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 Oilima Markirya I

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Kildo kirya ninqe
pinilya wilwarindon
veasse lúnelinqe
talainen tinwelindon.

Vean falastanéro
lótefalmarínen,
kirya kalliére
kulukalmalínen.

Súru laustanéro
taurelasselindon;
ondolin ninqanéron
Silmeráno tindon.

Kaivo i sapsanta
Rána númetar,
mandulómi anta
móri Ambalar;
telumen tollanta
naiko lunganar.

Kaire laiqa'ondoisen
kirya; karnevaite
úri kilde hísen
níe nienaite,
ailissen oilimaisen
ala fuin oilimaite,
alkarissen oilimain;
ala fuin oilimaite
ailinisse alkarain.

On vit un navire blanc
menu comme un papillon
sur les flots bleus de la mer
avec des ailes comme des étoiles.

La mer était lourde d'écume,
de vagues couronnées de fleurs.
Le navire brillait
de lumières dorées.

Le vent filait à grand bruit
pareil aux feuilles des forêts,
les rochers blancs
brillaient sous la lune argentée.

Comme un corps entrant dans la tombe,
la lune descendit à l'Ouest ;
depuis l'Enfer l'Est éleva
des ombres noires.
La voûte des cieux s'affaissa
sur les cimes des collines.

Le navire blanc gisait sur les rochers;
au milieu de cieux rouges
le soleil aux yeux mouillés
laissa tomber des larmes de brume,
sur les dernières plages
après la dernière nuit
dans les derniers rais de lumière -
après la dernière nuit
sur la grève brillante.


En 1931, J. R. R. Tolkien tint une conférence où il évoqua l'invention de ses langues, revendiquant ce loisir apparemment curieux comme une forme d'art particulière. Le texte, très important pour saisir ce que représentaient pour lui ses langues imaginaires, en a été publié dans le recueil The Monsters and the Critics sous le titre A Secret Vice. Tolkien y produisit en exemple trois poèmes en qenya et un en noldorin; Oilima Markirya "La dernière arche" est un des ces poèmes. Tolkien devait tenir à ce poème car il y revint de façon répétée ; il existe donc en plusieurs versions fort divergentes, quoique le fond reste à peu près le même. Comprise dans le texte est celle que nous avons appelée Oilima Markirya II ; elle est annotée et complétée par d'autres versions, dont celle-ci, dont une note signale qu'il s'agit de la première version du poème ; de sorte que nous l'avons appelée Oilima Markirya I.  Nous la reproduisons ici avec une traduction tirée de celle fournie par l'auteur lui-même.



Les citations de John Ronald Reuel Tolkien, Christopher Tolkien, Édouard Kloczko, Christopher Gilson, Patrick Wynne, Rhona Beare, Thomas Alan Shippey, Charles Kennedy, Elaine Treharne, André Crépin, Régis Boyer, François-Xavier Dillmann, Gabriel Rebourcet, Keith Bosley, Pierre-Yves Lambert, Gwyn Jones, Thomas Jones sont soumises au droit de leurs auteurs respectifs ou de leurs ayants droit.


Dernière mise à jour du site : 9 août 2006.
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