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		<title><![CDATA[JRRVF - Tolkien en Version Française - Forum / Énigmes et caractère...]]></title>
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		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans Énigmes et caractère....]]></description>
		<lastBuildDate>Tue, 18 Jan 2011 02:54:00 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
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			<description><![CDATA[<p>Merci beaucoup (très très beaucoup) Silmo, car ce travail est bien "précieux" pour qui travaille sur les Enigmes dans l'obscurité :-)</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Tue, 18 Jan 2011 02:54:00 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70999#p70999</link>
			<description><![CDATA[<p>Un peu de tissage en ce début d'année offre le prétexte pour remonter ce beau fuseau... <p>Le site <a href="http://www.elbakin.net/tolkien/news/Bilbo-le-hobbit-avant-et-apres-le-Seigneur-des-Anneaux-ce-qui-a-change"target="Elbakin">Elbakin</a> a récemment proposé un lien <i>précieux</i> vers une page intitulée <a href="http://www.ringgame.net/riddles.html"target="Riddles in the Dark, the Lost Version">Riddles in the Dark, the Lost Version</a>, également disponible au format pdf : <a href="http://www.elbakin.net/plume/xmedia/tolkien/Hobbit_chapitre_5.pdf"target="riddlesPDF">riddlePDF</a>) et qui permet de visualiser d'un seul coup d'oeil le concours d'énigmes entre Bilbo et Gollum dans ses deux versions publiées par Tolkien, avant et après révision de "The Hobbit".<p>Une bonne chose à se remettre en tête avant l'adaptation cinématographique, n'est-ce pas mes trésors?<p>Silmo</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Silmo)]]></author>
			<pubDate>Mon, 17 Jan 2011 10:56:00 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70998#p70998</link>
			<description><![CDATA[<p>Citation de Sosryko : "Dans les contes, une règle tacite est que 2 échecs doivent être suivis d'une 3ème tentative fructueuse (en faire l'inventaire serait fastidieux, mais nous avons déjà rencontré une application de cette règle dans Le Lapin ; cf. X.3.2) ; or, une telle règle se retrouve énoncée deux fois dans Bilbo le Hobbit "<br>Entièrement d'accord avec cette interprétation traditionnelle, mais ne peut-on pas voir dans ce chapitre "quelques os de la soupe " chère à Tolkien qui connaît par coeur ses classiques ?<br>Dans Sir Gawain and the Green Knight, nous trouvons ce même proverbe: « 'As I am a true knight, I give my word you shall reach the Green Chapel, there to do your business, sir, in the dawn of the New Year, long before prime. So you lie in your room and take your ease, and I shall hunt in the wood and fulfil the terms of the agreement, and exchange winnings with you when I return here; for I have tested you twice and I find you trustworthy. Now, "Third time pays for all", remember that tomorrow; but let us make merry while we may and give our minds to pleasure, for a man can be sad whenever he wishes.”<br>Très cordialement.<br>Alain.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Alain)]]></author>
			<pubDate>Sat, 25 Mar 2006 14:34:00 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70997#p70997</link>
			<description><![CDATA[<p>Belle défense en effet !<p>Je reste un peu sceptique tout de même quant à la pertinence de ton hypothèse mais il faudrait que je relise plus attentivement « Bibo le hobbit » avant de me faire une opinion définitive. En fait je trouvais que ton argumentation dans ce chapitre était moins convaincante que dans les autres mais ton post m’apporte des précisions sur tes intentions et ta démarche qui éclairent ton exposé.<br>Une parenthèse sur le style du « Silmarillion » qui n’est pas du tout sur le même ton que celui du SDA et de « Bilbo ». Il est vrai que ce n’est pas une œuvre littéraire aboutie et qu’il relève plus du recueil de mythes que du conte, du moins au niveau de sa construction et de son écriture. Pas étonnant donc de ne pas y retrouver ce fameux rythme ternaire….<br>Enfin j’attends avec impatience de lire la suite de ton exposé…<p>Nikita ravie de voir que sa métaphore du saumon trouve des échos aussi élogieux dans la mythologie celtique mais cependant intriguée : ce symbole a-t-il un rapport avec le fait que le saumon remonte une dernière fois la rivière avant de mourir ???<br></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (NIKITA)]]></author>
			<pubDate>Fri, 16 Aug 2002 21:14:00 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70996#p70996</link>
			<description><![CDATA[<p>.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Cedric)]]></author>
			<pubDate>Tue, 13 Aug 2002 02:06:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70996#p70996</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70994#p70994</link>
			<description><![CDATA[<p>Hello tout le monde !<br>J’ai attendu un peu avant d’intervenir dans ce fuseau car il m’a fallu, tel le saumon, remonter la rivière jusqu’au fuseau "Enigmes et caractère" pour avoir enfin une vue d’ensemble salutaire sur toutes tes remarques pertinentes, Sosryko. Ton travail est admirable et je me joins au concert de louanges qui salue tes références qui semblent n’avoir aucune limite. J’en apprends beaucoup en te lisant et de cela, je voulais te remercier.<p>Cela dit, tu cherches, semble-t-il, en postant ton travail au fur et à mesure, à affiner ton étude en étant à l’écoute des éventuelles critiques… Je ne sais pas si j’ai l’étoffe d’engager une joute oratoire avec toi (puisque tel est le sujet… :-)) mais je voudrais juste te faire part de mes réticences à la lecture du chapitre :<br>X.2) Bilbo le Hobbit, Tolkien et le chiffre 3<br>Comme toi, « Je ne suis pas du tout un partisan systématique d’interprétations numériques ou ésotériques » et j’avoue que la première lecture de ce chapitre m’a laissée perplexe… et qu’au final, il ne me convainc pas complètement.<br>Ainsi l’inventaire que tu fais de toutes les occurrences de triades dans ce chapitre de "Bilbo le hobbit"&#160; ne me surprend pas plus que cela. Le rythme ternaire en littérature est très fréquemment utilisé. Répéter trois la même chose permet d’insister de manière forte sur un élément du texte, voire de montrer l’accomplissement total d’une action (le chiffre 3 étant symbole de perfection, comme tu le rappelles très bien). C’est le cas des exemples que tu cites :<p>He had a ring (B1), a golden ring (B2), a precious ring (B3).<br>[Bilbo le Hobbit, p.88]<p>) He could hear nothing, <br>(A) see nothing, <br>(A) and he could feel nothing <br>(B) except the stone of the floor.<br>[Bilbo le Hobbit, p.75]<p>Je pourrais en citer bien d’autres tirés d’autres ouvrages que ceux de Tolkien. Il n’est pas le seul à avoir recours à l’anaphore !<p>and I want to get unlost. And I won the game, and you promised.<br>[Bilbo le Hobbit, p.89]<p>Maintenant, faire le constat que ce rythme ternaire n’est pas d’une originalité criante n’empêche pas d’envisager le pourquoi de son emploi dans ce chapitre précis… Là-dessus, je comprends tout à fait ta démarche mais je ne pense que ce soit la meilleure voie pour parvenir à la conclusion que le chiffre 3 joue un rôle-clé dans ce chapitre comme dans beaucoup de contes…<p>A moi maintenant d’avancer une conjecture : ce rythme ternaire, au-delà de la résonance qu’il prend dans ce chapitre, me semble être une caractéristique en particulier du langage de Gollum. J’en veux pour preuves ces citations tirées du SDA qui font parfois écho aux citations que tu donnais dans ton article :<p>Voleur, voleur, voleur !<br>&#160; &#160; &#160; &#160; Baggins!<br>On te hait, on te hait, on te hait<br>&#160; &#160; &#160; &#160; À jamais ! "<br>[Bilbo le Hobbit, p.95]<p>C’est Gollum qui parle en découvrant que Frodo et Sam sont en possession de l’Anneau :<br>« Où est-ce où est-ce : mon trésor, mon trésor ? Il est à nous, oui, on le veut. Les voleurs, les voleurs, les sales petits voleurs. Où ssont-ils avec mon trésor ? Qu’ils soient maudits ! On les hait. » (SDA, p.352, éd. Folio Junior)<p>Sa réaction devant le lembas que lui propose Frodo :<br>« Par la poussière et les cendres ; il ne peut pas manger ça. Il doit jeûner. Mais ça ne fait rien. Gentils Hobbits ! Sméagol a promis. Il jeûnera. Il ne peut pas manger la nourriture des Hobbits. Il jeûnera. » (SDA, p.366)<p>Le dialogue schizophrénique de Gollum devant Frodo endormi :<br>« Mais Il verra, Il saura. Il nous le prendra ! » (SDA, p.384) : exemple de rythme ternaire sans répétition<br>« Manger du poisson tous les jours, trois fois par jour » (id.) : encore l’obsession du chiffre 3 ?<br>«&#160; Très précieux trésor de Gollum ! il faut l’avoir. On le veut, on le veut, on le veut ! » (id.)<p>Je m’arrête là pour les citations : il me semble que ces répétitions ternaires sont une caractéristique du langage déconstruit de Gollum, reflet de son évidente schizophrénie. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet mais je pense que le recours au rythme ternaire dépasse largement le cadre du chapitre V de Bilbo le hobbit et qu’il est le reflet du caractère de Gollum de manière plus générale.<p>Voilà ces quelques remarques n’avaient que pour but d’affiner ta réflexion, sans doute y trouveras-tu des objections… :-) C’est la seule ombre au tableau que je puisse relever, tableau qui, du reste, me laisse béate d’admiration ! <br>Je constate que je me répète à la manière de Gollum, aussi vais-je aller me coucher en attendant tes commentaires sur un sentiment tout à fait personnel… :-)<br></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (NIKITA)]]></author>
			<pubDate>Fri, 19 Jul 2002 12:06:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70994#p70994</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70995#p70995</link>
			<description><![CDATA[<p>je suis d'accord avec toi sur l'essentiel, Nikita, mais...;-)<p>je l'avais remarqué, Gollum est friand de rythmes ternaires, mais il est loin d'être,le seul, le narrateur de Bilbo le Hobbit l'est tout autant sinon plus, ...et dans le Seigneur des Anneaux également dès lors qu'on aborde des thèmes typiques des contes (cf. la note 67).<br>mais j'ai aussi remarqué que dans des scènes de batailles (cf. Silmarillion) ces triades disparaissent; il faudrait étendre la recherche, mais je pense que c'est parce qu'on s'éloigne du format classique du <i>conte</i> auquel Tolkien rend hommage avec Bilbo Le Hobbit.<br> L'usage du rythme ternaire certes déborde le cadre du chapitre V, le cadre de Bilbo le Hobbit, le cadre de Tolkien, le rythme ternaire apparaît depuis l'antiquité pour appuyer le propos et captiver le lecteur (des citations bibliques le prouveraient, mais il est certain qu'on pourrait remonter encore).<br>Mais ce que je propose (il s'agit d'une hypothèse, et comme toute hypothèse, tu es libre d'y adhérer plus ou moins), c'est que Tolkien <i>accumule</i> les rythmes ternaires dans le chapitre V, parce qu'il y a Gollum (certes) mais parce que le chiffre trois se cache derrière les énigmes, parce qu'il joue avec les multiples de trois (neuf,12), parce que les contes de Grimm sont là, en écho...rien ne me semble innocent dans ces triades (et il y en a d'autres dans le même chapitre que je n'ai pas citées) tant <i>l'accumulation</i> d'un procédé unique est importante en si peu de pages.<p>mon plan n'est certainement pas parfait, mais il relève d'un point de départ (quelles sont les sources du chapitre V?...et du seul chapitre V, ou presque) et d'une méthode, la méthode inductive (une découverte en entraîne une autre, une hypothèse en entraîne une autre...), le but final étant d'apprendre tout ce que le chapitre V à à nous dire (enfin, tout ce que j'y trouve, d'autres approches sont possibles).<p>L'accumulation du procédé, la cohérence de&#160; ce procédé avec la littérature à laquelle Tolkien rend hommage, et le fait que ce procédé dépasse la seule personne de Gollum...<br>voilà ma défense, maître ;-)<p><small><br>merci en tout cas à toi pour avoir eu le courage (et la folie!) du saumon.<br>Savais-tu que dans la mythologie celtique, le saumon est symbole de sagesse (=connaissance) absolue?<br>Content alors d'avoir appris quelque chose à la sage Nikita.<br>Et plus encore de te voir apprécier les rivières, cascades et rapides (3 termes...oui, je l'ai fait exprès ;-)) par lesquelles je te force à passer </small><p>Sosryko<br></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Fri, 19 Jul 2002 02:38:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70995#p70995</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70993#p70993</link>
			<description><![CDATA[<p><br><B><FONT size=3 COLOR="#800000">3.3) Grimm ou les ingr&eacute;dients d''une bonne histoire' </B></FONT>[66]</p><p><small><div style='text-align:right;'><i>Ma m&egrave;re qui m'a tu&eacute;,<br>Mon p&egrave;re qui m'a mang&eacute;,<br>Ma sœur la Marleenken<br>Tous mes os a ramass&eacute;s,<br>A mis dans un carr&eacute; de soie,<br>Mis sous le gen&eacute;vrier.<br>Kywitt&nbsp;! Kywitt&nbsp;! Oiseau joli que je suis&nbsp;!</I><br>[<I>Le Gen&eacute;vrier</I>, G3, p.42]</div></small></p><p>Il existe d'autres points de contact entre <I>&Eacute;nigmes dans l'obscurit&eacute;</I> et les contes de Grimm, et plus g&eacute;n&eacute;ralement entre <I>Bilbo le Hobbit</I> et les contes de Grimm&nbsp;(ces derniers confirmant les premiers):</p><p><B>(a)</B> Nous assistons &agrave; un saut bien curieux dans <I>&Eacute;nigmes dans l'obscurit&eacute;</I>&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Ce n'&eacute;tait pas un bon bien grand pour un homme, mais il bondit dans le noir. Il sauta tout droit par-dessus la t&ecirc;te de Gollum&nbsp;: sept pieds en longueur et trois en hauteur&nbsp;; en v&eacute;rit&eacute;, mais il n'en sut jamais rien, il faillit se briser la t&ecirc;te contre la vo&ucirc;te du passage.</I></FONT> <br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.94-95]</blockquote></p><p>Ici 7 et 3 sont reli&eacute;s pour une travers&eacute;e, un passage &agrave; travers l'espace, 7 &eacute;tant associ&eacute; &agrave; la dimension horizontale et 3 &agrave; la dimension verticale.<br>Curieusement, l'inscription de l'anneau associe de la m&ecirc;me mani&egrave;re 3 et 7, le premier &eacute;tant li&eacute; au 'ciel' (dimension verticale) et le second aux 'demeures de pierre' (dimension horizontale)&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">"&nbsp;Trois Anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel,<br>Sept pour les Seigneurs Nains dans leurs demeures de pierre&nbsp;"</font></blockquote></p><p>Cette association remonte (au moins) aux fr&egrave;res Grimm avec le conte <I>Demoiselle M&eacute;line, la princesse</I>&nbsp;(ou encore <I>Demoiselle Maleen</I>) dans lequel un p&egrave;re (fou et tortionnaire, assur&eacute;ment) enferme sa fille dans une tour sans ouverture pendant 7 ann&eacute;es pour tester l'amour qu'elle porte &agrave; un prince&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">On porta dans la tour des provisions de boisson et de nourriture pour <B>sept ans</B>, puis on l'y mena avec sa cam&eacute;riste et elle y fut mur&eacute;e, en sorte qu'<U>elle se trouva s&eacute;par&eacute;e du ciel et de la terre</U>. Elles rest&egrave;rent ainsi dans l'obscurit&eacute;, (...) les &eacute;paisses murailles ne laissaient passer aucun son. (...)<br>Cependant le temps s'&eacute;coulait, et en voyant diminuer leurs provisions, elles s'aper&ccedil;urent que les <B>sept ans</B> &eacute;taient bient&ocirc;t r&eacute;volus. (...) Comme elles n'avaient plus de nourriture que pour peu de temps et qu'elles pr&eacute;voyaient une mort lamentable, demoiselle Maleen dit&nbsp;:&nbsp; "&nbsp;Il nous faut tenter notre derni&egrave;re chance et essayer de percer le mur&nbsp;". (...) Apr&egrave;s avoir travaill&eacute; longtemps, elles parvinrent &agrave; d&eacute;tacher une pierre, puis une deuxi&egrave;me, puis une troisi&egrave;me et <B>au bout de trois jours</B> elles purent percevoir le premier rayon lumi&egrave;re per&ccedil;a leur obscurit&eacute;, et finalement l'ouverture fut assez grande pour qu'elles pussent regarder dehors.</FONT> <br>[G2,p.383]</blockquote></p><p>Ici le couple 7/3 est li&eacute; &agrave; un double passage&nbsp;: &agrave; travers le temps (7 ans et 3 jours) et &agrave; travers l'espace (la travers&eacute;e du mur de la tour qui s&eacute;parait l'obscurit&eacute; du monde de la lumi&egrave;re). Noter &eacute;galement que cette r&eacute;clusion, qui &eacute;tait totale, se traduit par une s&eacute;paration 'du ciel et de la terre' (perte de tout rep&egrave;re) et qu'il faudra trois jours pour l'abolir.<br>Au passage, notons que les deux femmes emmur&eacute;es n'entendent ni ne voient quoique ce soit tout comme Bilbo qui 'n'entendait rien, ne voyait rien, et (...) ne pouvait rien sentir que la pierre du sol' (p.75).<br>Est-ce le hasard &eacute;galement si le chiffre sept est associ&eacute;, par trois fois, &agrave; la travers&eacute;e de l'espace (7 collines sont 'franchies') par la reine jalouse dans <I>Blancheneige&nbsp;</I>?</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Ainsi d&eacute;guis&eacute;e, elle franchit les sept montagnes derri&egrave;re lesquelles vivaient les sept nains. <br>(...)Elle franchit ainsi les sept montagnes en direction de la maison des sept nains. (...)Ainsi transform&eacute;e, elle franchit les sept montagnes pour aller chez les sept nains.</I></FONT><br>[G1, p.90-93]</blockquote></p><p><B>(b)</B> Ainsi, dans le conte de Grimm pr&eacute;c&eacute;dent, nous constatons sur un exemple (parmi tant d'autres&nbsp;!) que le troisi&egrave;me jour est bien le jour de l'accomplissement, de la fin d'un effort.<br>Tout comme dans <I>Bilbo le Hobbit</I>&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">En deux jours de voyage, ils avaient remont&eacute; &agrave; la rame tout le Long Lac et pass&eacute; par la Rivi&egrave;re Courante, et maintenant ils pouvaient tous voir la Montagne Solitaire, dress&eacute;e haute et mena&ccedil;ante devant eux. Le courant &eacute;tait fort, et leur allure lente. <B>&Agrave; la fin du troisi&egrave;me jour</B>, &agrave; quelques milles en amont, ils se rapproch&egrave;rent de la rive gauche ou ouest et d&eacute;barqu&egrave;rent.<br></I></FONT>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, XI.Au seuil de la porte, p.209]</blockquote></p><p><B>(c)</B> la notion de passage d'un monde &agrave; l'autre, de s&eacute;paration entre deux mondes est aussi commune aux univers des fr&egrave;res Grimm et de Tolkien.<br>Dans <I>Hansel et Gretel</I> ou bien dans <I>Le Griffon</I>, le monde 'civilis&eacute;' est s&eacute;par&eacute; du monde t&eacute;n&eacute;breux (respectivement la for&ecirc;t ensorcel&eacute;e de la sorci&egrave;re, la maison du griffon) par une rivi&egrave;re. Dans <I>Les souliers de bal us&eacute;s</I>, c'est un lac souterrain qu'il faut traverser pour aller sur l'autre rive et entrer dans un monde magique o&ugrave; tout n'est que bal, musique et champagne. Enfin, dans Le diable aux trois cheveux d'or, 'l'enfant n&eacute; coiff&eacute;' doit traverser une rivi&egrave;re pour trouver...'l'entr&eacute;e de l'enfer' [G2, p.116]&nbsp;!<br>La citation de la note pr&eacute;c&eacute;dente confirme qu'il en va de m&ecirc;me dans Bilbo le Hobbit&nbsp;: pour arriver &agrave; la Montagne Solitaire, repaire du dragon Smaug, il faut passer sur l'autre rive de la Rivi&egrave;re Courante&nbsp;!<br>Ce motif de la travers&eacute;e d'une &eacute;tendue liquide comme moyen de passage vers un autre monde, en fait, appara&icirc;t d&egrave;s le d&eacute;but du conte puisqu'on apprend que l'univers douillet de Bilbo, la Colline, est s&eacute;par&eacute; du monde de Gandalf, monde dans lequel le magicien vit toutes ses fabuleuses (et dangereuses) aventures, par une rivi&egrave;re, l'Eau&nbsp;[67] :</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">[Gandalf] n'&eacute;tait pas pass&eacute; par ce chemin au pied de la Colline depuis des &eacute;ternit&eacute;s, en fait, pas depuis la mort de son ami le Vieux Took, et les hobbits avaient presque oubli&eacute; son aspect. Il &eacute;tait parti au-del&agrave; de la Colline et <B>de l'autre c&ocirc;t&eacute; de l'Eau</B> pour des affaires personnelles &agrave; l'&eacute;poque o&ugrave; ils n'&eacute;taient que des petits hobbits et des petites hobbites. </I></FONT><br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.10] </blockquote></p><p><B>(d)</B> &Agrave; trois autres occasions, le chapitre XI de <I>Bilbo le Hobbit</I>, <I>Au seuil de la porte</I>, associe le motif de la rivi&egrave;re et celui de la montagne (la Rivi&egrave;re Courante et l'Erebor) [Bilbo le Hobbit, p.210, 211 et 212]. Or, l'Erebor est la Montagne Solitaire qui contient le tr&eacute;sor fabuleux de Smaug, fait d'&nbsp;"&nbsp;une masse de choses pr&eacute;cieuses, or travaill&eacute; et or brut, pierres et joyaux, et argent&nbsp;" [Bilbo le Hobbit, p.222]. De plus, cette Montagne est &agrave; juste titre revendiqu&eacute;e par Thor&iuml;n &Eacute;cu-de-Ch&ecirc;ne, roi de la Maison de Durin&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Sous la Montagne sombre et haute<br>Le roi est venu dans son ch&acirc;teau<br>(...)<br>Le cœur est vaillant qui surveille l'or&nbsp;;<br>Les nains n'endureront plus de torts.<br>(...)<br>Le tr&ocirc;ne de la montagne une fois encore est lib&eacute;r&eacute;&nbsp;!<br>(...)<br>Ici aux Portes le roi vous attend,<br>Ses mains sont charg&eacute;es de joyaux et d'or.<br>Le roi est revenu dans son ch&acirc;teau<br>Sous la Montagne sombre et haute<br>Le Ver de la Terreur est abattu et mort,<br>Et toujours ainsi tomberont nos ennemis&nbsp;!<br></I></FONT>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.271-272]</blockquote></p><p>Comment ne pas reconna&icirc;tre, m&ecirc;me si le propos des fr&egrave;res Grimm diff&egrave;re de celui de Tolkien, la r&eacute;union de ces 7 motifs (rivi&egrave;re qui s&eacute;pare deux mondes, montagne aux pieds de la rivi&egrave;re, or, ch&acirc;teau, roi, retour du roi, mort des usurpateurs) dans le conte <I>Le roi de la Montagne d'or</I>&nbsp;?</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">(...) le fils serait abandonn&eacute; au fleuve. Alors, il dit adieu &agrave; son p&egrave;re, monta dans une petite barque (...) elle flotta tant et si bien qu'elle finit par &eacute;chouer sur un rivage inconnu. Alors, il descendit &agrave; terre, vit devant lui un beau ch&acirc;teau et y porta aussit&ocirc;t ses pas. (...) tout le ch&acirc;teau exulta et fut en liesse (...) et il devint roi de la Montagne d'or. <br>(...) &Agrave; son r&eacute;veil, il se trouva tout abandonn&eacute; (...)<br>Quand il eut les trois choses, il (...) dit &agrave; part soi&nbsp;: "&nbsp;Ah que ne suis-je sur la Montagne d'or&nbsp;!&nbsp;" Et aussit&ocirc;t il disparut aux yeux des g&eacute;ants (...)<br>Puis il se rendit visible et alla crier dans la salle&nbsp;: "&nbsp;La noce est finie, le vrai roi est revenu&nbsp;!&nbsp;" Les rois, les princes et les conseillers qui y &eacute;taient rassembl&eacute;s le tourn&egrave;rent en d&eacute;rision et le raill&egrave;rent&nbsp;: mais lui parla bref et dit&nbsp;: "&nbsp;Voulez-vous sortir, oui ou non&nbsp;?&nbsp;" Alors ils tent&egrave;rent de s'emparer de lui et l'encercl&egrave;rent, mais il retira son &eacute;p&eacute;e et dit&nbsp;: "&nbsp;Abats toutes les t&ecirc;tes, sauf la mienne.&nbsp;" Alors toutes les t&ecirc;tes roul&egrave;rent par terre et ils resta seul ma&icirc;tre et redevint le roi de la Montagne d'or.<br></I></FONT>[<I>Le roi de la Montagne d'or</I>, G2, p.248, 249-250]</blockquote></p><p><B>(e)</B> Sur les quarante occurrences de l'adjectif 'pauvre' dans le texte entier, une seule seulement est utilis&eacute;e pour caract&eacute;riser un manque de richesse (appliqu&eacute;e au nains, bien s&ucirc;r&nbsp;; p.30)&nbsp;; les trente-neuf restantes, marquant l'intervention du conteur, ont pour fonction de provoquer la compassion ou le sourire du lecteur et de cr&eacute;er une connivence avec le conteur. Quatre d'entre elles se trouvent dans le seul chapitre <I>&Eacute;nigmes dans l'Obscurit&eacute;</I> (r&eacute;f&eacute;rences en gras ci-apr&egrave;s), toutes appliqu&eacute;es &agrave; Bilbo.<br />Ainsi, dans <I>Bilbo le Hobbit</I>, on peut &ecirc;tre 'pauvre' parce qu'on est&nbsp;:</p><p><blockquote>* petit&nbsp;: 'le Pauvre petit hobbit' [p.16, <B>97</B>], '(le) pauvre petit bonhomme' [p.45 x2, p.220], ses pauvres petits pieds [p.45]),<br>* idiot&nbsp;: 'Bilbo, pauvre idiot&nbsp;!' [p.235]), <br>* vieux&nbsp;: 'Ce pauvre vieux Baggins' [p.311], 'le pauvre vieux Bombur' [p.171,172,294]<br>* gros&nbsp;: 'le pauvre Bombur, qui &eacute;tait gros' [p.74], 'L'araign&eacute;e se dirigea vers le plus gros de ces paquets - " C'est ce pauvre Bombur, je parie ", pensa Bilbo' [p.166], 'le pauvre gros Bombur' [p.202].</blockquote></p><p>Des nains [p.170, 195,197], des oiseaux [p.114] ou des b&ecirc;tes [p.226] peuvent &ecirc;tre 'pauvres'. De m&ecirc;me pour un pied [p.45], des orteils [p.<B>95</B>] ou des jambes [p.116 x2], tant se d&eacute;placer en Terre-du-milieu n&eacute;cessitait une constitution solide...<br />Mais avant tout, c'est le h&eacute;ros de l'aventure, qui est qualifi&eacute; de 'pauvre', le malheureux &eacute;tant d&eacute;sign&eacute; de toutes les mani&egrave;res possibles&nbsp;:</p><p><blockquote>* Le pauvre M.Baggins (p.17,74,156,182)<br>* Le pauvre Bilbo Baggins (p.23)<br>* Le pauvre Bilbo (p.23,44,68,73,<B>84,85</B>, 108,115,233,284)<br>* Le pauvre Baggins (p.36)<br>* Ma pauvre personne (p.216)</blockquote></p><p>La m&egrave;re m&ecirc;me de Bilbon, madame Belladone Baggins, est qualifi&eacute;e de 'pauvre Belladone'&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Indeed for&#160; your&#160; old grand-father&#160; Took's sake, and for&#160; the sake of poor Belladonna, I will give you what you asked for.<br></I></FONT>=<FONT COLOR="#000080"> En consid&eacute;ration de votre vieux grand-p&egrave;re Took et de cette pauvre Belladone, je vous accorderai ce que vous m'avez demand&eacute;.<br></FONT>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.12]</blockquote></p><p>Or &agrave; peine quelques pages plus haut, la m&egrave;re de Bilbo nous est pr&eacute;sent&eacute;e comme &eacute;tant&nbsp;'<I>la fameuse Belladone Took, l'une des trois remarquables filles du Vieux Took</I>' (p.8) et, devenue Mme Bungo Baggins, on apprend que son mari Bungo '<I>construisit pour elle (en partie avec son argent) le plus luxueux des trous de hobbit qui se p&ucirc;t voir sous la colline</I>' (p.9). Belladone est loin d'&ecirc;tre 'pauvre'... <br>Ceci prouvait d&egrave;s le d&eacute;but du conte le caract&egrave;re artificiel de la formule 'pauvre Bilbo' sous la plume de Tolkien. Ou bien, comme pour le cas de Belladone [68], la douce ironie du conteur.<br>L'ironie mise &agrave; part, cette mani&egrave;re de qualifier la situation malheureuse d'une personne se rencontre dans les contes de Grimm (m&ecirc;me si l'acception relative &agrave; une situation mis&eacute;reuse est plus fr&eacute;quente). On la trouve, par exemple dans l'introduction de <I>Dame Holle</I>&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Une veuve avait deux filles dont l'une &eacute;tait belle et industrieuse, l'autre laide et paresseuse. Mais elle pr&eacute;f&eacute;rait la laide et paresseuse, parce qu'elle &eacute;tait sa vraie fille, et l'autre devait faire tout le travail et jouer la Cendrillon dans la maison. <B>La pauvre fille</B> devait chaque jour s'asseoir au bord de la grand-rue pr&egrave;s d'un puits et filer au point que le sang lui sortait des doigts.</I></FONT> <br>[G3, p.28]</blockquote></p><p>Ou encore, dans <I>Le vieux Sultan</I>&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Un paysan avait un chien fid&egrave;le qui s'appelait Sultan, qui &eacute;tait devenu vieux et avait perdu toutes ses dents (...) "&nbsp;Demain , je tuerai le vieux Sultan d'un coup de fusil, il n'est plus bon &agrave; rien.&nbsp;" (...)<br><B>Le pauvre chien</B> qui non loin de l&agrave; gisait au soleil avait tout entendu et &eacute;tait triste que le lendemain f&ucirc;t son dernier jour.</I></FONT> <br>[G3, p.50]</blockquote></p><p>Noter comme le pauvre chien l'est parce qu'il est vieux...<br>Enfin, un troisi&egrave;me exemple parmi d'autres [69] :</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Un jour <B>une pauvre servante</B> avec ses ma&icirc;tres traversait en voiture une grande for&ecirc;t et, quand ils furent au milieu, des brigands sortirent des fourr&eacute;s et tu&egrave;rent tout ce qu'ils trouv&egrave;rent. Alors tous p&eacute;rirent sauf la fille qui dans sa peur avait saut&eacute; &agrave; bas de la voiture et s'&eacute;tait cach&eacute;e derri&egrave;re un arbre. (...) Alors elle se mit &agrave; pleurer am&egrave;rement et dit&nbsp;: "&nbsp;<B>Pauvre fille</B>, que faire&nbsp;?&nbsp;"</I></FONT> <BR>[<I>La vieille dans la for&ecirc;t</I>, G3, p.135]</blockquote></p><p><B>(f)</B> Dans <I>L'&Eacute;nigme</I>, la sorci&egrave;re 'feint d'&ecirc;tre amicale' (= <I>pretending to be friendly</I>). Nous avons d&eacute;j&agrave; not&eacute; ce point de contact avec <I>&Eacute;nigmes dans l'Obscurit&eacute;</I>&nbsp;; seulement, je voulais ajouter qu'on retrouve le motif de l'hypocrisie malfaisante dans le <I>Conte du Gen&eacute;vrier </I>si cher &agrave; Tolkien&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Quand le petit gar&ccedil;on parut &agrave; la porte, la m&eacute;chante fit semblant de lui dire gentiment&nbsp;: "&nbsp;Mon fils, veux-tu avoir une pomme&nbsp;?&nbsp;" et lui jeta un regard sombre.</I></FONT> <br>[G3, p.39]</blockquote></p><p><B>(g)</B> Au tout d&eacute;but d'<I>&Eacute;nigmes dans l'obscurit&eacute;</I>, Bilbo, seul et perdu, se laisse aller au d&eacute;sespoir&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Il n'alla pas beaucoup plus loin, mais s'assit sur le sol froid pour s'abandonner un long moment &agrave; un complet d&eacute;sespoir. Il se vit en train de faire frire des œufs au lard dans sa cuisine, &agrave; la maison (...)&nbsp;; ce qui ne fit que le rendre plus mis&eacute;rable encore.<br></I></FONT>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.75]</blockquote></p><p>Le passage du h&eacute;ros par une p&eacute;riode de profond abattement est fr&eacute;quent dans les contes de Grimm&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Le soldat songeait &agrave; la grande d&eacute;tresse o&ugrave; il se trouvait (...)</I></FONT> <br>[<I>L'homme &agrave; la peau d'ours</I>, G3,p.87]</blockquote><br /><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">(...) quand il vit combien il avait peu avanc&eacute; et que tout son travail se r&eacute;duisait pour ainsi dire &agrave; rien, il fut pris d'une grande tristesse et perdit tout espoir.</I></FONT> <br>[<I>L'Oiseau d'or</I>, G2, p.164]</blockquote></p><p><B>(h)</B> Parmi ces passages o&ugrave; l'on rencontre le h&eacute;ros d&eacute;sempar&eacute;, le suivant va nous permettre d'aller plus loin&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Le pauvre soldat tomba sans se faire de mal sur le sol humide, et <B>la lumi&egrave;re bleue</B> continua de br&ucirc;ler, mais &agrave; quoi cela pouvait-il lui servir&nbsp;? Il voyait bien qu'il n'&eacute;chapperait pas &agrave; la mort. <U>Il resta l&agrave; un moment, tout triste</U>, puis, par hasard il mit la main <B>dans sa poche</B> et trouva <B>sa pipe</B> <B>encore </B>&agrave; moiti&eacute; bourr&eacute;e de <B>tabac.</B> "&nbsp;&Ccedil;a sera mon dernier plaisir&nbsp;", se dit-il&nbsp;; il la sortit, l'alluma &agrave; <B>la lumi&egrave;re bleue</B> et se mit &agrave; fumer. Mais comme la lumi&egrave;re se r&eacute;pandait dans son trou, voil&agrave; que soudain un petit homme noir se trouva devant lui et lui demanda&nbsp;: "&nbsp; Ma&icirc;tre qu'ordonnes-tu&nbsp;?&nbsp;"<br></I></FONT>[<I>La lumi&egrave;re bleue</I>, G2, p.279-280]</blockquote></p><p>Je ne peux pas croire que, l&agrave; encore, l'accumulation des d&eacute;tails communs &agrave; la petite unit&eacute; litt&eacute;raire d'un chapitre de Bilbo le Hobbit (ici, 'notre chapitre', <I>&Eacute;nigmes dans l'Obscurit&eacute;</I>) soit fortuite&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Au bout d'un moment, il chercha sa <B>pipe</B>. Elle n'&eacute;tait pas bris&eacute;e, c'&eacute;tait d&eacute;j&agrave; quelque chose. Puis il chercha sa blague ; elle contenait <B>encore du tabac</B>, ce qui &eacute;tait encore mieux. Apr&egrave;s quoi, il chercha des allumettes, mais n'en trouva point, et <U>cette absence le d&eacute;couragea totalement.</U> Mais cela valait aussi bien, il en convint quand il retrouva son sang-froid. Dieu sait ce que la lueur d'allumettes et l'odeur du tabac auraient pu faire sortir des trous noirs de cet horrible endroit. <U>Il ne s'en sentit pas moins accabl&eacute; sur le moment. </U>Toutefois, <B>en t&acirc;tant toutes ses poches</B> et en cherchant partout sur lui des allumettes, sa main tomba sur la garde de son &eacute;p&eacute;e - (...)<br>Il la sortit alors. Elle jeta un &eacute;clat p&acirc;le et terne&nbsp;: "&nbsp;Elle a donc une lame elfique, elle aussi, pensa-t-il&nbsp;; et les gobelins ne sont pas tr&egrave;s pr&egrave;s, mais cependant pas assez loin.&nbsp;"<br></I></FONT>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.76]</blockquote></p><p>L'obscurit&eacute;, le d&eacute;couragement, la pipe, le tabac, les poches, la lumi&egrave;re bleue associ&eacute; &agrave; un objet/&ecirc;tre magique et protecteur... <br>Certes, la lueur de Dard, l'&eacute;p&eacute;e de Bilbo, n'est pas qualifi&eacute;e de bleut&eacute;e, mais le lecteur attentif ne peut pas l'imaginer autrement&nbsp;puisqu'il s'agit d'une 'lame elfique, elle aussi' : le couteau de Bilbo a &eacute;t&eacute; trouv&eacute; avec d'autres lames de Gondolin (p.50.59), dont Glamdring, devenue l'&eacute;p&eacute;e de Gandalf&nbsp;; or l'action magique de cette lame elfique est d&eacute;crite &agrave; peine quatre pages avant notre texte&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Il tira de nouveau son &eacute;p&eacute;e et de nouveau elle lan&ccedil;a d'elle-m&ecirc;me un &eacute;clair dans l'obscurit&eacute;. Quand des gobelins se trouvaient dans les parages, elle flambait avec une rage qui la faisait &eacute;tinceler ; &agrave; pr&eacute;sent, <B>elle brillait d'une flamme bleue</B> de joie d'avoir tu&eacute; le grand seigneur de la cave. <br></I></FONT>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.72]</blockquote></p><p>Enfin, Tolkien l'imaginait bleut&eacute;e puisque c'est ainsi qu'il la d&eacute;crit dans le <I>Seigneur des Anneaux</I> [VI. La Lothlorien, p.377]&nbsp;: <I><FONT COLOR="#000080">Il d&eacute;gaina Dard: celle-ci &eacute;tincela comme une flamme<B> bleue</B>; puis la lueur s'&eacute;vanouit de nouveau, et l'&eacute;p&eacute;e reprit son aspect terne.</I></FONT></p><p><B>(i)</B> Le regard vert de Gollum traduisant sa col&egrave;re et sa soup&ccedil;onneuse convoitise a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; relev&eacute; et expliqu&eacute;, mais cela ne nous emp&ecirc;che pas de rappeler le conte de Grimm qui lie &eacute;troitement la couleur verte avec la jalousie, <I>Blancheneige</I>, conte de la jalousie par excellence&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">La reine en fut &eacute;pouvant&eacute;e. Elle devint jaune et verte de jalousie. &Agrave; partir de l&agrave;, chaque fois qu'elle apercevait Blancheneige, son cœur se retournait dans sa poitrine tant elle &eacute;prouvait de haine &agrave; son &eacute;gard. La jalousie et l'orgueil croissant en elle comme mauvaise herbe. Elle en avait perdu le repos, le jour et la nuit.</I></FONT> <br>[G1, p.87]</blockquote><br /><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Elle savait que la jalousie ne lui laisserait aucun repos.</I></FONT> <br>[G1, p.90]</blockquote><br /><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Et son cœur jaloux trouva le repos, pour autant qu'un cœur jaloux puisse le trouver.</I></FONT> <br>[G1, p.93]</blockquote></p><p><B>(j)</B> Dans de nombreux contes, les sorci&egrave;res, accul&eacute;es et furieuses de leur &eacute;chec, ne trouvent pas d'autre moyen que d'exprimer leur m&eacute;chancet&eacute; par des injures&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">La m&eacute;chante femme prof&eacute;ra un affreux juron (...)</I></FONT> <br>[<I>Blancheneige</I>, G1, p.95]</blockquote><br /><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Quand [la magicienne] vit Joringel, elle fut tr&egrave;s, tr&egrave;s f&acirc;ch&eacute;e, jura, cracha du poison et de la bile contre lui (...)</I></FONT> <br>[<I>Jorinde et Joringel</I>, G3, p.56]</blockquote><br /><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Alors la sorci&egrave;re fut prise de fureur </I></FONT><br>[<I>La lumi&egrave;re bleue</I>, G2, p.279]</blockquote></p><p>De quoi nous rappeler les r&eacute;actions de Gollum, '&nbsp;<I><FONT COLOR="#000080">jurant et chuchotant</I>'</FONT> (p.91), '<I><FONT COLOR="#000080">sifflant et jurant</I></FONT>' (p.93), avec '<I><FONT COLOR="#000080">au cœur une telle rage caus&eacute;e par sa perte et ses soup&ccedil;ons'</I></FONT> (p.90).</p><p><B>(k)</B> Dans les contes, une r&egrave;gle tacite est que 2 &eacute;checs doivent &ecirc;tre suivis d'une 3<SUP>&egrave;me</SUP> tentative fructueuse&nbsp;(en faire l'inventaire serait fastidieux, mais nous avons d&eacute;j&agrave; rencontr&eacute; une application de cette r&egrave;gle dans <I>Le Lapin</I>&nbsp;; cf. X.3.2)&nbsp;; or, une telle r&egrave;gle se retrouve &eacute;nonc&eacute;e deux fois dans <I>Bilbo le Hobbit&nbsp;</I>:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">"&nbsp; Allons, allons ! dit-il. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir ! comme disait mon p&egrave;re, et " <B>troisi&egrave;me fois rapporte pour toutes </B>". Je vais descendre encore dans le tunnel. " J'ai &eacute;t&eacute; &agrave; deux reprises par l&agrave;, sachant qu'il y avait un dragon &agrave; l'autre bout ; je vais donc risquer <B>une troisi&egrave;me visite</B>, (...)&nbsp;"<br></I></FONT>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, XII. Sortis, p.242] [cf. aussi p.219]</blockquote></p><p><B>(l)</B> Il est caract&eacute;ristique que les h&eacute;ros de Tolkien comme ceux des fr&egrave;res Grimm accumulent les aventures et d&eacute;couvertes dans les profondeurs de la terre.<br>Chez Tolkien, Gobelins, Gollum et Smaug se rencontrent '<I>sous la montagne</I>'. Bilbo doit, pour les rejoindre '<I>descendre de fa&ccedil;on constante</I>' (p.77), prendre des '<I>tunnels</I>', '<I>descendant toujours</I>' (p.77)&nbsp;; cette descendre pouvant conduire &agrave; un lac souterrain (p.78).<br>On retrouve de telle descentes dans des puits, tunnels, escaliers souterrains dans <I>Les souliers au bal us&eacute;s</I> (dans lequel le h&eacute;ros descend, invisible gr&acirc;ce &agrave; un manteau, jusqu'&agrave; un lac souterrain...), <I>La lumi&egrave;re bleue</I> [G2,p.279], <I>Les trois Plumes</I> [G4, p.74-79], etc...</p><p><B>(m) </B>Gandalf souhaite la chance &agrave; ses amis (p.52,145,147), de m&ecirc;me qu'Elrond (p.62), B&eacute;orn (p.141) ou Bal&iuml;n (p.301).<br>Mais ce qui compte, c'est que Bilbo la poss&egrave;de&nbsp;! Ainsi, &agrave; plusieurs reprises, il est '<I>sauv&eacute; par pure chance</I>' (p.85,162,164) parce que '<I>la chance est avec lui</I>'(p.175,186,197,219,230), lui qui est '<I>n&eacute; sous une bonne &eacute;toile</I>'(p.165), '<I>dou&eacute; d'une chance qui exc&egrave;de de beaucoup la part habituelle</I>' (p.219)&nbsp;; il le dit lui-m&ecirc;me&nbsp;: '<I>Je suis (...) Porteurdechance</I>' (p.231).</p><p>Avant m&ecirc;me ces multiples r&eacute;f&eacute;rences, Tolkien avait fait &eacute;voqu&eacute; la chance, ce compagnon n&eacute;cessaire des malheureux h&eacute;ros de contes embrigad&eacute;s dans des aventures souvent mortelles : Bilbo, d&egrave;s qu'il reconna&icirc;t Gandalf, se souvient des '<I>si merveilleuses histoires</I>' qu'il lui racontait, histoires qui &eacute;voquaient '<I>la chance inesp&eacute;r&eacute;e de fils de veuves</I>' (p.12).<br>Cette chance qui suit le h&eacute;ros depuis sa naissance&nbsp;se retrouve dans <I>Le diable aux trois cheveux d'or</I>&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">"&nbsp;Ces jours-ci il nous est n&eacute; un enfant coiff&eacute;. Tout ce qu'un enfant de cette esp&egrave;ce entreprend tourne &agrave; son avantage.&nbsp;" (...) "&nbsp;C'est un enfant de la chance, cela ne peut que tourner bien pour lui.&nbsp;"<br>(...) "&nbsp;je sais tout&nbsp;" r&eacute;pondit le favori de la fortune.<br>(...) la vieille (...) rendit sa forme humaine &agrave; l'enfant de la chance.<br>(...) Enfin, l'enfant de la chance arriva chez lui (...)<br></I></FONT>[G2, p.111,115,118,119]</blockquote></p><p><B>(n)</B> Plusieurs contes de Grimm reposent sur la r&eacute;solution d'&eacute;nigmes dont l'enjeu peut &ecirc;tre vital. Nous avons vu, en X.3.2, l'exemple de <I>L'&eacute;nigme</I>, mais des &eacute;nigmes apparaissent &eacute;galement, et sous une forme triple, dans <I>Le Griffon</I> , <I>Le diable aux trois Cheveux d'or</I> et <I>Le diable et sa grand-m&egrave;re</I>, trois contes de factures similaires quant &agrave; la ruse qui permet de r&eacute;soudre les trois &eacute;nigmes.</p><p><B>(o)</B> de nombreux contes voient des personnages (positifs) devenir oiseaux&nbsp;; dans d'autres, les h&eacute;ros sont compar&eacute;s &agrave; des oiseaux&nbsp;; ainsi &nbsp;: </p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Alors elle (...) vit ses trois fr&egrave;res chevaucher &agrave; travers champ, on e&ucirc;t dit des oiseaux en vol (...) </I></FONT>[Barbe-Bleue, G3, p.239]<br><I><FONT COLOR="#000080">les douze brigands y entr&egrave;rent et, quand ils le virent, ils rirent et dirent&nbsp;:&nbsp; "&nbsp;Bel oiseau, nous te tenons enfin&nbsp;(...)&nbsp;"</I></FONT> [Le mont Simeli , G3, p.160]</blockquote></p><p>cette m&ecirc;me image se trouve dans la bouche des gobelins (&eacute;quivalents des brigands des fr&egrave;res Grimm) qui recherchent la troupe des nains, Bilbo et Gandalf&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Quinze oiseaux dans cinq sapins,<br>Leurs plumes furent agit&eacute;es par une ardente brise&nbsp;!<br>Mais ce pauvres petits oiseaux n'avaient point d'ailes&nbsp;!<br>Ah&nbsp;! que va-t-on faire de ces dr&ocirc;les de petites choses&nbsp;?<br>Les r&ocirc;tir vives, ou les cuire en rago&ucirc;t dans une marmite,<br>Les frire, les faire bouillir et les manger toutes chaudes&nbsp;?<br></I></FONT>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, VI, p.114]</blockquote></p><p><B>(p)</B> Les objets magiques&nbsp;sont nombreux dans les contes de Grimm. On y rencontre des bagues (= anneau)&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Au moment de la s&eacute;paration, elle lui donna encore une bague magique et dit&nbsp;: "&nbsp;Prends cette bague et mets-l&agrave; &agrave; ton doigt, ainsi tu seras transport&eacute; sur-le-champ o&ugrave; tu le d&eacute;sires (...)&nbsp;"</I></FONT> [<I>Le roi de la montagne d'or</I>, G2, p.245]</blockquote></p><p>Mais aussi bottes, &eacute;p&eacute;es, b&acirc;tons, chevaux, manteaux&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Puis il gravit la montagne de cristal &agrave; cheval et quand il arriva devant le ch&acirc;teau, il &eacute;tait ferm&eacute;&nbsp;: alors il frappa &agrave; la porte avec son b&acirc;ton et elle ne tarda pas &agrave; s'ouvrir. il entra et monta l'escalier jusqu'&agrave; la salle du haut&nbsp;; la jeune fille &eacute;tait l&agrave;, et devant elle, il y avait une coupe d'or pleine de vin. Mais elle ne pouvait le voir, car il avait mis son manteau. Arriv&eacute; devant elle, il retira de son doigt l'anneau qu'elle lui avait donn&eacute; et le jeta dans la coupe, qui se mit &agrave; tinter.</I></FONT> [<I>Le corbeau</I>, G2, p.258]</blockquote></p><p>Ici, le manteau ne peut qu'attirer notre attention car il a le pouvoir de rendre son porteur invisible. Cet objet est quasiment omnipr&eacute;sent chez les fr&egrave;res Grimm, on le trouve dans <I>Le Corbeau</I>, mais aussi dans <I>Le Roi de la Montagne d'Or</I> [G2, p.248-249], <I>Les souliers au bal us&eacute;s</I>, assur&eacute;ment <I>L'&Eacute;nigme </I>(voir X.3.2)... [70]</p><p><B>(q)</B> La finale d'un conte des fr&egrave;res Grimm nous rappelle une aventure de <I>Bilbo le Hobbit</I>&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">"&nbsp;Que convient-il de faire &agrave; quelqu'un qui en a tir&eacute; un autre du lit et l'a jet&eacute; &agrave; l'eau&nbsp;? - Il ne m&eacute;rite rien de mieux, dit la vieille, que d'&ecirc;tre mis dans un tonneau garni de clous que l'on fera rouler du haut de la montagne jusqu'au fleuve.&nbsp;" Alors le roi dit&nbsp;: "&nbsp;Tu as prononc&eacute; ta sentence.&nbsp;" Il fit faire un tonneau semblable et mettre la vieille avec sa fille dedans, puis le fond fut clou&eacute; et le tonneau, d&eacute;gringolant le long de la montagne, roula jusqu'au fleuve.<br></I></FONT>[<I>Les trois nains de la for&ecirc;t</I>, G2, p.]</blockquote></p><p>Il s'agit, bien entendu, de l'&eacute;vasion rocambolesque des nains emprisonn&eacute;s par les Elfes de la for&ecirc;t au chapitre IX, <I>Tonneaux en libert&eacute;</I>&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Quand les <B>tonneau</B>x &eacute;taient vides, les elfes les jetaient par les trappes, ouvraient la grille, et les tonneaux s'en allaient flotter en dansant sur la rivi&egrave;re jusqu'&agrave; ce qu'ils fussent entra&icirc;n&eacute;s par le courant &agrave; un endroit situ&eacute; tr&egrave;s loin en aval, (...)<br>(...)les <B>tonneau</B>x s'&eacute;branlaient vers la noire ouverture et &eacute;taient pouss&eacute;s dans l'eau froide &agrave; quelques pieds en dessous. Certains f&ucirc;ts &eacute;taient r&eacute;ellement vides ; d'autres contenaient chacun un nain soigneusement empaquet&eacute; ; mais ils descendirent tous de m&ecirc;me, un &agrave; un, avec maints chocs et heurts, r&eacute;sonnant sur ceux qui &eacute;taient d&eacute;j&agrave; en bas, claquant dans l'eau, rebondissant sur les parois du tunnel, se cognant les uns les autres, avant de partir en dansant dans le courant.<br></I></FONT>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.185,191]</blockquote></p><p>Et le fait que le conte en question fasse intervenir trois nains n'est pas sans renforcer le parall&egrave;le (m&ecirc;me si cela s'arr&ecirc;te &agrave; leur seule pr&eacute;sence, leurs fonctions dans les deux contes &eacute;tant sans aucun rapport entre elles).</p><p>Il y aurait certainement d'autres points &agrave; relever (parmi lesquels les interventions du narrateur qui s'adresse au lecteur sur un ton paternel comme le "&nbsp;Imaginez sa peur&nbsp;!&nbsp;" au premier paragraphe d'&Eacute;nigme dans l'Obscurit&eacute;), mais il est temps de faire le point.<br>La longue liste pr&eacute;c&eacute;dente n'avait pas pour but de prouver que Tolkien s'est volontairement inspir&eacute; des seuls contes de Grimm que nous avons pr&eacute;sent&eacute;s ou cit&eacute;s&nbsp;; par contre, elle prouve que l'imaginaire de Tolkien s'&eacute;tait nourri de telles r&eacute;f&eacute;rences et que <I>Bilbo le Hobbit</I> avait non seulement des structures caract&eacute;ristiques des contes de Grimm mais faisait &eacute;cho &eacute;galement &agrave; leurs th&eacute;matiques.<br>Ainsi, alors que la trame d'<I>&Eacute;nigmes dans l'Obscurit&eacute;</I> renvoie &agrave; celles de mythes nordiques, sa narration renvoie &agrave; celle des 'contes de f&eacute;es' chers &agrave; Tolkien.<br>Une caract&eacute;ristique suppl&eacute;mentaire et essentielle des contes (leur fonction) appara&icirc;tra en XI.3), mais avant cela, nous reviendrons sur ce qui a provoqu&eacute; le d&eacute;veloppement sur l'influence des contes de Grimm sur la nature et la r&eacute;daction de <I>Bilbo le Hobbit</I>&nbsp;: le r&ocirc;le du chiffre trois dans la structure du chapitre <I>&Eacute;nigme dans l'Obscurit&eacute;</I>.</p><br /><p><small><u>Bibliographie et notes : </u></p><p>[67] Tolkien gardera une affection toute particuli&egrave;re pour ce motif de la rivi&egrave;re qui s&eacute;pare deux mondes dans le <I>Seigneur des Anneaux&nbsp;</I>; il suffit de rappeler comment la Bruinen prot&egrave;ge, par ses flots, Rivendell de ses ennemis (<I>SdA</I>, I.12 Fuite vers le Gu&eacute;, p.241-242), ou comment l'Anduin s&eacute;pare la for&ecirc;t de la Lorien de la For&ecirc;t Noire&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">[Frodon] regarda &agrave; l'est, et il vit tout le pays de la Lorien qui descendait vers la p&acirc;le lueur de <B>l'Anduin, le Grand Fleuve</B>. Il porta les yeux <B>par-del&agrave; la rivi&egrave;re</B>&nbsp;; toute la lumi&egrave;re disparut, et il se trouva de nouveau dans un monde qu'il connaissait. <B>&Agrave; partir du cours d'eau</B>, la terre apparaissait <U>plate et vide</U>, <U>informe et vague</U>, jusqu'&agrave; l'horizon o&ugrave; elle s'&eacute;levait de nouveau comme un mur, <U>sombre et lugubre</U>. Le soleil qui s'&eacute;tendait sur la Lothlorien n'avait aucun pouvoir d'illuminer l'ombre de cette lointaine hauteur.</I></FONT> <br>[<I>SdA</I>, II.6 La Lothlorien, p.384] (au passage, remarquez les termes soulign&eacute;s caract&eacute;ristiques d'une 'triade redondante')</blockquote></p><p>C'est &eacute;galement &agrave; la <I>travers&eacute;e</I> de la Baranduin que Frodo doit&#160; son salut, laquelle travers&eacute;e joue pour Sam un r&ocirc;le identique &agrave; la travers&eacute;e de l'Eau par Bilbo, c'est-&agrave;-dire le passage du confort &agrave; l'aventure &nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Le bac avan&ccedil;ait lentement <B>&agrave; travers la rivi&egrave;re</B>. La rive du Pays de Bouc approcha. Sam &eacute;tait le seul membre du groupe &agrave; n'avoir jamais encore travers&eacute;. Il &eacute;prouvait un curieux sentiment tandis que glissait le lent et clapotant cours d'eau&nbsp;; <B>sa vie ancienne restait derri&egrave;re dans les brumes, la sombre aventure l'attendait en avant.</B> Il sa gratta la t&ecirc;te, souhaitant fugitivement que M. Frodon e&ucirc;t continu&eacute; de vivre en toute tranquillit&eacute; &agrave; Cul-de-Sac. (...)<br>Sur <B>l'autre</B> appontement, (...), on pouvait tout juste distinguer une forme (...) Puis elle rampa ou repartit &agrave; croupetons vers l'obscurit&eacute; au-del&agrave; des lanternes.<br></I></FONT>[<I>SdA</I>,I.5 Une conspiration d&eacute;masqu&eacute;e, p.119]</blockquote></p><p>[68] En effet il y a fort &agrave; parier que Tolkien se moque de 'la fameuse Belladone Took', fille 'remarquable' du Vieux Took, dont 'l'un des anc&ecirc;tres Took avait d&ucirc; &eacute;pouser une f&eacute;e', appartenant &agrave; un clan dont ses membres 'se prenaient &agrave; avoir des aventures' et qui laisse corrompre par son mari Baggins&nbsp;; car une fois mari&eacute;e &agrave; Bungo, 'Mme Bungo Baggins' se vit offrir 'le plus luxueux des trous de hobbit' (un trou quand m&ecirc;me) et 'ils demeur&egrave;rent l&agrave; jusqu'&agrave; la fin de leurs jours'...quelle phrase terrible!&nbsp;!&nbsp; <br>Avec de tels parents, Bilbo - 'qui ressemblait en tout point par les traits et le comportement &agrave; une seconde &eacute;dition de son solide et tranquille p&egrave;re' - ne risquait pas d'&ecirc;tre pris par le virus de l'aventure&nbsp;! [<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.8-9]</p><p>[69] 'Le pauvre aveugle' [Les corneilles, G3, p.247], 'le pauvre soldat' [La lumi&egrave;re bleue, G2, p.279], 'la pauvre fille' [<I>La vraie fianc&eacute;e</I>, G2, p.343&nbsp;; <I>Les trois nains de la for&ecirc;t</I>, G2, p.67]</p><p>[70] Une remarque&nbsp;: dans <I>L'&Eacute;nigme</I>, le manteau de la Princesse est d&eacute;crit comme &eacute;tant un '<I>manteau de brouillard gris</I>'. Ne pourrait-on pas y voir un 'anc&ecirc;tre' litt&eacute;raire des manteaux que Galadriel offre aux membres de la Compagnie&nbsp;?</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>Pour chacun, ils avaient pr&eacute;vu un capuchon et un <B>manteau</B>, fait &agrave; sa taille d'une &eacute;toffe soyeuse, l&eacute;g&egrave;re mais chaude, que tissaient les Galadhrim. La couleur en &eacute;tait difflcile &agrave; d&eacute;finir: ils semblaient <B>gris</B>, avec un reflet du <B>cr&eacute;puscule</B> sous les arbres; mais boug&eacute;s ou plac&eacute;s dans une autre lumi&egrave;re, ils devenaient du vert des feuilles dans l'ombre, du brun des champs en friche la nuit ou de l'argent sombre de l'eau sous les &eacute;toiles. Chaque manteau s'agrafait autour du cou par une broche semblable &agrave; une feuille verte vein&eacute;e d'argent.</i></FONT></blockquote></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>- Sont-ce l&agrave; des <B>manteaux magiques </B>? demanda Pippin, les regardant avec &eacute;tonnement.<br>- (...) vous les trouverez tr&egrave;s utiles pour vous cacher &agrave; la vue d'yeux hostiles, que vous marchiez parmi les pierres ou parmi les arbres.</i></FONT><br>[<I>SdA</I>, II.8 Adieu &agrave; la Lorien, p.404]</blockquote></small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Wed, 17 Jul 2002 22:26:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70993#p70993</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70992#p70992</link>
			<description><![CDATA[<p><small>Voilà qui devrait largement répondre à tes attentes, Beruthiel !:-)<br>...Je me demande si Dumas faisait un chapitre pour l'édition du soir ;-)</small></p><p><br><B><FONT SIZE=3 COLOR="#800000">3.2) <i>Le Lapin</i> et <i>L’&Eacute;nigme</i></B></FONT></p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT></b> Le chiffre 3 est omnipr&eacute;sent dans la plupart des contes et tout particuli&egrave;rement chez les fr&egrave;res Grimm. [Cf ANNEXE II, entre autres pour les r&eacute;f&eacute;rences bibliographiques compl&egrave;tes].</p><p>Dans ces contes, <I>le chiffre trois</I> a de multiples significations, toutes li&eacute;es &agrave; <I>l’absolu /la totalit&eacute;</I>&nbsp;(tout comme le texte biblique auquel les fr&egrave;res Grimm font plusieurs fois allusion dans la r&eacute;daction de leurs contes) :</p><p>* l’absolu divin (la Trinit&eacute; // <I>Les trois Fileuses</I> qui renvoient aux 3 Parques)<br>* l’&eacute;preuve absolue (le triple reniement de Pierre, les 3 tentations du Christ, les 3 jours au tombeau // les trois &eacute;preuves, l’&eacute;preuve pour trois personne, ou trois &eacute;preuves pour trois personnes…)<br>* le temps de l’accomplissement (le ‘troisi&egrave;me’ jour, celui de la r&eacute;surrection comme celui des contes)<br>ce temps peut &eacute;galement &ecirc;tre vu comme la marque du passage d’un monde &agrave; l’autre, d’un &eacute;tat &agrave; un autre (cf. <I>Hansel et Gretel</I> o&ugrave; ‘3 jours s’&eacute;taient d&eacute;j&agrave; pass&eacute;s depuis qu’ils avaient quitt&eacute; la maison paternelle’ est le marqueur temporel du passage de la ‘maison paternelle’ &agrave; ‘la for&ecirc;t ensorcel&eacute;e’).<br>* la personne de l’accomplissement (le ‘troisi&egrave;me’ d’un groupe de trois fils accomplit la qu&ecirc;te ou emporte l’&eacute;preuve)<br>* abondance/absence totale (<I>Hansel et Gretel</I>&nbsp;: ‘ni barque, ni gu&eacute;, ni pont’)<br>* bont&eacute;/malfaisance totale - beaut&eacute;/laideur totale (cf. remarques sur <I>Cendrillon</I> ou <I>Blancheneige</I> en annexe)</p><p>Prenons deux exemples non seulement caract&eacute;ristiques mais qui font &eacute;cho au texte d’<I>&Eacute;nigmes dans l’obscurit&eacute;.</I></p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT></b> Ainsi, le motif de l’autorisation de tripler la derni&egrave;re tentative pour surmonter une &eacute;preuve appara&icirc;t dans un conte des fr&egrave;res Grimm appel&eacute; <I>Le Lapin</I>&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">Il &eacute;tait une fois une fille de roi qui avait dans son ch&acirc;teau, au-dessus des cr&eacute;neaux, une salle &agrave; <B>douze fen&ecirc;tres</B> qui regardaient vers <B>toutes les directions c&eacute;lestes</B>, et quand elle y montait et regardait alentour, elle pouvait embrasser tout son royaume. <br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>1</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Par la <B>premi&egrave;re</B>, elle voyait d&eacute;j&agrave; plus clair que d’autres gens&nbsp;; <br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>2</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">par la <B>seconde</B> encore mieux, <br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>3</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">par la <B>troisi&egrave;me</B> encore plus nettement</FONT><FONT SIZE=2> <br>(B) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">et toujours ainsi de suite jusqu’&agrave; la douzi&egrave;me o&ugrave; elle voyait tout ce qui est sur et sous la terre et o&ugrave; rien ne pouvait lui demeurer cach&eacute;. <br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>1</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Mais comme elle &eacute;tait orgueilleuse, <br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>2</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">ne voulait se soumettre &agrave; personne <br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>3</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">mais garder le pouvoir seule, <br></FONT><FONT SIZE=2>(B) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">elle fit proclamer que personne ne deviendrait son &eacute;poux qui ne pourrait se cacher &agrave; ses yeux de telle sorte qu’elle ne p&ucirc;t le trouver. <br>Mais &agrave; quiconque tentait sa chance et &eacute;tait d&eacute;couvert, elle ferait couper la t&ecirc;te qu’on planterait sur un pieu. Il y avait d&eacute;j&agrave; devant son ch&acirc;teau quatre-vingt-dix-sept pieux surmont&eacute;s de t&ecirc;tes de mort (…)</font></blockquote></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">Alors parurent devant elle <B>trois fr&egrave;res</B> qui d&eacute;clar&egrave;rent qu’ils voulaient tenter leur chance. <br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>1</SUB>) </FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">L’a&icirc;n&eacute;</B> croyait &ecirc;tre &agrave; l’abri, s’&eacute;tant cach&eacute; dans un four &agrave; chaux, mais elle l’aper&ccedil;ut d&egrave;s la premi&egrave;re fen&ecirc;tre, l’en fit extraire et lui fit couper la t&ecirc;te. <br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>2</SUB>) </FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Le deuxi&egrave;me</B> se cacha dans la cave du ch&acirc;teau, mais elle l’aper&ccedil;ut aussi de la premi&egrave;re fen&ecirc;tre, et c’en fut fait de lui&nbsp;: sa t&ecirc;te fut mise sur le <B>quatre-vingt-dix neuvi&egrave;me pieu</B>. <br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>3</SUB>) (a<SUB>1</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Alors <B>le plus jeune</B> se pr&eacute;senta <br></FONT><FONT SIZE=2>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;(a<SUB>2</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">et demanda qu’elle lui accorda un jour de r&eacute;flexion <br></FONT><FONT SIZE=2>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;(a<SUB>3</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">et de bien vouloir <U>lui faire gr&acirc;ce de la vie deux fois, s’il &eacute;chouait&nbsp;; <B>s’il &eacute;chouait pour la troisi&egrave;me fois</B></U>, il ne voulait plus rien de sa vie. <br></FONT><FONT SIZE=2> &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;(b) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Comme il&nbsp;&eacute;tait tr&egrave;s beau et demandait si gentiment, elle dit&nbsp;: &quot;&nbsp;Oui, je veux t’accorder cela, mais tu ne t’en tireras pas.&nbsp;&quot;</FONT></blockquote></p><p>Commentaire&nbsp;: <br /><ul><li> &agrave; ‘toutes les directions c&eacute;lestes’ correspondent les quatre points cardinaux&nbsp;; comme ils sont parfaitement/totalement observ&eacute;s on comprend qu’il y ait 4x3 =12 fen&ecirc;tres d’observation.</li><li> Le second est la 99<SUP>&egrave;me</SUP>&#160; (et derni&egrave;re) personne &agrave; &ecirc;tre d&eacute;capit&eacute;e. Certainement parce que &ccedil;a place le jeune homme &agrave; la 100<SUP>&egrave;me</SUP> position, mais aussi parce que 99 = 33x3</li><li> l’a&icirc;n&eacute; agit une fois (il se cache), &eacute;chec de l’a&icirc;n&eacute;&nbsp;;<br>le deuxi&egrave;me agit une fois (il se cache), &eacute;chec du deuxi&egrave;me&nbsp;;<br>le plus jeune agit trois fois (il se pr&eacute;sente et fait 2 demandes), sursis triple du troisi&egrave;me (il obtient 3 tentatives).</li></ul></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">Le jour suivant (…) il saisit son fusil et alla chasser.<br></FONT>(A) <FONT COLOR="#000080">Il vit un corbeau (…) le corbeau s’&eacute;cria&nbsp;: &quot;&nbsp;Ne tire pas, je te le revaudrait&nbsp;!&quot; <br></FONT><FONT SIZE=2>(A) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">(…) il surprit un grand poisson (…) le poisson s’&eacute;cria&nbsp;: &quot;&nbsp;Ne tire pas, je te le revaudrait&nbsp;!&quot; <br></FONT><FONT SIZE=2>(A) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">(…) [il] rencontra un renard (…) le renard dit&nbsp;: &quot;&nbsp;Laisse cela, je te le revaudrait&nbsp;!&nbsp;&quot;</font></blockquote></p><p>L’&eacute;preuve du plus jeune se d&eacute;roule en trois jours (une tentative par jours).</p><p><blockquote>(A<SUB>1</SUB>) <FONT COLOR="#000080">‘le lendemain’</FONT> [trio Corbeau/ Jeune homme/ Fille de roi]: tentative infructueuse de la part du corbeau pour cacher le jeune homme dans un œuf coup&eacute; en deux&nbsp;plac&eacute; dans son nid : <br>(a) <FONT COLOR="#000080">Quand la fille de roi vint &agrave; la premi&egrave;re fen&ecirc;tre, elle ne put le d&eacute;couvrir,<br></FONT>(b) <FONT COLOR="#000080">ni &agrave; la suivante, et elle commen&ccedil;ait &agrave; s’inqui&eacute;ter,<br></FONT>(c) <FONT COLOR="#000080">mais &agrave; la onzi&egrave;me elle l’aper&ccedil;ut. (…)</FONT></blockquote></p><p><blockquote>(A<SUB>2</SUB>) <FONT COLOR="#000080">‘le jour suivant’</FONT> [trio Poisson/ Jeune homme/ Fille de roi] : tentative infructueuse de la part du poisson pour cacher le jeune homme en l’avalant pour l’emmener au fond du lac: <br>(a) <FONT SIZE=2 COLOR="#000080">la fille de roi regarda par ses fen&ecirc;tres&nbsp;;<br></FONT>(b) <FONT COLOR="#000080">jusqu’&agrave; la onzi&egrave;me elle ne le vit pas et elle &eacute;tait accabl&eacute;e,<br></FONT>(c) <FONT COLOR="#000080">mais enfin &agrave; la douzi&egrave;me</FONT> (1)<FONT COLOR="#000080">elle le d&eacute;couvrit,</FONT> (2) <FONT COLOR="#000080">elle fit prendre le poisson qu’on tua,</FONT> (3) <FONT COLOR="#000080">et le jeune homme apparut.</FONT></blockquote></p><p><blockquote>(A<SUB>3</SUB>) <FONT COLOR="#000080">‘le dernier jour’</FONT> [trio Renard/ Jeune homme/ Fille de roi]: le renard parvient &agrave; cacher le jeune homme en le transformant magiquement en … lapin gr&acirc;ce &agrave; une source dans laquelle il se plonge.</blockquote></p><p>Le renard auparavant transform&eacute; en marchand vent le lapin &agrave; la fille de roi, laquelle, lorsqu’elle observe &agrave; travers ses fen&ecirc;tres merveilleuses, ne voit personne car le lapin s’est cach&eacute;, sur les conseils du renard, sous son chignon.</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">Il courut retrouver le marchand, et tous deux en h&acirc;te all&egrave;rent &agrave; la source o&ugrave; ils se plong&egrave;rent et recouvr&egrave;rent leur vraie apparence. Le jeune homme alors remercia le renard et dit&nbsp;: &quot;&nbsp;Le corbeau et le poisson sont des mazettes aupr&egrave;s de toi, tu sais les bonnes astuces, &ccedil;a c’est vrai&nbsp;!&nbsp;!&quot;<br>Le jeune homme alla droit au ch&acirc;teau. Le fille de roi l’attendait d&eacute;j&agrave; et se rendit &agrave; son destin. Les noces furent c&eacute;l&eacute;br&eacute;es, et il devint roi et ma&icirc;tre de tout le royaume. Il ne lui raconta jamais o&ugrave; il s’&eacute;tait cach&eacute; la troisi&egrave;me fois et qui l’avait secouru, et elle crut ainsi qu’il avait tout fait par son propre savoir-faire, et elle eut pour lui du respect, car elle pensait &agrave; part soi&nbsp;: &quot;&nbsp;Celui-l&agrave; est plus fort que toi&nbsp;!&nbsp;&quot;</FONT><br>[G3, <I>Le Lapin</I>, p.219-223]</blockquote></p><p>Tout le monde aura per&ccedil;u&#160; l’importance de ce texte quant au motif de l’&eacute;preuve finale d&eacute;tripl&eacute;e qui correspond, bien s&ucirc;r &agrave; l’&eacute;nigme <B>E10</B> pour laquelle Bilbo autorise trois r&eacute;ponses [63]. &Agrave; cela, il faudrait ajouter &eacute;galement que la victoire, tout comme pour Bilbo, est obtenue par la ruse (ici, celle du renard) [64] </p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT></b> Sur ce sujet, il existe un parall&egrave;le encore plus int&eacute;ressant, non seulement &agrave; propos du r&ocirc;le des actants [65] mais aussi quant au contenu&nbsp;; il s’agit toujours d’un conte de Grimm, <I>l’&Eacute;nigme</I>, dont voici le r&eacute;sum&eacute;&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">&quot;&nbsp;Il &eacute;tait une fois un jeune homme qui avait fort envie de voyager, et qui d&eacute;cida de partir (…)&nbsp;&quot;</font></blockquote></p><p>Le voyage s’effectue, avec son serviteur, en… <B>trois </B>&eacute;tapes&nbsp;en <B>trois</B> jours :</p><p><blockquote>(A) arriv&eacute;e <U>le premier soir</U> dans une grande <B>for&ecirc;t</B>&nbsp;; il fait &eacute;tape dans la maison d’une sorci&egrave;re. <br>La sorci&egrave;re offre un poison au serviteur&nbsp;; ce poison r&eacute;pandu sur le cheval du serviteur le tue&nbsp;; un corbeau se pose sur la carcasse et commence de le piquer&nbsp;; le serviteur le tue avec l’intention de la garder pour un repas futur.</blockquote></p><p><blockquote>(B) arriv&eacute;e <U>le deuxi&egrave;me soir</U> dans une <B>auberge </B>louche ; le serviteur offre le corbeau au g&eacute;rant qui le cuisine pour lui, douze voleurs mal intentionn&eacute;s et la sorci&egrave;re qui avait l’habitude de fr&eacute;quenter l’endroit. Ces quatorze m&eacute;chantes personnes meurent, empoisonn&eacute;es ‘<FONT COLOR="#000080">car le poison avait pass&eacute;</FONT> (a) <FONT COLOR="#000080">du cheval</FONT> (b) <FONT COLOR="#000080">au corbeau pour finir </FONT>(c) <FONT COLOR="#000080">dans le bouillon</FONT>’.</blockquote></p><p><blockquote>(C) arriv&eacute;e<FONT COLOR="#000080"> ‘<U>apr&egrave;s quelques temps</U>’ </FONT>dans ‘<FONT COLOR="#000080">une <B>ville</B> o&ugrave; vivait une belle mais arrogante Princesse. Elle avait annonc&eacute; que quiconque lui posait une &eacute;nigme qu’elle &eacute;tait incapable de r&eacute;soudre devait devenir son mari, par contre devinait-elle que la personne le payait de sa t&ecirc;te. Elle r&eacute;clamait <B>trois jours</B> pour penser aux &eacute;nigmes, mais elle &eacute;tait si habile qu’elle les devinait invariablement dans un temps plus court. Neuf pr&eacute;tendants avaient d&eacute;j&agrave; perdu la vie lorsque le fils du Roi arriva et qu’il d&eacute;cida, fascin&eacute; par sa beaut&eacute;, de risquer sa vie. Il se pr&eacute;senta devant elle et proposa son &eacute;nigme.<br>&quot;&nbsp;Qu’est-ce&nbsp;cela ?&nbsp;&quot; demanda-t-il&nbsp; &quot;&nbsp;Un n’a occis personne et pourtant il en tua douze.&nbsp;&quot;<br>Elle ne pouvait pas trouver ce que c’&eacute;tait&nbsp;! Elle r&eacute;fl&eacute;chit et r&eacute;fl&eacute;chit et chercha dans tous ses livres d’&eacute;nigmes et de devinettes. Elle ne trouva rien qui put l’aider et ne put deviner. Pour tout dire, elle ne savait plus que faire [= <B>she was at her wits’ end</B> ].</font></blockquote><br /><blockquote><FONT COLOR="#000080">Comme elle ne pouvait penser &agrave; aucun moyen de deviner l’&eacute;nigme, elle ordonna &agrave; sa <U>femme de chambre</U> de se cacher de nuit dans la chambre du Prince et d’&eacute;couter.<br>Elle pensait qu’il pourrait parler &agrave; haute voix dans ses r&ecirc;ves et ainsi trahir son secret. Mais le serviteur habile avait pris la place de son ma&icirc;tre, et lorsque la servante arriva, il arracha le <U>manteau</U> dont elle s’&eacute;tait couverte et la chassa.</font></blockquote><br /><blockquote><FONT COLOR="#000080">La seconde nuit arriv&eacute;e, la Princesse envoya sa <U>dame d’honneur</U>, esp&eacute;rant une meilleure r&eacute;ussite de sa part. Mais le serviteur lui &ocirc;ta son <U>manteau </U>et la chassa &eacute;galement.</font></blockquote><br /><blockquote><FONT COLOR="#000080"><B>La troisi&egrave;me nuit arriv&eacute;e</B>, le fils du Roi pensa qu’il pouvait se sentir en s&eacute;curit&eacute;, aussi il se coucha dans son&nbsp;lit. Mais au milieu de la nuit, <U>la Princesse</U> vint en personne, envelopp&eacute; d’<U>un manteau de brouillard gris</U>, et elle s’assit pr&egrave;s de lui. Lorsqu’elle pensa qu’il &eacute;tait endormi profond&eacute;ment, elle lui parla, esp&eacute;rant qu’il r&eacute;pondrait au milieu de ses r&ecirc;ves comme tant de personnes le font. Mais </FONT>(a)<FONT COLOR="#000080"> il &eacute;tait tout &agrave; fait r&eacute;veill&eacute; pendant toute la dur&eacute;e [de l’interrogatoire] et </FONT>(b)<FONT COLOR="#000080"> il entendit et </FONT>(c)<FONT COLOR="#000080"> comprit tout parfaitement.<br>Alors elle demanda, &quot;&nbsp;Un n’a occis personne – Qu’est-ce donc&nbsp;?&nbsp;&quot; Et il r&eacute;pondit, &quot;&nbsp;Un corbeau qui s’&eacute;tait nourri de la carcasse d’un cheval empoisonn&eacute;.&nbsp;&quot; Elle&#160; poursuivit, &quot;&nbsp;Et pourtant il en tua douze&nbsp;– Qu’est-ce donc&nbsp;?&nbsp;&quot; &quot;&nbsp;Ce sont les douze voleurs qui ont mang&eacute; le corbeau et en sont morts.&nbsp;&quot; Aussit&ocirc;t qu’elle eut connu l’&eacute;nigme elle tenta de s’esquiver, mais il retint son manteau si serr&eacute; qu’elle fut oblig&eacute; de le laisser sur place.</font></blockquote><br /><blockquote><FONT COLOR="#000080">Le lendemain, la Princesse annon&ccedil;a qu’elle avait r&eacute;solu l’&eacute;nigme et envoya chercher les douze juges devant lequel elle affirma sa victoire. Mais le jeune homme demanda audience. Alors il dit, &quot;&nbsp;Elle est venu de nuit pour me questionner&nbsp;; autrement elle n’aurait jamais pu deviner l’&eacute;nigme.&nbsp;&quot; Les juges dirent, &quot;&nbsp;Pr&eacute;sente-nous une preuve.&nbsp;&quot; Alors le serviteur apporta <B>les trois manteaux</B>. Lorsque les juges virent le manteau gris que la Princesse avait l’habitude de porter, ils dirent, &quot;&nbsp;Que ce manteau soit brod&eacute; d’or et d’argent. Il sera ton manteau de mariage.&nbsp;&quot;</font></blockquote></p><p>L&agrave; encore, le r&eacute;cit repose sur un d&eacute;veloppement ternaire et le symbolisme du chiffre 3.<br>Mais il y a plus, au point qu’il me semble certain que Tolkien avait &eacute;galement ce conte en m&eacute;moire lorsqu’il a compos&eacute; <I>&Eacute;nigmes dans l’Obscurit&eacute;</I>.</p><p>En effet, il n’aura &eacute;chapp&eacute; &agrave; personne la mention des neuf pr&eacute;tendants qui ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute; le fils du Roi. Les cons&eacute;quences sont importantes&nbsp;: cela signifie qu’avant l’arriv&eacute;e du fils du Roi, la Princesse avait r&eacute;pondu, avec succ&eacute;s &agrave; neuf &eacute;nigmes et dans ‘un temps plus court’ que trois jours. Par suite, l’&eacute;nigme du fils du Roi devient la dixi&egrave;me, et pour cette seule &eacute;nigme, il faudra trois jours &agrave; la Princesse pour trouver une r&eacute;ponse, non sans utiliser la ruse. Les parall&egrave;les avec notre texte sont flagrants.</p><p>D’autant plus qu’il faudrait ajouter la pr&eacute;sence d’objets magiques (les trois manteaux), chacun procurant certainement le pouvoir d’invisibilit&eacute; &agrave; celui qui le porte (cf. 3.3 ci-apr&egrave;s). On pense tout de suite &agrave; l’anneau. Et le fait que ce soit le visiteur qui pose l’&eacute;nigme &agrave; l’h&ocirc;te et remporte le concours renforce le parrall&egrave;le avec l’aventure de Bilbo.<br>Les points de contact vont jusqu’&agrave; des emprunts d’expressions. <br>Ainsi, en (A), la sorci&egrave;re ‘pr&eacute;tend &ecirc;tre amicale’ [= <I>pretending to be friendly</I>]. Cette hypocrisie ne vous rappelle-t-il pas celle de Gollum qui, lors de sa rencontre avec Bilbo, se ‘fit tr&egrave;s poli’ et ‘d&eacute;sirait para&icirc;tre amical’ (= <I>He was anxious to appear friendly</I>)&nbsp;?<br>De m&ecirc;me en (C), la Princesse, en difficult&eacute; devant l’&eacute;nigme, est d&eacute;crite comme ‘ne sachant plus que faire’ [= <I>she was <B>at her wits’ end</B></I> ]. Le texte d’’Enigmes dans l’Obscurit&eacute; r&eacute;pond comme en &eacute;cho&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>Gollum got into his boat and shot off from the island, while Bilbo was sitting on the brink altogether flummoxed and <B>at the end of his way and his wits</B>.<br></I></FONT>= <br><FONT COLOR="#000080">Gollum monta dans sa barque et partit comme un trait de son &icirc;le, tandis que Bilbo &eacute;tait assis sur le bord, compl&egrave;tement d&eacute;mont&eacute;, au bout de sa route et de son rouleau.</FONT><br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.79]</blockquote></p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT></b> Revenant au sujet principal de cette section, il est assur&eacute;ment manifeste que l’utilisation du chiffre 3 par Tolkien n’est pas gratuite mais remonte bien &agrave; la fonction symbolique que rev&ecirc;t ce chiffre dans les contes, et plus sp&eacute;cifiquement les contes de Grimm. En fait, il faudrait parler de fonctions au pluriel, certaines pour donner du sens au conte (intensit&eacute; de l’&eacute;preuve, &eacute;v&eacute;nement v&eacute;cu dans sa totalit&eacute;, caract&egrave;re pouss&eacute; &agrave; l’ext&ecirc;me), d’autres pour structurer le conte (rythme de la lecture impos&eacute; par des structures ternaires).</p><p>Ainsi, on comprend d&eacute;sormais parfaitement la raison de la triple description de la porte secr&egrave;te de la Montagne Solitaire&nbsp;: </p><p><blockquote>(1) <I><FONT COLOR="#000080">&quot;&nbsp;La porte a cinq pieds de haut et trois peuvent passer de front&nbsp;&quot; disent les runes (…)</I></FONT> [p.27]<br>(2) <I><FONT COLOR="#000080">Il y a l&agrave; des lettres lunaires en plus des simples runes qui disent&nbsp;: &quot;&nbsp;La porte a cinq pieds de haut et trois peuvent passer de front&nbsp;&quot;</I></FONT> [p.60]<br>(3) <I><FONT COLOR="#000080">Une porte de cinq pieds de haut et de trois pieds de large se dessina</I></FONT>. [p.218]</blockquote></p><p>En effet, si la troupe des Nains et Bilbo se lance ‘</FONT><I><FONT COLOR="#000080">dans l’inspection des &eacute;perons Ouest de la Montagne &agrave; la recherche de la porte secr&egrave;te</I></FONT>’, c’est parce que c’est sur elle qu’ils ‘<I><FONT COLOR="#000080">fondaient TOUS leurs espoirs</I></FONT>’ (p.211). Cette porte associ&eacute;e &agrave; un espoir absolu devait donc &ecirc;tre d&eacute;crite &agrave; trois reprises selon les r&egrave;gles symboliques des contes&nbsp;!</p><p><small><br><U>Bibliographie et notes&nbsp;:</U></p><p>[63] Ces remarques et celles, plus importantes, qui vont suivre, loin d’enlever toute valeur aux rapprochements avec les <B>Dits de Vafthr&uacute;dnir</B> ou les <B>&Eacute;nigmes de Gestumblindi</B>, viennent plut&ocirc;t les compl&eacute;ter et prouvent la forte inter-textualit&eacute; qui sous-tend <I>&Eacute;nigmes dans l’Obscurit&eacute;</I>. Ainsi, le motif de la question ou de l’&eacute;preuve d&eacute;tripl&eacute;e apparaissait d&eacute;j&agrave; dans les mythes nordiques, en <I>Gylfaginning</I> 44&nbsp;:</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Gangleri d&eacute;clara alors&nbsp;: &quot;&nbsp;(…) n’est-il jamais advenu &agrave; Th&oacute;rr d’avoir &agrave; affronter quelque chose qui le domin&acirc;t, que ce fut par la force ou la magie&nbsp;?&nbsp;&quot;<br><U>Le Tr&egrave;s-Haut r&eacute;pondit</U>&nbsp;: &quot;&nbsp;Je suppose que peu nombreux sont les hommes capables d’en faire &eacute;tat et, pourtant, Th&oacute;rr s’est trouv&eacute; maintes fois dans une situation difficile. Mais, m&ecirc;me si quelque chose fut si puissant ou pourvu d’une force magique si grande que Th&oacute;rr ne put en triompher, il n’est pas n&eacute;cessaire de le relater, parce qu’il existe de nombreuses preuves de la puissance supr&ecirc;me de Th&oacute;rr et que tous sont tenus d’y croire.&nbsp;&quot;<br>Gangleri dit alors&nbsp;: &quot;&nbsp;Il m’appara&icirc;t que je vous ai pos&eacute; l&agrave; une question &agrave; laquelle personne n’est en mesure de r&eacute;pondre.&nbsp;&quot;<br><U>L’&Eacute;gal du Tr&egrave;s-Haut d&eacute;clara alors</U>&nbsp;: &quot;&nbsp;Nous avons certes entendu relater des &eacute;v&eacute;nements dont il nous semble incroyable qu’ils soient vrais. Mais, ici, tout pr&egrave;s, si&egrave;ge celui qui est capable d’en faire le r&eacute;cit v&eacute;ridique. Et tu dois croire que celui qui jamais n’a menti ne va pas le faire &agrave; pr&eacute;sent pour la premi&egrave;re fois&nbsp;!&nbsp;&quot;<br>Gangleri dit alors&nbsp;: &quot;&nbsp;Je vais donc rester debout [devant vous] et &eacute;couter si une r&eacute;ponse est apport&eacute;e &agrave; cette question. <B>Autrement je vous d&eacute;clarerai vaincus, si vous ne pouvez faire r&eacute;ponse &agrave; mes questions.&nbsp;</B>&quot;<br><U>Le Tiers prit alors la parole</U>&nbsp;: &quot;&nbsp;Il est manifeste &agrave; pr&eacute;sent qu’il veut entendre le r&eacute;cit des &eacute;v&eacute;nements, m&ecirc;me s’ils ne nous semblent pas agr&eacute;ables &agrave; raconter.<br>Le d&eacute;but de ce r&eacute;cit est qu’Aka-Th&oacute;rr partit [un jour] aves ses boucs et son char, en compagnie de l’Ase qui est appel&eacute; Loki …&nbsp;&quot;</I></FONT> [suit le r&eacute;cit de la (m&eacute;s)aventure de Th&oacute;rr au pays d’&Uacute;tgarda-Loki]&nbsp;<br>[11,p.76-77] // [15,p.558-559]</blockquote></p><p>[64] Un autre int&eacute;r&ecirc;t est l’apparition d’un h&eacute;ros qui est li&eacute; au motif du lapin. Rappelons en effet que les hobbits ressemblent dans la sonorit&eacute; de leur nom, dans leur mode de vie et certains aspects de leur physique &agrave; des…lapins (<I>rabbits</I> en anglais). M&ecirc;me si Tolkien s’en est d&eacute;fendu (sans forc&eacute;ment &ecirc;tre de bonne foi), nombre de commentateurs ont relev&eacute; cette image qui est loin d’&ecirc;tre tir&eacute;e par les cheveux comme le montre l’article en ligne de Daniel Coulombe (<I>Bilbo le hobbit&nbsp;: un livre d’enfant pour adultes</I>). <a href="http://www.revue-solaris.com/numero/135_internet.htm<p>" rel="nofollow">http://www.revue-solaris.com/numero/135_internet.htm&lt;p&gt;</a>[65] Pour <I>le Lapin</I>, c’est <U>l’h&ocirc;te</U> (le fille de roi) qui autorise les trois tentatives, alors que pour <I>&Eacute;nigmes dans l’Obscurit&eacute;</I>, c’est Bilbo, <U>le visiteur</U>, qui autorise trois r&eacute;ponses.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Sat, 13 Jul 2002 17:55:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70992#p70992</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70991#p70991</link>
			<description><![CDATA[<p><br><B><FONT size=3 COLOR="#800000">X.3) Tolkien, les contes et les fr&egrave;res Grimm</B></FONT></p><p><B><FONT size=3 COLOR="#800000">3.1) Du conte de f&eacute;es&nbsp;:</B></FONT></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><I>J’avais coutume alors que mes enfants &eacute;taient encore jeunes d’inventer et de raconter, parfois de mettre par &eacute;crit, des ‘histoires pour enfants’ pour leur divertissement personnel – selon les notions qui &eacute;taient alors miennes, et qui le sont encore pour la plupart, de ce &agrave; quoi ces histoires devaient ressembler dans le style et dans l’esprit. (…) Bilbo le Hobbit &eacute;tait destin&eacute; &agrave; &ecirc;tre l’une d’entre elles.</I></FONT> <B>L257</B> [1, p.346]</blockquote></p><p>Tolkien reconna&icirc;t que Bilbo le Hobbit est avant tout une ‘histoire pour enfants’[57], ailleurs il parlera d’‘histoire dr&ocirc;le’ avec les personnages de ‘conte de f&eacute;es’&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><I>M. Baggins </I>[= <I>Bilbo le Hobbit</I>]<I> avait commenc&eacute; comme une histoire dr&ocirc;le chez des Nains de contes de f&eacute;es conventionnels et incons&eacute;quents comme chez Grimm, et s’est vu attirer aux fronti&egrave;res [de cette mythologie]. </I></FONT><B>L19</B> [1,p.26]</blockquote></p><p><b><FONT FACE="Symbol">·</FONT> 1ere remarque&nbsp;:</b> <I>Bilbo le Hobbit</I> est donc un conte. <br>Son r&ocirc;le et sa structure ne peuvent donc qu’&ecirc;tre &eacute;clair&eacute;s par la conception que Tolkien avait des contes de f&eacute;es. Heureusement pour nous, cette conception nous est parvenue dans un essai, <I>Du conte de f&eacute;es</I>, reprise r&eacute;vis&eacute;e (1964) des conf&eacute;rences donn&eacute;es par Tolkien en mars 1939 &agrave; la facult&eacute; de St Andrews.[58]</p><p>Tolkien avoue qu’il "&nbsp;aime les contes de f&eacute;es depuis [qu’il a] appris &agrave; lire&nbsp;" [58,p.133], les qualifiant de l’&nbsp;"&nbsp;une des plus hautes formes de la litt&eacute;rature&nbsp;" [1,p.220]. Ces deux remarques suffisent pour que nous puissions concevoir la connaissance et la compr&eacute;hension que Tolkien avait des contes. [59]</p><p><I>Du conte de f&eacute;es</I> est une premi&egrave;re &eacute;tape pour comprendre la signification du chiffre 3 chez Tolkien. Pour lui, il est manifeste que la structure ternaire est associ&eacute;e au genre du conte. Ainsi, le cinqui&egrave;me chapitre de l’essai pr&eacute;sente en son titre les ‘principales fonctions des contes de f&eacute;es’ (p.191) sur leurs lecteurs&nbsp;; il en d&eacute;nombre…trois&nbsp;: le recouvrement, l’&eacute;vasion, la consolation. Ce n’est pas alors un hasard si pas moins d’une dizaine de triades se trouve dans ce m&ecirc;me chapitre. [60]</p><p>On pourrait penser que ces exemples sont en fait des contre-exemples&nbsp;; cet essai, apr&egrave;s tout, n’est pas un conte, et la pr&eacute;sence de triades rel&egrave;veraient plus d’un trait caract&eacute;ristique de l’<I>&eacute;crivain</I> que de la volont&eacute; ou de l’exp&eacute;rience intuitive du <I>conteur.</I> Pourtant, au moins par deux fois dans ce m&ecirc;me essai, Tolkien unit &eacute;troitement la structure ternaire avec le pouvoir enchanteur des contes de f&eacute;es&nbsp; [61]:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><I>Mais combien puissante, &agrave; quel point stimulante pour la facult&eacute; m&ecirc;me qui la produisit, fut l’invention de l’adjectif&nbsp;! Nul charme, nulle incantation de Fa&euml;rie n’eut plus de pouvoir.(…) D&egrave;s lors que l’on peut emprunter le vert &agrave; l’herbe</I> </FONT>(1), <I><FONT COLOR="#000080">le bleu au ciel</I> </FONT>(2)<I><FONT COLOR="#000080"> et le rouge au sang</I> </FONT>(3)<I><FONT COLOR="#000080">, on a d&eacute;j&agrave; un pouvoir enchanteur (…) </I></FONT>[58, p.153]</blockquote></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><I>Si une histoire dit "&nbsp;il gravit une colline et vit une rivi&egrave;re dans la vall&eacute;e d’en bas&nbsp;" (…)&nbsp;chaque auditeur des mots aura sa propre image, et celle-ci sera faite de toutes les collines, les rivi&egrave;res et les vall&eacute;es qu’il a vues, mais surtout de La Colline</I> </FONT>(1), <I><FONT COLOR="#000080">La Rivi&egrave;re</I> </FONT>(2)<I><FONT COLOR="#000080">, La Vall&eacute;e</I> </FONT>(3) <I><FONT COLOR="#000080">qui furent pour lui la premi&egrave;re incarnation du mot.&nbsp;</I></FONT>[58, p.210]</blockquote></p><p><b><FONT FACE="Symbol">·</FONT> 2nde remarque&nbsp;:</b> Bilbo est non seulement un conte, mais il s’agit d’un conte qui se r&eacute;clame plus particuli&egrave;rement des contes des fr&egrave;res Grimm. <p>Tolkien devait particuli&egrave;rement aimer les contes de Grimm. C’est peut-&ecirc;tre du regret concernant la primaut&eacute; des contes de Perrault devant ceux de Grimm dans l’imaginaire qu’il faut entrevoir dans cette citation&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><I>(…) je suppose, si l’on demandait &agrave; quelqu’un de nommer un hasard un "&nbsp;conte de f&eacute;es&nbsp;" typique, [qu’] il citerait probablement une des productions fran&ccedil;aise, telles que le Chat bott&eacute;, Cendrillon ou Le Petit Chaperon Rouge…les contes de Grimm viendraient peut-&ecirc;tre d’abord &agrave; l’esprit de certains. </I></FONT>[58,p.142]</blockquote></p><p>De plus, les Grimm ont d&ucirc; repr&eacute;senter des mod&egrave;les qui avaient r&eacute;ussi &agrave; concilier les deux passions de Tolkien&nbsp;: les langues et les contes. Si l’enfant que fut Tolkien &eacute;tait simplement enchant&eacute; par la f&eacute;erie des contes de Grimm, le philologue qu’il devint dut admirer le travail de pionnier pour l’&eacute;tude des langues germaniques dont Jacob Grimm, aid&eacute; de son fr&egrave;re Wilhem, fut &agrave; l’origine. Et la rencontre de cet amour pour la f&eacute;erie et les langues se trouve synth&eacute;tis&eacute; dans un petit po&egrave;me que nous avons d&eacute;j&agrave; cit&eacute;&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">J.R.R. Tolkien<br>eut un chat appel&eacute; Grimalkin&nbsp;:<br>Autrefois animal de compagnie de Herr Grimm<br>&Agrave; pr&eacute;sent il lui imposait sa loi. </FONT><B>L309</B>[1,p.398]</blockquote></p><p>La ‘loi’ dont il est question la loi phon&eacute;tique d&eacute;couverte par Jacob Grimm concernant la mutation des consonnes pour les diff&eacute;rentes langues germaniques au cours de la p&eacute;riode pr&eacute;historique de ces langues. [62]<p>L’importance des fr&egrave;res Grimm pour Tolkien transpara&icirc;t &eacute;galement dans <I>Du conte de f&eacute;es</I> qui fait r&eacute;f&eacute;rence &agrave; plusieurs de leurs contes&nbsp;: <I>La Gardeuse d’oies</I> [58,p.157], <I>Le Gen&eacute;vrier</I> [58,p.161-162], <I>Le Roi-Grenouille</I> qualifi&eacute; de "&nbsp;conte de f&eacute;es assez curieux mais bien connu&nbsp;" [58,p.197-198].<br>Ailleurs encore, il fait une r&eacute;f&eacute;rence indirecte au <I>Roi-Grenouille</I>, aux <I>Trois Plumes</I>, lorsqu’il &eacute;crit&nbsp;: "&nbsp;<I><FONT COLOR="#000080">si les hommes ne pouvaient r&eacute;ellement pas faire la distinction entre les grenouilles et les hommes, les contes de f&eacute;es sur les rois des grenouilles n’auraient jamais vu le jour.&nbsp;</I></FONT>" [58,p.185]</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><I>Je garde pr&eacute;sent &agrave; l’esprit la beaut&eacute; et l’horreur de The Juniper Tree (Von dem Machandelbloom) </I>[= Le Genevrier]<I>, avec son exquis et tragique d&eacute;but, l’abominable rago&ucirc;t cannibale, les macabres os, le gai et vengeur esprit-oiseau sortant d’une brume qui s’&eacute;leva de l’arbre&nbsp;; et toujours, pourtant, la saveur principale de ce conte subsistant dans la m&eacute;moire n’&eacute;tait pas la beaut&eacute; ou l’horreur, mais la distance et une grand ab&icirc;me de temps, (…). Pareilles histoires ont &agrave; pr&eacute;sent un effet mythique ou total (qui ne peut &ecirc;tre analys&eacute;), (…)&nbsp;; elles ouvrent une porte sur un Autre Temps, et si on la franchit, f&ucirc;t-ce pour un moment seulement, on se trouve hors de notre temps, hors du Temps m&ecirc;me, peut-&ecirc;tre.</I> </FONT>[58,p.161-162]</blockquote></p><p>Cette citation devrait achever de convaincre de l’attachement de Tolkien aux contes de Grimm. Car ‘<I>l’abominable rago&ucirc;t cannibale</I>’ n’est pas sans renvoyer au cannibalisme de Gollum, hobbit qui aimerait bien faire de Bilbo son repas (cf. la triade&nbsp;: "&nbsp;<I><FONT COLOR="#000080">Est-ce bon, mon tr&eacute;sor&nbsp;? Est-ce juteux&nbsp;? Est-ce d&eacute;licieusement croquant&nbsp;?</I></FONT>&nbsp;" [p.84]). </p><p>Nous allons voir, comme sur l’exemple pr&eacute;c&eacute;dent, que cet attachement se traduit, dans <i>Bilbo le Hobbit</i>, de nombreuses reprises de motifs des contes de Grimm ainsi que de leurs techniques litt&eacute;raires, dont l’utilisation des triades et du chiffre 3.</p><p><small><br><U>Bibliographie et notes&nbsp;:</U></p><p>[57] Tolkien regrettera par la suite cet aspect du texte&nbsp;: <FONT COLOR="#000080">"&nbsp;On m’a &eacute;lev&eacute; en me faisant croire qu’il existait un lien r&eacute;el et particulier entre les enfants et les contes de f&eacute;es. (…) Cette convention &eacute;tait forte.&nbsp;"</font> <B>L215</B> [1,p.298]<p>[58] Tolkien, <I>Du Conte de f&eacute;es</I>, in <I>Fa&euml;rie</I>, &eacute;dtition Pocket 1992.</p><p>[59] C’est en gardant &agrave; l’esprit son humilit&eacute; de professeur et sa philosophie de la Cr&eacute;ance Secondaire qu’il faut lire certains de ses propos sur les contes&nbsp;: <FONT COLOR="#000080">"&nbsp;Je n’ai gu&egrave;re &eacute;t&eacute; qu’un explorateur vagabond (ou un intrus) dans le pays, plein d’&eacute;merveillement <I>mais non de savoir</I>&nbsp;"</font> [58,p.133]</p><p>[60] Ces triades sont&nbsp;:</p><p><blockquote>* ‘<FONT COLOR="#000080">chaque feuille, <I>de ch&ecirc;ne, de fr&ecirc;ne ou d’&eacute;pine</I></FONT>’ [58,p.187], <br>* ‘<FONT COLOR="#000080">la v&eacute;ritable voie pour &eacute;chapper &agrave; pareille lassitude ne se trouve pas dans <I>le bizarre</I> </FONT>(a)<FONT COLOR="#000080">, <I>le biscornu</I> </FONT>(a)<FONT COLOR="#000080"> ou <I>la gaucherie</I></FONT> (a) <FONT COLOR="#000080">voulus&nbsp;; on ne l’obtiendra pas (…) en poursuivant le m&eacute;lange des couleurs de la subtilit&eacute; <I>jusqu’&agrave; la grisaille</I> </FONT>(b) <FONT COLOR="#000080">(…) <I>jusqu’&agrave; la b&ecirc;tise</I></FONT> (b)<FONT COLOR="#000080">, voire <I>jusqu’au d&eacute;lire</I></FONT> (b). <FONT COLOR="#000080">Nous devrions (…) &ecirc;tre derechef saisis (…) par <I>le bleu</I> </FONT>(c)<FONT COLOR="#000080">, <I>le jaune</I></FONT> (c) <FONT COLOR="#000080">et <I>le rouge</I></FONT> (c)’ [58,p.188], <br>*<FONT COLOR="#000080"> ‘[les] objets qui nous un un jour attir&eacute;s par <I>leur &eacute;clat, leur couleur ou leur forme</I>’</FONT> [58,p.189],<br>* ‘<FONT COLOR="#000080">un bon artisan (…) a <I>de l’argile, de la pierre </I>ou<I> du bois</I> une connaissance (…)</FONT>’ [58,p.190]<br>* ‘ <FONT COLOR="#000080">ils seront aussi <I>sensuels, vindicatifs </I>et<I> avides</I> que jamais</FONT>’ [58,p.195]<br>* ‘<I><FONT COLOR="#000080">une auberge</I>, <I>une h&ocirc;tellerie</I> pour voyageurs, <I>le palais</I> d’un roi vertueux et noble</FONT>’ [58,p.196]<br>* ‘<FONT COLOR="#000080">La consolation des contes de f&eacute;es (…) ne d&eacute;nie pas l’existence <I>de la dyscatastrophe, de la peine</I> et <I>de l’&eacute;chec</I></FONT>’ [58,p.199]<br>* ‘<FONT COLOR="#000080">un bon conte de f&eacute;es (…) peut donner &agrave; l’enfant ou &agrave; l’homme qui l’entend (…) <I>un frisson, un battement</I> et <I>une &eacute;l&eacute;vation du cœur</I> proches (…) des larmes</FONT>’ <br>[58,p.199]</blockquote></p><p>[61] Curieusement, c’est dans cet essai que nous trouvons une liste de neuf ‘pouvoirs’ et ‘merveilles’ li&eacute;s aux contes de f&eacute;es&nbsp;:</p><p><blockquote>"&nbsp;<I><FONT COLOR="#000080">Ce fut dans les contes de f&eacute;es que je devinai pour la premi&egrave;re fois le pouvoir des mots et la merveilles des choses, telles que la pierre </I></FONT>(1)<I><FONT COLOR="#000080">, le bois et le fer</I></FONT> (2,3)<I><FONT COLOR="#000080">, l’arbre et l’herbe</I></FONT> (4,5)<I><FONT COLOR="#000080">, la maison et le feu</I></FONT> (6,7)<I><FONT COLOR="#000080">, le pain et le vin</I></FONT> (8,9).&nbsp;" [58, p.190]<br>Mais aussi une liste des sept malheurs v&eacute;ritables trait&eacute;s pour mieux s’en ‘&eacute;vader’ par les contes de f&eacute;es&nbsp;: <br>"&nbsp;<I><FONT COLOR="#000080">Il y a la faim, la soif, la pauvret&eacute;, la douleur, le chagrin, l’injustice, la mort.</I></FONT>&nbsp;" [58,p.196]</blockquote></p><p>[62] Ces mutations, par rapport &agrave; l'indo-europ&eacute;en, consistent dans le passage de consonnes aspir&eacute;es en non aspir&eacute;es, de sonores en sourdes, de sourdes en aspir&eacute;es. Ainsi, la lettre ‘<I>p</I>’ en grec, en latin ou en sanscrit devint ‘<I>f</I>’ en gothique, et ‘<I>b</I>’ ou ‘<I>f</I>’ en Vieux-Haut-Allemand&nbsp;; etc. C’est gr&acirc;ce &agrave; cette loi posant l’&eacute;quivalence entre ‘<I>p</I>’ et ‘<I>f</I>’, ‘<I>t</I>’ et ‘<I>th</I>’ qu’on explique le changement du mot latin ‘<I>pater</I>’ en ‘<I>father</I>’ en anglais.<br>La loi de Jacob Grimm est extr&ecirc;mement importante en phon&eacute;tique. Elle constitue une preuve de la r&eacute;gularit&eacute; des changements phon&eacute;tiques. C'est &agrave; partir de cette loi qu'a pu, en outre, se d&eacute;velopper la phon&eacute;tique historique et compar&eacute;e.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Sat, 13 Jul 2002 17:28:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70991#p70991</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70990#p70990</link>
			<description><![CDATA[<p><small> hew! hew! hew!... ;-)</small><p>S.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Sat, 13 Jul 2002 16:18:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70990#p70990</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70989#p70989</link>
			<description><![CDATA[<p><i><br>> <font size=1>la dernière fournée !</font><br>…<br>> il nous reste à trouver la raison qui a motivé Tolkien.<br></i><p>"la dernière" dans quel sens ? Dernière avant la suivante ou<br>dernière avant des vacances ? Mais tu ne vas pas nous abandonner sur ce suspens insoutenable !<br>Moi je veux savoir <b>pourquoi</b> Tolkien a mis des triades partout, <b>pourquoi</b>, oui, je me demande bien <b>pourquoi</b>…<br><font size=1>Tu faisais référence à Dumas, c'est vrai qu'en bon feuilletoniste tu sais ménager tes effets ;-) </font> <br></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Beruthiel)]]></author>
			<pubDate>Sat, 13 Jul 2002 10:54:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70989#p70989</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70988#p70988</link>
			<description><![CDATA[<p><small> y a pas à dire, une semaine qu'"Espace libre" n'a pas été visité...les vacances sont là.<br>alors, pour les irréductibles...;-)<br>la dernière fournée!</small></p><p><br><B><FONT SIZE=3 COLOR="#800000">X.2) <I>Bilbo le Hobbit</I>, Tolkien et le chiffre 3</B></FONT></p><p>Ni le nombre 10, ni le chiffre 9 ne sont des 'clefs' num&eacute;riques qui structurent la narration (est-il d'ailleurs n&eacute;cessaire de remarquer que ni l'un ni l'autre n'apparaissent dans le texte&nbsp;?).<br>Par contre, le chiffre trois appara&icirc;t explicitement dans le texte, en une position centrale, lorsque Gollum marchande avec Bilbo le nombre de r&eacute;ponses autoris&eacute;es pour <B>E10</B>&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><I>"S-s-s-s-s," hissed Gollum. "It must give us <B>three</B> guesseses, my preciouss, <B>three</B> guesseses."</I><br>S-s-s-s, siffla Gollum. &Ccedil;a doit nous le donner en trois, mon tr&eacute;sor.</FONT><br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.86] [55]</blockquote></p><p>Or, il se trouve que le chiffre trois est le chiffre qui appara&icirc;t le plus grand nombre de fois dans le texte de Bilbo le Hobbit, les chiffres 1 et 2 exclus [Cf. ANNEXE I]</p><p>Ce n'est pas tout&nbsp;: le lecteur rencontre &eacute;galement diff&eacute;rents types de 'triades' narratives. Donnons-en quelques exemples, toutes trouv&eacute;e dans le chapitre qui nous int&eacute;resse, <I>&Eacute;nigmes dans l'Obscurit&eacute;</I>&nbsp;(la traduction fran&ccedil;aise ne rendant parfois pas bien la structure, on a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; citer la version originale&nbsp;; par contre, les r&eacute;f&eacute;rences renvoient toujours &agrave; l'&eacute;dition fran&ccedil;aise du Livre de Poche) :</p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT> Les triades simples&nbsp;AAA</b></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>It's got to ask uss a quesstion, my preciouss, <B>yes</B>, <B>yess</B>, <B>yesss</B>.</i></FONT><br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.85] </blockquote></p><p>Noter les 's' qui doublent puis triplent...</FONT></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>And he was miserable, alone, lost</I><br>Et il &eacute;tait mis&eacute;rable, seul, perdu</FONT><br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.94]</blockquote><br /><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>(...) and there in his hiding-place he kept a few wretched oddments, <br>and one <B>very </B>beautiful thing</i></FONT> (A<SUB>1</SUB>)<FONT COLOR="#000080"><i>, <B>very </B>beautiful</i></FONT> (A<SUB>2</SUB>) <FONT COLOR="#000080"><i>, <B>very</B> wonderful</i></FONT> (A<SUB>3</SUB>) <FONT COLOR="#000080"><i>.<br>He had a <B>ring </B></i></FONT> (B<SUB>1</SUB>) <FONT COLOR="#000080"><i>, a golden <B>ring</B></i></FONT> (B<SUB>2</SUB>)<FONT COLOR="#000080"><i>, a precious <B>ring</B></i></FONT> (B<SUB>3</SUB>).<br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.88]</blockquote></p><p>En comparant les deux triades AAA et BBB, on constate au passage que l'anneau est 'beau' parce qu'il est en 'or' (A<SUB>2 </SUB>// B<SUB>2</SUB>) et surtout qu'il est 'pr&eacute;cieux' parce qu'il est 'merveilleux' (A<SUB>3 </SUB>// B<SUB>3</SUB>), c'est-&agrave;-dire capable de merveilles; le lecteur trouve l&agrave; une indication des pouvoirs de l'anneau avant m&ecirc;me que Bilbo ne les d&eacute;couvre.</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i><B>and</B> I want to get unlost. <B>And</B> I won the game, <B>and </B>you promised.</i></FONT><br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.89]</blockquote></p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT> Les triades en AAA (+B)</b></p><p><blockquote>(A) <FONT COLOR="#000080">He could <B>hear nothing</B>, <br></FONT><FONT SIZE=2>(A)<B> </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">see nothing</B>,</FONT><FONT SIZE=2> <br>(A) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and he could <B>feel nothing</B></FONT><FONT SIZE=2> <br>(B) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">except the stone of the floor.</FONT><br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.75]</blockquote></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">He must <I>fight.</I></FONT><br>&nbsp; &nbsp; <FONT SIZE=2>(A<SUB>1</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">He must stab <B>the foul thing</B>,</FONT><FONT SIZE=2> <br>&nbsp; &nbsp; (A<SUB>2</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">put <B>its</B> eyes out,</FONT><FONT SIZE=2><br>&nbsp; &nbsp; (A<SUB>3</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">kill <B>it</B>.</FONT><FONT SIZE=2> <br>&nbsp; &nbsp; (B)<B> </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">It</B> meant to kill him.<br>No, not a fair <I>fight.</I></FONT><br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.94] (not&eacute;e (<B>T1</B>) par la suite)</blockquote></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><B>It</B> doesn't know, and it can't go far.</FONT><FONT SIZE=2> (A<SUB>1</SUB>)</FONT><br><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">It</B>'s lost itself, <B>the nassty nosey thing</B>. </FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>2</SUB>)<br></FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">It</B> doesn't know the way out.</FONT><FONT SIZE=2> (A<SUB>3</SUB>)<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; </FONT><B><U><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">It</B> said so</U>.</FONT><FONT SIZE=2> (B)</FONT><br><B><U><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">It said</B> so</U>, yes; but it's tricksy.</FONT><FONT SIZE=2> (A'<SUB>1</SUB>)<br></FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">It</B> doesn't <B>say</B> what it means.</FONT><FONT SIZE=2> (A'<SUB>2</SUB>)<br></FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">It</B> won't <B>say</B> what it's got in its pocketses.</FONT><FONT SIZE=2> (A'<SUB>3</SUB>)<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; </FONT><B><U><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">It</B> knows</U>.</FONT><FONT SIZE=2> (B')</FONT><br><B><U><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">It</B> knows</U> a way in,</FONT><FONT SIZE=2> (A&quot;<SUB>1</SUB>)<br></FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">it</B> must know a way out, yes.</FONT><FONT SIZE=2> (A&quot;<SUB>2</SUB>)<br></FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">It</B>'s off <U>to the back-door</U>.</FONT><FONT SIZE=2> (A&quot;<SUB>3</SUB>)<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; </FONT><U><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">To the back-door</U>, that's it.</FONT> (B&quot;)<br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.92] (not&eacute;es par la suite (<B>T2</B>), (<B>T3</B>) et (<B>T4</B>))</blockquote></p><p>Ici, trois triades de m&ecirc;me type s'encha&icirc;nent de mani&egrave;re circulaire (en effet, notez comment le terme (B) devient le terme (A<SUB>1</SUB>) de la triade suivante, puis, comment (A&quot;<SUB>3</SUB>) devient (B&quot;)).</p><p>Plus simplement encore&nbsp;: </p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">Il avait <B>perdu</B>&nbsp;:<br><B>Perdu</B> sa proie,<br><B>Perdu</B> aussi la seule chose &agrave; laquelle il e&ucirc;t jamais tenu&nbsp;:<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; son tr&eacute;sor.<br>(...)<br>&quot;&nbsp;<B>Voleur, voleur, voleur</B>&nbsp;!<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Baggins!<br><B>On te hait, on te hait, on te hait</B><br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &Agrave; jamais&nbsp;!&nbsp;&quot;</FONT><br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.95]</blockquote></p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT> Les triades en (B+) AAA</b></p><p><blockquote>(aaa) <FONT COLOR="#000080">"Curse it! curse it! curse it!" hissed Gollum. <br>"Curse the Baggins! It's gone!<br></FONT><FONT SIZE=2>(B) </FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">What</B> has it got in its pocketses? <br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>1</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Oh we guess, we guess, <B>my precious</B>.<br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>2</SUB>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">He's found <B>it</B>, yes he must have.<br></FONT><FONT SIZE=2>(A<SUB>3</SUB>)<B> </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">My birthday-present</B>."<br></FONT>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.91]</blockquote></p><p>On peut noter en (A<SUB>1</SUB>) un rythme interne l&agrave; encore ternaire (triple allit&eacute;ration sur les 'ss' de guess/guess/precious). Comme dans les exemples (T1) &agrave; (T4) pr&eacute;c&eacute;dents, la triade AAA sert &agrave; d&eacute;crire le raisonnement en train de se construire &agrave; partir d'une interrogation/constatation ou bien conduisant &agrave; une conclusion (B).</p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT> Les triades redondantes&nbsp;AA'BB'CC'</b></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><B>Asking them</FONT> (A)</B><FONT COLOR="#000080">, and sometimes <B>guessing them (</FONT><FONT SIZE=2>A')</B></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">, had been the only game he had ever played with other funny creatures sitting in their holes in <B>the long </FONT><FONT SIZE=2>(B)</B></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">, <B>long ago </FONT><FONT SIZE=2>(B')</B></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">, before he lost all his friends and was driven away, alone, and crept <B>down </FONT><FONT SIZE=2>(C)</FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">, down </FONT><FONT SIZE=2>(C')</B></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">, into the dark under the mountains</FONT>.<br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.80]</blockquote></p><p>Ces triades redondantes peuvent prendre une structure plus concentrique&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">"Losst it is, my precious,</FONT> (A)<br><FONT COLOR="#000080"> lost, lost!</FONT><FONT SIZE=2> (BB')<br></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Curse us and crush us,</FONT><FONT SIZE=2> (CC')<br></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">my precious is lost!"</FONT> (A')<br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.89]</blockquote></p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT></b> Achevons cet inventaire, qui n'est pas exhaustif, en pr&eacute;sentant deux derniers passages, le premier au tout d&eacute;but du chapitre, le second &agrave; la fin, comportant jusqu'&agrave; cinq triades diff&eacute;rentes, l'accumulation des genres imposant un rythme caract&eacute;ristique&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">"One <I>left</I>, yes.</FONT><FONT SIZE=2> (a<SUB>1</SUB>)<br></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">One <I>right</I>, yes.</FONT><FONT SIZE=2> (b<SUB>1</SUB>)<br></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Two <I>right</I>, yes, yes</FONT><FONT SIZE=2>. (b<SUB>2</SUB>)<br></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Two <I>left</I>, yes, yes."</FONT><FONT SIZE=2> (a<SUB>2</SUB>)<br></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">And so <I><U>on </I>and <I>on</I></U>.</FONT><FONT SIZE=2> (cc'<SUB>1</SUB>)<br>(<B>A</B>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">As the count grew he slowed down,</FONT><FONT SIZE=2><br>&nbsp; &nbsp; </FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and</B> he began to get <I><U>shaky </I>and <I>weepy</I></U>;</FONT><FONT SIZE=2> (cc'<SUB>2</SUB>)<br>(<B>A</B>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">for he was leaving the water <I><U>further</I> and <I>further</I></U> behind,</FONT><FONT SIZE=2> (cc'<SUB>3</SUB>)<br>&nbsp; &nbsp; </FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and</B> he was getting afraid. <br></FONT><FONT SIZE=2>(<B>A</B>) </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Goblins might be about,</FONT><FONT SIZE=2> <br>&nbsp; &nbsp; </FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and</B> he had lost his ring.<br>At last he stopped by a low opening, on their left as they went up.<br>"Seven <I>right</I>, yes.</FONT><FONT SIZE=2> (b<SUB>3</SUB>)<br></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Six <I>left</I>, yes!"</FONT><FONT SIZE=2> (a<SUB>3</SUB>)<br></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">he whispered.<br>"This is <B>it</B>.</FONT><FONT SIZE=2> (<B>B</B>)<br></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">This is <B>the way</B> to the back-door, yes.</FONT><FONT SIZE=2> (<B>B</B>)<br></FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Here's <B>the passage</B>!"</FONT> (<B>B</B>)<br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.93]</blockquote></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">"<B>Go</B> back<B>?</B>" he thought.</FONT><FONT SIZE=2> (A)<br>&nbsp &nbsp; </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">"No good at all<B>!</B></FONT><FONT SIZE=2> (B)<br></FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Go</B> sideways<B>?</B></FONT><FONT SIZE=2> (A)<br>&nbsp &nbsp; </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Impossible<B>!</FONT><FONT SIZE=2> </B>(B)<br></FONT><B><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Go</B> forward<B>?</B></FONT><FONT SIZE=2> (A)<br>&nbsp &nbsp; </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Only thing to do<B>!</B></FONT><FONT SIZE=2> (B = b<SUB>1</SUB>)<br>&nbsp &nbsp; </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">On we go!"</FONT><FONT SIZE=2> (b<SUB>2</SUB>)<br>&nbsp &nbsp; </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">So up he got, and trotted along</FONT><FONT SIZE=2> (b<SUB>3</SUB>)<br>&nbsp &nbsp; &nbsp; &nbsp; </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">with <B>his</B> little <B>sword</B> held in front of him</FONT><FONT SIZE=2> (a<SUB>1</SUB>)<br>&nbsp &nbsp; &nbsp; &nbsp;</FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and <B>one</B> <B>hand</B> feeling the wall,</FONT><FONT SIZE=2> (a<SUB>2</SUB>)<br>&nbsp &nbsp; &nbsp; &nbsp; </FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and <B>his</B> <B>heart </B>all of a patter and a pitter.</FONT> (a<SUB>3</SUB>)<br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.76] [56]</blockquote></p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT></b> Il serait vain et sans int&eacute;r&ecirc;t de traquer toutes les triades dans le texte entier de <I>Bilbo le Hobbit</I>&nbsp;; il suffit, sur quelques exemples, de montrer qu'on peut les trouver avant comme apr&egrave;s le chapitre V, mais en&nbsp;nombre plus limit&eacute; (me semble-t-il) :</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>There was a most specially</I></FONT> (A) <I><FONT COLOR="#000080">greedy,</I></FONT><FONT SIZE=2> (A) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">strong and</I></FONT><FONT SIZE=2> (A) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">wicked worm called Smaug</I></FONT> [p.30]</blockquote></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>Now goblins are</I></FONT><FONT SIZE=2> (A) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">cruel,</I></FONT><FONT SIZE=2> (A) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">wicked, and</I></FONT><FONT SIZE=2> (A) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">bad-hearted.</I></FONT> [p.69]</blockquote></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>The Great Goblin gave a truly awful howl of rage when he looked at it, <br></I></FONT><FONT SIZE=2>(A) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and all his soldiers gnashed their teeth,</I></FONT><FONT SIZE=2> <br>(A) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">clashed their shields,</I></FONT><FONT SIZE=2> <br>(A) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and stamped.</I></FONT> [p.71]</blockquote></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>Amid</I></FONT><FONT SIZE=2> (a) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">shrieks</I></FONT><FONT SIZE=2> (b) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and wailing </I></FONT><FONT SIZE=2>(c) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and the shouts of men<br>(A)he came over them,</I></FONT><FONT SIZE=2> (B) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">swept towards the bridges</I></FONT><FONT SIZE=2> (C) </FONT><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">and was foiled!</I></FONT> [p.256]</blockquote></p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><i>(...) mais les nains </I></FONT><FONT SIZE=2>(A)</FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080"> <I>tinrent ferme, </I></FONT><FONT SIZE=2>(A)</FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080"> <I>bondirent jusqu'&agrave; bas des chutes </I></FONT><FONT SIZE=2>(A)</FONT><FONT SIZE=2 COLOR="#000080"> <I>et s'&eacute;lanc&egrave;rent dans la bataille.</I></FONT> [p.293]</blockquote></p><p><b><FONT FACE="Symbol">&#183;</FONT></b> &agrave; ces triades (unit&eacute;s litt&eacute;raires structur&eacute;es), il faut en plus ajouter <U>les reprises triples</U> de descriptions, de situations qui jalonnent le chapitre V (sans m&ecirc;me reprendre celles d&eacute;j&agrave; relev&eacute;es en X.1 et li&eacute;es &agrave; <B>E10</B>&nbsp;! ) :</p><p><blockquote>* les 3 r&eacute;f&eacute;rences aux yeux 'verts' de Gollum (p.90.91.94&nbsp;; cit&eacute;es en IX.2)&nbsp;;</blockquote></p><p><blockquote>* les 3 r&eacute;f&eacute;rences &agrave; la 'lumi&egrave;res des yeux' de Gollum&nbsp;('<I>the light of his eyes</I>'/<B> '</B><I>the light in Gollum's eyes</I>') :</blockquote><br /><blockquote><blockquote><B><I><FONT COLOR="#000080">la lumi&egrave;re de ses yeux </B>brillait d'une flamme p&acirc;le<B> </B></I></FONT> [p.90]<br><B><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">la lumi&egrave;re dans les yeux</B> de Gollum &eacute;tait devenu un feu vert</I></FONT> [p.90]<br><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">Bilbo apercevait <B>la lumi&egrave;re de ses yeux</B> qui brillait d'une lueur p&acirc;le m&ecirc;me par-derri&egrave;re</I></FONT> [p.91]</blockquote></blockquote></p><p><blockquote>* Gollum&nbsp;est qualifi&eacute; &agrave; 3 reprises de cr&eacute;ature 'm&eacute;chante/mauvaise' (= <I>wicked</I>)&nbsp;:</blockquote><br /><blockquote><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">He knew, of course, that the riddle-game was sacred and of immense antiquity, and even <B>wicked creatures</B> were afraid to cheat when they played at it.</I></FONT> [p.87]<br><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">And he was a miserable <B>wicked creature</B>, and already he had a plan</I></FONT> [p.88]<br><I><FONT SIZE=2 COLOR="#000080">That is what was in his <B>wicked little mind</B>,</I></FONT> [p.89]</blockquote></blockquote></p><p>Le fait que ces reprises triples concernent soit E10, soit Gollum, c'est-&agrave;-dire le 'cœur' du chapitre V, leur enl&egrave;ve tout aspect innocent ou fortuit&nbsp;; Tolkien les a peut-&ecirc;tre introduites inconsciemment (par r&eacute;flexe litt&eacute;raire) mais certainement pas sans leur donner un but narratif.</p><p>Nous ne pouvons pas nous arr&ecirc;ter &agrave; cette description, difficilement contestable, d'un travail particulier de l'auteur pour fa&ccedil;onner <I>&Eacute;nigmes dans l'obscurit&eacute;</I> par diverses structures ternaires&nbsp;; il nous reste &agrave; trouver la raison qui a motiv&eacute; Tolkien.</p><br /><p><small><U>Bibliographie et notes&nbsp;:</U></p><p>[55] La traduction fran&ccedil;aise ne reproduit pas cette &eacute;ni&egrave;me r&eacute;p&eacute;tition de Gollum; pourtant, il ne s'agit peut-&ecirc;tre pas d'un simple radotage : cette redite du chiffre trois pourrait &ecirc;tre un indice pla&ccedil;ant Gollum sous le chiffre 6 (chiffre incomplet, entre 3 et 9 [chiffres symboliques de la totalit&eacute;], inf&eacute;rieur &agrave; 7 [chiffre de la perfection], et par l&agrave;, depuis que l'<I>Apocalypse</I> a &eacute;t&eacute; &eacute;crite [Ap.13:18], un des symboles du Mal qui tente d'imiter sans y arriver la divinit&eacute;) ; Gollum est li&eacute; &agrave; ce chiffre en deux occasions dans le chapitre :</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">&quot;Connu, connu! S'&eacute;cria-t-il. Les dents! Les dents! Tr&eacute;sor; mais on n'en a que <B>six</B>&quot;&#160; </I></FONT>(p.81)<br><I><FONT COLOR="#000080">&quot; Un &agrave; gauche, oui. Un &agrave; droite, oui. Deux &agrave; droite, oui, oui. Deux &agrave; gauche, oui, oui.&quot;<br>Et ainsi de suite.(...)<br>&quot;Sept &agrave; droite, oui. <B>Six</B> &agrave; gauche. Oui! Murmura-t-il. C'est le chemin de la porte de derri&egrave;re, oui. Voici le passage!&quot; </I></FONT>(p.93)</blockquote> </p><p>Remarquez, dans cette derni&egrave;re citation, comment Gollum compte 1/1, puis 2/2, 'et ainsi de suite'&nbsp;; on s'attendrait &agrave; un 7/7, et on entend Gollum compter 7/6&nbsp;; Tolkien -t-il voulu briser la sym&eacute;trie initiale ou bien, par ce comptage croissant suivi, au dernier moment, d'une r&eacute;gression de 7 &agrave; 6, a-t-il laiss&eacute; un indice du mal qui a perverti Gollum, lui donnant l'illusion de la divinit&eacute; (il poss&egrave;de un objet magique, il a v&eacute;cu plus de cinq si&egrave;cles, &acirc;ge extraordinaire pour un hobbit) pour mieux l'asservir&nbsp;?</p><p>[56] En note je rajoute un passage pour lequel la traduction fran&ccedil;aise oublie le terme (A<SUB>3</SUB>)&nbsp;:</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080">Whistles <I>blew</I></FONT> (A<SUB>1</SUB>)<FONT COLOR="#000080">, armour <I>clashed</I>, </FONT>(A<SUB>2</SUB>)<FONT COLOR="#000080">, swords <I>rattled</I>, </FONT>(A<SUB>3</SUB>),<br><FONT COLOR="#000080">goblins <I>cursed</I></FONT> (B<SUB>1</SUB>) <br><FONT COLOR="#000080">and <I>swore</FONT></I> (B<SUB>2</SUB>)<br><FONT COLOR="#000080">and <I>ran</I> hither and thither,</FONT> (B<SUB>3</SUB>)<br><FONT COLOR="#000080">falling over one another and getting very angry. <br>There was a terrible outcry</FONT> (C<SUB>1</SUB>)<FONT COLOR="#000080">, to-do </FONT>(C<SUB>2</SUB>)<FONT COLOR="#000080">, and disturbance </FONT>(C<SUB>3</SUB>).<br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.96]</blockquote></small></p><br /><p>Sosryko</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Fri, 12 Jul 2002 07:42:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70988#p70988</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70987#p70987</link>
			<description><![CDATA[<p><br><B><FONT SIZE=3 COLOR="#800000">X – … plus une&nbsp;(bis) : conjectures et ouvertures</B></FONT><br /><div style='text-align:right'><small><I>Bilbo le Hobbit</I> n’&eacute;tait pas, apr&egrave;s tout, <br>aussi simple qu’il n’y paraissait (…)<br><B>L109</B> [1, p.122]</small></div><br /><B><FONT COLOR="#800000">1)&nbsp;Celle qui fait bande &agrave; part</FONT></B></p><p>Nous avons d&eacute;j&agrave; not&eacute; que (<B>E10</B>), derni&egrave;re des &eacute;nigmes, est &agrave; part. Derni&egrave;re &eacute;nigme pos&eacute;e, c’est la seule qui n’est pas une &eacute;nigme v&eacute;ritable et qui n’obtient pas de r&eacute;ponse convenable&nbsp;; de plus elle est pos&eacute;e par trois fois par Bilbo avant que Gollum ne d&eacute;cide de r&eacute;pondre, Gollum qui aura droit &agrave; trois r&eacute;ponses.<br>Mais ce n’est pas tout.<br>Est-ce un parfait hasard si Gollum pense &agrave; &agrave; part ou &agrave; haute voix &agrave; dix r&eacute;ponses possibles&nbsp;pour cette dixi&egrave;me &eacute;nigme ? ces dix r&eacute;ponses sont [<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.86-87]&nbsp;:<p>1) des mains*<br>2) des ar&ecirc;tes <br>3) des dents de gobelins<br>4) des coquillages humides<br>5) un bout d’aile de chauve-souris<br>6) une pierre aigu&euml; pour aiguiser ses crocs <br>7) autres vilaines choses<br>8) un couteau<br>9) une ficelle*<br>10) rien*</p><p><I>Dix</I> &eacute;nigmes, <I>dix</I> r&eacute;ponses pour la <I>dixi&egrave;me</I>…<br>Je ne suis pas du tout un partisan syst&eacute;matique d’interpr&eacute;tations num&eacute;riques ou &eacute;sot&eacute;riques (je r&eacute;p&egrave;te au passage que je place cette proposition dans un paragraphe intitul&eacute; ‘Conjectures’), mais la co&iuml;ncidence est intrigante. <br>De plus, il serait ridicule de rejeter le nombre impressionnant de ‘co&iuml;ncidences’ similaires (nous en avons rencontr&eacute; nous en rel&egrave;verons bien d’autres) sous pr&eacute;texte que certaines sont plus fragiles que d’autres.<br>Ainsi on pourrait objecter que les ‘autres vilaines choses’ ne correspondent pas &agrave; une r&eacute;ponse pr&eacute;cise. Effectivement&nbsp;; mais alors il faut reconna&icirc;tre qu’il reste 9 r&eacute;ponses explicites pour une seule &eacute;nigme, la dixi&egrave;me&nbsp;; autant que d’&eacute;nigmes qui ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;, lesquelles n’ont eu droit qu’&agrave; une seule r&eacute;ponse…<br>Quoique nous fassions, le texte nous dit que l’&eacute;nigme (E10) est &agrave; part des neuf autres&nbsp;!</p><p>Pour en avoir confirmation, poursuivons sur ce sentier encore obscur o&ugrave; apparaissent des chiffres.<br>La question associ&eacute;e &agrave; l’&eacute;nigme <B>E10 </B>(initialement pos&eacute;e par Bilbo (1), reprise imm&eacute;diatement par Gollum (2), r&eacute;p&eacute;t&eacute;e par Bilbo (3)&nbsp; [p.86])&#160; est ressass&eacute;e dans la suite du texte &agrave; huit autres reprises&nbsp;par Gollum (que ce soit sous forme interrogative ou allusive) :</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Mais qu'est-ce que &ccedil;a a dans ses poches, h&eacute;? </I>(4)</FONT> [p.87]</FONT><br><I><FONT COLOR="#000080">"Qu'est-ce que &ccedil;a a dans ses poches?" </I>(5)<I><br>- Qu'est-ce que &ccedil;a a dans ses poches ? </I>(6)</FONT> [p.90]<br><I><FONT COLOR="#000080">Qu'est-ce que &ccedil;a a dans ses poches ? </I>(7)<I><br>Qu'est-ce que &ccedil;a a dans ses poches ?</I> (8)</FONT> [p.91]<br><I><FONT COLOR="#000080">Le Baggins l’a dans ses poches </I>(9)<br><I>&Ccedil;a va seulement le garder dans [ses] poche[<b></b>s]</I> (10)</FONT> [p.92&nbsp;; en corrigeant la traduction fran&ccedil;aise qui oubliait le pluriel]</blockquote></p><p>Huit reprises…m&ecirc;me si la traduction fran&ccedil;aise en a oubli&eacute;e une au passage&nbsp;; je la restitue dans son contexte :</p><p><blockquote><i><FONT COLOR="#000080">&Ccedil;a l’a dit, oui&nbsp;; mais c’est malin. &Ccedil;a ne dit pas ce que &ccedil;a pense. <B>&Ccedil;a ne dira pas ce que &ccedil;a a dans ses poches.</B> &Ccedil;a sait. &Ccedil;a conna&icirc;t un chemin pour entrer&nbsp;; &ccedil;a doit en conna&icirc;tre un pour sortir, oui. C’est parti vers la porte de derri&egrave;re, oui.&nbsp;&quot;</I> (11)</FONT><br> [<I>Bilbo le Hobbit</I>, p.92]</blockquote></p><p>Il serait regrettable d’oublier le dernier &eacute;cho de cette (fausse) &eacute;nigme si nous oublions le compte-rendu que fait Bilbo au magicien et aux nains&nbsp;dans le chapitre suivant :</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">Ils voulurent alors tout savoir de ses aventures apr&egrave;s qu’ils l’avaient perdu&nbsp;; il s’assit donc et leur raconta tout – hormis la trouvaille de l’anneau (…). Ils furent particuli&egrave;rement int&eacute;ress&eacute;s par le concours d’&eacute;nigmes, et ils frissonn&egrave;rent de la description qu’il fit de Gollum.<br>&quot;&nbsp;Et alors je ne pus penser &agrave; aucune autre question, avec lui assis &agrave; mon c&ocirc;t&eacute;, conclu Bilbo&nbsp;; j’ai donc dit&nbsp;: <br>&quot;&nbsp;<B>Qu’ai-je dans ma poche&nbsp;?</B>&nbsp;&quot; </I>(12)<br><I>Et il ne fut pas capable de le deviner <B>en trois coups.</B>&nbsp;(…)&quot; </I></FONT><br>[<I>Bilbo le Hobbit</I>, VI. De Charybde en Scylla, p.101]</blockquote></p><p>Au final, il y a douze allusions &agrave; l’&eacute;nigmes <B>E10</B>, trois &eacute;nonc&eacute;es par Bilbo (1,2 et 12), les neuf autres &eacute;tant de Gollum. Ces neuf allusions sont distinctes des trois autres par leurs auteurs mais aussi par un d&eacute;tail&nbsp;: Bilbo demande toujours ce qu’il y a dans ‘sa’ poche, alors que Gollum, lui, demande invariablement ce que Bilbo a dans ‘ses’ poches. On a donc une s&eacute;rie de neuf termes associ&eacute;e &agrave; une s&eacute;rie de trois. Tout comme on a une association de neuf &eacute;nigmes associ&eacute;e &agrave; une (fausse) &eacute;nigme tripl&eacute;e (ce que Bilbo rappelle dans sa … troisi&egrave;me reprise de l’&eacute;nigme en (12)).<br>Cette dixi&egrave;me &eacute;nigme, plut&ocirc;t que de mettre en relief le chiffre 10, ne met-elle pas en &eacute;vidence que Tolkien joue sur les chiffres 9 et 3&nbsp;?<br>Pourquoi&nbsp;?<p>Il faut se souvenir que Tolkien fait r&eacute;f&eacute;rence aux joutes par &eacute;nigmes de la mythologie nordique&nbsp;; or, le chiffre neuf est certainement le chiffre symbolique de cette mythologie&nbsp;comme le rappelle cette notice de Simek (les r&eacute;f&eacute;rences avec compl&eacute;ments sont renvoy&eacute;es en notes):</p><p><blockquote><I><FONT COLOR="#000080">&Agrave; c&ocirc;t&eacute; du nombre trois, qui joue un r&ocirc;le dans beaucoup d’autres civilisations, le neuf est le nombre mythique des Germains. lEs t&eacute;moignages de l’importance du nombre neuf se trouvent dans le mythe et dans le culte&nbsp;: dans son autosacrifice, &Oacute;&eth;inn reste suspendu neuf nuits &agrave; l’arbre battu par le vent</I></font> [54a]<I><FONT COLOR="#000080">, il y a neuf mondes jusqu’&agrave; Niflhel</I></FONT> [54b]<I><FONT COLOR="#000080">, neuf m&egrave;res ont enfant&eacute; Heimdallr</I></FONT> [54c]<I><FONT COLOR="#000080">, pour Freyr, [neuf] nuits sont donn&eacute;es comme dur&eacute;e des fian&ccedil;ailles (…)</I></FONT> [54d]<I><FONT COLOR="#000080">. Les enjolivements litt&eacute;raires dans les Eddas utilisent &eacute;galement le nombre neuf&nbsp;: Ska&eth;i et Nj&ouml;r&eth;r ont habit&eacute; chacun neuf jours &agrave; N&oacute;at&uacute;n et &agrave; Thrymheimr</I></FONT> [54e] <I><FONT COLOR="#000080">; toutes les neuf nuits d&eacute;goutte de l’anneau Draupnir un anneau de m&ecirc;me poids&nbsp;</I></FONT> [54f]<I><FONT COLOR="#000080">; Mengl&ouml;&eth; a neuf jeunes filles autour d’elle</I></FONT> [54g]<I><FONT COLOR="#000080">, &AElig;gir a autant de filles</I></FONT> [54h]<I><FONT COLOR="#000080">. Apr&egrave;s son combat contre le serpent de Mi&eth;gar&eth;r lors des ragnar&ouml;k, Th&oacute;rr fait encore neuf pas avant de s’&eacute;crouler mort.</I></FONT> [54i]<br><I><FONT COLOR="#000080">On mentionne pour Uppsal et Hlei&eth;r des sacrifices de neuf jours qui ont lieu tous les neuf ans et on dit que chaque jour neuf victimes &eacute;taient abattues.</I></FONT> [54j]<br><I><FONT COLOR="#000080">Comme le nombre trois, le nombre neuf fait partie des nombre important de la magie&nbsp;; avec le nombre 27, il fait partie du calendrier lunaire et surtout, il renforce singuli&egrave;rement le trois.</I></FONT><br>[14,II,p.246-7]</blockquote></p><p>J’ai voulu aller au bout de cette longue citation car sa fin est me para&icirc;t essentielle. Certes Tolkien connaissait l’importance du chiffre 9, mais je crois surtout qu’il l’utilise, s’il l’utilise, avec la m&ecirc;me symbolique que les Germains et Scandinaves, c’est-&agrave;-dire comme un ‘super’ trois (9 = 3+3+3 = trois fois trois). <br>R&eacute;p&eacute;tons-le une derni&egrave;re fois&nbsp;: la dixi&egrave;me &eacute;nigme est pos&eacute;e <I>trois fois</I> avant que <I>trois</I> fausses r&eacute;ponses audibles soient propos&eacute;es et qu’ensuite Bilbo pose par<I> trois fois </I>une question faisant r&eacute;f&eacute;rence, <I>sans le mentionner</I>,&#160; &agrave; l’Anneau, v&eacute;ritable r&eacute;ponse &agrave; l’&eacute;nigme :</p><p><blockquote><FONT COLOR="#000080"><I>"Qu'avez-vous perdu ?" </I>(1)</FONT> [p.89]</FONT><br><I><FONT COLOR="#000080">Bilbo - Qu'avez-vous perdu ? </I>(2)&#160; <I>Dites-moi cela.</FONT></I> [p.90]<br><I><FONT COLOR="#000080">"Qu'avez-vous perdu ?" </I>(3)<I> persista &agrave; demander Bilbo</FONT></I> [p.90]</blockquote></p><p>D&eacute;cid&eacute;ment, cette derni&egrave;re &eacute;nigme est &agrave; part. <br>Notons que la structure des dix &eacute;nigmes propos&eacute;es ci-dessus (en IX.2), bien que valable, ne le fait pas appara&icirc;tre. En X.5) nous tenterons d’&eacute;tablir un second plan, compl&eacute;mentaire du premier, qui tiendra compte&nbsp;de cette singularit&eacute;; pour ce faire, il nous faut revenir &agrave; ce chiffre 3, plusieurs fois rencontr&eacute; d&eacute;j&agrave;, et &agrave; sa fonction.</p><p><small><br><U>Bibliographie et notes&nbsp;:</U></p><p>[54]&nbsp;<B>54a</B>&nbsp;:&nbsp;<I>H&aacute;vam&aacute;l </I>138 [15, p.196] &quot;&nbsp;</FONT><I><FONT COLOR="#000080">Je sais que je pendis / &Agrave; l’arbre battu des vents / Neuf nuits pleines / Navr&eacute; d’une lance / Et donn&eacute; &agrave; &Oacute;&eth;inn / moi-m&ecirc;me &agrave; moi-m&ecirc;me donn&eacute;</I></FONT><FONT>&nbsp;&quot; + strophe 140&nbsp;: les 9 chants supr&ecirc;mes qu’&Oacute;&eth;hinn a appris du ‘fil renomm&eacute; de B&ouml;lthorn (M&iacute;mir&nbsp;?)&nbsp;; <br><B>54b&nbsp;</B>:&nbsp;<I>Vaf&thorn;r&uacute;&eth;nism&aacute;l</I> 43 [15,p.526] // <I>V&ouml;lusp&aacute; </I>2 [15,p.532]&nbsp;: &quot;&nbsp;</FONT><I><FONT COLOR="#000080">Neuf mondes je me rappelle / Neuf &eacute;tendues immenses / Et le glorieux arbre du monde</I></FONT><FONT >&nbsp;&quot; (notez comment on rencontre 10 termes&nbsp;: neuf mondes + un dixi&egrave;me qui est le centre vital des neuf premiers)+ Hel r&egrave;gne sur neuf mondes&nbsp;selon <I>Gylfaginning </I>34 [11,p.62];<br><B>54c</B>&nbsp;:&nbsp;<I>Gylfaginning </I>27 qui reprend deux vers d’un po&egrave;me perdu, le <I>Heimdallagaldr</I> [11,p.59]&nbsp;: &quot;&nbsp;</FONT><I><FONT COLOR="#000080">De neuf m&egrave;res, je suis l’enfant / De neuf sœurs, je suis le fils</I></FONT><FONT>&nbsp;&quot; + <I>Hyndlulj&oacute;d </I>35 [15,p.615]&nbsp;: &quot;&nbsp;</FONT><I><FONT COLOR="#000080">Il y en eut un qui naquit / &Agrave; l’origine des temps / Tr&egrave;s fort / De la race des Puissances&nbsp;/ Neuf filles de g&eacute;ant / Le port&egrave;rent / Le noble &agrave; la lance / Aux confins de la terre</I></FONT><FONT>&nbsp;&quot;;<br><B>54d</B>&nbsp;:&nbsp;<I>Skirnisf&ouml;r</I> 41 [15,p.136] + Thor qui se fait passer pour Freyja faussement donn&eacute;e en fian&ccedil;ailles &agrave; Thrymr qui par pour un voyage de <I>‘huit </I>nuits’ (=neuf jours&nbsp;?) pour se rendre &agrave; j&ouml;tunheimr&nbsp;: <I>Thr&yacute;mskvida</I> 26 [15,p.444];<br><B>54e</B>&nbsp;:&nbsp;<I>Gylfaginning </I>23 [11,p.55];<br><B>54f</B>&nbsp;: <I>Gylfaginning </I>49 [11,p.91]&nbsp;;<br><B>54g</B>&nbsp;: <I>Fj&ouml;lsvinnsm&aacute;l</I> 38 [15,p.513]&nbsp;;<br><B>54h</B>&nbsp;: <I>Sk&aacute;ldskaparm&aacute;l</I> 22 &amp; 58 + ces ‘neuf filles d’&AElig;gir’ sont les vagues&nbsp;; pour leurs noms, voir [14,I,p.113]&nbsp;; ce sont elles qui auraient engendr&eacute; Heimdallr [cf. Dum&eacute;zil, <I>Mythes et dieux de la Scandinavie ancienne</I>, p.179]&nbsp;;<br><B>54i</B>&nbsp;: <I>V&ouml;lusp&aacute; </I>56 [15,p.547]&nbsp;// <I>Gylfaginning</I> 51 [11,p.97];<br><B>54j</B>&nbsp;: pour les sacrifices de la ville de Hlei&eth;r, voir [14, I, p.172]&nbsp;; pour les sacrifice d’Uppsal voir [14,II,p.286].</small></p><p><br>Sosryko</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Thu, 11 Jul 2002 10:24:00 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=70987#p70987</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Énigmes et caractère...]]></title>
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			<description><![CDATA[<p><small> oubli : vous l'aurez remarqué, le premier paragraphe de cette section est en partie une reprise de l'intervention de Cédric qui m'a poussé à détailler ma démarche...pour une fois que je détaille ;-)<br>en tous cas, il fallait que je le remercie; et j'ai failli l'oublier ;-(</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (sosryko)]]></author>
			<pubDate>Wed, 10 Jul 2002 20:20:00 +0000</pubDate>
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