|
Merci Vincent pour l'info / rappel.
Bonne soirée, |
|
S'agissant du documentaire de Simon Backès, je l'ai vu hier soir sur Arte et, pour un programme destiné au grand public, je l'ai trouvé plutôt de bonne tenue. Cordialement, Hyarion. |
|
Sur le film de Simon Backès : très bien, avec le grand mérite de reprendre, sur la fin, trois extraits d'interview de Christopher Tolkien. Sur le numéro de la Grande Librairie : tout simplement formidable pour le temps imparti (20 minutes de plus n'aurait pas été du luxe, j'aurais apprécié que certains points soient développés un peu plus, comme la relation avec les Inklings ou les enfants Tolkien, tout particulièrement Christopher Tolkien, dont la figure manque grandement) : un récit axé sur les aléas de la création littéraire, les allers et retours entre images d'archives et les extraits d'entretiens très bien ciblés avec John Garth, Vincent Ferré, Léo Carruthers (qui intervient aussi dans le film de Simon Backès, mais qui en dit plus je trouve), Julien Bisson (qui avait déjà rédigé l'essentiel du Hors Série LIRE sur Tolkien) ou Isabelle Pantin. Un régal. Suivi d'un petit entretien plateau entre F. Busnel et Vincent Ferré autour de l'oeuvre : ce qu'il faut lire, à quel âge. On notera toutefois que, bien que Busnel rappelle combien Tolkien n'aimait pas l'allégorie, les deux documentaires donnent une part importante à l'interprétation biographique de l'oeuvre -- qui a sa raison d'être, mais qui, sureprésentée, peut donner l'impression à celui qui découvre que Le Seigneur des Anneaux se réduit à un livre d'un ancien combattant de la Première Guerre Mondiale. On retiendra plus facilement la remarque de John Garth à ce sujet ou celle d'Isabelle Pantin sur l'aspect réactionnaire et méfiante envers le progrès ou Simon Backès allant jusqu'à suggérer, par le montage d'une scène finale, que Tolkien cherchait en Faërie à retrouver sa mère perdue, que le commentaire de Léo Carruthers sur le désir pronfond d'infuser dans la littérature et les mythologies une spiritualité ou même celle de Vincent Ferré qui (en digne supporter de Sam !) rappelle le rôle capital pour Tolkien des petites mains pour faire tourner les roues du monde.
Sosryko |
|
Dans chacune des émissions diffusées ces derniers jours, il y avait une séquence sur la relation entre Tolkien et le Pinus Nigra du jardin botanique d'Oxford... I. |
|
Troisième douceur de la semaine (qui arrive à point nommée en ce jour de la Saint Nicolas ;-)), le documentaire de Lydia ben Ytzhak sur France Culture qui ajoute à notre joie des jours précédents en nous permettant d'entendre non seulement les vois expertes et connues des documentaires de mercredi et jeudi mais également les voix amies et tout aussi expertes d'un Jean-Rodolphe Turlin, d'un Damien Bador ou d'un Michaël Devaux. Juste une vignette avant de vous laisser écouter les podcasts : là, point d'image pour rappeler l'attachement de Tolkien à la nature, mais la parole d'Isengar qui, répondant à la question de la représentation du végétal sous la plume de Tolkien, rappelle son besoin de contribuer à la « défense du végétal face à la Machine » -- ce faisant, le commentateur prend le relais de Christopher Tolkien lui-même dans le film de Simon Backès (à 47min 48s) : « la Machine signifiait pour lui la mauvaise solution […] la contrainte, la domination – pour lui le grand ennemi – […] la tentative par l’appareillage de transformer le monde ». Passage de relai parfait Isengar ! Je suis encore plus jaloux désormais des veinards des archives départementales d’Eur et Loire qui auront la chance d'entendre demain parler cartographie... ;-) Sosryko |
|
merci à toi Sosryko - quand on sait comme ton temps est précieux, merci mille fois de nous dire si vite ce que tu penses de tout cela & de le partager ! |
|
Ce sera toujours et avant tout un grand merci à toi Vincent ;-) -- mon temps est peut-être précieux, mais tout le monde aura constaté que je devrais effectivement consacrer un peu de ce temps à la cartographie et surtout à la géographie : il fallait lire "aux archives départementales d’Eure-et-Loir" bien entendu ;-) |
|
Une émission que j'ai écoutée avec beaucoup de plaisir. Bravo à tous les participants ! |
|
merci
J'en profite pour glisser ici le podcast, en attendant que Cédric l'intègre dans le site
I. |
|
Merci JR, figure-toi que j'y pensais à l'instant ;-)
Je viens d'écouter le PodCast ; j'ai passé un très bon moment. Merci beaucoup et félicitations à vous tous, de la belle ouvrage !
Cédric. |
|
Une émission tardivement passée hier soir sur France Culture : Mauvais Genre, par François Angelier.
"on a tous des points de vue biaisés" précise un des intervenants après avoir indiqué que "Peter Jackson aime Tolkien" (sic !!!)...
Mais heureusement, beaucoup de choses intéressantes :
Je n'ai pas écouté jusqu'au bout pour le moment. I. |
|
J'ai écouté également une partie. Qu'est-ce que Pierre Dubois peut dire comme bétises sur Tolkien... Il faut dire que comme il avoue lui-même qu'il n'a jamais lu Le Seigneur des Anneaux (l'avoir choisi comme intervenant est de ce seul fait discutable), ce n'est pas étonnant. Vincent est d'un calme qui fait merveille. |
|
Oui, à la réécoute de plusieurs passages impliquant Pierre Dubois, je souhaite amender mon post initial :
je vous propose : I. |
|
Je viens de voir en léger différé le film de Simon Backès cet après-midi et cela m'a beaucoup plu de revoir des images que la plupart d'entre nous connaissions déjà. J'avais oublié ce fameux passage où Tolkien lit du Simone de Beauvoir (curieux pour un gallophobe misogyne |
|
Kendra joue l'elfe en costume qui chante le Namarië sur la berge de la rivière. |
|
Pellucidar a écrit :
Ce que ce passage d'entretien m'a appris, qui n'avait pas été précisé jusqu'ici quand on mentionnait cette citation de Simone de Beauvoir, c'est que ladite citation, extraite du livre Une mort très douce (1964), Tolkien dit l'avoir lu tout simplement dans un journal. Amicalement, Hyarion. |
|
Il semblerait que Tolkien ait eu un faible pour les Simone... |
|
ISENGAR a écrit :
Voilà qui est fait : PodCasts et Vidéos.
Normalement, tout y est (sauf un podcast que je ne nommerai pas qui n'en vaut pas la peine) |
|
J'ai pris le temps d'écouter toutes ces émissions et j'adresse mes félicitations aux contributeurs. C'est très agréable de faire une heure de route en écoutant parler de Tolkien. Ca reste accessible au grand public tout en étant assez pointu et précis et j'ai pu apprendre de nombreuses anecdotes que je ne connaissais pas. Bravo à Vincent d'avoir fait voler en éclat tous ces clichés dans l'émission de France Inter (c'en était caricatural, je pensais que les "milieux autorisés" de la littérature française avaient dépassé ce stade, mais pas tout le monde j'en ai peur). Enfin, l'émission d'Arte était agréable à voir et bravo à Elisa pour sa contribution. |
|
Mardi matin, Nicolas Carreau parlait rapidement de Tolkien et du Seigneur des Anneaux dans la matinale d'Europe 1. |
|
Arte rediffuse mercredi 10 mai (à 22h45) le documentaire "J.R.R. Tolkien, des mots, des mondes" dont il a été question dans ce fuseau début décembre 2014. C'est l'occasion d'un rattrapage ! |
|
Merci Beruthiel I. |
|
Une émission sur Arte ce soir à 22H45 si je ne m'abuse ... Jérôme :) |
|
Rooh ! Jérôme, pris en flagrant délit de non relecture des deux derniers posts de ses petits camarades :p
I. |
|
Arf ... En effet, j'ai du rattrapage à faire :) — et ce n'est pas encore pour tout de suite :/ |
|
Signalé hier par Zelphalya sur Tolkiendil, un "Top 10 des livres que vous n'avez jamais réussi à finir", publié sur le site de France Culture il y a trois jours, après sondage sur les réseaux sociaux (plus de trois mille personnes ont répondu à la question "Quel est le livre que vous n'avez jamais réussi à terminer ?") : https://www.franceculture.fr/litterature...ussi-finir Le Seigneur des Anneaux de Tolkien arrive en quatrième place, devant Belle du Seigneur d'Albert Cohen et derrière À la Recherche du temps perdu de Marcel Proust. France Culture propose, en bonus pour l'occasion, de réécouter une de ses émissions de 1985 s'intéressant aux sources d'inspiration de Tolkien. Amicalement, Hyarion. |
|
Un petit mot pour signaler que plusieurs Tolkiendili (dont votre serviteur, mais qui a préféré décliner en raison de contraintes malheureusement incompatibles avec ma trépidante vie professionnelle actuelle) ont été sollicités la semaine dernière par France Inter pour participer demain, mardi 24, à l'émission Blockbuster, enregistrée en direct à 11h00 chaque jour.
Le thème de demain est évidemment Le Seigneur des Anneaux, le livre, pas le film (sinon, je n'aurai évidemment pas pris la peine de vous en parler ici ]
Il y aura bien sûr un podcast I. |
|
Merci pour le partage Isengar ! Suite à une discussion avec Druss tantôt, il n'y aurait pas (mais c'est bien à prendre au conditionnel) d'autres membres de Tolkiendil que votre serviteur. J'espère avoir tort. On sera fixé demain quoi qu'il advienne ! Amitiés, A. |
|
Voici le podcast, tout frais.
|
|
Merci Isengar. |
|
Merci pour le partage |
|
France culture met Tolkien à l'honneur cette semaine, dans une série d'émissions consacrées à notre auteur favori, avec des intervenants de qualité Voici le programme en quelques mots :
Lundi 26 novembre, 15h00: Une vie ordinaire (avec Vincent Ferré) https://www.franceculture.fr/emissions/l...-ordinaire Et le premier podcast :
|
|
La belle programmation que voilà ;-) |
|
Avec un peu de retard, la suite des podcasts de la série de la "Compagnie des auteurs" sur Tolkien.
Bonne écoute I. |
|
ISENGAR a écrit :
Le podcast de l'émission de décembre 2014 (déjà 4 ans !!) est toujours disponible, mais à une nouvelle adresse.
|
|
On perd un peu le fil des émissions qui se succèdent
diffusée aujourd'hui même sur France Culture I. |
|
Je me permets de partager ici quelques références d'émissions télévisées diffusées ce mois-ci sur le petit écran. 1 . Déjà signalé sur Tolkiendil (mais curieusement pas encore ici), un documentaire de Jean-Yves Fischbach intitulé « Le secret de Tolkien » a été diffusé sur la chaîne catholique KTO (une chaîne sur laquelle il m'arrive de tomber en zappant, comme je l'avais évoqué ailleurs). En fait de secret, ce documentaire de KTO entend répondre aux questions « comment Tolkien a fait du Hobbit et du Seigneur des anneaux une œuvre chrétienne et missionnaire ? » et « qu'est-ce que cette dimension catholique nous apprend de cette œuvre ? » : https://www.youtube.com/watch?v=GjL1PkDG8lc
2 . Un entretien avec l'auteur britannique Tom Holland a été réalisé pour la chaîne publique d'information internationale France 24 (une chaîne que je regarde régulièrement, sans quoi je serais peut-être passé complètement à côté dudit entretien), à l'occasion de la parution en France du dernier livre historique de Holland (un assez gros pavé, que j'ai sous la main, de plus de 600 pages, bibliographie incluse), intitulé Les Chrétiens. Comment ils ont changé le monde (Dominion: The Making of the Western Mind) et paru en français aux Éditions Saint-Simon : https://www.youtube.com/watch?v=LMRwkqcl3Lw
Il existe aussi une version anglophone de l'entretien (France 24 est une chaîne d'info polyglotte : français, anglais, arabe et espagnol) : https://www.youtube.com/watch?v=LDA7YMKVJZo Illustré en couverture par un célèbre tableau de Dalí, commençant par des citations d'Augustin d'Hippone, de Nietzsche et des Beatles (eh oui), divisé en trois grandes parties (« Antiquité », « Chrétienté », « Modernitas »), l'ouvrage de Tom Holland, généraliste mais documenté, parcourt l'histoire de l'Occident dans son ensemble, en partant de lieux et de dates au début de chaque chapitre, sans être particulièrement anglocentré, ce qui est toujours appréciable, l'auteur parlant même assez souvent de la France (par exemple, un chapitre renvoyant à Toulouse a pour point de départ l'affaire Calas dans laquelle Voltaire s'engagea comme on le sait). Comme on peut du reste l'entendre dans l'entretien sur France 24, Tom Holland parle aussi de J. R. R. Tolkien, notamment dans tout un chapitre renvoyant à la bataille de la Somme (mais pas seulement), chapitre dont est extrait la citation que fait la journaliste Stéphanie Antoine dans l'émission. Je reviendrai peut-être plus tard davantage en détail sur ce livre, quelque part en ces lieux... Amicalement, Hyarion. |
|
Merci Benjamin !
Très beau documentaire que celui de KTO. Plus dubitatif sur (une partie de) l'analyse de Tom Holland (minutes consacrées à Tolkien = 6-7) ;). Jérôme |
|
Yyr a écrit :
De rien, Jérôme. Yyr a écrit :
Tu ne précises pas ce qui te laisse dubitatif, mais compte tenu de nos échanges passés, j'imagine que c'est exactement ce qui, personnellement, m'a paru assez juste dans cette analyse (évidemment un peu plus développée dans le livre de Holland), et qui ne va certes pas dans le sens d'une lecture de Tolkien ramenant tout au christianisme comme si celui-ci était une sorte d'aboutissement « évident » de la pensée humaine (occidentale), au lieu d'en être simplement la matrice dont sont pourtant tous plus ou moins issus nos esprits (voire nos âmes, même si sans doute nous ne serons, une fois de plus, pas d'accord sur le sens de ce terme, la théologie s'en voulant volontiers le propriétaire exclusif : pour ma part, j'appelle « âme » ce monde de représentations intimes, non matériel, propre à chacun, fait d'images et de mots, ce monde intime d'idées, d'émotions, de perceptions, que nous avons tous, mais dont on ne peut pourtant pas prouver l'existence). En écrivant cela, je vais peut-être un peu plus loin que ce qu'écrit Holland lui-même, qui s'en tient à un regard d'historien, mais sa thèse n'en reste pas moins que le christianisme est, en gros, la matrice de la civilisation occidentale, à travers notamment la subversion, toujours renouvelée, comme héritage « fonctionnel » de siècle en siècle... Ce n'est pas là en soi une grande découverte, certes, mais il est intéressant, à cette aune, que Holland ait inclus Tolkien dans sa fresque historique, en évoquant aussi bien l'homme que l'œuvre, il est vrai au milieu de bien d'autres personnalités et références. Le contexte changeant, culturel mais aussi spirituel, dans lequel a paru le Seigneur des Anneaux explique son succès : il n'est pas le roman témoignant d'une Vérité à laquelle une majorité pouvait croire il y a 1000 ans, mais au mieux (dans une perspective de large lectorat) le roman de la réalité d'une perte, d'effacement, ou d'un dépassement, selon les points de vue, dont il nous reste des vestiges, laissés en héritage (et à considérer comme tel, volontiers a minima avec respect) mais auquel tout le monde ne confère pas la même nature, voire la même valeur. L'intelligence (la sagesse même) de Tolkien aura été d'éviter l'apologétique, mais de toute façon, conçu non seulement ainsi mais aussi comme (et même sans doute parce qu'étant) une œuvre de commande, ce roman portait en lui de sérieuses dispositions à dépasser l'identité chrétienne de la pensée de l'auteur (un catholique auteur et non un auteur catholique, donc, comme l'a fort pertinemment écrit Leo Carruthers, par ailleurs toujours aussi nuancé dans le documentaire de KTO) : cela me parait être, selon moi, le secret de toutes les grandes œuvres d'art, et plus largement encore, de toutes les grandes œuvres de l'esprit.
Le propos de Holland, même s'il ne correspond pas exactement au mien, et même s'il relève d'une vulgarisation assez large sur des sujets souvent largement connus, m'a davantage parlé, sans surprise, que les éléments du documentaire de KTO qui t'ont plu en particulier (concernant ce que dit Michaël Devaux dans ce film de Jean-Yves Fischbach, le plus intéressant à mes yeux est évidemment son propos final, à partir de 49:45, s'agissant de la liberté du lecteur respectée par Tolkien). Pourtant, il faut bien comprendre que le discours chrétien reste, malgré le temps qui passe et la jeunesse qui s'éloigne peu à peu, quelque-chose que je reconnais, en ce sens qu'il me reste familier et sans doute un peu plus que cela. Pour moi comme pour bien d'autres, le christianisme fait (au moins) partie d'un héritage, en l'occurrence personnel. Je sais ce que c'est qu'une messe (qu'il s'agisse de la cérémonie chrétienne catholique suivant le rite romain en tant que telle, ou plus largement d'une œuvre de musique sacrée chrétienne écrite par J.-S. Bach, Mozart, Beethoven ou Berlioz). Je sais, personnellement, ce que c'est qu'un baptême (mieux sans doute que quelqu'un à qui les parents n'auraient pas laissé le choix à la naissance). Je sais, là encore personnellement, ce que c'est qu'une communion, première ou ultérieure. Je sais ce que sont les prières des chrétiens (catholiques), souvent connues par cœur. Je sais ce que c'est que de participer (assis sur les bancs du public), encore enfant, à des messes en plein après-midi, dans une église de campagne quasi-déserte, au milieu de l'été. Je sais même ce que c'est qu'assister à un sermon en chaire par un prêtre en chasuble d'avant la réforme liturgique de Vatican II (un spectacle qui impressionne assez, quand on est enfant). Par contre, par exemple, je ne sais pas ce que c'est que la confession, car j'ai toujours instinctivement refusé d'être soumis à cet outil de contrôle clérical des consciences, puisque ma conscience ne regarde que moi (et « Lui », s'il existe) et que je n'ai donc pas de « péchés » à avouer à un prêtre. Je n'ai jamais compris, par ailleurs, la prétention de l'Église catholique au monopole spirituel, ni cette autre prétention, franchement ridicule, qu'est l'infaillibilité pontificale décrétée par Pie IX.
Bref, cette familiarité avec le discours chrétien, c'est encore ce que j'ai ressenti dernièrement à la lecture d'un numéro hors-série du Figaro de novembre consacré à « Jésus Christ cet inconnu » (mes sympathies socialistes sont certes incompatibles avec la ligne éditoriale politique du Figaro, mais là, c'est le sujet du hors-série - Jésus - qui m'intéressait, et le fait qu'il soit réalisé en partenariat avec l'École biblique de Jérusalem, éditrice de la fameuse Bible de Jérusalem, qui reste pour moi la Bible de référence, même comme outil de travail et ce malgré la distance que j'ai prise depuis longtemps avec l'Église catholique et ses dogmes [la vie est contradiction, n'en déplaise aux amoureux de la « cohérence »]). La lecture de ce hors-série sur Jésus - rédigé par divers contributeurs au sein desquels l'ordre dominicain est logiquement bien représenté - m'a permis de retrouver cette vieille bonne vieille rhétorique faite d'un mélange de qualité de la langue écrite, de rigueur critique en matière d'exégèse et de tranquille assurance quant aux points censés échapper à la critique et relevant (« évidemment ») de la croyance religieuse. Comme d'habitude, le mieux que je puisse faire, c'est le tri entre ce qui continue de m'intéresser et ce qui ne m'édifie pas (ou plus). Mais je crois que je reconnaitrai toujours la matière du propos, comme quelque-chose faisant en quelque sorte « partie des meubles » de mon horizon mental... Yyr a écrit :
J'ai écrit plus haut que ce je pense de la question s'agissant du roman, mais j'ajouterai simplement qu'à mon avis, cette distinction dont tu parles, quoique nécessaire (et a fortiori basée sur des faits), certains lecteurs/commentateurs ne semblent pas vraiment disposés à la faire, et c'est bien ce qui me pose problème quant à la question d'appréhender le christianisme chez Tolkien, au risque de tout y ramener : entre prétendre servir l'œuvre et s'en servir, il y a un pas que certains me paraissent un peu trop prompts à franchir en croyant cela « évident »... C'est ce qui constitue, à mes yeux, toute la limite d'une lecture chrétienne de Tolkien, quelle que soit la pertinence des analyses pouvant découler d'une telle lecture : si l'on va trop loin dans ce sens (et c'est sans doute une tentation assez facile, qui plus est dans le monde comme il va), alors c'est probablement le « meilleur » moyen de notamment dénaturer ce qu'est un roman comme Le Seigneur des Anneaux... Du moins est-ce mon point de vue. Amicalement, Hyarion... confronté au (petit) défi du moment : terminer une certaine contribution arthurienne avant la fin de la décennie (et donc de l'année) ! |
|
Hyarion a écrit :
Je suis en parfait accord avec toi et Jérôme sur ce point. Au demeurant, il ne faudrait pas exagérer : les commentateurs non disposés à faire la distinction sont particulièrement rares, qu'il s'agisse de chrétiens (pour défendre l'œuvre — ou éventuellement pour dénoncer l'hérésie que constitueraient les Elfes et les Nains Au demeurant, les quelques essais s'efforçant sérieusement de faire de l'apologétique à travers le SdA se posent généralement comme des interprétations relevant d'une application de l'œuvre en rapport avec un thème extérieur donné, plutôt que comme des analyses dévoilant impartialement une allégorie voulue par l'auteur. Et nul n'est forcé d'adhérer à une lecture spécifique d'un roman, sauf précisément quand ce roman est une allégorie pour autre chose, ce qui irritait profondément Tolkien*, comme chacun sait. D'ailleurs, ces commentateurs apologétiques sont plutôt des spécialistes des analyses édifiantes appliquées à toutes les œuvres de fiction qui s'y prêtent — plus ou moins — que des experts de l'œuvre de Tolkien. Hyarion a écrit :
Du coup, tu ne risques pas grand'chose : la décennie se termine réellement dans un an (et, oui, tout le monde ou presque a fêté le nouveau millénaire à la mauvaise date). D. * Cette affirmation serait elle-même à nuancer, comme en témoigne d'occasionnelles remarquables allégories chez Tolkien, que ce soit dans « Beowulf : les Monstres et les Critiques » ou dans Leaf by Niggle, par exemple. Mais le Légendaire occupait une place à part pour Tolkien et l'allégorie n'en faisait manifestement pas partie. |
|
Elendil a écrit :
Je ne crois pas particulièrement exagérer le problème... dans la mesure où je ne le limite pas à une simple histoire d'hurluberlus enfermés dans le "lithisme" le plus primaire, ou plus largement aux obsessions chrétiennes de tolkienologues anglophones œuvrant plus ou moins dans le sillage d'un Joseph Pearce (ce dernier ayant ouvert une sacrée brêche il y a un peu plus de vingt ans). C'est un peu plus compliqué, de mon point de vue, qu'une histoire de prosélytes forcenés à l'esprit obtus. Au milieu des différents régimes de croyances auxquels nous sommes tous confrontés, même le fait de pouvoir généralement convenir que Le Seigneur des Anneaux est l'œuvre d'un catholique auteur ne suffit pas forcément à garantir une pleine clarté sur la teneur exacte des discours des uns et des autres. Je repense à des propos tenus par Jean-Loïc Le Quellec dans une revue, il y a quelques années, s'agissant de la persistance de l'existence des mythes dans notre Occident sécularisé : Nombre d'Occidentaux pensent s'être débarrassés des mythes. Mais la fourmi qui marche sur un tapis brodé n'en voit ni les couleurs ni les motifs, car elle manque de hauteur... Au XXe siècle, les populations ont peu à peu pris leurs distances avec le christianisme. La plupart des chrétiens d'aujourd'hui voient la Bible comme une somme de récits symboliques, auxquels il n'est plus nécessaire d'adhérer pour avoir la foi. Ils ne croient plus aux serpents qui parlent ni aux vierges fécondées par l'oreille. Tout Occidental a ainsi dû faire le deuil d'une partie de l'explication du monde, mais pas de toute explication du monde. En témoignent les croyances de type "New Age" qui explosent parallèlement à l'athéisme. Avec l'accélération de l'information via Internet, chacun se fabrique désormais ses propres mythes comme il se fournirait dans un supermarché de croyances : la vieille histoire de Gaia, la Terre-Mère, ressurgit, rhabillée sous l'étiquette bio et durable, saupoudrée d'un peu de bouddhisme, de quelques restes de christianisme... Et certains mythes, bien qu'aménagés, sont encore actifs ! [...] Comme quoi les mythes ne sont jamais si présents que lorsqu'on ne les voit pas. Jean-Loïc Le Quellec, entretien avec Pascale Desclos in Les Cahiers Science & Vie n°147 ("L'origine des mythes"), août 2014.
Tolkien, on le sait, sert bien souvent de prétexte pour parler de mythes. Et il est un certain mythe que Tolkien considérait, parmi tous les mythes, comme un "mythe vrai". Si des commentateurs partagent d'emblée la même considération (en tenant compte du constat général que fait Le Quellec), il est permis de se demander ce qu'ils cherchent à faire quand ils parlent de Tolkien. Partager sur un sujet tolkienien ? Partager sur une croyance religieuse ? Sur une croyance religieuse de Tolkien ? Sur leur propre croyance religieuse ? Peut-on aisément distinguer ce qui relève de l'étude, du partage, de la promotion, de l'exégèse, de l'apologétique ? Ce n'est pas forcément évident. ^^' En tout cas, ce que je veux dire, simplement, c'est que de mon point de vue, une lecture chrétienne de Tolkien, de la part de commentateurs chrétiens, a assez "naturellement" plus ou moins tendance en porter en elle le "risque" d'une certaine apologétique, à cette nuance (essentielle) près que le "risque" n'émane pas en soi, selon moi, d'un roman comme Le Seigneur des Anneaux... ou même d'un recueil de poèmes comme Les Aventures de Tom Bombadil (cela ne surprendra ainsi personne que je trouve discutable de christianiser Tom Bombadil comme ont choisi de le faire les auteurs de Pour la gloire de ce monde, ce qui, pour mémoire, ne m'aura pas empêché de participer à la relecture du recueil en question). Je crois bien sûr qu'il est possible de faire preuve d'un salutaire sens de la nuance (Leo Carruthers l'a prouvé, et c'est pour cela que je ne manque pas de le souligner chaque fois que l'occasion se présente), et cela arrive peut-être plus souvent que je ne crois a priori le percevoir (je n'ignore pas, du reste, que l'on me prête volontiers une tendance à la "surinterprétation"), mais tout de même, quand on insiste sur la dimension chrétienne de l'œuvre de Tolkien, je me dis toujours que la question n'est pas de savoir si on a le droit de faire ce que l'on fait, mais simplement de savoir précisément qui parle et pour dire quoi. J'ai relu récemment Réelles présences de George Steiner, essai dans lequel ce dernier parle de l'incompatibilité entre absence de transcendance et pleine appréhension de certaines dimensions de la pensée et de la créativité. Tout sceptique que je puisse être par ailleurs pour tout un tas de considérations (et de raisons), je comprends ce qu'il veut dire s'agissant de la création, que je ne conçois pas comme déconstructiviste : j'ai déjà eu l'occasion d'écrire ailleurs que la créativité est la seule chose qui me donne encore un certain sentiment d'éternité, voire même un certain sens du sacré. En cela au moins, il faut croire, si l'on veut préserver l'idée de sens d'une œuvre, et même si la question de Dieu peut rester par ailleurs insoluble. Steiner est certes plus affirmatif : selon lui, non seulement il faut parier à nouveau sur le sens, mais aussi parier sur l'hypothèse de la transcendance, de l'existence de Dieu conçue comme fondement de la capacité qu'a le langage humain de communiquer sens et sentiment, en particulier dans le domaine esthétique, en littérature, en musique et dans les arts plastiques. Pourquoi pas ? Steiner m'inspire en tout cas confiance en ajoutant ceci (dès le premier chapitre) : "Il se peut qu'une telle hypothèse - où qu'elle ait été, ou soit présentée - se révèle entièrement erronée. Présentée de manière embarrassée, elle le sera à coup sûr." Nous pouvons effectivement toujours nous tromper. Les lectures chrétiennes de Tolkien, à cette aune, me paraissent trop souvent trop sûres de ne pas se tromper. Ce n'est pas parce que Tolkien était chrétien qu'il faut forcément dès lors plus ou moins se précipiter (même en prétendant être réfléchi et "cohérent") dans ce que l'on croirait être l'essence profonde (chrétienne ???) de Faërie : les choses ne me paraissent pas être aussi simples, quoi que pouvait en penser Tolkien lui-même (ne parlait-il pas, du reste, lui aussi d'"hypothèse" à l'occasion ?), et même s'il faut respecter les intentions d'un auteur, ce qui fait le sens premier d'une œuvre. L'imagination a une dimension qui, en tout cas, me parait plus vaste qu'une considération religieuse particulière, même si elle a un rapport avec la spiritualité. Ce que l'on peut faire, c'est d'abord se confronter à la création en tant qu'énigme, en faisant a minima le pari du sens, d'un sens, de "quelque-chose" qui apparaît dans le cadre de la création. Le scepticisme peut s'imposer ailleurs, face à l'absurdité apparente du monde comme il va, et même si c'est là la position philosophique la plus inconfortable qui soit (n'en déplaisent à certains), mais si l'on reste sensible à la créativité, là, face à elle, il ne faut plus douter, et face à un œuvre "nous devons lire comme si", pour reprendre la formule de Steiner vers la fin de son essai. Ainsi, quel que soit le flot de commentaires sur un œuvre, rien décidément ne saurait donc remplacer la confrontation directe avec l'œuvre elle-même, et bien sûr je crois que nous serons a minima tous d'accord là-dessus. Elendil a écrit :
Oui, je sais bien : en décembre 1999, j'ai fait justement partie de ceux qui étaient conscients qu'il fallait attendre que l'année 2000 soit d'abord entièrement écoulée, pour ensuite seulement commencer un nouveau siècle et un nouveau millénaire... Mais bon, les êtres humains aiment les symboles et les zéros, qu'ils préfèrent aux subtilités mathématiques... et puis, en ce qui me concerne, je voulais juste me fixer un nouvelle limite... mais comme ça ne sert à rien, eh bien, ma contribution arthurienne sera finie... quand elle sera finie, donc très bientôt j'espère (pour éviter de patiner encore longtemps, je crois que je vais faire des coupes, tout simplement, quitte à garder de la matière pour plus tard). ^^' Amicalement, Hyarion. |
|
Hyarion a écrit :
La quatrième de couverture de Pour la gloire de ce monde attribue une majuscule à «Recouvrement» et «Consolation» parce ces termes sont les termes employés par Tolkien dans son essai sur le conte de fées et qu'il apparaissent dans le sous-titre du recueil (Recouvrements et consolations en Terre du milieu). On ne peut pas parler non plus de «majuscule théologique» pour le mot «Joie», ce serait faire un contresens avec le texte qui justement, évoque l'union (et non la fusion) de l'Espérance à la Joie. Seule la majuscule de l'«Espérance» peut être qualifiée de «théologique» puisqu'en effet, dans cette phrase, il s'agit de l'espérance chrétienne ainsi qu'il est explicitement précisé dans le paragraphe précédent, la mention « pour le chrétien » étant uniquement associée à l'espérance -- et non pas au recouvrement, à la consolation ou à la joie qui peuvent être éprouvées par tout lecteur d'un bon conte de fées tel que l'envisage Tolkien. La mythopoésie acquiert ainsi une portée philosophique et théologique, étant en prise avec la question même de la réalité. « Non pas que dans la réalité les choses soient aussi nettes que dans une histoire», mais parce qu'une telle histoire a pour but d'offrir à «ceux qui ont soif»(*) de remonter à la source -- et d'y puiser. [* = Lettres, p. 78, 98] Pour la gloire de ce monde, p. 11 Personne n'est obligé de lire un avant-propos, de même personne, ayant lu l'avant-propos, n'est obligé de lire le recueil s'il n'accepte pas les orientations qui y sont exposées. Les auteurs chrétiens de Pour la gloire de ce monde ont “précisé” non pas “heureusement“ mais “volontairement” et “honnêtement” ces orientations et n'ont absolument pas cherché à proposer une présentation de ce que Hyarion appelle le «sens premier d'une œuvre» mais bien du sens qui transparaît « sur un second plan » et qui fait lien entre la littérature et « le Grand Monde pour lequel notre nature est faite » (Lettres, p. 100, cité dans l'avant-propos, p. 14). S. |
|
Merci pour ces précisions. Elles sont toujours utiles, même si elles peuvent toujours, au passage, me faire passer pour le Béotien de service. ^^' Du reste, sur le fond, on pourra toujours penser que je n'ai rien compris, mais ce n'est pas grave : quoiqu'il arrive, on apprend tous les jours. :-) Je me dois au moins de corriger une confusion factuelle : quand je parle de lecture chrétienne de Tom Bombadil, s'il en est effectivement un peu question dans l'avant-propos de Pour la gloire de ce monde, je pensais surtout à un autre texte d'un des mêmes auteurs, figurant en fait dans J. R. R. Tolkien, l'effigie des Elfes (la Feuille de la Compagnie N°3), et que j'ai également relu récemment. J'avoue que ce n'est pas la première fois que je fais la confusion, pour une raison qui m'échappe... sosryko a écrit :
Comme je l'ai écrit, je ne voulais pas être trop long (même si je l'ai sans doute été tout de même). sosryko a écrit :
Personne n'est obligé de lire quoi que ce soit, Sosryko, et avoir un esprit critique ne signifie pas que l'on n'accepte pas l'autre tel qu'il est. B. |
|
"Ceux à qui la raison échappe peuvent confondre le Dragon et la Chimère" :p |
|
Hisweloke a écrit :
Précieux avertissement de HoMe XIII : avec toutes ses péripéties éditoriales, la planète Tolkien peut effectivement rendre fou ! ^^' Très amicalement, ;-) Hyarion. |
|
Je met ça là.
Mais je ne me souviens toutefois pas d'avoir vu Nicolas Mezzalira (que je connais) dans la première série, où, de mémoire, John Howe était le seul narrateur. Dans ce cas, serait-ce un document inédit ?
|
|
Avant-hier soir, en zappant (c'est vite fait, je n'ai que 3 chaînes de télé ;-), je suis tombé sur un documentaire consacré à l'histoire de Rocamadour. Le teaser de l'émission affirmait que "cette légendaire cité médiévale a inspiré Tolkien pour son Seigneur des Anneaux", allusion à Minas Tirith sans la nommer. Est-ce que c'est un fait avéré ou était-ce encore juste une manière d'appâter le chaland / téléspectateur (ça a marché dans mon cas, cela dit sans regret car c'était très intéressant) ? |
|
Hello, A ce titre, même si ce n'est pas avéré non plus, le Mont Saint Michel aurait sans doute plus de chance de figurer parmi les inspirations de Tolkien, car il se trouve non loin du parcours qu'il avait suivi jusqu'à Dinard avec ses touristes mexicains en 1913. I. |
|
Hypothèse curieuse à propos de Minas Tirith, et pourquoi pas (côté Nains) les grottes de Rock-Amadour??? Bashung me semble plus certain niveau inspiration. |
|
C'était pas Bashung, c'était Blanchard :p Par curiosité, je me suis baladé sur le net, pour essayer de retrouver vite-fait des occurrences associant Minas Tirith et Rocamadour. A priori, la plus ancienne mention est apparu en France dans un blog de voyage en 2007.
Il faut semble-t-il attendre 2013 et un article sur le site "voyage insolite" pour trouver une seconde mention sans lien avec la première. L'auteur reconnait en fin d'article qu'il ne s'appuie que sur des impressions suggestives Côté web anglophone, je n'ai rien trouvé antérieur à 2014. La plupart des mentions postérieures sur le net (francophone comme anglophone) ne s'appuient sur rien, à part la proximité esthétique entre la Minas Tirith de Peter Jackson et la vieille cité des Causses. Mais de l'aveu même de Peter Jackson, dans les "appendices" du vieux DVD du Retour du Roi (2004), l'inspiration de son équipe viendrait plutôt d'un savant mélange entre le Mont Saint Michel et Sienne. Étrange histoire... I. |
|
Oops |
|
Je sors ce fuseau de sa grotte (de Rocamadour
A écouter par ici : I. |
|
Aujourd'hui, publication d'un court podcast à propos des langues inventées de Tolkien sur le site de Courrier International. |
|
En effet. Je me permets d'ailleurs de signaler ici une courte réaction de ma part à ce sujet sur le site d'à côté. E. |
|
Je n'avais pas tes compétences pour critiquer le contenu, ce qui m'a fait sourire, c'est que cela soit publié sur le site du Courrier International, qui n'apprécie pas Tolkien plus que cela : |
|
sosryko a écrit :
Cet article dans son ensemble n'est pas si mal, mais son auteur ne perçoit manifestement pas que certains personnages valorisés par Tolkien, à l'instar de Faramir, peuvent malgré tout exprimer des opinions qui ne sont pas celles de Tolkien. Pourtant, le journaliste souligne avec justesse que Samsaget réagit de manière tout à fait différente, mais il n'en tire pas les conclusions logiques. Cela témoigne précisément du problème d'ensemble, à savoir que Tolkien continue de ne pas être pris pour un auteur sérieux, même par une partie de ceux qui l'apprécient pour son ampleur mythopoétique. Pareil pour les « vers de mirliton », alors que le journaliste souligne l'admiration qu'Auden avait pour cette œuvre (sans préciser qu'Auden appréciait particulièrement la poésie allitérative de Tolkien). Serait-ce que pour lui la poésie épique ou humoristique ne saurait être d'une grande qualité technique (à moins qu'il ne s'agisse de celle de Hugo dans la Légende des siècles) ? E. |
|
Il y a bien longtemps, Cédric a écrit :
Je me permets de vous signaler qu'à l'occasion du cinquantenaire, les podcasts sont à nouveau disponibles sur le site de Radio Grand ciel. I. |
|
ISENGAR a écrit :
Avec un délai de réaction pas vraiment optimal : merci pour l'info ! M'est avis que cela mérite également un billet sur la page principale du site. Je m'en occupe. Et encore bravo pour cette série ! C. |
|
L'émission "Book club" de Marie Richeux sur France culture a mis J.R.R. Tolkien en avant, dans l'épisode d'hier. https://www.radiofrance.fr/franceculture...on-1425990
Je reste étonné que Joan Sfar soit encore considéré par Radio France comme "spécialiste" du Seigneur des Anneaux ou "savant passionné" (pour reprendre l'expression de Marie Richeux) quand on l'entend balancer ses préjugés "irréfutables" sur Tolkien, les mêmes qu'il y a dix ans. Anne Besson, toujours impeccable et polie, corrige en partie ces cascades d'idées reçues (le mot est gentil) dès que le format de la discussion lui en donne l'occasion. Mais au final, un goût amer subsiste. I. :| |
|
Merci pour l'info et le lien. C. |
|
ISENGAR a écrit :
Faut-il, mon cher JR, complètement apprécier une œuvre pour être considéré comme un connaisseur (sinon un spécialiste) dont le point de vue serait digne d'intérêt public ? Je crois, si ma mémoire est bonne, que la question avait déjà été évoquée il y a une dizaine d'années, à l'époque notamment de cette autre émission de radio avec Joan Sfar qui par ailleurs, et déjà pour ma part, m'avait laissé une impression mitigée, comme je l'avais écrit à l'époque sur le forum d'à côté (ce qui ne m'avait pas empêché d'exprimer alors, également, un avis positif, en passant et dans le sillage de JR, s'agissant du travail de Sfar en tant que réalisateur du film Gainsbourg (Vie héroïque) ; vieux souvenir cinématographique que ce film, déjà : il faudrait que je le revoie, à l'occasion). Que Sfar puisse parler de Tolkien sans grande portée en se basant sur des lectures superficielles et anciennes, voire sur des interprétations personnelles trop arrêtées, c'est une chose. Qu'il fut nécessaire d'être un « fan hardcore » de Tolkien pour être légitime dans l'expression d'un avis sur son œuvre dans une émission de radio, c'est autre chose, du moins à mon sens.
Parler de Tolkien dans les médias, à mon humble avis, ne devrait pas forcément n'être qu'une histoire de promotion de l'œuvre censée n'être dès lors que l'affaire de spécialistes et de ce que j'ai proposé d'appeler (il y a déjà assez longtemps) le fanariat. Certes le processus de légitimation de Tolkien a dû passer par une longue période où fans et spécialistes étaient souvent amenés à devoir imposer leur discours pour qu'il finisse par être reconnu et respecté. Mais aujourd'hui, alors que l'univers de Tolkien fait l'objet désormais d'une banalisation au sein de la culture de masse qui n'est d'ailleurs peut-être pas un service rendu à son œuvre littéraire, il me semble important de laisser aussi s'exprimer des gens sur Tolkien qui ne soient pas forcément uniquement des « fans hardcore » ou des spécialistes (du quenya et autres langues inventées, d'une lecture uniquement chrétienne de l'œuvre, d'une approche uniquement médiévaliste de l'œuvre, etc.). Ceci étant dit, et à te lire, mon cher JR, si le point de vue de Sfar sur Tolkien n'a pas changé depuis la dernière fois que je l'ai entendu en parler à la radio il y a une dizaine d'années (cf. mon impression mitigée de l'époque, dont j'ai parlé plus haut), alors sans doute n'est-il pas le mieux placé pour apporter une saine contradiction éclairée à quelqu'un comme Anne (Besson), laquelle connaît naturellement bien l'œuvre de Tolkien... tout en revendiquant aussi, à l'occasion, un parti pris au-delà ou en parallèle de son statut d'universitaire (ce n'est évidemment pas un reproche que je fais là, mais seulement un constat à partir de déclarations publiques). Mais, à partir du constat que tu fais de Sfar perçu à Radio France comme un spécialiste du Seigneur des Anneaux, on en (re)vient dès lors à la sempiternelle question des contraintes et contextes avec lesquelles sont constitués les castings d'invités des émissions de radio ou de télévision, avec sa dose d'habitudes et de « réseautage ». Amicalement, ^^ B. PS: si cela peut mettre tout le monde à l'aise, je précise que le présent message n'est pas un appel à un « gros débat ». :-) |
|
J'ai vu, ces derniers jours, que Tolkiendil avait réagi, sur le réseau d'Elon M., aux propos de Joann Sfar dernièrement sur France Culture, et que ce dernier avait à son tour réagi sur ce même réseau, en échangeant notamment brièvement avec notre ami Vincent (F.). Au-delà des interprétations (très) personnelles de Sfar sur Tolkien, comme je l'avais déjà dit dans mon message (déjà évoqué précédemment) sur le forum de Tolkiendil en 2012 suite à la précédente émission avec Sfar sur France Inter, je crois que l'on ne peut pas contester la sincérité de Sfar quant à son attachement à l'œuvre de Tolkien même si sa connaissance en est sans doute plus limitée qu'un tolkienophile ultra-spécialiste ayant supposément lu et prétendument « compris » tous les écrits de Tolkien. Joann Sfar et Vincent sont, semble-t-il, heureusement tombés d'accord pour qu'à la suite de cette émission, pour le moins source de malentendus comme la fois précédente en 2012, il puisse y avoir d'autres occasions d'échanger sur Tolkien, ailleurs évidemment que sur le réseau (plus ou moins en perdition) d'Elon M. : tant mieux si cela pouvait se faire, a fortiori après une occasion à mon avis déjà manquée en 2012 de clarifier les choses pour une discussion sereine. Ceci étant dit, et sans aucune volonté de polémiquer (j'ai vraiment autre chose à faire... :-)...), j'avoue que je comprends en partie, sur le principe, Sfar lorsqu'il a évoqué, lors des échanges sur « X » (ex-Twitter), les limites de ce qu'il appelle le « littéralisme » par rapport à ce qu'il appelle « une lecture vivante » des œuvres littéraires, et lorsqu'il qu'il a dit regretter « les interprétations sérieuses et sulpiciennes de Tolkien » (même si je ne suis pas d'accord avec Sfar lorsqu'il dit que ces interprétations « éclipsent le plus important à [ s]es yeux : [que Tolkien est pour lui] le plus grand auteur pour enfants du XXe siècle », car je ne pense pas, pour ma part, que Tolkien soit résumable en importance, loin s'en faut, à sa place dans la littérature jeunesse). Réduire éventuellement ses propos à une simple réplique à Tolkiendil perçu basiquement comme le camp des « gardiens du temple » me paraitrait dommage, car derrière le contexte immédiat (et toujours un peu « foutraque » sur « X ») desdits propos, il me parait y avoir une question de fond, que j'ai maintes fois soulevée par le passé, ici et ailleurs, même si cela a souvent été dans un relatif désert : celle de l'illusion iréniste vis-à-vis de ce que j'appelle la planète Tolkien.
De fait, je repense à nouveau aux mots d'ordre (si j'ose dire) que j'ai souvent lu et entendu depuis la petite vingtaine d'années que je fréquente ladite planète... Peace and Love, B. |
|
Effectivement, tout le monde peut parler de Tolkien. Des érudits, moi, mon ch'val. C. |
|
À te lire, mon cher Cédric, je ne crois pas que mon précédent message (ni celui qui le précède, s'il a été lu) ait été compris. Mea culpa sans doute. Tant pis, ce n'est pas grave. Amicalement, B. |
|
J'ai bien lu tes deux messages. Soit le message n'était pas suffisamment clair, soit ma perspicacité m'a fait défaut. Probablement les deux
P&L, |
|
Le bon côté de tout ça, c'est qu'on apprend que Cédric a un cheval et ça, en tout cas en ce qui me concerne, je ne savais pas ;-) |
|
sosryko a écrit :
Je conserve encore quelques secrets |
|
Cédric a écrit :
J'ai voulu aller au-delà de la polémique au premier plan pour évoquer des enjeux plus généraux, mais l'occasion n'était peut-être pas opportune de toute façon. Comme je l'ai dit, ce n'est pas grave. :-) sosryko a écrit :
On apprend en sus que le cheval de Cédric est un auditeur de France Culture... et là, quand même, j'avoue que ça m'en bouche un coin. ;-) Peace and Love, B. |
|
Dans un autre fuseau en octobre 2023, Hyarion a écrit :
En effet, ça semble respirer un peu mieux cette année du côté d'ActuSF.
Leur dernier podcast est justement consacré à Tolkien et aux langues imaginaires. Et on ne se lasse pas d'y écouter notre cher Vincent https://www.actusf.com/detail-d-un-artic...ez-tolkien I. |
|
Un article de la BBC pour les 70 ans du Seigneur des Anneaux : 'Human stories are always about one thing – death': Why the shadow of death and WW1 hang over The Lord of the Rings |
|
merci Isengar ;-) |
|
vincent a écrit :
Le numéro en question du magazine Le 1, que j'ai déjà pu lire, a été évoqué il y a quelques jours, cher Vincent, dans le fuseau « Revue de presse », notamment après qu'Elendil en ait transmis le sommaire : Amicalement, ^^ B. |
|
Information circulant ce jour, 3 septembre, sur le réseau de Mark Z. : dans le cadre d'un cycle d'émissions audio-visuelles en ligne consacré (si j'ai bien compris) à la deuxième trilogie de PJ, lesdites émissions étant conçues et diffusées (sur YouTube) par une revue de cinéma et de télévision appelée Microciné, un certain JR Turlin, bien connu de nos services, s'exprimera Le lien pour assister à la diffusion de l'émission est le suivant : https://youtu.be/uaUkBnVUZu8
« #2 Cycle Le Hobbit – J. R. R. Tolkien feat. Jean-Rodolphe Turlin » : tout, dans ce titre d'émission accrocheur, est dans le “featuring”... Peace and Love, B. |
|
Votre serviteur a écrit :
Malgré les contraintes diverses, caractéristiques de ce qui reste, me concernant, une année de m...., j'ai pris le temps ce soir de suivre cette émission, visiblement pré-enregistrée (et apparemment il y a assez longtemps, puisque la deuxième saison de la série Amazon y est évoquée comme devant sortir « cet été » et que JR prétend alors encore « hésiter » quant à la perspective d'un visionnage de ladite saison... ^^...).
La particularité de ladite émission est d'être animée par Vivien Lejeune, l'auteur du livre Aux origines du Seigneur des Anneaux : de Tolkien à Jackson, dont il avait été question dans un autre fuseau créé en 2022, et où j'avais partagé quelques modestes impressions :
Lejeune a depuis écrit un autre livre, dans la continuité du précédent, et qui vient d'être publié : Allers et retours du Hobbit : des mots aux images. Le jugement de Lejeune selon lequel Tolkien serait « tout le contraire », entre autres, d'un réactionnaire me parait évidemment hâtif. Il y aurait toujours des choses à ajouter/préciser/nuancer concernant les questions sempiternelles du sexisme, du racisme, et de la pensée réactionnaire chez Tolkien, et surtout sur la nécessité de dépasser les polémiques superficielles sur ces questions, mais m'étant de toute façon déjà abondamment exprimé là-dessus par le passé en ces lieux et ailleurs, je n'en dirai pas plus ici. Merci à Isengar d'avoir tout de même dit, entre autres, quelques mots sur le positionnement pro-franquiste de Tolkien durant la guerre d'Espagne : certains auditeurs auront peut-être, qui sait, appris quelque-chose sur ce point. S'agissant des films de PJ, Lejeune assume de défendre la deuxième trilogie alors qu'elle me parait, pourtant, toujours aujourd'hui très largement ratée et indéfendable, même si j'avais fait l'effort de mesurer mon jugement en ces lieux à la sortie en salles de ces trois films censés être une adaptation du Hobbit. Pour n'évoquer ici qu'un seul des divers points abordés, les raisons « technico-pratiques » qu'évoque Lejeune pour expliquer que l'on soit passé d'une « Bilogie du siècle » (©JR/Isengar) à une trilogie étirant encore plus démesurément le roman de Tolkien (et n'étant pas fidèle à son ton par ailleurs), ne sont évidemment pas convaincantes : pour éviter le ratage à peu près complet auquel on a eu globalement droit finalement, il aurait peut-être déjà été plus sage de se contenter de tourner un seul film (ou alors deux films, à la limite, mais un seul aurait pu être suffisant) respectant, entre autres, au moins la structure du roman. Il y aurait sans doute d'autres choses à dire, mais je m'arrête là. Cette émission m'a, en tout cas, fait ressentir, à divers degrés que... le temps passe, tout simplement. Peace and Love, B. [EDIT: correction de fautes] |
|
P.S. au message précédent : on aura pu noter que Vivien Lejeune a tenu, dès le début de l'émission, à expliquer qu'il a écrit son livre Aux origines du Seigneur des Anneaux : de Tolkien à Jackson en ayant délibérément écarté toute consultation de la littérature secondaire traitant de l'œuvre de Tolkien, et en se limitant aux seuls textes de l'écrivain et de ses traducteurs. Peut-être a-t-il voulu préserver une certaine « fraicheur » pour son propre propos, en cherchant à éviter la noyade pour lui-même dans l'océan des commentaires des tolkienophiles/tolkienologues. Agir ainsi peut se comprendre sur le principe, mais cela peut cependant aussi poser problème dès lors que l'on entend parler de facto de la réception d'une œuvre, a fortiori en concevant ce qu'il appelle la « trilogie littéraire » (sic) de Tolkien et la première trilogie de PJ comme relevant, selon lui, d'une sorte de « continuum » en matière d'imaginaire, si j'ai bien compris. Difficile, à cette aune, de faire complètement abstraction de ce qui s'est dit et écrit avant que l'on exprime soi-même un point de vue, du moins à ce qu'il me semble. Mais bon, je suppose que pour la plupart des gens, ce n'est pas (plus ?) forcément très important, et je n'en dirais en tout cas pas plus. Reste tout de même, par ailleurs, une interrogation, certes sans doute un peu accessoire : de quand date exactement l'enregistrement de cette émission ? Peace and Love, B. |


). J'ai remarqué dans le générique de fin le nom d'une "ancienne" jrrvfienne (Kendra/Elisa Bes) : quel rôle a-t-elle joué dans le film ?
)
) ou d'athées (pour l'attaquer). En France, en particulier, à part quelques hurluberlus postant sur les forums les plus intégristes de la Toile, je n'en ai vu aucun. Il est vrai qu'ils sont plus nombreux aux États-Unis, mais comme toujours, il faut faire le tri dans la production intellectuelle américaine, ou l'on peut trouver le pire comme le meilleur.