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Quoique Moraldandil y fasse allusion dans le fuseau sur sa traduction du chant d'Eärendil, je ne crois pas qu'ait déjà été proposée une traduction versifiée du poème Errantry tel qu'il est paru dans les Aventures de Tom Bombadil. La description que donne Moraldandil pour le « chant d'Eärendil » peut être reprise quasiment telle quelle pour ce poème (qui lui est d'ailleurs étroitement apparenté ; voir à ce propos TI, p. 81-102). Errantry est sans doute un des poèmes les plus difficiles à traduire de tout le Légendaire, notamment à cause de son schéma de rimes batelées où les vers pairs riment entre eux et où la finale des vers impairs est reprise par une rime (parfois approximative) au milieu du vers qui suit. Sans parler des assonances et des allitérations qui prolifèrent dans tout le poème. Voici un essai pour rendre les trois premières strophes du poème, en s'efforçant d'en respecter autant que faire se peut la métrique et le sens : Errantry
There was a merry passenger,
He called the winds of argosies
He sat and sang a melody, Errance
C'était un joyeux passager,
Il appela les alizés
Il fredonna une romance, J.R.R. Tolkien, ATB, Errance, str. 1-3 traduction personnelle N.B. : Je ne compte pas m'arrêter là, mais la suite n'est pas tout à fait prête encore. E. |
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Il est vrai que la traduction de ce poème est un sacré défi... mais il me semble que pour ces trois premières strophes, tu t'en sors plutôt bien. Amicalement, B. |
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Impressionnant, c'est beau :).
Quelques propositions : Yyr |
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Merci à vous deux, spécialement à Yyr pour les suggestions. J'avoue que j'avais abandonné « entrechoquer » avec regrets, mais tu viens de m'aider à trouver une solution plus satisfaisante. Je suis d'accord que « en Terre d'Ombre » sonne mieux, mais on s'éloignerait du texte, qui dit bien : He journeyed [...] through meadow-lands / to Shadow-land... De la même manière, « sorcellerie » était un choix évident, mais j'ai dû l'écarter pour conserver la rime interne : ... wizardry / and sigaldry... ... sortilèges, / forgeage...
(Rime pauvre, au demeurant, mais à d'autres endroits l'original ne fait pas mieux. Ce n'est pas un hasard si Tolkien n'a écrit que deux poèmes dans ce mètre, qui est franchement retors. E. |
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Reprenons avec les trois strophes suivantes (et quelques retouches, donc) : He called the winds of argosies
He sat and sang a melody,
He wove a tissue airy-thin
He threaded gems in necklaces,
He passed the archipelagoes Il appela les alizés
Il fredonna une romance,
Il trama tissu éthéré
Il lui tressa de beaux colliers,
Il dépassa les archipels J.R.R. Tolkien, Errantry, str. 2-6 traduction personnelle E. |
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Compte tenu des contraintes, il me parait difficile de faire mieux... Amicalement, B. |
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Pas mieux :) |
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Je vous propose la suite, avec un caveat : je ne suis absolument pas satisfait de la manière dont j'ai traduit : ... the dragonflies / of Paradise... Déjà, c'est piégeux, car c'est probablement la seule mention du « Paradis » dans tout le Légendaire « canonique » (si l'on excepte les rares mentions d'« un Paradis », qui figurent d'ailleurs dans des textes explicatifs plutôt que comme expression employée par un personnage tolkienien). Il y a bien une mention du Paradis dans la bouche de l'Elendil de la Route perdue, mais je pense que ce n'est pas un hasard si Tolkien n'a pas réutilisé ce terme ultérieurement. On ne peut donc pas utiliser indistinctement d'importe quel synonyme (j'aurais déjà des doutes sur « Eden » ou « champs d'asphodèles » et j'éviterais absolument les « champs élysées » et autres « Valhalla »). Ensuite, vient le problème qu'en anglais, dragonfly désigne la libellule, mais que Tolkien a certainement employé le terme à cause du « dragon- » qu'on lit dans ce mot. J'aurais donc été tenté de traduire par « dracomouche », faute d'un meilleur équivalent français, puisqu'il n'existe apparemment aucun nom vernaculaire d'insecte qui évoque les dragons, de près ou de loin (après, je ne suis pas entomologiste, j'ai pu louper quelque chose). Sauf que faire rimer quoi que ce soit avec « mouche » est une vraie gageure. A la limite, j'aurais pu me contenter d'un « dracoptère », qui évoquerait vaguement la classe des insectes, mais je n'ai pas trouvé de rime satisfaisante non plus. Pour couronner le tout « libellule » n'a aucun synonyme en français, à part le terme « demoiselle », qui prêterait à confusion. En plus, c'est un paléoptère, membre d'une sous-classe dans laquelle le seul autre ordre survivant est celui des éphémères : il n'y a donc guère de cousin proche. Bref, si vous avez une meilleure inspiration que moi... He made a shield and morion
Of crystal was his habergeon,
He battled with the Dumbledors, Il fit écu et morion
Son haubert était en cristaux,
Il lutta contre les Bourdons, J.R.R. Tolkien, Errantry, str. 7-9 traduction personnelle N.B. : les dumbledors sont soit des bourdons (comme dans ma traduction), soit des hannetons. En revanche, les hummerhorns sont à ma connaissance une pure invention de Tolkien. J'avais initialement pensé traduire selon le sens, « vrombicornes » (la traduction des ATB publiés, si je ne m'abuse) ou « cornevrombes », mais le problème des libellules m'a orienté vers une autre solution. J'espère juste que l'allusion au sphinx-colibri (angl. summer hummer ou hummingbird moth) est suffisamment compréhensible. E. |
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Je pense que tu t'en sors bien — la référence au (à un) paradis ici ne m'apparaît pas devoir être absolument conservée. |
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Je pense moi aussi que tu t'en sors bien. Amicalement, B. |
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Pour fêter la nouvelle année, je vous propose de terminer le poème avec la dixième et dernière strophe, que j'ai un peu négligée du fait des obligations familiales : He tarried for a little while Il s'attarda encore un peu J.R.R. Tolkien, Errantry, str. 10 Trad. personnelle |
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Je suis trop fatigué pour y regarder très en détail, mais l'ensemble de la traduction du poème, complétée avec la dernière strophe, me paraît tout-à-fait honorable. Amicalement, B. |
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Très bon ! :) |
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