Moraldandil
Inscription : Dec 2001
Messages : 822

Bonjour à tous, et bonne année à qui je ne l'ai pas encore souhaitée : il commence à être vraiment temps !

Je ne sais pas si la section traduction est entièrement adaptée à ce que je souhaite présenter, vu que ce n'est pas strictement tolkienien - mais c'est toutefois un travail dans la continuité. Cela fait six mois que c'était dans mes cartons, mais je n'ai pris le temps de mettre ça en ligne que maintenant...

Il s'agit d'une traduction française métrique du lai breton Sir Orfeo, que Tolkien a étudié et rendu en anglais moderne ; sa traduction a été publiée dans le recueil qui contient aussi Sir Gawain and the Green Knight et Pearl.

Je suis parti pour l'essentiel de deux éditions, une assez ancienne d'Alan Bliss, qui est la réference en la matière (avec présentation complète de l'oeuvre et de ses particularités linguistiques, édition des trois versions attestées du poème et glossaire étymologique intégral du vocabulaire) et une plus récente avec des gloses marginales très utiles. La traduction de Tolkien m'a aussi servi mais surtout pour me "mettre dans l'ambiance" ainsi que pour quelques passages difficiles.

Pour la grammaire je me suis référé au manuel de moyen anglais de Fernand Mossé lorsqu'il y a eu besoin. La grammaire du moyen anglais n'est pas considérablement différente de la langue moderne et l'on est en terrain en bonne partie connu, mais certaines formes nécessitent quand même qu'on s'y familiarise.

Concernant la forme, j'ai naturellement repris la forme habituelle du lai narratif en français, à savoir l'octosyllabe à rimes suivies.

On y accède par ici. J'espère que vous goûterez ce petit voyage en Féerie :)

Bertrand

rebeca
Inscription : Feb 2004
Messages : 545

Nous pouvons lire fort souvent
Grâce à l'adresse de Bertrand
Maintes ballades éternelles
En notre langue maternelle.
Sans cette aimable traduction
Pour nous point de compréhension
Toujours avides de détails
A propos d'un si bon travail
Il nous faut poser la question :
Junon dont il est fait mention
N'était-ce point une déesse,
Connue comme Héra en Grèce
Pourquoi alors le long poème
Chante dans le vers qui s'ammène 
Poursuivant le quarante-trois
Que Junon avait nom de roi? 

Rebeca et Gurth



sosryko
Inscription : Mar 2002
Messages : 2 002

Voici ce qu'on peut lire dans une étude consacrée au poème :

« L’expression King Juno (Roi Junon) qui peut paraître comme une erreur de copiste, ne le serait peut-être pas. En effet, outre le sens de « roi, monarque en titre », le mot king a été utilisé (vers 1300-1325) pour se [275] référer à une reine en titre, celle qui détient le pouvoir (et non pas l’épouse du roi), soir « a reigning queen ».
L’élément important dans ces deux vers est le fait qu’Orfée par une telle généalogie se voit attribuer une double origine, ouranienne et plutonienne, faisant de lui un prétendant et un rival du roi des fées. »
Le substrat celtique du lai breton anglais Sir Orfeo, Marie-Thérèse Brouland, Paris, Didier Erudition, 2000, p. 274-275.

L’auteur de renvoyer en note à l’entrée « King » du Middle-English Dictionary (1961) de Hans Kurath et Sh. Kuhn : « outre le sens de “king, monarch”, le dictionnaire donne celui de souveraine “a reigning queen” (une reine en titre, et non pas l’épouse du roi) (circa 1325 ou c. 1300 ; aussi l’expression womman King (Glo. Chron. A869 [???] : Hennin & Morgan) » (note 9, p. 434).

Sinon, un grand merci à toi, Bertrand, pour cette belle traduction que tu mets à la disposition de tous. J'ai l'impression de (ré)entendre ta voix dans le calme d'une nuit d'été... mais c'était peut-être un rêve, qui sait ? ;-)

vincent
Inscription : Aug 2000
Messages : 1 436

bravo Bertrand pour cette réalisation réjouissante !
amicalement
Vincent

Feartanel
Inscription : Dec 2003
Messages : 194

Merci Bertrand, c'est un très beau cadeau que tu nous fais là. Quelle précision, quelle minutie, quel travail d'orfèvre ! C'est vraiment impressionnant. :-)))

Au milieu de tant d'équilibre, je crois avoir relevé quelques irrégularités (?) :

« Deux demoiselles, en matinée, » — je compte 9 (avec le 's' ?)
« Dans salle en pleurs et en cris ; » — je compte 7
« - Cet homme ! dirent-ils, voyez-le ! » — je compte 9 ('di-rent-ils' au lieu de 'dir-tils' ?)
« C’était il y a dix ans au moins. » — je compte 9 ('il-y-a' au lieu de 'il-ya' ?)

Et deux coquilles ?

« De mes biens traitez à bon droit. »
« Comment lors ds’exila leur roi, »

Dis-moi si je suis dans le faux...
Enfin, surtout, bravo pour le souffle que tu donnes à ce lai !

Maël.

Moraldandil
Inscription : Dec 2001
Messages : 822

Alors, pour le décompte des syllabes : je me suis effectivement permis quelques licences par rapport à une diction tout à fait classique. D'abord, de ne pas compter des e muets devant une pause assez forte : d'où Deux demoiselles, en matinée et Cet homme ! dirent-ils, voyez-le !, qui sont à dire avec Deux de-moi-sell', en ma-ti-née et Cet homm' ! di-rent-ils, voy-ez-le !

Je me suis aussi permis la synérèse usuelle de "il y a " en "il ya"... sans oser toutefois l'écrire, mais la prononciation voulue est bien en deux syllabes.

Les deux coquilles en sont bien bien :) et il faut y ajouter Dans salle en pleurs et en cris, à lire bien sûr dans la salle. Je vais corriger ça. Merci d'avoir attiré mon attention dessus !

B.

Feartanel
Inscription : Dec 2003
Messages : 194

Merci de ces précisions. :-))