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Force est de constater que le Sda ou le Silmarillion mettent en évidence une dualité entre Force du Bien et Force du Mal. Pour certains lecteurs, cela peut paraître infantilisant comme état d'esprit; pour des fans puristes, ces 2 oeuvres ne sont pas manichéènnes, pour d'autres tolkienophiles, cela ne les dérange pas. Qu'en pensez-vous ? |
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Des oeuvres manichéennes ? Oui, certes, sur le fonds on peut le voir ainsi. Mais les réduire à cela, définitivement non ! ;-) La lutte du Bien et du Mal en devient même presque accessoire à la vue de tous les autres aspects que décrit T. Si on aime Le Seigneur des Anneaux, c'est pour tout ce qui gravite autour de la destruction de l'Anneau. La fin n'a pas d'importance, ce sont tous les épisodes qui conduisent à la fin du récit qui nous font tant réagir. Que dire des paysages merveilleux, des personnages à la personnalité charismatique tels que Gandalf, Galadriel, Aragorn ? Et les langues ? Les aspects magiques ? Les doutes des héros sont d'une importance vitale à découvrir. Les hésitations de Gollum/Sméagol, celui de Boromir, etc. Ce n'est pas un combat du Bien contre le Mal auquel nous avons affaire ici. Il s'agit d'un pur débat intérieur, personnel. Certains sauront trouver la force d'âme pour résister à leurs tentations comme Frodo ou Galadriel. D'autres failliront comme Denethor ou Saruman. Un des faits les plus marquants est également la profondeur historique de donne Tolkien à ses récits. Lorsqu'il écrit sa Genèse d'Arda dans le Silmarillion et l'Ainulindalë, Tolkien ne raconte pas un antagonisme quelconque. On pourrait développer d'autres aspects à l'infini qui iraient dans le sens que je veux donner. Tolkien n'est, ne peut ni ne doit pas être uniquement considéré comme un auteur manichéen ;-) Cédric |
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Je partage l'avis de Cédric pour dire que les personnages de Tolkien ne se répartissent pas aussi facilement entre le Bien et le Mal. D'ailleurs, en rigueur de termes, le Légendaire reste étranger à tout manichéisme. Cette doctrine (devenue par la suite une grande religion orientale) fondée par le perse Manès (ou Mani, 216-277) affirme que tout est régi par la dualité de deux premiers principes antagonistes. La lumière (= l'ordre = Dieu) s'oppose depuis toujours aux ténèbres (= chaos = la matière). Les deux grands textes fondateurs sont le Shabuhragan (sur les deux premiers principes) et la Pragmateia (cosmologie manichéenne). En outre, si l'on voulait s'en tenir finalement au sens très large et dérivé de manichéisme comme simple opposition tranchée entre le bien et le mal, cette conception serait encore, il me semble, peu appropriée pour les œuvres de Tolkien. Verlyn Flieger, dans Splintered Light (1983), a montré à quel point l'opposition entre la lumière et les ténèbres connaissait de déclinaisons, de variations et de nuances. Pour le dire de façon sommaire, au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la création d'Arda, la lumière se disperse, s'éclate, comme à travers un prisme, et elle se confronte à autant de types de ténèbres. Verlyn Flieger étudie alors plusieurs personnages du Légendaire pour montrer à quel type de lumière et/ou d'ombre ils appartiennent. Il serait donc préférable de parler d'antagonismes au sein de l'œuvre plutôt que de manichéisme. Sébastien |
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Je suis tout à fait d'accord avec toi, Cédric. Mais, mis à part ce débat intérieur auquel tu fais référence, j'ai pû noter plusieurs symétries manichéennes dans le roman. Ce n'est pas un reproche fait à Tolkien, je constate juste que la structure narrative du SdA sous-tend un manichéisme. Je n'ai pas les moyens, à l'heure qu'il est, de trouver des exemples, mais ceux-ci viendront en temps et en heure. |
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Avis aux contreversés : Voici ma réfléxion sur le manichéisme du SdA (j'emploie ici le terme ds son acception moderne et non en tant que doctrine): Le monde du SdA est nettement diversifié : il contient en son sein une foule de races et de microcosmes différents. Mais il est, selon moi, nettement divisé : cette division est d'ailleurs à l'origine du conflit titanesque qui s'enclenche ds le roman de Tolkien. Le SdA apparaît ainsi comme un récit élémentaire, car « il comporte 2 types d'épisodes : ceux qui décrivent un état d'équilibre ou de déséquilibre, et ceux qui décrivent le passage de l'un vers l'autre » (je cite ici Tzvetan Todorov, "Intro à litt. fantastique"). Partant de ce constat (simpliste mais qui a le mérite d'être clair), ce schéma fondamental suppose, ds le cas du SdA, une scission entre 2 adversaires, illustrée ds le roman par la lutte ancestrale du Bien et du Mal. La Tdm est dc 1 vaste échiquier, sur lequel s'affrontent des pions blancs et noirs. Gandalf ne dit-il pas : « Le tablier est disposé, et les pièces bougent » ? (SdA, p. 814 du bouquin illustré par Alan Lee). L'évolution du conflit ne peut alors se réaliser que par une anithèse archétypale, une lutte entre deux civilisations, fortement opposées ds toutes leurs représentations : la narration du SdA est dc codifiée par un manichéisme flagrant. Elle constitue l'une de ses structures mentales, mais pas l'unique, bien entendu !
D'un pt de vue symbolique, l'opposition manichéenne entre Forces du Bien et Forces du Mal est illustrée par l'antithèse entre la lumière et les ténèbres. [Frodo]sortit sur les terrasses qui dominaient le flot sonore du Bruinene pour regarder le frais soleil se lever au-dessus des montagnes lointaines et projeter ses rayons obliques au travers de la brume argentée; la rosée luisait sur les feuilles jaunes, et le réseau des filandres scintillait sur tous les buissons. SdA, p. 266 A cette lumière bénéfique, argentée ou dorée, qui scintille (témoin du merveilleux) vient s'ajouter des couleurs bénéfiques et reposantes (jaune et vert en particulier). Les Elfes sont des êtres "illuminés" au sens propre comme au figuré. Ils sont en effet lumineux tant par leur apparence que par leur mode de vie et de pensée. L'argent et l'or prédominent ds leur description, ils st littéralement imprégnés de la lumière des étoiles qu'ils vénèrent et du soleil : les cheveux de Glorfindel et de Galadriel sont dorés, ceux de Celeborn argentés, les yeux d'Elrond ont "en eux une lumière semblable à celle des étoiles", etc. Les Elfes s'opposent de ce fait aux orques (leur contrefaçon), dont la peau est noire et sombre. Les ténèbres, le noir impénétrable ou encore les ombres sont l'apanage des forces du mal. Les noms propres qui leur sont attribués parlent d'eux-mêmes : le titre de "Seigneur Ténébreux" revient à Sauron; son pays, le Mordor, se fait appeler Terre Noire. Les noms maudits et associés au mal, lorsqu'ils sont prononcés tout haut, laissent planer une ombre angoissante, rongeant l'âme; comme c'est le cas lorsque Gandalf prononce le poème de l'Anneau en Noir-parler.
Les ténèbres favorisent d'autre part la propagation de la mort. La nuit et le crépuscule apparaissent tjrs comme des moments de troubles où le mal tend à faire son apparition, ainsi que le rappelle Gandalf : « Le péril vient la nuit au moment où l'on s'y attend le moins » (SdA, p. 639) Au dessus, les étoiles étaient serrées ds le ciel obscur, mais il n'y avait pas de lune. SdA, Livre I, ch. III, p. 97 L'obscurité permet en effet aux Nazgûl d'affirmer leur puissance mortelle et d'augmenter la perception de leurs chevaux noirs, psychopompes, auxquels ils sont liés : [...] dans l'obscurité [dit Aragorn], ils perçoivent maints signes et formes qui ns échappent : c'est alors qu'ils sont les plus à craindre. SdA, p. 215 Si les forces sauroniques agissent svt qd l'astre lumineux est à son déclin, elle peuvent aussi masquer le soleil en plein jour. Néanmoins, lorsque l'aube annonce le retour du soleil, l'éclat de la lumière qui s'impose marque la victoire sur le monde ténébreux : Et, au même moment, loin derrière ds quelque cour de la cité, un coq chanta. Son chant [...] saluant seulement le matin qui était ds le ciel, bien au-dessus des ombres de la mort, venait avec l'aurore. SdA, p. 886-887
Ici, le chant du coq magnifie « la puissance bienfaisante du soleil levant, du soleil victorieux de la nuit » (Gilbert Durand, Les Structures Anthropologiques de l'Imaginaire, p. 168). La venue de l'aurore repousse alors le Roi-Sorcier de Morgul et son armée qui s'apprêtaient à envahir la capitale gondorienne. N.B. : J'ai réfléchi à cette scène. Ne trouvez-vs pas que cette lutte pourrait apparaitre comme la revanche d'un combat perdu à l'aube des temps ? Je fais référence au Silmarillion bien sûr : ds cette œuvre, l'Araignée géante Ungoliant détruit les arbres de Valinor en aspirant leur lumière divine. De même, ce monstre absorbera la lumière des Silmarils de Feanor issue de ces arbres.(Cf; "Le crépuscule de Valinor") Or le cristal de Galadriel ne renferme-t-il pas ici cette lumière ? Sam venge, ss le savoir, les elfes du premier Age, non ?
Un autre exemple de manichéisme ? Tout ça pour dire que les pays libres rassemblent autour d'eux des valeurs d'équilibre. Chacun des peuples lutte au nom de grds principes moraux : paix, liberté, harmonie, justice, ordre. L'ordre sera représenté symboliquement d'ailleurs par le nouvel arbre blanc de Minas Tirith à la fin du conflit. Au contraire, les forces maléfiques du Mordor, sous l'égide d'un Seigneur des Anneaux totalitaire, sont régies par le désordre, l'anarchie, l'esclavage, la destruction et la violence. Cf. l'attitude des orcs entre eux et les snagas. Les Forces du Bien sont associées à la Vie : ceci est visible ds la beauté et la fertilité des paysages colorés et florissants des pays libres, évoquant un éternel printemps. (Cf. Lothlorien, Comté ou Fondcombe). La joie de vivre au présent caractérise le comportement hobbit, l'immortalité des elfes est associée à une jeunesse et une beauté impérissables. Ne sont-elles pas appelées "Belles Gens" ? Du côté de Sauron et de ses sbires, tout est mort et affaiblissement. Les orcs et Spectres de l'Anneau sont laids, les monstres violents ou gigantesques. Les paysages du mal ne sont que pure désolation, comme le plateau de Gorgoroth qui n'est rien d'autre qu'un désert glacial, stérile et poussiéreux. De même, les eaux des rivières qui coulent en Mordor sont souillées et imbuvables et l'air y est asphyxiant. La mort égale pollution et dégradation. J'ai dc pu constater, au travers de ces exemples et bien d'autres, que s'engendrait une symétrie manichéenne, que j'ai tenté de retracer : Elfes / Orcs Et j'en passe...
Voilà. Tout ceci pour vs dire que je ne reproche pas à Tolkien cette structure mentale du SdA, mais qu'il ne faut pas nier l'évidence. Certes, Gollum ou Boromir sont ambivalents, mais on ne peut pas nier ces oppositions qui sont, à mes yeux, flagrantes. Bon, je vais au cinéma. @ plus les amis ! Curufinwe |
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J'espère que le film était bien (X-Men en avant-première ?) Beau et long travail Curufinwe. Mais "Qui bene amat, bene castigat"... Voici deux petites remarques donc. Tu parles plusieurs fois de structure mentale. Est-ce bien Tolkien qui pense une opposition si tranchée (simpliste comme tu le dis) entre le bien et le mal, l'ombre et la lumière, ou tes relevés ne sont-ils qu'un effet de la définition initiale que tu suis ? Comme Fangorn l'a dit, Flieger a magistralement montré, dans Splintered Light, que la question était un peu plus compliquée qu'il n'y paraît, notamment pour le rapport des elfes à la lumière. Je voudrais aussi approfondir un autre point. Tu parles des Nazgûl, de la mort qui arrive la nuit, et tu cites ce texte : Et, au même moment, loin derrière dans quelque cour de la cité, un coq chanta. Son chant [...] saluant seulement le matin qui était dans le ciel, bien au-dessus des ombres de la mort, venait avec l'aurore. SdA, p.886-887 On peut aller plus loin me semble-t-il et dire que les ombres de la mort sont les Nazgûl eux-mêmes. Il faut en effet distinguer chez Tolkien entre l'ombre de la mort, qui signifie la peur de la mort, et les ombres de la mort qui sont les Nazgûl. C'est pourquoi ici le matin, l'aurore (le lever du soleil) est au-dessus des ombres de la mort, les Nazgûl dans le ciel. Je reviendrais sur ce détail dans un article (" 'L'ombre de la mort' chez Tolkien" à paraître dans la Feuille de la Compagnie à la rentrée). Les Nazgûl sont aussi, pour faire vite, synonymes de désespoir tandis qu'Aragorn incarne l'espoir, il est Estel. C'est pourquoi il n'a pas peur de la mort et décide de mourir librement en rend le don d'Iluuvatar (cf. Appendice A.I.v du SdA). Si cela intéresse quelqu'un, je peux poster un bref résumé de l'article. A + |
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Je ne comprends pas trop tes idées sur les Nazgûl. Pour l'article, emaile le moi stp, cf. mon adresse email. |
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Entre parenthèses : le film était M.I. 2. |
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D'abord, je voulais dire bravo à Curufinwe pour sa réponse fouillée. L'autre jour, j'essayais de convaincre mon père qu'il fallait ABSOLUMENT lire Tolkien et je lui ai résumé la création du monde du Silmarillion(pas facile); quand je lui ai parlé de la lutte du Bien et du Mal, il m'a demandé pourquoi Melkor était considéré comme mauvais: j'ai pas pu donner de réponse. C'est vrai, il s'est séparé des Valar parce qu'il avait une autre conception du monde: est-ce-que c'est parce qu'il voulait être le chef? c'est pas tout-à-fait mal, étant donné que de toute manière, il y avait déjà Illuvatar comme chef et qu'il a tout imaginé et dirigé tout seul. |
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Le résumé de mon article " 'L'ombre de la mort' chez Tolkien" est posté sur ce forum, dans la Rubrique de la Compagnie de la Comté et de l'Effeuillé. |
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Pour Elwende: Melkor n'est pas "fondamentalement mauvais dès le départ", il le devient (comme Sauron). C'est son désir de posséder, d'être seul maître des choses qui le rend "mauvais", et le met en opposition avec Eru (on peut aussi voir ça comme un désir de liberté). |
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Elwendë, je viens de faire "remonter" des profondeurs du forum le sujet intitulé Corruption (section Terre du Milieu), dans lequel tu trouveras une réponse assez développée de Loki : il s'y fait l'avocat du diable :-)) |
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Merci Fangorn!^ |
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Je reviens sur cette question du manichéisme. Tolkien refuse une conception manichéenne, même au sens faible. Je traduis un passage de la lettre n°154 du 25 septembre 1954 à Naomi Mitchison : Quelques critiques ont qualifié l'ensemble [i.e. le Seigneur des Anneaux] de simpliste, réduit à un simple combat entre le Bien et le Mal, où tous les bons sont seulement bons et tous les mauvais seulement mauvais. C'est excusable, peut-être (bien qu'ils aient négligé en définitive Boromir), pour des gens pressés, et qui n'ont qu'un fragment à lire, sans disposer bien sûr des précédentes histoires des Elfes, qui ont été écrites mais non publiées. Mais les Elfes ne sont pas entièrement bons et ils n'ont pas entièrement raison (...) The Letters, p. 197
Ce n'est pas parce qu'il y a un antagonisme qu'il faut immédiatement l'interpréter en termes manichéens. Lobelia Sacquet en est un exemple représentatif (même si on n'en parle pas très souvent). Mauvaise à force de rancœurs et d'envie, elle est saluée en héroïne lors du Nettoyage de la Comté pour s'être rebellée contre Saruman. Elle meurt d'ailleurs en léguant ses biens à une "œuvre humanitaire".
Si le Seigneur des Anneaux avait été manichéen, Saruman serait resté le chef du Conseil Blanc, Denethor n'aurait jamais désespéré, Boromir n'aurait pas trahi (et ne se serait pas repenti non plus). Gollum n'aurait jamais été un personnage si complexe. Ajoutons à cela qu'un certain nombre de créatures sont plus neutres que véritablement engagées dans la Guerre de l'Anneau. Les Ents, par exemple, ne se décident à intervenir que dans l'intérêt des forêts. Voir, sur ce point, dans la section "Terre du Milieu", le sujet intitulé Créatures neutres. Ne parlons même pas du reste du Légendaire. Le Silmarillion met en relief les luttes intestines entre les Elfes, le repentir (même provisoire) de Sauron, la corruption de Thingol, etc. Bien loin d'être manichéenne, l'œuvre de Tolkien est une leçon d'espoir : tout être mauvais est susceptible de se racheter. Et, inversement, agir droitement est un combat de chaque instant, la justice n'est pas un acquis définitif. Sébastien |
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Toute tentative de résumer le Sda à une oeuvre manichéenne trouve sur sa route un écueil insurmontable: Gollum. Il porte en lui seul toute la dimension non manichéenne du livre. Car c'est bien lui qui sauve les Terres du Milieu. Le 'gentil' Frodon cède au pouvoir de l'anneau à Orodruin, et c'est son double, Gollum, qui finalement détruit l'anneau. Le thème du double est irréductible au thème du manichéisme. Le double est un être qui se définit davantage par ce qui le rapproche d'un individu que par ce qui l'en sépare. Quant au 'gentil' Sam, il est incapable de comprendre ou de pardonner Gollum et se montre particulièrement cruel avec lui plus d'une fois. Enfin, c'est la pitié de Frodon pour Gollum qui les sauve, sa compassion et son refus de le tuer, qui rachètent et sa propre trahison à Orodruin et l'existence dépravé de Gollum. Comme l'avait voulu Gandalf, c'est la pitié qui guide Frodon et la compréhension que ce n'est pas à lui de juger et de condamner Gollum, ce Gollum qu'il aurait pu devenir... Bref, le procès de manichéisme fait à Tolkien est particulièrement injuste. |
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Je suis d'accord avec toi, Fangorn, dans le sens pù les êtres "bons" sont souvent assez ambigues... D'ailleurs, j'ai vu hier soir un reportage très intéressant "Satan une biographie non autorisée", sur planète, vers 1 heure du matin (ttes les meilleures émissions sont à cette heure). Mais comme le dit cédric, ce n'est certainement pas ce qui importe le plus chez Tolkien, mais bien "tous les épisodes qui conduisent à la fin du récit " Pour en revenir à la question d'Elwende Melkor-Morgoth est quasiment le jumeau de Lucifer-Satan, au début ils sont les plus puissants mais leur désir d'égaler leur créateur et leur aspiration à la liberté les condamnent à tout jamais dans les ténèbres... |
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J'ai oublié de préciser: |
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Tolkien, dans la lettre n° 154 du 25 septembre 1954 à Naomi Mitchison, p. 197, fait remarquer à ceux qui voient dans son texte le simple combat du Bien contre le Mal qu'ils ont dû mal le lire. Cédric |
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Je n'ai jamais dit le contraire!! |
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Euh, Nec, je m'en excuse, j'ai dû mal formuler ma réponse. Je n'ai fait là que répéter ce que Tolkien dit à propos de cette quesition, je n'ai pas dit que j'étais d'accord ou non avec toi ;-) Excuses encore pour Fangorn, je citai la lettre 154, je n'ai pas vu que tu l'avais déjà fait. Ma mémoire, Fangorn, ma mémoire, tout fout le camp ;-)) Nec, pour l'affrontement Eru-Melkor, je ne sais pas si l'on peut déjà parler d'une lutte entre le Bien et le Mal. Même si on le pressent, Melkor n'est au moment de la Musique qu'un "acteur" discordant, un Être animé d'autres inspirations et désirs. En cela, on ne peut forcément y avoir le mal. Tout au plus une différence, un discordance. Certes, par la suite, la destruction des Arbres, le vol des Silmarils et le meurtre de Finwë vont faire que Melkor va définitivement basculer vers le Mal. Sans retour possible (mon opinion a d'ailleurs changée sur ce sujet. J'étais auparavant plus pessimiste sur le cas de Melkor. Le sujet Corruption vous donnera également certains éléments de réponse à ce qui nous occupe en ce moment). Comme le disais Fangorn, le manichéisme est la conception dualiste du Bien et du Mal. Je crois que l'on peut dire que le terme que nous avons choisi, manichéisme, n'est pas correct puisque nous sommes tous d'accord pour dire que la séparation n'est pas si aisée. A mon sens, "Le Seigneur des Anneaux" aborde les choses plus facilement. L'affrontement Bien-Mal est plus évident. Mais pour ce qui est du "Silmarillion", c'est autrement plus compliqué. Que ce soit à travers ma tentative d'illustration ci-dessus ou, comme le mentionnais Fangorn, les déclinaisons, variations et nuances de la lumière chez les Elfes (pour prendre connaissance de cette théorie, la lecture du compte-rendu de Splintered Light vous sera bien utile). Le manichéisme est-il présent chez Tolkien. Oui, peut-être, cela dépend de quels récits nous parlons. Encore une question qui n'a pas de réponse définitive, c'est tout l'intérêt de la lecture des écrits de Tolkien. Pas vrai ? ;-))
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Je tiens à souligner une chose. A aucun moment je n'ose prétendre que le manichéisme est la seule et unique structure mentale qui sous-tend toute l'oeuvre du SdA. Mais, et malgré le fait que tolkien se refuse de considérer son oeuvre comme manichéenne, il est tout de meme flagrant de constater que certains codes "imaginaires" du SdA fonctionne dans ce sens. Oui, les personnages du SdA ont des nuances, mais on ne pas nier l'évidence ! A bon entendeur... |
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Pour reprendre un point au passage dans ce que dit Necsipaal. Quand tu dis :
Je crois qu'on ne peut pas dire ça. Le manichéisme suppose, d'ailleurs Fangorn l'a déjà rappelé, une opposition de deux principes de même "niveau" (si l'on peut parler ainsi). Or Eru est supérieur à Melkor. Et le manichéisme n'est pas chrétien puisque justement Augustin a combattu ce genre d'hérésie. |
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Désolé Eruvike, mais si quelque chose distingue bien le christianisme, c'est son manichéisme. il suffit de lire la bible pour s'en apercevoir. Ce n'est parce que St Augustin a dit le contraire, qu'il a raison. |
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Ne sois pas désolé. Je te rassure, j'ai lu la Bible mais je n'y vois aucun manichéisme et pour cause ! En théologie chrétienne, la qualification de manichéisme pour le christianisme est contresens. Comment la Bible pourrait-elle être manichéenne alors que Mani est né en 216 ? Comme je le rappelais pour qu'il y ait manichéisme il faut qu'il y ait deux principes (au sens de deux princes, deux seigneurs, deux dieux) antagonistes de MEME "niveau" : le bien et le mal. Or la Bible enseigne que Dieu a créé les anges, y compris l'ange déchu. L'étymologie suffit à le comprendre, l'aggelos en grec, ou l'angelus en latin signifie "envoyé, messager". |
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Je comprends ta position. D'un point de vue étymologique, et historique tu as raison (tu as une culture impressionnante à ce sujet). Mais j'utilisais le mot manichéisme dans son sens général, qui est celui qui lui est donné aujourd'hui. La théologie chrétienne explique certes l'origine de ce mot mais n'est pas d'une grande aide dans notre débat, qui est de savoir s'il y a une franche opposition (un terme moins suspect que manichéen) entre le bien et le mal dans le christianisme et dans Tolkien. Et la réponse est à mon sens oui. A propos de ton accusation d'anachronisme. Ta position revient à interdire l'utilisation de certains termes pour parler d'une époque historique si ces termes n'avaient pas été inventés à ladite époque. Cela pourrait être le point de départ d'une amusante nouvelle de Borgès, mais cela rendrait aussi les débats d'histoire fastidieux. "Platon est le vieux socialiste type" disait Nietszche. La part du vrai dans cette phrase n'est-elle pas plus importante que son anachronisme? Et que le manichéisme soit considéré comme une hérésie par la théologie catholique (qui n'a pas toujours eu raison, c'est le moins que l'on puisse dire ; à mon humble avis, la théologie n'est pas autre chose qu'une guerre de chapelles où la mauvaise foi est la chose la mieux partagée), n'est pas, à mon sens, un argument. |
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Je suis d'accord avec toi, Semprini, en fait le débat qui nous importe ici est celui-ci: y a t-il une franche opposition entre Bien et Mal dans le Légendaire? Dans le Silmarillion, les personnages sont tous ambigüs, à quelques exceptions près. Je vais arrêter là, parce que j'ai peur de répéter ce que d'autres ont déjà dit :) |
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Je viens de lire ce sujet sur le manichéisme. C'est vraiment très intéressant, très documenté. Vraiment passionnant. Un débat d'une telle érudition de l'oeuvre et des concepts généraux fait vraiment honneur à ce forum. Ceux qui fustigent les amateurs de Tolkien considérant cette passion plus comme une lubie que comme un sujet d'étude littéraire n'ont certainement pas consulté ce forum et certains ouvrages comme celui de Vincent. |
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Ce sujet est en effet passionant, et je le croayais clos, mais j'ai d'autres éléments à aporter. Je discutait de cela avec un ami qui s'il a aimé Tolkien ne le met pas en haut de sa bibliothèque. J'a iété contraint de réfléchir à la question du manichéisme plus que je ne l'aurait voulut, car ses arguments étaient convainquants, et cette question revient régulièrement... Tiens, c'est justement en me disant cela que j'ai amorcé ma réflexion sous un autre angle. La discussion Eruvike/Semprini montre que le problème du manichéisme est d'abord son "sens". Or, aujourd'hui, on donne au mot manichéisme un sens outrepassant la raison de "lutte du bien contre le mal", avec un représentant du bien et un représentant du mal... A y bien réfléchir, c'est bien aisni que fonctionne l'imagination. Je parle donc désormais de manichéisme au sens actuel (vidé de son sens). Tolkien ne nous parle pas du comporement humain face à la tentation, sans quoi son monde aurait été plus proche de celui de Dostoiveski, mais il parle de quelque chose de plus grand, que je n'arrive pas encore à déterminé, mais que j'ai envie de situer au niveau du "mythe". Dès lors, l'apparence ne devient qu'un moyen d'expression pour dire autre chose, d'invisible. Est-ce le rapport à la mort (Eternité / bonne mort des hommes/ immortalité nostalgique...) ? Je suis en recherche. Donc, on pourrait bien sûr avouer que le SdA (moins vrai pour le Silmarillon, mais vrai encore), est manichéen, malgré les brisures que forment les personnages précédemment cités. Mais Tlkien est au dessus de ces catégorisations, à mon humble avis. Son oeuvre a quelque chose de transcendental (oui, je sais, le mot fait rire, mais les théologiens du coin comprendront). Il rejoint le coeur de l'homme, de l'homme tel qu'il est appelé à être, et en celui-là, le mal et le bien ne cohabitent pas durablement. Ma pensée est difficile à exprimer, e je suis spur que les réactions des uns et des autres me pousseront à m'expliquer davantage, soyez indulgents envers ma forme, si vous poviez atteindre le fond mal exprimé de mes paroles, cela m'aiderait (mais on appartient à ses mots, je le sais bien...)
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Arrhc, |
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le principal ayant été dit, au sens propre l'oeuvre de Tolkien n'est pas manichéiste, au sens simple elle l'est sous certains aspects, comme quasiment toute épopée, avec les nuances apportées par tout le monde, à commencer par Tolkien lui-même. j'avoue que mes lectures du Sil et du SDA ne m'ont jamais donné l'impression d'un manichéisme basique, essentiellement comme il a été dit grâce aux figures de Feanor, Boromir, Gollum ... ou Galadriel, qui n'a pas été évoquée ici. |
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Selon moi, le monde que présente Tolkien a un certain côté manichéen dans le sens où il faut combattre les forces du mal, de la destruction que sont celles de Sauron ou de Morgoth. Mais il ne faut pas oublier que celui qui est à un certain moment dans l'histoire est méchant ne l'a pas toujours été. Morgoth était Melkor (même s'il a très vite sombré du mauvais côté), Sauron était des Maiar, Saroumane était le Grand Sage Istari, les Nazgûls étaient peut-être de bons Seigneurs avant d'être corrompus, Gollum était Sméagol et les Orques ne dérangent personne lorsqu'ils se battent entre eux. Bref, si le monde de Tolkien représente un côté manichéen, il l'est moins que la vision américaine qui lorsqu'elle fait une action de guerre en Aphganistan la qualifie de "Croisade contre le Mal" (petite parenthèse que je n'ai pas pu m'empêcher d'écrire). |
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Bravo pour ta dernière pique, Sirrus, et j'irai bien dans ton sens. Les Etats-Unis, il y a de quoi écrire un véritable roman en les incarnant dans un personnage manichéen qui ne se voit pas lui-même gangréné dans son mal. Bref... ... par contre quand tu dis que le SdA est un peu manichéen parce qu'il y a lutte du bien contre le mal, je crois que nous allons là un peu trop loin dans la vulgarisation du mot Manichéen. Vinyamar PS: j'approuve le lien entre le mal et la cupidité (pouvoir), et son actualité toujours vive. |
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mes hommages, Vinyamar, pour ce message qui m'enlève les mots du clavier. ;-) |
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Je n'aime pas le ton de mes messages trop simplistes sur ce vieux thread que j'avais oublié. Je m'étais levé du pied gauche ce jour là. :) Effectivement Lothi, le libre arbitre est un élément fondamental du christianisme. |
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que veux-tu, Semprini, je suis une forumiste disciplinée, on me renvoie aux vieux fuseaux, je les lis :-)) |
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Manichéisme: 1)- Religion sincrétique du Persan Manès, ou Mani ( IIIe s. ), alliant à un fonds chrétien des éléments pris au bouddhisme et au parsisme, et pour laquelle le Bien et le Mal sont deux principes fondamentaux, égaux et antagonistes. Dictionnaire Robert, 1972, Paris - Conception qui divise toute chose en deux parties, dont l' une est considérée toute entière avec faveur et l' autre rejetée sans nuance. Dictionnaire Larousse, 2001, Paris Alors...Manichéisme, peut-être, mais manichéen...Sûrement pas ! TB |
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même pas manichéiste: Je ne vois pas de telle divisionchez Tolkien: le mal pénètre constamment les hommes, et il n'y a même pas de véritable Bien à opposer à ce mal, si ce n'est des sursauts de courage, de grandeur, etc... une petite humanité face à un grand mal personnifié |
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Si l' on s' en tient à la définition du Robert, on peut envisager un possible manichéisme, définissant le Bien et le Mal comme deux principes FONDAMENTAUX, EGAUX, et ANTAGONISTES...Vision nullement démentie par la lecture du SdA ( par ex. ); le manichéisme n' entrainant pas nécessairement, dans cette définition première, une obligatoire et partisane prépondérance de l' un sur l' autre. |
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TB, très vénérable :-) je ne sais pas si c'est à moi que tu réponds, mais le suppose. |
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Vinyamar, c'est à mon avis un effet de la vision chrétienne de Tolkien lui-même. Dans le christianisme, Dieu est le principe de tout, incréé et seul créateur. Il est amour et donc assimilé au bien dans la pensée générale (ce qui est déjà une extrapolation) alors que la question du principe du mal n'est pas résolue. Pour faire bref (ça va être dur), Lucifer étant un ange déchu est considéré généralement comme le principe du mal, comme on a tendance à assimiler Melkor comme principe de ce même mal chez Tolkien. Or, la déchéance de l'un et l'autre peut déjà être considérée comme une conséquence du mal qui est en eux: c'est parce qu'il est mauvais que Satan introduit le mal dans la création. De là à dire qu'il est le principe et le créateur du mal, il y a un pas difficile à franchir. Le mal en fait résulte de la liberté de la créature, liberté que lui donne le créateur. à partir de là, on peut extrapoler en faisant de Dieu ou d'Eru le principe du Bien comme celui du Mal - ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes théologiques (même si ma formulation est quand même extrêmement simpliste). Si on dit que Melkor est le principe du mal, on peut faire de Manwë et ses "collègues" les principes du bien - mais à mon avis bien et mal préexistent aux Valar dans la pensée d'Eru. Si dans le SDA, Sauron personnalise le mal, Gandalf lui répond du côté du bien - et comme par hasard, le premier est "l'héritier" de Melkor, le second l'envoyé des Valar. Ou alors on a une représentation trinitaire: Gandalf/Aragorn/Frodon. Bref, le bien s'incarne également dans quelques personnages, comme le mal s'incarne dans Sauron. |
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Dans Tolkien, Author of the Century (quel horrible titre! il ne fait pas honneur au contenu), chez Harper Collins, Tom Shippey consacre une partie au problème du mal dans le SdA. Il y montre que Tolkien a utilisé deux conceptions différentes de la dichotomie bien / mal :
Voilà, j'ai pris deux fois l'exemple de l'anneau pour montrer la complexité de la chose, je n'ai pas le temps de vous traduire tout le chapitre mais j'ai essayé de vous en donner grossièrement les grandes lignes: Tolkien n'est pas manichéen en ce qu'il ne se contente pas d'une vue manichéene, et pour une situation donnée le lecteur n'est pas forcément sûr de l'origine du mal, par exemple lorsque Frodo met l'anneau à l'auberge de Bree: est-ce l'anneau qui se glisse de lui-même à son doigt ou Frodo qui le met pour échapper au ridicule? Shippey parle aussi du bien et du mal chez les orcs, si si, ce sont des êtres moraux qui personnifient la vision de Boèce: "le mal n'est que l'absence, l'ombre du bien". Evidemment il ne parle pas que de l'anneau, mais c'est un bon exemple. Et dans plusieurs exemples, y compris ceux cités plus haut, on peut y voir aussi bien l'une que l'autre conception selon le point de vue.
Bref, je ne peux que vous conseiller ce livre, ISBN 0-261-10401-2 si vous souhaitez le commander (j'étais tombée dessus chez Gibert à Paris, coup de chance), £7.99 ou 12 € 81. Une première partie est consacrée à Bilbo: vous vous doutiez que Tolkien ne choisissait pas ses mots et les noms au hasard? vous allez voir à quel point! puis trois parties sur le SdA: une montre à quel point la structure est complexe, une sur le mal, une sur la dimension mythique, une partie sur le Silmarillion et une sur les autres aspects de son oeuvres (contes). cécile, qui vous laisse baver, nyark nyark |
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Lothoriel; en effet, la fin manque de clarté, mais le reste est excellent. Ca me rapelle une autre discussion sur un autre fuseau, de même que le "le mal est l'absence de bien" qu'elicec reprend. elicec: oui, ce livre me fait saliver. j'espère que son anglais est accessible. Le vision doublée concernant le mal est bienvenue, et résoud pas mal de problème. |
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Oui Vinyamar, l'anglais de Shippey est tout a fait accessible. C'est d'ailleurs une des forces de son livre d'etre a la fois bien argumente et parfaitement lisible. Cirdan |
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bien modestement devant ce savoir encyclopedique, je ne me permettrai qu'une simple observation sur le manicheisme sous-jacent de l'oeuvre de tolkien... |
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Tadaoo a écrit :
Et pourquoi serait-ce le cas ?????? |
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Tadaoo a écrit :
et le refus des Valar du nihilisme de Melkor ? mmm ... :) ? la révolte pour la révolte n'a jamais rien amené de positif, mais celle menée au service du Bien ?
Gandalf / Tolkien maladroit dans une phrase ? Wha ! ha ! ha ! c'est la meilleure que j'ai lue jusqu'ici ;) Jérôme |
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vinyamar/yyr ce que suggere ici est que toute prise de position ne semble pouvoir se faire que par rapport a ce combat du bien contre le mal qui soustend le recit tolkienien... melkor n'a rien de nihiliste pour moi, il est vert de jalousie et assoiffe de pouvoir, et il n'est pas un contempleur du vide... son approche est interessee, ce qui n'a rien a voir avec le combat existentiel... yyr malgre tout, content de t'avoir fair rire, yyr a vous... |
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Yyr a écrit :
Brrr...Une guerre juste , ça fait froid dans le dos, un tel qualificatif, et me rappelle les envolées romantico-pseudo-révolutionnaires des dithyrambes des " armées du peuple ", et autres " justes luttes "...! :o |
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permettez moi de reagir sur le sens que lon peut donner au mot revolte: |
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Plutôt le combat entre la vie et la mort qu'entre le bien et le mal ... Quant à la révote, oui, il y a des personnages Tolkienniens révoltés, et, oui, cette révolte peut avoir des conséquences positives: C'est vrai que le plus "révolté" des personnages de l'oeuvre de Tolkien ( Turin Turambar ) traîne derrière lui un cortège de malheurs, mais ils sont dûs avant tout à la malédiction de Melkor. La plupart des autres personnages ne sont pas de révoltés, c'est vrai. Ils se "contentent" de faire leur devoir, d'assumer une tâche souvent bien lourde. Même s'ils se posent la question de leur rôle ou de leur aptitude à l'assumer ( Frodon se la pose, Sam se la pose, Aragorn se la pose, Faramir aussi, et Tuor, et Theoden, et Merry, et Pippin , et Earendil ... ) ils continuent malgré tout, malgré parfois une "révolte psychologique". Et ils ne sont pas d'une trempe moindre que des révoltés. Au contraire ! |
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Tadaoo a raison, il n'y a pas d'"homme révolté", au sens métaphysique du terme, sur la Terre du Milieu. Mais cela se comprend aisément, puisque le Seigneur des Anneaux se passe dans un temps sacré et raconte notamment le passage du temps mythologique au temps historique. Le temps profane des hommes révoltés où le ciel est sommé de rendre des comptes n'est pas encore arrivé. Dans la perspective tolkienienne d'une historicité fictive, le SdA se passant 7000 ans avant notre ère, cette absence de révolte métaphysique est même nécessaire à la cohérence de l'oeuvre (Tadaoo, tu peux également consulter la chronique 3, "Tolkien, littérature ou mythologie?", des Chroniques de JRRVF). |
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je ne sais pas si on peux dire cela. Il me semble que la révolte des Numénoréens contre les Valars pour tenter d'échapper à la mort constitue bien une révolte où le "divin" (représenté par les valars) est sommé de rendre des comptes. cordialement |
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Oui, l'argument ne vaut réellement que si l'on se cantonne au Seigneur des Anneaux. Néanmoins, le révolté métaphysique dans l'histoire de la pensée nie l'existence de Dieu (quoiqu'il veuille in fine être un Dieu-homme) ce qui n'est pas le cas des numénoréens. |
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Cher Semprini, J'avoue que mes connaissances en histoire de la pensée sont sinon nulles, du moins bien lointaines. |
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Effectivement, Lambertine, le début de la révolte métaphysique est la révolte contre l'injustice divine. En ce sens, les numénoréens commencent la révolte métaphysique, mais ils ne la finissent pas (c'est ce que je voulais dire maladroitement dans mon précédent post). La fin de la révolte métaphysique est la négation de l'existence de Dieu, parce que le révolté finit par nier cette existence au nom des injustices du monde. Ivan Karamazov, un des plus célèbres révoltés métaphysiques, dit schématiquement: Je ne veux pas d'un Dieu injuste et cruel, Dieu pour moi ne peut être que juste. Le monde étant injuste et cruel, Dieu n'existe pas. La fin de la révolte métaphysique est donc la mort de Dieu. Par ailleurs, Le révolté, dans le sens que lui donne Camus, se révolte contre sa condition, non contre lui-même. |
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Finalement, Semprini, la révolte aboutissant à la négation de l'existance de Dieu ne provient-elle pas au départ d'une trop grande exigence à l'égard de ce même Dieu ? De plus, quand tu parles de révolte de l'homme contre sa condition, parles- tu de sa condition humaine ou de sa condition personnelle ? |
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Lambertine a écrit :
Argh ! Dieu dans sa définition philosophique est précisément l'ensemble de toutes les perfections dont on a des aperçus ici bas (par la notion de "mieux") . On ne peut conceptuellement donc pas être trop exigeant de Dieu !!!! Si on cesse d'être exigeant, on cesse de le croire parfait, et l'on cesse de voir Dieu, mais il devient autre chose (un sous Dieu ?). Tadaoo, Tolkien n'a pas écrit un roman philosophique, il est donc normal que ses héros ne s'y posent pas de question métaphysique. Je trouve étrange cette exigence (pour le coup) à l'égard de l'oeuvre de Tolkien, censé englober tous les domaines: psychologie, philosophie, mythologie, théologie, linguistique, folklorisme, etc... Certains sont strictement ce qu Tolkien avait en tête en commençant son travail, certains font partie de la portée que peut avoir l'oeuvre, d'autres n'y ont pas leur place, et je ne vois pas pourquoi ils l'auraient. Tadaoo a écrit :
Certes, à condition d'accepter qu'un personnage puisse passer de l'un à l'autre, et en revenir, ce qui témoigne d'une absence de manichéisme. Comme je l'ai dit ailleurs, si on définit la manichéisme par la seule existence du bien et du mal dans un récit, alors on définit la réalité même comme manichéenne, et la chrétienté qui curieusement considère que c'est une hérésie, etc... |
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Cher Vinyamar, Dieu est intrinsèquement parfait, mais Dieu n'intervient pas à tous les coups. Il intervient même très peu ( du moins en apparence ). |
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Ah, euuuh, (faut dire que ce n'était pas contenu dans le post de Semprini, mais te connaissant j'aurais dû chercher de ce côté plutôt que de réagir aussi vite) |
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Lambertine, L'homme révolté se révolte aussi bien contre sa condition personnel que contre sa condition humaine, mais les grands révoltés métaphysiques se révoltent principalement contre cette-dernière. Et pour répondre à ta deuxième question, c'est au nom de la morale et par grandeur d'âme que se révolte Ivan Karamazov, puisque j'ai commencé à parler de lui. Cette révolte nait donc bien de "l'exigeance" d'une âme noble. Ivan reproche à Dieu son silence devant les crimes et les souffrances de l'homme, mais il lui reproche aussi sa condamnation de tous les pêcheurs, parfois victimes de pulsions incontrôlables, alors que Dieu est lui-même responsable des souffrances subies, du fait de sa non-intervention. La compassion et le pardon d'Ivan, contrairement à celles de Dieu, englobent l'ensemble des pêcheurs et Ivan préfère se joindre aux damnés de la Terre plutôt qu'être un des élus. Il crie alors à la face de Dieu son célèbre "C'est tout ou rien!", soit en d'autres termes, "je n'accepterai un Dieu que s'il sauve l'humanité toute entière et mette fin aux souffrances de l'homme ; à défaut je préfère le nier. Je lui dénie le droit d'exister". Je partage ce point de vue, car le libre arbitre véritable n'est pas, je crois, donné en partage à chaque homme. |
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Le libre arbitre véritable, je ne sais, mais la liberté véritable, non ceirtanement pas. Qui peut se targuer d'être libre absolument. |
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il me semble que l'homme revolte, est celui qui ne considere pas dieu comme etant la seule reponse possible a ses questions, et, par extension, que l'ordre (et le desordre) du monde ne suivent pas necessairement une trame manicheenne... yvan karamazov est profondement revolte, mais sa trame de pensee est tout aussi binaire que celle contre laquelle il se revolte, meme si elles ne sont pas en phase... il ne remet pas en cause le fait d'avoir un dieu, mais le fait que ce dieu se comporte de telle ou telle facon, qu'il desapprouve... |
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Je ne vois pas ce qu'il y a de "binaire" chez Ivan Karamazov et il va au-delà du bien et du mal. Je n'ai pas évoqué l'aboutissement de sa révolte, lequel est le suivant: Dieu n'existant pas, "tout est permis" et il n'existe pas de garde-fous moraux (Il ne faut pas confondre les causes de la révolte d'Ivan, qui sont morales, et la conclusion qu'il rejoint, le droit de se défaire de la morale). En l'occurence, Ivan appelle de ses voeux le meurtre de son père et Smerdiakov le batard transformera ce simple désir en acte. |
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Ah les frères Karamazov :-))) ! |
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Smerdiakov a Ivan : Vous etiez hardis alors ; "tout est permis" , disiez vous ; maintenant vous avez la frousse ! Puis plus loin : si Dieu n'existe pas, il n'y a pas de vertu, et elle est inutile. Voila le raisonement que je me suis fait.
(La citation d'Ivan est "si Dieu m'existe pas tout est permis" pas exactement la meme chose). CdC |
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CdC a écrit :
Pas claire ta phrase, CdC. Attention a la forme, tes etourderies nuisent a tes idees. :-) Tu auras remarque que seul "tout est permis" est entre guillemet (citation) dans mon precedent post, et non l'ensemble raccourci (pour les besoins de la demonstration) 'si Dieu n'existe pas, tout est permis'. Il n'y a donc pas de contradiction avec le texte de Dostoievski. |
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Semprini, c'est un sujet passionant et j'espère qu'il se poursuivra. Je fais néanmoins une brève parenthèse concernant la notion de Bien et de Mal parce que j'ai toruvé par hasard une page qui tente de résoudre brièvement ce problème de la présence du Mal malgré un Dieu tout puissant, et j'ai envie de la citer ici car son auteur parle (brièvement) de Tolkien... :-) Et je trouvais ça amusant. |
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Semprini: je voullais juste comparer Ivan: avec Smerdiakov: Les deux phrases ne sont pas le meme, n'ont pas le meme sens. D'ailleurs Ivan ne tue personne et mene somme toute une vie assez bourgeoise. Par contre, Smerdiakov se sert comme justification au meutre, en addition de ces propres motifs, du souhait plus ou moins inconscient d'Ivan et de ses propos dont il pousse la logique. Cette problematique exite aussi dans Crime et Chatiment, mais Raskolnikov est le seul protagoniste. Il se persuade par le raisonement qu'il peut, qu'il a le droit de tuer la vieille. Ceci dit une fois qu'il la fait, il realise progressivement la porte de son acte, cette comprehension morale et probablement spirituelle pour Dosto le conduira vers la redemption. CdC |
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Merci pour le lien Vinyamar. :) La dissonance dans la musique des Ainur est peut-être la plus belle trouvaille tolkienienne. CdC, je n'ai pas le temps de développer, mais je ne suis pas d'accord avec certains points de ton post. Effectivement, Smerdiakov met Ivan en face de ses contradictions en lui dévoilant l'aboutissement logique et terrible de son "tout est permis", je n'ai pas dit le contraire. En revanche, je ne te suis plus dans tes rapprochements avec Crime et Châtiment. Je ne vois pas de filiation entre Raskolnikov et Dimitri et Aliocha Karamazov. Aliocha est d'évidence un double du prince Mychkine, l'Idiot de Dostoïevski. Dimitri, dont la formidable joie de vivre est à des lieues de l'introversion de Raskolnikov, est encore un cas à part. Reste la filiation Rasko-Ivan, qui si elle est réelle, n'est pas aussi évidente que cela, au delà même du sort des deux personnages (la rédemption pour Rasko, touché par la grâce, la folie pour Ivan). Ivan veut vivre avec les damnées de la terre, alors que Rasko, surhomme nietszcheen, se donne le droit de tuer l'usurière au nom de sa supériorité et de la promesse future de sa grandeur (du moins le croit-il). La problématique développée dans les deux livres me semble différente. Il faudrait aussi parler des Démons, avec Stavroguine qui lui est absolument incapable de distinguer le bien du mal en conscience, et ne vit que pour l'exaltation dionysiaque de la démesure, et Kirilov, qui se suicide pour se prouver qu'il est libre, et pour libérer les autres hommes de Dieu, mais je n'ai vraiment plus le temps, même pour discuter du génial et inimitable Dostoïevski. :) |
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Je disais seulement :
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CdC a écrit :
Et c'est bien ce que je contestais. :) Raskolnikov n'est pas "réparti" entre les frères Karamazov, puisque Aliocha Karamazov et Dimitri Karamazov n'ont rien en commun avec lui. Les Frères Karamazov composent schématiquement l'ensemble des types de personnage dostoïevskien, alors que Raskolnikov n'en représente qu'un. |
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Pas d'accord. CdC |
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Quittons-nous donc sur un constat de désaccord. Aliocha n'a rien à avoir avec Raskolnikov. Il n'y a pas de rédemption nécessaire pour Aliocha pour la bonne et simple raison qu'il n'a jamais pêché. Aliocha est une nouvelle mouture, optimiste, de l'Idiot, avec qui il partage l'innocence et la bonté, et est presque à l'opposé de Raskolnikov, malgré l'aveu final et la conversion de ce-dernier, au sein du spectre des personnages de Dostoïevski. |
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la revolte n'est pas forcement un acte de rebellion envers un systeme donne, c'est un peu plus profond... inventer dieu puis le refuser semble vain a maints egards... mais dans l'oeuvre de tolkien, il ne s'agit pas d'invention, vu que la verite supreme de l'existence d'arda nous a ete revelee... et le quatrieme age semble bien aise pour ses survivants qui n'auront plus a se compromettre avec les creatures des autres ages, qui disparaissent les unes apres les autres... |
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Excusez-moi si j'interviens tardivement, mais au cours de ma lecture de ce long débat, il m'a souvent brûlé d'intervenir. Donc, j'interviens. Vous vous êtes basés principalement sur "Y a-t-il opposition entre le Bien et le Mal sans Libre-Arbitre dans l'oeuvre de Tolkien?" Si l'on prend le SdA et qu'on le regarde de près, on peut voir (comme chez Boromir sur lequel vous avez longuement parlé) qu'il y a Bien et Mal. Mais si on prend du recul, beaucoup de recul, sans entrer dans les "détails", on remarque que le SdA est l'histoire de la lutte entre Sauron et Gandalf. On colle alors sur Sauron une étiquette 'Mal' et sur Gandalf une étiquette 'Bien'. Mais est-ce vrai? A priori, oui. Mais peut-on dire que le Seigneur Ténébreux = Le Mal? Il est mauvais, mais il n'est pas Le Mal, il fait du mal, il est un être mauvais mais ce n'est pas Le Mal. Sauron est le serviteur de Morgoth. Mais avant il était bon, il était libre et il a chosit d'être mauvais (bien que Melkor l'ait influencé). Penchons-nous sur Melkor, remontons à l'Ainulindalë. Dans l'oeuvre de Tolkien, le Bien et le Mal ne s'opposent pas. D'ailleurs rappelez vous ces paroles d'Ulmo à Ilúvatar: Le Mal et le Bien servent la création, le 'Mal' a enrichit la création du 'Bien' et le 'Bien', dans le SdA, empêche le 'Mal' de faire une gourde (détruire les TdM). "A quelque chose, malheur est bon." Ilúvatar est beaucoup plus présent sur Eä qu'on ne le croit. |