|
Le Seigneur des Anneaux comporte de très nombreux personnages, certains ayant un rôle important, d’autres un rôle secondaire, et d’autre n’ayant aucun rôle du tout mais étant là tout simplement. Parmi ces derniers, on peut compter la foule des invités à la réception d’anniversaire de Bilbo qui sont quasiment tous cités un à un : Fouine, Bolger, Sanglebuc, … et Fierpied. Dans le roman, l’intervention de ce derniers ne passe toutefois pas inaperçue. C’est une des seules scènes humoristiques du SdA et, je crois, le seul jeu de mot de tout l’ouvrage (pas vraiment drôle à mon avis, mais le SdA a bien d’autres intérêts ;-). Fierpied est cité uniquement dans le premier chapitre du livre, nommé trois ou quatre fois et n’a absolument aucun rôle dans l’aventure, bref, un personnage totalement inutile pour une adaptation, qui suppose faire des coupes et simplification dans le récit et a priori d’éliminer ce genre de personnage superflu. Mais étonnamment, quelque soit l’adaptation, la seule scène où Fierpied intervient a été conservée intégralement.
Chez Bashki, on retrouve Bilbo debout pour son discours, citant tous ses invités et se plantant en donnant le nom de Fierpied. A chaque fois Bilbo refait le même discours, mais se plante différemment (la marque du cinéaste) : Fierpeton chez Jackson (assez bien approché), Fierbras ! chez Bakshi (traducteur au rabais ;-) ou Mercier chez LotRingards. Bref on a droit à 10 minutes de scène inutile, au même jeu de mots sans intérêts, là on aurait aimé voir les Hauts de Galgals ou le nettoyage de la Comté. Je m’interroge encore… |
|
Un petit "up" à la Lamberte... et en passant, on y avais pas pensé, à cette scène là, dans ce fuseau-ci ;) je me permets de le faire remonter du coup :) |
|
On peut noter, cher Gilles, que ce n’est pas le seul jeu de mot glissé par Tolkien dans son roman. Le contraire eût été étonnant de la part d’un philologue aussi expert qu’astucieux. En effet, on retrouve de tels exercices ludiques dans les homographies/homophonies (que Tolkien s’amusait à qualifier de purement fortuites) des mots orthanc (sindarin : « hauteur fourchue ») et orthanc (vieil-anglais : « habile stratagème ») ou le quenya incánus (un des noms de Gandalf) et le latin incanus (aux cheveux blancs). Même chose pour l’origine du nom de Smaug qui est le parfait du verbe germanique primitif « smugan » (se glisser dans un trou). Le jeu de mot Proudfoots/Proudfeet de la fête de Bilbo est sans doute le plus flagrant et le plus accessible, et donc le moins flatteur pour l’esprit. Ce qui le rend probablement moins drôle au premier abord, une sorte de « mauvaise blague de philologue » pour reprendre les termes de Tolkien à propos du nom Smaug (Lettres, 25) Mais l’intérêt de la scène ne réside pas forcément dans la forme d’humour qui y est pratiquée. Je partage ton interrogation en ce qui concerne le décallage entre l’adaptation exhaustive de la scène du discours de Bilbo par Ralph Bakshi dans son film de 1979 et la suppression de l’univers de Tom Bombadil. Toutefois l’apparente superficialité de l’intervention du père Fierpied dans le roman de Tolkien voile peut-être un peu plus de profondeur. Une profondeur sur laquelle je souhaiterais m’attarder un peu, afin d’apporter un éclairage sur ce qui aurait pu motiver le choix de Ralph Bakshi. La famille Fierpied/Proudfoot a joui d’une véritable étude de la part de Tolkien. Puisque je me suis permis d’évoquer les brouillons du Seigneur des Anneaux, il est interessant de constater que le passage de l’intervention de maître Fierpied a subi très peu d’évolutions entre les premiers manuscrits de 1938 et la version publiée en 1954. Dans HoME VI où figure la première version du chapitre A long-expected party, on peut lire les passages suivants : 'My dear people,' began Mr Baggins. 'Hear, hear!' they replied Dans la version 2, le premier paragraphe est identique. Seule la suite des circonstances de la disparition de Bilbo (il ne se marrie plus et disparait avec son anneau) apporte des modifications au récit : He stepped down. One hundred and forty-four flabbergasted hobbits sat back speechless. Mr Proudfoot removed his feet from the table. Mrs Proudfoot swallowed a large chocolate and choked. Dans la version publiée en 1954, Mme Fierpied n’apparaît plus. S’il y perd sa femme, M. Fierpied y gagne un prénom : Odo (Odon dans la VF) He stepped down and vanished. There was a blinding flash of light, and the guests all blinked. When they opened their eyes Bilbo was nowhere to be seen. One hundred and forty-four flabbergasted hobbits sat back speechless. Old Odo Proudfoot removed his feet from the table and stamped. Then there was a dead silence, until suddenly, after several deep breaths, every Baggins, Boffin, Took, Brandybuck, Grubb, Chubb, Burrows, Bolger, Bracegirdle, Brockhouse, Goodbody, Hornblower, and Proudfoot began to talk at once. Cité à plusieurs reprises et dans des circonstances assez simillaires selon les versions, Odo Fierpied apparaît comme une figure locale, un personnage charismatique, patriarcale et à fort caractère, à grosse voix et sans grande gêne comme on peut en rencontrer à toutes les grandes fêtes familiales. Notons au passage que Bilbo persiste sur ‘Proudfoots’ pour faire aussi écho à sa conversation avec Gandalf : Quoi qu’il en soit, doit-on lire dans ces attitudes une sorte de concurrence familiale entre deux cousins âgés ? Après tout, le retour de Bilbo après l’expédition d’Erebor n’a pas dû irriter seulement la branche des Sacquet de Besace… le ressentiment se retrouve peut-être dans une moindre mesure chez les Fierpied. D’ailleurs, on peut constater que par la suite, Bilbo n’a pas réservé de cadeau à son cousin ou à un des membres de cette branche de la famille. De même, l’exploration forcenée de la cave de Cul de Sac par Sancho, le petit-fils, se termine par une empoignade avec Frodon. Autre indice d’une rivalité familiale ? Notons enfin que l’honneur qui est donné aux Fierpied d’intervenir en personne dans le récit du roman contraste avec leur absence de l’analyse de leur patronyme dans les études des futurs appendices auxquels se consacre une partie de HoME XII. Ils figurent pourtant bien dans les listes familiales régulièrement déclamées par Tolkien dans ses écrits. Ainsi dans la Lettre 25 du 20 février 1938 adressée au rédacteur en chef de the Observer et publiée sans l’assentiment de JRRT dans ce journal 'The full list of their wealthier families is:
En ce qui concerne la présence d’un Fierpied chez Peter Jackson, je vous épargne un laïus supplémentaire et inutile. D’une part parce que je n’ai guère envie de m’attarder une fois encore sur la « trilogie du siècle », et d’autre part parce que chacun sait que de très nombreuses scènes de la Communauté-TM – dont celle de « Proudfeet/Proudfoots » – sont de vulgaires copié-collés sans imagination et sans intérêt artistique des scènes du film de Bakshi Amicalement I. |
|
Quand on disait que les Hobbits étaient intarissable dès qu'il s'agissait de parler généalogie... Je n'aurais jamais pensé à tout ça :) Merci Isengar :) S. -- avant de |
|
Dans l'adaptation du jackson, |
|
Pour ma part, le moment que je trouve le plus drôle dans le Seigneur des Anneaux, c'est quand Rosie Cotton reproche à Sam de laisser Frodon au moment où les chose comment à être dangereuses ! Et à propos de jeu de mot, j'ai lu ce WE dans les "Lettres" que le nom de Sam "Gamgee" viendrait d'une marque de coton... |
|
J'ai abordé en complément l'aspect plus linguistique de la plaisanterie dans la section traduction, fuseau Proudfoots et Proudfeet. |
|
Je sais qu' il est tôt pour une première visite. On peut d' ailleurs proposer avec ,certes, un travail de réflexion intense : 1 : chez les Elfes ce jeu de mots eut été de fort mauvais goût Ceci me permet ,M. I. , de rebondir sur la naissance des Orques. Ce sont en effet des Elfes dénaturés à ce qu' il semble. On peut imaginer que dans son entrain à la torture, Mr Morgoth ait "dérapé" et leur ait supprimé tout appareil génital. IL fut peut être forcé alors à les faire naître dans de la pâte à prout. Un petit mot pour Lenwë Elenya: Je suis complètement d' accord avec toi. Le 3ème opus fut bien trop long , et les 2 premiers aussi. Tellement qu' il a plein de passages inutiles dans ces films. Mais contrairement à toi je pense qu' il aurait dû enlever tout le début: le film aurait pu commencer au bac, ou mieux encore à Amon Sûl. Je pense qu 'il aurait pu coupé également l' histoire de la combe jusqu' à la Moria en écourtant les scènes inutiles de cette grotte( c' est vrai, on a l' impression qu' ils y passent des heures !!) puis tout de suite après enchainer le gouffre de Helm, le siège de Gondor et la dernière bataille super chouette et tout et tout !!! Et puis ,générique parce qu' on s' en bat de savoir ce qui se passe après vu que les gentils , eh ben, y z'auraient gagné. Voilà ce qu' il aurait fait du chef d' oeuvre littéraire " LA GUERRE DE L' ANNEAU " le petit jackson ,s 'il avait eu le courage ! PS : M. I. , je me dis que si j' avais troqué Proudfeet contre Bombadil,les Galgals, et que Elrond n' apporte pas en personne son couteau à Aragorn, j' aurais vendu mon âme au diable. Don't worry, Be happy. |
|
J epense que P.Jackson à cherché la Facilité, en effet, le passage avec Tom Bombadil aurait été si bien ! j'ai été déçu de ne pas le voir. Mais il préférait mettre quelque passage inutile ou de grand batailles, plutôt que des moments sans grande action et pourtant intéréssant. Mais si quelqu'un est riche, et veux refaire un film ! je suis de tout coeur avec lui ^^ |
|
Oui enfin les 15 secondes de M.Fierpied ne sont pas incompatibles avec Tom Bombadil non plus... ;) |
|
Et on a déjà eu l'occasion de voir ici que la non-adaptation de Tom Bombadil était une chance. Ainsi, ce personnage et son attachant et féérique petit monde n'ont pas été aseptisés, galvaudés, dégradés, saccagés, etc... par la "Trilogie" du siècle comme l'a été tout le reste du roman. I. |
|
Certes, Tom Bombadil semble de manière générale destiné a échapper aux massacres.ce personnage m'a toujours fasciné... indescriptible! Mais pour revenir aux pointes d'humours dans SDA, avez_vous déjà oublié les réflexions mordantes de Gandalf a Peregrin? Devant la porte de la Moria notamment. De même que le commentaire d'un des invité de bilbo, qui ne s'émeut pas outre mesure du départ de ce dernier pourvu qu'il 'n'emmène pas la boustifaille'. Je pense pas que cette oeuvre soi totalement dénuée d'humour. même si dieux merci Tolkien n'a jamais été suffisamment pété du casque pour inclure des scènes ou légolas fait du surf sur une planche de bois pour descendre un escalier ( en plaine bataille en plus).Et oui, souvenez-vous de cette super blague de PJ... Affligeant, non? |
|
Permettez ?Il y a des tas de touches d'humour dans le SdA de Tolkien (j'admets être particulièrement frappée par mon Roi se fichant gentiment de Merry aux Maisons de Guérison) Pour "Fierpied", ça prend deux secondes dans le film (comme le surf de Legolas, d'ailleurs, qui me semble plus une scène interneto-rejetée que vraiment mauvaise, et pas affligeante du tout) |
|
Et pourtant, elle l'est ;p Bisou |