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Robin Hobb - Lambertine - 29/03/2005 Bien, plutôt que de continuer dans "écrire en livre", je préfère ouvrir un fuseau ici. Je reprends donc mes arguments précédents : Hobb ne fait pas du Tolkien. Hobb fait du Hobb dans un univers Hobbien. C'est à dire, un univers qui semble au départ dénué de magie, et dans lequel celle-ci entre petit à petit. Magie qui, dans les quatre (deux en anglais) premiers tomes de la Citadelle des Ombres - ou Assassin Royal - se limite à de la télépathie humain/animal (Vif) ou humain/humain (Art) (c'est plus complexe dans les Aventuriers de la Mer ou dans la suite de l'AR). Magie qui est d'une dangerosité extrême, faisant de son utilisateur un "drogué"... voire pire (humains "possédant des animaux après leur mort, par exemple). Au sujet des animaux : ils sont importants (voire très important, tels Oeuil de Nuit) mais loin d'être plus importants que les hommes. Le héros développe certes un lien particulier avec eux, mais j'y vois, moi, plus un lien de "respect en tant que bêtes". Celà ne l'empêche ni de chasser, ni de manger de la viande. Je n'y ai vu aucun "appitoiement" (euh... il s'appitoie sur les bêtes maltraitées par le marchand ou par Royal dans son cirque, mais je ne vois là rien que de très normal). Par contre, des thèmes très intéressants sont envisagés dans ces livres, tels la perte de personnalité (qui est induite de plusieurs manières : la "forgisation", mais tout autant les "ordres d'art"), l'euthanasie des forgisés, la famille et la paternité, le dévouement, l'homosexualité (dans la deuxième série), la raison d'Etat, la royauté etc... Thèmes qui pourraient donner lieu à des discussions intéressantes. PS : pour Vinyamar, je reviens sur les scènes de la Carrière. Justement, dans ces scènes, on voit un homme, que l'on a appris à connaître en tant qu'homme dans les premiers volumes, c'est à dire sensible, dévoué, aimant, bon vivant, impulsif, se transformer petit à petit en un zombi, je ne dirais pas sans âme, car c'est justement par grandeur d'âme qu'il accepte de le faire, mais froid et insensible. Robin Hobb - Lambertine - 29/03/2005 ; Robin Hobb - Laegalad - 29/03/2005 Et le lien vers le fuseau "écrire un livre" Robin Hobb - Vinyamar - 29/03/2005 Désolé, je ne peux poursuivre le débat, je n'ai pas lu assez de Hobb, et cela ne m'intéresse pas plus que cela. Robin Hobb - elimor - 30/03/2005 Puisqu'on parle de Hobb... Je vais commencer par un coup de geule contre les editions Pygmalion (je peux pas m'en empecher à chaque fois que je parle de Hobb). Leur façon d'éditer les 3 trilogies relève du grand n'importe quoi. Passe encore pour la première où on se demande quand même pourquoi ils ont éprouvé le besoin de séparer chaque tome anglais en 2 livres en français. Mais commencer à éditer la troisième trilogie alors qu'ils n'ont pas fini d'éditer la seconde, c'est totalement aberrant. Bonjour les spoilers. Je suppose que Pygmalion a voulu booster les ventes des Aventuriers de la Mer de cette façon, résultat on se retrouve avec un univers bien inutilement fragmenté et décousu. Maintenant pour en revenir à l'oeuvre en elle-même (enfin surtout l'Assassin Royal), j'aime beaucoup ce que fait Hobb. J'ai toujours aimé les livres qui s'attachent aux arcanes du pouvoir et toutes les intrigues de cours qui entourent les Loinvoyant me font un peu penser aux Roi Maudits de Druon (un peu). Panier de crabes, complots, lutte d'influence, passation de pouvoir, et au milieu un "héros" qui accepte d'être un pion parce qu'un roi et un prince ont su gagner sa loyauté (j'ai souvent eu l'impression que Fitz était plus loyal envers des personnes qu'envers des idées ou un bien commun, mais il faudrait que je relise la première trilogie pour vérifier cette idée). L'étude des personnages est un des points forts de Hobb. Evidemment, le choix d'une narration à la première personne du singulier dans les livres qui mettent en scène Fitz, aide à plongée dans les méandres de l'esprit du héros, cependant les autres personnages sont aussi bien définis. A ce propos, un détail qui est plutôt bien employé c'est le nom attribué à une bonne partie des personnages. D'un coté c'est assez direct comme procédé, de l'autre ca n'exclut pas la nuance. En dehors de Fitz c'est surtout le Fou qui a retenu mon attention, certainement à cause de la place que lui accorde Hobb dans les 3 trilogies (pour l'instant c'est un peu confus en raison des problèmes d'éditions que j'ai expliqué plus haut, mais j'ai hate de pouvoir relire les bouquins dans l'ordre et de façon moins fragmenté pour mieux saisir ce personnage) La magie qu'Hobb présente est effectivement dangereuse pour ceux qui les pratique. Le prix a payer pour les utiliser est assez elevé même pour le héros. Je trouve interessant que l'expérience désastreuse de Fitz avec Galen qui intervient à la fin du premier tome continue à avoir une incidence sur la façon dont Fitz pratique l'Art. En ce qui concerne les animaux, je rejoins ce que dit Lambertine, même si Oeil de Nuit est un cas un peu à part. Le rapport entre Fitz et Oeil de nuit est une illustration du lien qu'engendre le vif mais je ne me souviens plus si Hobb aborde à un moment une éventuelle prédominance (ou une absence de prédominance) de la relation de Fitz et du loup sur d'autres relations humaines. ps : je crois que je ne saisis pas encore toutes les subtilités des catégories de ce forum. Pourquoi un fuseau sur Robin Hobb se retrouve ici et non pas sur espace libre. C'est quoi le rapport avec Tolkien ? Robin Hobb - Vinyamar - 30/03/2005 Comparer Hobb et Druon est tout de même maladroit. Hobb n'écrit pas trop mal, certes, mais elle est encore très loin derrière Druon. Même pour la comparaison sur les seules intrigues... Hum, je me suis demandée si en employant deux fois "un peu" je faisais passé suffisamment l'idée que je ne mettais pas les deux oeuvres sur un pied d'égalité. Apparemment non, j'aurais dû préciser d'avantage. Donc je ne pense pas que L'Assassin Royal est l'équivalent en Fantasy des Rois Maudits mais je trouve qu'il y a un écho, une résonnance plus au niveau d'une ambiance et dans la description de méchanismes du pouvoir qu'au niveau des intrigues, d'où le "un peu".
> > Hobb n'écrit pas trop mal, certes, mais elle est encore très loin derrière Druon. Question de goût selon moi. J'ai découvert Hobb sur les conseils de Lambertine, qui m'en a parlé au cours des soirées de discussion à Pibrac, Paimpol puis Coo. Ma découverte est donc récente et toute fraiche dans mon esprit, et la relecture me permet de mieux comprendre et apprécier ce qui m'avait plu d'emblée. Longue Liste des Livres à Acheter : tous les tomes de l'Assassin Royal qui me manquent ! Je n'en ai que deux : Un petit poste juste pour signaler un article (plutôt flatteur) sur Hobb dans le Télérama de cette semaine. Puisque j'ai été déçu par l'Assassin Royal, mais que j'aime assez le style de Hobb, un ami m'a recommandé une série (dont j'ai oublié le nom) qui parle de bateaux dont la figure de proue est vivante (type ShagShag des mondes engloutis ?). "The Liveship Traders", en français "Les aventuriers de la Mer". Bon. Je préfère relancer la discussion sur Hobb, ses dragons, ses cultures, ses magies et son univers ici... et, SVP, pour les discussions historiques sur l'Eglise (sur lesquelles je donnerai sans doute mon avis, mais réfléchi, argumenté, et ... plus tard)... il y a la section "Divers". Vin', tu as dit que Robin Hobb n'a pas créé de "culture" propre. Ce n'est pas parce que je n'ai pas au préalable parlé d'elle (mais plutôt de Martin) parce que je n'ai pas terminé ses romans, et que donc, question Dragons, je ne peux pas te répondre "en totale connaissance de cause", que je peux laisser passe ça. Le monde de Hobb n'est pas le nôtre. Même s'il est, au départ, et en apparence, proche du nôtre (comme la Comté est la campagne anglaise... mis à part que les "étrangetés" sont plus marquées que chez Tolkien...). Le débat est intéressant, mais trouvera sans doute la même pierre d'achoppement qu'ailleurs : Qu'est-ce que la culture ? Ajouter des créatures, des pouvoirs, ou quoi que ce soit à un monde dont toutes les références sont celles d'un monde déjà existant (ici, le monde médiéval), ce n'est pas créer une nouvelle culture. Créer une nouvelle culture (dans laquelle on peut donc modifier des référents courrament admis), c'est modifier, transformer nos références courantes. Les forêts ne sont plus d'arbres vivant mais d'arbres morts, les animaux doemstiques ne sont plus des chiens et des chats mais des Scrolls et des Schtroumph, les mers ne sont plus faite d'eau mais de métal liquide, etc... pourvu que ce soit une vraie mutation. Prenons un autre exemple : tu peux tout à fait inventer un papillon carnivore sans changer de culture... tu imagines simplement une nouvelle espèce de papillon jusque là inconnue, préservant en cela nos références habituelles, à savoir qu'un papillon ordinaire est gracieux et paisible. Il me semble que, oui, j'achoppe sur le mot "culture", là. Ce que tu décris, ce sont d'après moi d'"autres mondes", pas d'autres culture. Une autre culture peut être située dans un monde pareil au nôtre - ou qui semble pareil au nôtre à une époque donnée. Prenons la culture chinoise, par exemple, dans laquelle, pour en revenir à nos dragons, ceux-ci sont bénéfiques. En Chine, les chats chassent les rats, les forêts sont d'arbres vivants (même si les espèces d'arbres sont différentes des nôtres - et encore, pas toutes, et qu'on y trouve - ou trouvait - des tigres et des pandas), les fleuves, même si certains ressemblent à de la boue liquide, sont bien composés d'eau, la poudre à canon détonne de la même façon que chez nous (pas, par exemple, comme dans l'Ambre de Zelazny) etc... Notre culture et celle de là-bas sont pourtant fondamentalement différentes sur bien des points (religion, symbolisme, harmonies musicales etc...) Je ne vois donc pas pourquoi un monde qui aurait les mêmes - ou presque - "référents matériels" que la nôtre, ne pourrait pas avoir d'autres "référents culturels". Et celà, qu'elle soit située dans le monde réel ou dans un monde "secondaire". Il me semble aussi qu'appeler un animal, mettons "Smurf", et le faire se comporter comme, disons, une vache (en clair, un herbivore paisible qui donne du lait - ou une substance nutritive équivalente nommée "Bwark") change moins les référents culturels que créer une civilisation dont les fondements seraient une magie appelée "Art" qui permettrait, outre des contacts télépathique, de créer la vie par la mort (les Dragons de l'Assassin Royal ou les Vivenefs des Aventuriers de la Mer) Je pense que ce débat aurait dû continuer dans le fuseau Eragon.
Le mot culture n'est peut-être pas celui qui désigne le mieux ce que je cherche à dire, en efet. Mais c'est aussi parce que l'on se situe sur deux plan différents : tu parles du monde réel (où évidemment aucune mer de métal liquide n'existera jmais) tandis que je parle de mondes imaginaires, qui se définissent en général par l'activité démiurgique de son auteur (qui veut ainsi prouver qu'il a de l'imagination). L'exemple que tu prends de la Chine répond pourtant strictement à ma description. (si on parle de la Chine médiévale bien entendu) : S'il y avait autant de différences (mutations) entre l'univers d'Eragon ou de Robbin Hobb et notre Europe médiévale qu'il y en avait entre la Chine et l'Europe médiévale, je t'assure que je serai prêt à voir sans ciller un dragon rose monté sur un Elephant m'apprendre à boire le thé à l'anglaise !!! Or les mondes d'Eragon et même de Robbin Hobb, malgré les inventions qu'ils ajoutent à leur monde, n'ont pas modifié nos référents comme indiqué plus haut pour nous permettre d'accepter que le "Dragon", qui est un concept qu'ils n'ont pas inventé, deviennent ce qu'ils veulent. Il me semble avoir expliqué pourquoi, par souci d'apaisement, j'ai posté ici. De plus, tu as enchainé sur Hobb, alors que je n'avais quasi pas parlé des dragons de Hobb, n'étant pas encore arrivée à l'endroit où elle explique ce qu'ils sont (je ne parle pas des dragons de pierre, qui, pour ceux qui en ont vu des "vrais", n'en sont pas, des dragons...). Au sujet des différences entre la Chine et nous : non, les chinois médiévaux ne vivaient pas comme nos aïeux et mangeaient avec des baguettes (les mêmes ingrédients que nous, ou à peu près, préparés différemment, c'est tout. Un poulet est un poulet, que ce soit à Paris ou à Pékin). Mais ils se battaient à l'épée, montaient à cheval, naviguaient à la voile... comme nous. Même s'ils portaient des robes plutôt que des hauts-de-chausse. Je dirais, pour en revenir à Hobb, qu'il y a autant de différences entre les "cultures" des Six-Duchés et celles du Royaume des Montagnes ou de Jamaillia qu'entre la Chine et nous. De plus, je ne vois pas pourquoi un auteur devrait "prouver qu'il a de l'imagination". Un auteur réussit - ou pas - à captiver ses lecteurs, que ce soit par l'interaction des personnages, par l'histoire racontée, par sa façon d'amener les évènements etc... (c'est pour ça, entre autres, que je me fiche des spoilers comme de l'an 40). J'aime bien Lanfeust de Troy, par exemple. Mais bien plus pour les facéties du troll Hébus, que pour ses créatures bizarroIdes qui n'apportent pas grand-chose à l'histoire. Alors... ben, les "mers de métal liquide" (à propos, le Fleuve d'Art hobbien, tu le classes où ?) ne me semblent pas indispensable au dépaysement. Et un pays où le théâtre n'est que de marionnettes, où l'on se bat par télépathie, où les gens perdent leur âme par l'intermédiaire de pierres, est selon moi tout aussi différent de notre "moyen-âge européen" que le moyen-âge chinois. Donc, je ne vois pas pourquoi ses "dragons" (dont, encore une foid, je ne peux rien dire que par ouï-dire... et ils m'ont l'air assez inquiétants) devraient être la copie conforme des "nôtres". |