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Dans le cadre de l'histoire du courant américain de la fantasy qui s'est développée durant la première moitié du XXe siècle, seuls quelques auteurs de textes diffusés alors dans les pulp-magazines comme Weird Tales sont in fine passés à la postérité par la qualité de leur travail et l'influence qui a été la leur dans l'histoire du genre. Parmi ces quelques auteurs figurent ceux qui ont été surnommés le "triumvirat de Weird Tales" : H. P. Lovecraft (1890-1937), Robert E. Howard (1906-1936) et Clark Ashton Smith (1893-1961). Aujourd'hui, on connait bien le premier, natif de Providence (Rhode Island), on connait désormais mieux le deuxième, natif du Texas, mais on connait encore peu le troisième, natif de Californie, sachant que tous les trois se connaissaient et correspondaient entre eux à travers les États-Unis, Howard et Smith ayant d'ailleurs participé, par l’écriture de plusieurs récits, au développement du fameux Mythe de Cthulhu lovecraftien.
Considéré comme le dernier des romantiques américains, atteint par la tuberculose très jeune, ayant vécu toute sa vie en Californie où il a exercé divers métiers, Clark Ashton Smith était un autodidacte. Écrivain et poète, peintre et sculpteur amateur, il fut aussi traducteur de Baudelaire en anglais après avoir appris seul le français. Son premier recueil poétique a été publié en 1912 et sa période de créativité la plus faste se situe entre 1929 et 1936, à l'époque où il a notamment écrit ses nouvelles appartenant à des cycles liés chacun à un lieu imaginaire particulier. C'est en effet une des spécificités de l'imaginaire de Clark Ashton Smith : sa fiction n'est pas organisée autour de personnages comme chez Howard ou autour d'un mythe cosmique comme chez Lovecraft, mais autour de lieux fictifs nommés Hyperborée, Zothique, Poseidonis (d'inspiration atlante) ou Averoigne (d'inspiration à la fois médiévale... et auvergnate !). J'ai déjà écrit l'année dernière dans le fuseau dédié à Howard que c'est en parcourant La Grande Anthologie de la Fantasy de chez Omnibus, en 2004, que j'ai lu ma première nouvelle de Howard, une histoire de Conan - La Citadelle Écarlate (The Scarlet Citadel) -, avant de lire dans la foulée l'autre nouvelle howardienne - Le Crâne du Silence (The Screaming Skull of Silence), une histoire de Kull - et les quatre poèmes d'Howard que contenait également cette Grande Anthologie malheureusement aujourd'hui épuisée (mais dont je vous ai régulièrement parlé depuis que j'ai débarqué sur le présent forum, il y a plus de douze ans). Il se trouve que ladite Anthologie contenait aussi un bon nombre de textes de Clark Ashton Smith, auteur que j'ai donc aussi découvert à cette occasion à l'époque, et qui était représenté dans le volume de chez Omnibus par quatre textes : Le Voyage du roi Euvoran (The Voyage of King Euvoran), Yondo (The Abominations of Yondo), Memnons de la nuit (Memnons of the Night) et Le Désert désolé de Soom (The Desolation of Soom). Plus tard, j'ai découvert d'autres textes : des nouvelles réunies dans le recueil l'Empire des nécromants (Lost Worlds, 1944) paru pour la première fois en français aux Nouvelles éditions Oswald (NéO) en 1986, ainsi que la totalité des poèmes en prose de Smith, écrits dans les années 1910 et 1920 et réunis dans le recueil Nostalgie de l'Inconnu (Nostalgia of the Unknown) paru chez La Clef d'Argent il y a quinze ans, dans une traduction de Philippe Gindre, et qui contient - selon moi - des joyaux tels que La Disparition d'Aphrodite (The Passing of Aphrodite). Clark Ashton Smith a été publié en français dès les années 1970, mais de façon aléatoire et incomplète, d'abord par Christian Bourgois (Autres dimensions, 1974), puis par la Librairie des Champs-Élysées (Zothique, 1978 ; Poséidonis, 1981), puis chez NéO (huit volumes de 1985 à 1989, dont celui que j'ai cité plus haut). Plus récemment, La Clef d'Argent a publié en 2000 Le Mangeur de hachisch ou L'Apocalypse du mal, et en 2001 le recueil de poèmes en prose Nostalgie de l'Inconnu dont j'ai déjà parlé. Enfin, en 2013, L'Oeil du Sphinx a publié un choix de poèmes cosmiques sous le titre Celui qui marchait parmi les étoiles, tandis que les éditions Actes Sud ont fait paraître la nouvelle La Flamme Chantante (The City of the Singing Flame), mais un éventuel projet de réédition d'envergure de l'œuvre de Smith se faisait toutefois encore jusqu'ici attendre. Or, on en entendait parler depuis quelques mois, mais c'est à présent officiel : aujourd'hui, en s'appuyant sur une opération de financement participatif, les éditions Mnémos se proposent de retraduire entièrement les grands cycles de l'œuvre de fiction de Clark Ashton Smith consacrés aux univers de Zothique, Averoigne, Poseidonis et Hyperborée, afin d'en faire une intégrale en deux volumes pouvant paraître l'année prochaine. L'opération a été lancée hier, mardi 17 mai, sur le site de Ulule, et le montant minimal à atteindre pour réaliser le projet était initialement de 5000€ mais, en moins de 24 heures, c'était déjà quatre fois ce montant qui avait déjà été obtenu, et à l'heure où j'écris le budget participatif a désormais dépassé la barre des 28000€, ce qui est d'ors et déjà une très belle réussite pour un projet qui, à mon avis, mérite bien d'être soutenu. Pour qui le souhaite, il reste encore un mois pour participer : https://fr.ulule.com/zothique/ Amicalement, Hyarion. |
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Merci Hyarion pour l'info, c'est une découverte pour moi.
Bonne journée, |
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Merci beaucoup Hyarion. I. |
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Parti comme c'est, ça ira au bout des 33 000 euros d'ici la fin du délai, et sûrement au-delà, mais les volumes sont d'ores et déjà financés. Maintenant, ce sont désormais des "fioritures", même si Mnémos prévoit déjà des paliers supplémentaires. Personnellement, je ne connaissais pas cet auteur et même si je ne suis pas forcément un amateur de pulp, ça m'a suffisamment intéressé pour que je participe. |
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"Rééditer Clark Ashton Smith ! Un projet participatif…" : tel est le titre de la conférence animée par Jean-Luc Rivera qui a eu lieu durant le 15ème festival des Imaginales d'Épinal, le 29 mai dernier, durant laquelle Stéphanie Chabert, l'éditrice du projet d'intégrale Smith chez Mnémos, et Julien Bétan, l'un des traducteurs, ont présenté ledit projet dans son ensemble. Philippe Gindre, qui est notamment le traducteur - brillant - des poèmes en prose du recueil Nostalgie de l'Inconnu dont j'ai parlé dans mon précédent message, a donné tout récemment son point de vue - bienveillant - sur ce qui s'est dit lors de cette conférence. La proximité de Philippe Gindre avec l'œuvre de Clark Ashton Smith rend ses impressions, à mon avis, intéressantes pour toute personne amenée à se pencher sur la question de la traduction littéraire de l'anglais au français dans le domaine de l'imaginaire et au-delà (on sait combien le thème est à la mode sur la planète Tolkien, depuis quelques années... ;-) ...), ce pourquoi je me permets de reproduire lesdites impressions ici : Faisant quelques remarques suite à la conférence des Imaginales, Philippe Gindre a écrit :
Je confirme personnellement l'impression de Jean-Pierre Dionnet concernant la traduction de Nostalgie de l'Inconnu par Philippe Gindre, et j'en profite pour poser une question : de façon générale, en tant que lecteur, en matière de traduction, pourriez-vous dire si vous avez une préférence pour une démarche de traducteur "sourciste" ou une démarche de traducteur "cibliste" ? Amicalement, Hyarion. EDIT: correction d'adresse d'image. |
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La campagne de financement participatif des éditions Mnémos se termine ce soir et le résultat est tout simplement impressionnant. Le minimum à atteindre pour réaliser le projet était initialement, comme je l'ai dit plus haut, de 5000€, avec un maximum envisagé à l'origine à 33 000€. Ce soir, la cagnotte a finalement atteint et dépassé les... 80 000€. L'intégrale de l'œuvre de fantasy de Clark Ashton Smith comportera finalement trois volumes au lieu des deux prévus au commencement, les ouvrages seront reliés en demi-toilé avec des œuvres de Zdzisław Beksiński illustrant les couvertures, les textes seront accompagnés d'illustrations originales et de cartes, les poèmes des quatre cycles de Smith seront publiés en version bilingue, etc. L'intégrale sortira en librairie avec un design distinct de l'édition Ulule sous coffret, qui est réservée aux contributeurs, mais tout en restant dans la ligne artistique de l'édition prestige financée par la campagne sur Ulule. Bref, c'est vraiment un beau succès, d'autant plus qu'il était à l'origine inespéré dans une telle ampleur, compte tenu de la modeste notoriété de l'œuvre de Clark Ashton Smith. Cela peut sans doute d'ailleurs donner à réfléchir sur d'autres opérations possibles. Amicalement, Hyarion. P.S. : j'avais posé une question, l'autre jour, dans mon précédent message, à propos de traducteurs "cibliste" et "sourciste"... Les questions de traduction en tant que lecteurs ne vous intéresseraient-elles donc plus ? :-) |
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Super projet, et quelle réussite ! Reste à voir la chose concrètement. A suivre... Hyarion, pour ta question, désolé, je ne suis pas qualifié... Cédric. |

