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		<title><![CDATA[JRRVF - Tolkien en Version Française - Forum / Le cœur et la raison]]></title>
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		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans Le cœur et la raison.]]></description>
		<lastBuildDate>Sat, 29 Apr 2006 19:39:00 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Le cœur et la raison]]></title>
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			<description><![CDATA[<p>La <i>raison</i> pour soutenir la parole...</p><p><blockquote style='font-size:1.1em; margin-left:80px; margin-right:80px;'><p style='text-align:justify;'>&nbsp; &nbsp; &nbsp;Je voudrais prendre soin&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;de ne pas laisser la parole me prendre<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;d’épargner à ma langue les pièges de l’erreur et de la malice<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;Que les mots dont je me sers soient justes&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;au sens où la justice<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;consiste à ne pas faire de tort à quiconque&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;à donner à chacun son dû<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;et à s’épargner à soi-même l’incertitude et la&#160; confusion dans lesquelles l’esprit est perdu<br><br> &nbsp; &nbsp; &nbsp;Mais si je parvenais à ne laisser sortir de ma bouche que des mots pesés avec soin dans les balances du bien et du mal qu’engendrent nos actes&#160; &#160; <br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;je demanderais ensuite aux dieux de la parole de me préserver des mots trop exacts<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;Les mots trop précis et trop simples et beaucoup trop clairs<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;ne signifient qu’un côté des choses&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;qu’une moitié du vrai&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;et de la réalité du monde n’expriment que le côté face&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;mais non l’envers<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; <font color=#6666cc>La parole qui serre de trop près les choses risque toujours de les serrer si fort<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;que pour ne pas laisser de flou et de jeu et de vague elle les étreint si exactement qu’à la fin ils sont morts</font><br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; Si j’emploie le mot qui désigne <i>l’eau</i>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;je voudrais le laisser couler dans sa grande multitude liquide<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;et qu’il embrasse l’étendue maritime verte et salée&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;la pluie jaune de limon&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;l’averse douce et le typhon&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&#160; &#160; &#160; &#160; &#160;le trouble orage diluvien et la source limpide<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;Si je me sers du mot <i>feu</I>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;l’employer pour nommer le feu qui à cet instant est présent dans la cheminée<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;mais ne pas oublier et garder sur le bord de mes yeux et à la lisière de la mémoire et de l’imaginé<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;toutes les variétés de feu&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;du feu de sarments&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;qu’allument à l’automne les vendangeurs pour se dégourdir les mains<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;à la fournaise qui gronde soudain quand les métallos ouvrent la porte du four Martin<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;de la petite flamme de la bougie qui caresse le visage des jeunes femmes dans les tableaux de Georges de La Tour<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;à la fureur de l’incendie de grange que nous avons vu surgir une nuit à Haut-Bout et qui a palpité de braises jusqu’au petit jour<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;sans oublier la flamme embrouillée du feu d’herbes qui fume et fait tousser&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;le feu qu’on allume à la fin d’octobre quand il y a de l’humidité dans l’air<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;et en se souvenant du feu qu’après les moissons on allume dans les chaumes avant de passer les charrues avec le tracteur pour enfouir le bon charbon des brûlis dans la terre<br><br> &nbsp; &nbsp; &nbsp;Dieux de la parole&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;seigneurs du langage&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;et <font color=#66cccc>toi ma fragile&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;mon entêtée&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;ma distraite et ma&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;vigilante&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;celle que malgré tout je nomme <b><u><font color=green>ma Raison</font></b></u></font><br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;aide-moi&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;et les puissances au-dessus de nous t’aideront<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;Aide-moi à me servir des mots sans les laisser se dessécher&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;sans laisser s’épuiser leur ressource<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;en essayant&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;chaque fois que je nomme ce qui est là<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;de viser juste et de bien diriger la flèche des mots dans leur course<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;mais sans oublier jamais la grande variété et profusion de ce qui existe autour de la cible<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;les limites du principe de non-contradiction&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;les insuffisances de la règle du tiers exclu&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;et l’intarissable richesse des possibles<br><br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;Aide-moi à chercher le sens<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;et à me souvenir toujours que <font color=#6666cc>si les mots n’avaient qu’un sens<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp;nous habiterions seulement la mort et l’absence</font></p><p style='text-align:right;'><i>Kerdavid</i><br><i>Lundi 28 août 1992</i> <br>Claude Roy, « Du bon usage du sens des mots », <br>in Les pas du silence, Gallimard, 1993, p. 165. </p></blockquote></p><p>... et la Parole pour soutenir le <i>coeur</i>...</p><p><blockquote style='font-size:1.1em; margin-left:80px; margin-right:80px;'><p style='text-align:justify;'>À l’heure où la clarté ne parle qu’à voix basse<br>où <b><u><font color=green>le cœur</font></u></b> incertain marche à très petit pas<br>l’heure entre cendre et nuit&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;l’instant de guerre lasse<br>quand on n’est plus très sûr d’être ou de n’être pas</font><br><br>une pensée m’a visité&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;pensée légère<br>Une main doucement se posant sur l’épaule<br>Une pensée&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;(Mais venue d’où ?)&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Un sourire dans l’air<br>Personne n’était là&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;et je n’étais plus seul<br><br>Qui est venu me voir à travers le silence<br>Qui donc me veut du bien ? &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Qui parle sans parler ?<br>Qui donc est cet absent dont je sens la présence ?<br>Qui est venu m’aider quand le ciel se voilait ?<br><br>Personne n’était là&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Mais je suis pourtant sûr<br>qu’une pensée légère a touché mon épaule<br>un visiteur discret qui me voulait du bien<br><i> <font color=orange>la pensée d’un ami sur la pointe des pieds</i></u></font></p><p style='text-align:right;'><i>Paris, Mardi 4 décembre 1990</i><br>Claude Roy, « Un visiteur », <br>in Les pas du silence, Gallimard, 1993, p. 59. </div></blockquote></p><p>.. et, <i>de tout coeur</i>, te dire merci pour ces quatre belles paroles inspirées cher ami :-)</p><p>S.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Sat, 29 Apr 2006 19:39:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=16647#p16647</guid>
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			<title><![CDATA[Le cœur et la raison]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=16646#p16646</link>
			<description><![CDATA[<p><blockquote style='margin-left:80px; margin-right:80px; font-size:1.1em; color:#66cccc;'> <p style='text-align:justify;'>« Qu'est-ce qui échapperait à l'impérialisme triomphant de la méthode scientifique ? Ce qui est ici méprisé, c'est la prétention du parlant d'évoquer quelque chose qui ne pourrait pas être réduit par l'analyse scientifique. Mystère de la parole ? Allons donc, nous allons faire l'autopsie et vous verrez bien qu'il n'y a pas d'âme sous mon scalpel. Mépris envers cette parole qui donnait à l'homme l'impression, le sentiment d'une fissure vers un au-delà [...] »</p><p style='text-align:right;'>Jacques Ellul<br><i>La parole humiliée</i>, p.184</p></blockquote></p><p>Comment ne pas penser (aussi mais pas seulement) à la savante dissection des archéologues et antiquaires moquée par le professeur ? En séparant la Réalité de la Vérité, le Dit du Sens, la Matière de l'Esprit, en supprimant le second au profit du premier, le chercheur ramène toute l'étendue de son analyse à une chaîne de signes désarticulés et absurdes ...</p><p><blockquote style='margin-left:80px; margin-right:80px; font-size:1.1em; color:#999900;'> <p style='text-align:justify;'>« Car il est dans leur nature que les bafouillages de toute recherche historique antiquaire marmonnent dans le dru bois de la conjecture, voletant d’un arbre tam-tam à l’autre. Nobles animaux dont le marmonnement à l’occasion vaut la peine d’être entendu ; mais bien que leurs yeux enflammés puissent parfois se révéler projecteurs, leur champ de vision est court. [...] La signification d’un mythe ne peut pas être aisément épinglée sur le papier par un raisonnement analytique. [...] Son défenseur a donc pour lui un désavantage : à moins de prudence, et de parler en paraboles, il tuera ce qu’il est en train d’étudier par vivisection, et il obtiendra une allégorie formelle ou mécanique, et, qui plus est, une allégorie qui ne fonctionnera probablement pas. Car le mythe est vivant immédiatement et dans toutes ses parties, et meurt avant qu’il ait pu être disséqué. »</p><p style='text-align:right;'>J.R.R. Tolkien<br><i>Beowulf : The Monsters and the Critics</i>, MC p.9, 15-16</p> </blockquote> </p><p>Vivisection de la Parole, vivisection du Mythe, vivisection de l'Homme. Il fut un autre professeur, de génétique il se trouve, à combattre ces idées fausses. Étoilé lui aussi, s'il n'a pas écrit l'<i>Ainulindalë</i>, il contait la <i>Symphonie de la Vie</i>, il répondait aux carnassiers qui lui demandaient de quelle couleur était la peau d'Adam qu'« elle était couleur d'homme », et il rassurait les enfants qui s'inquiétaient de ne pas retrouver dans le Monde l'enseignement de certaines histoires que « même si on ne s'en [était] pas encore aperçu à l'école et à la télé, [ils avaient] le droit d'être en avance et d'en savoir plus que les programmes officiels ». Or, j'ai découvert il y a tout juste quelques jours, ce présent mois d'avril, ce petit trésor de sa main, longtemps resté secret même de ses proches, en le découvrant j'ai immédiatement pensé à toi, Maître Sosryko :</p><p><blockquote style='margin-left:80px; margin-right:80px; font-size:1.1em; color:#9999ff;'> <p style='text-align:justify;'>Le cœur et la raison sont bien loin, comme on le dit, de vivre en bonne intelligence</font> […]</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Cette faille il faudrait à tout prix la combler. tous les poètes l’ont dit, comme aussi les savants et même les pédagogues.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Certains établissent leur camp du côté des instincts. D’autres vont se retrancher du côté de l’efficace.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Mais l’immense majorité, refusant le choix déchirant, mais redoutant le précipice, emprunte bien sûr la passerelle mais y reste le moins longtemps possible. D’où l’homme pendulaire, reniant ses amours quand il faut réussir et perdant la raison quand la passion l’agite.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Quelques uns cependant doués d’un plus grand cœur tentent de ressentir le monde pour trouver la raison de vivre ; ainsi font les artistes, les amoureux et les mystiques.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Quelques un des plus doués d’une forte raison tentent d’analyser le monde afin de mieux sentir la vie ; ainsi font les amants de la science et même les théoriciens s’ils sont de bonne volonté.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Mais ceux qui n’ont pas le vertige regardent la faille en face et délibérément s’installent sur la passerelle tissant entre les deux réseaux, des liens si tenus, si fragiles, qu’ils les réparent à chaque instant par prière ou méditation.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Ainsi font, m’a-t-on dit, les sages, ainsi font, je crois, les saints.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Car tout l’honneur de l’homme est de déceler sa faille, d’en scruter l’origine, d’en reconnaître les abords pour tenter de relier ces deux réseaux qui se délient. D’où l’expression si juste : “sa religion est faite”.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Chacun s’y emploie chaque jour, sans le dire ou en le clamant, en s’y appliquant de son mieux, ou même sans y songer, et c’est cela qu’on appelle vivre.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Pourtant certains refusent et professent qu’il faut refuser. Ils décrètent d’un coup que rien au monde n’a de sens. Tout ce fatras d’étoiles, d’êtres ou d’évènements n’est qu’un hasard heureux ou autre nécessité.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>En refusant la faille ils débouchent sur l’incongru, disant que le monde est absurde.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Je n’en crois rien.</p><p style='text-align:justify; margin-top:-5px;'>Regardez, il est beau</font> »</p><p style='text-align:right;'>Jérôme Lejeune<br>In <i>Table des Matières</i>, retrouvée en décembre 2003</p></blockquote></p><p>Mais j'ignorais que le professeur t'avait personnellement rencontré et que tu avais directement inspiré sa plume !! Grand cachottier, va :) Ou bien serait-ce <i>l'inspiration des cœurs</i>, au mépris de tout processus analytique (et donc cette inspiration, non temporelle, non matérielle et non démontrable, serait vivante ? non ?!!), le lien, le liant, le re-lié ?</p><p>Ami de parole, de poésie, et de sagesse,<br />Heureux Anniversaire ! Heureuse fête !</p><p>Yyr</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Fri, 28 Apr 2006 13:42:00 +0000</pubDate>
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