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		<title><![CDATA[JRRVF - Tolkien en Version Française - Forum / Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
		<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?id=7816</link>
		<description><![CDATA[Les sujets les plus récents dans Finalité dans le Conte d'Arda.]]></description>
		<lastBuildDate>Mon, 16 Mar 2026 09:19:10 +0000</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94975#p94975</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Je dois faire une pause.</p></div></blockquote></div><p><small>Je comprends tout-à-fait, Jérôme, ayant moi-même divers travaux en cours (dont notamment un qu'il faudra bien finir et dont je viens de reparler dans un autre <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94974#p94974" rel="nofollow">fuseau</a>... comme une note pour moi-même !). ^^'</p><p>Bon courage pour le boulot.</small></p><div class="quotebox"><cite>Beruthiel a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>PS : pas d’urgence pour la réponse dans l’autre fuseau (mais le lien avec la  choucroute « au sens littéral du terme » mentionné dans l’un de tes précédents messages me laisse perplexe :-) )</p></div></blockquote></div><p><small>Je tâcherai d'éclairer bientôt ta lanterne quant à cette histoire de choucroute... ^^</p><p>Amicalement à tous les deux, </p><p>B.</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 09:19:10 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94975#p94975</guid>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94972#p94972</link>
			<description><![CDATA[<p><small>Chers tous, et Benjamin en particulier, je traverse une période éprouvante au travail et j'ai par ailleurs depuis quelques jours un <i>très</i> important travail de relecture à faire pour les Actes du Colloque de 2025 <b>(*)</b>. Je dois faire une pause. Que cela ne soit pas sans te remercier pour ton dernier post Hyarion, et le <i>plaisir</i> philosophique de nos échanges : je trouve cette étape avec Épicure très chouette — à prolonger.</p><p>[édit 1] @ Cédric & JR : je me mets donc aussi en pause, brève je pense, pour nos travaux.</p><p>[édit 2]<b>(*)</b> @ Damien : merci d'ailleurs pour ta réponse !</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 07:58:12 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94972#p94972</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94968#p94968</link>
			<description><![CDATA[<p>Oui, je vois bien ce que tu veux dire. Le passage qui précède celui que j’ai cité dans <i>Du conte de fées</i> va pleinement dans ce sens :</p><div class="citation"><p>Le recouvrement (qui implique le retour et le renouvellement de la santé) est un re-gain – celui d’une vue claire. Je ne dis pas le fait de « voir les choses telles qu’elles sont » pour me trouver en butte aux philosophes, bien que je puisse me risquer à dire « voir les choses comme nous sommes (ou étions) censés les voir »&#160; – comme des choses séparées de nous-même. </p></div><p><small>PS : pas d’urgence pour la réponse dans l’autre fuseau (mais le lien avec la  choucroute « au sens littéral du terme » mentionné dans l’un de tes précédents messages me laisse perplexe :-) )</small></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Beruthiel)]]></author>
			<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 21:45:55 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94968#p94968</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94964#p94964</link>
			<description><![CDATA[<p>Merci à tous les deux, Yyr et Beruthiel, pour vos réponses (effectivement croisées !). :-) </p><div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>En effet, le stagirite reconnaît la place du plaisir, irrécusable, dans la recherche du bonheur (<i>eudaemonia</i>), mais il n'est pas possible qu'il en constitue l'essence même. Pourquoi ? <u>Parce que le plaisir tombe lui-même sous la dépendance d'une autre fin</u>.</p></div></blockquote></div><p>Citant Aristote répondant à Eudoxe, tu soulignes que le plaisir tomberait sous la dépendance d'une autre fin, à savoir la perfection de l'activité elle-même, ce qui est une objection classique et sérieuse à l'épicurisme. Or je pense qu'Épicure pourrait répondre ceci : oui, nous recherchons l'activité plaisante (l'amitié, la contemplation philosophique), et non un plaisir abstrait. Mais pourquoi recherchons-nous ces activités ? <u>Parce qu'elles sont plaisantes</u> (au sens épicurien : absence de trouble, ataraxie). Donc le plaisir reste bien la fin... mais c'est un plaisir <u>stable</u>, lié à l'activité vertueuse, et non un plaisir brut. </p><p>Ton exemple (rencontrer un ami plutôt qu'imaginer la rencontre) est bien choisi. Mais il ne réfute pas Épicure : lui aussi dirait qu'il faut réellement vivre l'amitié, la philosophie, etc., et non pas seulement les imaginer. La différence est que pour Aristote, ces activités sont <u>bonnes en elles-mêmes</u> (avec finalité intrinsèque), alors que pour Épicure, elles sont bonnes <u>parce qu'elles procurent l'ataraxie</u>. </p><div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Je (re)pense à Sartre et à sa formule bien connue : <span class="exergue">« l'existence précède l'essence »</span> dans le sens où la liberté de l'homme serait absolument première. Auquel cas, non seulement Tolkien et s. Thomas, mais déjà Aristote ne pourrait suivre là-dessus. <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94931#p94931" rel="nofollow">L'idée moderne</a>, absolutisée dans l'existentialisme, d'après laquelle le sujet serait premier, aurait paru complètement absurde au stagirite, parce qu'en contradiction avec l'expérience la plus commune : avant de vouloir quoi que ce soit et avant de décider quoi que ce soit, nous sommes des êtres naturels, qui naissons avec une nature : nous nous recevons d'autre chose que nous-mêmes avant de commencer à agir sur nous.</p></div></blockquote></div><p>Je suis d'accord : n'étant pas existentialiste, je ne pense pas que « l'existence précède l'essence » au sens d'une liberté absolue. D'un point de vue naturaliste, nous avons une nature biologique, psychologique, sociale : nous ne partons pas de zéro. Mais cette nature est le produit de l'évolution, et non d'un Plan divin : c'est une nuance évidemment importante. :-) <br />À cette aune, le point de vue que je me permets de défendre est donc naturaliste... sans être par ailleurs relativiste, puisque je pense qu'il y a des vérités objectives (scientifiques, factuelles), mais que sur les questions métaphysiques ultimes (finalité cosmique, Dieu, etc.), je suspens mon jugement, suivant le scepticisme humien. </p><div class="quotebox"><cite>Beruthiel a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>J'aime beaucoup le passage du <i>Temps retrouvé</i> que tu cites.  Pas de finalité chez Proust effectivement. Mais ne trouves-tu pas que Tolkien et Proust se retrouvent sur la fonction de recouvrement ?  Il me semble que ce dit Tolkien sur le recouvrement ( <i>« Il nous faut, en tout cas, nettoyer nos vitres, de façon que les choses clairement vues soient débarrassées de la grise buée de la banalité [...] »</i>) peut être mis en parallèle de la constatation faite par Proust que nous sommes souvent incapables de percevoir les choses dans toute leur richesse au moment où nous les vivons, richesse que l'artiste doit tenter de rendre.</p></div></blockquote></div><p>Excellente remarque, Beruthiel, une fois de plus ! :-) <br />Il y a effectivement un point de convergence entre Tolkien et Proust : tous deux critiquent la <span class="exergue">« grise buée de la banalité »</span> (Tolkien) ou les <span class="exergue">« clichés »</span> que <span class="exergue">« l'intelligence n'a pas “développés” »</span> (Proust). Les deux écrivains affirment que l'art révèle ce que la perception ordinaire ne voit pas. Mais il me paraît crucial que ce qu'ils révèlent est très différent. Pour Tolkien (d'après son essai <i>Du conte de fées</i>), le « recouvrement » (<i>recovery</i>) nous fait voir les choses telles qu'elles sont vraiment, c'est-à-dire telles que Dieu les a créées, dans leur splendeur originelle avant que l'habitude ne les ternisse. L'art nous permettrait de retrouver (recover) une vérité préexistante. Pour Proust, l'art révèle <span class="exergue">« la différence qualitative qu'il y a dans la façon dont nous apparaît le monde »</span>, c'est-à-dire la vision singulière de chaque artiste : non pas une vérité objective préexistante, mais <span class="exergue">« autant [...] de mondes »</span> <span class="exergue">« qu'il y a d'artistes originaux »</span>. L'art crée une multiplicité de perspectives, toutes également vraies. Donc oui, il y a <u>convergence sur la fonction critique de l'art</u> (contre la banalité, l'habitude)... mais <u>divergence radicale sur ce que l'art révèle</u> : d'un côté, une vérité transcendante unique (Tolkien), de l'autre, une multiplicité de visions subjectives créées (Proust). </p><p>Amicalement, </p><p>B. </p><br /><p>P.S. : encore un peu de (re)lectures de mon côté, Beruthiel, et j'espère pouvoir bientôt enfin te répondre, également, en ce qui concerne un autre <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94902#p94902" rel="nofollow">fuseau</a>... ^^'</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Mon, 09 Mar 2026 22:59:21 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94964#p94964</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94963#p94963</link>
			<description><![CDATA[<p>Et oui !&#160; Double merci pour Hyarion à la même heure&#160; <img src="https://www.jrrvf.com/fluxbb/plugins/ezbbc/style/smilies/smile.png" alt="smile" /></p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Beruthiel)]]></author>
			<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 21:37:31 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94963#p94963</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94962#p94962</link>
			<description><![CDATA[<p><small>Whâou ! Posts croisés !!!<br />Il faut le faire à l'heure actuelle :)</small></p><p>Entièrement d'accord avec toi Beruthiel.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 21:36:35 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94962#p94962</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94961#p94961</link>
			<description><![CDATA[<p>Merci Hyarion pour cette réflexion. J’aime beaucoup le passage du <i>Temps retrouvé</i> que tu cites.&#160; Pas de finalité chez Proust effectivement. Mais ne trouves-tu pas que Tolkien et Proust se retrouvent sur la fonction de recouvrement ?&#160; Il me semble que ce dit Tolkien sur le recouvrement ( <i>« Il nous faut, en tout cas, nettoyer nos vitres, de façon que les choses clairement vues soient débarrassées de la grise buée de la banalité [...] »</i>) peut être mis en parallèle de la constatation faite par Proust que nous sommes souvent incapables de percevoir les choses dans toute leur richesse au moment où nous les vivons, richesse que l'artiste doit tenter de rendre.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Beruthiel)]]></author>
			<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 21:33:33 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94961#p94961</guid>
		</item>
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			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94960#p94960</link>
			<description><![CDATA[<p>Merci Hyarion pour avoir saisi la perche épicurienne et avoir me semble-t-il parfaitement situé sa pensée en lien avec notre question.</p><p>Chapeau !!</p><p>Ceci en particulier me paraît très bien résumer la position d'Épicure :</p><div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Donc oui, il y a une « finalité », mais faible, immanente, descriptive, avec des organismes tendant naturellement vers ce qui les préserve (le plaisir) et fuyant ce qui les détruit (la douleur), tandis que le sage choisit librement de viser l'ataraxie (<i>araraxia</i>) ou plaisir stable de l'âme, parfois traduit par « tranquillité de l'âme », soit l'absence de trouble. Il n'est pas question de téléologie transcendante, mais d'une orientation naturelle et d'un choix éthique.</p></div></blockquote></div><p>S'il n'avait pas répondu à Épicure lui-même, Aristote avait toutefois déjà répondu à un certain Eudoxe dont les conceptions devaient être proches de celles des philosophes dit du Jardin :</p><div class="citation"><p>Eudoxe donc la considérait [la volupté] comme le bien absolu, parce qu'il voyait que tous les êtres cherchent avec ardeur le plaisir, tant ceux qui ont la raison en partage, que ceux qui en sont dépourvus; parce qu'en tout on préfère ce qui est bon, et que [par conséquent] ce qu'on désire le plus doit être ce qu'il y a de plus excellent; parce que l'entrainement universel, qui porte tous les êtres vers le plaisir, lui semblait être un indice de l'excellence de sa nature, puisque chaque être trouve toujours ce qui lui est bon [dans tout le reste], comme en fait d'aliments; enfin, parce que ce qui est bon pour tous, et que tous désirent avec ardeur, est le bien par excellence.</p><p>On avait confiance dans ces discours, plutôt à cause des vertus morales de leur auteur, qu'à cause de leur vérité propre; car il passait pour un personnage d'une éminente sagesse. Ce n'était donc pas comme ami de la volupté qu'il semblait tenir un pareil langage, mais parce qu'il le croyait véritable.</p><p>La chose ne lui semblait pas moins évidente, en la considérant sous le point de vue opposé. Car la douleur est par elle-même ce que tout être doit fuir; et le contraire, ce qu'on doit préférer : or, ce qu'on préfère surtout, c'est ce qu'on ne recherche jamais en vue d'autre chose; et telle est, d'après le sentiment universel, la volupté. Car personne ne demande pourquoi on a du plaisir, attendu qu'on recherche le plaisir pour lui-même. Ajouté à quelque autre bien que ce soit, par exemple, aux actes de justice et de sagesse, il leur donne plus d'attrait; en un mot, le bien s'accroît, en quelque sorte, par lui-même.</p><p><u>Toutefois ce raisonnement peut prouver que le plaisir est au nombre des biens, mais non pas qu'il soit plus excellent qu'un autre</u> [...]</p></div><div class="citation source"><p>Éthique à Nicomaque, Livre X, chap. 2</p></div><p>En effet, le stagirite reconnaît la place du plaisir, irrécusable, dans la recherche du bonheur (<i>eudaemonia</i>), mais il n'est pas possible qu'il en constitue l'essence même. Pourquoi ? <u>Parce que le plaisir tombe lui-même sous la dépendance d'une autre fin</u>.</p><p>On en a quelques indices à travers nos expériences :</p><div class="citation"><p>On pourrait répondre encore que les plaisirs sont désirables, mais non pas quand ils viennent d'une telle cause; comme il est agréable de posséder des richesses, mais non quand on les a acquises par la trahison [...]. Enfin, on pourrait dire qu'il y a des plaisirs d'espèces différentes; qu'il y en a qui viennent d'une cause honorable et belle, et d'autres d'une cause infâme et honteuse, et que celui qui n'est pas juste ne saurait goûter la volupté de l'homme juste; ni celui qui n'est pas musicien, la volupté du musicien habile, et ainsi des autres.</p></div><div class="citation source"><p>Éthique à Nicomaque, Livre X, chap. 3</p></div><p>Mais surtout, dit-il, lorsqu'on y regarde attentivement, la qualité du plaisir, sa perfection, dépend de celle de l'activité qui procure du plaisir :</p><div class="citation"><p>Comme chacun de nos sens agit sur l'objet propre à l'affecter, et comme un sens bien disposé agit d'une manière parfaite, quand il est affecté par le plus beau des objets propres à faire impression sur lui (car c'est là surtout ce qui semble constituer la perfection de l'action, et peu importe qu'on attribue cette action au sens lui-même, ou à l'objet dont il est affecté ), on peut conclure de là qu'en chaque genre, l'action la plus excellente est celle du sens le mieux disposé sur le plus admirable des objets soumis à son action. <u>Elle sera donc aussi la plus parfaite et la plus agréable</u> ; car chacun de nos sens est susceptible d'éprouver du plaisir, et l'on peut en dire autant de nos facultés de réflexion et de contemplation. <u>L'action des sens la plus agréable est donc la plus parfaite</u>, et la plus parfaite est celle du sens le mieux disposé par rapport à ce qu'il y a de plus accompli parmi les objets dont il reçoit les impressions.</p></div><div class="citation source"><p>Éthique à Nicomaque, Livre X, chap. 4</p></div><p>C'est pourquoi ce n'est pas tant le <u>plaisir</u> en soi que nous recherchons mais <u>l'activité</u> plaisante.<br /><small>Par exemple (en tout cas espérons-le <img src="https://www.jrrvf.com/fluxbb/plugins/ezbbc/style/smilies/smile.png" alt="smile" />) quand nous recherchons le plaisir de nos échanges sur JRRVF, ce que nous recherchons d'abord, c'est d'abord la perfection de l'activité intellectuelle et de l'activité amicale, laquelle perfection nous donne ensuite du plaisir (ou se voit complétée par le plaisir). De même, ne serait-il pas absurde de désirer le plaisir de rencontrer mon ami (à Noirmoutier, à Toulouse ou ailleurs <img src="https://www.jrrvf.com/fluxbb/plugins/ezbbc/style/smilies/smile.png" alt="smile" />) sans le rencontrer effectivement (i.e. me contenter d'imaginer la rencontre, et d'en tirer le plaisir que me procure cette imagination) sans plus jamais le rencontrer ?</small></p><p>Autrement dit, le plaisir ne peut être à lui seul le <i>telos</i> de la vie humaine puisqu'il dépend lui-même de la perfection de notre activité ; c'est cette perfection de notre activité qui est en réalité le vrai <i>telos</i> de la vie humaine, perfection de laquelle découle celle du plaisir (<i>signe</i> ou <i>propriété</i> du bonheur mais non pas <i>essence</i> du bonheur).</p><p class="separation"></p><p>Très bien le parallèle (et l'opposition) entre Bernanos et Proust. Bien vu !<br />Je connais mal les deux auteurs, et je me fie à tes commentaires, qui m'éclaircissent ces passages autrement un peu compliqués (pour moi).<br />Très intéressant.</p><p>À la fin :</p><div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>L'œuvre-monde proustienne me semble pertinemment démontrer que l'on peut créer du sens profond, révéler des vérités existentielles, transfigurer le réel... sans Dieu, sans Providence, sans finalité cosmique, ce qui rejoint précisément ce que je me suis permis de défendre philosophiquement ici et déjà dans la discussion précédente dans l'autre fuseau.</p></div></blockquote></div><p>Est-ce que l'on ne se retrouve pas avec une perspective existentialiste ?</p><p><small>Je (re)pense à Sartre et à sa formule bien connue : <span class="exergue">« l'existence précède l'essence »</span> dans le sens où la liberté de l'homme serait absolument première. Auquel cas, non seulement Tolkien et s. Thomas, mais déjà Aristote ne pourrait suivre là-dessus. <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94931#p94931" rel="nofollow">L'idée moderne</a>, absolutisée dans l'existentialisme, d'après laquelle le sujet serait premier, aurait paru complètement absurde au stagirite, parce qu'en contradiction avec l'expérience la plus commune : avant de vouloir quoi que ce soit et avant de décider quoi que ce soit, nous sommes des êtres naturels, qui naissons avec une nature : nous nous recevons d'autre chose que nous-mêmes avant de commencer à agir sur nous. Notez qu'Aristote n'a pas besoin de croire dans le Dieu chrétien pour induire cela.</small></p><p>Pour ton dernier paragraphe, cela me semble bien ainsi. Et c'est précisément pourquoi Tolkien parle de <i>sub</i>création, non de création, i.e. : nous sommes des êtres dépendant d'autres causes (et d'une Autre Cause en particulier) que nous-mêmes.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 21:33:25 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94960#p94960</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94958#p94958</link>
			<description><![CDATA[<p>Quelques jours après nos échanges, et après m'être remis au travail sur mon propre projet littéraire qui accapare de plus en plus mon attention, je voudrais apporter une petite contribution supplémentaire — dans le domaine spécifiquement littéraire —, me semblant pertinente pour notre discussion à propos de la finalité, de la beauté et de la création... ce qui pourrait accompagner la transition vers Tolkien.&#160; </p><p>Il s'agit d'un propos de <b>Georges Bernanos</b>, commentant l'œuvre-monde de <b>Marcel Proust</b>, <i>La Recherche</i>, propos que j'ai identifié comme étant extrait d'un entretien de 1926 avec Frédéric Lefèvre (son référencement sera limité, car j'ai simplement vu passer récemment cela sur le réseau X [ex-Twitter], partagé succinctement par une participante, laquelle a seulement mentionné, comme source, un recueil de textes bernanosiens paru en fin d'année dernière) : </p><div class="citation"><p><b>G. Bernanos :</b> La terrible introspection de Proust ne va nulle part. Elle peut tromper un temps encore notre attente, et découvrant sans cesse de nouvelles perspectives, nous tenir en haleine, faire illusion sur la leçon qu'elle va donner, et ne donne jamais. Cette poursuite est hallucinante, pour ne pas dire désespérée. Oh ! ces bêtes raisonnables et lubriques, compliquées comme des instruments de chirurgie, polies comme eux – et pour lesquelles le Christ est mort en vain ! Je ne dis pas seulement que Dieu est absent de l'œuvre de Proust, je dis qu'il est impossible d'y retrouver même sa trace. Je crois qu'il serait impossible de l'y nommer. </p><p><b>Question :</b> Vous y voyez évidemment un inconvénient du point de vue de l'art ? </p><p><b>G. Bernanos :</b> Certes ! Proust a cru pouvoir se placer au point de vue de l'observation pure. L'état de grâce intellectuel serait une indifférence totale au bien et au mal. Cette prétention paraîtrait soutenable si la loi morale nous était imposée du dehors, mais il n'en est rien. Elle est en nous, elle est nous-mêmes. Supposons, hors de l'humanité, un être d'une intelligence supérieure, mais totalement étranger au problème moral. Supposons encore qu'il nous observe et cherche à nous pénétrer. J'accorde qu'il penserait un temps que le Bien est un raisonnement juste qui sollicite l'Intelligence, le Mal un appétit charnel qui tend à la suborner. Mais il connaîtrait vite que cela n'expliquerait pas tout. J'ose même dire que cela n'expliquerait bientôt plus rien. L'objection, sitôt rencontrée, du Bien et du Mal recherchés pour eux-mêmes, aimés, servis, ferait s'écrouler tout le système. L'homme, d'abord apparu si simple, deviendrait une espèce de monstre incompréhensible. Non ! <i>Le romancier a tout à perdre en écartant de son œuvre le diable et Dieu :</i> ce sont des personnages indispensables. Il est vrai que le naturalisme avait tourné la difficulté : il changeait l'homme en bête.</p></div><div class="citation source"><p>Georges Bernanos (1888-1948), entretien avec Frédéric Lefèvre (1926) in <i>Rois et pauvres</i> (textes choisis, préface de Sébastien Lapaque), La Onzième Heure éd., 2025.</p></div><p>Ce qui me parait intéressant ici, d'un point de vue sceptique, c'est précisément ce que Bernanos critique chez Proust : une <span class="exergue">« terrible introspection »</span> qui selon lui <span class="exergue">« ne va nulle part »</span>, un placement <span class="exergue">« au point de vue de l'observation pure »</span>, une création littéraire qui se passerait de Dieu et du diable comme <span class="exergue">« personnages indispensables »</span>. Or il y a quelque-chose d'ironique dans cette critique, puisque Proust lui-même rejette explicitement cette conception de la littérature qu'il appelle <span class="exergue">« la littérature de notations »</span>... ce qui apparaîtra écrit noir sur blanc <i>in fine</i> dans le septième et dernier volume de <i>La Recherche</i>, paru à titre posthume, <i>Le Temps retrouvé</i> : </p><div class="citation"><p>Comment la littérature de notations aurait-elle une valeur quelconque, puisque c'est sous de petites choses comme celles qu'elle note que la réalité est contenue (la grandeur dans le bruit lointain d'un aéroplane, dans la ligne du clocher de Saint-Hilaire, le passé dans la saveur d'une madeleine, etc.) et qu'elles sont sans signification par elles-mêmes si on ne l'en dégage pas ?</p></div><div class="citation source"><p>Marcel Proust (1871-1922), <i>Le Temps retrouvé</i>, in <i>À la Recherche du temps perdu</i>, édition en trois tomes de chez Robert Laffont, coll. « Bouquins » (textes établis par Thierry Laget, préfaces par Bernard Raffalli), 1987, tome III, p. 724.</p></div><p>Et peu après, dans le même dernier volume, Proust ajoute : </p><div class="citation"><p>La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature. Cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Mais ils ne la voient pas, parce qu'ils ne cherchent pas à l'éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d'innombrables clichés qui restent inutiles parce que l'intelligence ne les a pas « développés ». Notre vie ; et aussi la vie des autres ; car le style pour l'écrivain aussi bien que la couleur pour le peintre est une question non de technique mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients, de la différence qualitative qu'il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui, s'il n'y avait pas l'art, resterait le secret éternel de chacun. Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans la lune. Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l'infini et, bien des siècles après qu'est éteint le foyer dont il émanait, qu'il s'appelât Rembrandt ou Ver Meer [Vermeer], nous envoient encore leur rayon spécial.</p></div><div class="citation source"><p>Marcel Proust, <i>Le Temps retrouvé</i>, <i>op. cit.</i>, p. 725.</p></div><p>Ainsi pour Proust, la littérature n'est pas une observation passive qui noterait mécaniquement le réel. C'est un travail de déchiffrement, de transfiguration, de révélation d'un sens caché sous les apparences : les « petites choses » (la fameuse madeleine, le clocher, le bruit d'un aéroplane) étant <span class="exergue">« sans signification par elles-mêmes »</span>, il faut dégager ce sens par l'effort artistique. Bernanos se trompe doublement, d'une part lorsqu'il pense que Proust fait de <span class="exergue">« l'observation pure »</span> alors que ledit Proust déchiffre, transfigure, crée du sens, et d'autre part lorsqu'il pense que sans Dieu ni diable, l'œuvre proustienne <span class="exergue">« ne va nulle part »</span>, alors qu'elle va précisément vers la révélation de <span class="exergue">« la vraie vie »</span> par l'art, le sens étant créé par l'artiste, non forcément inscrit préalablement par une Providence. </p><p>Proust et Bernanos peuvent en tout cas s'accorder sur un point : la simple « notation » passive du réel ne suffit pas, il faut concevoir du sens. Mais leur désaccord porte sur l'origine de ce sens. Pour Bernanos (finaliste), le sens existe déjà, inscrit par Dieu dans le réel : l'artiste le découvre, et sans Dieu ni diable comme <span class="exergue">« personnages indispensables »</span>, l'œuvre est stérile. Pour Proust (non-finaliste), le sens n'existe pas préalablement, il faut le dégager, le créer par le travail artistique, cela pouvant se faire sans postuler de finalité transcendante. </p><p>L'œuvre-monde proustienne me semble pertinemment démontrer que l'on peut créer du sens profond, révéler des vérités existentielles, transfigurer le réel... sans Dieu, sans Providence, sans finalité cosmique, ce qui rejoint précisément ce que je me suis permis de défendre philosophiquement ici et déjà dans la discussion précédente dans l'autre fuseau. </p><p>Dans une perceptive d'accompagnement de la transition vers Tolkien, il me semble qu'il sera intéressant de voir si le Légendaire incarne l'exact opposé de <i>La Recherche</i>, soit une œuvre tellement finalisée (avec Eru, la Musique des Ainur, etc.) que le sens y est pré-inscrit plutôt que créé par le travail artistique et l'expérience du lecteur. Pour Proust, le sens se dégage de l'expérience vécue, transfigurée par l'art, tandis que pour Tolkien, on peut supposer que le sens préexiste dans un Plan divin, Plan que l'artiste subcréateur reflèterait... ce qui nous mettrait dès lors, à cette aune, en présence de deux visions bien différentes de ce qu'est, et de ce que fait, la littérature ainsi que l'art plus généralement. </p><p>Amicalement, </p><p>B.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Sat, 07 Mar 2026 15:47:47 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94958#p94958</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94948#p94948</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>???<br />Depuis quand faudrait-il préciser le contexte ? <br />[...]<br />Ou bien les figures catholiques engagées contre l'avortement devraient-elles faire publiquement l'objet d'une contextualisation particulière lorsqu'elles sont citées ? Et à quel titre ? Je ne vois pas que ce soit le cas quand apparaissent Beauvoir, Monod, Sarte, etc.</p></div></blockquote></div><p>Même si je peux toujours me tromper, il me semble que Beauvoir, Sartre, ou même Monod, sont des références un peu plus connues que Lejeune, mais sur le fond de mes brèves remarques à propos de ce dernier, au-delà de mon opinion personnelle telle qu'exprimée <small>(et que tu as tendance, une fois de plus cher ami, à caricaturer, notamment en la « médicalisant » par un regrettable choix de vocabulaire sur le thème des allergies)</small>, c'est notamment son statut de conseiller pontifical sur les questions de bioéthique qui ne m'a pas paru anodin dans un débat public sur la finalité, la providence, etc. :-) </p><p>Mais bon... tu as raison : restons-en là. <u>Vraiment</u>. ;-) <br />Sujet clos de mon côté. :-) </p><p><small>N.B. : tout virtuels qu'ils soient, mes émoticônes sont vrais aussi. ^^<br />Quant à la choucroute, au sens littéral du terme, ton emploi de celui-ci me rappelle incidemment qu'il faut que je réponde, dès que possible, à Beruthiel dans un autre fuseau déjà évoqué... ^^'</small></p><p class="separation"></p><div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Allez, pour en revenir&#160; à notre échange très riche, et pour faire écho à ta demande de troisième voie tout en restant chez les Grecs, je me demandais (et te demande) : que penser d'<b>Épicure</b> ? serait-ce un cas de matérialiste finaliste ? non pas avec un finalisme fort mais tout de même : chez lui le plaisir <small>(dans sa conception bien sûr, qui n'est pas le simple soulagement des désirs)</small> n'est-il pas une finalité naturelle à essayer de favoriser ?</p></div></blockquote></div><p>Perche tendue : je la saisis. ;-) <br />Voilà d'excellentes questions, que je te remercie d'avoir posées et méritant une vraie réponse – quoique succincte car il est tard –, dans la mesure de mes modestes connaissances. </p><p>Il me semble que l'on est, avec la philosophie d'Épicure, dans un cas très intéressant pour concevoir le « tiers-espace » dont j'ai parlé, entre un finalisme fort et un pur mécanisme. </p><p>Épicure apparait comme étant matérialiste strict, puisque selon lui seuls existent des atomes et du vide : pas de formes immatérielles, pas de dessein cosmique.</p><div class="citation"><p>L'univers est composé de corps et de vide. L'existence des corps nous est garantie par-dessus tout par la sensation, car c'est sur elle que se règlent [...] toutes les conjectures que le raisonnement dirige vers l'invisible. Quant à l'espace, que nous appelons aussi le vide, l'étendue, l'essence intangible, s'il n'existait pas, les corps n'auraient ni siège où résider ni intervalle où se mouvoir, comme nous voyons qu'ils se meuvent. Hors de ces deux choses, on ne peut plus rien saisir d'existant, ni sensiblement ni par analogie au sensible [...].</p></div><div class="citation source"><p>Épicure, <i>Lettre à Hérodote</i>, § 39-40, in <i>Lettres</i>, édition de Jean Salem préfacée par Marcel Conche, traduction de Octave Hamelin revue et corrigée, coll. « Les Intégrales de Philo », Paris, Nathan, 1992, rééd. 1998, p. 45.</p></div><p>C'est un point très important et parfois mal compris : dans une perspective épicurienne, les dieux existent, sont matériels, mais ils vivent dans des intermondes (<i>métakosmia</i>), soit des espaces entre les mondes dont le notre (espaces composés d'une matière très subtile, l'éther, tout comme les divinités elles-mêmes) et ne se soucient absolument pas des affaires humaines : point donc de providence, pas de plan divin, nulle finalité transcendante. </p><div class="citation"><p>[...] Commence par te persuader qu'un dieu est un vivant immortel et bienheureux, te conformant en cela à la notion commune qui eb est tracée en nous. N'attribue jamais à un dieu rien qui soit en opposition avec l'immortalité ni en désaccord avec la béatitude ; mais regarde-le toujours comme possédant tout ce que tu trouveras capable d'assurer son immortalité et sa béatitude. Car les dieux existent, attendu que la connaissance qu'on en a est évidente. <br /> Mais, quant à leur nature, ils ne sont pas tels que la foule le croit. Et l'impie n'est pas celui qui rejette les dieux de la foule : c'est celui qui attribue aux dieux ce que leur prêtent les opinions de la foule. [...] Ces présomptions fausses font que les dieux sont censés être pour les méchants la source des plus grands maux comme, d'autre part, pour les bons la source des plus grands biens. [...].</p></div><div class="citation source"><p>Épicure, <i>Lettre à Ménécée</i>, § 123-124, in <i>Lettres</i>, édition de Jean Salem, <i>op. cit.</i>, p. 76.</p></div><p>Pour Épicure, les dieux sont donc bienheureux (vivants dans une complète indépendance), indifférents au monde : ils ne créent rien, ne planifient rien. Quant à l'univers, il est le fruit du hasard et non d'un dessein : pas de but préalable, mais simplement des rencontres fortuites, comme l'explique très bien le meilleur disciple d'Épicure, Lucrèce, en évoquant les atomes qui tombent, parfois dévient spontanément (par <i>clinamen</i>), entrent en collision, formant des agrégats... d'où les mondes et les êtres vivants. Je me permets de reprendre ici en partie un propos de Lucrèce que tu as déjà cité <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94914#p94914" rel="nofollow">précédemment</a> : </p><div class="citation"><p>Il existe en ces matières un grave vice de pensée [...] Le pouvoir des yeux ne nous a pas été donné [...] pour nous permettre de voir au loin [...]. Rien en effet ne s'est formé dans le corps pour notre usage ; mais ce qui s'est formé, on en use."</p></div><div class="citation source"><p>Lucrèce, <i>De Rerum Natura</i>, IV, v. 822-835 (vers selon mon édition, dont je ne reprends pas la traduction ici).</p></div><p>Cependant, si la pensée épicurienne rejette la finalité cosmique/objective, elle reconnaît une forme de finalité humaine/subjective, avec le plaisir (<i>hèdonè</i>) comme fin naturelle de l'être humain et l'ataraxie comme <i>telos</i> (fin) de la philosophie. Épicure observe empiriquement que tout vivant cherche le plaisir et fuit la douleur : ce n'est pas une loi cosmique imposée par un Créateur, mais une régularité naturelle liée à notre constitution atomique. </p><div class="citation"><p>[...] Le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse. [...] Le plaisir est reconnu par nous comme le bien primitif et conforme à notre nature [...].</p></div><div class="citation source"><p>Épicure, <i>Lettre à Ménécée</i>, § 128-129, in <i>Lettres</i>, édition de Jean Salem, <i>op. cit.</i>, p. 78.</p></div><p>Donc oui, il y a une « finalité », mais faible, immanente, descriptive, avec des organismes tendant naturellement vers ce qui les préserve (le plaisir) et fuyant ce qui les détruit (la douleur), tandit que le sage choisit librement de viser l'ataraxie (<i>araraxia</i>) ou plaisir stable de l'âme, parfois traduit par « tranquillité de l'âme », soit l'absence de trouble. Il n'est pas question de téléologie transcendante, mais d'une orientation naturelle et d'un choix éthique. </p><p>Épicure montre qu'on peut être matérialiste strict (il n'y a rien d'autre que des atomes et du vide), anti-providentiel (pas de dieux créateurs, pas de dessein cosmique)... et cependant reconnaître des régularités naturelles (le vivant tendant vers le plaisir), des valeurs (l'ataraxie étant préférable au trouble), des orientations éthiques (le sage visant la vie heureuse), sans pour autant tomber ni dans le finalisme aristotélicien/thomiste (concevant des formes immatérielles et des causes finales cosmiques), ni dans le nihilisme (rien n'a de valeur, tout est absurde). </p><p>Or c'est précisément le type de position que je me permets de défendre : un naturalisme qui reconnaît l'ordre, la beauté, les valeurs, sans forcément postuler de finalité transcendante. Grand merci donc à toi, cher Yyr, pour ces questions, qui m'ont permis de, peut-être, clarifier ma position, tout en enrichissant encore cette discussion, de façon plus générale. :-) </p><p>Amicalement,</p><p>B. </p><p class="separation"></p><p>P.S. :&#160; </p><div class="quotebox"><cite>Beruthiel a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Quant aux étoiles, leur « beauté » relève possiblement de ce que l'on appelle une exaptation : nous réutilisons nos capacités perceptives pour contempler ce qui n'a pas eu d'impact direct sur notre évolution.</p></div></blockquote></div><p>On peut aussi remarquer que les étoiles permettent de s'orienter, ce qui est vital pour des nomades... Les oiseaux utilisent aussi les étoiles lors de leur migration.</p></div></blockquote></div><p>Excellente remarque. :-)</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 22:59:42 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94948#p94948</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94946#p94946</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Quant aux étoiles, leur « beauté » relève possiblement de ce que l'on appelle une exaptation : nous réutilisons nos capacités perceptives pour contempler ce qui n'a pas eu d'impact direct sur notre évolution.</p></div></blockquote></div><p>On peut aussi remarquer que les étoiles permettent de s'orienter, ce qui est vital pour des nomades... Les oiseaux utilisent aussi les étoiles lors de leur migration.</p><p>C.</p><p>PS : bon anniversaire Yyr&#160; ! (de plus en plus en retard...)</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Beruthiel)]]></author>
			<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 20:54:37 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94946#p94946</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94944#p94944</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Permets-moi une dernière remarque amicale sur ce point, cher Yyr. <br />Quand tu cites Lejeune dans un débat philosophique sur le finalisme (comme tu cites Aristote ou Gilson), tu le présentes implicitement comme une référence intellectuelle universelle et accessible à tous. Or Lejeune n'est pas qu'un éminent généticien : c'est aussi une figure catholique engagée sur des questions éthiques très sensibles [...]</p></div></blockquote></div><p>Monod s'est aussi engagé sur ces questions très sensibles. Je ne me suis pas pour autant senti obligé de faire une mise au point sur ce que j'en pense. Quel rapport avec la choucroute ?</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>En le citant comme tu l'as fait, sans préciser ce contexte, [...]</p></div></blockquote></div><p>???<br />Depuis quand faudrait-il préciser le contexte ? <br />Le contexte est très simple ici, c'est celui de la finalité, avec l'évolution en toile de fond, d'où ensuite citation de ce généticien sur l'origine de l'homme couleur d'homme.<br />Ou bien les figures catholiques engagées contre l'avortement devraient-elles faire publiquement l'objet d'une contextualisation particulière lorsqu'elles sont citées ? Et à quel titre ? Je ne vois pas que ce soit le cas quand apparaissent Beauvoir, Monod, Sarte, etc.<br />Les lecteurs du forum sont par ailleurs tous assez grands pour savoir quoi penser.</p><p>Donc oui, amicalement, « restons-en là » mais <u>vraiment</u>, je te le demande, mon ami anti-anti-IVG, peux-tu <u>s'il-te-plaît</u> <u>à l'avenir</u> te modérer toi-même et éviter, à chaque coin de post renfermant ce type d'allergène, d'éternuer sur le forum ? :) (avec de vrais smileys, je ne sais pas comment te le demander :) :))</p><p class="separation"></p><p>Allez, pour en revenir&#160; à notre échange très riche, et pour faire écho à ta demande de troisième voie tout en restant chez les Grecs, je me demandais (et te demande) : que penser d'<b>Épicure</b> ? serait-ce un cas de matérialiste finaliste ? non pas avec un finalisme fort mais tout de même : chez lui le plaisir <small>(dans sa conception bien sûr, qui n'est pas le simple soulagement des désirs)</small> n'est-il pas une finalité naturelle à essayer de favoriser ?</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 17:57:37 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94944#p94944</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94942#p94942</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Tu écris : « comment expliquer comme facteur d'évolution aveugle ce qui est inutile en soi ? » S'agissant de la beauté, on peut la considérer comme utile évolutivement : en matière de sélection sexuelle, à travers des traits jugés harmonieux, des qualités « charmantes » telles que les couleurs vives et/ou le chant mélodieux chez les oiseaux, la perception de ce que nous appelons la beauté n’apparaît-elle pas adaptative ? Par ailleurs, nos capacités perceptives ont évolué pour des raisons pratiques (survie, reproduction), mais elles ont pu ensuite être réutilisées pour des activités, artistiques par exemple, pour lesquelles lesdites capacités n'avaient pas forcément été sélectionnées au départ.</p></div></blockquote></div><p>Oui, Tu as raison de verser cette perspective au dossier et de me compléter.<br />Car cette perspective m'est difficile à envisager à titre personnel (contrairement à d'autres points où je comprends la perspective mécaniste plus facilement) : je vois mal en quoi la beauté des arbres et des étoiles peut avoir une valeur adaptative ...</p></div></blockquote></div><p>Je comprends que cette perspective te soit difficile à envisager personnellement, et c'est d'ailleurs tout l'enjeu de nos désaccords : nous partons d'expériences similaires (émerveillement devant la nature) mais les interprétons différemment.<br />Pour essayer de répondre brièvement à ta question, je pense que la beauté des arbres peut avoir une valeur adaptative indirecte, dans le sens où nos cerveaux peuvent estimer « beaux » des environnements signalant de potentielles ressources pour nos lointains ancêtres, les arbres pouvant en l'occurrence être associés à une possible source de nourriture (leurs fruits), à un possible abri, à de l'eau à proximité (à l'image de l'oasis dans le désert). Quant aux étoiles, leur « beauté » relève possiblement de ce que l'on appelle une exaptation : nous réutilisons nos capacités perceptives pour contempler ce qui n'a pas eu d'impact direct sur notre évolution. Ainsi peuvent notamment naître les mythes... <br />Mais je comprends que cette explication ne te satisfasse pas pleinement, et c'est précisément là que nos chemins philosophiques divergent. Tu penses qu'il faut y voir une finalité objective alors que je pense que l'on peut simplement y voir une projection humaine, ni l'un ni l'autre n'étant « démontrable » au sens strict.</p><div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>c'est sur d'autres sujets que ses opinions posent gravement problème</p></div></blockquote></div><p>Un petit mot a sauté ;) : « que ses opinions <u>me</u> posent gravement problème »<br />Une opinion tienne, que l'on sait très importante pour toi, mais qui n'est l'objet ni du présent fuseau en particulier ni de JRRVF en général ;)</p></div></blockquote></div><p>Permets-moi une dernière remarque amicale sur ce point, cher Yyr. <br />Quand tu cites Lejeune dans un débat philosophique sur le finalisme (comme tu cites Aristote ou Gilson), tu le présentes implicitement comme une référence intellectuelle universelle et accessible à tous. Or Lejeune n'est pas qu'un éminent généticien : c'est aussi une figure catholique engagée sur des questions éthiques très sensibles (celle de l'IVG, notamment). En le citant comme tu l'as fait, sans préciser ce contexte, tu pouvais difficilement t'attendre à ce que je n'y réagisse pas, surtout sachant mes positions sur ces sujets. Ma remarque, contrairement à ce que tu sembles avoir pensé, n'était donc pas une « provocation », car il s'agissait simplement d'une mise au point : même si, encore une fois, je reconnais son style dans la citation que tu as donnée, non, de mon point de vue, Lejeune n'est pas une référence universelle, et ses opinions <i>me</i> posent effectivement problème... mais sans doute pas qu'à moi ! ;-) </p><p>Ceci dit, tu as raison sur le fait que ce n'est effectivement ni l'objet de ce fuseau, ni de notre espace de discussion en général : comme je l'avais déjà exprimé moi-même précédemment, restons-en donc là, dans un esprit de sérénité. :-) </p><div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>& Vu pour Camus: merci pour les citations !<br />Nous sommes raccords :).</p></div></blockquote></div><p>Tant mieux ! <br />C'est toujours agréable de trouver des points d'accord au milieu de nos désaccords. :-) </p><p>Je sais bien que nos lectures du Légendaire divergeront probablement, avec finalisme providentiel d'un côté et appréciation esthétique sans forcément d'adhésion métaphysique de l'autre, mais j'espère que nos échanges resteront aussi stimulants qu'ils l'ont été jusqu'ici... et j'attends donc toujours la suite sur Tolkien avec curiosité. :-) </p><p>Amicalement, </p><p>B.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 17:16:07 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94942#p94942</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94941#p94941</link>
			<description><![CDATA[<div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Tu écris : « comment expliquer comme facteur d'évolution aveugle ce qui est inutile en soi ? » S'agissant de la beauté, on peut la considérer comme utile évolutivement : en matière de sélection sexuelle, à travers des traits jugés harmonieux, des qualités « charmantes » telles que les couleurs vives et/ou le chant mélodieux chez les oiseaux, la perception de ce que nous appelons la beauté n’apparaît-elle pas adaptative ? Par ailleurs, nos capacités perceptives ont évolué pour des raisons pratiques (survie, reproduction), mais elles ont pu ensuite être réutilisées pour des activités, artistiques par exemple, pour lesquelles lesdites capacités n'avaient pas forcément été sélectionnées au départ.</p></div></blockquote></div><p>Oui, Tu as raison de verser cette perspective au dossier et de me compléter.<br />Car cette perspective m'est difficile à envisager à titre personnel (contrairement à d'autres points où je comprends la perspective mécaniste plus facilement) : je vois mal en quoi la beauté des arbres et des étoiles peut avoir une valeur adaptative ...</p><div class="quotebox"><blockquote><div><p>c'est sur d'autres sujets que ses opinions posent gravement problème</p></div></blockquote></div><p>Un petit mot a sauté ;) : « que ses opinions <u>me</u> posent gravement problème »<br />Une opinion tienne, que l'on sait très importante pour toi, mais qui n'est l'objet ni du présent fuseau en particulier ni de JRRVF en général ;)</p><p>& Vu pour Camus: merci pour les citations !<br />Nous sommes raccords :).</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Yyr)]]></author>
			<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 12:35:40 +0000</pubDate>
			<guid>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94941#p94941</guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Réponse à&#160;:  Finalité dans le Conte d'Arda]]></title>
			<link>https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94933#p94933</link>
			<description><![CDATA[<p>Merci pour tes réponses, Yyr. :-) </p><div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Le savant que tu évoques n'est pas du tout ma tasse de thé [...]</p></div></blockquote></div><p>Le meilleur de tous :).<br /><small>J'en suis fan comme Linus de Beethoven.<br />À la question : « de quelle couleur était le premier homme ? » le généticien répondait : « il était couleur d'homme » :).</small></p></div></blockquote></div><p>Lejeune n'était pas raciste : à la bonne heure. Mais comme je l'ai laissé entendre dans <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94927#p94927" rel="nofollow">mon propos</a>, c'est sur d'autres sujets que ses opinions posent gravement problème et ne constituent assurément pas une référence à mes yeux. <br />Pour maintenir au mieux la sérénité des échanges, je n'en dirais toutefois pas plus. :-) </p><div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>[...] mais je lui reconnais un certain style à travers ta citation. Pour essayer d'y répondre sur le fond, il me semble qu'il vaudrait mieux admettre que la beauté ne prouve pas la finalité : pourquoi la première impliquerait-elle la seconde ? L'argument, ici esthétique, me parait circulaire. On peut certes considérer la beauté comme étant l'harmonie des parties en vue d'une fin : c'est le point de vue finaliste. Mais on peut aussi considérer que la beauté que nous percevons est une construction perceptive de notre cerveau, sélectionnée de façon évolutive. Lejeune, d'une manière qui peut rappeler Tolkien, oppose ceux qui voient du hasard (« rien n'a de sens ») à ceux qui voient de la beauté, soit sans doute implicitement plutôt ceux qui « ont la foi ». Nous retrouvons dès lors, à mon sens, un faux dilemme, puisque l'on peut aussi être émerveillé par la beauté du monde tout en l'appréhendant sans finalité transcendante : l'émerveillement n'est pas l'apanage du finalisme.</p></div></blockquote></div><p>À aucun moment il n'est question de « preuves ». Ici comme ailleurs, nous sommes bien d'accord, et tu ne fais que (légitimement) reformuler le désaccord entre les deux thèses. Mais le finalisme ajoute ceci : comment expliquer comme facteur d'évolution aveugle ce qui est inutile en soi ? On en revient, pour la beauté comme pour les mythes et les croyances, à la concession de Monod (qui n'est tout de même pas un mécaniste frileux), et à la solution bancale qui consiste à adopter le mécanisme en théorie mais pas en pratique. Aussi étonnant que ce soit, il me semble que Monod n'ait pas songé à argumenter là-dessus de la façon suivante : à savoir que nous tenons bien ensemble la connaissance théorique de la rotation de la Terre autour du Soleil d'un côté et l'expérience pratique de son lever et de son coucher de l'autre. Mais cela suffit-il ? ...</p></div></blockquote></div><p>Tu écris : « comment expliquer comme facteur d'évolution aveugle ce qui est inutile en soi ? » S'agissant de la beauté, on peut la considérer comme utile évolutivement : en matière de sélection sexuelle, à travers des traits jugés harmonieux, des qualités « charmantes » telles que les couleurs vives et/ou le chant mélodieux chez les oiseaux, la perception de ce que nous appelons la beauté n'apparait-elle pas adaptative ? Par ailleurs, nos capacités perceptives ont évolué pour des raisons pratiques (survie, reproduction), mais elles ont pu ensuite être réutilisées pour des activités, artistiques par exemple, pour lesquelles lesdites capacités n'avaient pas forcément été sélectionnées au départ. </p><p>Quant à tenir « bien ensemble la connaissance théorique de la rotation de la Terre autour du Soleil d'un côté et l'expérience pratique de son lever et de son coucher de l'autre », cela peut suffire effectivement aux mécanistes, car ce n'est pas tant une question de contradiction entre théorie et pratique, que de distinction à faire entre science et métaphysique se situant sur des plans différents. Rappelons qu'un choix méthodologique de la science n'empêche pas les individus, y compris scientifiques, d'avoir des aspirations au sens, à la beauté, à la transcendance dans leur vie personnelle. </p><div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>Ce que je comprends moins, si je puis simplement me permettre d'en faire à nouveau la remarque (je l'avais <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94769#p94769" rel="nofollow">déjà fait</a> dans la discussion précédente), c'est la raison pour laquelle tu ranges systématiquement toute position non-finaliste dans la case « mécanisme matérialiste ». Il me semble qu'il existe un tiers-espace philosophique, que j'avais évoqué <a href="https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic.php?pid=94744#p94744" rel="nofollow">ailleurs</a> notamment à travers mon analyse personnelle d'une image de Robert Fludd, et que ce tiers-espace mérite considération, sans être réductible à des dilemmes qui, eux, me paraissent faux — sans que je méprise pas pour autant ceux qui accordent de l'importance aux dits dilemmes, pour peu qu'ils ne cherchent pas à les imposer comme un paradigme « imparable ».</p></div></blockquote></div><p>La case peut tout à fait être étendue avec ensuite des distinctions à faire. Le fait est que le débat scientifique actuel, ou plutôt le <i>paradigme</i> scientifique actuel (au sens défini par T. S. Kuhn, <i>de la structure des révolutions scientifiques</i>), est au mécanisme.</p></div></blockquote></div><p>Certes, mais c'est précisément les distinctions à faire que je voudrais voir reconnues, et sans forcément un enfermement dans une case, même étendue, relevant d'un faux dilemme. Le tiers-espace dont j'ai parlé ne me parait pas être réductible au mécanisme matérialiste. </p><div class="quotebox"><cite>Yyr a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><div class="quotebox"><cite>Hyarion a écrit&#160;:</cite><blockquote><div><p>En ce qui concerne Albert Camus, [il] dit que le monde est absurde, c'est-à-dire dépourvu de sens intrinsèque, de finalité objective.</p></div></blockquote></div><p>Je le connais moins que toi mais j'avais plutôt tendance à comprendre sa réinterprétation du mythe de Sisyphe comme : c'est non pas le monde mais la condition de l'homme qui est absurde (ce sont les figures du Don Juan, du Conquérant et du Comédien, qui tous courent après un désir réel mais que le monde ne leur permet pas d'assouvir).</p></div></blockquote></div><p>J'ai été peut-être un peu trop synthétique dans mon propos sur ce point. Revenons donc au texte. Au fil de sa réflexion dans <i>le Mythe de Sisyphe</i>, Camus dit bien que le monde est absurde, avant de considérer que, dit ainsi, c'est aller trop vite : <span class="exergue">« Ce monde n'est pas raisonnable, c'est tout ce qu'on en peut dire. »</span> Camus parle notamment d'un <span class="exergue">« monde qui déçoit »</span>, mais aussi du <span class="exergue">« silence déraisonnable du monde »</span>. Il dit aussi : <span class="exergue">« Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu'il m'est impossible pour le moment de le connaître. Que signifie pour moi signification hors de ma condition ? »</span> Le sentiment d'absurde apparait comme ce qui définit le rapport entre la condition humaine et le monde... en « co-responsabilité », si j'ose dire : <span class="exergue">« L'absurde dépend autant de l'homme que du monde. Il est pour le moment leur seul lien. Il les scelle l'un à l'autre comme la haine seule peut river les êtres. C'est tout ce que je puis discerner clairement dans cet univers sans mesure où mon aventure se poursuit. »</span> C'est à cette aune que Camus maintient un courage moral, une création de sens, une éthique de la solidarité, sans donc postuler de finalité cosmique objective. </p><p><small>J'ai encore veillé trop longtemps pour répondre et les paupières sont lourdes...</small></p><p>Bonne nuit à tout le monde ! </p><p>Amicalement, </p><p>B.</p>]]></description>
			<author><![CDATA[dummy@example.com (Hyarion)]]></author>
			<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 01:48:09 +0000</pubDate>
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