![]() |
|
La terminaison -n(g)w- - Version imprimable +- Forum JRRVF (https://jrrvf.com/forum) +-- Forum : L'Œuvre - Etudes & réflexions (https://jrrvf.com/forum/forumdisplay.php?fid=3) +--- Forum : Les Langues Inventées (https://jrrvf.com/forum/forumdisplay.php?fid=13) +--- Sujet : La terminaison -n(g)w- (/showthread.php?tid=1431) |
La terminaison -n(g)w- - aravanesse - 25/09/2005 Aiya Tolkiendili, La terminaison -n(g)w- - Edouard - 26/09/2005 >Est elle abandonnée dans le version la plus finale de leur utilisation? Il n'y a pas de "version finale" chez Tolkien dans le domaine des langues elfiques. elfiquement vôtre, Edouard Kloczko
La terminaison -n(g)w- - aravanesse - 26/09/2005 D'où l'utilisation "la version la plus finale" et non "la version finale", j'ai modulé mes propos. par là je veux dire d'après les textes les plus tardifs du corpus quenya. :-) La terminaison -n(g)w- - Kendra - 26/09/2005 Je te conseille de demander l'avis de Moraldandil ou de Venildo ou de Hiswelokë... ils auront surement envie de débattre de la question... ils ont toujours une narine ou deux fourrées dans un vinyar tengwar. Moi je suis inculte en la matière. La terminaison -n(g)w- - Kendra - 26/09/2005 oubli du S à "gentils"... ahhhh la fonction "edit post" me maaaanque La terminaison -n(g)w- - Edouard - 27/09/2005 >D'où l'utilisation "la version la plus finale" et non "la version finale", j'ai modulé mes propos. par là je veux dire d'après les textes les plus tardifs du corpus quenya. :-) Notre connaissance des textes "tardifs" est très fragmentaire. Et puis ensuite quand accoler le mot "tardif" au quenya, après 1954, après 65 ? elfiquement vôtre, Edouard Kloczko La terminaison -n(g)w- - aravanesse - 27/09/2005 Merci quand même, sinon remplaçons par "post-SDA seconde édition" le mot "tardif" si vous préférez. ;-) La terminaison -n(g)w- - Moraldandil - 28/09/2005 Difficile en effet de dire grand chose d’assuré sur cette terminaison -ngw- qui se montre çà et là. Elle semble une idée récurrente chez Tolkien mais sans qu’on puisse la saisir vraiment. On peut juste prendre bonne note de l’affirmation de VT43:6 selon laquelle cette terminaison est un nous inclusif - sans qu’on sache d’ailleurs très bien d’où sort cette affirmation, mais les éditeurs de l’ELF sont généralement prudents et de toute façon mieux informés que quiconque (ce teasing assez horripilant n’est pas rare de leur part... mais bon...). Peut-être peut-on préciser encore... en entrant dans le royaume de l’hypothèse ! Le raisonnement que je vais présenter n’est pas neuf, il figurait dans une version ancienne de l’étude sur les pronoms eldarins de Ryszard Derdziński sur Gwaith-i-Phethdain (mais curieusement plus dans la version actuelle). On connaît vers la même époque des années 50 (époque des prières et de la 1re édition du SdA) un autre nous inclusif de forme -lme. Selon l’ELF il est ensuite devenu exclusif (VT43:6), mais je ne m’en occuperai pas ici. Il n’est pas difficile d’y reconnaître accolés un formant M que l’on retrouve dans le nous exclusif (dans les années 50) -mme et un formant L bien attesté dans des morphèmes de 2e pers (-l, -lye, -lle, sans oublier -ld- dans Arwen vanimelda et Aran Meletyalda, cf. Q&E). On peut donc schématiser ainsi : L « vous » + M « nous » = LM « nous, vous compris ». Rien que de fort logique. Or on sait qu’il existe aussi en quenya un formant de 2e pers en T (-t, tye) ; à suivre Q&E il semble dénoter plus spécifiquement le singulier et L le pluriel ; toutefois comme -lye vaut aussi pour un singulier il est vraisemblable que l’opposition L / T ait également à voir avec la distinction poli / familier (l’interférence entre les deux plans ne nous étonnera pas, nous autres francophones). Il circule depuis longtemps des formes sindarines de 2e pers en -g et surtout en -ch, rendu fameux par son emploi dans les films ; et si Carl Hostetter a souligné avec force que d’autres valeurs se trouvent dans les textes de Tolkien (par exemple nous inclusif dans une version du noldorin des années 30, cf. PE13:126 - encore du teasing !), il n’a jamais dénié que ces pronoms de 2e pers existent. Les masochistes pourront fouiller dans les discussions (souvent âpres pour ne pas dire plus) à ce sujet sur Elfling et Tolklang, notamment une fort longue intitulée On -ch en janvier 2002 (Elfling n° 8947 et suivants). La comparaison Q / S démontre alors sans problème que ces formes doivent remonter à un ancien formant K de 2e personne (devenu T en Q devant y ou en finale). Par ailleurs, on peut remarquer que le groupe km de l’EC donne régulièrement ngw en Quenya :
A partir de là, on peut faire l’hypothèse qu’à côté de L + M = LM il y a pu avoir K + M = KM, lequel aurait ensuite normalement évolué en NGW. Et le tour est joué. La différence entre les deux était peut-être entre une forme polie en LM et une forme familière en NGW, ceci se déduisant d’une des valeurs possibles de l’opposition L / T (< K). Il est également possible que -lme ait valu pour "vous et nous" et -ngwe "toi et nous". Ce qui fait un peu penser au nous inclusif duel "toi et moi" en -lv- introduit dans la 2e édition du SdA (dans omentielvo, bien sûr). A noter que l’existence de la forme NGW en telerin (sous la forme -ngu-) implique :
De là à dire combien de temps cette valeur (hypothétique !) de NGW a pu subsister... c’est un grand mystère au vu de la fluidité des pronoms et de leur révision manifeste pendant les années 60. Tant que nous y sommes.... une autre origine envisageable de -ngw- serait une racine pronominale non attestée en *ÑGW, mais la forme telerine fait problème; à cause du changement telerin commun de la série labiovélaire en labiales on attendrait une forme T en mb plutôt qu’en ngu. Le changement ÑGW > MB est attesté en N des Etym :
Je n’ai toutefois pas le souvenir d’exemple en T, et nous avons le contre-exemple dangweth en S (qui, fait intéressant, a été substitué à danbeth, XII:395). Cette seconde hypothèse n’est donc pas totalement exclue, mais l’un dans l’autre je la tiens pour moins probable que la première. Je signalerai en passant que Thorsten Renk a publié sur son site Parma Tyelpelassiva une petite étude descriptive sur les pronoms quenya et leur évolution externe, tout à fait digne d’être lue. Maintenant, si la question est aussi « et qu’est-ce que je fais de cette forme en NGW quand je veux écrire en quenya ? », le problème se pose autrement. Là, c’est l’élaboration d’un standard qui est en cause... même si ce qu’il choisit de retenir et de rejeter peut être éclairé par une étude descriptive, il faut toujours choisir à la fin. On est obligé de rebâtir plus ou moins arbitrairement un système pronominal cohérent si l’on veut faire usage du quenya, vu que les états variés que Tolkien nous a laissés (dans la mesure où nous les saisissons !) ne sont manifestement pas compatibles entre eux. B. La terminaison -n(g)w- - aravanesse - 29/09/2005 Merci de ta réponse qui propose des déductions interessantes (bien qu'hypothétique, rien de vraiment attesté)... Je en compte pas construire une grammaire quenya, juste par pure information, la curiosité n'est pas toujours un vilain défault. :-) La terminaison -n(g)w- - Edouard - 30/09/2005 Le norrois (norvégien ancien) þeir était à l'origine un pronom démonstratif masculine qui dérivait du germanique commun *thai. ejk La terminaison -n(g)w- - Edouard - 02/10/2005 >Je signalerai en passant que Thorsten Renk a publié sur son site Parma Tyelpelassiva une petite étude descriptive sur les pronoms quenya et leur évolution externe, tout à fait digne d’être lue. L'article de T. Renk mérite certainement d'être lu. Mais est-ce utile ? Ce pata-linguiste, qui depuis des années nous abreuve de ses théories farfelues de reconstruction grammaticale, a le grand mérite de nous dire tant de platitudes ou plutôt des bêtises. Je rappelle que thither est un adverbe en anglais pas un pronom personnel. Présenter un adverbe "thither" comme un pronom... Bref, dois-je en dire plus ? Peut-être un peu sur le sujet des étymologies en général des mots elfiques. Tolkien changeait souvent d’avis sur l’étymologie de ces mots imaginaires. il inventait de nouvelles lois de phonétiques avec le temps. Parfois, il présentait même deux thèses, comme c’est le cas avec les langues naturelles. De la sorte il apparaît qu’il est parfaitement futile de tenter de fournir des explications sûres sur l’étymologie des noms propres ou des mots elfiques en général, car ce sujet fut en constante transformation et finalement jamais figé pour Tolkien. elfiquement vôtre, E. Kloczko |