The Wanderer
(vers 85 à 110)
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Ýþde
swá þisne eardgeard ælda scyppend |
Ainsi le créateur des hommes a dévasté cette demeure terrestre, jusqu'à ce que, privés du bruit de leurs habitants, les vieux ouvrages des géants se retrouvent vides. Alors, celui qui a sagement réfléchi sur ce lieu de ruines et profondément médité sur cette sombre vie, l'esprit rendu sage par l'expérience, souvent se souvient d'une multitude de massacres lointains, et prononce ces paroles : "Où est passé le coursier ? Où est passé le jeune brave ? Où est passé le donneur de trésors ? Où sont passés les sièges des festins ? Où sont les réjouissances de la grand-salle ? Hélas, la coupe étincelante ! Hélas, le guerrier en armure ! Hélas, la splendeur du prince ! Comme ce temps s'est évanoui, obscurci sous le couvert de la nuit, comme s'il n'avait jamais été ! Et maintenant il ne reste comme trace de la troupe chérie qu'un mur de hauteur étonnante, orné de figures de dragons. Les guerriers ont été anéantis par la puissance des lances de frêne, des armes avides de carnage - destin fameux - et les tempêtes battent les versants de pierre, la bourrasque s'abat et enveloppe la terre en hurlement d'hiver ; puis, blafarde, arrive et s'obscurcit l'ombre de la nuit, envoyant du nord une grêle sauvage haïssable aux héros. Tout est rempli de peine au royaume terrestre, le décret des destins change le monde sous les cieux. Y passe la richesse, y passe l'ami, y passe l'homme, y passe le parent ; tout ce fondement terrestre devient vanité !" |
Préservé dans le livre d'Exeter, un important recueil de poésie anglo-saxonne daté du Xe siècle, The Wanderer - "L'Errant" - est une élégie mettant en scène un vieux féal qui se lamente sur la perte de son seigneur, et met en contraste la splendeur passée avec la misère de ses jours présents. Le passage reproduit ici a inspiré Tolkien dans Le Seigneur des anneaux pour la Lamentation des Rohirrim récitée par Aragorn alors qu'il chevauche vers Meduseld avec Legolas, Gimli et Gandalf ("Où sont maintenant le cheval et le cavalier ? Où est le cor qui sonnait ?").
Le texte est disponible en ligne à l'adresse suivante : http://www.georgetown.edu/labyrinth/library/oe/texts/a3.6.html. Nous y avons ajouté des accents aigus pour marquer les voyelles et diphtongues longues. La traduction est nôtre.
Références
Irvine, Martin, Everhart, Deborah. The Labyrinth: Resources for Medieval Studies. Hébergé par : Georgetown University, Washington (D.C.). URL: http://labyrinth.georgetown.edu/
Les citations de John Ronald Reuel Tolkien, Christopher Tolkien, Édouard Kloczko, Christopher Gilson, Patrick Wynne, Rhona Beare, Thomas Alan Shippey, Charles Kennedy, Elaine Treharne, André Crépin, Régis Boyer, François-Xavier Dillmann, Gabriel Rebourcet, Keith Bosley, Pierre-Yves Lambert, Gwyn Jones, Thomas Jones sont soumises au droit de leurs auteurs respectifs ou de leurs ayants droit.
Dernière mise à jour du site : 9 août 2006.
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