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Bonjour à tous, N'ayant jamais lu Asimov, j'étais curieux d'enfin découvrir cet auteur dont la réputation n'est plus à faire. Et bien je dois dire que mes sentiments sont assez mitigés. Dans Prélude à Fondation, j'ai vite été incommodé par un style peu littéraire, avec beaucoup de dialogues dont la fluidité laisse à désirer et une psychologie des personnages (principalement Hari Seldon et Dors Venabili) mal appréhendée. Je ne sais pas si c'est cette espèce de formalisme très anglo-saxon dans les dialogues, y compris entre des personnes intimes, qui heurte mon caractère latin, mais tout cela sonne terriblement faux. Bizarrement, le seul personnage crédible à ce niveau est... un robot, Eto Demerzel (spoiler !). Ainsi, dans une moindre mesure, que l'empereur Cleon. Cependant, cette partie est sauvée par un dénouement tout à fait convaincant à mon sens. Quant à L'Aube de Fondation, je lui ai trouvé les mêmes défauts littéraires, mais il n'a pas la force de ce retournement de situation final. Il traîne en longueur et les états d'âme des personnages principaux sont assez pénibles.
Cela dit, je comprends assez facilement le succès d'Asimov à travers ces romans transitionnels, qui ne sont pas ses chefs-d'oeuvre : l'idée de la psychohistoire est brillante, à défaut d'être exposée dans un "enrobage de sucre" agréable aux papilles, comme dirait l'autre. TURIN2 a écrit :
Evidemment, il faudrait que je lise l'un ou l'autre des deux grands cycles d'Asimov pour me forger une opinion définitive, mais je dois dire que j'ai gardé un tout autre souvenir (quoique commençant à dater quelque peu) des Dune de Frank Herbert, bien mieux écrit, pour prendre une comparaison à peu près pertinente.
Amicalement, |
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Bonjour Aglarond, Tu as commencé par ce qui constitue selon moi les deux plus mauvais romans d'Asimov. Alors que j'aime beaucoup son œuvre, je n'ai lu ces deux-là qu'une fois et n'y reviendrai jamais. Tu as fort bien résumé leurs défauts. Asimov s'est essayé au roman d'aventure dans ces deux livres, et le résultat n'est vraiment pas convainquant. Avant de te faire une opinion erronée du style d'Asimov, je t'engage vivement à lire Fondation, le premier ouvrage écrit de la série : c'est infiniment plus intéressant. Elendil |
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Sans aller jusqu'à dire que ce sont les plus mauvais (vu que je suis loin d'avoir lu toute la biblio d'Asimov, notamment ses romans hors-SF), ils présentent quand même le gros intérêt de présenter un lien concret entre les deux gros cycles, un lien qui passe plutôt bien. Mais effectivement, ils se lisent plus difficilement que les deux cycles en question. Avant d'attaquer Fondation, et vu que tu as désormais lu les deux romans de transition qui t'ont donc spoilé une partie de Fondation, je pense plutôt que tu devrais entamer le cycle des Robots (intégrale en 2 tomes chez Omnibus, avec le 3ème tome qui réunit les deux transitions). Ça te permettra notamment de lire des textes très divers, avec des longueurs assez différentes, et donc des styles d'Asimov qui changent du tout au tout... puisque le "cycle" est plutôt une anthologie de textes sur les Robots, qui t'amèneront à rencontrer Daneel, entre autres. Et ensuite tu enchaînes sur le cycle de Fondation (l'intégrale en deux tomes chez Denoël). Si vraiment tu ne veux pas lire tout le cycle des Robots, il faut au moins lire les quatre textes sur Daneel et Elijah : Les Cavernes d'acier, Face aux feux du soleil, Les Robots de l'aube et Les Robots et l'Empire... mais ça serait dommage de passer à côté de chefs-d’œuvre comme ceux mettant en scène Susan Calvin* (Le Robot qui rêvait, Menteur!), ou bien la nouvelle L'Homme bicentenaire. C'est un cycle parfois assez philosophique, qui oblige à réfléchir sur les relations homme-machine, mais qui, à mon avis est un passage obligé pour comprendre le cheminement qui amène à la position finale de Daneel. J'ai plus de mal à définir le style de Fondation. Ce cycle m'a soufflé par sa dimension. C'est assez illogique d'ailleurs, car finalement, le plan de Fondation ne se déroule que sur quelques centaines d'années, et même en ajoutant les Robots, ça ne fait que 20000 années, comparées à Tolkien et ses trois âges oscillants entre 2000 et 6000 ou plus d'années. Mais l'impression d'étirement est beaucoup plus présent chez Asimov.
Si vous n'aviez pas compris, pour moi, s'il devait y avoir une Sainte Trinité de la SF, Asimov serait le père, Herbert le fils, et le Saint-Esprit à définir * Au passage, j'ai découvert récemment que l'Asimov Estate avait autorisé la publication d'une nouvelle trilogie sur la jeunesse de Susan Calvin, écrite par un certain Mickey Zucker Reichert et intitulée I, Robot. Chaque titre de chaque tome semble reprendre le terme d'une des trois lois, dans l'ordre inverse : Protéger (tome 1, loi 3), Obéir (tome 2, loi 2) et le tome 3 qui n'est pas encore sorti ni en VO ni en VF. A noter qu'il existait déjà deux nouveaux "cycles" sur Fondation écrit en l'honneur d'Asimov, Le Second Cycle de Fondation et Les Fils de Fondation (anthologie de plusieurs auteurs). Je n'ai lu aucun d'eux pour l'instant et ce n'est pas au programme, mais on m'a dit que le Second Cycle était loin d'être intéressant. |
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Druss a écrit :
Jules Verne ou H. G. Wells :-) |
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Pour rester dans le thème SF politique dans un futur lointain, je choisirais plutôt Dan Simmons comme fils (pour Hyperion et Endymion) et mettrais Herbert en saint esprit |
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Gawain a écrit :
Sans savoir s'il faut le classer dans un TOP 3 (je n'ai pas encore lu Asimov), je plussoie tout de même la proposition de Gawain pour mettre en avant Dan Simmons.
Cédric |
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bon, ben alors Verne et Wells comme grand-pères (la trinité, c'est réducteur) |
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Merci Elendil et Druss pour vos réponses (et les autres aussi, hein, que serait jrrvf sans digressions impromptues !). Comme je le disais, j'étais bien conscient de commencer par des oeuvres de transition. Pour ma culture, et pour la possibilité d'être agréablement surpris, je garde les deux cycles dans ma liste de lectures, donc. |
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Je partage l’opinion d’Elendil. Autant j’ai aimé le cycle de « fondation » et celui des Robots, autant j’ai trouvé ces deux ouvrages tardifs médiocres et très artificiels. Je n’ai pas compris pourquoi Asimov a cherché à marier ses deux cycles qui n’étaient pas prévus pour converger au départ et cela se sent dans la lecture. Alors oublie ces deux livres et commence le cycle de « fondation » en essayant de retrouver un œil neuf Pour les pères de la SF effectivement le n° 1 restera toujours jules Vernes mais il ne faudrait pas oublier toute une veine de SF française avec Driant, Paul d’Ivoi, Rosny ainé, Gustave le Rouge ou enfin et surtout Maurice Renard. Certains de ces auteurs sont très datés mais ils ont enchanté mon enfance. Maurice Renard récusait d’ailleurs le terme de SF et proposait « merveilleux scientifique » qui me semble bien mieux adapté mais qui malheureusement ne s’est pas imposé |
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Asimov a également écrit du policier. La nouvelle Un meurtre? rien de tel (qui fait partie de la série des Veufs Noirs) part d’une conversation surprise dans un parc laissant supposer un meurtre pour arriver après un cheminement linguistique au poème des anneaux. |
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Parlant d'Asimov, Apple a sorti un teaser de son adaptation du Cycle de Fondation. Si on reste sur le niveau de qualité de The Expanse, je serai curieuse de voir le traitement fait de l'histoire. En tout cas, Jared Haris en Seldon est un choix intéressant. Le peu d'images dans le teaser ne permet guère de se renseigner, mais je suis encline à leur laisser leur chance |
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Hello,
Un peu plus d'un an après le teaser, voici la première bande annonce de l'adaptation de Fondation. Ca met en appétit dirons-nous :-)
Fondation fait partie de mes lacunes littéraires, il va donc falloir que je fasse vite pour ne pas me faire "polluer" par la série !
Bonne journée à vous, |
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J'ai beaucoup de mal à imaginer Fondation en série télévisée. Presque autant que s'il fallait adapter la Quenta Silmarillion... Toujours est-il que les trois premiers tomes du Cycle de Fondation se lisent très bien et méritent même une relecture. Je trouve que Fondation foudroyée et Terre et Fondation sont beaucoup plus orientés sur l'action et finalement moins intéressants, d'autant qu'Asimov a fini par perdre de vue la cohérence avec les éléments chronologiques établis dans les premiers tomes. On peut entièrement se passer des deux préquelles Prélude à Fondation et l'Aube de Fondation, qui sont encore plus orientées sur l'action et changent complètement de perspective sur Hari Seldon. Si l'on veut absolument les lire, mieux vaut le faire tout à la fin. En d'autres termes, l'ordre de rédaction me semble être le meilleur ordre de lecture (comme souvent). E. |
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Merci Elendil pour ces précieux conseils - que je vais suivre fidèlement. C. |
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Même s'il n'est pas question de Tolkien, je signale aux amateurs de SF, une BD qui peut aussi être une bonne lecture de vacances cher Cédric (attention, c'est copieux et il faut de bons yeux - c'est écrit petit avec beaucoup de textes). https://www.babelio.com/livres/Dollo-His...on/1250309 Toutes les pages ne sont pas, comme souvent, à la hauteur de la couverture qui est splendide |
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Silmo a écrit :
Dans ce fuseau-ci, en tout cas, il est surtout question d'Asimov... ;-)
Bon, sans vouloir plomber l'ambiance, je pense qu'il est temps que je partage ici un article d'Alec Nevala-Lee dont la référence traine dans mes tiroirs depuis déjà environ un an et demi, et qui aborde frontalement la question du comportement de l'écrivain à l'égard de la gent féminine, un comportement salace qui, de mémoire, a poussé un commentateur francophone (sur le réseau de Mark Z., si je me souviens bien) à spontanément qualifier Asimov de « DSK de la science-fiction » après avoir lu l'article, paru en janvier 2020. Ne comptez pas sur moi pour un laïus autour de la fameuse question « Faut-il distinguer l'homme de l'œuvre ? » (j'ai d'autres choses à écrire), mais si quelqu'un d'autre a un avis éclairé sur ladite question (au-delà même d'Asimov) n'hésitez pas à nous en faire profiter. Je me permets de partager ici un souvenir personnel : quand j'étais enfant, pour moi, Asimov, ce n'était pas les cycles de Fondation, de l'Empire ou des robots, mais une série de livres documentaires sur l'astronomie, parue en français dans une collection « Bibliothèque de l'Univers » chez Père Castor/Flammarion, à la fin des années 1980 et au début des années 1990...
À l'époque, Asimov parlait de la possibilité d'une mission d'exploration sur Mars menée conjointement par les États-Unis d'Amérique et l'Union soviétique, d'une hypothétique dixième planète du système solaire au-delà de Pluton (alors encore considéré comme une planète), de la terraformation de Mars, de l'hypothèse (alors encore en cours de confirmation) de la chute d'une météorite comme cause de l'extinction des dinosaures... Aujourd'hui, l'actualité, c'est certes l'ISS planant au-dessus de la Terre et l'exploration de Mars par Perseverance... mais aussi trois milliardaires qui s'envoient en l'air (littéralement) en se faisant concurrence sur le terrain du tourisme spatial... Peace and love, B. |
Une oeuvre de scientifique, clairement. D'ailleurs, on parle très peu d'Asimov en ces lieux (d'où l'ouverture du fuseau), mais je suis quand même tombé,


