Aller à la version anglaise 
La caveLu par TolkienLiensBibliographie
QuenyaSindarinTelerinQenyaNoldorin
AdûnaïcKhuzdulNoir ParlerValarin
Vieil AnglaisGotiqueVieux NorroisFinnoisGalloisLatin

 Pwyll Pendefig Dyfed (extrait)

Ecouter le texte  


      Pwyll Pendefig Dyfed a oedd yn arglwydd ar seith cantref Dyfed. A threiglweith ydd oedd yn Arberth, prif lys iddaw, a dyfod yn ei fryd ac yn ei feddwl fyned i hela. Sef cyfeir o'i gyfoeth a fynnei ei hela, Glynn Cuch. Ac ef a gychwynnwys y nos honno o Arberth, ac a ddoeth hyd ym Mhenn Llwyn Diarwya, ac yno y bu y nos honno. A thrannoeth yn ieuenctid y dydd cyfodi a orug, a dyfod i Lynn Cuch i ellwng ei gwn dan y coed. A chanu ei gorn, a dechreu dygyfor yr hela, a cherdded yn ol y cwn, ac ymgolli a'i gydymdeithon.

      Ac fal y bydd yn ymwarandaw a llef yr erchwys, ef a glywei llef erchwys arall, ac nid oeddynt unllef, a hynny yn dyfod yn erbyn ei erchwys ef. Ac ef a welei lannerch yn y coed o faes gwastad; ac fal oedd ei erchwys ef yn ymgael ag ystlys y llannerch, ef a welei garw o flaen yr erchwys arall. A pharth a pherfedd y llannerch, llyma yr erchwys a oedd yn ol yn ymordiwes ag ef, ac yn ei fwrw i'r llawr.

       Ac yna edrych ohonaw ef ar liw yr erchwys, heb hanbwyllaw edrych ar y carw. Ac o'r a welsei ef o helgwn y byd, ni welsei cwn unlliw ag wynt. Sef lliw oedd arnunt, claerwyn llathreidd, ac eu clusteu yn gochion. Ac fal y llathrei wynned y cwn, y llathrei coched y clusteu. Ac ar hynny at y cwn y doeth ef, a gyrru yr erchwys a laddyssei y carw i ymdeith, a llithiaw ei erchwys ei hunan ar y carw.

      Pwyll, prince de Dyved, régnait sur les septs cantrefs* de Dyved. Un jour, comme il séjournait à Arberth - sa cour principale -, il lui vint l'idée et l'envie d'aller à la chasse. L'endroit de ses domaines où il voulait chasser était Glynn Cuch. Il partit le soir même d'Arberth, et alla jusqu'à Penn Lwyn Diarwya, où il passa la nuit. Le lendemain, à la jeunesse du jour, il se leva et se rendit à Glynn Cuch pour lâcher ses chiens sous les bois. Et il sonne du cor, donne le signal de commencer la chasse, part à la suite des chiens et perd ses compagnons.

      Tandis qu'il écoutait les aboiements de sa meute, voici qu'il entendit les cris d'une autre meute, qui n'aboyait pas de la même façon, et qui arrivait à la rencontre de ses propres chiens. Il vit alors dans le bois une clairière, un terrain plat, et lorsque sa meute atteignit la lisière de la clairière, il aperçut un cerf fuyant devant l'autre meute. Vers le milieu de la clairière, la meute qui le poursuivait le rattrapa et le fit tomber à terre.

      Alors il regarda la couleur de ces chiens, sans plus songer à regarder le cerf. Or, de tous les chiens de chasse qu'il avait pu connaître, il n'en avait jamais vu de cette couleur. Ils étaient d'un blanc brillant et lustré, leurs oreilles étaient rouges : le blanc de leurs corps luisait autant que le rouge de leurs oreilles. Pwyll, alors, s'approcha des chiens, écarta la meute qui avait tué le cerf, et distribua le cerf à sa propre meute, à la curée.

*Unité territoriale du Pays de Galles au Moyen Âge : un cantref regroupe en principe cent tref (cent fermes, ou cent hameaux).


Pwyll Prince de Dyfed (Pwyll Pendefig Dyfed) est la première partie d'un  cycle de contes médiévaux gallois dénommé les Quatre Branches du Mabinogi (Pedair Cainc y Mabinogi), lui même compris dans une collection nommée improprement, mais commodément les Mabinogion, qui nous est parvenue par deux manuscrits : le Livre Blanc de Rhydderch (Llyfr Gwyn Rhydderch) et le Livre Rouge de Hergest (Llyfr Coch Hergest).

Le texte reproduit les trois premiers paragraphes de ce conte dans l'édition pédagogique de Gareth Morgan. Elle emploie une orthographe normalisée basée sur celle du gallois moderne, mais en préservant certaines particularités du moyen gallois. Tolkien cita une partie de cet extrait en traduction dans l'essai English and Welsh publié dans le recueil The Monsters and the Critics.

La traduction est de Pierre-Yves Lambert, publiée chez Gallimard.

La prononciation adoptée est basée sur l'orthographe normalisée et les valeurs modernes des graphèmes. Il s'agit d'une bonne approximation, car la prononciation du gallois paraît avoir assez peu changé depuis le Moyen Âge, infiniment moins que celle du français ou de l'anglais. On pourra cependant noter les points suivants :

·         y "clair" (en syllabe finale) était une voyelle centrale fermée, comme dans la prononciation du Nord du Pays de Galles aujourd'hui.

·         u a la même valeur que y "clair" en gallois moderne, mais en moyen gallois il se prononçait avec les lèvres arrondies, ce qui lui donnait un son plus proche du u français. L'enregistrement tente de reproduire cette particularité.

·         en syllabe finale, ei et eu du moyen gallois se sont le plus souvent changés en ai et au en gallois moderne : seith "sept" est devenu saith, dechreu "commencer" est devenu dechrau. Kenneth Jackson affirme que ce changement phonétique avait commencé en vieux gallois et devait être déjà bien avancé en moyen gallois, même s'il n'était pas encore reconnu dans l'orthographe. Par conséquent, ei et eu là où ils sont devenus ai et au dans la langue moderne ont été prononcés avec cette valeur-ci.


Références

Jackson, Kenneth H[urlstone]. Language and History in Early Britain: a chronological survey of the Brythonic languages 1st to 12th c. A.D. Edinburgh: Edinburgh University Press, 1971. 752 p. ISBN 0-85224-116-X

Morgan, Gareth. Reading Middle Welsh: A Course Book Based on the Welsh of the Mabinogi. URL: http://canol.home.att.net/

Les Quatre Branches du Mabinogi et autres contes gallois du Moyen Âge. Traduit du moyen gallois, présenté et annoté par Pierre-Yves Lambert. [Paris] : Gallimard, 1993. 419 p. (L'aube des peuples). ISBN 2-07-073201-0



Les citations de John Ronald Reuel Tolkien, Christopher Tolkien, Édouard Kloczko, Christopher Gilson, Patrick Wynne, Rhona Beare, Thomas Alan Shippey, Charles Kennedy, Elaine Treharne, André Crépin, Régis Boyer, François-Xavier Dillmann, Gabriel Rebourcet, Keith Bosley, Pierre-Yves Lambert, Gwyn Jones, Thomas Jones sont soumises au droit de leurs auteurs respectifs ou de leurs ayants droit.


Dernière mise à jour du site : 9 août 2006.
Nous contacter :