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Tolkien était-il un « logocrate » ? - Hyarion - 01/03/2023 Dans le cadre de la rédaction de mon livre, j'ai été (et je suis encore parfois) amené à me pencher sur tout un tas de questions sur J. R. R. Tolkien (ou Robert E. Howard, ou d'autres auteurs et artistes) dépassant a priori mon sujet d'étude, mais qu'il m'a paru important de considérer au moins dans le cadre de l'écriture des prolégomènes servant d'introduction à mon travail. Parmi ces questions figure la question politique, et plus exactement politico-religieuse s'agissant de Tolkien, qui à mon sens a été jusqu'ici insuffisamment étudiée de façon autant que possible non-partisane. Il en est de la recherche plus ou moins "savante", ou de la simple lecture ou appréhension d'une œuvre de l'esprit, comme il en est de la conception et de la construction d'un algorithme numérique : tout développement d'une action, ou d'un point de vue, se fait avec un certain état d'esprit et certaines contraintes idéologiques ou sociales. Cela ne doit pas (ne devrait pas) être cependant une excuse derrière laquelle se cacher pour éviter de se confronter lucidement au réel, sous couvert notamment d'entretenir une certaine illusion faussement "universaliste", en l'occurrence celle d'un irénisme tolkienophile pour ce qui nous occupe ici. À cette aune, me concernant, et avec tout le respect généralement dû à l'ensemble des acteurs du milieu tolkienien (ce que j'appelle, avec bienveillance, la planète Tolkien), je n'approuve pas la thèse (apparemment supposée faire consensus, du moins en France) selon laquelle Tolkien serait "apolitique" (son positionnement pro-franquiste durant et après la guerre d'Espagne, par exemple, a une connotation politique, que "n'excuse" pas sa foi catholique), et je ne pense pas qu'il suffise, pour prétendre régler la question, d'invoquer une poignée de lettres (toujours les mêmes) de l'écrivain exprimant (certes clairement) des opinions anti-nazi et anti-apartheid pour pouvoir décréter qu'il aurait été un "humaniste", pas du tout d'extrême-droite, et finalement heureusement compatible avec des réceptions "de gauche" de son œuvre, comme si c'était une évidence, alors que cela ne peut éventuellement l'être que pour des lecteurs/spécialistes voulant voir une telle compatibilité entre l'homme et l'œuvre d'une part et leurs propres idéaux d'autre part. D'autres lecteurs/spécialistes, de l'autre côté du spectre politique conventionnel (et cela qu'ils le veuillent ou non, car même quand ils se veulent seulement préoccupés de religion, ils ont bel et bien un positionnement politique, généralement conservateur), ne se gênent pas pour revendiquer la justesse de leurs propres lectures de l'œuvre, en s'appuyant avec facilité sur la foi religieuse et l'antimodernisme de l'auteur : il existe, à cette aune et depuis longtemps, toute une tendance de publications tolkieniennes ramenant ainsi tout à la religion, et ce faisant au conservatisme auquel peuvent volontiers se rattacher les commentateurs concernés eux-mêmes, fût-ce avec toutes les nuances individuelles (et toutes les éventuelles protestations de "neutralité savante") que l'on pourra toujours faire valoir. Cette tendance conservatrice fortement imprégnée de christianisme, et d'un christianisme volontiers antimoderne (quoique parfois maquillée avec un fard aujourd'hui "à la mode" et nommé "écologie intégrale"), se double d'un volet plus ouvertement identitaire, célébrant les "racines" de l'Europe, éventuellement plus néo-païen que chrétien selon les cas, mais toujours positionné très "à droite", Tolkien ayant décidément toujours intéressé un certain public de ce côté-là. Je ne conteste évidemment pas la nécessité de s'aventurer sur un terrain conservateur politico-religieux pour étudier Tolkien, mais à condition de faire passer autant que possible l'objet d'étude, conçu dans une perspective "historico-critique", avant une sorte de "plaisir personnel" lié à ses propres convictions et "valeurs actuelles" : voila notamment pourquoi il m'a toujours semblé plus pertinent d'étudier le rapport spirituel et intellectuel que Tolkien a pu avoir avec les déclarations et écrits des papes qu'il a connu de son vivant ou qui appartenaient à un passé relativement récent pour lui (Pie IX, Léon XIII, Pie X, Benoît XV, Pie XI, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI), plutôt qu'avec les déclarations et écrits de papes appartenant à une période postérieure à la mort de Tolkien mais auxquels certains catholiques tolkienophiles peuvent toujours accorder une grande importance à titre personnel de nos jours, alors que c'est une importance qui n'engage qu'eux vis-à-vis de leurs propres idéaux et priorités personnelles au jour d'aujourd'hui.
La vérité de l'auteur ne se situe, à mon sens, ni franchement à l'extrême-droite, mais ni non plus "à gauche", même si je préfèrerai sans doute que ce soit le cas compte tenu de ma propre sensibilité politique, plutôt socialiste (notamment compte-tenu de la médiocrité générale de la vie politique française actuelle, "mon" socialisme, pour mémoire, est assez "inactuel", en ce sens qu'il est sans doute plus influencé par William Morris, Jean Jaurès ou Léon Blum, ou au-delà par Albert Camus, que par des références plus récentes, mon idéalisme étant du reste assez largement tempéré par mon scepticisme "mitigé" qui me vient notamment de Montaigne et de Hume).
Bref, si l'on s'occupe de cheminer vers une vérité – et non pas vers "LA" Vérité, qui est assez généralement celle des lecteurs/spécialistes ramenant tout à leurs propres conceptions étroitement idéologiques ou religieuses –, si l'on veut, par exemple, trouver une correspondance idéologique entre la société des Hobbits et les idées politiques auxquelles Tolkien a pu être réceptif en son temps, il me parait objectivement pertinent d'établir un lien avec le distributisme, cette sorte de prétendu "bon sens (chrétien) près de chez soi" que G. K. Chesterton et Hillaire Belloc concevaient comme une "troisième voie" entre capitalisme et communisme.
Tout cela pour dire que dans le cadre de la rédaction de mon livre, si je veux arriver (enfin) au bout du processus d'écriture, il me faut lâcher (sérieusement) du lest, et qu'à cette aune, il me parait finalement préférable, malgré le côté toujours potentiellement clivant de la chose, que la question politico-religieuse abordée ici, et à laquelle je ne peux consacrer au mieux qu'une petite place dans le livre, soit exposée en ces lieux, afin d'être traité plus collectivement dans un intérêt général, quitte à ce que chacun, moi y compris, puisse s'appuyer sur les échanges éventuels pour sa propre réflexion et ses propres écrits. Venons-en à l'interrogation qui sert de titre au présent fuseau : Tolkien était-il un « logocrate » ? Je m'appuie, pour formuler cette interrogation, sur « Les « Logocrates » : de Maistre, Heidegger et Boutang », un texte de George Steiner pour une publication de l'European University Institute de Bruxelles et datant de 1982. J'ai déjà plusieurs fois évoqué George Steiner en ces lieux, principalement au moment de sa mort dans le fuseau dédié du présent forum. Plutôt que de passer du temps (trop de temps par rapport à l'écriture de mon livre) à étaler ici mes propres réflexions sur son texte et sur les liens que l'on peut établir avec certains aspects des idées de Tolkien (notamment avec son paradigme spirituel autour de la « Chute » biblique, connu depuis longtemps), je crois plus utile de partager simplement ici une (bonne) partie dudit texte de Steiner, afin de laisser chacun juge de ce que l'on peut en tirer d'un point de vue de "tolkienologue". Parmi les modèles génétiques du langage, on peut distinguer en gros deux classes. La première correspond à un ordre d'explication « naturaliste » ou « positiviste ». Dans cette approche, l'évolution du langage humain est analogue et étroitement liée à l'évolution des autres attributs physiologiques et psychologiques de l'espèce. La phonétique s'efforce de déterminer les contraintes et le potentiel de l'expression vocalique. Elle le fait de pair avec l'anatomie comparée et la neurophysiologie, qui s'efforcent d'établir l'étiologie et la mécanique des organes vocaux et des centres de la parole dans le cortex humain. La paléo et la sociolinguistique essaient, à leur tour, de donner une explication rationnelle des conditions sociales, économiques et écologiques dans lesquelles la parole serait née et se serait développée. La théorie marxiste, qui rattache l'évolution de la parole à la division du travail, ou les récentes spéculations sur la dynamique de la réciprocité entre la fabrication d'outils et le développement du langage humain à la fin du dernier âge glaciaire sont des exemples de cet ordre d'explication. Une linguistique « positiviste » ne prétend pas nécessairement pouvoir fournir une explication théorique et pragmatique des origines et de l'évolution du langage ; elle n'affirme même pas que les investigations et résultats encore à venir, dans la biochimie du cerveau ou dans notre intelligence de la préhistoire, apporteront une explication définitive. Mais la linguistique « positiviste » insiste sur le fait que le problème et sa solution putative relèvent d'une catégorie naturelle. De manière concomitante, elle affirme que l'évolution et le caractère du langage, si sophistiqué soit-il, font partie d'un continuum qui comprend toutes les formes de communication dans les espèces animales (la zoolinguistique) et les codes de communication pré- ou extra-verbaux (sémantique générale).
On peut cependant faire une distinction supplémentaire. Dans un modèle théologique de la parole, il est possible de distinguer une vision fonctionnelle du langage humain et une vision que je qualifierais de « logocratique », en m'excusant à l'avance de ce mot disgracieux.
George Steiner, « Les « Logocrates » : de Maistre, Heidegger et Boutang » (1982), in Les Logocrates, traduit de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, Paris, Éditions de l'Herne, 2003, I. « Mythe et Langage », p. 9-15. « Deux « logocrates » du XXe siècle que j'entends examiner » : Steiner parle ici de Martin Heidegger (1889-1976) – "phare de la pensée" pour les uns, indécrottable antisémite nazi pour les autres, mélange inextricable des deux pour d'autres encore – et de Pierre Boutang (1916-1998) – intellectuel royaliste chrétien, proche de Maurras dans sa jeunesse, maréchaliste sous Pétain avant de d'évoluer vers un conservatisme imprégné de métaphysique chrétienne, reniant finalement l'antisémitisme lié à son passé maurrassien tout en restant invariablement royaliste.
Mais la suite du texte de Steiner, comme indiqué dans le titre de celui-ci, évoque d'abord Joseph de Maistre (1753-1821), qui lui n'appartient pas au XXe siècle, et dont l'œuvre écrite m'est du reste sensiblement plus familière que celles des deux autres, les œuvres de Heidegger et de Boutang me paraissant par ailleurs moins accessibles de façon générale, sans même parler des options politiques choisis par Heidegger et Boutang au cours du XXe siècle, options autrement plus pénibles à considérer (me concernant) que les opinions historiquement plus lointaines d'un Joseph de Maistre – quoique je ne me sente pas du tout proche des idées réactionnaires qui furent notoirement celles dudit Maistre, du moins à partir de 1789. En ce qui concerne la question du langage, Maistre s'est opposé à la théorie matérialiste qu'Étienne Bonnot de Condillac (1714-1780) expose dans son Essai sur l'origine des connaissances humaines (1746) et selon laquelle les langues sont une invention humaine, Maistre affirmant pour sa part, notamment dans son Essai sur le principe générateur des constitutions politiques et des autres institutions humaines (manuscrit écrit en 1809 à Saint-Pétersbourg et publié à Paris en 1814, par l'intermédiaire de Bonald auquel Maistre avait adressé son « opuscule »), que « toute langue humaine est apprise et jamais inventée » (Essai sur le principe générateur..., XLVII), puisque Dieu seul, selon lui, est créateur et notamment onomaturge, le pouvoir de désignation étant d'origine divine, Maistre estimant à cette aune que « nulle hypothèse imaginable dans le cercle de la puissance humaine ne peut expliquer avec la moindre apparence de probabilité ni la formation, ni la diversité des langues » (Ibid., XLVII). George Steiner, pour sa part, évoque un autre texte de Maistre, généralement plus connu que l'Essai sur le principe générateur..., également écrit en 1809 dans la capitale de l'empire russe mais publié plus tard, en 1821, peu de temps après la mort de l'auteur : Les Soirées de Saint-Pétersbourg ou Entretiens sur le gouvernement temporel de la Providence, un ouvrage composé de discussions et de dialogues, d'inspiration vraisemblablement au moins en partie réelle, entre trois personnages réunis pour deviser aimablement sur les bords de la Néva – le Comte (identifiable à l'auteur, diplomate sarde d'origine savoyarde et d'expression française), le Sénateur (identifiable à Basile Stepanivich Tamara, érudit ukrainien d'origine grecque, opposé aux Lumières, nommé sénateur à Saint-Pétersbourg sous Catherine II de Russie) et le Chevalier (identifiable à François Gabriel de Bray, chevalier de l'Ordre de Malte, émigré français devenu ambassadeur bavarois à Saint-Pétersbourg).
Dans ses Soirées de Saint-Pétersbourg, Maistre développe, avec la langue de grande qualité, le style alerte et l'esprit volontiers caustique qu'on lui connait, ses conceptions anti-Lumières et contre-révolutionnaires de la vie des peuples, lesquels devant, selon lui, être soumis au principe d'une hiérarchie basée sur le droit divin des rois et le ministère de l'Église catholique romaine (Maistre étant très favorable à la théocratie papale), au nom de la puissance de Dieu censée s'imposer à tous. À cette aune, parce que la Providence est censée veiller à la destinée des êtres humains quels que soient leurs heurs et malheurs, Maistre voit notamment la guerre comme un signe d'expiation, faisant ainsi dire au Chevalier « C'est donc par un trait particulier de bonté que Dieu châtie dans ce monde, au lieu de châtier beaucoup plus sévèrement dans l'autre ». Mais laissons-là le profond pessimisme maistrien concernant la condition humaine ici-bas, pessimisme censé contribuer à une gloire de Dieu que les êtres humains, aux yeux de Maistre, ne sauraient juger, et revenons plus précisément, via Steiner, à la conception du langage selon ledit Maistre : Joseph de Maistre ne fut pas un « logocrate » pur. Dans les faits, seuls l'ont été un certain nombre de grands poètes ; dans le domaine de la théorie, Heidegger aura peut-être été le seul. De Maistre fut en effet influencé par les éléments profanes et naturalistes des Lumières qu'il entreprit d'annuler. Sa théorie du langage, telle qu'il l'exposa dans la deuxième des Soirées de Saint-Pétersbourg (1821), présente nombre des traits caractéristiques auxquels j'ai fait allusion. " Les langues ont commencé, mais la parole jamais, et pas même avec l'homme. L'un a nécessairement précédé l'autre ; car la parole n'est possible que par le VERBE. Toute langue particulière naît comme l'animal, par voie d'explosion et de développement, sans que l'homme ait jamais passé de l'état d'aphonie à l'usage de la parole. Toujours il a parlé, et c'est avec une sublime raison que les Hébreux l'ont appelé ÂME PARLANTE. "(*)
La restriction – « et pas même avec l'homme » – est la quintessence du point de vue « logocratique ». Elle contient en germe toute la doctrine élaborée par Heidegger.
George Steiner, « Les « Logocrates » : de Maistre, Heidegger et Boutang » (1982), in Les Logocrates, traduit de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, Paris, Éditions de l'Herne, 2003, I. « Mythe et Langage », op. cit., p. 16-18. Je passe sur les développements qui suivent dans le texte de Steiner à propos des métaphysiques d'Heidegger et de Boutang et du rapport de celles-ci au langage, pour en venir à la dernière partie dudit texte où Maistre revient, si j'ose dire, dans l'équation. Je souligne la définition que donne Steiner du conservatisme. On a surnommé de Maistre le « prophète de la réaction ». Sa critique des Lumières et de la Révolution française, l'assurance avec laquelle il prévoyait que tous les programmes mélioristes et populistes de l'action politique conduiraient à la tyrannie et à la servitude bureaucratique continuent de défier toutes les écoles doctrinales libérales ou libertaires. L'engagement nazi de Heidegger fut un épisode extrêmement opaque (j'ai essayé de le montrer ailleurs). En revanche, le pastoralisme autoritaire de Heidegger ne fait pas l'ombre d'un doute, pas plus que sa posture émotionnelle et intellectuelle à l'extrême-droite du spectre politique ordinaire. Pierre Boutang, associé dans sa jeunesse à Maurras et à l'Action française, demeure la seule grande voix philosophique de la droite contemporaine en France. Il se réclame d'un royalisme intransigeant, pour lequel seul le retour à un système monarchique peut résoudre le vide fondamental de la légitimité – et le problème fondamental de la contingence du pouvoir exécutif dans l'État moderne. De Maistre et de Bonald sont les « maîtres de pensée » de Boutang, ainsi que les modèles de sa prose souvent lapidaire dans son lyrisme.
George Steiner, « Les « Logocrates » : de Maistre, Heidegger et Boutang » (1982), in Les Logocrates, op. cit., p. 24-27. Steiner évoque ensuite la dimension culturelle, semble-t-il inévitablement élitiste, d'une conception « logocratique » du langage, dimension allant avec le penchant politique autoritaire sous-tendant cette conception « transcendante » et non-saussurienne. Mais, bien que chacun soit, ou devrait être, un gardien du logos, il est patent que d'aucuns sont bien plus près que d'autres de la source sacrée. Ce sont les poètes et les penseurs, proclame Heidegger, qui sont les curateurs de l'être, qui ont en charge les pulsations de lumière du logos. Eux qui écoutent « le silence de la paix » dans le langage et qui lui font écho. Eux qui, pour parler comme Hölderlin, s'engagent sur les voies de la foudre ; qui, au risque d'en être consumés, mettent leurs mains en coupe afin de recevoir le feu d'Héraclite. Pour de Maistre, les quelques esprits conscients sont les seuls agents et interprètes responsables de l'histoire humaine. Pour Boutang, les « bergers de la Parole » sont Platon, Thomas d'Aquin, Dante, Scève et Mallarmé. Ce ne sont pas des best-sellers. Une société de consommation, une technocratie populiste ou directoriale, étouffe leurs voies. Inévitablement, elle érode les disciplines intellectuelles, les silences de l'attention et les conventions du respect du canonique, qui sont indispensables à la vraie dissémination de l'excellence poétique et philosophique. Seules les valeurs et pratiques pédagogiques d'« ancien régime » peuvent armer les hommes, ou les mieux qualifiés d'entre eux, pour appréhender la vie du logos chez les maîtres de la haute pensée et de la poésie. Pourtant, fait valoir Heidegger, c'est littéralement de cette appréhension que dépend la survie de l'homme comme étant humain. En conséquence, et c'est le troisième domaine de congruence, une conception « logocratique » du langage exige nécessairement un ordre culturel élitiste, voire sacerdotal ou mandarinal. D'où la polémique de Joseph de Maistre contre les programmes rousseauistes d'éducation et leurs conséquences démocratiques. D'où aussi les virulentes attaques de Heidegger contre le populisme américain et la technocratie de masse soviétique. Non moins que Benda, Boutang aspire à une cléricature, à un ordre militant de grands ascètes ou de voluptuaires (les deux sont équivalents, bien entendu) de l'esprit. George Steiner, « Les « Logocrates » : de Maistre, Heidegger et Boutang » (1982), in Les Logocrates, op. cit., p. 27-28. Et Steiner de conclure ainsi : En linguistique, comme dans toute autre quête analytique, toutes les théories ne sont pas exemptes de valeurs. Il serait fécond, par exemple, de sonder les corrélations entre les éléments de la linguistique générative et transformationnelle de Chomsky et son radicalisme politique. Dans cette note, je me suis efforcé d'indiquer certaines concordances nécessaires entre l'idée que le langage a une origine transcendante et recèle l'évidence plus ou moins manifeste du logos et la politique de l'autorité. Il se peut que l'argument ait des implications plus larges. Auquel cas, il pourrait être une simple note en bas de page à la conclusion de William Hazlitt : « Le langage de la poésie rencontre naturellement le langage du pouvoir. » George Steiner, « Les « Logocrates » : de Maistre, Heidegger et Boutang » (1982), in Les Logocrates, op. cit., p. 29. Pour qui voudrait avoir accès à l'intégralité du texte de Steiner, outre la traduction de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat parue dans un recueil des Éditions de l'Herne (Les Logocrates, 2003) que j'ai reprise ici dans mes longues citations, une autre traduction du texte, faite par Olivier Véron (un disciple de Boutang, ainsi que je l'ai signalé dans une note plus haut) et diffusée en 1996, est accessible en ligne à cette adresse : https://www.lesprovinciales.fr/wp-content/uploads/2020/02/n°47.pdf Je ne sais si j'ai bien fait, mais j'ai en tout cas assez écrit (et recopié) ici pour le moment. Si ce fuseau devait éventuellement aboutir à une discussion constructive en faveur d'une réflexion commune (et lucide quant aux positionnement des uns et des autres), sa création n'aurait pas été vaine. Peace and love, B. Tolkien était-il un « logocrate » ? - Cédric - 01/03/2023 Hello,
Le message est dense, le propos également, ne t'inquiète pas de ne pas avoir de réaction immédiate Hyarion. OK ?:-) C. Tolkien était-il un « logocrate » ? - Hyarion - 02/03/2023 Cédric a écrit :
Merci beaucoup pour ton message, Cédric. ^^ Sur la Toile comme dans la "vraie vie", dès lors qu'il est question de communication écrite, on ne peut jamais savoir si autrui sera bien ou mal luné lorsqu'il tombera sur votre pavé... car comme on l'a assez souvent dit en ces lieux, il y a toujours un risque de décalage entre ce que l'on écrit et ce qu'autrui peut y lire. Mais bon, sur le principe, tant qu'on ne prend pas tel ou tel de mes propos pour une "agression", une "diffamation" ou que sais-je d'autre qui ne serait pas constructif, je ne m'inquiète pas. :-) Cédric a écrit :
À cette information particulière, je me suis permis de réagir dans un autre fuseau : https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=91650#p91650 Amicalement, ^^ B. Tolkien était-il un « logocrate » ? - Elendil - 02/03/2023 J'ai eu l'occasion de lire ce volume de L'Herne il y a un an ou deux (j'avoue que les nécessités de la vie familiale ont un effet perturbateur sur mon appréhension de la dimension temporelle de la vie intellectuelle). J'aurais précisément aimé écrire quelque chose à propos du texte présenté ici, qui permet d'appréhender Tolkien par un biais sinon nouveau, du moins peu exploré, ou tout au moins d'initier une discussion sur JRRVF à ce propos. C'eut été une manière de payer en partie ma dette envers Steiner. Je remercie donc Hyarion de l'avoir fait à ma place, car il est fort peu probable que j'en aurais eu le temps avant un laps de temps indéfini, mais fort long.
Il n'est certes pas facile de répondre à la question posée ici, sauf peut-être pour dire que les piques répétées de Hyarion (à mon égard ou envers d'autres) m'inciteraient bien sûr à faire l'exact inverse des souhaits qu'il exprime concomitamment, juste pour le rembourser en nature, et quand bien même ce n'aurait pas été mon intention initiale. On pourrait comparer cela à la troisième loi de Newton, au sens propre comme au sens figuré, mais en toute amitié bien entendu. Pour revenir à la question de fond, il y a certes une théologie de la Chute et de la dégradation du langage chez Tolkien, sans doute plus marquée dans les textes des années 1930, comme les diverses versions du Lhammas, que dans les textes tardifs. Elle semble toutefois s'inspirer plus de Barfield que de Heidegger, dont l'absence de mention a priori totale dans les textes publiés de Tolkien m'incite à croire qu'il ne l'avait pas lu, contrairement à d'autres auteurs de réflexions tout aussi ésotériques sur le langage -- quoique de manière entièrement différente : je pense notamment à Joyce. En revanche, il est manifeste que le langage n'est pas un apanage purement humain chez Tolkien, ni même une capacité réservée aux Eruhíni. Sans même s'appesantir sur la question du langage des anges, sur laquelle Tolkien a beaucoup varié et à laquelle il a fini par répondre par l'affirmative dans « Quendi et Eldar », tout être du Légendaire tolkienien doté d'une fraction de capacité à raisonner se voit attribuer une capacité verbale répondant à la définition du langage selon Saussure. C'est un des arguments qui me semble probants pour qualifier la démarche mythopoétique de Tolkien de panenthéiste, bien qu'il ne soit pas certain qu'il aurait approuvé le qualificatif. Par ailleurs, c'est bien l'absence de Chute qui distingue les Elfes des Hommes, ce qui explique sans doute en partie la distinction profonde que Tolkien esquisse entre leurs capacités linguistiques et celles des Hommes, notamment dans le Dangweth Pengolod, encore qu'il faille tenir compte du fait que la théorie qui y est exposée soit d'origine elfique. Pour autant, cela n'empêche pas les langues des Elfes d'être elles aussi sujettes au changement, sans que cela soit nécessairement connoté de manière négative. On est donc décidément très loin de Heidegger dans l'ensemble, en dépit de rapprochement ponctuels. Le lien entre les Elfes et la nature, tout aussi patent que leur talent inné pour le langage, tendrait également à s'écarter des opinions de Maistre sur l'origine divine de cette faculté, du moins en ce qui les concerne. Pour les Hommes, la chose est moins claire, si l'on prend au pied de la lettre le « Conte d'Adanel », mais il est notable que celui-ci est d'origine humaine et tend à rehausser la place et le rôle voulu pour les Apanónar dans le plan divin pour Arda. Bref, Tolkien semble se situer quelque part à la croisée des chemins, comme souvent, puisqu'il se passionne autant pour le, ou plutôt les mythes d'origine du langage -- en tout cas dans son Légendaire -- que pour leur évolution ultérieure, envisagée de manière naturaliste et même partiellement arbitraire. A cette aune, peut-être répondrait-il à la définition que fait Steiner du conservatisme, tout au moins dans le domaine linguistique, sans pour autant rentrer dans la catégorie des logocrates, même s'il partage certaines de leurs prémisses. A moins qu'on ne considère anachronique d'appliquer à Tolkien ces catégories, dans la mesure où il se situe lui-même dans la filiation des grands philologues du XIXe siècle, à commencer par les frères Grimm, plutôt que celles des linguistes du milieu et de la seconde moitié du XXe. De fait, comparer les considérations de Tolkien et de Boutang en matière linguistique ne me paraît pas forcément mieux (ou plus mal) fondé que d'examiner ses opinions religieuses à la lecture des encycliques de Benoît XVI. (Ce qui ne veut pas dire que j'y sois intrinsèquement hostile, les uns et les autres étant les héritiers respectifs de traditions qui possèdent clairement des origines communes -- du moins dans la mesure de mes connaissances, lesquelles, concernant Boutang, se limitent à ce que j'ai pu lire à son propos chez Steiner et quelques autres.) E. Tolkien était-il un « logocrate » ? - Silmo - 03/03/2023 Benjamin Tolkien était-il un « logocrate » ? - TB - 05/03/2023 Je ne retiendrais qu'une chose: Hyarion est "plutôt" socialiste...Moi qui pensait l'espèce disparue avant même son avènement ! :) Tolkien était-il un « logocrate » ? - Silmo - 05/03/2023 incongru dans le Légendaire. Tolkien était-il un « logocrate » ? - Hyarion - 05/03/2023 Ce n'est pas grave, François (merci quand même pour tes messages)... Les gens ne retiennent jamais que ce qu'ils veulent dans ce qu'on leur donne à lire... TB me refait encore le coup de la provoc' à côté des clous, sans se douter, évidemment, à quel point ce n'est pas le moment... En fait, je crois que personne ne soupçonne à quel point je peux en avoir ras le bol (pour ne pas dire autre chose), de tout ça... Pas le premier, ni le dernier, sans doute. Que l'on soit athée ou croyant (ce terme de "croyant" est en soi trop imprécis, mais évitons de parler trop directement d'adeptes du Dieu personnel des religions du Livre abrahamiques : j'en connais qui seraient encore tenté de vouloir me "faire la leçon", là encore sans avoir pris le temps de comprendre ce que je dis), rien de ce que l'on pourrait dire de "spirituel" ne saurait être de nature à modifier ce sentiment d'absurde qui m'habite, semble-t-il, chaque jour un peu plus, grâce à mes semblables humains, qui savent, si souvent et si bien, rendre tout décevant (jusqu'à mes propres actions). Mais bon, j'ai horreur de me plaindre, alors basta. Tolkien était-il un « logocrate » ? - TB - 12/03/2023 Houla...Je pensais que l'émoticon de fin était suffisant pour éviter toute polémique: apparemment, le domaine de l'idéologie reste très imperméable à l'humour que j'aime pratiqué...Je tiens donc à m'excuser pour ce manque absolu de tact envers les socialistes, ainsi que pour l'apparente indifférence envers les autres familles idéologiques non mentionnées: centristes, fascistes, anarchistes, apolitiques de gauche comme de droite ! Tolkien était-il un « logocrate » ? - TB - 12/03/2023 Et pour mieux "expliquer" le pourquoi du comment de ma "provoc", c'est la juxtaposition du terme "plutôt" à celui de socialiste qui m'a rendu d'humeur badine...J'ai trouvé ça plutôt amusant, d'où la suite ! Tolkien était-il un « logocrate » ? - ISENGAR - 12/03/2023 En tout cas, cher TB, ça fait plaisir de te lire et de voir que quelques-uns de tes mots, fussent-ils rares, font toujours mouche.
Haut les cœurs, les amis ! Il fait jour et on est sur JRRVF I. Tolkien était-il un « logocrate » ? - TB - 13/03/2023 Bah, je trouve ce costard de Fusilleur de Fourmies promptement offert trop cocasse pour m'en offusquer: je vais le ranger précieusement au côté de mes uniformes d'anarcho-fasciste et de Gille de Binche... ;) Tolkien était-il un « logocrate » ? - Elendil - 13/03/2023 Je me permettrai d'ajouter, au cas où le ras-le-bol d'Hyarion soit en partie de mon fait, qu'il n'y a qu'une seule émoticône dans mon message ci-dessus, et qu'elle est stratégiquement placée. D'ailleurs, quand bien même l'envie de provocation me titillerait (ce qui, j'avoue, est parfois le cas), que le temps me ferait défaut pour le court comme pour le moyen terme. E. Tolkien était-il un « logocrate » ? - Hyarion - 20/03/2023 Or donc, qu'avais-je d'ors et déjà écrit précédemment, dans le présent fuseau, en matière d'échanges par écrit en ligne ? ^^' Précédemment, votre serviteur a écrit :
La preuve par l'exemple avec les messages (pavés ou non) qui ont suivi (le mien inclus)... Bon, essayons de mettre un peu de clarté dans tout ça. :-) TB a écrit :
ISENGAR a écrit :
Elendil a écrit :
Au risque d'éventuellement surprendre, en ce qui me concerne, j'avais parfaitement vu, au premier coup d'œil, les sourires/émoticônes dont vous faites tous mention. Je ne me suis donc pas senti agressé, et je n'ai pas paniqué. Cependant, Silmo ayant réagi avant moi, avec ses mots à lui, j'en ai tenu compte dans ma propre réaction. Silmo a des convictions « de gauche » sans doute assez proches des miennes, de même que JR/Isengar, même si je ne suis probablement pas aussi idéaliste qu'eux deux peuvent peut-être l'être encore, bien que je sois un peu plus jeune qu'eux. Concernant l'orientation religieuse/spirituelle personnelle, j'ai préféré éviter de revenir trop directement ici sur ce sujet, toujours un peu pénible, quoique sans doute inévitable à un moment donné mais qui a du reste été déjà évoquée plusieurs fois (tout comme ma conception du socialisme) dans d'autres fuseaux en ces lieux par le passé. Petit rappel, à ce stade : il va sans dire (mais cela va sans doute mieux en le disant) que je n'ai rien contre TB, ni aujourd'hui, ni par le passé, sans quoi je n'aurai notamment sans doute pas pris le temps de réagir comme je l'ai fait, par exemple, sur son fuseau « Exuvie » il y a déjà quelques années (dans le fuseau en question, on pourra constater qu'il y a certes eu une mauvaise compréhension mutuelle au départ, mais en prenant le temps de discuter, les choses, me semble-t-il, se sont arrangées). TB a écrit :
Si je puis me permettre, mon cher TB, si tu parcourais éventuellement plus souvent et plus attentivement le présent forum (je ne te blâme pas : chacun est libre de visiter ces lieux comme il l'entend), tu saurais depuis longtemps que je n'ai pas de problème avec l'humour, y compris en particulier avec l'humour politique ou politico-religieux, ce qui n'est certes pas le cas de tout le monde ici. J'aime l'ironie, qui est un art difficile, et à cette aune, plutôt que l'humour inoffensif « pour public familial » que certains aiment beaucoup ici comme ailleurs, j'ai tendance à apprécier davantage l'humour satirique sachant sainement et savoureusement railler les travers de nos sociétés et de ceux qui prétendent les diriger ou les influencer d'une manière ou d'une autre (les « puissants », les amoureux du pognon, les chefs d'État, les politiciens [de tous bords, et notamment les personnalités toxiques comme Sarkozy ou Mélenchon], les chefs religieux, les gourous en tout genre, les idéologues de tous bords, les militants/manifestants/prosélytes qui meublent psychologiquement leurs vies avec des certitudes idéologiques et/ou religieuses qu'ils veulent imposer aux autres, etc.). Pour te donner une idée de ce que j'aime pratiquer ou voir pratiqué en matière d'humour, je me permets de renvoyer à une tentative de partage d'humour satirique (avec un dessin de feu Pétillon visant le Vatican) que j'avais faite dans un autre fuseau, il y a quelques années (Yyr avait détesté, et j'imagine qu'Elendil a dû ne pas aimer aussi, mais je continue pour ma part de trouver pertinente et savoureuse l'ironie de Pétillon) : https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=89330#p89330 Dans le fuseau en question, en 2018, votre serviteur a écrit :
Je pourrais aussi parler des dessins satiriques anciens, ceux du XIXe siècle ou des années 1900-1910 par exemple, qui arrivent encore, au moins pour certains d'entre-eux, à me faire sourire plus d'un siècle après leur publication, qu'ils traitent de politique, de religion ou de mœurs (je parle de certains de ces dessins dans mon livre encore en cours d'écriture, et je pourrais le faire un peu ici aussi, si cela intéresse [ce ne serait pas « hors-sujet », en tout cas])... Ce que j'aime également, en matière d'humour, c'est le sens de l'autodérision, à savoir être capable de rire de soi-même et de ses propres convictions (ce qui est généralement très difficile pour les idéologues et peut-être plus encore pour les religieux, qui se méfient volontiers du rire et peuvent y réagir violemment, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, pour ne citer qu'eux). Un tel sens de l'humour n'annule pas lesdites convictions que l'on peut avoir, mais il aide assurément à avoir du recul par rapport à elles, sans quoi l'autocritique est impossible, ce qui n'est jamais une bonne chose. Comme je l'ai souvent dit, ici ou ailleurs, on ne fait pas de travail sérieux en se prenant au sérieux. Voila pourquoi ton amusement concernant le fait que je me dise plutôt socialiste ne me touche pas plus que ça, en fait : c'est une réaction, à vrai dire, peu surprenante quand on pense aux idées reçues qui circulent aujourd'hui comme hier sur les idéaux socialistes et l'idée que l'on s'en fait en fonction de son petit point de vue, toujours plus ou moins orienté. Silmo a voulu défendre les idéaux en question, avec ses mots, et ses références qui recoupent en partie les miennes (mais en partie seulement : Jules Ferry, bof, bof, sans même parler du colonialisme, il s'est renié s'agissant de la séparation de l'Église et de l'État, et concernant le développement de l'instruction publique, Victor Duruy avait tout de même déjà agi sous Napoléon III). Je le remercie encore d'avoir pris le temps de le faire, même si je n'aurai pas réagi de la même façon que lui si j'avais répondu en premier : après tout, ce n'est pas si fréquent de ne pas se sentir isolé ici ou ailleurs...
« Mon » socialisme, comme je l'ai écrit dans mon message inaugural, est tempéré par un scepticisme « mitigé » : cela veut notamment dire que je ne fais pas partie des gens qui croient en « l'Homme Nouveau » de la société sans classes comme d'autres croient fermement au Péché originel et/ou en l'Immaculée Conception. Cela veut dire aussi que je ne suis pas aussi idéaliste que pouvait l'être un grand homme comme Jean Jaurès.
Bref, voila pour mon état d'esprit. Au-delà du côté potentiellement « offensant », Silmo a estimé que ton trait d'humour, mon cher TB, n'avait pas sa place dans cette discussion, et c'est vrai sur le principe : nous ne sommes pas dans l'Espace libre du forum. Toutefois, je serais mal placé pour me plaindre d'une digression dans une discussion, étant souvent pratiquant de la chose moi-même... J'ai, en tout cas, assez écrit pour ce soir. Peace and love, B. [EDIT: corrections de fautes diverses, et aussi de certaines phrases pour éviter, autant que possible, de donner l'impression d'envoyer des piques à... je ne sais qui en particulier...] Tolkien était-il un « logocrate » ? - Elendil - 20/03/2023 Hyarion a écrit :
Puisque tu l'évoques, j'avoue que ce dessin m'avait fait sourire. Je ne prétendrai pas une seconde que c'est le genre d'humour que je goûte le plus (d'une manière générale, je trouve d'assez mauvais goût la quasi-totalité de l'humour se rapportant au domaine sexuel), mais il faut avouer que c'était assez bien trouvé, quand bien même on ne partagerait pas les convictions du dessinateur. Je partage en tout cas ton point de vue sur l'humour et sur son utilité, même si, à l'usage, l'humour peut évidemment virer à la méchanceté et à l'injustice : témoins -- entre bien d'autres exemples -- les caricatures sur les Juifs avant la Shoah (et même après, dans certains milieux ou sociétés). E. Tolkien était-il un « logocrate » ? - TB - 11/04/2023 Hyarion, je te déteste...Me rappeler avoir écrit de pareilles horreurs...À d'innocents lecteurs inconscients du danger...C'est mal ! Tolkien était-il un « logocrate » ? - Hyarion - 24/04/2023 Elendil a écrit :
Il y a effectivement de la finesse dans l'ironie exprimée dans ce dessin de Pétillon, qui en fait toute la saveur et qui m'avait marqué d'emblée lors de sa publication. TB a écrit :
Merci TB. ^^ Je vais essayer, si je peux, de revenir prochainement au sujet de ce fuseau, toujours en vue de délester mon livre encore en chantier de certaines considérations qui, en l'état, peuvent sans doute aussi bien se retrouver ici dans leur version plus ou moins "dense". Amicalement, B. |