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Je lance ce sujet avant d'oublier que je voulais en parler, parce que la lecture des Monstres et Critiques va me faire lancer quelques autres débats. Pardonnez-moi donc si ma pensée n'est pas encore tout à fait mise en forme sur ce sujet. Volà, en re-regardant dernièrement un Miyazaki (Le Château Ambulant), après avoir relu deux contes anciens (l'Oiseau Bleu et Peau d'âne), je me suis fait la remarque que les histoires de Miyazaki étaient comme ces anciens contes basées sur une histoire de malédiction. Et le Seigneur des Anneaux n'échappe pas à cette règle. Ainsi avec cette nouvelle lecture, le vieux débat qui consiste à savoir si le SdA raconte une quête ou une anti-quête est peut-être résolu par cet autre concept : le SdA raconte comment des héros cherchent à se débarasser d'une malédiction. Et il devient d'ailleurs très amusant alors de constater que cette malédiction, même vaincue et brisée, laisse nue dernière morsure à Frodon, dont il ne sera jamais tout à fait libéré. |
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(Un amateur de Miyazaki et de Tolkien: dans mes bras !) Ma réaction peut paraître complètement à côté de la plaque, mais je n'arrive pas à faire le lien entre la quête nécessaire des héros dans les contes et la malédiction en elle-même. Je comprends que la destruction de l'Anneau soit nécessaire, mais en quoi y a-t-il malédiction ? Si je regarde les définitions du Robert, les malédictions sont soit déclarées par quelqu'un, soit un "malheur auquel on semble voué par la destinée, le sort." (y a-t-il dans ce cas nécessairement malheur ou alors destinée ?). |
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Effectivement, je ne parle pas du "spell" ou du "curse", mais bien de la malédiction, celle qui peut être lancée mais qui peut aussi être là de fait.
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La malédiction de l'anneau, c'est l'existence même de cet anneau, qui pervertit tout ceux qu'il touche, qu'il asservit, et qui en plus peut rendre sa puissance au Mal. L'Anneau est lui-même une malédiction. |
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J'ai moi aussi un peu de mal sur la définition de la malédiction. Si je la vois bien peser sur une ou plusieurs personnes et prononcée par quelque être malfaisant comme Melkor, j'ai du mal à l'associer à l'avenir d'une terre, d'un continent. Le moteur d'une quête peut-être aussi bien souvent celle de la vengeance, du sauvetage du péril de ses proches, etc, etc. Ce qu'il y a également de fort dans le SdA c'est que, finalement, Frodon l'entreprend alors qu'il n'est pas encore directement touchée par les enjeux, à tout le moins, il n'en est pas encore victime.
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Mais justement, pas plus dans le Graal que dans un récit où le chevalier va libérer une princesse, ce n'est pas forcément celui qui subi la malédiction qui va en trouver l'issue. La vengeance est effectivement souvent le moteur d'une quête, surtout dans les scénarios américains. Mais la vengeance peut être parfois considérée comme la réparation d'une malédiction : un homme injustement privé de ses biens, un proche assassiné, cette malédiction atteint le héros qui veut réparation (en devenant lui-même malédiction : tu m'as maudis, je te maudis !) Peu importe qui est Frodon, il est chargé de détruire une malédiction lui aussi. |
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> La vengeance est effectivement souvent le moteur d'une quête, surtout dans les scénarios américains. Et dans les sagas islandaises aussi... Cordialement, |
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Je ne sais pas, pour moi la vengeance est un très vilain point de départ pour une aventure, et je ne la considère que comme anecdotique. |
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Vinyamar, que veux-tu dire par "Peu importe qui est Frodon(...)"?. J'ai du mal à comprendre car le simple fait qu'il soit le neveu de Bilbo me parait essentiel justement. Aredwin. |
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Peu importe le héros ! (Que ce soit Conan ou Frodon !) Ensuite, évidemment que dans l'intrigue du SdA, nous sommes bien plus heureux de voir que le héros est un petit hobbit de rien du tout, et le neveu de Bilbo... quoique cela ait pour moi une incidence purement providentielle |
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1- Entre Conan et Frodo il y a quand même un monde. Conan est un guerrier qui mène des combats héroïques alors que "le petit hobbit de rien du tout" comme tu le dis, n'aspire qu'à une vie tranquille (même si Frodo et Bilbo se trouvent être plus curieux du monde extérieur que les autres hobbits). Il ne mesure pas au départ l'importance de ce qui l'attend et est loin d'imaginer une quelconque malédiction. 2- Pour ce qui est de de la Terre Gaste (ou de la Gaste Cité), parlé d'une simple malédiction est un peu réducteur à mon goût. La désolation et la stérilité des terres sont essentiellement liés au fait que le roi est lui-même son royaume et donc est aussi responsable de son bon fonctionnement. Si il est incapable de le gouverner alors celui-ci dépérit. C'est un thème récurrent chez les Celtes(et chez d'autres aussi). Il n'est pas toujours question de malédiction mais plutôt d'un enchainement de circonstances. Aredwin. |
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Vin' : La malédiction de l'anneau, c'est l'existence même de cet anneau J'aurais plutôt dit que l'Anneau est une (voire "une des") matérialisation(s) de la Malédiction. Ceci-dit, l'existence de l'Anneau reste aussi une malédiction en soi... une malédiction dans la Malédiction. I. |
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maudite balise ! :o) |
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Moui, dans ce cas, c'est TOUT le légendaire qui aurait pour origine le marrissement d'Arda, la malédiction de Melkor? Heeuuu ... mmmoui, possible, après tout. Le motif de la malédiction comme élément moteur de l'aventure, apparait pourtant assez clairement dans quelques cas : les Silmarils, Hurin et ses enfants. Dans d'autres contes, elle apparait simplement comme l'un des évènements de l'histoire, mais pas comme élément déclencheur : Eol et Maeglin - Saruman et Frodo (?) - Les morts du "Chemin des Morts". Dasn le SdA, est-ce qu'on peut considérer que la malédiction lancée par Gollum à Bilbo sera un élément clé? Sais pas, ça se discute. D'une part l'Anneau lui-même est tout de même bien plus puissant que Gollum, d'autre part, à partir du moment où l'anneau lui est volé, Gollum ne songe plus qu'à la vengeance, et c'est lui qui met la puce à l'oreille de Sauron en recherchant partout "Baggins" ... Mouais ... mais il apparaît plus comme instrument manipulé que comme acteur. Sans compter que Bilbo lui-même, "le maudit" de c't' affaire, ne s'en porte pas plus mal. Et puis ... est-ce qu'on peut considérer ses paroles comme une véritable malédiction, ou simplement comme un grand cri de rage? Perso, je verrais plutôt le second, |
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Bonjour, Oui, c'est bien cela Vinyamar. L'oeuvre de Tolkien est construite en deux versants. Le premier versant, mythologique (le Silm), narre le récit d'une malédiction originelle qui est le marrissement d'Arda. A compter de ce marrissement, toute matière, tout évènement se retrouve comme traversé de lignes droites provenant du fonds des âges, qui portent en elles les prémisses de catastrophes à venir, comme des potentialités de mal. Le second versant, qui assume les formes du narratif et de l'histoire (le SdA), raconte comment l'homme prend conscience de cette malédiction (car le récit apporte le sens) et comment il essaie de s'en délivrer en brisant ces lignes droites (en particulier par la destruction métaphorique de l'Anneau) et en y substituant par sa volonté les germes de nouveaux départs (de nouvelles lignes droites, peut-être). Et le constat auquel arrive Tolkien à la fin du Seigneur des Anneaux est le suivant: (i) c'est par sa pitié et son pardon envers Gollum que Frodo sauve la Terre du Milieu, (ii) cette pitié, cette compassion envers l'autre, cette capacité de donner son pardon, doivent être gravées sans trève sur le frontispice de l'humanité, car les lignes droites provenant du marrissement d'Arda continueront sans trève à nous poursuivre. Ce qu'a fait Frodon, Tolkien nous demande de le recommencer à chaque fois, éternellement, car telle est notre nature qu'il faut sans cesse lutter contre elle. Il faut briser les lignes droites du passé pour y substituer de nouvelles. Schématiquement, il y a donc chez Tolkien la présence d'un constat (dans le Silmarillion) suivie d'une philosophie pratique (mise en oeuvre dans le SdA) pour remédier à ce constat. |
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Aredwin, mon propos n'est pas de parler du héros ni de savoir pourquoi il est Frodon et pas Conan. Je ne fais que vous exposer une idée (lumineuse :) )qui m'est apparue quant au procédé narratif de base de toute aventure, dont le SdA ne fait pas exception. Conan existe, et Frodon existe, les deux type de héros sont donc narrativement possibles, et le SdA aurait très bien pu exister avec Boromir pour héros, cassant de l'orque sur son passage. Nous nous accordons tous pour dire que cela a plus de sens si le héros est Frodon (et donc plus de succès auprès du lecteur), mais narrativement ce n'était pas une "nécessité". Aredwin>>Pour ce qui est de de la Terre Gaste (ou de la Gaste Cité), parler d'une simple malédiction est un peu réducteur à mon goût
Le marissement est certes une forme de Malédiction, mais il n'est pas utilisé comme moteur par l'auteur ; on ne voit nul héros se démener contre le marrissement du monde (même si c'est suggéré, cela ne constitue en soit aucune aventure, ce n'est pas utilisé comme un procédé narratif).
Un des talents de Tolkien est justement de nous laisser nous émerveiller à nouveau du monde. Ce mariage entre Merveille et Malédiction est un très vaste sujet, et ce n'était pas tout à fait ce vers quoi je comptais me diriger (mais rien ne l'empêche). |
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> Le marissement est certes une forme de Malédiction, mais il n'est pas utilisé comme moteur par l'auteur Heu... il y a quand même la première Prophétie de Mandos, autrement appelée la "Malédiction des Valar", qui s'inscrit en Arda Sahta et qui a de graves conséquences pour les Elfes, non ? ;-) T. P.-S. : Cédric, les onglets de mise en forme n'apparaissent pas dans ce fuseau, est-ce normal ? |
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cela n'apparaît dans aucune autre section du forum que celles du Webmaster : C'est normal, c'est encore à l'essai et Cédric attend certainement d'ajouter les dernières perfections pour généraliser l'outil à tout le forum ;-) |
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Tilkalin, tout à fait, et c'est la première aventure du Silmarillon d'ailleurs. Mais il ne s'agit pas ici de marrissement... donc nous sommes d'accord :-) |