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L'une des occurrences d'Ambar [Ety/MBAR-] donne le grec (?) oikoumene ; quelqu'un peut-il m'en dire plus sur ce mot ? signifie-t-il la Terre ? A-t-il un sens, une précision ou une connotation particulière ? Jérôme |
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Bonjour Jérôme, Oikoumene ne désigne pas tout à fait la Terre. Ce terme a un sens particulier: Pour les Grecs, c'est la partie du monde habité par les hommes civilisés et non parcourue par les Barbares. En géographie moderne, le terme désigne les espaces de la planète habités en permanence et mis en valeur, par opposition aux espaces pionniers (Grand Nord canadien, Extrême-Orient sibérien, terres antarctiques) Citation trouvée sur Créteil Cette occurence ne se trouverait-elle pas dans la letters n°211? Vinch', heureux de t'aider, pour une fois :-) |
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Jérôme |
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Comme j'aime bien creuser un peu, j'ai trouvé un bulletin d'information de l'église orthodoxe qui mentionne le fait que le terme "oikoumene" a également été utilisé pour désigner l'ensemble de la chrétienté (par opposition au reste du monde ne reconnaissant pas le Christ). Il a également désigné les sept conciles universels de son histoire, mais là, je dois avouer mon ignorance sur ce point. Le terme oecuménisme est tiré de cette racine. Vinch' |
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Henry George Liddell, Robert Scott, A Greek-English Lexicon oikoumen-ê (sc. gê), hê, inhabited region, v. oikeô A. 1 ; then the Greek world, opp. barbarian lands, D.7.35 ; pasa hê oi. Id.18.48 ; in Arist.Mete.362b26, hê oi., = the inhabited world (including non-Greek lands, as Ethiopia, India, Scythia), as opp. possibly uninhabited regions, cf. Cleom.2.1 ; in Arist.Mu.392b26, hêde hê oi., = our world (= Asia, Libya, Europe); oikoumenai worlds, ib.31 ; hê philia perichoreuei tên oi. Epicur.Sent.Vat.52 ; sou (i.e. Ptolemy 11 or 111) tês oi. pasês basileuontos PSI5.541.7 , cf. LXX 1 Es.2.3 ; loosely, the whole world, Hyp.Eux.33 (prob.), Antiph.179, PMag.Lond.121.704, Luc. Halc.3, Ath.8.350a : so perh. in some passages cited under 11. II. the Roman world, ho agathos daimôn (etc.) tês oi., i.e. the Emperor, OGI666.4,668.5, POxy.1021.5 (i A.D.), CIG2581-2,4416,Ev.Luc.2.1, Act.Ap.17.6, 24.5, Sammelb.176.2 (ii A.D.), Gal.10.7, Luc.Macr. 7. III. hê oi. hê mellousa the world to come, i.e. the kingdom of Christ, Ep.Hebr.2.5.
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Nos posts se sont croisés :-) Et comme la référence des Letters t'intéresse: I have, I suppose, constructed an imaginary time, but kept my feet on my own mother-earth for place. I prefer that to the contemporary mode of seeking remote globes in 'space'. However curious, they are alien, and not lovable with the love of blood-kin. Middle-earth is ... not my own invention. It is a modernization or alteration ... of an old word for the inhabited world of Men, the oikoumene .... Many reviewers seem to assume that Middle-earth is another planet! (Letters, n°211, p. 283) Cette citation, viens de l'article de Didier sur l'Uchronie: Vinch' :) |
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Jérôme |
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Il faudrait établir des feux à ce croisement :-D |
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:)
Cela ne fait pas mes affaires :) :) :) ... Bien sûr, rien ne prédispose Ambar dont le sens propre I est voisin de celui d'oikoumen-ê, à être surchargé comme lui du III : la proximité avec la racine √MBARAT 'destin' et surtout l'utilisation dans Ambar-metta ne l'y prête guère ... mais bon ... je ne suis pas sûr maintenant qu'Ambar était le mot elfique le plus adéquat pour désigner (dans un registre théologique) le Monde = "tout ce qui tient éloigné d'Eru" ;)
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Pas des sens secondaires, Jerôme, juste plus tardifs, par extension: les premier sens donnés concernent surtout des textes grecs, notamment classiques (avec dejà déjà des glissements de sens), le II est le sens à la période romaine, et le III est ici une référence aux textes bibliques, en l'occurrence les épîtres). Quant au sens de Ambar en elfique, il me semble qu'il est précisé en particulier dans l'Ambarkanta. Peut-être aussi regarder (de très vague mémoire) dans les "Myths transformed" in Morgoth's Rings. Didier. |
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Je complète mon message. Arda, Ambar, Kemen, Menel Globalement, la distinction Arda vs. Ambar n'est pas des plus claires dans les textes. Dans l'Ambarkanta, Ambar apparaît comme une innovation, ainsi que le note CJRT: le terme n'apparaît pas dans le Silmarillion contemporain. Il désigne la Terre, l'Oikoumenê, dont la Terre du Milieu (Middle-earth) n'est à proprement parler qu'un continent, appelé Endor ou Ambar-endya. On retrouve le même principe dans les Etymologies, avec simplement d'autres formes. Plus tard, dans les Myths transformed et l'Athrabeth Finrod ah Andreth, Arda désigne "le Système Solaire" (= Kingdom of Arda") et Ambar [< Imbar] "la Terre". Quant à tenn' Ambar metta, je reprends ce que j'ai cité dans un autre fuseau histoire d'être complet ici: Dans VT/44 pp. 31-38, nous avons diverses tentatives de Tolkien pour traduire en quenya le "Gloria in Excelsis Deo", sous lequelles apparaissent des fragments qui aboutissent (à quelques mots près) à la phrase prononcée par Aragorn (et earello ... tenn' ambar-metta). Bien que ces fragments n'appartiennent pas formellement au Gloria, l'écho biblique est évident; ainsi dans une première version ter yénion yéni "through years of years" renvoit de toute évidence au latin in saecula saeculorum ("pour les siècles des siècles"). A noter que la distinction avec Kemen "la Terre" n'est pas plus claire. Dans les notes liées aux Myths transformed, Kemen semble être le sol (sous le ciel, sous la voûte céleste, Menel), mais dans le Pater Noster, en quenya comme en sindarin (Ceven) il est utilisé pour "sur la Terre comme au Ciel" (Menel prenant alors le sens de "Heaven"). Dans les Etymologies, Kemen désignait plutôt la terre comme matière (cf. kemnaro "potier", et aussi Yavanna Kementari). Enfin, on a déjà noté la parenté apparente entre la racine MBAR- "terre" et la racine MBARAT- "destinée", avec une contradiction de forme dans les Etymologies qui donnent Q. umbar "destin" mais Turambar (apparemment ré-écrit par dessus Turumbar). Certains considèrent que le rapprochement tient au fait que pour le destin des Elfes est de vivre tant que le monde dure, et que les deux concepts sont donc liés. Du reste, il n'est pas évident que Tolkien ait eu une idée fixe sur le sens de ces différents termes, et qu'il faille leur chercher un sens précis (théologique ou autre). Didier. |
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Jérôme |
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snif ... le test 9 m'avait promis que ça marcherait ... Honte à moi :| |
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√KEM sol, terre. soil, earth. [Ety/363] √GAR † contrôler, posséder. ? reliée à GAR(AD)- † control, posses. ? Linked to GAR(AD)- [Ety/360] √MBAR habiter, résider. dwell, inhabit. [Ety/372] |
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Sur un plan astronomique le "Monde" peut faire référence à trois concepts distincts : Ëa l'Univers > Arda ~ la Terre + Système Solaire > Imbar la (planète) Terre (variante de Ambar ?) [MR/387]. Sur un plan philosophique ou théologique, Arda renvoie sans doute au Monde, dans le sens du Monde créé par Eru et confié aux Valar puis à Ses Enfants, objet d'émerveillement et d'amour. Arda d'ailleurs s'étend dans l'espace pour désigner tout le système solaire, et au-delà du Temps en Arda Alahasta et Arda Envinyanta. Ambar apparaît plus neutre dans sa désignation du Monde, dans le sens du Monde vécu : c'est l'Habitat ou le Monde habité. Ambar apparaît plus strictement limité à la fois dans l'espace (à la Terre) et dans le Temps (à Arda Hastaina). Peut-être Ambar pouvait-il aussi servir à désigner par métonymie ce qui l'habitait, soit l'utilisation faite en français du mot Monde pour désigner à la fois la planète Terre et l'Humanité. |
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DICTIONNAIRE HISTORIQUE MONDE n. m. est emprunté (1135) au latin mundus dont l’évolution phonétique avait donné l’ancien français mont (xè s.), doublet populaire encore très usité aux xiiè-xiiiè s., puis évincé par la forme empruntée, notamment à cause des homonymies. En latin, mundus couvre en réalité deux (ou trois) mots différents; un adjectif mundus "propre, élégant" ( • Monde est d’abord relevé dans un sens général pour "ensemble des choses et des êtres créés", réalisé notamment dans des locutions comme depuis que le monde est monde (1549) et ainsi va le monde (1640). ¸ A partir du xviiè s., le mot est appliqué plus abstraitement à un ensemble complexe et important (1651), à un ensemble de choses formant un domaine particulier (1657-1662, le monde visible), puis à tout corps céleste, considéré comme un tout (1672). ♦ Dès les premiers textes, monde désigne aussi le globe terrestre. C’est en ce sens qu’on l’emploie dans les locutions c’est le bout du monde (1672) et courir le monde "voyager partout" (1690). Le mol se restreint à l’acception "partie du globe terrestre", d’abord dans l’expression le Nouveau Monde (1516), laquelle correspond aux premières grandes découvertes géographiques par l’Europe de la Renaissance et produira, par opposition, celle d’Ancien Monde (1690). Il renvoie plus particulièrement à la Terre considérée comme lieu de la vie humaine: la naissance est exprimée par les locutions venir au monde (1560) et mettre au monde (1671), tandis que la mort suscite à la fois l’expression autre monde (1585) et la locution n’être plus au monde (1671), devenue … de ce monde. ♦ Dès le xiiè s., (1145), monde est employé par métonymie pour désigner la communauté humaine vivant sur Terre. Il désigne aussi, de façon plus restrictive, une catégorie d’êtres humains (1589) et plus spécialement, avec le développement de la société de cour et en relation avec mondain, la société prise sous son aspect de luxe et de divertissement (1584). Ce sens se répand au xviiè s., époque où apparaissent les locutions savoir son monde (1612) aujourd’hui disparue, le grand monde (1640) et homme du monde (1644). ¸ Parallèlement, monde exprime l’idée neutre et vague de "personnes" dès 1135 dans toz li mon "chacun", forme archaïque de tout le monde (fin xvè s. dans Commynes). La même expression réalise aussi l’idée de "n’importe qui, le premier venu" (1585) dont procède Monsieur Tout-le-Monde (1881). C’est à partir de ces valeurs que les créoles français, formés aux xviiè- xviiiè s., ont timoun ("petit monde") pour "enfant". ♦ A partir du xviè s., monde est donc pris pour "les gens", précédé du partitif du (1530). Il désigne une société plus choisie dans avoir du monde (chez soi) [1689] "avoir des invités", mais aussi, soit les domestiques avec un article possessif (1605, emploi classique), soit les amis, la famille (1645). Cet emploi peut être qualifié (le, du beau monde, du drôle de monde, familier). ♦ Enfin, le sens religieux, par lequel monde s’entend, en relation avec mondain, pour "le siècle, les activités profanes opposées à la vie spirituelle", est également attesté depuis l’ancien français (apr. 1250). […] |
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Arda en revanche est plus vaste, et correspondra plus à l'usage en français que l'on peut faire de la Terre, dans le sens de : il s'agit de notre histoire, l'histoire de notre Monde, l'histoire de notre Terre (dans une optique théologique : qui nous a été léguée). Les Eldar parlent du Conte d'Arda pour l'ensemble de "l'aventure terrestre" je dirais. J'ai ainsi le sentiment que le mot Ambar désignant à proprement parler le "monde terrestre, terre" pourrait très bien se prêter par métonymie à désigner les habitants de la Terre, mais c'est en revanche quelque chose que j'ai du mal à imaginer, sentir, pour Arda, à cause du contexte dans lequel ces mots sont employés, à cause aussi de la linguistique. Si on me parle de "toute l'Arda" je pense "création". En fait, j'ai l'impression que Ambar, dans son contexte, porte une grande partie du sens porté par le grec 'kosmos' lorsque celui-ci a cessé de désigner seulement l'univers (en elfique Eä (Ilu?) ) pour désigner le "monde terrestre, terre". De ce fait, il se prête(rait) sans problème à une évolution similaire, jusqu'à la connotation péjorative de "profane, tout ce qui n'est pas d'Eru' (... sauf :) ... sauf s'il existait un mot dont nous n'avons pas connaissance). C'est peut-être gênant de le détacher du grec oikoumen-ê ou plus exactement des sens que ce mot a pris, y compris celui du 'Royaume du Christ'. Mais je crois que le mot oikoumen-ê a été utilisé par Tolkien dans les Etymologies pour *décrire* Ambar, et ce uniquement à l'aide du sens premier d'oikoumen-ê (comme à chaque fois qu'il emploie le mot, cf. lettre n° 183 : " the abiding place of Men, the objectively real world, in use specifically opposed to imaginary worlds (as Fairyland) or unseen worlds (as Heaven or Hell) " ), sans exiger d'Ambar la même évolution (monde à venir). Pour parler d'un monde à venir, régénéré, etc... les Eldar utiliserait sans doute exclusivement Arda (cf. Arda Envinyanta), le sens de 'Royaume' y étant très fort (contre le sentiment plus passager et limité 'd'habitation' pour Ambar - sans parler de la conjonction avec √MBARAT- 'destin' (et pas forcément positif je crois ?)).
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Tout cela me semble bien compliqué. "De ce fait, il se prête(rait) sans problème à une évolution similaire, jusqu'à la connotation péjorative de "profane, tout ce qui n'est pas d'Eru'" Dans quel but lui 'prêter' ce sens? J'avoue avoir du mal à suivre ton raisonnement (et c'est en outre supposer un système terminologique établi, sans polysémie, qui ne me semble pas apparaître clairement dans les textes, contradictoires). Didier. |
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Je ne trouve pas que le système induit soit sans polysémie ; en revanche il est clair que je suis bien entrain d'établir un système terminologique, comme tu dis, qu'il n'appartenait qu'à Tolkien de poser, donc ... au vu du peu d'éléments objectifs à notre disposition, bonjour les biais et les imprécisions. Je ne peux pas étudier la question convenablement, du moins en l'état (trop de choses en tête, et trop peu de temps devant moi). Jérôme :) |
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Jérôme, je te souhaite de bonnes vacances et j’espère qu’elles te fourniront le temps et le calme nécessaires pour tes activités d’omnivore ;-) Et à propos de régime alimentaire, si tu passes par la Bretagne, mon offre au sujet d'un verre tient toujours ;-) Vinch' |
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Diantre, je ne vois pas trop le rapport avec l'oikoumenê, même en petits caractères. Didier - entre deux congés au vert aussi :D |
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Et bien Jérôme ayant annoncé ses vacances sur le fuseau "Frodon à Oroduin" du le Légendaire et ne voulant pas surchargé le dit fuseau en lui souhaitant un bon congé, j'ai plutôt porté mon dévolu à cet endroit. Qui plus est, il semblait vouloir chercher un peu de calme pour songer à tout ça. Enfin, le rapport avec l'oikoumenê? Mais c'est justement en voyageant, que l'on peut explorer le monde et savoir où s'arrête la civilisation et où commence les terres des barbares ;-)) Vinch' ;-) |
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facile, les terres barbares commencent des qu'on quitte la Suisse |
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Sauf quand les barbares viennent à Genève pour faire la fête au G8 :-D Vinch', qui s'excuse platement de tous ces messages hors sujet |
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Tsss tsss... La section Espace Libre est plus adaptée pour ce genre de discussion. Jerôme lui-même le rappelle assez souvent à d'autres... Un peu de détente est toujours bienvenue, mais je ne suis pas persuadé que 'plomber' un sujet comme celui-ci (qu'on voudra peut-être même compiler un jour) est vraiment un bonne chose pour un forum 'sérieux' comme JRRVF. -- D |