - Hyarion - 07/05/2023 Silmo a écrit :
Merci, cher François (même si j'avoue que j'y viens généralement plutôt le week-end...). ^^ Silmo a écrit :
Si le cœur t'en dit un jour, tu pourras toujours en parler en ces lieux, fut-ce dans un fuseau dédié : notre ami TB, notamment, a déjà montré la voie par le passé... ;-) Amicalement, B. Expositions temporaires & musées - Silmo - 11/05/2023
Je dirai juste, pour ce qui est public, que ma "pride" fut dès la première manif gay à Paris en 1978. Mon mec, c'est ma vie depuis 1987. J'en suis fier et ce n'est pas récent : Quand gamin, je faisais des bêtises, mes parents ou nounou me demandaient "T'as pas de honte" et je me dressais comme un guerrier en répondant "Je n'aurai jamais de honte" (dès 4 ans, ce qui me valais ce qu'en Vendée, on appelle une "calotte" (une gifle) ou plus précisément dans l'Ile, une "hémorniffle") et sans jamais me démonter, donc pride à 2000 % forever. L"épisode militaire attendra.
Il y eut plus tard beaucoup d'activité sur JRRVF avec des contributions plus ou moins heureuses et surtout des possibles organisations de rencontres mootiques. Expositions temporaires & musées - Silmo - 11/05/2023 Et pour être plus amusant, je suggère aux amateurs, le récent bouquin de Paul Saint-Bris, auteur de "L'allègement des vernis", roman qui croque à pleines dents les personnalités et l'institution du Louvre . S. Et pour info... Paul Saint-Bris est arrière-arrière-petit-fils d'Armand Mame (1864-1926). Armand Mame était marié à une demoiselle Schneider, descendante des maîtres de forge du Creusot. Il était aussi le petit-fils d'Armand Dalloz et de Pauline Delaville Leroux. Les Dalloz avaient alors déjà commencé à nouer des alliances matrimoniales avec les Panckoucke.
Les Panckoucke, venus de Flandre, ont créé sous la Restauration ce qu'on appelle aujourd'hui le Journal Officiel, héritage du "Moniteur" qu'ils publiaient avec leurs accointances avec le pouvoir. Ce qui n'a pas empêché leur collection d’œuvres d'art d'échapper à l’État qui préféra acheter la collection Campana en 1863 (loi du Parlement) pour 4 millions Or. Quant aux Delaville-Leroux, la fortune familiale a bien prospéré grâce au commerce négrier, même après l'abolition, et certains de ses membres ont fini ministres d’État et autres postes nécessitant des bras longs. Il sont encore propriétaires (sous d'autres noms de famille - Saint-Bris) de quelques châteaux tourangeaux comme le Clos-Lucé, C'est ainsi que la télé fit les honneurs à Gonzague pour ses reportages sur Léonard.
Cette saga familiale figure dans un livre : "L'argent et les lettres : Histoire du capitalisme d'édition 1880-1920", de J-Y Mollier, 1988. Expositions temporaires & musées - Cédric - 12/05/2023 Silmo a écrit :
J'adore cependant déjà ce que tu nous en dis. Je suis sûr que tes talents de conteur seraient admirables, à coucher sur le papier tes expériences, frasques et autres tranches de vie. Vraiment. Expositions temporaires & musées - Silmo - 07/06/2023 reparlons expo, l'expo LoisWV ferme à Versailles et puisque des salles vont fermer, les plus belles oeuvres serotn présenter) Lille, au musée des beaux(arts, l'occasion d'y aller ^pour des voisins. Expositions temporaires & musées - Hyarion - 12/06/2023 Le 11 mai dernier, Silmo a écrit :
Ma curiosité a aussi des limites, si cela peut te rassurer car il existe aussi un droit de ne pas savoir. En tout cas, je ne t'ai pas demandé de me raconter toute ta vie, a fortiori sur un forum ! ^^' Merci cependant pour le partage. :-) J'aurai voulu te répondre plus tôt... en profitant, si possible, d'un moment de bonne humeur... C'était justement le cas, me concernant, quelques jours après ton message, lorsque j'ai appris la nouvelle condamnation de Nicolas Sarkozy à trois ans de prison, dont une année ferme, pour corruption active et trafic d'influence dans l'affaire Bismuth : une nouvelle comme celle-ci me met toujours en joie. Mais cela ne dure pas, généralement, et le moment recherché pour répondre s'est in fine souvent dérobé depuis un mois... Me voila donc à présent en train de répondre, un peu en vrac... Silmo a écrit :
Respect. Silmo a écrit :
Comme je l'ai dit plus haut François, ma curiosité a elle-même aussi des limites. Silmo a écrit :
Entre nous, si j'avais su cela plus clairement et plus tôt, cela m'aurait évité d'avoir à me contenter, pendant des années, de propos indirects, de on-dit, au sein ce que j'appelle la planète Tolkien, simplement parce que les gens ne savent pas y gérer de façon équilibrée cette fameuse "discrétion" ou "pudeur" qui peut finir par empêcher la juste appréhension d'autrui. Voila pourquoi j'apprécie toujours la franchise, même si c'est parfois au prix de moments désagréables, suivant les circonstances. Les marches des fiertés ont justement eu lieu dans plusieurs villes en France samedi dernier. 14 000 manifestants ont notamment été comptabilisés à Toulouse par la police, et c'est vrai qu'il y avait du monde, pour ce que j'ai pu voir en passant. Que pourrai-je te dire de plus, moi qui suis hétérosexuel et célibataire de longue date ? Si je devais hasarder un avis, qui vaut ce qu'il vaut, je dirais que, sur le principe, il n'y pas matière à être fier d'une orientation sexuelle quelle qu'elle soit, mais qu'il n'y a pas, en tout cas, à en avoir honte, car de mon point de vue, tous les goûts sont dans la nature, la sexualité humaine ne se distinguant guère en fait de celles d'autres animaux... mais c'est un vaste sujet. Je comprends que la revendication de fierté soit historiquement née de l'injonction sociale, et notamment religieuse, à avoir honte. De nos jours, je pense qu'il faudrait surtout parler de respect et de dignité, ce à quoi chacun devrait avoir droit, quelle que soit sa sexualité conçue comme étant entre adultes consentants, en lien ou non avec des questions de conjugalité et/ou de procréation, ce qui suppose donc de tenir aussi compte des femmes choisissant d'avorter, des personnes prostituées, etc. J'ai lu, ces dernières années, le livre On naît hétéro ou homosexuel, on ne choisit pas de l'être du biologiste belge Jacques Balthazart : c'est un ouvrage intéressant, s'appuyant sur des bases scientifiques, celles de la neurobiologie, et qui me parait apporter un contribution sérieuse au débat de l'inné et de l'acquis. J'avoue trouver plutôt convaincants les arguments de l'auteur en faveur de l'inné. Si la science devait continuer à appuyer le propos de Jacques Balthazart, alors raison de plus pour ne pas discriminer autrui, ni le soumettre à je ne sais quelle "thérapie de conversion" aussi absurde que dangereuse.
Quand je pense à la situation où on en était il y a encore dix ans... Tout cela, au fond, au nom de la tyrannie des apparences qu'implique la norme et les "vraies valeurs"... Tiens, quitte à parler d'un écrivain, je citerais volontiers, en passant, Romain Gary. J'avoue que ce qu'il a dit à son ami François Bondy un jour de mars 1974, à propos de ce qu'il était prêt à dire publiquement dans un entretien sur lui et/ou sur les autres, me parle beaucoup : François Bondy : Tu te sens des obligations envers tes lecteurs ? Romain Gary, La nuit sera calme, récit (entretien avec François Bondy), Paris, Gallimard, 1974, rééd. Folio, 1976, 2021, p. 11-13. Allons, il est tard, et je ne voudrais pas que l'on m'accuse de trop digresser, alors j'abrège... Silmo a écrit :
Je ne suis pas du matin, mais j'imagine que c'était un des meilleurs moments pour apprécier les lieux, dans ce contexte, et du moins à l'époque. Silmo a écrit :
Je n'ai connu personnellement que la Journée d'appel de préparation à la défense (JAPD) créée par Chirac, et qui d'ailleurs a changé de nom depuis, mais d'expérience, les récits de service militaire comportent assez souvent des anecdotes plus ou moins pittoresques. Silmo a écrit :
C'est déjà pas mal. ;-) Désolé pour le manque de concision. J'essaie de faire mieux avec mon bouquin. Dodo time. Amicalement, B.
Expositions temporaires & musées - Hyarion - 18/06/2023
L'information a notamment été partagée par Vincent (F.) il y a quelques jours sur Twitter (comme quoi le réseau d'Elon M. continue d'avoir encore quelque utilité à l'occasion, du moins pour le moment) : l'ancienne Abbaye-école de la Cité de Sorèze, dans le Tarn, depuis le 18 mai dernier et jusqu'au 8 octobre prochain, propose une exposition intitulée « Images/Imaginaires dans le livre illustré, d'Homère à Tolkien », consacrée au thème de l'illustration dans le livre imprimé du XVIe au XXe siècle, et présentant notamment, entre autres, des œuvres de Dom Robert, Hermine David, Salvador Dalí et Jacqueline Duhême, ainsi que deux des tapisseries réalisées à Aubusson d'après des aquarelles de J. R. R. Tolkien.
> https://actu.fr/occitanie/soreze_81288/tarn-des-oeuvres-de-dali-et-de-tolkien-dans-une-exposition-sur-lillustration-et-limaginaire-a-soreze_59633225.html À noter que l'ancienne Abbaye-école de la Cité de Sorèze abrite le musée Dom Robert et de la tapisserie du XXe siècle, dédié principalement à l'oeuvre de Guy de Chaunac-Lanzac, plus connu sous son nom de moine bénédictin Dom Robert (1907-1997), qui a vécu et travaillé comme peintre cartonnier de tapisserie à l'abbaye d'En Calcat à Dourgne (dans le Tarn), et dont les œuvres ont été tissées à Aubusson chez Tabard puis chez Suzanne Goubely.
Mon enfance a été marquée par les thèmes de certaines tapisseries de Dom Robert, je m'en souviens aujourd'hui en revoyant ses oeuvres sur le site qui lui est dédié : https://domrobert.com/oeuvres/galeries/tapisseries
Peace and Love, B. (EDIT: correction de fautes.) Expositions temporaires & musées - Elendil - 18/06/2023 Je dois dire que cette tapisserie m'évoque volontiers certaines des versions de l'Arbre d'Amalion dessiné par Tolkien. E. Expositions temporaires & musées - Hyarion - 24/06/2023 Elendil a écrit :
Intéressante remarque ; je n'avais pas fait le rapprochement. Il se trouve que Dom Robert a longuement séjourné en Angleterre, à l'abbaye bénédictine de Buckfast, dans le Devonshire, de 1948 à 1957. De cette époque date précisément sa série de tapisseries dédiées au thème des arbres aux oiseaux, série dont fait donc partie Les Oiseaux rares, première tapisserie tissée chez Suzanne Goubely à Aubusson en 1955. En 1958, Dom Robert est revenu dans le Sud-Ouest de la France, à l'abbaye d'En Calcat dans le Tarn citée dans mon précédent message, abbaye où il était entré pour la première fois en 1930 et où il est mort en 1997. De sa période anglaise, on peut raisonnablement supposer qu'elle fut favorable à certaines influences possiblement communes avec celles de Tolkien. Pourquoi pas, par exemple, du côté de certaines représentations médiévales d'arbres stylisés, comme celle figurant dans un manuscrit de bibliothèque Bodléienne (Bodleian Library MS. Douce 51, fol. 071v ) : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Perideksionu_koks.jpg Ce qui me fascinait, enfant, dans le thème de la tapisserie de Dom Robert, c'était cette évocation des oiseaux associée à la fois à la rareté (qui suppose l'existence réelle, voire l'éventuelle disparition à venir) et à l'imaginaire. À l'époque, et à cette aune, j'étais aussi fasciné par le thème des animaux disparus, en particulier des oiseaux, avec notamment le célèbre dodo des Mascareignes (réel à l'île Maurice, plutôt semble-t-il fantasmé à La Réunion) et le pic à bec d'ivoire d'Amérique du Nord (Campephilus principalis) mais aussi d'autres espèces. Les Oiseaux rares de Dom Robert étaient, pour leur part, un appel à la fois poétique et esthétique à l'imagination créative ainsi qu'à la contemplation, pour le jeune garçon que j'étais. Amicalement, B. Expositions temporaires & musées - Hyarion - 23/07/2023 J'y avais fait succinctement allusion en mai dernier dans un précédent message, mais les choses se sont concrétisées par la suite : depuis le 24 juin dernier, le musée des Augustins de Toulouse, fermé pour travaux depuis longtemps maintenant, a réouvert ses portes, temporairement et partiellement, jusqu'au 16 octobre prochain. Au sein des bâtiments du musée, seuls l'église, le grand cloître et son jardin sont à nouveau accessibles le temps de la saison estivale, mais c'est déjà bien après une si longue période de fermeture complète (sauf durant le temps de l'expo Ribot dans l'église, évoquée précédemment en son temps ici et là) et du reste, en dehors des activités proposées, l'entrée est gratuite. Pour l'occasion, un nouvel accrochage d'œuvres est proposée dans l'église, ce qui permet d'y voir ou revoir enfin une sélection de tableaux et sculptures des collections du musée. Point négatif : il manque, dans la sélection, des œuvres acquises par le musée ses dernières années et qui n'ont jamais été pour le moment montrées au public (deux tableaux caravagesques de Nicolas Tournier et de Dirck van Baburen, notamment). Il faudra, sur ce point, encore patienter. Point (très) positif : certains des grands tableaux du XIXe siècle exposés traditionnellement au Salon Rouge du musée, et depuis longtemps inaccessibles, ont été déplacés dans l'église pour l'occasion, et y sont à présent confortablement visibles à hauteur d'être humain, et ce pour la première fois depuis des lustres. Je pense en particulier, évidemment, à la fameuse Dernière dryade de Gabriel Guay, tableau que j'avais évoqué dans un autre fuseau, il y a déjà bien des années : https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=83356#p83356
Ce tableau, comme d'autres, n'a longtemps été visible que placé très en hauteur dans le Salon Rouge, dans le cadre d'un accrochage des tableaux dans le style des expositions du XIXe siècle.
Dans le cadre de la réouverture temporaire estivale, la Dernière dryade a donc été placée à hauteur de spectateur dans l'église, où il est enfin observable de près, à côté entre autres du célèbre tableau d'Édouard Debat-Ponsan, Le Massage, scène de hammam (1883).
Parmi les œuvres visibles dans l'église, on peut voir ou revoir un autre fameux tableau des collections du musée : Le Christ entre les deux larrons de Pierre Paul Rubens.
Ce tableau de Rubens, semble-t-il donné après la mort du peintre à l'église des Capucins d'Anvers, fit partie, comme d'autres, des œuvres d'art saisies, pendant la Révolution française, dans ce que l'on appelait à l'époque les pays belgiques et liégeois (soit l'actuelle Belgique) et expédiées à Paris, puis plus tard envoyées pour ce qui est de certaines d'entre-elles, sous Napoléon Ier, dans les musées français de province (ce fut le cas pour plusieurs tableaux de Rubens, y compris donc Le Christ entre les deux larrons dont je parle, qui fut envoyé à Toulouse en 1805). Contrairement à ce que certains prétendent en Belgique depuis quelques années, avec des motivations politiques, il me semble qu'il n'y a pas lieu de réclamer des restitutions, mais bien plutôt d'étudier l'histoire méconnue de ses œuvres, « conquises » pour les uns, « spoliées » pour les autres, mais qui in fine représentent avant tout aujourd'hui, parallèlement à leur valeur artistique propre, un précieux témoignage de l'histoire culturelle (pour le moins mouvementée) de l'Europe.
Pour qui serait intéressé par ce sujet, je recommande la lecture, intéressante et plutôt agréable pour ce qui est pourtant un document officiel, d'une « note » (en fait un rapport historique) de Pierre-Yves Kairis « sur les tableaux enlevés à la Belgique en 1794 et restitués (ou non) par la France en 1815 », note publiée en ligne en 2016 sur le site de La Tribune de l'Art. Lors de ma visite dans l'église, en juin dernier, une guide-conférencière m'a appris que ce Christ entre les deux larrons avait certes été saisi en 1794 par les commissaires de la République française, mais sans que ce tableau ait été auparavant particulièrement mis en valeur dans l'église d'Anvers où il se trouvait, cette œuvre de Rubens ayant la particularité de mettre notamment en avant la figure de Jésus de Nazareth dans une expression de profond désespoir qui a pu donner à l'époque l'impression, dérangeante d'un point de vue religieux a fortiori en plein contexte hérité de la Contre-Réforme catholique, qu'en fait Dieu est absent du tableau. Ayant assez écrit pour cette nuit, j'abrège... L'exposition est aussi l'occasion de découvrir quelques œuvres conservées dans les réserves des collections du musée des Augustins et rarement montrés au public, comme par exemple un tableau de style troubadour dans lequel le peintre toulousain Jean-Blaise Villemsens a représenté Paule de Viguier (1518-1610), encore adolescente lorsqu'elle fut chargée, en 1533, de remettre les clefs de Toulouse au roi François Ier lors de son entrée dans la ville, le souverain l'ayant, dit-on, surnommé à cette occasion « La Belle Paule ».
Pour les modalités pratiques de visite, voici l'adresse adéquate : https://www.augustins.org/fr/ouverture-estivale Peace and Love, B. Expositions temporaires & musées - Silmo - 25/07/2023 Le Rubens est depuis 2004 propriété de la ville de Toulouse (la ville a acheté son esquisseou plutôt une étude en 1989). Ce transfert de propriété a été fait en application de l'article L451-9 du code du patrimoine, rendant le tableau inaliénable, imprescriptible et incessible (la ville de Toulouse ne peut pas le restituer à la villle d'Anvers). C'est le cas pour toutes les saisies révolutionnaires que les commissaires des pays européens vainqueurs chargés de récupérer les saisies napoléoniennes après la chute de l'Empire ou plus précisément après les 100 jours.... mais ils ne le firent qu'à Paris (sauf les Noces de Cana de Véronèse) mais ils ne réclamèrent pas les envois qui avaient été faits pour les 15 grands premiers de province au titre de l'arrêté consulaire du 14 fructidor An IX, soit à partir des prises de guerre à l'étranger, soit locaolement chez les ci-devants ou dans les édifices religieux. La plupart restèrent en dépôt dans les musées des villes bénéficiaires (parm lesquelles - notons le - Bruxelles, Genève et Mayence où les œuvres se trouvent toujours, en constituant le fonds historique). Assez récemment, la plupart ont été transférés par l'Etat en pleine propriété aux collectivités françaises dépositaires en vertu de l'article précité du code du patrimoine (avec interdiction de vendre ou céder ces biens acquis avec l'aide de l'Etat). Plusieurs de la dizaine de Nicolas Tournier du musée des Augustins sont dans ce cas, quatre en 2004, un autre en 2017 (je ne sais lequel manque aux cimaises provisoires mais je présume que s'il s'agit du Portement de Croix, il n'aurait pas eu sa place au milieu des nombreux nus - ou peut-être est-il en prêt dans une autre exposition). Pour plus de précisions, voir ici : et là : https://www.legifrance.gouv.fr/download/securePrint?token=vatr66eKqh9@hc8fFDOH&pagePdf=35
avec la liste ici (pages 73 à 97 - le Rubens est à la page: 86) Silmo PS : Hyarion a écrit :
Expositions temporaires & musées - Hyarion - 30/07/2023 Merci pour ce complément et tes précisions, Silmo. Silmo a écrit :
Le Portement de Croix n'est pas absent de la sélection de tableaux exposés dans l'église, et il conserve actuellement l'emplacement — à côtés de deux autres tableaux de Tournier à sujet christique — qu'on lui avait attribué en 2017, suite à sa réintégration dans les collections du musée après presque deux siècles de disparition mystérieuse : https://web.archive.org/web/20230729165413/https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/peinture/un-tableau-de-nicolas-tournier-disparu-pendant-deux-siecles-a-nouveau-expose-a-toulouse_3280653.html
Les nus sont assez nombreux dans la sélection présentée provisoirement dans l'église, mais avec les autres œuvres à sujet « profane », ils sont exposés dans une partie de l'édifice distincte de celle où se trouvent les œuvres à sujet religieux, elles aussi assez nombreuses. Les nus « profanes » (mais qui ne profanent rien du tout là où ils sont, puisque l'église du musée des Augustins — construite au XIVe siècle et consacrée en 1504 — n'a plus de vocation religieuse depuis la Révolution française, et que l'on y exposait déjà des nus au XIXe siècle) sont essentiellement regroupés dans deux espaces dédiés à la question du nu et de la nudité (« Héros et héroïnes - Féminité, Nudité » et « Héros et héroïnes - Virilité, Féminité ») ou éventuellement non loin de ceux-ci, comme l'Académie de la peintresse Amélie Beaury-Saurel, exposée dans un espace voisin (« Héros et héroïnes - Femmes puissantes »).
Les grandes peintures religieuses de Rubens et Tournier, entre autres, se trouvent à un autre endroit de l'église, où elles voisinent notamment avec les célèbres gargouilles du musée, placées exceptionnellement dans l'église le temps de la réouverture, afin que la sculpture médiévale (abondante dans les collections du musée) soit représentée dans la sélection des œuvres ainsi exposées provisoirement.
Les œuvres absentes de la sélection présentée au public actuellement auxquelles je fais allusion dans mon précédent message sont, entre autres, un tableau de Tournier (Le roi Midas) et un de Baburen (Bacchus) offerts au musée des Augustins en 2019, alors que la fermeture pour travaux de l'établissement était déjà effective : https://web.archive.org/web/20210228160057/https://www.connaissancedesarts.com/musees/acquisitions/deux-peintures-de-suiveurs-du-caravage-rejoignent-les-collections-du-musee-des-augustins-toulouse-11129894/ Ceci dit, il est des acquisitions récentes du musée qui font bien partie de la sélection exposée : c'est le cas en particulier de Promenade aux châteaux de Crac vers les sources de la Garonne, un tableau réalisé à Toulouse par Louis-François Lejeune (1775-1848), peintre et introducteur de la lithographie en France, élève du grand peintre paysagiste Pierre-Henri de Valenciennes, puis plus tard officier dans l'armée napoléonienne et baron d'Empire, avant de devenir par la suite le directeur de l'École des beaux-arts de Toulouse. Acheté discrètement à une galerie d'art américaine en 2019 (sauf erreur de ma part, même Rykner n'en a pas parlé dans sa Tribune de l'Art, alors qu'il aime bien pourtant le musée des Augustins), ce tableau au sujet pyrénéen de 1833 est présenté à côté de ce qui semble être son pendant de 1834 par le même artiste, acheté par le musée en 2000, Vue du lac et de la cascade d'Oô - La Chasse à l'ours vers la cascade du lac d'Oô, près de Bagnères-de-Luchon.
Tout ce que j'ai évoqué ici n'est évidemment qu'une petite partie de ce que l'on peut voir actuellement au musée, même si la réouverture temporaire de celui-ci est très partielle.
Silmo a écrit :
L'accès de ce fichier en format pdf semble, de toute évidence, réservé à l'utilisateur d'un ordinateur contenant le disque dur associé... ;-) Silmo a écrit :
Oui, sans doute sommes-nous farpaitement d'accord sur ce point, mon cher François, et du reste, nul besoin d'être « un peu pété » (© Gainsbourg) me concernant pour l'affirmer ! ;-) :-) Amicalement, ^^ B. Expositions temporaires & musées - Silmo - 28/08/2023 Bravo Benjamin pour toutes ces précisions réjouissantes (à l'occasion, je te raconterai quand et dans quelles circonstances je fus l'un des artisans et rédacteurs de la décision de transfert aux collectivités des saisies révolutionnaires et locales - trop vaste sujet pour ici, dire ma déception que le musée des Augustins ait très tardivement remplacé ses cartels pour honorer le transfert de propriété à la place du traditionnel "dépôt de l'Etat"). alors que la ville fut une des premières bénéficiaires de cette opération qui se poursuit pour 'ajuster (surtout dans e secteur archéo) L'accrochage en angle et non chronologique, selon les évangiles, me semble curieux et la mise à distance un peu dommage; quand aux cimaises noires, je n'ai jamais été fan, Mais voyons le positif : l'occasion de redécouvrir certains tableaux. S'agissant de la liste des transferts de propriété aux collectivités, les listes sont sur Légfrance.fr et sur le Bulletin officiel du ministère de la culture, accessibles à tous publics dans leurs moteurs de recherches : sinon :
https://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Musees/Pour-les-professionnels/Conserver-et-gerer-les-collections/Gerer-les-collections/Le-transfert-de-propriete-des-biens-de-l-Etat-deposes-dans-les-musees-de-France
ou bien, la liste des biens transférés est accessible à tous avec le « mini-site » musées ouvert librement à tout le monde et un lien direct vers le pdf : Silmo
Expositions temporaires & musées - Hyarion - 29/08/2023 Silmo a écrit :
Merci François. Dans le mesure où tu as fait allusion plusieurs fois en ces lieux aux transferts de propriété d'œuvres d'art de l'État aux collectivités locales, depuis maintenant de nombreuses années, je suis effectivement curieux de savoir quand et comment tu t'es retrouvé directement impliqué dans ce gros dossier. ;-) De mon côté, il faudra que je parle ici de mon dernier passage à Paris, il y a une dizaine de jours : je suis retourné une nouvelle fois au musée du Louvre, 230 ans après sa création (août 1793), pratiquement 30 ans après ma première visite de ce musée (25 octobre 1993 : j'avais noté la date au dos d'une carte postale) et à l'occasion de l'exposition « Naples à Paris ». Au sujet de cette exposition, je peux d'ors et déjà dire qu'elle s'accompagne de la parution d'un catalogue fort bien fait, et contenant notamment un texte de l'écrivain Erri de Luca consacré à la ville de Naples, avec ce passage que je ne pouvais que remarquer, en voyant ou revoyant par ailleurs, ces temps-ci chez moi, des films de Federico Fellini (que tu connais tous, je crois, François) : Marcello Mastroianni racontait une anecdote sur les Napolitains. Déjà âgé, il marchait dans une rue de Rome. Quelqu'un le reconnaît, le dépasse et déclare dans son dos, faisant en sorte d'être entendu : « C'est fou comme il a vieilli. » Il lui arrive la même chose à Naples avec une personne qui le reconnaît, mais cette fois l'homme s'arrête devant lui et lui dit : « On a bien vieilli, hein don Marce ? Venez, on va prendre un café. » Erri de Luca, « Surtout les nuages », in Sébastien Allard, Sylvain Bellenger et Charlotte Chastel-Rousseau, Naples à Paris. Le Louvre invite le musée de Capodimonte, Paris, Musée du Louvre/Gallimard, 2023, p. 29. Amicalement, B. Expositions temporaires & musées - Silmo - 29/08/2023 Ah Naples, ps : l'histoire de Marcello, faudrait que je révise; C e n'est ps pas dans Fellini mais peut-être dans "trois vies et une seule mort" de Raoul Ruiz, "Quelle heure est-il' de Scola, "ils vont tous bien de Tornatore, ou "splendor"..m ais il y a belle lurette que je n'ai pas revu ceux-là. Je devrais! Expositions temporaires & musées - Swing Kid - 07/09/2023 Bonjour,
Cordialement. Expositions temporaires & musées - Yyr - 07/09/2023 Bien vu :) Expositions temporaires & musées - Swing Kid - 08/09/2023 Complément d'information concernant "La femme-Ent" du tableau de Mantegna ( voir ci-dessus ) : Expositions temporaires & musées - Silmo - 10/09/2023 En voici une possible Femme Ent fort séduisante
Mais je n'en sais pas plus, ne pouvant lire le site :-( S. Expositions temporaires & musées - Yyr - 10/09/2023 Silmo a écrit :
Superbe, en effet Expositions temporaires & musées - Hyarion - 01/03/2024 En août dernier, votre serviteur a écrit :
Quelques mois plus tard, dans un autre contexte... Je vais tâcher d'être concis, ne serait-ce que pour faire plaisir en cela à notre ami Silmo. Pour célébrer les trente ans de ma première visite au musée du Louvre, j'y suis finalement revenu trois fois l'année dernière, le 19 août, le 21 octobre et le 18 novembre. Outre la très belle exposition « Naples à Paris » (organisée en partenariat avec le musée de Capodimonte), vue et revue à ces occasions, mais sur laquelle je ne reviendrai pas car elle est terminée depuis le 8 janvier dernier, ces visites au Louvre m'ont amené, en parcourant à nouveau, comme je l'ai fait régulièrement durant trois décennies, les collections permanentes de ce merveilleux musée qui reste au fond mon préféré, à songer aux souvenirs accumulés... et notamment aux campagnes de mécénat ouvertes au grand public « Tous Mécènes ! » auxquelles j'ai continuellement participé depuis la première édition, lancée en 2010-2011 pour l'acquisition par le Louvre d'un tableau, Les Trois Grâces, chef d'œuvre de Lucas Cranach l'Ancien, peint en 1531 : c'était alors ma première contribution à une souscription publique pour acheter une œuvre d'art à destination des collections d'un musée public... et cela valait la peine. Ce magnifique tableau, à l'huile sur bois de hêtre, est visible dans l'aile Richelieu, en salle 810 (dédiée à Cranach).
La campagne « Tous Mécènes ! » de 2022-2023 a permis l'acquisition de la luxueuse Tabatière du duc de Choiseul, réalisée en 1770-1771 par l'« orfèvre privilégié du roi » Louis Roucel, à l'époque de l'entrée en disgrâce de ce ministre de Louis XV, et peinte sur toutes ses faces de très fines miniatures par Louis-Nicolas Van Blarenberghe.
En allant voir cette Tabatière au département des objets d'arts du Louvre, une fois celle-ci acquise grâce à la souscription, j'ai constaté qu'elle avait été placée dans la même pièce, la salle 609 dans l'aile Sully, qu'un autre objet d'art dont nous avait parlé Silmo en ces lieux, à savoir la Pendule de la Création du Monde, également réalisée au XVIIIe siècle, en 1754, par Claude-Siméon Passemant, avec le bronzier François-Thomas Germain et l'horloger Joseph-Léonard Roques.
À chaque fois que je suis passé dans la salle 609 lors de mes visites l'année dernière, il se trouve qu'en dehors de la Tabatière du duc de Choiseul lorsque celle-ci s'y trouvait, aucun des objets d'art exposées dans la pièce n'était accompagné par un cartel pour l'identifier, bien que les dits objets soient tous numérotés dans les vitrines. Heureusement que les explications de Silmo concernant la Pendule de la Création du Monde, explications partagées ici même en mai dernier dans le présent fuseau, étaient consultables via le smartphone durant les visites : https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=91909#p91909
Enfin, la campagne « Tous Mécènes ! » de 2023-2024 a permis au Louvre d'acquérir un autre chef d'œuvre de la peinture ancienne : le Panier de fraises de Jean Siméon Chardin, présenté originellement déjà au Louvre lors du Salon de 1761, un tableau jusqu'ici en mains privées et qui risquait de quitter la France.
La campagne de dons, commencée le 7 novembre, en était encore à ses débuts lors de ma troisième visite au Louvre (où j'ai pu voir le tableau alors exposé en salle 831 dans l'aile Richelieu), et elle vient de se terminer, avec succès donc, hier 28 février.
Le tableau de Chardin, désormais acquis pour les collections nationales, sera présenté dans plusieurs musées en région (au Louvre-Lens, à Brest et à Clermont-Ferrand) dans les prochains mois jusqu'en automne, avant de revenir au Louvre pour de bon. Peace and Love, B. [EDIT (01/03/2024): correction de fautes et ajout des photographies légendées] Expositions temporaires & musées - Silmo - 01/05/2024 Très absent du forum depuis longtemps (causes médicales et hospitalisations à à répétition, je vous passe les détails, 9 semaines pour fracture de la cheville et pose d'une plaque de titane d'octobre à décembre, trois hospitalisations en 2024 pour infections bactériologiques répétées, j'ai passé plus de temps en clinique ou hosto que chez moi sans accès au PC)
Content de retrouver le forum et ses fuseaux. Je ne suis pas fan de Cranach mais de Chardin, oui à 200 %
Lors d'une prochaine visite, ne loupe pas la Tenture des Chasses de Maximilien (salle de tapisseries magnifiques ou personne ne passe qu'il faut contempler dans les détails pour en apprécier la valeur) et puis le Salon de Mme Récamier que David illustra sur un superbe portrait, et les Régalia que tu connais sans doute déjà. Au sous-sol entre les deux cours Marly et Puget, le magnifique haut-relief de Puget, sculpteur marseillais 'Diogène et Alexandre", un pur chef d'œuvre devant lequel tout le monde circule sans le voir (bon, tout Puget vaut Michel-Ange, le Milon de Crotone, le Repos d'Hercule, le Séraphin plus beau de profil que de face, le Bucéphale cabré D'Alexandre, les mains de l'Andromède -en peinture comme en sculpture, je suis un obsédé des mains, les mauvais peintres, genre Berthe Morisot, cachent toujours les mains sous un manteau, un chapeau, les bons peintres se reconnaissent aux mains plus qu'aux visages _ j'ai déjà parlé de Philippe de Champaigne). Dans la salle Puget, une attention toujours pour Bouchardon et sa copie du Faune Barberini endormi exhibitionniste qui dû heurter le Salon d'Art. Dans la même salle les esclaves par Desjardins qui étaient aux pieds de la statue du roi et les médaillons de bronze par Regnault l'entourant Place des Victoires (mon ancien quartier près des Halles) Y a longtemps... C'était bien avant le 11ème puis le 20ème mais je reste intra-muros dans l'ancien village de Charonne, dans la rue des Vignoles, autrefois Vignobles avec une impasse tout les 30 mètres correspondant aux anciennes parcelles de vignes orientées nord sud. On y faisait pousser un mauvais vin blanc, le "Guiguet" qu'on buvait en dansant dans les Guiguettes (çà, j'ai déjà dû le raconter (c'est Alzheimer, si je me répète) ps : Mon mini jardin, côté cuisine est désormais orné d'un cep desséché de Guinguet :-D Expositions temporaires & musées - Yyr - 02/05/2024 Bon retour chez toi (à JRRVF ;)) Silmo :) Expositions temporaires & musées - Silmo - 04/11/2024 Chapelle Contarelli, Saint-Louis-des-Français, Rome (Caravage, Martyr de Saint-Mathieu). Déjà dit, de retour à petits pas après une TRÈS longue absence,
Je relis ce fuseau et m'interroge toujours sur le personnage qui intriguait Yyr dans le cycle de Saint-Mathieu, avec deux photos postées il y a déjà quasi vingt ans, les unes où son vêtement est vert (premiers messages), l'autre où il est gris-bleu 'photo de meilleure définition postée par Benjamin).
Une seule remarque tardive à propos des diagonales proposées par Sosryko qui me paraissent plus pertinentes que les verticales (sauf celle du baptisé) et horizontales, quoique des élipses, les ovales voire des oves genre 'nombre d'or' pourraient aussi fonctionner puisqu'elles s'adaptent à tout ce qui est beau (non l'inverse)... mais j'y crois moins qu"aux diagonales plus convaincantes. @Elendil, les détails sont mauvais même en photo, faut y aller sur place muni de pièces de monnaie car la chapelle est mieux visible quand on met des sous dans la boite prévue pour l'éclairage !!! et l'on s'étonne d'envisager de faire payer l'entrée à Notre-Dame de Paris!?!?). Expositions temporaires & musées - Yyr - 04/11/2024 Merci François pour ce partage Expositions temporaires & musées - sosryko - 04/11/2024 Cher Silmo, Expositions temporaires & musées - Hyarion - 05/11/2024 Silmo a écrit :
Je salue, à nouveau, moi aussi ton retour, François. :-) Silmo a écrit :
Pour mémoire, tu fais allusion à une reproduction du tableau de/du Caravage que j'avais partagé dans mon message du 13 octobre 2020 (il y a déjà presque quatre ans... mais j'ai aussi l'impression que c'était il y a plus longtemps...) : Silmo a écrit :
Là, pour le coup, ça me renvoie à des souvenirs personnels romains de plus de vingt ans ! ^^' Il se trouve que j'ai eu récemment à nouveau entre les mains l'exemplaire du livre que j'avais acheté à l'époque dans cette librairie : Promenades dans Rome de Stendhal (acquis à Rome le 20 février 2002 : je l'avais noté !)... J'étais de passage à Paris il y a quelques jours, et de retour au Louvre notamment, où j'ai suivi quelques-unes de tes recommandations, François... mais il faudra attendre un peu pour que j'en parle ici : j'ai, entre autres, des considérations musicales, pour un certain fuseau dédié, qui attendent encore d'être complètement rédigées... Amicalement, B. Expositions temporaires & musées - Elendil - 05/11/2024 Bon retour parmi nous, Silmo. Silmo a écrit :
Malgré mon doute initiale quant à ton interprétation, je pense que tu as raison. Certes, le saint semble vouloir repousser de la main l'homme qui l'a agrippé, mais cela pourrais s'expliquer par le fait qu'il sait être blessé à mort. En effet, on voit distinctement le sang couler sur son aube. Il est vrai aussi que l'homme est armé de l'épée, arme par laquelle périt Matthieu d'après la Légende dorée et les textes ultérieurs (voir par exemple cette traduction française en ligne), mais il pourrait avoir ramassé l'instrument abandonné par l'assassin. Je suis d'accord avec toi sur le fait que l'homme central semble avoir une expression plus horrifiée que menaçante, et que son vêtement rappelle plus la tenu d'un baptisé que celle d'un bourreau, serait-il éthiopien. Il me semble qu'une raison supplémentaire tient au fait que a chasuble du saint semble imbibée du sang qui coule manifestement à flots, mais non transpercée, ce qui laisserait penser qu'il a été frappé par derrière, conformément à la tradition. Le tableau capturerait donc le moment de la mort (et donc de la remise de la palme du martyr par l'ange qui se penche sur l'agonisant), mais non celui du crime. (J'aime beaucoup ce genre d'échange, car j'apprécie d'autant plus les œuvres dont nous parlons à mesure que je comprends mieux les intentions artistiques qui les sous-tendent et qui font une partie de leur richesse.) E. Expositions temporaires & musées - Silmo - 05/11/2024 Hyarion a écrit :
Je recommande aussi les "Lettres d'Italie" du Président Charles de Brosses (2 volumes pas chers en Poche ou d'occas' sur Rakuten https://fr.shopping.rakuten.com/offer/buy/13176216630/lettres-d-italie-du-president-de-brosses-tome-1-et-tome-2.html ), ouvrage que connait notre ami Giligili Silmo
ps : pour l'édification de Benjamin, qui cite Stendhal, auteur aux multiples homonymes, c'est en tant que conseiller d'Etat et sous le pseudo d'Henri Beyle qu'il entama mais ne finit pas, le premier inventaire des collections du Louvre dit "Inventaire Napoléon", collections si chères à notre occitanien Expositions temporaires & musées - Silmo - 05/11/2024 Elendil a écrit :
Oui, c'est bien ce que je pense. La décoration de la chapelle date (1599-1601) de l'époque de la contre-réforme. Caravage en a fini des commandes des cardinaux pour des portraits d'adolescents (souvent le même). Déjà l'attrait du Sacré Collège pour les jeunes gens ! :|
Cette chapelle est la première grande commande officielle du cardinal français Contreil au Caravage, italianisé en Contarelli lors de ses divers échecs à devenir Pape (Cointreau en français, d'où le nom du spiritueux, n'est-ce pas spirituel?? Je ne vois pas le sang de Mathieu se répandre "à flots" sauf quelques taches sur son vêtement, ni sang sur l'épée du personnage central, qui soit la ramasse, soit s'empare d'une épée (mais que ferait elle dans un baptistère??) pour - après sa stupéfaction - poursuivre les assassins, les comploteurs parmi lesquels l'autoportrait mais pas forcément le tueur. Caravage peint le tumulte qui nous confond et sème le désordre. Autant la Vocation vise clairement la conversion d'Henri IV de France au catholicisme - Contarelli est avant tout un diplomate - autant le martyr de Mathieu reste un mystère (Henri IV ne sera assassiné qu'en 1910, par contre le meurtre d'Henri III en 1589 par un moine ligueur et fervent serait une piste à analyser). Par tous les saints et tous les diables, j'ai vu et revu ce tableau en direct, je l'ai consulté en photo mille fois et découvre en le regardant d'encore plus près - afin de répondre ici - que sur le mur du fond du baptistère, il y a une croix de l'Ordre de Malte alors que Michelangelo Merisi (le Caravage) n'obtnint le statut maltais de chevalier que durant son exil en 1606. Etonnant, non?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Martyre_de_saint_Matthieu#/media/Fichier:The_Martyrdom_of_Saint_Matthew-Caravaggio_(c._1599-1600).jpg Silmo Expositions temporaires & musées - Eva - 05/11/2024 En 2022, j’ai suivi un MOOC gratuit sur le site du Campus des Bernardins, intitulé « Caravage, la tension et la grâce » par Mélina de Courcy (diplômée de l’École du Louvre dans la spécialité peinture française et professeure d’Histoire de l’Art au Collège des Bernardins).
- Les écrits de Jaques de Voragine racontent qu'en Éthiopie le roi Hirtacus voulait épouser Iphigénie, vierge consacrée à Dieu, et qu'il espérait recevoir l'aide de Matthieu, lequel avait expliqué au contraire pendant la messe pourquoi ce mariage était impossible. Le roi perdit la tête et s'en alla, tandis que la messe continuait. A la fin, il envoya son bourreau qui planta son épée dans le dos de Matthieu et le tua. Il fut consacré martyr. A cette nouvelle les fidèles coururent vers le palais pour l'incendier, mais ils furent retenus par les prêtres et les diacres. - Les moines et les diacres qui tentent de réprimer le lynchage du roi, seraient identifiables avec les deux personnages de l'arrière plan, dont le dernier est considéré comme un autoportrait de Caravage. À la Renaissance, se représenter dans une oeuvre religieuse était un témoignage de sa foi.
- Le sicaire n'est pas représenté de dos, il fait face à la victime gisant à terre. Pourquoi cette posture ? En regardant de près, on remarque que le sicaire est une transformation de l'Adam de la chapelle Sixtine de Michel Ange. Le peintre transforme Adam en le plaçant debout. - Dans la toile du Martyre comme dans celle de la Vocation, le langage des mains est remarquable. Le sicaire tente de bloquer la main de Matthieu pour l’empêcher de saisir la palme du martyre tendue par l’ange. Comme s’il voulait empêcher que ce meurtre fasse de Matthieu un martyr.
- Le Caravage signe avec le Martyre de saint Matthieu son premier tableau d'histoire.
Expositions temporaires & musées - sosryko - 06/11/2024 Silmo a écrit :
Arf, tu ravives en moi un de mes plus beaux souvenirs de Rome que j'ai en partage avec ma bien-aimée : lever aux aurores, déambulation dans les rues quasi désertes, petit-déjeuner dans un café célèbre (si célèbre que j'en ai oublié le nom), nous deux parmi les premiers ou presque à entrer dans Santa Maria del Popolo, et le fou rire qui nous prend lorsque nous constatons que, après avoir fait sonner une pièce dans un tronc pour que l'éclairage des tableaux s'allume, point d'éclairage automatique mais, une minute plus tard, un prête qui sort de nulle part, s'approche nonchalamment et vient tourner un retardateur caché dans la chapelle pour lancer manuellement l'éclairage et nous permettre d'admirer les deux Caravage, objet de notre quête matinale :) Simo a écrit :
avais-tu oublié que je l'avais mise en évidence il y a quelques années en ces lieux en faisant apparaître les volumes du lieu ? ;-) S. Expositions temporaires & musées - Silmo - 06/11/2024 Bien vu Sosryko, j'ai répondu trop vite... évidemment "conversion de Saint Paul sur la route de Damas" (et non son Martyr) ) à Santa Maria del Popolo. Grrrrr. Avant de poster, "cent fois sur le métier remettez votre ouvrage" ... je suis pourtant fan de Boileau. Et merci de retisser des liens vers des fuseaux oubliés (diable, Alzheimer me gagne 8.(
Merci Eva pour ton message, j'y répondrai aujourd'hui
et merci Elendil pour ton commentaire Expositions temporaires & musées - Elendil - 06/11/2024 Silmo a écrit :
Pour ma part, n'ayant jamais eu l'occasion de visiter cette église (mais cela viendra), je ne peux me fier qu'à la version haute définition qu'on peut voir sur Wikipédia. En l'occurrence, on voit très distinctement quelques filets de sang qui ont coulé sur l'aube (preuve, s'il était besoin, que Matthieu a été frappé alors qu'il se tenait, sinon debout, du moins à genoux), mais aussi une tache beaucoup plus sombre qui dépasse juste de la chasuble, preuve que le vêtement a absorbé pas mal de sang ensuite, et donc que l'arme a transpercé une artère ou a laissé une blessure suffisamment large pour que le sang continue à couler. Pour ce qui est de la chasuble elle-même, c'est nettement moins distinct, car elle est très sombre, mais j'ai l'impression d'y voir de grandes taches violacées irrégulières, qui nécessiteraient que le sang ait transpercé l'aube, puis ait imbibé la chasuble à son tour, ce qui devrait nécessiter beaucoup de sang, car les plis du vêtement semblent indiquer qu'il est assez épais. Cette fois, la forme des taches laisse penser que c'est une fois le saint à terre que la chasuble a bu le sang.
Bref, si l'on considère que le corps humain ne contient que 5 litres de sang, c'est une blessure gravissime, quand bien même aucun organe vital n'aurait été touché. On voit que le Caravage connaissait son affaire, ce qui n'est guère étonnant au vu de sa réputation d'amateur de rixes et de duels. E.
P.S. : Pour ma part, je tiens à préciser que mes connaissances en la matière sont purement théoriques. Je n'ai encore jamais eu l'occasion de défier quiconque en duel pour un point d'honneur, hélas. Avis aux amateurs (je préciserais tout de même, pour ne prendre personne en traître, que j'ai eu l'occasion de pratiquer le fleuret, l'épée et le katana, sans parler du jō) . Expositions temporaires & musées - Silmo - 06/11/2024 Chère Eva, Ouf j'ai profité de l'heure du déjeuner pour répondre plus à Mélina qu"à toi Je ne doute pas des qualités des cours que Mélina de Courcy dispense aux Bernardins, étant moi aussi diplômé supérieur de l'Ecole du Louvre, promotion 1990, j'enseigne pour ma part à Paris I Sorbonne, à Paris X Nanterre, à l'Ecole du Louvre, à l'Institut national du Patrimoine et à l'Institut national d'Histoire de l'Art, sans compter les formations dans les directions régionales des affaires culturelles à destination des conservateurs en régions. Ce n'est pas de la fausse modestie, juste un fait qui m'autorise, en tant qu’historien d'art depuis 35 ans à parler de ce que je connais et en avoir discuté avec des conservateurs de musées pointus sur le sujet du Caravage. Eva (citant Mélina) a écrit :
Cela ne figure pas dans la commande ni dans La Légende dorée de J. de Voragine et ce n'est qu'une supputation. Eva (citant Mélina) a écrit :
L'autoportrait du donateur priant au Moyen-âge n'est pas du tout la même chose que celui de l'extrême fin de la Renaissance, ou plutôt le début de l'époque classique ou baroque (fin 16ème - 18ème siècle) qui relève plus des débuts modernes de la selfie Eva (citant Mélina) a écrit :
Non, trois fois non :-). D'une part, le terme"Sicaire" est inadapté puisqu'il ne désigne pas un soldat du roi d’Éthiopie mais un tueur à gage, un bandit Thrace dans l'antiquité, armé d'une lame courte et courbée, ce qui n'est pas le cas dans le Martyr de Mathieu où celui que l'on croit bourreau est éthiopien, en vêtement de baptême avec une longue lame droite non ensanglantée. L'iconologie est alors scrupuleusement respectée et les cardinaux y veillaient sévèrement. Eva (citant Mélina) a écrit :
Idem, "Sicaire" est inadapté et par quelle folie un jeune peintre (29 ans) recevant sa première grande commande du Saint-Siège aurait-il représenté une tentative de faire échouer un martyr et l'empêcher de recevoir la palme? Non, ce serait absurde et n'aurait jamais été admis par le collège des cardinaux qui validaient les tableaux. Eva (citant Mélina) a écrit :
Sa "Fuite en Egypte" ou l' "Extase de Saint-François" tableaux religieux et d'histoire, datent de 1594, cinq ans avant la commande du Cardinal Contarelli, "Marthe et Madeleine", "Saint-Jean Baptiste au désert", Sainte Catherine", la "Vocation de Saint-Pierre", les deux versions du "Sacrifice d'Isaac", le "David et Goliath" datent de 1597-98 , un an avant la première version refusée du "Saint-Mathieu et l'Ange" (1599), deux ans avant la commande finale de la chapelle Contarelli (1599-1600). Là encore, Mélina devrait réviser ses fiches Il aurait mieux fallu écrire que c'était ses premières commandes officielles de grand format et qu'il les réalisa sur toile plutôt qu'à fresque. Je n'ai jamais assisté aux cours des Bernardins mais j'espère que c'est un peu plus soutenu ! Silmo ps : * plusieurs légendes existent et ont été représentées dans les arts à propos du "Bois de la Croix" (cf. surtout les fresques d'Arezzo par Piero della Francesca), la plus célèbre étant celle d'un arbre poussé sur la tombe du Premier homme, Adam, arbre ayant vécu 5500 ans jusqu'à Salomon lorsque la reine de Saba s'en servit pour traverser un fleuve lors de sa visite à Jérusalem, tronc qui servit à fabriquer la croix du Christ, redécouverte par Sainte-Hélène, mère de Constantin, en 326, qui l'emmena à Constantinople où, découpée en morceaux, fut distribuée en reliques dans tout l'occident. Plus de détails (nombreux) ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vraie_Croix Expositions temporaires & musées - Elendil - 06/11/2024 Silmo a écrit :
Loin de moi l'idée de prétendre connaître le contenu de la commande cardinalice au Caravage, mais je présume qu'Eva se réfère à ce passage de la Légende dorée (je souligne) : A cette nouvelle [de l'assassinat de Matthieu], le peuple courut au palais du roi pour y mettre le feu, et ce fut à peine si les prêtres et les diacres purent le contenir; puis on célébra avec joie le martyre de l’apôtre. En revanche, j'avoue ne pas savoir si les prêtres et les diacres dont il est question chez Voragine auraient pu être représentés de la sorte par le Caravage. E. Expositions temporaires & musées - Silmo - 06/11/2024 Elendil a écrit :
Quelques filets, yes, mais pas des flots S. Expositions temporaires & musées - Silmo - 06/11/2024 Elendil a écrit :
Dans ce tableau les témoins s'enfuient. Ce n'est pas un peuple qui accourt au Palais du Roi ! S.
ps : un peu plus d'infos sur la commande ici https://fr.wikipedia.org/wiki/Tableaux_de_la_chapelle_Contarelli , sinon dans des bouquins qui sont à la maison pps: Elendil a écrit :
Jje n'ai de mon côté pas d'autres armes que mes poings et mes pieds, mon vieux cran d'arrêt (lame de 15 cm) jamais utilisé et ma redoutable canne (objet plus dangereux qu'on ne croit, cf. l'affaire du mime Deburau incarné par Jean-Louis Barrault dans "Les Enfants du Paradis" de Marcel Carné, l'un des plus beaux films de tous les temps, https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Gaspard_Deburau ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Enfants_du_paradis . Expositions temporaires & musées - Eva - 06/11/2024 Merci Silmo pour ta réponse très détaillée et précise.
Mes connaissances en art sont très limitées et j’apprécie tes explications. Tu as le don de rendre les choses compréhensibles, en excellent pédagogue. J’ai pu suivre d’autres MOOC gratuits chez les Bernardins mais ils ne traitaient pas d’art et étaient assez sérieux et avec des documentations bien faites. Je regrette d’avoir suivi celui sur le Caravage car maintenant je n’ai plus du tout confiance dans les interprétations pour les autres œuvres de Michelangelo Merisi. Expositions temporaires & musées - Eva - 06/11/2024 Silmo a écrit :
Je ne dirais pas que tu es miro mais il me semble que tu n’avais pas assez agrandi l'image. Car il y a du sang au-dessus et au-dessous de la ceinture. Quelques minces filets, certes, mais suffisant pour avoir imprégné un petit bout de ceinture également. Expositions temporaires & musées - Silmo - 07/11/2024 Merci Eva de tes sympathiques commentaires et ne renonce pas à comprendre l'Œuvre merveilleuse et complexe du Caravage. Fais toi ta propre opinion
Si tu veux creuser le sujet, il y a de très bonnes analyses commentées sur Wiki et on y trouve des liens pour approfondir :
Tu découvriras des sujets répétés, fouillés soit à la demande des commanditaires soit parce que le peintre n'était pas satisfait ou introduisait des impertinences, sans perdre de vue que c'était son moyen de subsistance et de survie avec ses frasques qui lui valurent l'exil. Silmo ps : Je connaissais les taches de sang du tableau de Mathieu mais n'aurais simplement pas utilisé le terme "flots" car quand il veut, Merisi sait montrer des scènes autrement plus "gore" où le sang, pour le coup, se déverse violemment (cf "Judith et Holopherne") Expositions temporaires & musées - Silmo - 07/11/2024 Sosryko a écrit :
Hi, hi, hi, ça me rappelle aussi des souvenirs de plusieurs visites à Rome, levé à 6h00 pour être tout seul Pont-Saint-Ange à 6h45 puis place Saint-Pierre à 7h00 pour l'ouverture de la Basilique (heure des confessions puis de la 1ère messe). Bon moyen de voir la "Piéta" de Michel-Ange tout seul et les chapelles inaccessibles aux visites touristiques.
Santa Maria del Popolo, ne me coûta pas un réveil aux aurores mais une messe en fin de journée (Henri IV avait dit que Paris vaut bien une messe, idem à Rome pour la Chapelle Cerasi, je dus attendre une petite heure pour y accéder - un pieux repos après des kms de marche et la visite du Pincio, des fontaines et obélisques alentours - une marotte bizarre - même sans être égyptologue pour deux sous - passionné par le commerce, le trafic, des antiques depuis des millénaires, par la valeur qu'on portait aux colonnes, aux piliers, aux futs, aux obélisques, ou aux métaux précieux - on est ici hors sujet, quoique, la vénalité figure chez Tolkien pour les joyaux et les métaux, Féanor comme les Nnins. Bon, avec tout ça, il manque encore d'autres récits biographiques, professionnels, militaires et parisiens mais d'abord revenir au sujet central de ce fuseau consacré aux arts et aux expos. Expositions temporaires & musées - Silmo - 07/11/2024 Mais avant ma corvée de bio militaire, civile, jeunesse
Fraises des bois naturalistes dans une modeste corbeille d'osier, fruits précieux, éphémères mais qui sont encore frais donc une gourmandise, à la différence de la corbeille de fruits du Caravage de Milan https://fr.wikipedia.org/wiki/Corbeille_de_fruits , également dans les bras du "Garçon avec un Panier de Fruits" (https://fr.wikipedia.org/wiki/Gar%C3%A7on_avec_un_panier_de_fruits) ou sur la table du Souper de Londres (pas sur la version milanaise) "https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Souper_%C3%A0_Emma%C3%BCs_(Le_Caravage,_Londres)" (splendide projection 3D des bras tendus et corbeille au bord de table, vision classique du bord du précipice donc de la possible chute); ce sont des fruits déliquescents, certains pourrissant, d'autres infestés par la vermine, dont les feuilles s'étiolent, se fanent. Caravage, parmi les premiers auteurs occidentaux de Nature Morte autonomes (sans autres acteurs humains) symbolise la fragilité de l'existence et le destin de tout spectateur, le thème du "Tempus Fugit", la vanité du temps qui passe, déjà manifestée dans les premières œuvres de Merisi (cf ses garçons fragiles ou apeurés devant un serpent, près d'une carafe, fragile elle aussi, malades ou peu vaillants).
Voir aussi les différentes versions, parfois très différentes des "Narcisse" ou les "David et Goliath", les "Diseuses de Bonne Aventure", les "Sacrifices d'Isaac", les "Saint François", les différents "Saint Jérôme", ou les "Saint Jean-Baptiste", (7 attribués) les "Couronnement d'épines" et les "Flagellations" autant de variations. Avec les fraises de Chardin, on est plutôt dans le luxe de fruits chers pour les nobles et que les maraichers préfèrent vendre que les consommer. Toujours dans la furtivité de l'existence mais, oserais je dire, plus bourgeoise ou destinée aux élites.
Pas de personnage dans ce panier de fraises, ni dans les fruits du Caravage, une des premières "Nature morte" des temps modernes. Côté 'Natures Mortes', on connait des images naturelles antiques (Egypte, Etrurie, Pompéi, Herculanum) médiévales et Renaissance, dont de célèbres tableaux cités par les historiens, Apelle, peintre d'Alexandre le Grand (peut-être auteur du tableau qui inspira la mosaïque de Naples déjà évoquée) et quelques siècles plus tôt Zeuxis qui avait peint une grappe de raisins si réaliste que les oiseaux auraient voulu la picorer mais il y ajouta un éphèbe, mal peint selon lui qui faisait peur aux mêmes oiseaux. On pourrait ajouter les tapisseries, les céramiques etc... En fait, je voulais surtout évoquer ce "Panier de fraises des bois" qui, selon moi, ne méritait pas le titre de Trésor National sauf du fait qu'il était un des derniers Chardin important en mains privées. S. ps : pour les amateurs de musées (Sosryko, Hyarion et autres), je suggère à Orsay, qui restera ouvert durant ses travaux entre 2025 et 2027, deux "Natures Mortes" cocasses : la "Botte d'Asperges" par Manet (1880) commandée par Charles Ephrussi, grand collectionneur, pour 800 francs et payée 1000 tellement il apprécia le petit tableau désormais au musée de Cologne (à visiter). Par politesse, Manet offrit un second petit tableau avec une seule asperge pour remercier le généreux commanditaire en lui écrivant "Il en manquait une à votre botte" (cette toile est à Orsay - dommage que les tableaux ne soient réunis que lors d'expo temporaires). Au Louvre, les "Gaufrettes" de Lubin Baugin si bien mises en scène dans le splendide film avec Jean-Pierre Marielle d'Alain Corneau, "Tous les Matins du Monde" https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dessert_de_gaufrettes , chef-d'œuvre de la nature morte française du XVIIe siècle selon Sterling (fragilité des gaufrettes et leur craquement (l'ouïe), encore en équilibre au bord d'une table, fragilité et transparence du cristal (la vue), goût et odeur du vin, sensualité du toucher de la paille de la carafe, les cinq sens sont présents, quelle merveille. Tableau à voir et film collector subtil et documenté (dans mon top 50 proche de "La Diagonale du Fou" avec Piccoli, quelques films rares et précieux). pps ; après-midi et soirée probablement trop bavarde mais absent longtemps, je commente les sujets chers à mon cœur dans l'Espace libre, lieu de partage même avec des rapports ténus ou pas avec Tolkien. Expositions temporaires & musées - Eva - 11/11/2024 Merci Silmo pour tes liens artistiques, dans tous les sens du terme. Je ne manquerai pas de les visiter. Et pour les minces filets de sang de Matthieu, c'était juste parce que tu disais qu'il y en avait "au dessus" alors qu'il y en a aussi au dessous. Sans plus. Nous sommes d'accord que le sang est vraiment léger, anecdotique, contrairement à Judith et Holopherne (même si je préfère les versions d'Artemisia Gentileschi). J'arrête mon hors-sujet. Expositions temporaires & musées - Silmo - 12/11/2024 Eva, tu n'est pas hors sujet puisque dans l'espace libre Judith et Holopherne, j'aime bien la version d'Artemisia Gentileschi, mais je préfère Caravage et chacun son goût, il n'y en a pas de mauvais. S. PS (toujours un ps) : bon sang presque 6h00 du matin, il est temps de mettre la viande dans le torchon même chez les noctambules insomniaques :8 pps : on doit trouver en ligne, le petit ouvrage "Piero della Francesca" de Gallimard sur Rakuten, E-Bay, Amazon ou autre, très beau petit livre https://www.gallimard.fr/catalogue/piero-della-francesca/9782070347681 aux alentours de 10 euros, dont les pages se déplient en pop-up - Sosryko l'a peut-être déjà, sinon à acheter vite :-) Expositions temporaires & musées - sosryko - 12/11/2024 Merci pour le conseil, Silmo car non, je ne l'ai pas ;-) -- par contre, il y a quelques mois, nous nous sommes procuré un autre beau petit ouvrage lié au même (mais un texte plus littéraire, qui aborde le sujet différemment, car de méditation sur l'histoire et la guerre à partir d'un tableau du maître) Rencontre avec Piero della Francesca, de Piero Calmandrei. Expositions temporaires & musées - Silmo - 12/11/2024 Merci aussi du conseil avisé, je vais chercher ce livre en ligne Expositions temporaires & musées - Silmo - 12/11/2024 Le tableau d'Artemisia Gentileschi existe en deux versions (Naples et Florence) et son père avait aussi peint ce thème, influencé par Caravage. Expositions temporaires & musées - Silmo - 13/11/2024 Autre œuvre redécouverte à Noizay en Indre-et-Loire et bonne nouvelle pour le Centre-Val de Loire, ce qui fera plaisir à Isengar, parmi d'autres... Expositions temporaires & musées - Eva - 13/11/2024 Silmo a écrit :
C'est la raison pour laquelle j'ai dit que je préfère les tableaux d'Artemisia. Surtout en tant que femme, même si je n'ai pas subi le même sort et qu'à mon âge, je devrais être tranquille (on n'est jamais à l'abri de croiser un cinglé !). Le visage de Judith/Artemisia représente parfaitement la lutte ancestrale des femmes contre la toute puissance et la domination des hommes. Mais ceci est un autre débat et le temps a heureusement changé bien des choses, même si les Curufin et Celegorm modernes souhaitent toujours posséder les Luthien actuelles. Pour ceux qui sont intéressés, Arte va diffuser un documentaire ce samedi 16 novembre "Crime et peinture à l’âge baroque - L’affaire Artemisia Gentileschi" Expositions temporaires & musées - Silmo - 13/11/2024 Ah merci pour l'info. Je ne louperai pas cette émission (et, chère Eva, crois bien que je suis ardent défenseur depuis toujours du droit des femmes, question de génération, de genre peut-être? ou autre) Expositions temporaires & musées - Hyarion - 15/11/2024 Silmo a écrit :
Sauf erreur de ma part, il me semble que Stendhal avait plusieurs pseudonymes et que son vrai nom était Henri Beyle... ^^ Je te remercie également, cher Silmo, pour la référence concernant les Lettres d'Italie de Charles de Brosses : je connais depuis longtemps la collection « Le temps retrouvé » du Mercure de France, mais ladite référence fait partie de celles que je n'ai pas eu encore l'occasion de lire (j'ai saisi ton occas' sur Rakuten). Pour ce qui est de la célèbre sculpture située dans la chapelle Cornaro de l'église Santa Maria Della Vittoria, la Transverbération de sainte Thérèse ou l'Extase de sainte Thérèse, voila aussi de quoi me rappeler des souvenirs... de même que la savoureuse anecdote de Sosryko relative à l'église Sainte-Marie-du-Peuple. Le fait est que durant mon séjour à Rome, j'ai eu l'occasion de visiter de nombreux édifices et sites religieux chrétiens (nul n'est obligé, certes, mais quand on séjourne dans la Ville éternelle, c'est tout de même assez incontournable, que l'on soit catholique pratiquant ou non) : de mémoire, j'ai ainsi visité l'église jésuite Saint-Ignace, l'autre grande église jésuite de Rome qu'est le Gesù, l'antique Panthéon de Rome devenu basilique de la Sainte Vierge aux Martyrs, l'église Saint-Louis des Français, l'église Sainte-Marie-du-Peuple, la basilique Sainte-Marie-Majeure, la basilique Saint-Jean-de-Latran, la très ancienne église Santa Sabina sur la colline de l'Aventin, l'église Santa Maria in Trastevere également très ancienne, la basilique Saint-Pierre et la chapelle Sixtine au Vatican (j'avais notamment pu, à Saint-Pierre de Rome, voir le tabernacle en bronze doré du Bernin dans la chapelle du St-Sacrement, accessible seulement aux visiteurs venant prier), l'église Santa Maria della Vittoria située non loin de la via Veneto (où fut en partie tourné le chef d'œuvre de Fellini La Dolce Vita), la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs sur la via Ostiense, les catacombes de San Sebastiano accessibles sous la basilique Saint-Sébastien-hors-les-Murs le long de la célèbre via Appia antica ou Voie Appienne... et j'en oublie peut-être, car mon voyage d'étude universitaire commence à remonter à loin, même s'il m'a marqué... mais je peux toujours mentionner aussi l'église Sant'Agnese in Agone, que je n'ai toutefois vue que de l'extérieur en visitant la place Navone (Piazza Navona), ainsi que l'église de la Trinité-des-Monts, elle aussi vue seulement de l'extérieur, lors d'une pause en fin de journée sur les marches du célèbre escalier du même nom reliant cette église à la place d'Espagne... Et si l'on ajoute à cela tout ce que j'ai pu également visiter et voir durant ce séjour romain ne relevant pas du christianisme — temples et autres sites antiques (Forum romain, Palatin, Colisée, Circus Maximus, thermes de Caracalla, ruines d'Ostia Antica ...), places et bâtiments historiques, arcs et portes, colonnes et obélisques, statues et fontaines (fontaine de Trevi, fontaine de Moïse ou de l'Acqua Felice, fontaine des Quatre Fleuves...), parcs et jardins... —, vous vous doutez bien que cela ne s'est pas fait en un week-end : ce fut alors une semaine que je passais sur place, avec hébergement collectif chez des religieuses, et des journées bien chargées. Tout cela pour dire que si les quelques photographies que j'avais pu prendre alors (là où cela était autorisé, et en étant de toute façon très sélectif dans mes choix de sujets) furent bonnes en extérieur, elles furent presque toutes ratées en intérieur car sous-exposées en matière d'éclairage (j'avais utilisé un de ces appareils photographiques jetables qui n'existent plus aujourd'hui), et que le seul de mes clichés en intérieur laissant voir quelque-chose d'identifiable se révéla être celui pris à Santa Maria Della Vittoria...
Je me souviens que la visite s'était faite un matin de février, suffisemment tôt pour éviter tout pic d'affluence de visiteurs (mais de toute façon c'était hors saison touristique), et que l'éclairage intérieur était de fait assez faible, moins prononcé à tout cas dans mon souvenir qu'à Saint-Louis des Français que j'avais cependant visitée en début de soirée, sans doute un autre jour (je ne me souviens plus trop)... On ne pouvait pas beaucoup s'approcher de la sculpture du Bernin, laquelle est en fait assez haut perchée, et cette photo prise dans la chapelle Cornaro en témoigne sans doute. Point de prêtre sorti de nulle part pour allumer un éclairage temporaire particulier sur l'oeuvre pour les visiteurs, hélas, car je n'aurai pas manqué de trouver cela amusant... L'Extase de sainte Thérèse est en tout cas une oeuvre majeure de la statuaire baroque, et elle n'a certainement pas fini de faire réagir... Le commentaire du président de Brosses à son sujet est élégant. Elendil a écrit :
Tout cela, il faut bien le reconnaître, est a priori assez contre-intuitif, d'où mon propre scepticisme exprimé naguère en ces lieux :
L'instant figé dans cette scène incite à la fois à y voir un crime et une mort imminente, compte tenu de tous les éléments présents et de la composition générale : l'homme à demi-nu est un personnage central, le plus éclairé, dont la présence domine assez largement tout le reste, qui tient fermement l'épée d'une main, et de l'autre main le bras de Matthieu levé dans un geste plutôt d'opposition, à moins que le martyr ne soit sur le point de saisir la palme tendue par l'ange...
Pour autant, je tiens compte du contexte politico-religieux que Silmo nous a justement rappelé, plusieurs fois depuis 2020. Le Caravage a vécu une vie tourmentée, à une époque qui ne l'était pas moins, celle de la Contre-Réforme, dans une société fortement hiérarchisée et intolérante, ce que montre bien du reste, à mon avis, le récent film Caravage (L'Ombra di Caravaggio) de Michele Placido, un bon long métrage que j'avais vu au cinéma l'année dernière et dont j'avais dit quelques mots dans un autre fuseau, parmi quelques autres évocations cinématographiques : Sachant donc le contexte, et en particulier les contraintes liés au commanditaire du tableau, et en tenant compte aussi des autres éléments exposés en ces lieux, j'en suis venu, déductivement, à adopter une lecture hitchcockienne de l'œuvre, en songeant en particulier à un passage d'un des chefs-d'œuvre du maître du suspense, La Mort aux trousses (North by Northwest ; 1959) : une célèbre scène de meurtre commis devant de nombreux témoins (évènement équivoque pour ceux-ci mais pas pour le spectateur, qui connait le contexte) se déroulant au siège de l'O.N.U. à New York...
Dans le cas de l'homme à l'épée au centre du tableau de/du Caravage, comme dans celui du personnage joué par Cary Grant, vu et photographié malgré lui avec un couteau de meurtrier, n'aurions-nous pas affaire à cette figure récurrente du cinéma de Hitchcock qu'est le faux coupable ? J'aurai finalement tendance à le penser... À l'époque de mon séjour à Rome, bien qu'ayant eu l'occasion de me promener dans le parc de la Villa Borghèse, je n'avais pas pu visiter la collection de la Galerie Borghèse. Plus de 22 ans après, le musée Jacquemart-André m'a donné l'occasion, le mois dernier, de me rattraper partiellement en proposant à Paris une exposition rassemblant une sélection d'œuvres de cette prestigieuse collection romaine, notamment celles-ci, entre autres :
S'agissant de ce dernier tableau, j'ai remarqué, entre autres détails, un chardonneret élégant (Carduelis carduelis) se trouvant aux pieds de Léda (ou Lêda, comme l'écrivait Pierre Louÿs).
Je ne sais pas si cet oiseau figurait déjà dans le tableau original, mais il est en tout cas souvent présent dans la peinture occidentale des XVIe et XVIIe siècles, et le fait qu'il soit connu pour être un symbole annonciateur de la Passion du Christ rend sa présence peut-être un petit peu mystérieuse, dans un tableau au sujet emprunté à la mythologie grecque... L'exposition « Chefs-d'œuvre de la Galerie Borghèse », au musée Jacquemart-André, a lieu depuis le 6 septembre dernier jusqu'au 5 janvier 2025. À noter que la prochaine exposition dans ce beau musée parisien sera consacrée, l'année prochaine, à... Artemisia Gentileschi. Silmo a écrit :
Effectivement, le débat n'est pas clos, mais que n'a-t-on pas dit, déjà, sur ce tableau découvert dans un grenier de la région toulousaine... ^^' Lorsqu'il avait été présenté au public en 2019, à l'hôtel des ventes de Saint-Aubin à Toulouse, je n'avais pas pu aller le voir (pas assez de créneaux horaires et, surtout, trop de monde). Néanmoins, d'après les informations disponibles, j'en étais resté à mon hypothèse d'un travail à quatre mains, peut-être commencé par Caravage et terminé par Finson, mais apparemment les experts préfèrent d'autres possibilités, attribuant le tableau soit à l'un, soit à l'autre peintre... Il y en aurait, des choses à dire, sur ces expertises... S'agissant de ce « Caravage de Toulouse », je me souviens que le commissaire-priseur chargé de la vente en avait fait des giga-tonnes à l'époque (c'est un métier, me diras-tu)... Finalement vendu de gré à gré à un collectionneur américain pour 110 millions de dollars, au lieu de faire l'objet d'une vente aux enchères comme c'était prévu, ce tableau a depuis disparu de la circulation... comme ce douteux Salvator Mundi attribué à Léonard de Vinci, que s'était offert en 2017 le prince héritier d'Arabie saoudite pour 400 millions de dollars, et qui demeure invisible depuis (peut-être parce qu'il ne valait pas le prix payé, tout compte fait ?). Ceci étant dit, j'avais appris, il y a trois ans, que ce Judith et Holopherne de Toulouse faisait l'objet d'une restauration au Metropolitan Museum of Art de New York... Silmo a écrit :
Il peut y avoir bien des façons d'établir un rapport avec Tolkien, si l'on y tient, même quand on parle du Louvre (j'en reparlerai peut-être)... ;-) Silmo a écrit :
C'est depuis longtemps de notoriété publique, cher François, en tout cas en ces lieux. ;-) Je reviendrai reparler du Louvre, des natures mortes, etc., plus tard, en espérant, pour ma part, ne pas avoir été trop long avec ce présent message... Amicalement, B. [EDIT: correction de fautes et coquilles] Expositions temporaires & musées - Silmo - 05/12/2024 Je suis toujours long à la détente pour répondre. Benjamin,
Eglises romaines, je ne suis pas hyper fan de l'Eglise du Gesù et un peu déçu par le spectacle de 17h00 (ou 17h30) racontant la biographie de Saint Ignace en son et lumière avec l'apothéose du grand tableau qui s'abaisse pour découvrir la sculpture en argent du saint. La coupole par Andréa Pozzo me plait moins que la voute en berceau spectaculaire du même artiste à l'église Saint-Ignace de Rome, apothéose de Saint-Ignace.
(église dont il ne faut pas louper la place (Piazza Sant'Ignacio) concue comme une scène de théâtre avec entrées et sorties...
De Bernin, je crois avoir vu une majorité des oeuvres accessibles en Europe sauf en Angleterre mais sacrebleu, cher Benjamin, il te faut absolument, impérativement visiter la Galerie Borghese à Rome (compliquée : réservation obligatoire pour deux heures maxi dont une seule heure dans la galerie de peintures - je recommande de réserver une visite le matin de 10h00 à midi, puis aller déjeuner alentour et réserver une seconde visite l'après-midi. Tous les principaux chefs-d'oeuvre du Bernin y sont : "Enée, Anchise et Ascagne" (sculpté à 22 ans avec son père), "l'Enlèvement de Prosperpine" si sensuel (voir le détail de la main de Pluton sur la cuisse de Proserpine et le terrifiant Cerbère), le chef oeuvre absolu "Apollon et Daphné" taillé dans un seul bloc de marbre, jusqu'aux minces feuilles de laurier au bout des mains de la nymphe), le "David" au mouvement inspiré par le Gladiateur Borghèse... lecture recommandée : Bernin aux éditions Phaidon. 2005 en français, 1990 en italien, multiples éditions anglaises régulièrement réviséées de 1955 à 2007. S.
PS : Ayant déjà évoqué pour Saint-Louis-des-Français le lien franco-italien avec la conversion d'Henri IV au catholicisme et puisque tu as évoqué ta visite à Saint-Jean-de-Latran, j'espère que tu y as vu la statue d'Henri IV et la dédicace faisant des chefs d'Etat français des Chanoines du Latran :-) sous le portique du transept droit, mentionnant l'attribution du titre de chanoine d'honneur aux rois de France, puis de la royauté à la République, la tradition subsiste mais tous les présidents ne s'y rendent pas. PPS : je n'aurais pas fait le lien avec Hitchcock et "La Mort aux Trousses" mais le hasard étant parfois facétieux, figure-toi que si tu vas à Rome visiter la galerie Borghèse et que tu fais une pause déjeuner, il y a dans les jardins Borghèse au dessus de la Piazza del Popolo, un restaurant dont l'un des serveurs est le parfait portrait jumeau du maître du Suspens et qui prétend volontiers être un fils caché (Hitchcock ayant souvent séjourné en Italie, why not? et peut-être aurait-il visité les Caravage de Saint-Louis-des Français avant de tourner la Mort aux Trousses, ce serait amusant). PPSS: il faut que je retrouve le fuseau dans lequel je faisais part de mes sujets d'examen à l'Ecole du Louvre car la liste était loin d'être complète, si ça vous intéresse de savoir les thèmes et images sur lesquels on était interrogés. PPPS: j'ai du cliquer sur un mauvais bouton car le forum ne me comprend plus en français (tous les mots sont fautifs, comme si j'écrivais en anglais... Grrrr on est tout de même sur jrrVF) :8 Expositions temporaires & musées - Silmo - 06/12/2024 Hyarion a écrit :
Film intéressant et effectivement bien documenté avec des images de qualité. Je suggère aussi "Le Caravage, un génie en fuite" par Renato Mazzolli (2013), documentaire hélas devenu hors de prix ce qui n'était pas le cas à sa sortie (aujourd'hui sur Rakuten, d'occase - comme neuf à 85 € - et neuf à 254 € - je ne l'avais acheté que pour moins de 15 euros)... je vais peut-être le numériser et le revendre :-) Moins cher sur Amazon ou E-bay sans faire de pub. Je ne recommande pas "Caravage et moi" de Steve McLean (film homoérotique anglais au 20ème s. sans grand intérêt).
Pas plus le chapitre "Caravage" de la série Palette n° 4 'Mystères sacrés' à propos du cycle de la Chapelle Contarelli et qui me semble à côté de la plaque dans l'identification du jeune Mathieu, le confondant avec le vieux barbu (sujet déjà évoqué en ces lieux). Silmo
ps: de toute façon, je n'aime ni Bartabas, ni les cheveaux "inconfortables au milieu et dangeureux aux deux bouts" selon les Anglais
pps: pour Caravage, l'oeuvre complet chez Taschen ? grand, très grand catalogue bien illustré (si la famille cherche des idées de cadeau pour Noël) |