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Tolkien, Dostoievsky et chatGPT - Version imprimable +- Forum JRRVF (https://www.jrrvf.com/forum) +-- Forum : L'Œuvre - Etudes & réflexions (https://www.jrrvf.com/forum/forumdisplay.php?fid=3) +--- Forum : Le Légendaire (https://www.jrrvf.com/forum/forumdisplay.php?fid=9) +--- Sujet : Tolkien, Dostoievsky et chatGPT (/showthread.php?tid=5044) Pages :
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Tolkien, Dostoievsky et chatGPT - Hyarion - 05/11/2023 Avertissement : comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire ailleurs dans un autre fuseau, je n'ai plus d'énergie à consacrer à la gestion après coup d'éventuels malentendus. Merci, à cette aune, de bien vouloir partir du principe que le fond de ce message (en plusieurs parties/posts) est bienveillant, et que, du reste, il ne s'adresse à personne en particulier. 1/5 En matière d'intelligence artificielle générative, ou IA générative, capable de générer du texte ou des images en réponse à une invite (ou prompt en anglais) exprimée par écrit, il existe actuellement des systèmes d'IA génératifs comme l'agent conversationnel (chatbot) programmable ChatGPT, pour produire du texte, et des systèmes « artistiques » d'intelligence artificielle comme Midjourney et DALL-E, pour produire des images. Dans tous les cas, l'IA procède par probabilités pour répondre aux invites, suivant le même processus que le générateur de suggestion de mots utilisé dans les téléphones portables pour la rédaction d'un message avec un clavier numérique (si j'ai bonne mémoire, « Monsieur Phi » avait expliqué cela dans une vidéo signalée en ces lieux en janvier dernier).
Le générateur d'images par IA nommé DALL-E (notamment en référence, parait-il, à Salvador Dalí) a été conçu par OpenAI, la même entreprise qui a développé ChatGPT. La version la plus avancée, et la dernière en date, de ce générateur d'images, appelée DALL-E 3 et dévoilée fin septembre, a notamment été intégré à Bing, le moteur de recherche de Microsoft. À cette aune, depuis le début du mois d'octobre 2023, DALL-E 3 est notamment disponible gratuitement dans Bing Image Creator, la plateforme de génération d'images dudit Microsoft. Ayant, depuis l'an 2000, une adresse pour courriel nécessitant d'avoir un compte Microsoft en ligne (peu utilisé en dehors du stockage de mes courriels), j'ai fini par franchir le pas et par aller (un peu) au-delà de ce que l'on a pu qualifier en ces lieux d'expérience de pensée (expérience de pensée au-delà de laquelle il est nécessaire d'aller pour ce qui est de « passer aux travaux pratiques »). Selon le Blog du Modérateur (BDM), avec DALL-E, il est possible de :
En réalité, sauf erreur d'inattention de ma part, pour ce qui est de DALL-E 3 associé à Bing Image Creator, seules les options 1 et 4 sont possibles actuellement, ce qui est tout de même une entrave conséquente pour tester « le concept » jusqu'au bout. Il semble qu'après d'inévitables « dérapages » d'usagers ayant testé DALL-E 3 jusqu'à obtenir, par exemple, une image générée représentant Mickey Mouse en terroriste du 11-Septembre dans un avion, Microsoft ait dû assez rapidement « aseptiser » son Bing Image Creator de telle manière à ce que les résultats produits à partir d'invites soient systématiquement censurés en cas de détection de contenu jugé inapproprié vis-à-vis du Code de conduite de ses services en ligne (contenu violent, gore, haineux, pédopornographique, terroriste, extrémiste violent, et plus généralement tout contenu jugé « pour adultes », sexuellement parlant, ou tout « contenu autrement dérangeant ou offensant »).
Dans le film F for Fake dont j'ai déjà parlé en ces lieux, Orson Welles évoque les experts en art moderne qui, lorsqu'ils émettent une expertise authentifiant un tableau (tableau pouvant pourtant parfois être l'oeuvre d'un faussaire), « parlent avec l'autorité d'un ordinateur » (“speak with the authority of a computer”). C'est avec cette même « autorité » que, comme de juste, on a pu voir ChatGPT débiter des énormités en matière d'informations fausses ou inexactes. Il en est de même, dans le registre des images, avec DALL-E lorsque, par exemple, cette IA génère, à partir d'invites demandant une mise en image de sujets supposant des compositions plus ou moins complexes, des représentations de mains humaines avec plus de cinq doigts chacune, ou des personnages avec des bras positionnés de façon distordue par rapport au reste du corps : dans ces cas-là, qui arrive moins souvent que l'on pourrait le croire mais tout de même régulièrement, dans la mesure où Bing Image Creator ne permet pas d'inciter directement l'IA à corriger ce genre de défauts (sinon peut-être partiellement en enregistrant et/ou téléchargeant une image plutôt qu'une autre parmi celles proposées pour une même invite), ladite IA continue de procéder, avec « autorité », comme si ses erreurs relevaient de probabilités valides par rapport à la demande, tandis que d'autres paramètres, activant une censure anti-violence mais aussi pudibonde, limitent encore plus les résultats à la fois en qualité et en quantité. À noter que les abonnés aux offres payantes ChatGPT Plus ou Entreprise peuvent accéder à une version de DALL-E 3 intégrée à ChatGPT par OpenAI, depuis mi-octobre, et permettant de « discuter » avec ChatGPT pour influer sur ses réponses désormais également possibles en images : j'imagine sans peine que ses usagers-là de DALL-E 3 sont d'ors et déjà moins entravés dans leurs requêtes que les utilisateurs de DALL-E 3 en service gratuit via Bing Image Creator. DALL-E 3 génère de une à quatre images par invite. Les images proposées sont presque toujours différentes pour une même invite, même s'il peut parfois (rarement) arriver que l'IA propose des images déjà générées quelques minutes plus tôt. Parfois des images sont générées, mais que l'on ne peut qu'apercevoir en petit format, sans pouvoir les agrandir ni les télécharger, et qui sont finalement remplacées par d'autres, agrandissables et téléchargeables. Parfois aussi des images générées en remplaceront d'autres pour une invite identique avant même que l'on ait le temps de les agrandir et de les télécharger. Bref, ça bugue régulièrement, pour un oui ou un non, en fonction de la sur-sollicitation de Bing Image Creator par trop de monde en même temps à certains moments. Faute de pouvoir « effectuer des modifications réalistes et ciblées des images » et faute de pouvoir véritablement « créer plusieurs variantes d'une image, en s'inspirant de l'original », on finit donc par tourner un peu en rond, l'IA ayant du mal, en l'état, à véritablement faire évoluer d'elle-même les probabilités de résultats souhaités pour un même type d'invite. La question de l'incitation à la facilité que représente l'IA se pose aussi bien avec ChatGPT qu'avec DALL-E, l'un n'encourageant pas a priori à l'effort en matière de recherche critique d'information ou en matière d'écriture, l'autre n'encourageant pas a priori à l'effort en matière d'activité créative physique à travers les arts graphiques (y compris l'art digital lorsqu'il a conservé une partie de la dimension au moins physique des formes traditionnelles du dessin et de la peinture). J'y reviendrai plus loin. Une autre question se posant aussi bien avec ChatGPT qu'avec DALL-E concerne la propriété intellectuelle et l'absence de mention des sources dans les résultats que donne l'IA à partir de la base de données (que l'on imagine colossale) constituée par l'entreprise OpenAI : il est connu que ChatGPT ne donne pas ses sources concernant ses réponses à l'écrit, mais il en est de même pour DALL-E avec ses images générées à partir de références non précisées mais qui, bien évidemment, ne sortent pas de nulle part. La France est, parait-il, le quatrième pays utilisant le plus ChatGPT (4 %), tandis que 11,7 % des utilisateurs de cet agent conversationnel vivent aux États-Unis d'Amérique. Je ne sais ce qu'il en est avec DALL-E, mais l'usage doit vraisemblablement aussi plutôt se concentrer aux États-Unis et dans l'ère linguistico-culturelle dite anglo-saxonne, les tendances des résultats aux invites que j'ai formulé ayant tendance à correspondre essentiellement à une somme de goûts et de références esthétiques clairement anglo-américaine (et occidentale de façon plus générale), sachant que je me suis exclusivement concentré sur un mode d'expression artistique censée imiter la peinture figurative. En matière d'histoire de l'art, de façon générale, DALL-E est une IA dont les références se limitent à : 1. - En matière de « peinture ancienne » occidentale : l'école florentine de la Renaissance italienne autour de Léonard de Vinci (l'IA ne semble pas beaucoup connaître l'école vénitienne [Titien, Tintoret, Véronèse...)] ; peut-être des éléments de style des primitifs flamands ; le style caravagesque en clair-obscur autour de/du Caravage ; l'école néerlandaise de l'Âge d'Or de la peinture hollandaise autour de Rembrandt ; la peinture néo-classique de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle (avec un goût surtout anglo-américain) ; la peinture paysagiste anglo-américaine de l'école de l'Hudson (Hudson River School) « fondée » par Thomas Cole dans la première moitié du XIXe siècle ; 2. - En matière de « peinture moderne » (XIXe-XXe siècles) : les styles de la peinture occidentale diversement rattachables au luminisme anglo-américain issu de l'école de l'Hudson, aux réalisme et naturalisme européens, au préraphaélisme, à l'académisme européen, à la peinture figurative conventionnelle représentative d'un certain goût bourgeois occidental de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle (peinture figurative conventionnelle également diffusée en reproduction dans la publicité imprimée de l'époque) ; les styles des illustrateurs de l'Âge d'Or de l'illustration anglo-américaine du début du XXe siècle (Howard Pyle, N. C. Wyett, Mead Schaeffer...) ; peut-être l'IA a-t-elle aussi dans son catalogue quelques références de la peinture figurative américaine des années 1930 ; il est difficile de savoir si les détails « surréalistes » disséminés dans certaines de ses « peintures » relèvent d'une éventuelle connaissance, par exemple, de l'œuvre peint de René Magritte ; de façon générale, il n'y a pas de références franchement explicites à des styles de peintres modernes en particulier (par exemple, l'IA ne fait pas de différence entre une invite lui parlant d'Auguste Renoir et une autre lui parlant d'Henri de Toulouse-Lautrec)... à l'exception notable de l'œuvre de Vincent Van Gogh (1853-1890), dont DALL-E 3 manie fort bien le style « expressionniste » de la dernière période de l'artiste (1887-1890) et à partir de laquelle elle a été de toute évidence très entraînée en matière d'imitation d'un travail de peintre. Peut-être sera-t-on éventuellement intéressé par le partage d'un (petit) échantillon des (nombreux) résultats obtenus, avec DALL-E 3, par votre serviteur durant le mois d'octobre dernier (mois si sinistre par ailleurs, en matière d'actualités diverses) ? Bien évidemment, ça vaut ce que ça vaut. [suite dans la deuxième partie ci-après] Tolkien, Dostoievsky et chatGPT - Hyarion - 05/11/2023 [suite de la première partie] 2/5 En ces lieux, il y a quelques mois, j'avais évoqué l'hypothèse de la confrontation entre le personnage de Conan le Cimmérien de Howard et l'Anneau Unique de Tolkien. En janvier dernier, dans le présent fuseau, votre serviteur Hyarion a écrit :
Cela m'a paru être une bonne base de départ pour une série d'invites adressées à DALL-E 3, en rajoutant dans l'équation le personnage de Valeria, la femme pirate qui accompagne Conan, et fait jeu égal avec lui, dans Les Clous rouges (Red Nails), dernier récit de fantasy que Robert E. Howard a consacré à Conan en 1935 et qui fut publié en feuilleton dans la revue Weird Tales en 1936 : https://gutenberg.org/cache/epub/32759/pg32759-images.html (texte du récit en VO). Si l'on demande à notre ami JR/Isengar ce qu'est l'univers de fantasy du Seigneur des Anneaux, il vous dira que c'est un univers créé par un écrivain anglais (J. R. R. Tolkien) dans la première moitié du XXe siècle et non ultérieurement par un cinéaste néo-zélandais ou par des showrunners américains travaillant chez Amazon. Pour mémoire, c'est la même chose avec l'univers de fantasy de Conan le Cimmérien : il a été créé par un écrivain américain (Robert E. Howard) dans la première moitié du XXe siècle et non ultérieurement par des scénaristes de comics ou par des réalisateurs ayant mis en scène tel ou tel acteur musclé dans le rôle (supposé) de Conan. Pourtant, c'est à toute une réception plus ou moins déformée de ces univers que l'on a été, pour le meilleur et pour le pire, bel et bien confronté durant des décennies en matière de production d'images, et il faut donc bien en tenir compte s'agissant du contenu hautement probable de la base de données à partir de laquelle travaille une IA conçue aux États-Unis. Voila pourquoi il m'a paru approprié de prendre mon parti de cette situation et d'essayer, à cette aune, autant que possible, d'orienter au mieux les résultats, en faisant comme si je recherchais quelque-chose ressemblant, par exemple, à une illustration anglo-américaine « classique » réalisée pour un livre paru du XXe siècle ou à une illustration peinte pour une affiche de film de cinéma de la seconde moitié du XXe siècle (avant 1990, date de la disparition, presque instantanée, des illustrations peintes pour les affiches de films du cinéma occidental et en particulier hollywoodien) avec le "casting de film" sans doute correspondant plus ou moins à l'époque.
(Essais 1023A01, 1023A02 et 1023A03 : tentatives d'obtenir des portraits crédibles des deux personnages dans un contexte d'aventures de piraterie au sein l'univers de fantasy de Conan le Cimmérien ; Howard ne décrit pas Conan comme étant barbu, mais une barbe légère ne me parait pas incompatible avec le personnage, pour lequel il m'a paru plus important d'insister sur d'autres éléments physiques caractéristiques du personnage littéraire original, notamment les cheveux noirs et les yeux bleus)
(Essai 1023A04 : ici le visage de Conan ressemble assez clairement à celui d'Arnold Schwarzenegger [comme c'est le cas dans d'autres images de la présente sélection], mais avec les éléments physiques caractéristiques du personnage howardien dont j'ai parlé précédemment ; le regard méfiant de Conan vis-à-vis de l'Anneau, posé sur ses doigts sans qu'il le tienne vraiment, est conforme à l'invite ; exemple de tentative d'obtenir une représentation explicite de l'Anneau Unique de Tolkien, d'où l'inscription apparente ; dans ce cas de figure, qui est arrivé plusieurs fois, il suffit apparemment que le nom de Tolkien apparaisse dans le texte de l'invite ou prompt pour que l'IA ait une fâcheuse tendance à affubler tout personnage féminin de longues oreilles pointues supposément "elfiques", ce pourquoi j'ai dû légèrement retravailler après coup cette image avec une vieille version de Photoshop)
(Essai 1023A05 : image très légèrement retravaillée après coup avec une vieille version de Photoshop ; exemple de résultat, parmi de nombreux autres, où le bijou représenté ne correspond pas du tout à l'Anneau Unique... alors que quasiment tout le reste tient la route)
(Essai 1023A06 : exemple de résultat où la main d'un tiers [non mentionné dans l'invite] présente l'Anneau à nos deux personnages howardiens, lesquels ne peuvent qu'avoir raison de toujours se méfier de ce que leur présente les nécromanciens... et a fortiori LE Nécromancien, aka Sauron, ou bien un de ses suppôts)
(Essai 1023A07 : un des meilleurs résultats parmi les images générées pour cette série d'invites, sans aucun défaut formel majeur)
(Essai 1023A08 : exemple de résultat où l'imitation de la peinture rappelle principalement les productions d'artistes américains pour illustrer des couvertures de romans populaires en format de poche dans les années 1950-1960-1970)
(Essai 1023A09 : exemple de résultat où l'Anneau n'est pas sans défaut et où sa volonté propre semble un peu trop explicite, mais où les expressions du visage des deux personnages reflètent exactement le sentiment de dégoût à l'égard dudit Anneau tel que souhaité dans l'invite)
(Essai 1023A11 : rare exemple de résultat où un volcan apparait dans le paysage à l'arrière-plan, sans l'avoir demandé mais interprétable comme possible suggestion de la destination finale où se débarrasser de l'Anneau)
(Essai 1023A12 : image avec quelques défauts mineurs mais pouvant apparaitre comme un pendant de la précédente, celle de l'essai 1023A11, avec les personnages regardant cette fois-ci le volcan où potentiellement aller se débarrasser définitivement de l'Anneau)
(Essai 1023A13 : exemple de résultat, survenu parfois, où l'IA fait coïncider la présence de l'Anneau avec un doigt d'honneur de la part de Conan [soit ce que j'appelle aussi, pour mémoire, le "doigt de l'amitié", à généreusement offrir à quiconque le réclame implicitement par son attitude mal intentionnée, irrespectueuse et/ou peu intelligente à votre égard], ce geste [non demandé dans l'invite] étant finalement la réponse symbolique la plus méritée, à défaut d'être la plus tolkieniennement sophistiquée, pour son destinataire Sauron, tellement minable avec ses gadgets de nécromancien, quand on y réfléchit)
(Essai 1023A14 : exemple de résultat plus ou moins fantaisiste, où Valeria ressemble à s'y méprendre à Brigitte Bardot, à l'époque où celle-ci était notamment l'actrice principale du film Le Mépris de Jean-Luc Godard)
[suite dans la troisième partie ci-après] Tolkien, Dostoievsky et chatGPT - Hyarion - 05/11/2023 [suite de la deuxième partie] 3/5 Parallèlement au sujet de Conan et Valeria, j'ai également expérimenté ce que l'IA pouvait proposer s'agissant de représentations imitant la peinture de celui qui reste mon personnage tolkienien préféré : Tom Bombadil. De la même manière qu'avec Conan, il m'a paru plus intéressant de traiter cet autre sujet en lui associant un personnage féminin, soit naturellement Goldberry (Baie d'Or), épouse de Tom. N'étant pas un adepte des illustrations tolkieniennes excessivement compatibles avec une lecture de Tolkien soumise à un paradigme pudibond supposé « en phase » avec la « Parole » de l'auteur, j'ai choisi de ne pas imposer de robe verte à Goldberry, et même de ne pas lui imposer de robe du tout, quand bien même Alan Lee lui-même avait tenu à l'habiller lorsqu'il la représentée dans l'eau tirant la barbe de Tom comme pour l'entrainer avec elle au fond de la rivière Withywindle. Mes invites ont donc, quant à ce sujet, tournées autour d'une représentation de Tom et de Goldberry à l'époque plus ou moins légendaire de leur rencontre, ledit Tom parcourant les bords du cours d'eau où vit la fille de Dame Rivière, et d'où celle-ci peut se laisser voir, émergeant parfois des flots, dans une tenue naturellement compatible aussi bien avec la baignade qu'avec le mode de vie mythique de certaines nymphes. Avec Tom Bombadil et Goldberry, en matière d'expression artistique imitant la peinture, j'ai été très vite entraîné par l'IA vers le domaine esthétique de ce que l'on peut appeler le peinture figurative pour public bourgeois des alentours de 1900, soit la production plus ou moins académique des peintres européens et américains exposée et vendue dans les Salons d'art plus ou moins institutionnels (publics et privés) fréquentés par les bourgeoisies occidentales à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, dans un cadre conventionnel dont ont voulu se distinguer les peintres considérés d'avant-garde en proposant leur propre production dans des expositions individuelles ou de groupes appartenant à divers mouvements représentatifs de ce que l'on a appelé l'art moderne (grosso modo entre 1860 et 1950, de l'impressionnisme au surréalisme). L'autre domaine esthétique vers lequel le sujet m'a entrainé a été celui du style de l'œuvre de Vincent Van Gogh dans sa dernière période (1887-1890), style dont j'ai déjà dit précédemment qu'il a été de toute évidence une base substantielle d'entrainement pour DALL-E 3 en matière d'imitation du travail d'un peintre. Quelques images générées ont échappé à la censure en matière de seins féminins, mais elles n'apparaitront pas dans la présente sélection, car elles ne sont pas forcément les images les plus "abouties", dans leur ensemble ou par rapport à d'autres détails de la composition.
(Essai 1023B01 : exemple des premiers résultats, où il apparait que l'IA n'a pas très bien compris ce qui lui était demandé dans l'invite, laquelle ne contenait aucune mention du mot “donut”, ni aucune allusion à un signifié ou à un signifiant correspondant à un tel objet comestible... ; d'après les autres essais parmi les premiers résultats, le donut semble interprétable comme étant un cadeau de Tom pour Goldberry...)
(Essai 1023B03 : un des meilleurs résultats parmi les images générées pour cette série d'invites, sans aucun défaut formel majeur)
(Essai 1023B04 : exemple de résultat où Goldberry a l'apparence d'un modèle féminin de la peinture néerlandaise du XVIIe siècle)
(Essais 1023B05, 1023B06 et 1023B07 : exemples de résultats où l'imitation de la peinture renvoie explicitement au style de l'œuvre de Vincent Van Gogh dans sa dernière période [1887-1890])
(Essai 1023B08 : exemple de résultat où Goldberry se contente de peu en matière de robe verte)
(Essai 1023B09 : exemple de résultat, survenu parfois, où Tom Bombadil apparaît seul, bien que l'invite ou prompt mentionne également un personnage féminin devant correspondre à Goldberry ; un des meilleurs résultats parmi les images générées pour cette série d'invites, sans aucun défaut formel majeur, mis à part un martin-pêcheur étrangement représenté)
[suite dans la quatrième partie ci-après] Tolkien, Dostoievsky et chatGPT - Hyarion - 05/11/2023 [suite de la troisième partie] 4/5 En dehors de Howard, en dehors de Tolkien, j'ai aussi fait quelques tests avec une autre référence littéraire (nettement plus confidentielle, on en conviendra, mais qui au moins devrait parler à quelques personnes en ces lieux) : « Les Dits de la Saigne ». Là, une fée-papillon, battant lentement de ses ailes gris bleutées qu'elle sait charmeuses, apostrophe un castor besogneux — Car il est aussi, dans les marais de la Saigne, des animaux communs. Didier Willis, « Les Dits de la Saigne », in Contes et Légendes d'Almaq, Toulouse, Le Dragon de Brume, 2022, Livre II, p. 132 (précédemment publié in Collectif, Errances en Faërie, recueil de contes murmurés à une chouette aveugle, Paris, Éditions Skiophoros, 2006, cf. p. 77 (première publication en ligne sur JRRVF : 2004)). Pour une fois, c'est dès les premiers résultats à partir d'une invite, que j'ai pu retenir une image, sans défaut majeur, pouvant illustrer le passage cité, même si le style du « tableau » pourra toujours ne pas plaire à quelque autre lecteur ou lectrice.
Quant à mettre en image la figure de Dongann, le fou bossu au centre des « Dits de la Saigne », c'est chose plus ardue, DALL-E 3 ayant notamment apparemment du mal à comprendre la notion de bosse appliquée au dos d'un personnage... Mais j'étais curieux de voir ce que pourrait donner une imitation de tableau représentant un sujet que l'on pourrait intituler La Vieillesse de Dongann : à l'arrivée, j'ai fini par retenir deux images, où la bosse pourra paraître discrète, mais qui peut-être pourrait passer pour deux visions libres d'un même personnage gardant malgré tout son mystère (deux visions libres, par ailleurs, à éventuellement tenter de fusionner si l'IA le permet un jour).
[suite et fin dans la cinquième partie ci-après] Tolkien, Dostoievsky et chatGPT - Hyarion - 05/11/2023 [suite de la quatrième partie] 5/5 Pour finir en revenant à Tolkien, j'ai également testé une série d'invites relative au sujet d'une certaine illustration tolkienienne représentant la Vieille Grive du Hobbit, illustration que j'ai dessiné moi-même il y a plusieurs années, dont j'ai évoqué l'histoire dans un autre fuseau, et qui notamment sert encore aujourd'hui d'élément décoratif à certaines versions du présent forum. Partant d'une représentation dessinée de ma main pour demander, via une invite ou prompt, une imitation numérique d'un travail de peintre par l'IA, j'ai rajouté dans l'équation une référence, en matière de paysage, à la peinture anglo-américaine de l'école de l'Hudson « fondée » par Thomas Cole.
On peut estimer que DALL-E 3, là encore, « en met plein la vue »... mais il y a pourtant bien « quelque chose » dans la création personnelle physique que l'on ne retrouve pas dans la production de l'IA, et de fait je ne reconnais pas l'esprit dans lequel j'ai personnellement réalisé mon dessin il y a dix ans, ce qui reste l'essentiel. Ici, je peux notamment me rappeler ce que Beruthiel m'avait écrit précédemment dans le présent fuseau (à propos de mon travail d'écriture vis-à-vis de ChatGPT, mais cela peut valoir pour un travail en dessin ou en peinture vis-à-vis de DALL-E) : À votre serviteur, ici même en janvier dernier, Beruthiel a écrit :
Et maintenant que j'avoue être bien fatigué d'avoir pondu tout cela (pour m'occuper l'esprit, à vrai dire), concluons, ou du moins essayons de conclure, pour l'heure et en l'état du « progrès » technique actuel, sachant que je ne poursuivrai pas l'expérience dans un avenir proche (pour diverses raisons).
Si au premier abord, reconnaissons-le, l'expérimentation d'un générateur d'images par IA comme DALL-E est amusante, quand je vois ce que donne tous ces résultats à partir d'une invite ou prompt, certes sous diverses contraintes et avec encore un certain nombre d'imperfections, en matière d'images générées par DALL-E 3 — la qualité desdites images générées étant tout de même en l'état déjà assez impressionnante —, je m'interroge quant à l'incitation à la facilité que représente d'ors et déjà l'IA en matière de pratiques artistiques. Est-ce là, peut-être, la porte ouverte à la perte progressive du geste artistique ? Peace and Love, B. Tolkien, Dostoievsky et chatGPT - Cédric - 01/02/2024 Je n'avais pas encore pris le temps de réagir à cette très belle série de messages.
Parlant des résultats, cela a fait renaître des souvenirs d'enfance. Certaines images du Conan me faisant définitivement penser - à tort ou à raison - à un périodique dont j'étais fan il doit y avoir 40 ans de cela.
Merci donc pour cette étude et d'avoir ravivé ma madeleine
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