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En 1965, à deux mois de mes 16 ans, j' étais "descendu" à Marseille, pour fonder, en achetant un demi-kilo d' haschich, ma petite entreprise, m' évitant, ainsi, d' aller me prostituer chez un employeur honnête qui m' aurait offert, pour un mois de lever tôt et de vie ennuyeuse, ce que je pouvais gagner en une heure, en vendant mon cul, ou de la dope...J' étais jeune, et je pensais, à l' époque, que la virilité d' un homme se situait dans son pantalon: je choisis donc la dope! |
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Or donc, avant "TB au Laos" pendant la guerre du Viêt Nam, il y a eu "TB à Marseille" au temps de la French Connection...
La drogue ne m'a jamais vraiment intéressé comme plaisir, en tout cas beaucoup moins que la lecture, le sexe ou la bonne bouffe. Je ne sais pas trop pourquoi, mais peut-être parce que la drogue suppose trop de passivité face à elle, contrairement aux autres plaisirs que j'ai cité... Pour conclure, je m'interroge : après sa mue, notre TB serait-il désormais à poil, tout nu quelque part dans le village global qu'est devenu ce monde absurde ? Au moins, si c'est le cas, es-tu prêt à te faire tirer la barbe par Goldberry pour une petite baignade printanière avec elle dans le Withywindle : ça tombe bien, contrairement sans doute au "victorien attardé" Tolkien (Toto pour TB), j'ai toujours préféré imaginer Goldberry toute nue dans la rivière, elle aussi. Carpe diem, donc. Amicalement, Hyarion. |
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Si je t' ai bien compris...Tu n' as jamais lu Tolkien, si ce n' est quelque extrait sur la jaquette de la "Trilogie du Siècle" (tm), mais tu l' aimes pas car il préconise, comme ce nazi de Nietzsche, l' usage de la violence et la suprématie de la force brute, et qu' il est, intrinsèquement, raciste, machiste, et déshonore la Littérature, en publiant des débilités infantilisantes, à base de nains grotesques et de bimbeloterie satanique: c' est bien ça!? |
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TB a écrit :
Haha, TB qui prend la pose de l'intolérant, bourré de préjugés sur les "autres", tout en se présentant lui-même comme une victime de l'intolérance : on va aller loin, avec ce genre de sainteté... ;-D
Or donc, constatons : sur le présent forum, souvent par le passé mais moins souvent maintenant (encore heureux !), il m'arrive, comme dans mon précédent message, de pisser dans un violon. TB a écrit :
Pfff... Non, ce n'est évidemment pas (du tout) cela, et tu devrais le savoir, toi qui te penses peut-être un peu plus "initié" qu'autrui sur la nature des choses. Aussi ne puis-je que te renvoyer volontiers à la figure ta rhétorique tolkienophile un brin éculée et à base de préjugés pachydermiques, car elle ne mérite guère plus pour un modeste lecteur de Tolkien de longue date comme moi... lecteur qui parfois essaie toutefois de s'imaginer, en souriant, la tête consternée du pieux J. R. R., la pipe à la bouche, face au spectacle de jeunes hédonistes fumeurs de hash idolâtrant son SdA à partir de 1965... C'est peu de dire qu'il y a eu un "léger" malentendu à l'époque, mais les œuvres sont faites pour échapper à leurs auteurs, n'est-ce-pas ? Encore heureux, du reste... TB a écrit :
Si ton emploi du vouvoiement équivaut ici à mettre tous les JRRVFiens qui ne sont pas comme toi dans le même sac, permet-moi de n'y pas consentir : tout le monde ne se ressemble pas ici, et ta propre attitude en matière de préjugés et de mises en boîte est en fait plutôt très commune en matière de comportement sur le Ouèbe. Mais bon, perdons encore un peu de temps pour mettre les points sur les "i" en ce qui concerne ma modeste personne, même si ça risque encore de te passer au-dessus : TB a écrit :
Oulala, mon cher TB, qu'écris-tu là en parlant de "fière rigidité morale, entre femme aimante, enfants chéris, et bénédiction divine, au sein de quelque ouvrage pédagogique, et de bon goût" : je me demande bien, en riant, de qui tu parles... mais ce n'est sûrement pas de moi ! :-D
TB a écrit :
Hahaha, tu parles d'une théorie, "bien agréable" pour toi peut-être... mais ça y est, on y vient enfin : l'origine de la rouspétance (à côté des clous) de ce brave TB... Ce saint homme, "initié" rappelons-le, ne supporte pas que l'on puisse envisager de parler de "passivité" en matière de toxicomanie de "loisir", face à d'autres activités dont j'ai davantage pu apprécier les vertus récréatives et me semble-t-il les modalités plus actives... Le monde semble absurde et il est compliqué... malgré les efforts obsessionnels de certains pour y donner un sens et en simplifier les enjeux, à coups de grilles de lecture idéologiques et/ou religieuses... Tous me paraissent bien prétentieux, avec leurs certitudes... Quant à l'état d'esprit de la masse des indifférents, apparemment plus ou moins satisfaits de leur destin consumériste, il ne me parait pas plus enviable. Et parfois, oui, on pourrait peut-être avoir "l'envie de tuer ces connards, comme ça, par dépit, parce qu'ils étaient trop laids, désincarnés, factices", comme tu l'as écrit l'autre jour... Mais ça, il y en a d'autres qui y ont pensé, et qui l'ont même fait : des ratés nihilistes que l'on appelle aujourd'hui, presque banalement, des terroristes. De la merde qui se rajoute à la merde, si tu veux mon avis. Sur fond de préjugés de toutes sortes envers autrui. Avec par là-dessus des conflits géopolitiques aussi sanglants que tortueux et aux implications qui nous dépassent. Alors évidemment, sachant qu'il ne faut pas être « trop prompt à dispenser la mort en jugement », on aimerait bien quand même, au bout du compte, comprendre un peu mieux à quoi tout cela rime. Il semble bien, en tout cas, que nous ne soyons pas grand-chose à l'échelle de l'univers connu... pour le peu qu'on en connait ! Et au-delà de l'horizon du monde matériel, qui sait ? Comme je l'ai déjà écrit dans mon précédent message, si ça se trouve, c'est Lovecraft qui a raison... J'aime bien ce propos de Maupassant dans le Horla : « Je ne sais plus que penser. Le sage dit : Peut-être ? » « Si les seuils de la perception étaient nettoyées toute chose apparaîtrait à l'homme telle qu'elle est, c'est-à-dire infinie » écrivait William Blake dans son Marriage of Heaven and Hell. Mais pour ce faire faut-il prendre de la mescaline tel Aldous Huxley ou de la beuh, supposée plus douce, comme tant de gens ? Honnêtement, je ne sais pas. Je doute simplement que cela suffise en tout cas. La plupart des toxicos ne me donnent pas l'impression d'être mieux lotis que les "braves" gens qui ne sont pas comme eux, quoique ces "braves" gens puissent être eux aussi accros à d'autres choses, aux certitudes religieuses et idéologiques notamment, mais aussi à tout objet de passion excessive... y compris (pourquoi pas) la tolkienolâtrie ! Alors in fine, qui sait et que sais-je ? De mon point de vue, long est le cheminement vers la Conscience, en tendant vers l'équilibre : cela dure toute la vie, et peut prendre bien des itinéraires, créatifs, intellectuels, spirituels, avec ou sans substances, cela au moins est pour moi évident ! Gute Nacht, Hyarion. |
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Aïe...J y vais donc d' une tentative d' explication du fond, de la forme...Et des sous-entendus d' entre les lignes. |
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Bon... Patron, un whisky avec un verre d'eau s'il vous plait (j'ai beau être du Sud, je n'aime pas le pastaga, de chez Ricard ou d'ailleurs)...
Même si je ne savais pas que le vrai nom de notre taulier Cédric était Marcel, ici bien sûr, chacun le sait (ou devrait le savoir), on est au comptoir de la buvette de l'auberge JRRVF, encore parfois un peu fréquenté par quelques piliers de bar entiques... et je sais donc quel est le ton généralement de mise dans ce fameux "Espace libre" un brin foutraque du présent forum. Au bout de toutes ces années de discussions en ligne avec son incompressible lot de malentendus, le cuir s'est tanné et j'accorde bien moins d'importance à tout cela que par le passé... mais quand on fait un (modeste) effort de sociabilité cependant que rien ne nous y oblige, oui, ça reste toujours gonflant d'avoir la sensation de... pisser dans un violon, comme dit plus haut. Les drogues sont un sujet difficile, comme la prostitution, un de ces "sujets de société" sur lesquels la plupart des gens n'ont qu'un avis à courte vue, faute de vouloir voir le réel tel qu'il est dans toute sa difficulté, son humanité même, depuis leurs petites vies qu'ils voudraient bien rangées (au moins en apparence). Je comprends fort bien ce que tu veux dire lorsque tu évoques la prohibition des comportements jugés "déviants" et l'hypocrisie des "élites" politiciennes (et de leurs électeurs) qui va avec. Il n'y a qu'à voir cette loi française pénalisant les clients de la prostitution, votée il y a quelques années après un "débat" parlementaire d'une rare indigence, et dont les promoteurs prétendaient qu'elle allait aider les personnes prostituées... en les infantilisant et en les privant de ressources sans même une compensation crédible. Le but, à l'évidence, n'était pas d'aider qui que ce soit : il s'agissait simplement de satisfaire le confort psychologique de personnes vivant très loin de ces problématiques complexes, mais dont l'existence les gêne lorsqu'elles y pensent, c'est-à-dire seulement de temps en temps (peut-être une ou deux fois dans l'année ?). Toute contestation de cette logique hypocrite et stupide, bien évidemment, ne peut être que le produit d'un esprit égaré, forcément aliéné, soit par sa propre implication dans le processus, soit par un esprit de "domination patriarcale". En revanche, le paternalisme ou maternalisme imposant aux autres leur "bon" comportement et leur "bonne" morale est bien sûr autorisé. Ces gens que la prostitution dérange devraient pourtant savoir que leur conception de la sexualité (religieuse, prétendument "féministe", ou que-sais-je) n'a pas à être une norme imposée à tous, et que le vrai problème n'est pas la prostitution en soi (le droit de disposer librement de son propre corps suppose aussi le droit à pratiquer cette activité ou à y avoir recours, entre adultes consentants). Le vrai problème est évidemment l'esclavage, qui dépasse très largement la question sexuelle... esclavage qui, comme par hasard, est une chose dont il est bien plus difficile de s'occuper sérieusement, et ce même des décennies après avoir décrété son abolition ! Pour en revenir au sujet des drogues, il n'y a pas là de dimension sexiste ou sexuelle, mais il suffit de remplacer le mot "proxénète" par "dealer", et on se rend compte que l'histoire est à peu près la même, faite de normativité que l'on cherche à imposer et d'hypocrisie face à un réel qui est complexe. Le problème n'est pas le recours à un comportement jugé moralement "déviant" par les "braves" gens, mais l'exploitation de l'être humain par l'être humain. Et ça, c'est beaucoup plus compliqué à régler que de culpabiliser et punir les clients de drogues ou de sexe vénal, car on touche là au crime organisé, aux fameux trafics de toutes sortes (de drogues, d'être humains... entre autres !) devant lesquels nos "élites" politiciennes sont largement impuissantes. Il est évidemment plus aisé pour ces "élites" de promettre à leurs électeurs qu'ils ne verront plus de prostituées ou de dealers dans leurs rues... comme si du reste, les choses ne se passaient pas, aujourd'hui, largement sur la Toile... Le réel s'impose toujours : il ne sert à rien de le cacher ! Bref, tout ça pour dire que je ne cherchais pas à t'indiquer ce qu'il était bien que tu fasses en arrêtant ou non de fumer des pétards (et/ou autre chose, je ne sais pas). Je ne pense pas que quelqu'un qui se drogue soit en soi quelqu'un de "déviant" ou d'"aliéné". Mais s'il fait ça en étant en état de dépendance physique, et que cela fasse souffrir aussi bien lui que ses proches, j'estime que c'est une situation à la fois dramatique et dangereuse, qui devrait pouvoir être évitée car la vie est trop courte pour être gâchée de la sorte. C'est une des raisons qui font que l'usage des drogues ne m'intéresse pas. Est-ce que cependant je pourrais aimer consommer du cannabis à titre récréatif ? Je ne sais pas. Peut-être. Mais ça ne m'attire pas. Et moi qui écrit et qui dessine, est-ce que cela me rendrait plus créatif si j'essayais ? Un peu comme Charles Duits et son peyotl pour créer Ptah Hotep ? Même pas sûr... Si je me souviens bien, Baudelaire et Théophile Gautier n'ont pas été, de leur propre aveu, plus créatifs grâce au haschich... Mais ceci dit, si certains trouvent leur compte, récréatif ou créatif, en consommant du hasch ou autre chose, qui suis-je pour les juger ? TB a écrit :
C'est vrai, et cela me fait d'ailleurs un peu penser à ce proverbe bambara qui dit : l'étranger ne voit que ce qu'il connait déjà. Voila encore de quoi méditer pour les Ents du bar de JRRVF... Tu as fait librement un choix, mon cher TB, et tout ce que j'ai cherché à dire c'est que c'est un choix qui a ses avantages. Prends-en ton parti, même si ça peut être dur. "Il faut toujours voir le côté positif des choses", me disait souvent ma grand-mère. Bien sûr, ça a l'air banal, dit comme ça, et même pas évident selon les cas, mais ce n'est pas faux dès lors que l'on choisit "d'avancer"... et peu importe où, vu que la mort est toujours au bout ! L'être humain est un être curieux et sociable. Reste donc à savoir quoi faire du temps imparti, hein Gandalf ? TB a écrit :
À force de vouloir le bien des gens, on risque peut-être cette conséquence, en effet... mais je ne (te) le souhaite pas ! Désolé pour cette "brève de comptoir" qui n'est pas du tout brève : que voulez-vous, on ne se refait pas ! Amicalement, Hyarion. |
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La discussion (re)devenant badine, je pose ma cravache...L' humour, chez moi, est un vernis censé édulcorer le tragique et l' insupportable du réel, et si on ajoute un manque total de foi en une partition idéale du bien et du mal, de LA vérité et des mensonges, et des faits et de leurs interprétations ( "C' est pas moi, M'sieur, c' est Nietzsche qu' a commencé..."), je conçois que la compréhension de mon "moi-profond" puisse être malaisée...Et, de nouveau, je m' en excuse. |

