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Le Vent dans les saules - Fangorn - 16/06/2006 Je viens de lire pour la première fois Le Vent dans les saules de Kenneth Grahame, dans sa nouvelle traduction chez Phébus (janvier 2006), et comme Mr Taupe je suis saisi par l’appel de ma vieille maison JRRVF, alors que je suivais d’autres routes... ;-) « La maison ! Voilà ce que signifiaient ces appels, ces petites touches caressantes que l’air lui apportait, ces petites mains invisibles qui toutes tiraient dans le même sens. Elle devait être là, tout près, la vieille maison qu’il avait si vite abandonnée pour ne plus y repenser le jour où il avait découvert La Rivière. Et maintenant voilà qu’elle lui dépêchait ses messages et ses éclaireurs pour s’emparer de lui et le ramener. »
Mr Taupe & compagnie viennent de rejoindre les Hobbits et les Pevensie dans cette région de mes lectures. Tolkien et C.S. Lewis ont manifestement parcouru bien plus de chemins que Grahame, mais celui-ci offre une calme pause qui rafraîchit l’imagination, la tête au vent et les pieds dans l’eau :-) C’est Lewis qui m’a amené près de la Rivière aux saules (au cours d’une de ses réflexions sur la crainte révérencielle inspirée par le sacré) : J’avais bien le souvenir d’avoir déjà entendu Tolkien parler du Vent dans les saules (sans compter ses propres saulaies). Et pourtant... Un autre aurait dû m’y conduire, via Tolkien : il s’agit d’Arthur Rackham. Et je suis d’autant moins pardonnable que j’avais eu l’occasion de le citer dans le fuseau sur Tolkien et Arthur Rackham ;-) Décidément, les liens sont multiples entre les auteurs... Ce constat est franchement banal, mais j’ai beau le savoir, la découverte d’un nouveau lien me surprend toujours (et j’en suis très heureux). Comme lorsqu’on découvre que certains de ses amis se connaissaient déjà par ailleurs. Que disait alors Tolkien de ce livre ? Je me rappelais qu’il en parlait dans son essai Sur le conte de fées, mais pas moyen de me souvenir de son jugement... M’y voici ! Pas d’bol (ou coup de chance, c’est selon), l’extrait est à la fin, dans les notes... ;-) Tolkien revient sur la tendance « faërifuge » de certains à présenter leur histoire comme une simple invention, par l’artifice d’un rêve : « Il n’y a aucune suggestion de rêve dans The Wind in the Willows. « [Mr] Taupe avait travaillé très fort toute la matinée au nettoyage de printemps de sa petite maison. » C’est ainsi que le conte débute, et ce ton juste est maintenu. » Je trouve, pour ma part, que ce « ton juste » sent aussi le Hobbit... ;-) Cette justesse de ton est délicate, et Tolkien en profite pour faire la distinction entre un « grand admirateur » (le fan) et un « admirateur perceptif », c’est-à-dire celui qui saisit l’esprit de l’œuvre, sa vie intime, ses résonances et ses échos... Bon, Tolkien en cause-t-il ailleurs ? « J’apprends que First Whispers of the Wind in the Willows vient juste de paraître, et les critiques semblent bonnes. C’est publié par la veuve de Kenneth Grahame, mais ce ne sont pas, d’après ce que j’ai cru comprendre, des notes pour le livre [Le Vent dans les saules], mais des histoires (sur Crapaud et Taupe, etc.) qu’il a écrites dans des lettres destinées à son fils. Je dois me procurer un exemplaire, si possible. » Ce passage est intéressant dans la mesure où c’est à son fils Christopher que Tolkien parle d’une situation (en partie) analogue à celle que connaîtra la gigantesque tâche d’édition posthume de ses textes. Il y a bien sûr d’autres échos, comme ces histoires inventées à l’origine pour ses propres enfants. Tolkien devait peut-être y songer, car il poursuit sur ses doutes liés à ce fameux projet de suite du Hobbit... Le Brandevin et la Rivière coulent donc d’une même eau, et je crois que l’on pourrait faire plusieurs parallèles entre les aventures de Mr Taupe et celles des Hobbits.
Le Vent dans les saules - Vinyamar - 16/06/2006 Rhaaaaa ! Comme c'est rafraichissant :-) Tu as raison, toutes les belles choses se ressemblent. Je crois que Tolkien avait vu aussi un pièce de théâtre adaptée du Vent dans les Saule avec ses enfants qu'il avait beaucoup aimé (c'est dans les Lettres. Ou est-ce que je confond avec autre chose ?). En tout cas, pour un vieil arbre comme toi, c'est une douce invitation à plonger ses racines dans un ruisseau fort rafraîchissant. Le Vent dans les saules - Hyarion - 16/06/2006 Fangorn >>> En tout cas, ceux qui connaissaient depuis longtemps déjà Le Vent dans les saules auront probablement un demi-sourire, en me voyant m’enthousiasmer comme si je venais de découvrir que l’eau mouille... ;-) Que nenni, Fangorn... :-) J'ignorait qu'une nouvelle traduction du roman de Grahame venait de paraître. Merci pour l'information... :-) Cordialement, :-) Hyarion. Le Vent dans les saules - lemminka - 17/06/2006 Je connaissais cette ouvre au collège au club lecture ( ! ) où la documentaliste nous l'avais conseillée... Mais je l'ai peu après découverte en BD dans une adaptation apparement réussie ( je n'ai pas lu le roman )... Mais je n'ai jamais fait de rapprochement avec The hobbit, souvenirs probablement trop lointains ! Le Vent dans les saules - Aredwin - 17/06/2006
Je n'ai pas lu la nouvelle traduction mais pour les fans de VO ou pour le simple amour des livres, je conseille également une version anglaise, réeditée en 1998 par Egmont Books Limited. Bonne lecture. Aredwin. Le Vent dans les saules - Vinyamar - 17/06/2006 Tiens, re bonne idée la lecture anglaise. Si le vocabulaire n'est pas trop shakespearien, je vais essayer de trouver ça. En même temps, le français ça repose et ça enrichi les figures de style :-) Le Vent dans les saules - Fangorn - 17/06/2006 Si j’étais plus assidu dans mes fréquentations de la vieille maison JRRVF, j’aurais pu remarquer qu’il était fait plusieurs fois mention de K. Grahame... Un peu de tissage, donc : - Dans le fuseau A propos des Inklings de la section « Hors du Légendaire » du Forum, Caledfwlch (message du 17.07.2001) faisait référence à la BD de Plessix, et donnait un lien vers une présentation de Grahame. - On le trouve également dans l’extrait de l’article de Daniel Coulombe, « Bilbo le Hobbit : un livre d’enfants pour adultes ».
L’indication du titre initial est très éclairante, car le chap. VII parle à plusieurs reprises du vent qui joue dans les roseaux, et non directement dans les saules. « Mais plus beaux encore sont les saules de Nan-tathren, vert pâle ou argentés dans le vent, et la rumeur de leurs feuilles innombrables est une musique enchantée » « Pourtant ils vinrent enfin aux vastes étangs et aux bords du si tendre Pays des Saules ; et le souffle même des vents de cette région leur amena paix et repos, et grâce au réconfort de cet endroit la douleur de ceux qui étaient en deuil des morts de cette grande chute fut calmée. » « Au milieu, une rivière aux eaux brunes traçait de paresseux méandres ; elle était bordées de vieux saules, recouverte d’une voûte de saules, obstruée de saules tombés et mouchetée de milliers de feuilles de saule flétries. L’atmosphère était épaissie de ces feuilles qui descendaient en voletant, jaunes, des branches ; car une douce et chaude brise soufflait mollement dans la vallée, les roseaux bruissaient, et les rameaux de saules grinçaient. » Les chants ne seront pas les mêmes que Grahame, et n’auront pas la même fin.
Le Vent dans les saules - lemminka - 17/06/2006 Et bien avec moult effort de mémoire pour me rappeller de l'oeuvre (en bd je le rappelle ), je pense que comme tu l'as signalé Fangorn, le cadre géographique présente une certaine analogie dans le mode de vie "autarcique" des protagonistes dans ce petit bout de campagne à l'anglaise ( ou à la comptoise...), et cette ambiance rassurante d'un cocon protecteur et enmitouflé de verdure, à l'écart de l'agitation, parfois grotesque, de la société moderne de l'homme... Mais surtout dans la teneur moraliste des tribulations de crapaud avec la technologie et sa nevrotique obsession de l'automobile et de la vitesse (ou l'on peut ressentir la désapprobation, et même le dégoût tolkiennien pour la dérive technologisante et absolutiste du "progrés" humain...) Le Vent dans les saules - Aredwin - 18/06/2006
Aredwin.
Le Vent dans les saules - Fangorn - 18/06/2006 Crapaud est effectivement emporté dans la surenchère technologique : toujours séduit par la nouveauté en elle-même, vite lassé de ce qui l’occupait juste avant. Il passe d’une activité à une autre, du canot à la carriole, puis à l’automobile — qui lui posera tant de problèmes. Et plus c’est rapide, plus c’est dangereux, plus cela lui donne de pouvoir sur les choses et les autres, et plus il est content. Ce n’est pas l’esprit de métal de Saroumane, il n’en a pas l’envergure. Il a même un côté pitoyable, dans ses incessantes plaintes, dès lors qu’il rencontre l’échec. À chaque machination qui (inévitablement) échoue, il semble se repentir, mais cela n’a qu’un temps (de même qu’à chaque catastrophe industrielle, le chœur des hommes s’indigne pour repartir ensuite de plus belle). Tandis que Tolkien souligne la souillure de l’industrie qui défigure la beauté naturelle, Grahame en montre le ridicule et la vanité. Mais ce qui m’amuse beaucoup, c’est que Tolkien était lui aussi un Crapaud ! « Spectacle magnifique ! saisissant ! chuchotait Mr Crapaud toujours immobile. La poésie de la vitesse ! La vraie, la seule façon de voyager ! (...) Toutefois, à la grande différence de Mr Crapaud, Tolkien aura su s’arrêter à temps, et il renoncera même à la voiture après avoir constaté « les dégâts faits aux paysages par les moteurs à explosion et les routes modernes » (H. Carpenter, ibid.). Il n’en reste pas moins que cette image d’un Tolkien, chauffard magnifique, criant « Chargez, ils se sauveront ! », est l’une de celles qui me plaisent le plus dans le personnage :-) Sébastien Le Vent dans les saules - Aredwin - 19/06/2006 "Tolkien était aussi un grand crapaud"... alors là c'est la phrase qui vient éclairer cette fin de dure journée! Plus sérieusement,...j'en ris encore..., l'évolution de Mole me fait penser un peu à Frodo dans la mesure où il parait gagner en maturité. Pas très sur de lui au départ, n'apporte-t-il pas toute son aide et son courage lors de la grande scène finale? Aredwin. Le Vent dans les saules - Hyarion - 20/06/2006 Fangorn >>> "Hyarion, puisque tu as lu le Hobbit après Le Vent dans les saules, y a-t-il des éléments précis qui t’ont fait faire le lien, ou est-ce l’ambiance générale ?" Bonne question, Fangorn... :-) Dans l'ouvrage collectif Panorama illustré de la fantasy et du merveilleux, paru en 2004 aux Moutons électriques (par André-François Ruaud), il me semble que Grahame et Tolkien font chacun l'objet d'un article, tout comme A.A. Milne (avec plusieurs ilustrations de Shepard)... Cordialement, :-) Hyarion. Le Vent dans les saules - gerard - 08/11/2006 Bonjour, pourriez-vous m'aider avec la version francaise de cet extrait du roman "Le Vent dans les Saules" ? ‘Nice? It’s the ONLY thing, said the Water Rat solemnly, as he leant forward for his stroke. Believe me,my young friend, there is NOTHING - absolutely nothing - half so much worth doing as simply messing about in boats. Simply messing - he went on dreamily: messing about – in - boats; messing.’ The Wind in the Willows, Kenneth Grahame 1908 Je ne suis pas en France en ce moment et je n'ai pas pu trouver le roman en version francaise. Merci d'avance! Gerard Boanoro Le Vent dans les saules - sosryko - 09/11/2006 Traduction : -- Merveilleux ? Mais je ne connais rien de tel, dit Mr Rat d'un ton solennel, tout en se penchant sur ses avirons. Croyez-moi, mon jeune ami, il n'y a rien de plus délicieux au monde, mais absolument rien, vous m'entendez, que de traînasser de cette façon, ajouta-t-il en rêvassant, simplement de traînasser dans une barque... de traînasser... Kenneth Grahame, Le Vent dans les saules, Ch. I, La Berge, Phébus, 2006, p. 25 Bonne lecture ;-) Sosryko. Le Vent dans les saules - Aglarond - 30/01/2014 Remontons donc ce fuseau, puisqu'on en a parlé récemment...
Amicalement, |