Forum JRRVF
Un fratricide - Version imprimable

+- Forum JRRVF (https://www.jrrvf.com/forum)
+-- Forum : Au-delà de l’Œuvre (https://www.jrrvf.com/forum/forumdisplay.php?fid=4)
+--- Forum : Les Adaptations et créations (https://www.jrrvf.com/forum/forumdisplay.php?fid=12)
+--- Sujet : Un fratricide (/showthread.php?tid=2123)

Pages : 1 2 3


Un fratricide - Vinyamar - 06/06/2002

voilà, cela fait maintenant plus de 6 mois que le film est passé, et après ce temps, je me rend compte que je vis ce film comme un vrai fratricide.
D'accord, malgré quelques écarts, le film est le juste frère du bouquin. L'histoire est respectée, les personnages sont très bien rendus, enrichis même par rapport à une seule lecture du SdA (enrichi par le Silmarillon, les CLI, etc...). Il y a donc une vraie fraternité entre les deux oeuvres.

Peter Jackson n'a fais que peu de mofification. On peut même avouer qu'elles se résument essentiellement à de grosses coupures justifiables pour un film, et à quelques effets cinématographique qu'on ne peut pas lui reprocher.
Mais ce qui tue le livre, c'est l'ambiance qu'il a voulu donner à l'aventure. Le film donne une bonne illustration du fait qu'avec la même histoire, deux hommes en feront deux choses strictemnt différentes. Car on ne peut pas nier (malgré la légère exagération du paragraphe qui précède) que l'histoire est la même.
Mais l'ambiance n'est pas la même, la vie n'y est pas la même, les héors, s'ils accomplissent les mêmes actes et ressentent à peu près les mêmes choses ne sont pas les mêmes.

L'ambiance: Tout reposait, chez Tolkien sur le charme de la nature, sur des description précise et riches en couleur, odeurs, à son vocabulaire et son langage recherché, à la noblesse ancienne et non altière des Elfes, à leur quasi mystère (ils sont finalement physiquement assez absents de l'oeuvre). Dans le film, tout a l'air sombre (même la lothlorien - sauf le passage du gué), et il y a le sentiment d'un danger permanent.

la vie: là où Tolkien donne des tonnes de détails sur les personnages que l'on rencontre, ou surtotu sur les cités et leur histoire, l'origine des noms des choses, le film ne peux bien sûr pas rivaliser. Mais la vie même des personnage n'est pas la même, à cause du rythme effréné que PJ a voulu donner à son histoire, et à cause de l'ambiance. On l'a déjà dit, on ne les voit plus manger ces délicieux plats cuisinés, profiter de leur repos, etc...

Les héros: ils passent sans doute par tous les états d'esprits que Tolkien avait voulu leur donner, mais ce qui pèche dans le film c'est le bris de leur relation. La relation de cousins intrépides et malin des Pipin et Merry qui veulent protéger Frodon, celle de Sam tout dévoué à son maître et ami, celle d'Aragorn à tout le reste du monde, qui ressemble à un super héros méconnu. Boromir... Seule la relation à Gandalf est préservée. Ne parlons pas de l'effrayante transformation de Galadriel en sorcière qui viole les consciences.

Ce que je critique ici, ce n'est pas encore une fois les différences entre le livre et le film, mais la modification radicale du ton de l'oeuvre, qui me fait me rendre compte qu'au delà de l'histoire, c'est surtout la magie à l'oeuvre sur le lecteur dans le livre qui m'a envoûté.
Désormais, je sais que je ne parlerais plus jamais (et à dire vrai je ne l'avais jamais fait) du SdA en en racontant l'histoire, mais bien la poésie.
PJ, influencé par les jeux de rôles ou bien par les lieux communs de tout le genre (dont l'exmeple le plus flagrant est cette espèce d'auberge mal famée (toujours mal famés les bars) de Bree), tue le livre, en en extirpant l'histoire sans la magie.

Quelqu'un disait que Gladiator l'avait plus touché que le film... eh bien je suis d'accord à 100 %. Le film est passé (et je suis content qu'il ait été fait, et bien fait malgré tout), mais il me laisse froid avec plutôt un goût de "pas mal, mais tellement classique") (comme cette scène où Aragorn sourit en entendant un cavalier noir qui rôde derrirèe lui, se retourne et lui lance la torche dessus... PERSONNE NE SOURIT AVEC UN CAVALIER NOIR !). On nous aurait montré la scène avec la moitié du visage en gros plan, l'homme qui sourit, se retourne dégaîne et tire, que ç'aurait été pareil.


Voilà mon constat.
L'apparation de la ténébreuse Galadriel sur ce forum est à l'origine de cette réflexion: le film est allé jusqu'à trahir complètment l'idée que se faisait Tolkien de la belle Galadriel, et même ce qu'on dit d'elle dans les CLI (elle voualit être reine) ne justifie cette transformation : elle a toujours voulu servir la lumière (et s'est révoltée contre Feänor lors de son départ de valinor avec les Noldors, pour protéger la cité)

Je pense que le film aura donné pour toujours aux nouveaux lecteurs certaines images dont ils ne se déferont pas, et que le livre en sera transformé (tout comme les aventure d'Hercule Poirot en images ont pour toujours fixé une image au lecteur d'Agatha Christy - mais je peux me tromper)





Un fratricide - Yyr - 06/06/2002


Je suis en parfait accord avec toi Vinyamar ;) Le pire pour moi concerne l'absence de la composante elfique de la Terre-du-Milieu de PJ alors qu'elle est _fondamentale_, constitutive de la vraie Terre-du-Milieu ; et comme tu le relèves, ce n'est pas la seule dimension trahie.

Yyr

Je suis néanmoins satisfait que cette adaptation ait été faite ... ayant ainsi empêché quelqu'un d'autre de faire pire :)


Un fratricide - Yyr - 06/06/2002


Enfin ... satisfait ... soyons honnête ... disons plutôt philosophe :)


Un fratricide - sosryko - 06/06/2002

Je fais partie des lecteurs qui ont découvert le livre après le film, et rassure-toi, Vinyamar, j'ai été comme toi désolé de la façon dont PJ a traité Galadriel et le rapport au temps en général.
Ce simple mot pour dire que les futurs lecteurs du SdA, à condition de rester ouvert au texte et de ne pas y rechercher le scénario d'un film, resteront sensibles au charme et à la poésie d'un Tolkien et sauront y trouver les richesses que le film n'a pu faire qu'entrevoir.

S.




Un fratricide - gaston - 06/06/2002

Je suis complètement d'accord sur cette différence de ton.

Chaque support impose d'une certaine manière un ryhtme et donc un ton. La lecture est lente et riche, le cinéma est souvent rapide et visuel.

Pour ma part, je trouve que de pouvoir découvrir la Terre du Milieu dans un grand spectacle fidèle à l'oeuvre, et être en mesure par la suite de se plonger complètement dans cet univers avec les livres, pour en découvrir la richesse, est une fort belle chose.

Chaque média assume son rôle et ses forces en quelque sorte.

Je suis d'accord sur l'effet des images sur l'imagination des lecteurs, mais n'est-ce pas ainsi que toute adaptation ciné? A mes yeux l'essentiel est d'être fidèle à l'oeuvre dans sa globalité tout en respectant les contraintes du média qu'on utilise.

Sans ce sentiment d'urgence, sans l'action, sans la noirceur, le film perdrait de son impact, de son efficacité à capter l'attention sur 3H et ne remplirait pas son rôle.
Ce dont je me félicite, c'est que la version cinéma du SDA réussisse à être à la fois un grand spectacle tout en étant globalement fidèle aux livres.

J'avais eu la même crainte avec un livre que j'aime beaucoup: "Contact" de Carl Sagan. Zemeckis en a fait un film qui prend de grandes libertés avec le rythme du livre, ses personnages et le déroulement de l'histoire. Pourtant, j'ai vraiment apprécié le film malgré tout ça car l'essentiel y est, tout en proposant une grande expérience de cinéma (opinion toute perso).

Le véritable piège serait de vouloir être trop fidèle d'une part aux livres et d'autre part à la vision, forcemment personnelle, de ses lecteurs.

Et puis, ça nous permet à nous qui sommes familiers du SDA de pouvoir être quand même surpris devant l'écran, ce qui est une autre fort belle chose :)




Un fratricide - Sarudalf - 07/06/2002

> Aragorn sourit en entendant un cavalier noir qui rôde derrirèe lui, se retourne et lui lance la torche dessus

Vous êtes certains qu'il sourit ??? J'ai souvenir d'un rictus mais pas franchement joyeux...




Un fratricide - Vinyamar - 09/06/2002

Je ne tenais pas à répéter ce qui a été sufisemment dit concernant les obligatoires modifications d'une adaptation sur un nouveu support.

Ce que je dis, c'est que PJ aurait dû définitivement privilégier l'ambiance et l'univers que l'histoire. A présent, j'aurai presque honte de me dire fan du SdA si je rencontrais des amis qui ne connaissent que le film. Parce que dans le film, même l'histoire ne semble pas si originale et si merveilleuse que cela, à cause de ces plans hyper classiques qui nous donnent l'impression d'avoir déjà vu un peu le film (re: l'auberge, le super-héro, la zolie guerrière (d'habitude poupée gonflée, on y échappe), etc...)
La vision différente d'une même histoire peut tuer l' (la même) histoire.

gaston: (bienvenue sur ce forum, par ailleurs)
Et puis, ça nous permet à nous qui sommes familiers du SDA de pouvoir être quand même surpris devant l'écran, ce qui est une autre fort belle chose :)

Tout à fait d'accord

Le véritable piège serait de vouloir être trop fidèle d'une part aux livres et d'autre part

Re d'accord !

Sans ce sentiment d'urgence, sans l'action, sans la noirceur, le film perdrait de son impact, de son efficacité à capter l'attention sur 3H et ne remplirait pas son rôle.
Ce dont je me félicite, c'est que la version cinéma du SDA réussisse à être à la fois un grand spectacle tout en étant globalement fidèle aux livres.
[..]
A mes yeux l'essentiel est d'être fidèle à l'oeuvre dans sa globalité tout en respectant les contraintes du média qu'on utilise.

Bon, c'est là le problème. Quelle est la fidélité au livre qu'il fallait conserver ? 1- Le caractère des persos ? 2-l'histoire de la destruction de l'anneau ? 3- la description d'un univers merveilleux au sein d'une terrible histoire ?

PJ a choisi le 2, je pense qu'il aurait falu choisir le 3.
On l'a déjà dit, mais K. Otomo, créateur d'AKIRA, a lui-même adapté son manga en un film (DA), et il a parfaitement réalisé le changement de support pour rendre son oeuvre plus spectaculaire, bien sûr, mais en conservant son ambiance et son univers plutôt que l'histoire, dont il a modifié jusqu'aux personnages très important dans la BD, les rendant juste ridicules dans le film (la prêtresse). Mais l'histoire pourtant est conservée malgré un scénario très différent.

Et quand tu dis qu'un film se doit d'avoir le sentiment d'urgence, l'action, la noirceur, je ne suis absoluemnt pas d'accord.
Princesse Mononoke par exemple donne un merveilleux aperçu de l'ambiance qu'aurait dû restituer le seigneur des anneaux en film: pas de noirceur, pas d'urgence (au contraire), mais une poésie de la forêt, assez d'action et de suspens pour nous tenir en haleine, mais toujours avec cette forêt et ses esprits en arrière plan, sans urgence. Le film est bien plus court, et pourtant l'histoire me semble avori durée plus longtemps !!!
Et je ne parle pas de nombreux autres dessins animés. Ok, le support du dessin encourage plus à la beauté que la réalité filmée.
Mais encore pour contredire l'idée qu'un film doit être noir, ou plein d'action ou plein d'urgence, je cite le film "Les évadés "(The Shaushenk redemption" - titre original si beau), ou le rythme est carrément lent, mais où on ne s'ennuie pas une seule seconde tant on est pris par l'univers coloré (malgré l'univers carcéral) et la bête vie quotidienne des héros, si bien qu'on en oublie ce qu'on croyait savoir arriver dès le début. Tout doux, le film, un des plus beaux que j'ai jamais vu, pas d'action à l'américaine, mais une histoire qui suit son fil, et qui nous surprend. Voilà aussi ce qu'aurait pû être le film du SdA.

On peut faire du spectaculaire sans tomber dans les facilités américaines. Je me réjouissait que PJ fasse très peu appel à Hollywood, je prenais ça pour un signe de capacité artistique... je ne ressents aucun art dans le SdA film, contrairement à de nombreux autres films - même la moria si bien réussie perd son charme à cause de cette scène de l'escalier.

Quel était la chose la plus importante pour Tolkien, et pour ses lecteurs, dans son oeuvre ? L'enchantement ! (ou qq cose comme ça)

Il a été tué, pour ne rendre qu'un film d'action qui s'éteint aussitôt l'action terminée.

Peut-on encore se prétendre aujourd'hui fan du SdA sans subir plus encore qu'autrefois de petites moquerie: "quoi, ce truc fantasy machin, avec des nains et des Elfes ?! J'ai vu le film, c'est gentillet comme histoire. Pas de quoi en parler 4 ans" (durée de ce forum)




Un fratricide - sosryko - 09/06/2002

>>Vinyamar: On l'a déjà dit, mais K. Otomo, créateur d'AKIRA, a lui-même adapté son manga en un film (DA), et il a parfaitement réalisé le changement de support pour rendre son oeuvre plus spectaculaire, bien sûr, mais en conservant son ambiance et son univers plutôt que l'histoire, dont il a modifié jusqu'aux personnages très important dans la BD, les rendant juste ridicules dans le film (la prêtresse). Mais l'histoire pourtant est conservée malgré un scénario très différent.

Je ne crois pas qui faille trop s'appuyer sur l'argument 'Otomo' : Otomo n'a pas fait sa BD fleuve puis réalisé son adaptation en DA; il a stoppé sa BD pour réaliser le film (en inventant par nécessité une fin) pour ensuite reprendre la BD là où il l'avait abandonnée (c'est-à-dire un peu après la destruction de Tokyo). Cela lui a posé problème d'ailleurs car n'étant pas pleinement satisfait de la fin du DA, il a eu du mal à trouver une 'autre' fin à la BD. Mais, également, voilà pourquoi des personnages de la BD n'apparaissent pas et entre autre pourquoi Lady Miyako est plus fouillée et importante dans la BD que dans le DA.




Un fratricide - Lothiriel - 09/06/2002

bonjour
Vinyamar : "Quel était la chose la plus importante pour Tolkien, et pour ses lecteurs, dans son oeuvre ? L'enchantement ! (ou qq cose comme ça)

Il a été tué, pour ne rendre qu'un film d'action qui s'éteint aussitôt l'action terminée"

j'ai lu et relu le SDA bien avant d'avoir vu le film ... Pourtant j'ai du mal à ne voir le film de PJ que comme "un film d'action qui s'éteint aussitôt l'action terminée"!
je reconnais tout à fait que PJ a privilégié l'aspect épique et nous sommes d'accord sur une partie des problèmes (au hasard, Galadriel), mais en même temps je me suis laissée prendre à la magie de certaines scènes, notamment le réveil de Frodo à Fondcombe, la descente du fleuve, la fuite et la sortie de la Moria, le passage de la Lorien en dehors de la scène du miroir, la Comté au tout début bien sûr. passages trop brefs à mon goût (un peu moins d'Isengard et un peu plus de Lorien auraient été bienvenus), mais qui me marquent bien plus que les batailles. tout ceci est évidemment question de perception, mais je n'ai vraiment pas eu le sentiment que PJ tuait le livre "en en extirpant l'histoire sans la magie"; Gladiator est effectivement un film d'action qui m'a laissée complètement froide, qui a eu le seul mérite de m'occuper lors d'un après-midi monstrueusement pluvieux! Le SDA façon PJ m'a procuré bien plus de plaisir et de rêves ;-)




Un fratricide - Vinyamar - 09/06/2002

(pour rester dans la parenthèse): merci sosryko pour ces précision sur Akira, j'ignorais ces détails, et comprend mieux à présent -merci aussi pour lady Miyako dont j'avais oblié le nom. Il est vrai que la toute fin du manga est un peu bizare, mais pas la disparition de Tetsuo qui est de toute beauté... donc ok, l'exemple ne vaut pas, même s'il demeure mémorable)

Lothiriel: on ne va effectivement aps discuter des goûts, cela a déjà été fait. Mais je suis content d'apprendre que tu as pu percevoir assez d'enchantement dans le film pour l'annoblir... ce ne fut pas mon cas.

Donc, répondrais-tu affirmativement à ma dernière question ?




Un fratricide - Semprini - 10/06/2002

gaston>>>Sans ce sentiment d'urgence, sans l'action, sans la noirceur, le film perdrait de son impact, de son efficacité à capter l'attention sur 3H et ne remplirait pas son rôle.

Je ne crois pas, gaston. C'était une solution (de facilité), mais ce n'était pas l'unique option. Ce n'est ni la noirceur, ni l'action qui font les grands films. Le sentiment de l'urgence, la force dramaturgique d'un film, peuvent être créés par d'autres moyens, plus subtils et plus contemplatifs (je te renvoie au cinéma de Visconti, Ozu, Dreyer), et qui permettent d'éviter le manichéisme. Tout est affaire de mouvement narratif, et il y a autant de manières de faire un film fort qu'il y a de sensibilités différentes. N'est-ce pas toi qui invoquais tantôt l'aspect nécessairement subjectif d'une création artistique et des avis s'y rapportant? ;-).




Un fratricide - Lothiriel - 10/06/2002

Vinyamar: ta dernière question, c'est celle sur les images dont les nouveaux lecteurs ne pourront se défaire ou celle sur le fait que le film infantilise le livre?
pour la peine, je réponds aux deux ;-)
quelque soit le livre, de toutes façons, le découvrir via un film a cette conséquence que les images se surimposent en partie à la lecture; c'est d'ailleurs vrai aussi lorsqu'on voit le film en connaissant déjà le livre. Dans un registre très différent du SDA, j'ai lu La rivière du 6è jour après avoir vu Et au milieu coule une rivière, et les images de pêche à la mouche que j'ai sont celles du film, pas celles que j'ai eu le plaisir de voir en vallée de la Semoy... Dans le cas du SDA, on peut effectivement concevoir cette conséquence comme négative, aliénant une part de rêve qui fait en grande partie le charme de l'oeuvre. Cependant, les descriptions de Tolkien sont suffisamment savoureuses pour que l'imaginaire s'empare même des images qu'on a déjà, et de plus il reste tellement de non-dits dans le film, suite aux coupes et modifications, que le nouveau lecteur a encore la chance de se construire son propre imaginaire de la Terre du Milieu. En relisant le passage du Miroir, j'espère bien qu'il ne garde pas l'image du film, d'ailleurs... J'ai déjà évoqué la question des illustrations, qui manifestement ne dérangeait personne auparavant... Bien sûr, le dessin statique n'a pas le même impact que l'image animée, mais en termes de paysages, par exemple, il y a longtemps que je ne visualise plus Fondcombe autrement que selon le dessin de Ted Nasmith, utilisé d'ailleurs par PJ comme référence. Pour le reste, je crois réellement en la force de l'écriture de Tolkien; les faiblesses du film de PJ sont justement ce qui sauvegarde le plaisir sans cesse renouvelé du lecteur - de celui qui va au bout, évidemment, puisqu'en revance je suis tout à fait consciente que le film, étant plus facile d'approche, a un public bien plus large que les éventuels lecteurs du SDA. Ce dernier point ne me choque personnellement pas, mais je sais que certains ici ne partagent pas du tout mon opinion ;-)

Doit-on pour autant dire que le film infantilise le livre? Peut-être effectivement, au sens où il le simplifie, le réduit à une approche, comme le rappelle justement Semprini, alors même qu'on pourrait sans doute en choisir une autre, plus complexe, plus poétique etc. Cependant, le SDA de PJ ne me semble pas un film d'action bête, ni même classique; la complexité de l'histoire déjà empêche une approche simpliste. Il est vrai qu'un ado de 12-13 ans peut voir ce film comme une aventure "moyenâgeuse" sans en mesurer la complexité, mais ce n'est pas moi qui ai lu le SDA à 12 ans qui vais lui jeter la pierre! J'ai eu la chance de ne jamais être regardée comme une bête curieuse pour ma passion pour le SDA, puisque c'est mon pôpa, professeur de son état, qui me l'a fait lire; il aurait tendance aujourd'hui à défendre le film alors qu'on ne peut décemment pas le considérer comme un gamin ;-) De manière générale, le film est un film d'adulte d'abord, visible par des plus jeunes (comparaison classique et maladroite: c'est l'inverse de Harry Potter, film de gamin visible par les grands enfants que nous sommes tous). La scène du miroir est ratée à mes yeux, mais pas pour infantilisme ... Elrond est modifié par rapport au livre - il paraît beaucoup plus dur - mais là encore, je n'y ai pas vu d'infantilisation.
Dire que le film annoblit le livre, en revanche, je n'irai pas jusque là: il n'y a que le personnage de Boromir qui gagne au passage à l'écran, je pense. En revanche, beaucoup des personnes que je connais qui ont vu le film se sont précipitées sur le livre et rares sont les réactions "oui c'est bien, et après?" que tu évoques. au contraire, la complexité de l'oeuvre écrite face à la transposition sur écran saute aux yeux de la plupart - dont certains renoncent d'ailleurs à cette lecture, et alors? tant pis pour eux, si l'on peut dire ... Ce n'est pas le SDA qui en souffre!




Un fratricide - Vinyamar - 10/06/2002

J'ai un exemple à ajouter.
J'ai parlé au début de "princesse Mononoke" comme un exemple d'esprit que le film adapté du SdA aurait dû conservé. Je ne croyais pas si bien dire.
Je ne sais aps si les fans d'animation (il y en a plein ici) connaissent "Nausicaä de la vallée du vent", chef d'oeuvre de Miyazaki, le même qui fit Princesse Mononoke, mais si ce dernier date de 1997, Nausicaä date de 1984 et est donc antérieur, (et il est prévu de sortir sur les écrans prochainement.)
Bon, eh bien il paraît que Nausicaä a été inspiré de Dune et de... Tolkien ! (je viens de le découvrir) Je ne vous parlerais pas trop de ce DA dont je suis fou amoureux, mais je suis ravi de découvrir que je ne me trompais pas.
"Princesse Mononoke" est en quelque sorte la soeur de Nausicäa, et les deux film traitent (un peu différement) du même thème, et ce qui ressort des deux est l'ambiance magnifique de la vie de la forêt, l'enchantement de la nature par rapport aux soucis des hommes.
Et Myasaki ne s'est pas trompé en s'inspirant de Tolkien : ce qu'il fallait faire ressortir de l'oeuvre, il l'a atteint, et il a réussi à le faire transparaître: ce n'est pas l'action, ni l'histoire, ni tellement les personnages, mais cet "enchantement de la nature par rapport aux soucis des hommes" (je me répète).
Voilà ce qui aurait dû être atteint par un film, et d'autres réalisateurs ont prouvé que l'on pouvait faire un chef d'oeuvre sans surenchère d'action, de noirceur et tout ça.

Nausicaä transmet les valeurs fondamentales, exactement comme le livre du SdA, et pas comme le film !
Je crois qu'on peut être fier d'être fan du roman du SdA, qu'on peut l'être d'être fan de Miyazaki.. mais peut-on l'être du film du SdA ? Or, le film a tué le "jardin secret" (pour plagier Sam) que représentait Tolkien pour ses fans, l'a pillé, et n'en ressort que ce qu'il a cru être de valeur pour le présenter à tout le monde, qui passe à présent devant en se disant: Oui, c'est bien.. quoi d'autre ?!

Il a déjà été difficile de pouvoir se prétendre fan de Tolkien (mes parents, par exemple, se demandent encore pourquoi je relis ça), à cause de l'étiquette de fantasy. Le film rend-il le livre encore plus infantile, ou l'annoblit-il au contraire.
je n'ai pas assez de recul pour répondre.




Un fratricide - gaston - 12/06/2002

> Semprini
Tu tiens, décidemment, à tes classiques :) J'ai tendance à rejeter ce type d'exemple systématiquement car je ne trouve pas que Visconti ait sa place quand on évoque un film de genre à gros budget en 2001. Les approches sont évidemment différentes, car l'époque et le genre  ne sont pas les mêmes.
Si à mes yeux le SDA correspond à ce que j'en attendais, c'est parce que ce film exigeait un budget trop grand pour ne pas céder à ce que tu juges comme étant de la facilité, c'est à dire à certaines règles et recettes qui correspondent aux attentes du public actuel de ce genre de films. Une oeuvre plus contemplative aurait sans doute été plus en phase avec le livre mais peut être pas avec ce public, ou pas suffisamment pour rentabiliser l'investissement.
Comme tu le dis, il existe bien des façons de faire un film mais bien des contraintes s'appliquent dans certains genres, selon les époques et selon les budgets.
Si le film a été si problématique a se monter, et ce depuis bien des années, c'est justement parce que l'investissement semblait trop risqué et trop important, malgré les qualités et la renommée de l'oeuvre. Il fallait faire des compromis.

Je ne vais avancer que le film n'aurait pas pu être fait autrement, c'est évident, mais je pense qu'il aurait pu être bien pire (oh oui)et je suis soulagé de voir que le pari de Jackson et de New Line est aujourd'hui gagné.
Le film tel qu'il a été créé, est à mes yeux une bonne synthèse de nombreux éléments du livre et de contraintes commerciales, je le sent assez conforme à son époque.

> Vinyamar
J'ai du retard sur tes messages.

J'adore Miyazaki :) Je comprends ce que tu veux dire avec Princess Mononoke ou avec Les Evadés mais il s'agit là d'exemples qui ne correspondent ni au budget, ni la durée ou au genre du SDA. Le fond du problème est là, les livres sont denses, très denses, avec énormément de personnages, de lieux, de dialogues... Les Evadés, Mononoke et d'autres qu'ont aurait pu citer ont un scénario (je ne parle pas d'univers) assez simple, sur peu de lieux, avec peu de persos, et une fin définitive. Jackson a du se battre pour donner du rythme et de la tension sur 3H tout en restant cohérent avec un livre qui était beaucoup plus riche et problématique à adapter. Le tout avec un budget énorme à rentabiliser. Les exmples à opposer au SDA doivent à mon sens être trouvés dans des oeuvres qui présentent les mêmes contraintes.

Et...et.. je suis crevé et je vais me coucher

La discussion est intéressante, on ne sera sans doute pas d'accord en fin de compte mais en matière de ciné la subjectivité est inévitable et puis ce n'est pas la destination qui compte...

Oula, il faut vraiment que je dorme.




Un fratricide - Semprini - 12/06/2002

gaston>>>Tu tiens, décidemment, à tes classiques :)

J'avoue! :) Il me semble, que la connaissance de ces cinéastes classiques (tous très différents dans leur style) éclaire toute l'évolution du cinéma au 20 siècle et rend compte d'une réalité très importante: il n'y a pas une seule manière de faire un film, et ce quelque soit l'époque où il est tourné; on peut faire du cinéma épique avec des histoires d'alcôve, et du cinéma intimiste avec du matériel épique.

Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis sur les contraintes subies par PJ. Je te renvoie vers l'édito 6 (Adaptation), où je les évoquais et prenais la défense de Jackson. Cependant, il ne me semble pas contradictoire de dire que l'adaptation du SdA n'a pu voir le jour que parce que des objectifs de marché ont présidé entre autres à sa conception, et de dire qu'il y avait, dans l'absolu cinématographique, une autre manière de l'adapter. Je sais bien qu'il était impensable que PJ fasse un nouveau Dersou Ouzala, et d'ailleurs mes critiques à l'encontre de son film portaient sur des points se rapportant au cinéma à grand spectacle (problèmes de montage, ralentis sur les Uruk-Hai semblant tirés d'un documentaire animalier, etc...) pas sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'une adaptation de 20h tournée par Kurosawa dans la toundra sibérienne (hélas ;-) )




Un fratricide - gaston - 12/06/2002

Ok, je comprends ton point de vue.

Pour terminer, et par simple curiosité personelle, pourrais tu me donner les noms de qq réalisateurs actuels dont tu suis le travail avec intérêt?




Un fratricide - Vinyamar - 12/06/2002

Gaston,
je tombe d'accord avec toi, tes arguments sont très justes.
Il est vrai que pour un film à si grand public et avec de telles impératifs commerciaux, on ne s'en sort pas trop mal (un bémol: les impératifs financiers ne sont pas si extraordianires, les effets spéciaux et son équipe de néo zélandais ayant procuré à PJ moitié moins de frais qu'une production hollywoodienne, et uis si le film est réussi, il passe quand même à côté d'une oeuvre artistique ou tout au moins ne content aucun passage d'art !)

Amoureux de Miyazaki, et découvrant de nombreux amateurs ici et ailleurs, sachant désormais qu'il fut inspiré par Tolkien (info de fan à confirmer tout de même), j'ai une envie galopante d'ouvrir un fuseau permettant d'étudier entre autres ces auteurs par comparaisons. Je pense à un sujet précis, mais qui tombe dans une discours un poil philosophique, si on le prend au sérieux.
J'y médite.

Vinyamar * ...




Un fratricide - Semprini - 12/06/2002

Bien sûr, gaston. Dans le désordre et sans trop y réfléchir, Allen, Spielberg, Lynch, Kitano, Almodovar, Depleschin, Scorcese, Wong Kar-Wai, Gray, Fincher, Miyazaki (Le Voyage de Chihiro est une merveille), etc...(liste non exhaustive). Le fait de connaitre des cinéastes classiques n'empêche pas d'aimer les cinéastes modernes, ce serait même l'inverse, cela les fait mieux aimer encore, ainsi que le cinéma en général (Le début de la connaissance est le début de l'éclectisme, je crois). Il en est de même pour Tolkien, c'est lorsque l'on appréhende la vastitude de son univers qu'on l'aime davantage.




Un fratricide - Vinyamar - 13/06/2002

Semprini, je voudrais profiter de ta présence pour me cultiver un peu là (après tout, on est dans la section film, on peut digresser un peu)

Je n'ai pas l'impression de connaître les noms cités (à part deux évidemment), et j'aimerais bien que tu me donne d'eux une oeuvre célbre et une qui te touche paticulièrement. Par exemple, quel film trouves-tu si remarquable chez Spielberg (on avait déjà eu une discssion brève à ce sujet) ? J'avoue l'apprécier depuis avoir découvert qu'il n'y avait pas de grand méchant dans ses histoires, mais si ces dernières sont touchantes, je ne trouvent pas qu'elles ailent très loin quand même. Je dois me tromper :)
Idem pour les autres, si tu peux.

Vinyamar




Un fratricide - Balrog de Morgoth - 13/06/2002

Ah le grand David Fincher... Ses films : Seven, Fight Club, The game pour ne citer que les trois meilleurs selon moi...

Pour ce qui est de Scorcese, j'attends le fameux "Gangs of New York"...
J'adore les mangas, dont les studios Ghibli, ca va de soi ;-)

J'aime bien Lynch, notamment pour "Lost Highway", mais ca dépend, j'avais aussi aimé le lointain "Dune", même si l'adaptation est pas fidèle...

Pour les autres réalisateurs, j'aime moins...
Et je rajouterai pour ma part Bryan Singer pour "Usual Suspects" et Christopher Nolan pour "Memento"...

L'Ombre et la Flamme




Un fratricide - Lothiriel - 13/06/2002

Vinyamar, on a le droit de digresser même si on n'est pas Semprini?
;-)

Sur les réalisateurs cités par Semp, je suis particulièrement touchée par Almodovar depuis ses deux derniers films, en l'occurrence Tout sur ma mère et Parle avec elle. Avant, je n'avais vu que Talons aiguilles, qui ne m'a pas spécialement plu. Tout sur ma mère et Parle avec elle ont en commun la même force d'émotion. Tout est exagéré dans ces histoires et pourtant tout "fonctionne"; tout est triste (enfin, beaucoup de choses) et pourtant on sort avec le sourire. Je laisse les commentaires techniques à Semprini, mais ça me fait plaisir de parler de ces deux films.




Un fratricide - NIKITA - 13/06/2002

>Vinyamar :Ravie de voir que son pessimisme de départ a petit petit évolué et que tu tombes finalement d’accord avec Gaston avec je suis d’accord à 100%.
Je me permets tout de même d’intervenir pour te suggérer une petite « thérapie », à toi qui soufffre d’un certain manque de poésie dans le film de Jackson.
Voilà, je ne sais pas si tu as suivi la cérémonie des Oscars 2002 sur canal plus. Personnellement j’ai eu l’heureuse idée de l’enregistrer et je me suis repassée en vitesse les 13 nominations du SDA. Au moment de la remise du prix de la meilleure chanson de film, les chanteurs nominés interprètent tour à tour la leur avec en fond un « clip » fait des images du film en question. Je n’attendais rien spécialement de la chanson d’Enya (« May it be ») que je trouvais un peu gnian ; gnian et plutôt décalée par rapport à l’univers du film. Pourtant j’aime beaucoup ce genre de musique (un peu mystique…) Quelle surprise j’ai eue ! J’en suis encore émue. Les images qui défilaient sur l’air de la chanson étaient d’une beauté incroyable : je voyais défiler les magnifiques paysages filmés avec talent par Jackson (La Comté, Fondcombe, la sortie de la Maria, l’Argonath…etc.) et tout à coup la musique d’Enya me transportait dans l’univers merveilleuse de Tolkien. Un beau moment de poésie en perspective !
Cette impression est tout à fait subjective mais on ne sait jamais, si tu pouvais visionner cette sélection des moments les plus beaux (esthétiquement parlant) du film, tu serais moins déçu de la version de Jackson. Donc de deux choses, soit tu arrives à te procurer un enregistrement de la cérémonie des Oscars, soit tu attends la sortie du DVD pour zapper toutes les scènes d’action avec en fond sonore la chanson d’Enya.

Pour changer de sujet, j’ai cru comprendre que ta demande sur les titres de film s’adressait à Semprini mais bon, puisque Balrog a ouvert le bal, je te propose ma sélection :
David LYNCH : Elephant man, ce livre est littéralement bouleversant et son univers on ne peut plus onirique et mystérieux.
WONG KAR WAY: In the mood for love, un film d’un esthétisme parfait, sans aucune scène d’action mais complètement envoûtant.
Pour ces deux films, la musique sublime concourt à leur réussite esthétique.




Un fratricide - Alfonso - 14/06/2002

Si vous me permettez d'en citer un :

"Le nom de la rose"  de Jean-Jacques Annaud

Moyen-Ageux à souhait!




Un fratricide - Iarwain - 14/06/2002

Puisque l'on en est à discuter des réalisateurs, je voudrais parler de Théo Angelopoulos, l'un des meilleurs réalisateurs contemporains, mais trop rare (et trop rarement évoqué) à mon goût: "L'éternité et un jour", "Le regard d'Ulysse", "Le pas suspendu de la cigogne" sont autant de chefs-d'oeuvre contemplatifs développant une réflexion sur la mort (surtout le premier) pas tellement éloignée de celle menée par Tolkien (pour rester un peu dans le sujet); je pourrais en dire autant de "La ligne rouge" de Terrence Malick (beaucoup trop rare lui aussi, trois films en seulement 25 ans!!), du taïwanais Hou Hsiao-Hsien, réalisateur des "Fleurs de Shanghaï", du "Maître de marionnettes"...

Sinon, parmi les réalisateurs contemporains (càd, encore en activité) déjà cités, certains me sont particulièrement proches:

Lynch: j'adore son premier film, "Eraserhead", ainsi que son dernier, "Mulholland drive", mais je ne dédaigne aucun de ses longs métrages

Kitano: "Sonatine, mélodie mortelle", "Hana-bi"

Miyazaki: "Le voyage de Chihiro", "Princesse Mononoke"

En bref (pirouette finale), je considère que chacun des réalisateurs dont je viens de parler possède un peu de cette magie/émotion? qui me fait aimer également Tolkien (ouf, rattrapé de justesse...)

Iarwain, "Tom cinéphil"




Un fratricide - Semprini - 14/06/2002

Je n'ai pas de commentaires techniques à rajouter sur Almodovar, Lothi, tu as très bien dit ce qu'il y avait à dire. :)

Les autres ayant déjà répondu à ta question Vinyamar, je me permets de te la retourner, ainsi qu'à gaston d'ailleurs: Quelles sont vos réalisateurs/films préférés? :)

Pour ce qui concerne Spielberg, j'ai grandi avec ses films. Son inclusion dans ma liste est donc sentimentale. Cependant, s'il y a des choses qui me gênent dans ses films, je lui sais gré de vouloir se renouveler et se remettre en cause. C'est assez rare chez un réalisateur pour être signalé et c'est un cinéaste que j'ai plaisir à aimer et parfois à critiquer. A voir de Spielberg (mais tu connais certainement déjà tous ces films): Duel, Sugarland Express, Les Dents de la mer, Rencontres du 3e type, E.T., Les Aventuriers de l'arche perdue, Empire du soleil, La Liste de Schindler, et A.I. (malgé tout).




Un fratricide - Vinyamar - 14/06/2002

Beeen, merci à tous, vous m'avez tous bien cultivé ce soir, et je tâcherais de retenir les noms de ces cinéastes dont j'ai moi aussi apprécié les films.

Ceci dit, Semprini, ton avis d'érudit (si, si quand même) et dans un fuseau tel que celui-ci me manque encore et maintenant que je sais au moins ce qu'ont fait ces cinéastes, je serais toujours d'accord pour que tu me donnes d'eux une oeuvre qui t'as plus particulièrement touchée, ou qui t'as éveillée à leur génie.

David Fincher : ok
Scorcese, je ne sais pas ce qu'il a déjà produit .
Lynch : euuh, bizarre

Merci déjà pour ceux là, Balrog. Singer, faudrait voir ce qu'il a fait d'autre.

Almodovar: argh ! pas vu, mais on m'en a dit du bien malgré le ton lentissime
Wong Kar Way: pareil, et je regrette
J J Annaud mérite en effet peut être d'être inclus ici, ses univers font aussi la part belle à la nature/création

Iarwain, tu me colles, je ne connais rien de tout ça.
Par contre ton commentaire sur la magie/émotion m'intéresse plus que ce que tu en dis. Justement, quelle est cette émotion qui nous touche chez Tolkien ? J'essayais justement (dans divers) de montrer qu'il s'agissait d'autre chose que d'une simple émotion. Beaucoup de films parviennent à transmettre une émotion réelle, mais ce n'est pas pareil avec des livres comme le SdA, ou des films comme ceux de Miyazaki: on est encore davantage touché une fois le spectacle terminé que pendant la lecture/vision. Quelque chose en nous semble s'être réveillé, alors que de très beau films (prenons Mission) vous offrent une sincère émotion, mais qui passera plus vite. Avec Tolkien, il s'agit d'autre chose qu'une émotion. 'Magie' semble adéquat, mais de quoi s'agit-il ?

Pour Spielberg, Semprini, j'avais oublié le magnifique "Empire du Soleil" (encore), je lui rend ses lauriers. C'est vrai que le reste est remarquable aussi, mais je ne le comparerais pas avec de plus grands.

J'attend donc les avis personnel demandé plus haut, et puisque tu me le demandes, en atendant te donne mes films préférés (j'ai un véritable problème pour les noms, je te laisse donc les retrouver).
Je ne parle que du top (dans le désordre)

- Les évadés (The Shawshenk Redemption)
- Cyrano de Berjerac (oui oui, avec Depardieu)
- Mission
- Tigre et Dragon (pour l'aspect poétique, le silence des combats)
- Akira (malgré la violence)
- Cendrillon (de Walt Disney (lui-même)
- La Haine
- Le Prince d'Egypte (Dreamworks (Spielberg non ?), grâce aux chansons)
- Jin Rhô
- BraveHeart
- Danse avec les loups

(je ne peux pas me prononcer pour des films trop récents comme Amélie Poulain)

Il y en aurait d'autres (les enfants du marais, les évadés (avec Depardieu et l'autre blond là), L'associé du diable (pour les performances d'acteurs et les monologues) mais il est inutile d'allonger la liste à outrance. Celle là est déjà représentative.
Vous remarquerez qu'il y a beaucoup de dessins animés: je trouve en effet que ces derniers sont bien plus libres pour représenter ce qu'ils ont besoin de montrer, pour nous faire entrer dans leur monde, et sont bien plus forts pour nous faire ressentir ce que l'auteur veut faire passer. Peut-être cela tient-il au fait que les acteurs ne jouent pas, mais sont créés pour représenter, être l'émotion qu'ils ont à faire passer, et leurs jeux sont nécessairement plus expressifs, de même que les mises en scène et mouvements de caméras sont plus libres pour créer l'ambiance propre à chaque scène.

Dans cette liste est oublié Miyasaki, qui surclasse tout ça (je suis désolé de ne pas être original, mais tant pis). Dans l'ordre, mes préférés sont (Nausicaä (sortie en France prévu en 2004), Mononoke, On your mark (court métrage sans paroles), Porco Rosso... le reste... j'l'ai pas vu !! Ouiiin !). ils incarnent justement cette différence entre émotion (que procurent els autres fims) et cette magie qui nous touche durablement.

Un détail au sujet du film du SdA et de son fratricide (parenthèse de retour au sujet): on voit Aragorn vénérer Anduril et faire deux ou trois fois dans le film un genre de signe religieux (il se touche le front, puis la bouche). Kessèksa ?! Est-ce que PJ aurait aussi tué l'esprit profondément catholique du SdA avec cette forme de seconde religion ?? Gèmepassa !


Un fratricide - sosryko - 14/06/2002

et LE film d'animation et d'anticipation Ghost In the Shell, j'espère que ce n'est qu'un oubli Vinyamar (bien avant AI, avant même que Kubrick n'y pense...un bijou :-)).

je suis un peu perdu, le fuseau a dévié; il faut donner les réalisateurs/films qui vous ont marqués au fer rouge ou bien seulement les réalisateurs/films récents qui ont eu le même effet ? (plus limité comme liste dans le second cas)




Un fratricide - Alfonso - 14/06/2002

Semprini, vous avez oublié de citer: "Retour vers le futur", nom de Zeus!




Un fratricide - Semprini - 14/06/2002

J'entendais films/réalisateurs préférés de tous temps, pas nécessairement les plus récents.

Alonso, tu n'es pas obligé de me vouvoyer. :)




Un fratricide - sosryko - 14/06/2002

alors je plagierai Welles :

Ford, Ford, Ford
la sobriété, l'élégance, l'exemplarité de la mise en scène; la puissance et le pouvoir des sentiments entiers...ah...The Informer, Rio Grande, Young Lincoln, She Wore a Yellow Ribbon et My Darling Clementine!!
à part Semprini et quelques autres amateurs, avez-vous compris pour les deux derniers que je parlais de deux 'westerns'?
(titre français très 'fidèles': La Charge Héroïque et La poursuite Infernale; dire qu'on se plaint de Ledoux...
ou comment vous émouvoir, vous faire jubiler tout en vous questionnant; regardez les cinq premières minutes de ce chef d'oeuvre qu'est My Darling Clementine : l'exposition des personnages et de leur motivation est exemplaire et sans concession; sous une pluie battante, on comprend qu'on va avoir affaire à une véritable tragédie, appelez là grecque ou autre, elle est universelle, c'est celle de la vengeance et du pardon, de la justice et de la loi, du conflit entre la liberté des grands espaces et d'une civilisation qui avance, vainqueur annoncé d'une lutte inégale; Ford nous le dit, lui qui ose introduire en plein Far West une troupe théâtrale et une fascinante et longue scène sur le monologue d'Hamlet; et Henri Fonda, marshall pour se venger, qui fond devant Clementine; la poésie totale de la scène du bal, sur le plancher à ciel ouvert d'une église pas encore construite, et, juste avant, Fonda dans un costume élégant qui joue à l'équilibriste, assis sur sa chaise et se balançant, les pieds sur une poutre, les bras en croix; le noir et blanc qui rend le ciel plus bleu et présent qu'un film couleur; Doc Holliday joue par un Victor Mature transcendé,...parce que je ne l'ai peut être pas dit, mais il s'agit d'un film sur le fameux règlement de compte à OK Corall entre les Stanton et les frères Earp; on l'oublierait presque si on ne se souvenait que de la douce jubilation qui vous habite lorsque vous comprenez que vous avez vu là un monument du cinéma...ah, My Darling Clementine.

humm, et dire qu'il y a tous les autres...je ne répèterai pas la liste de Semprini (que je fais mienne à 95%, parce que je ne connais pas Murnau), à part peut-être Hawks (ah...je me retiens, je me retiens:-)), Siodmack (qu'il me semble que tu n'as pas nommé).

à ces maîtres, il faudrait ajouter des films, mais là encore longue liste qui n'interèsserait que moi peut-être, alors je vous en fait grâce.
Toutefois, par dessus tout (touché en plein coeur, pas rationnel du tout, encore que leur qualité de monument est difficilement contestable) La Nuit du Chasseur et Vertigo; à moins que ce ne soit Vertigo et La Nuit du Chasseur ;-))
(bizarre, deux films que Truffaut aurait appelé des 'films malades' [ce qu'il a fait d'ailleurs pour Vertigo]; leurs petites imperfection partielle participant de l' envoutement qu'ils provoquent).


les modernes? les contemporains?
oui il y en a, mais la fascination, dans l'intensité comme dans la régularité est moindre.
difficile de donner une échelle des degrès du plaisir, de la beauté.
Faut-il le faire?
mais oui, il y a quelques réalisateurs vivants que je vais voir sans hésiter : Woody Allen, Michael Mann, Kenneth Brannagh...

sosryko
qui a essayé
de faire court ;-)

[Édit 2020 (Yyr) : tags réparés pour la bonne lisibilité du reste du fuseau]




Un fratricide - sosryko - 14/06/2002

et qui aurait dû vérifier ses tags plutôt que de se presser; pardon pardon :-(

(je répète, tremblant)

alors je plagierai Welles :

Ford, Ford, Ford

la sobriété, l'élégance, l'exemplarité de la mise en scène; la puissance et le pouvoir des sentiments entiers...ah...The Informer, Rio Grande, Young Lincoln, She Wore a Yellow Ribbon et My Darling Clementine!!
à part Semprini et quelques autres amateurs, avez-vous compris pour les deux derniers que je parlais de deux 'westerns'?

(titre français très 'fidèles': La Charge Héroïque et La poursuite Infernale; dire qu'on se plaint de Ledoux...

Ford, ou comment vous émouvoir, vous faire jubiler tout en vous questionnant; regardez les cinq premières minutes de ce chef d'oeuvre qu'est My Darling Clementine : l'exposition des personnages et de leur motivation est exemplaire et sans concession; sous une pluie battante, on comprend qu'on va avoir affaire à une véritable tragédie, appelez là grecque ou autre, elle est universelle, c'est celle de la vengeance et du pardon, de la justice et de la loi, du conflit entre la liberté des grands espaces et d'une civilisation qui avance, vainqueur annoncé d'une lutte inégale; Ford nous le dit, lui qui ose introduire en plein Far West une troupe théâtrale et une fascinante et longue scène sur le monologue d'Hamlet; et Henri Fonda, marshall pour se venger, qui fond devant Clementine; la poésie totale de la scène du bal, sur le plancher à ciel ouvert d'une église pas encore construite, et, juste avant, Fonda dans un costume élégant qui joue à l'équilibriste, assis sur sa chaise et se balançant, les pieds sur une poutre, les bras en croix; le noir et blanc qui rend le ciel plus bleu et présent qu'un film couleur; Doc Holliday joue par un Victor Mature transcendé,...parce que je ne l'ai peut être pas dit, mais il s'agit d'un film sur le fameux règlement de compte à OK Corall entre les Stanton et les frères Earp; on l'oublierait presque si on ne se souvenait que de la douce jubilation qui vous habite lorsque vous comprenez que vous avez vu là un monument du cinéma...ah, My Darling Clementine.
humm, et dire qu'il y a tous les autres...je ne répèterai pas la liste de Semprini (que je fais mienne à 95%, parce que je ne connais pas Murnau), à part peut-être Hawks (ah...je me retiens, je me retiens:-)), Siodmack (qu'il me semble que tu n'as pas nommé).

à ces maîtres, il faudrait ajouter des films, mais là encore longue liste qui n'interèsserait que moi peut-être, alors je vous en fait grâce.
Toutefois, par dessus tout (touché en plein coeur, pas rationnel du tout, encore que leur qualité de monument est difficilement contestable) La Nuit du Chasseur et Vertigo; à moins que ce ne soit Vertigo et La Nuit du Chasseur ;-))
(bizarre, deux films que Truffaut aurait appelé des 'films malades' [ce qu'il a fait d'ailleurs pour Vertigo]; leurs petites imperfection partielle participant de l' envoutement qu'ils provoquent).


les modernes? les contemporains?
oui il y en a, mais la fascination, dans l'intensité comme dans la régularité est moindre.
difficile de donner une échelle des degrès du plaisir, de la beauté.
Faut-il le faire?
mais oui, il y a quelques réalisateurs vivants que je vais voir sans hésiter : Woody Allen, Michael Mann, Kenneth Brannagh...

S.,
confus confus
confus con...





Un fratricide - Semprini - 15/06/2002

Ah Ford, le poete americain du quotidien. :) C'est un de mes trois realisateurs preferes (les deux autres sont Kurosawa et Hitchcock, Truffaut, Fellini, Welles et Allen suivent derriere).

Je ne resiste pas au plaisir de donner la citation entiere de Welles, Sosryko, qui est je crois:

"I prefer the old masters, by which I mean John Ford, John Ford and John Ford".

Et j'enfonce le clou pour denoncer la traduction honteuses des titres de ses westerns. Un autre exemple: 'Stagecoach' a ete traduit par 'La Chevauchee fantastique'...

A la liste des Ford que tu donnes, permets-moi de rajouter 'Les Raisins de la colere', 'Les sacrifies', 'L'homme tranquille', et 'L'homme qui tua Liberty Valance', quatre chef-d'oeuvres. :)

Quant au sublimissime Vertigo, je prefere ne pas commencer a en parler de peur d'y passer 2 heures et de terriblement vous ennuyer. ;-)

En ce qui concerne l'alchimie, je suis entierement d'accord avec toi, gaston, les collaborateurs des cineastes y participent grandement.


Un fratricide - Vinyamar - 15/06/2002

Sosryko: non, je ne mettrais pas GITS dans la liste. Dans le style réaliste, Jin Rôh le surclasse largement. Le DA est bâclé par endroit, et s'arrange mal pour restituer la vraie réflexion du manga. DA correct, mais pas parmi les meileurs films que j'ai jamais regardé.

Pour les Western, tu as raison, il y en aurait à ajouter, de même que des films de guerre (genre le jour le plus long).




Un fratricide - gaston - 15/06/2002

Difficile de choisir mes réalisateurs préférés, je n'en connais pas dont la filmo soit complètement à mon goût.

Tous ceux que vous avez cité sont dans ma liste, je rajouterais seulement qq  autres comme Tim Burton (Edward, Ed Wood), Zhang Yimou (Epouses et Concubines, Qiu Ju), John Boorman (Excalibur), Henri Verneuil, Orson Welles (Citizen Kane), John Lasseter, Alan Parker, Robert Zemekis, Pierre Jolivet, Terry Gilliam, ou David Lean. Il y en a d'autres et qui sait, peut être bientôt Peter Jackson? :)

Toutefois, ces réalisateurs m'ont aussi déçu à un moment ou à un autre. Les acteurs, le scénariste, le directeur photo, le compositeur participent beaucoup à l'alchimie. Ca fait beaucoup de variables mais elles sont essentielles.


Un fratricide - Semprini - 15/06/2002

J'oubliais: effectivement Sosryko, Siodmak n'apparaissait pas dans ma liste de realisateurs americains de l'autre fuseau, tout comme Wilder, un autre grand. Je repare donc cette injustice: 'Les Tueurs' de Siodmak et 'Assurance sur la mort' de Wilder sont deux de mes films noirs preferes.




Un fratricide - Semprini - 15/06/2002

Et enfin, pour Vinyamar, c'est "Chien Enrage" qui m'a eveille au genie de Kurosawa (je te conseillerais cependant de commencer par "Les Sept Samourais"), "L'homme qui tua Liberty Valance" qui m'a eveille au genie de Ford, "Vertigo" qui m'a eveille au genie d'Hitchcock, "Huit et demi" qui m'a eveille au genie de Fellini, "Les 400 coups" qui m'a eveille au genie de Truffaud, et "Citizen Kane" qui m'a eveille au genie de Welles. :)

Aucun de ces films n'a constitue ma premiere exposition a ces cineastes, mais c'est en les voyant que, pour la premiere fois, je me suis represente la singularite de leur genie.




Un fratricide - Cirdan - 15/06/2002

Eh bien moi, c'est la superbe adaptation de l'Idiot (de Dosto) qui m'a le plus marque chez Kurosawa...

Mais, je place sans hesiter au sommet de la hierarchie cinematographique (au-dessus de Ford, desole!)le chef d'oeuvre melancolique de Sergio Leone, si different de ses western spaghetti (que je ne denigre pas pour autant, loin de la!): "Il etait une fois l'Amerique" avec De Niro. C'est en tout cas le film qui m'a emporte le plus loin sans l'ombre d'un doute, et dont l'architecture esthetique, disons, me parle plus qu'aucun autre.

Ensuite viennent sans ordre veritable: Taxi Driver (Scorsese) Nosferatu (une version muette de 1926 dont je ne me rappelle plus le directeur) Raging Bull (Scorsese) Un singe en Hiver (Verneuil) C'est arrive pres de chez vous (eh oui!) When we were kings (meme si c'est un documentaire) Les raisins de la colere (Ford) Le fantome de la liberte (Bunuel) Looking for Richard (Al Pacino) La derniere tentation du christ (scorsese)etc...

Ainsi que nombre de films dont Audiard est le dialogiste, comme touchez pas au Grisby ou les Tontons flingueurs... Bonvoisin a aussi pondu une vraie perle dans la droite lignee d'Audiard et des livres d'Alphonse Boudard, j'ai nomme le grandiose "Les demons de Jesus" dont les repliques sont de veritable mines d'or de l'imagination argotique.

Cirdan




Un fratricide - Alfonso - 15/06/2002

Dans un genre tout autre, la SF des années 90, je trouve que StarGate était assez réussi! Le nom du réalisateur, je ne m'en souviens plus par contre.

De Kurosawa, je n'ai vu que "Rashômon", que je n'ai pas beaucoup aimé, j'attends d'en voir d'autres de ses films...




Un fratricide - Vinyamar - 15/06/2002

Argh!
bon, ben j'ai plus qu'à sauver ce fuseau, me trouver une bonne vidéothèque en France, et attendre l'an prochain pour découvrir tant de belles choses.

(Stargate, euuuh, faudrait pas pousser)

Tiens, les derniers titres me font remettre en liste "West Side Story", quand même (est-ce parmis les meilleurs, il faudrait que je le revois)

Merci Semprini, promis je tâcherais de découvrir tout ça à la première occasion.

Kurosawa, c'est bien celui qui a fait "Ran", ce génial remake du Roi lyre ? Si c'estlui, je confirme son talent sur ce seul échantillon.




Un fratricide - Vinyamar - 15/06/2002

Ah ! Et vous me pardonnerez de rajouter tardivement "Le Roi et l'Oiseau", que chacun a du oublié dans sa liste :-)
(mais qui donc l'a fait ?)

si, si, à la fin, on va retomber sur Tolkien, vous verrez !




Un fratricide - Alfonso - 16/06/2002

"C'est mon choix"




Un fratricide - Semprini - 16/06/2002

Cirdan>>> Oui, 'L'Idiot' de Kurosawa est une splendeur. C'est toujours un grand moment lorsqu'un de vos realisateurs preferes adapte un de vos ecrivains preferes. :) Quant a 'Nosferatu' (qui est en fait de 1922), c'est de Murnau. C'est un des grands chef-d'oeuvres du cinema muet. Enfin, j'aime aussi beaucoup 'Il etait une fois en Amerique', que je prefere de loin aux westerns spaghetti de Leone qui puisent directement leur inspiration dans 'Yojimbo' et 'Sanjuro' de Kurosawa, 'Pour une Poignee de dollars' etant un remake clandestin du premier (Leone a d'ailleurs perdu un proces dans les annees 60 sur le sujet).

Vinyamar>>> Oui, Kurosawa est bien l'auteur de 'Ran', fabuleuse adaptation du Roi Lear. :) Et 'Le Roi et l'Oiseau' est de Paul Grimault.

Alfonso>>> Le realisateur de Stargate est Roland Emmerich (aussi responsable des calamiteux 'Independance Day' et 'Godzilla')





Un fratricide - Beruthiel - 16/06/2002

Après avoir lu vos messages j’ai essayé de faire la liste de mes 10 films préférés, ce qui n’est pas un exercice facile ! Voilà le résultat  (sans ordre particulier) :
- 2001, l’odyssée de l’espace
- Les moissons du ciel
- Vertigo
- Princesse Mononoke
- Dead Man
- Les enfants du paradis
- La nuit du chasseur
- On connaît la chanson
- Muholland Drive
- Hana-Bi

Les 3 valeurs sûres de ma liste sont La nuit du chasser, Vertigo, et Hana-Bi, je pense que le reste pourra bouger au fur et à mesure que je comblerai les grosses lacunes de ma culture cinématographique  (je n’ai vu aucun film de Ford et un seul de Kurosawa…).
Le dernier film que j’ai cité va nous rapprocher de Tolkien (si, si !). Une des choses que j’aime chez Kitano c’est que la mer est toujours présente dans ses films. Et j’ai l’impression qu’elle y joue un peu le même rôle  que chez Tolkien  (voir le fuseau sur la question) : un symbole de mort mais peut-être aussi de passage vers un ailleurs, quelque chose de supérieur peut-être, voir par exemple la façon dont le policier devenu handicapé de Hana-Bi regarde la mer, lui qui est tenté par le suicide mais qui va finalement être sauvé par l’art, et aussi le personnage de « A scene at the sea » (film que j’aime presque autant que Hana-Bi) qui fixe la mer comme un elfe pourrait le faire et qui finira par y disparaître. 




Un fratricide - sosryko - 16/06/2002

>>Beruthiel:Une des choses que j’aime chez Kitano c’est que la mer est toujours présente dans ses films. Et j’ai l’impression qu’elle y joue un peu le même rôle que chez Tolkien (voir le fuseau sur la question) : un symbole de mort mais peut-être aussi de passage vers un ailleurs, quelque chose de supérieur peut-être,

quel bon goût as-tu là Beruthiel ;-)
Tu devrais plus qu'apprécier les films de Michael Mann, la mer, comprendre l'Océan Pacifique le plus souvent, ayant un rôle capital; instance supérieure, il est le lieu où vient demander conseil et force le personnage qui doit choisir entre deux voies, la bonne conduisant bien entendu à une opposition difficile sinon fatale.
Si tu ne devait en voir qu'un seul, je conseillerais son premier, Le Solitaire, un joyau du polar, bien avant Heat qui le complète et qui lui fait suite (enfin, si on saisi un petit clin d'oeil). idem dans Revelation ou le Sixième Sens; l'océan comme conseiller dans les crises de doute, l'océan comme modèle de persévérance dans l'adversité (cf. le ressac incessant), l'océan comme entité supérieure qui nous remet à notre place et relativise nos problèmes (nous inspirant alors de prendre la bonne décision = celle de l'honneur pour le héros fataliste de Michael Mann).


Semprini>> ta citation d'Orson me semble tout à fait juste (je n'ai que deux traductions de la source originale, ie une interview de Welles en mars 1967 à...Playboy)
Puisqu'on parle d'Orson, avec retard, je me dois de faire référence à un de ses films (diffusé aussi rarement que passe la comète de Halley autour du Soleil :-(() qui m'a véritablement terrassé : Othello.
Si vous trouvez une VO ou s'il passe dans une cinémathèque quelconque, courrez-y, précipitez-y vous, et vous verrez ce qui me paraît à ce jour la plus belle adaptation de Shakespeare au cinéma.




Un fratricide - Alfonso - 17/06/2002

Merci Semprini, pour l'info. Mais Independence Day et Godzilla, ce n'est pas tout à fait StarGate, à mon avis, même si c'est le même réalisateur ...




Un fratricide - Vifsorbier - 17/06/2002

Aaaaah enfin Semprini ! Me voila rassuré ! Omettre Hawks aurait été d'une grande faute de goùt ! Le gaillard a tout du génie ! Quel que soit le genre abordé, il fait un chef d'oeuvre ! Le western : Rio Bravo (et pis La captive aux yeux clairs aussi). Le film noir : Le grand sommeil. La comédie : L'impossible Mr Bébé (avec l'immortelle Katharine Hepburn, l'actrice la plus délicieuse de tous les temps !!!!). Et sinon, y a des fans de Tsui Hark et Klaus Kinski ici ?




Un fratricide - Semprini - 17/06/2002

L'Impossible Monsieur Bébé est ma comédie préférée. :)
Je ne suis pas un fan du couple Kinski-Herzog, mais je leur concède un chef-d'oeuvre, Aguirre ou la colère de Dieu.




Un fratricide - Iarwain - 17/06/2002

Puisqu'on en est arrivé à discuter des "classiques", hormis les films que j'ai déjà cités plus haut, et d'autres qui ont pu être évoqués dans différents messages, je diviserais une liste éventuelle en deux catégories:
les réalisateurs dont j'ai vu (et apprécié) au moins une demi-douzaine de films:

Hitchcock
Lang (la période allemande, avec Metropolis, que je considère sans conteste comme LE film du XXe siècle, toujours aussi captivant après trois ou quatre visions, par la grâce des acteurs et aussi de la mise en scène)
Kubrick (qui a traversé tous les genres avec bonheur)
Kurosawa (tout, ou presque, de La légende du grand judo à Maadayo)
Pasolini (L'évangile selon Saint Matthieu: une merveille! et pourtant, 'Dieu' sait que je ne crois pas en lui- Pasolini non plus d'ailleurs...)
Welles (La soif du mal où sa présence s'impose encore davantage qu'à l'habitude, La splendeur des Amberson, son deuxième film, où pourtant il ne joue pas)
Leone (dont les premiers western soutiennent la comparaison, je trouve, avec Kurosawa)

d'autre part, des films (trop nombreux pour être tous cités) que j'isole de la production d'un réalisateur:

Arsenic et vieilles dentelles de Capra
Certains l'aiment chaud de B. Wilder
L'Atalante de J. Vigo (à vrai dire, c'est presque son seul film)
Rio Bravo de H. Hawks (peut-être le grand western américain avant ceux de Leone- désolé pour Ford...)
Onze fioretti de St François d'Assise de Rossellini (même remarque que pour Pasolini)
Le troisième homme de C. Reed (avec un Welles inoubliable, encore une fois)
Freaks de Tod Browning
Le salon de musique de Satyajit Ray
La nuit du chasseur, déjà cité à plusieurs reprises
...

Iarwain

PS: Sosryko> Si vous trouvez une VO ou s'il passe dans une cinémathèque quelconque, courrez-y, précipitez-y vous, et vous verrez ce qui me paraît à ce jour la plus belle adaptation de Shakespeare au cinéma.

Sans rien vouloir enlever au mérite de Welles (très bon connaisseur de Shakespeare au demeurant, et dont le film est excellent), pour moi aucune adaptation shakespearienne n'arrive à la cheville du Château de l'araignée de Kurosawa, dont le prologue fascine d'emblée- cette psalmodie d'un choeur invisible alors que défile sous nos yeux un paysage désolé, avant le véritable début (celui d'Othello n'est d'ailleurs pas mal non plus dans son genre)




Un fratricide - Semprini - 17/06/2002

Sosryko>>>"Othello. Si vous trouvez une VO ou s'il passe dans une cinémathèque quelconque, courrez-y, précipitez-y vous, et vous verrez ce qui me paraît à ce jour la plus belle adaptation de Shakespeare au cinéma."

Tout est génial dans ce film, c'est vrai, mais Iarwain a raison, visuellement, rien n'arrive à la hauteur du 'Chateau de l'Araignée' de Kurosawa en matière d'adaptation de Shakespeare. :) Lors de la scène finale où Macbeth/Mifune meurt criblé de flêches, mes cheveux se sont littéralement dressés sur ma tête. Et Ran est un autre chef-d'oeuvre dans le genre. Kurosawa plus grand adaptateur de Shakespeare et de Dostoïevski, ce n'est qu'un paradoxe apparent qui souligne l'universalité de son cinéma et la fureur métaphysique qui l'habite (ou "le miracle expressif" qu'il accomplit pour reprendre un mot de Fellini).

Mon film préféré de Welles est La Splendeur des Amberson (si son montage final n'avait pas été massacré par la RKO en 43, ç'aurait pu être le plus grand film de l'histoire du cinéma...)

Iarwain>>>Rio Bravo de H. Hawks (peut-être le grand western américain avant ceux de Leone- désolé pour Ford...)

Je trouve qu'il manque à Hawks la poésie de Ford. :) Je préfère ses films noirs et ses comédies.

Quant à Leone, le fait que son cinéma prenne son essor dans un remake clandestin (Pour une poignée de dollars) d'un film de Kurosawa (Yojimbo) où certains plans sont copiés-collés, m'a toujours empêché de l'admirer pleinement. Ce sont des manières de voyou, pas de grand cinéaste. :)




Un fratricide - sosryko - 17/06/2002

Si Semprini et Iarwain me désavouent, je rends les armes ;-)
d'autant plus que je pourrais même être d'accord avec vous!
comment distinguer deux perfections si ce n'est par le goût personnel et les plaisirs/'perversions' que l'on éprouve par rapport au film mais aussi par rapport à la pièce adaptée?
Et là, bien que le choix soit ridicule tant il est difficile, mon goût penche à la fois du côté d'Othello (et non de Macbeth, mais de peu de si peu!!) et d'Orson, l'acteur, à la présence qui me terrifie et me fascine à la fois, à cet acteur qui joue un Iago magnifique (Iago est certainement un de mes personnages shakespeariens préférés); mais Akira Kurosawa est si proche, si proche ;-)
Alors, que Ran ou le Château de l'Araignée soient les meilleures adaptations de Shakespeare au cinéma, oui, bien sûr ;-), ça ne me fera pas de mal de le dire, il n'empêche, courez voir Othello de Welles si vous ne l'avez jamais vu ;-))

les comédies de Hawks...:-))