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Lambertine et Melilot, en collaboration.
Le personnage de Frodo accorde plusieurs fois pitié et pardon à des personnages aussi évidemment corrompus que Gollum ou Saroumane. Mais d'où lui vient cette force? Qui d'entre nous, frères humains, serait capable de pardonner dans l'instant, de n'éprouver ni colère ni aigreur, envers quelqu'un qui vient d'essayer de vous tuer (Gollum), ou qui a ravagé votre pays et réduit en esclavage vos familles, amis et voisins? Pas moi (dit Melilot) ... Pas moi (dit Lambertine) ... Je le ferai donc moi-même (dit la petite poule .. heu ... non ... Frodo). Frodo pardonne parce qu'il comprend. Il ne comprend pas de façon théorique, mais de l'intérieur. Il comprend parce que lui-même a traversé les affres intérieures de Gollum, la volonté de puissance et l'humiliation de l'échec de Saroumane. Il l'a vécu lui-même. Ceci pour en arriver à celà : de la nécessité de la corruption, de l'utilité de la tentation. De par son échec, qui aurait été celui de tout un chacun, et qui aboutit à lui faire revendiquer l'Anneau, c'est à dire, même s'il "n'est" au départ pas un puissant de ce monde, à se mettre dans la situation de devenir lui-même le Seigneur des Ténèbres, Frodon "touche le bas" plus que n'importe qui, plus même qu'un Saroumane qui n'a fait que le désirer. Mais c'est à partir de ce bas qu'il remonte, brisé, mais qu'il remonte plus haut dans la compréhension d'autrui, dans la compassion pour l'autre dans sa misère intérieure, qu'aucun de ses contemporains. Brisé, peut-être, mais qu'est ce qui est véritablement brisé chez lui? Sa personnalité, sa volonté,? Pas réellement, elles émergent toutes deux de l'épreuve, différentes, changées, mais vivantes. N'a-t-il pas perdu avant tout différentes images de lui-même, celle qu'il se faisait de lui, celle qu'il s'efforçait de montrer de lui ? Ses réactions finales prouvent davantage un détachement face à l'exigence de ces images. Il semble replié entièrement sur lui-même, indifférent au monde qui l'entoure. Mais n'est-il pas plutôt tourné tout entier vers un extérieur autre? Autre que la petite société convenue des Hobbits? Autre que sa personnalité factice de jeune héritier sans problèmes? Frodon se trouve, bien qu'il vive "matériellement" entouré de nombreuses personnes, à commencer par Sam et les siens, dans une situation mentale proche de celle d'un ermite, dont la solitude n'est pas un rejet du monde, mais la recherche d'un monde autre, d'une réalité supérieure et pourtant tangible, quel que soit le nom qu'on lui donne. Réalité qui si elle le coupe en apparence du monde concret l'y renvoie, mais avec un autre regard. Il n'en arrive à ce point que parce qu'il a vécu l'entièreté des expériences humaines : la petite vie heureuse et calfeutrée du début de l'histoire, la réalisation de son désir d'aventure, la transformation de ce dernier en cauchemar, et finalement, la corruption intime de son être, la découverte de la partie la plus sombre de lui-même, la revendication de cette partie et son désir de l'exercer à l'extérieur. On en revient donc au motif de ce fuseau : ce qu'il est convenu d'appeler "le mal", 'la corruption", ne seraient donc qu'une des multiples et complémentaires facettes de l'expérience humaine. Faire face à ses démons intérieurs, non pour les combattre (lutte vaine et infinie) mais pour les reconnaître, les intégrer et finalement, les dépasser, serait la condition nécessaire pour atteindre compréhension et détachement. Un niveau de conscience supérieur qui permette enfin à la personnalité apaisée de s'acheminer sereinement vers sa mort. |
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Avant même d'argumenter sur le résultat de vos cogitations, je voulais simplement vous exprimer mon regret de ne pouvoir être avec vous durant ces soirées de veille et de discussions, à partager le café et les idées bizarres qui en sortent... |
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Frodon n’a-t-il pas conscience que l’on subit la corruption ? Melkor lui-même ne tente t-il pas avant tout de combler un vide (une souffrance). L’errantgris. |
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En pardonnant Frodon n’enlève t-il pas du même coup toute notion de plaisir à Saroumane et sa vengeance? Peut être que le pardon de Frodo est désarmant mais il n'avait pas pardonné dans le but de désarmer! Un pardon sincère, sans arrière pensée n'est sûrement pas une arme! Plus généralement, les personnes qui se sentent offensés ne sont pas forcément agressés. La seule "agression" qu'elles sont subies vient |
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Zuuuuut, mal fermé la balise "i" pour citer Errantgris |
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Errant gris : Melkor lui-même ne tente t-il pas avant tout de combler un vide (une souffrance). |
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aargh! Si je tends la main à un ennemi qui est à terre pour l'aider, s'il se sent offensé ou s'il se sent déshonnoré, je ne pense pas que ce soit de ma faute et que mon pardon soit une "arme". Errantgris, quand tu as dit: Si j'ai parlé d'amertume, c'est pour reprendre la citation de Saruman. Beaucoup de malentendus pour une seule journée dans deux fuseaux! |
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Tar Baladur : le vide - plus exactement l´impatience - de Melkor, on en a déjà discuté dans le cadre de l´Ainulindale :-) |
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Pas de malentendu ici, Stalker. On en discute, voilà tout! :-) |
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Certaines armes sont noble. L'errantgris. |
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Je me demande ce qui dans mes propos peut amener à penser que Frodon est une intention? ou encore que Frodon soit en cause dans l'amertume de Saroumane...??(il n'est pas en cause mais je pense qu'il est la cause...) |
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Le pardon serait-il humiliant pour le pardonné, forcé de reconnaître à la fois l'échec de sa volonté de nuire, et la grandeur de celui auquel il a voulu nuire? Donc forcément difficile - sinon impossible à accepter : l'acceptation étant automatiquement un aveu de faiblesse et d'infériorité. Pour accepter un pardon, il faudrait se sentir coupable, au moins éprouver des remords. Saruman ne ressent aucune culpabilité face à Frodo. Pour lui, enfermé dans sa propre logique - celle de la guerre, celle d'un monde partagé entre gagnants et perdants, forts et faibles -, Frodo n'était qu'un rival (pour la possession de l'anneau) à détruire, ou un obstacle à écarter. Saruman a joué et perdu : il accepterait plus facilement la morgue d'un vainqueur, que la pitié d'un être qu'il considère comme inférieur. Gollum non plus n'éprouve aucune culpabilité. Il s'attache à Frodo parce que celui-ci est le seul à lui montrer compréhension et attention. Gollum ne demande pas pardon à Frodo pour l'avoir agressé, il lui promet juste soumission. Lorsqu'il trahit sa promesse, il ne se sent pas coupable : il se voit lui-même comme trahi et dépouillé, donc - toujours dans l'enclos de sa propre logique - il se défend et il en a le droit. Gollum ne peut comprendre le pardon de Frodo, parce qu'il se considère lui-même comme l'offensé (le vol de son Précieux). Saruman ne peut l'accepter par orgueil, parce qu'un "seigneur" ne peut s'abaisser à accepter le pardon d'un "péquenot". Pour ces deux-là, oui, le pardon de Frodo est une arme, parce qu'il les blesse plus qu'il ne les apaise. Et aucun des deux n'est capable de comprendre que Frodo ne peut leur pardonner que parce que lui, les comprend. |
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oups avoir une intention... voulais je dire. |
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Melilot et Lambertine se sont interrogées sur la force de Frodon qui lui a permis de pardonner à Gollum et à Saroumane, pour arrriver à la conclusion, si j'ai bien compris, qu'il l'a puisée dans son propre vécu et dans cette conscience qu'il en a acquise de ses propres faiblesses. Tout ce développent me parait très proche du schéma bouddhiste: Mais peut-on considérer que Tolkien a fait choisir à Frodon la voie du renoncement ? Est-ce la signification de son départ Aux Havres Gris? Jen ne reviendrai pas sur mon interprétation de Frodon à Orodruin et surtout sur son degré de responsabilité dans le dénouement!;-) Au contraire, même si à lui seul il n'a pu assurer la destruction de l'Anneau, je pense qu'il a dû forcément reconnaitre ce que la reussite de la quête devait à la ténacité dans le combat, de l'ensemble des acteurs. En aucun cas (je crois!!) Tolkien n'a voulu plaider en faveur d'un abandon et l'histoire montre bien qu'il n'y a pas de lutte vaine (contre ses démons intérieurs ) |
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Brillant ! tout simplement brillant. L'errantgris. |
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Le fait que Frodon pardonne à Saroumane et à Gollum rejoint tout à fait l'idée chrétienne du pardon et du repentir. (Bien qu'aucun des deux ne se repentit, c'était pas faute d'essayer, en tout cas Frodon à ce mérite là, lui qui a toutes les raisons de les maudir). La vie de Jésus en est imbibée. |
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Une interprétation bouddhiste de Tolkien ? Oooouuuups !!! On prend des risques ! :-D MJ (bisous au passage :-*), nos opinions ne sont pas du tout incompatibles. (ici, je parle en mon nom propre, et plus à quatre mains, Lambertine n’est plus là – snif :,-( ). Je n’ai pas l’impression que Frodo ait « choisi la voie du renoncement ». Il choisit d’abord celle de la fuite, puis celle de l’action et de l’affrontement. Je suis d’accord, Tolkien ne plaide pas « en faveur d’un abandon » et ses personnages luttent. Ce que Frodo atteint en fin de roman, (enfin, c’est une interprétation parmi d’autres possibles – et j’en ai d’autres) c’est plutôt l’apaisement de celui qui a vécu un maximum des potentialités offertes par l’existence humaine. Qui en a retiré des expériences et des sentiments très divers allant du remord des erreurs commises à la conscience de la tâche accomplie. Bref : une vie pleinement vécue. Il peut ainsi faire face sereinement à sa propre mort. La compréhension qu’il y a gagnée lui permet aussi de pardonner – ce qui lui aurait sans doute été impossible au début du roman, où il regrette que Bilbo n’ait pas tué Gollum. Donc, indispensablement, l’expérience de l’action et de la lutte précède celle de ce que tu appelles « le renoncement ». Pour moi, il ne « renonce » pas vraiment, au sens ou un bouddhiste ou un ermite chrétien renonce au monde : il se sait condamné, mais il a fait ce qu’il a pu, il a « règlé ses comptes », il a vécu sa vie aussi complètement qu’il le pouvait. Il peut donc partir, emportant à la fois ses triomphes et ses regrets. Pour dire vrai, - mais là, on change de sujet – cette vision vient d’une autre interprétation bizarre du SdA qui m’est venue après une conférence de Vincent (bisous, Vincent ;-) ) voilà près d’un an. Certaines phrases qu’il a prononcées m’ont induite à interpréter l’expérience de Frodo comme celle d’un homme « confronté à l’échéance de sa mort » (je crois que ce sont tes mots, Vincent, pardon si je surinterprète ;-P ). Immédiatement, j’ai eu l’image d’un homme apprenant qu’il est atteint d’une maladie mortelle et à ses réactions face aux progrès de la maladie. Fuite, espoir, affrontement, lutte, échec et finalement acceptation de la mort. Je sais, je sais, d’autres se demanderont bien où je vais chercher tout ça. Et développer ce thème est un peu trop glauque pour moi. Je vous l’offre : amusez-vous bien. :-D |
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Nos opinions ne sont pas du tout incompatibles |
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Je suis d'accord sur l'idée que Frodon sait que son heure est venue et qu'il l'accepte, comme le don d'Eru à la race des hommes et inévitable qu'elle qu'en soit les circonstances. Mais le meilleur exemple ne serait-il pas celui d'Aragorn ? Celui-ci sait que son CDD est achevé et il l'accepte sans aucune difficulté, comme il l'explique à Arwen dans Le Conte d'Aragorn et d'Arwen (appendices ?). M'est avis que le schéma : Tar Baladur depuis son lycée ;-) |
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"son CDD est achevé" :-D :-D :-D ... Excellent!!!! |
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Ce que j'aimerais toutefois vous demander c'est si vous estimer que le pardon est applicable une fois que l'on est soi-meme passe par le bas ou parceque l'on comprends "pas de façon théorique, mais de l'intérieur" ce que c'est de passer par le bas, ou les 2 a la fois? Cela me rappelle encore que lorsque on est au plus bas, c'est bon signe car on ne peut pas aller plus bas et qu'a partir de la on ne peut faire que remonter. A qui s'adresse le pardon reelement, pour qui est-il? Est-ce pour le "pardonnant" a cela permet peut-etre de se soulage, est-ce pour le pardonne? Peut-on pardonner quelqu'un a son insu ou contre sa volonte? Le pardon a-t-il besoin de plus d'1? Le pardon est-il de l'altruisme ou de l'egoisme? Le pardon doit-il etre accepte pour "fonctionner"? Frodo pardonne-t-il a saruman et gollum parcequ'il ont paratge une douleur commune? D'accord, ils n'etaient peut-etre pas du meme cote de la douleur, mais ils l'ont partagee. Frodo, en effet, n'aurait pas pu faire ce qu'il a fait si il n'etait pas passe "par tout ca". D'ou, comme mentionne deja plusieurs fois, le fait que ses attitudes et reactions ne sont pas celles du debut. Aie, ca va s'eteindre. Bisous Melilot. |
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SdA, Livre IV, chapitre I "L'apprivoisement de Sméagol" Silmo (histoire de donner vite fait du grain à moudre) |
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A propos du pardon. On assimile la naissance du pardon à l’ère de la chrétienté. Christianisme et judaïsme sont des religions fondées sur le pardon. Toutefois, l’idée première de pardon n’émane pas des préceptes religieux mais bien plutôt d’une époque ou les mythes régissaient encore la pensée. Il ne suffit pas de comprendre le geste de quelqu’un pour le pardonner, encore faut-il parvenir à l’accepter. Le pardon découle de la, possible, mise en place d’une série d’adaptation à autrui. Pardonner c’est ne plus avoir peur de la peur de l’autre. Le pardon enfin ne doit pas être seulement entendu d’après un sens éthique. Il est d’usage de dire que le pardon et la tolérance sont des marques d’une humanisation des comportements. Pourtant ces deux mots et ces deux concepts réservent quelques surprises. |
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Atchoum !! cela m´arrive toujours quand on remue la poussière ... Errantgris, tes analyses peuvent être intéressantes, mais pourrais-tu de temps à autres faire le lien avec le Légendaire (voire avec Tolkien), a fortiori quand tu postes dans cette section ? |
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Faut il vraiment mâcher tout le travail ? Allons je penses que tu as toutes les ressources nécessaire pour le faire… ;°) |
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Si c'est ce que tu penses réellement du fonctionnement du Forum, je me demande vraiment à quoi sert d'y participer... :o/ Dommage, ton analyse étant intéressante, mais to intervention me laisse définitivement sur ma faim... Et un jour de Réveillon, ca pardonne pas :D Joyeux Noël! tout de même! ;o) Julien - Elwe Ier |
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A propos du pardon. Elwe, la bouderie est une grève d’enfant dit-on. On assimile la naissance du pardon à l’ère de la chrétienté. Christianisme et judaïsme sont des religions fondées sur le pardon. Toutefois, l’idée première de pardon n’émane pas des préceptes religieux mais bien plutôt d’une époque ou les mythes régissaient encore la pensée. < Chez Tolkien le pardon ne me paraît pas être d’ordre « chrétien », pas de charité qui consisterait à aimer de tout son être celui qui nous à blessé. Sorte de « devoir d’aimer et de pardon absolu, digne de dieu ». Pas de pardon inconditionnelle, dans le SDA, sans question à l’autre. « Celui qui est puni est débarrassé de la méchanceté de son âme ». Il ne suffit pas de comprendre le geste de quelqu’un pour le pardonner, encore faut-il parvenir à l’accepter. Platon propose, contre la faute, une sorte de vertu réparatrice ou rédemptrice. Boromir semble donc bien malade « folie » il reconnaît sa responsabilité (acte de malveillance) et s’en repent (3 fois) avant de se pardonner et d’être pardonner (pardon qui nous apparaît logique puisque Boromir permet finalement à Frodo de sortir de l’inaction et de sentir que « …sa volonté était ferme et son cœur léger »). Le pardon découle de la, possible, mise en place d’une série d’adaptation à autrui. < le pardon de Frondon est imposé à Saroumane, infligé et vécu comme une condamnation. Le pardon enfin ne doit pas être seulement entendu d’après un sens éthique. La tentative de générosité qui consiste à pardonner se transforme hélas vite en double déni : |
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(je reposte des écrits ayant été inexplicablement (pour moi) disparu...) A propos du pardon. Elwe, la bouderie est une grève d’enfant dit-on. On assimile la naissance du pardon à l’ère de la chrétienté. Christianisme et judaïsme sont des religions fondées sur le pardon. Toutefois, l’idée première de pardon n’émane pas des préceptes religieux mais bien plutôt d’une époque ou les mythes régissaient encore la pensée. - Chez Tolkien le pardon ne me paraît pas être d’ordre « chrétien », pas de charité qui consisterait à aimer de tout son être celui qui nous à blesser. Sorte de « devoir d’aimer et de pardon absolu, digne de dieu ». Pas de pardon inconditionnelle sans question à l’autre. « Celui qui est puni est débarrassé de la méchanceté de son âme ». -Ici on peut transposer la maladie à la « folie » de Boromir, assimilée au mal qui le ronge, quand celui ci tente de prendre l’anneau à Frodon (page 436 édition compacte). Il ne suffit pas de comprendre le geste de quelqu’un pour le pardonner, encore faut-il parvenir à l’accepter. -Boromir se repent (à lui même) de ses actes « Qu’ai-je dit ? s’écriât il. Qu’ai je fait ?… » il reconnaît avoir était pris de « folie ». Platon propose, contre la faute, une sorte de vertu réparatrice ou rédemptrice. -Boromir se repent une troisième et dernière fois auprès d’Aragorn d’avoir « essayé de prendre l’anneau à Frodo… », « je regrette. J’ai payé. » -Saroumane ou même Gollum n’ont pas cette conscience de la faute, leurs interrogations sont tout autres.Il donne un tout autre sens à leurs souffrances. Gollum nie également ses mauvaises intentions, il est renvoyé par Frodon à son comportement « Vous êtes rempli de perversité et de malice, Gollum. » et se voit opposé à cela la vérité toute nue et la franchise. De ces trois personnages seul celui qui a conscience de ses actes et de sa responsabilité peut recevoir le pardon et être « sauvé ». Le pardon découle de la, possible, mise en place d’une série d’adaptation à autrui. -Saroumane à Frodo (page 1085) : « … il me faut partir d’ici l’amertume au cœur en reconnaissance de votre miséricorde. Je la hais et vous aussi. » Pour un être de la condition et d’un orgueil démesuré comme Saroumane, s’est une blessure narcissique béante que de se voir congédier par Frodo. Pardonner c’est ne plus avoir peur de la peur de l’autre. -le pardon de Frondon est imposé à Saroumane, infligé et vécu comme une condamnation. Il est intéressant de constater que Saroumane à lui aussi trois occasions de se repentir et d’accepter le pardon (page 1047 Saroumane rejète également la miséricorde de Gandalf et de galadriel « Si c’est vraiment la dernière (chance), je suis content. Cela m’évitera la peine de la refuser encore ». Le pardon enfin ne doit pas être seulement entendu d’après un sens éthique. -Théoden pardonne à Grima (page 561) sans nié la responsabilité de celui ci, ni la gravité de ses actes, et en le punissant justement. « vous avez ma pitié, dit Théoden (conscient de ses propres errances?). Et je ne vous renvoie pas de mon coté. Je pars moi même en guerre avec mes hommes. Je vous invite à m’accompagner et à me prouver votre fidélité. » La tentative de générosité qui consiste à pardonner se transforme hélas vite en double déni : -Saroumane à Gandalf (page 627)« C’est tout à fait dans la manière de Gandalf le Gris : si condescendant et si bon. » en comparaison avec la méchanceté de Saroumane même si il est vrai qu’ici il n’y a aucune volonté apparente de regret chez celui ci ou alors est -elle rapidement balayé par ses peurs ou son orgueil. |
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... voilà, une fois de plus je ne savais pas trop où poser ma question :\ C'est à propos d'une réflexion de Frodon sur Gollum -- j'ai plus les références exactes, c'est dans le tome deux. A quoi pense-t-il en disant ça? |
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Peut être au fait que la présence de l'Anneau est trop proche (dans le temps) pour Gollum, et l'empêche de toucher le lembas / la corde elfique / Dard ? C'est comme cela que je l'avais compris moi... L'Anneau aurait "abîmé" Gollum au point de l'empêcher d'apprécier - et même de lui faire détester - toute beauté, et par extension, toute elficitude? |