|
[Édit (Yyr) 2021 : ce fuseau est l'un des nombreux rejetons de l'arbre initial de la traduction des poèmes] Hasard ou ósanwë ? Je me suis penché sur le poème de « l’Ent et l’Ent-femme » le week-end dernier... L’original est en heptamètres iambiques - donc le plus souvent 14 syllabes. Le texte est assez dense, comme vous le constaterez - peu d’articles, bon nombre de monosyllabes. De plus, je suis ici d’accord avec F. Ledoux quant à l’emploi du futur dans la VF, ce qui donne des formes verbales d’une certaine longueur. J’ai donc essayé de traduire en vers de... 20 syllabes - j’ignore si cela porte un nom (« icosasyllabe » ??) - en respectant la structure en rimes plates. Une telle longueur nécessite bien entendu trois ou quatre coupes par vers - et parfois l’on retrouve des rythmes plus courants. En fait, vingt syllabes, c’est tout de même parfois un peu long... d’où quelques ajouts, sans parler de quelques approximations. J’espère ne pas avoir fait d’erreur d’interprétation en faisant rêver de Valinor à Fangorn. The Ent and the Ent-wife L’Ent et l’Ent-femme ENT :
When Spring unfolds the beechen leaf, and sap is in the bough ; L’ENT :
Quand le Printemps dépliera les feuilles de hêtre, la sève remplissant le tronc, ENTWIFE :
When spring is come to garth and field, and corn is in the blade ; L’ENT-FEMME :
Quand le Printemps viendra sur le clos et le champ, et qu’en herbe sera le blé, ENT :
When Summer lies upon the world, and in a noon of gold L’ENT :
Quand sur le monde s’étendra l’Été, que paisibles dans un midi doré ENTWIFE :
When Summer warms the hanging fruit and burns the berry brown ; L’ENT-FEMME :
Quand l’Été chauffera le fruit pendant et de son ardeur brunira la baie, ENT :
When Winter comes, the winter wild that hill and wood shall slay ; L’ENT :
Et quand viendra l’Hiver, l’Hiver sauvage qui abattra colline et forêt, ENTWIFE :
When Winter comes, and singing ends ; when darkness falls at last, L’ENT-FEMME :
Et quand viendra l’Hiver, le dernier chant, et qu’enfin les ténèbres tomberont, BOTH :
Together we will take the road that leads into the West, TOUS DEUX :
Ensemble nous prendrons la route qui mène vers l’Ouest, loin au delà des flots, Euh... si vous avez mieux que ce douteux « vent fureteur », je suis preneur. Des diverses rimes que j’ai envisagées, celle-là est une des moins malheureuses... mais tout de même. En fait, ce poème m’a semblé plus facile à rendre que le Chant de Beren et Lúthien, une fois trouvée la forme. Je pense que ce qui serait vraiment délicat, ce seraient les poèmes allitératifs comme la longue liste des créatures vivantes que récite Fangorn. Cette forme n’existe pas en français - ou alors, elle est très discrète ! Et même si nous l’avions, il y aurait neuf chance sur dix pour que les allitérations soient rendues impossibles par la traduction. Je ne vois guère d’autre issue que de choisir une forme complètement différente. Nai Anar caluva tielmanna ! |