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[Édit (Yyr) 2021 : ce fuseau était l'origine de l'arbre de la traduction des poèmes] Tout lecteur du SdA aura remarqué qu'un nombre non négligeable de poèmes, divers en style, en inspiration et en forme, parsèment le récit. Ils remplissent, je pense, un rôle important de contrepoint et aident à installer la Terre du Milieu dans l'esprit du lecteur, suggérant l'ancienneté et la richesse d'un monde auquel nous n'avons que très partiellement accès - l'effet de profondeur. S'il ne sont pas, à mon avis, inoubliables (quoique... j'aime assez le chant sur Beren et Luthien), ils se lisent avec plaisir... en anglais. Car pour ce qui est de la version française... Les avez-vous lus ? Je dois avouer que lorsque j'ai abordé le SdA (en français) pour la première fois, il y a une petite dizaine d'années, je les ai purement et simplement zappés. J'ai découvert le Silmarillion, les Contes et légendes inachevés, et (encore partiellement !) Home, j'ai lu et relu le SdA et le Silm en anglais aussi bien qu'en français. Et pourtant... je ne peux que dire des paraphrases de la traduction française du SdA qu'elles sont pénibles à lire. Cela tient-il au traducteur ? Peut-être en partie, à voir ses nombreuses erreurs - sujet sans fin ! Le fait, par exemple, que « when straw is gold and ear is white » dans le chant des ents et des ents-femmes soit traduit par « quand la paille sera d'or et l'AURICULE blanche », alors qu'il s'agit d'épis, est proprement inexcusable de la part d'un traducteur professionnel. Mais ces erreurs ne m'ont pas empêché de lire le récit avec plaisir. Je ne peux en dire autant des paraphrases des poèmes. Le problème principal, à mon sens, vient de ce que l'aspect poétique est perdu. D'où ma question : aurait-il mieux valu, à votre avis, donner une traduction poétique, au risque de s'éloigner quelque peu du texte original ? J'ai tendance à penser que oui. Cela ne serait d'ailleurs certainement pas allé sans difficultés, car certaines formes poétiques qu'emploie Tolkien n'existent pas dans la tradition française. Je notamment au vers allitératif utilisé à plusieurs reprises (Longue liste des Ents, Chant des tertres de Mundburg...). Je ne vois pas d'équivalent français. Bien que je sois conscient que le problème de la traduction poétique est quasi insoluble, j'aimerais avoir votre avis. |
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Ok. Je t'ai jamais vu ici, alors avant tout, salut et bienvenue si tu es nouveau. Denethor. |
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Moraldandil: je te remercie d'avoir ouvert ce fuseau, dont le sujet me passionne au plus haut point, comme tu pourras le constater au vu de l'étendue de mon message... En général, ma préférence va plutôt aux "belles infidèles", qui donnent, à partir d'un objet poétique situé dans une langue étrangère donnée, quelque chose de familier (et néanmoins poétique) aux oreilles -et donc je privilégierais les traductions des poètes par d'autres poètes, aux traductions de traducteurs professionnels (bien que l'un n'exclue pas l'autre).
Quant au "medium" à utiliser, tout dépend des circonstances:
Mais dans tous les cas, je crois que l'essentiel est de restituer les qualités poétiques de l'original, que ce soit en lui restant (relativement) fidèle ou en se l'appropriant, sur un plan plus personnel... Pour en revenir à Tolkien (enfin!), c'est vrai que j'ai surtout apprécié le charme de ses poèmes dans le texte original: à mon avis, le principal défaut des traductions de Ledoux, c'est qu'elles me paraissent assez plates, fades; mais aussi, la difficulté avec Tolkien et sa langue, c'est son côté protéiforme, qui transparaît surtout dans les poèmes (dont le ton va du mythique au quasi-comique, en passant par l'épique, l'élégiaque...), et qui rend d'autant plus délicate la tâche du traducteur. Mais si tu veux une traduction vraiment catastrophique, je crois que celle des Aventures de Tom Bombadil tient le haut du pavé: mais ici, heureusement (ou malheureusement, pour le traducteur...), la comparaison est directement possible avec le texte anglais, ce qui n'est pas le cas avec le SdA (ce qui explique aussi pourquoi, ayant abandonné la lecture de sa traduction depuis environ un an, je ne garde pas un très grand souvenir des efforts de Ledoux, surtout en ce qui concerne la poésie) Iarwain |
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Bienvenue aussi Moraldandil ! je n'ai jamais lu les poèmes en anglais, mais j'avoue que comme Dénéthor et Iarwain, je les trouve très fades et difficiles à lire en français (on a vraiment envie de les zapper) (par contre, Ledoux n'est pas fade pour le reste de la traduction, son vocabulaire est plutôt riche). Personnellement, je m'amuse souvent à les retraduire pendant la lecture pour voir ce que ça aurait donné en anglais. Je retrouve facilement les rimes (d'où l'intérêt d'un texte traduit fidèlement au sens), mais pas le reste du génie du poème, évidemment.
Pour la question de la traduction à choisir, il me semble tout d'abord que Shakespear a été traduit en français en rime, ce qui prouve que c'est faisable tout en gardant le sens du texte... mais aussi aprce que le texte est long, et qu'on peut en comprendre plus facilement le trame malgré des changements lourds dans le sens des phrases traduites. A la limite, le changement des poèmes en rime des Hobbits à la prose des Elfes auraient aussi montré une sacrée distinction de noblesse dans le poème. Ceux qui s'attachent à la beauté d'un poème sans qu'il soit en vers atteignent quelque part déjà une profondeur qui me semble adaptée à la sensibilité elfe. |
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Je vous remercie pour vos commentaires et votre accueil. Je pensais bien recevoir des avis assez différents :-) Je ne suis pas tout à fait nouveau sur ce forum, mais c'est effectivement mon premier message à cette section. Généralement, je sévis plutôt dans les "Langues inventées"... Vinyamar a écrit :
Malgré ses nombreux défauts, la traduction de Ledoux me semble également honorable. A mon goût, elle se lit très agréablement et ne "sent" pas la traduction, sauf justement dans les poèmes... Les poèmes en anglais, à mon avis, valent d'être lus. Mais je pense que tu n'as besoin de ce conseil ;-) Iarwain a écrit :
C'est aussi mon cas pour ce qui est du SdA. Ce qui est acceptable dans les traductions de HoME - les annotations nécessitant une grande fidélité à l'original, au prix parfois de la qualité de la langue - l'est moins dans le SdA, qui est une oeuvre complète, achevée, et n'est pas, contrairement à HoME, destinée à des lecteurs déjà familiers de Tolkien (puisque c'est souvent la porte d'entrée en Terre du Milieu). Vinyamar (et Denethor) a écrit :
Effectivement. Je n'avais pas envisagé ce problème. Vu ainsi, Ledoux a peut-être bien fait de rester prudent. Iarwain a écrit :
Tolkien utilisant beaucoup de formes différentes, la difficulté varierait. Les vers iambiques (ex : tétramètres iambiques dans le Chant de Beren et Luthien) seraient probablement rendus sans trop de difficultés par nos vers syllabiques (octo- ou décasyllabes, dans ce cas précis, je pense). Il est beaucoup plus difficile de donner un équivalent au vers purement accentuel - ang. strong stress - (Chant de la Mer de Legolas) ou au vers allitératif que Tolkien a exhumé du vieil anglais (ex. Longue liste des Ents). Là, le traducteur allemand a dû être avantagé. Sans avoir lu la version allemande, je peux déjà presque entendre « Lernet jetzt die Lehre / der lebenden Wesen ! ». Iarwain a écrit :
Je vois très bien. Dans le style Mewlips = Chats gluants ? (Mais il faut bien avouer que l'exercice est terriblement difficile.) Nai Anar caluva tielmanna ! |
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Vinyamar a écrit :
Tout à fait d'accord... Moraldandil a écrit :
Ça, encore, je trouve que ce n'est pas mal trouvé comme adaptation d'un mot intraduisible, même si on peut évidemment discuter (comme je le fais) le choix du traducteur; pour ma part, je verrais bien "Miaulants" ou "Miauleurs"(mais ce n'est qu'une suggestion: on pourrait aussi y voir l'association de mew "mouette" et lips "lèvres"). Vinyamar a écrit :
Ce serait l'idéal, sans aucun doute...en attendant de pouvoir l'atteindre (un jour), j'ai déjà entrepris de traduire la chanson de marche de Bilbo, en décasyllabes rimés (et césurés, dans la mesure du possible), avec toute la difficulté (et le risque assumé) que cela comporte. Iarwain |
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Siouplaît... Si quelqu'un sait ce que c'est... |
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Bonjour Caranthir,
gossamer signifie : fil de la Vierge / étoffe très légère / arachnéen/-éenne Bon courage pour cette traduction. Nat |
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Je viens d'avoir connaissance (grâce à la feuille de la Compagnie) du poème Mythopeia de Tolkien. Si quelqu'un l'a, ça serait vachement super bien d'essayer de le traduire ici :-)))) (ou sinon, de le donner en anglais pour propre traduction) Vnmr |