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Oyez, oyez !
Il est sorti du four aujourd'hui même ! J'en ai profité pour faie un petit article sur le site : c'est par ici I. |
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Génial. |
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Oui, par ici:
I. |
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Chouette, chouette ! |
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merci Isengar |
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J'ai bien reçu l'ouvrage chez moi. I. |
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C'est mon plus beau "coup", d'avoir réussi à obtenir de la BBC et du Tolkien Estate de transcrire et traduire l'intégralité de cette interview. À l'époque, c'était sans aucun doute la plus longue présentation directe de son œuvre que Tolkien a pu faire à son public. |
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Félicitations à toi Druss ! |
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J'avais posté ma commande dans les 12 heures qui ont suivi l'annonce et j'ai vite reçu mon exemplaire, avec la belle écriture d'Audrey sur l'enveloppe je pense :)
Un immense bravo pour ce travail extraordinaire, vu combien Tolkien est si difficile à comprendre ! Un petit retour ce soir sur la première des trois interviews. Interview de J.R.R. Tolkien par Denys Gueroult (1965)
Que l'on trouve en ligne (ou encore ici).
J'y ai retrouvé ce sur quoi Didier avait attiré notre attention : J'ai été touché par ses souvenirs d'enfance et le lien établi avec son « amour particulier » pour « la campagne anglaise au cœur des Central Midlands », et frappé par sa mémoire qui a conservé « une image parfaitement claire et précise » de certaines choses de sa toute petite enfance voire de ses années de nourrisson ! (pp.12-13). Je retiens ce miroir de l'homme (même si le terme n'est pas employé en cet endroit) orienté différemment sur les Elfes, qui reflètent « un désir qu'a la race humaine pour elle-même [d']un plus grand pouvoir de l'esprit, un plus grand pouvoir de l'art », les Nains, qui rappellent, outre leur langage, « l'immense capacité guerrière des Juifs », les Hobbits, qui « sont juste des Anglais rustiques » au courage plus grand que l'imagination (p.14) ... et les Dragons « capables de réunir la malveillance et la bestialité humaines et une sorte de sagesse et de perspicacité malveillantes — Une créature terrifiante » (p.18).
Je retiens aussi quelques formules sur l'écriture :
Ainsi que son adhésion à la description du monde du SdA :
Enfin, et surtout, Tolkien revient régulièrement sur sa théorie de l'imagination et l'articulation du monde primaire avec le monde secondaire : Sur les méprises et les malentendus de ces derniers points que nous connaissons tous, je crois que je pourrai en dire un (petit) mot (mais nouveau) bientôt dans un autre fuseau : le point de départ, qui n'est pas le même pour tout le monde, est celui de la conception de ce qu'est la mythologie pour Tolkien. Quelques (petites) remarques pour finir ;)
- Une seule vraie critique : ... Où est la VO ??? Contrairement à ce qui est écrit au début, vous ne nous donnez pas là une transcription mais une traduction de cette dernière ;) Je suppose que vous n'avez pas eu le droit ? Mais c'est très très dommage :( :( :( Surtout qu'il y avait la place ;) ; Mais encore et surtout un immense MERCI !!! :) Jérôme |
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Merci pour tes remarques. |
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Pour les deux derniers points, ce sont des débats récurrents de traduction, de verre coloré ou transparent ... Je n'aurais pas fait de même, d'autres si (d'ailleurs, pour Roman catholic / catholique romain, la traduction des Lettres a procédé comme toi p.362 ;)). Merci pour ton retour. Interview de J.R.R. Tolkien par Henry Resnick (1966) À nouveau, le touchant souvenir d'enfance de Tolkien qui avait « pour la campagne d'Angleterre à la fois le sentiment natif et l'émerveillement personnel se quelqu'un qui y arrive ». Avec, cette fois, le lien fait directement avec sa mythopoésie. Il répète en effet : « cela me semblait merveilleux » et enchaîne aussitôt : « Si vous voulez vraiment savoir sur quoi se fonde la Terre du Milieu, c'est sur mon émerveillement et mon plaisir de la terre telle qu'elle est, en particulier la terre naturelle ... et je suis né aussi avec un grand amour des arbres » (p.42). J'oserai, d'autant plus facilement que Tolkien nous y invite lui-même, dire que le lien est établi dès son plus jeune âge avec la portée philosophique de son œuvre (en effet, « cet état qui consiste à s'émerveiller est tout à fait d'un philosophe ; la philosophie en effet ne débute pas autrement », Théétète, trad. de la Pléiade, cf. ce lien pour la traduction du grec qui varie entre « s'étonner » et « s'émerveiller »).
À nouveau aussi, des éléments sur la conception qu'il avait de sa mythopoésie :
Et des choses nouvelles :
Enfin, concernant son rapport au Monde : L'interview s'achève par le rejet strict de l'identification de Frodo au Christ, en soulignant que l'héroïsme, le patriotisme et le sacrifice ne requièrent pas d'« être chrétien » — écho à ce partage de Tolkien à Christopher pendant la Guerre : pour faire face au Mal, il y a certes « toute notre foi religieuse », mais aussi « tout le courage et le cran humains qui nous sont innés (la vaste somme de courage et d'endurance existant chez l’homme est formidable, tu ne crois pas ?) » (Lettres, p.114).
Pour les remarques / questions : Encore et toujours bien des remerciements à Druss et Forfirith. Jérôme |
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Jérôme, I. |
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Yyr a écrit :
Pour Lord of the Flies, il me semble absolument évident que Tolkien faisait allusion au roman, possiblement aussi à la première adaptation cinématographique, qui date de 1963 et pouvait être resté dans son esprit s'il l'avait vue. Je ne vois pas une seconde Tolkien employer une métaphore de ce genre pour désigner spécifiquement Belzébuth, démon qu'il ne cite jamais par ailleurs (s'il utilise un nom démoniaque quelque part, je pense que c'est Satan l'« Ennemi »). Pour la phrase qui t'interroge, je pense qu'il faudrait voir la VO. E. |
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Effectivement, pour moi aussi Tolkien parle du roman (à vrai dire, je ne me suis même pas posé la question, c'est dire). La phrase en anglais donne : "I should say that I'm a bit frightened that the Greeks hadn't got something in the saying that those whom the gods wish to destroy they first drive mad." Cela fait partie des syntaxes sur lesquelles j'ai buté et pour lesquelles j'ai eu besoin de Forfirith. Mais je me rends compte à présent que ça se traduirait probablement plutôt par "je suis un peu effrayé que les Grecs n'aient pas eu de dicton/d'adage sur le fait que ceux que les dieux veulent détruire, ils les rendent d'abord fous". Ça a échappé à nos deux relectures visiblement. |
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Merci à vous. Druss a écrit :
Je ne suis pas sûr de bien te suivre. Là où je bute, pour ma part, c'est sur le hadn't got something : I should say that I'm a bit frightened that the Greeks hadn't got something in the saying that those whom the gods wish to destroy they first drive mad. J'aurais tendance à m'alarmer que les Grecs [hadn't got something in] l'adage d'après lequel les dieux rendent d'abord fous ceux qu'ils veulent perdre. Serait-il possible d'avoir l'ensemble de la réponse de Tolkien en v.o. à partir de « Pas nécessairement la guerre .... » ? Une possibilité, pour moi, serait que Tolkien regrette que les Grecs n'aient rien eu de solide dans leur adage, ou n'aient pas réussi à nous convaincre de leur adage ... |
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La phrase qui précède : Not necessarily war, but there are others evils just as bad. War is only the outbreak of these. My view of current affairs is not as depressed as some people's. Aussi, l'interview originale est disponible en ligne librement. Il faut chercher Niekas 18 sur Google, je n'ai plus le lien initial. |
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En effet : c'est ici (pp.37-43) :) :) :). [Édit: voici un fichier moins lourd, limité à l'interview.]
Rien à redire à partir de ces nouveaux éléments ... |
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Yyr a écrit :
A la lecture de cette phrase, un peu obscure en effet, je serais de l'interpréter d'une manière encore un peu différente de ce que tu suggères : J'aurais tendance à craindre que les Grecs n'avaient pas tort quant à leur adage d'après lequel les dieux rendent d'abord fous ceux qu'ils veulent perdre.
Je ne suis pas sûr que ce soit exactement ce que la syntaxe puisse donner à comprendre, mais je soupçonne que c'est ce que Tolkien voulait dire. Si c'était une interview orale, il n'est pas totalement impossible qu'il se soit légèrement embrouillé. E. |
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Je pense que tu as raison Elendil. I should say that I'm a bit frightened that the Greeks had got something in the saying that those whom the gods wish to destroy they first drive mad. J'aurais tendance à craindre que les Grecs avaient vu juste avec l'adage d'après lequel les dieux rendent d'abord fous ceux qu'ils veulent détruire. S. |
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Druss a écrit :
A lire l'original, c'est évident, car il est transcrit The Lord of the Flies, typographie qui dénote le roman et non pas le titre de Belzébuth. Pour la phrase relative au dicton grec, il me semble clair que la personne interrogeant Tolkien a compris la phrase douteuse d'une manière similaire à celle que je suggère, puisqu'il dit ensuite : « Then you think we're either mad or on the brink of it? », soit « Vous pensez donc que nous sommes fous ou bien sur le point de le devenir ? » E. |
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Trop fort ! Chapeau bas à tous les deux !! Et, si je puis me permettre, il faudrait sans doute corriger la traduction de current dans ce qui précède : à mon avis il n'était pas utilisé dans le sens de ce qui est courant mais de ce qui est en cours. À la fin on aurait : Not necessarily war, but there are others evils just as bad. War is only the outbreak of these. My view of current affairs is not as depressed as some people's. I should say that I'm a bit frightened that the Greeks had got something in the saying that those whom the gods wish to destroy they first drive mad. Pas nécessairement la guerre, mais il existe d'autres sortes de maux aussi néfastes. La guerre Et là, on comprend ensuite comment, juste après, Tolkien peut résumer de la sorte : It's like the tower of Babel, isn't it. All noise and confusion. C’est comme la Tour de Babel, n'est-ce pas ? Tout est bruit et confusion. (pour compléter ce que vient de dire Elendil) Avec des préférences de traduction personnelles bien sûr, mais pour l'adage, je conserverais volontiers perdre plutôt que détruire. Car il me semble que le latin et le grec ont été rendus par destroy en anglais et perdre en français ; en ce cas il me semble préférable de suivre les locutions idiomatiques. Pour Lord of the Flies vous m'aviez déjà convaincu, c'est évident en effet. |
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Yyr a écrit :
La guerre EN EST seulement (I presume Yyr a écrit :
La guerre en est seulement l'éruption / le déclenchement / la manifestation (mais pas l'explosion, je pense). Sinon, passer de "Hadn't" à "Had", ça simplifie effectivement les choses, mais peut-on aussi facilement transformer la transcription d'une interview. Perso, en lisant le texte initial "that he Greeks hadn't got something in the saying that", j'aurais compris "Que les Grecs ont omis quelque chose en disant que"... Enfin, je suis toujours embêté quand on retire des bouts de phrase même anodins. La phrase commence par "I sohuld say that I am.." qui disparait dans vos propositions. S. |
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Silmo a écrit :
Ouille :) Merci ;)
Oui et non : outbreak c'est bien l'explosion au sens d'un débordement, il me semble.
Tout à fait intéressant en effet. Toutefois l'hypothèse combinée Elendil-Sosryko me paraît davantage congruente (cf. le contexte rappelé par Damien et moi).
Ça ne disparaît pas : c'est intégré dans le conditionnel en français ;). |
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Silmo a écrit :
Si cela peut te rassurer un peu, Tolkien a souligné à plusieurs reprises dans Beowulf : Traduction et commentaire que passer d'une affirmation à une négation lors de l'édition de Beowulf gênait beaucoup les spécialistes férus de logique, puisqu'on inversait la signification de la phrase. Sur le plan de la paléographie, en revanche, Tolkien affirmait que l'omission d'un aussi petit mot (presque inaudible à l'oral, précisait-il), n'a rien pour surprendre, surtout quand la phrase est complexe et a pu dérouter le copiste. Dans ces cas de figure, il considérait qu'il fallait faire primer la signification. Je pense qu'il aurait aussi été d'accord qu'il est possible de croire erronément à la présence d'une négation à l'oral en anglais, alors qu'il s'agit juste d'un défaut de prononciation du locuteur. Le seul moyen de trancher serait d'avoir accès à l'enregistrement de l'interview, mais ça, c'est une autre affaire... Au demeurant, il reste possible que la négation ait bien été là, mais par erreur, car Tolkien aurait bien pu s'embrouiller à ce moment-là. Ce n'aurait pas été la première fois. Silmo a écrit :
J'aurais dit que la formulation « j'aurais tendance à » retranscrivait assez bien l'expression employée par Tolkien. E. |
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Tolkien aurait mérité de connaitre mon prof de chime au lycée, le père Piveteau, qui n'avait qu'un mantra, répété dans tous ses cours : "Il faut AR-TI-CU-LER" |
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Hop. Voici la fin. « Tolkien in Oxford » (BBC, 1968) : une interview restaurée Le troisième et dernier document est la traduction de l'article de Stuart D. Lee publié dans le Volume 15 des Tolkien Studies, pp.115-176, consacré au programme de la BBC diffusé le 30 mars 1968 : « Tolkien in Oxford ». Son article contient un long préambule éditorial expliquant en détail l'histoire et la postérité de cette émission, et comment il a cherché à restaurer « aussi complètement que possible » l'interview originale du Professeur. Alors, ça m'étonne pour un article payant, mais je ne me plaindrai pas : l'Université d'Oxford a la gentillesse de donner accès au manuscrit :) :) :). Cette interview est plus travaillée, plus longue et plus encore plus riche que les précédentes.
On y retrouve des éléments relatifs à son enfance :
Son goût pour le langage :
Par rapport au SdA :
Et le développement de sa pensée, de sa théorie mythopoétique :
Parmi les nouveaux éléments (par rapport aux interviews précédentes), je retiens, en premier lieu, la vision que Tolkien avait de son parcours universitaire :
L'importance de « la chance » dans sa vie :
Quelques réflexions sur le Conte d'Arda :
Et d'autres choses (en vrac) :
Remarques : Yyr Silmo a écrit :
Que oui !!! :) |
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Merci Yyr pour cette relecture attentive :). |
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L'interview de Tolkien par Denys Gueroult, déjà disponible à l'écoute sur Tolkiendil, est disponible sur youtube avec des sous-titres, ce qui est pratique, pour un dur d'oreille comme moi, pour écouter la voix de Tolkien tout en comprenant ce qu'il dit :) S. |
