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The Letters - Mehapito - 14/11/2005 Ce qui m'a le plus surpris, ce sont les rapports de Tolkien avec son éditeur. Il s'adresse à lui comme à un ami à qui il confie ses soucis que je qualifierai d'intimes (peut-être, comme l'a suggéré quelqu'un, n'était-ce qu'un moyen de "gagner du temps" dans sa rédaction). Ses rapports amicaux avec Rayner U, nous les voyons naître, mais ses rapports premiers avec A&U m'étonnent. Par ailleurs, bien qu'il s'agisse d'une sélection de lettres parmi les seules lettres retrouvées, je suis surpris de trouver, parmi les lettres aux membres de sa famille, une énorme majorité de lettres à Christopher. Qu'est-ce qui explique ceci ? Et enfin, j'ai un grand regret à la lecture de ces lettres, comme je pense nombre d'entre vous, c'est de ne pas pouvoir écrire à Tolkien pour lui poser les questions qui me tournent dans la tête (quitte à recevoir un professeur une lettre me faisant remarquer à quel point je peux être ignorant). Mehapito The Letters - Laegalad - 14/11/2005 Kendra, je partage ton avis quand aux relations amicales :) Bon et heu, la faute est pas toujours aux filles, et je dirai même l'inverse, moi : nous on sait se tenir ;op The Letters - Christine - 14/11/2005 J'arrive après, comme toujours, mais merci de laisser Pie XII tranquille. Veuillez croire qu'il n'y a pas là d'intention polémique. Mais les faits sont tellement tordus et déformés qu'en conscience, je ne peux pas me taire. The Letters - Kendra - 14/11/2005 C'est très bien d'essayer d'éclairer le débat par des faits qui ont l'air historiques, Christine (et je dis ça en ne sachant strictement rien de la papauté, donc je n'ai aucune opinion sur le débat qui se tient, je tiens à le préciser !) A côté de ça, sur ce forum (et ailleurs) dès qu'on se met à parler religion, même quand c'est purement documentaire, voir historique, et même pas philosophique ça a tendance à se finir en foire d'empoigne. Vincent a sans doute raison... Que les personnes très documentées pardonnent leur "ignorance" aux non-documentés, et que chacun essaye de comprendre qu'il est *possible* que des points de vue s'opposent. C'est tout à fait normal, ça n'a rien d'inconvenant, et il n'y a pas mort d'homme ! C'est dit ! Je rappelle (parce que des fois je prends peur... vous voudrez bien me pardonner si ce que je dis vous semble évident) qu'il est du droit de chacun d'avoir une religion ou pas et de choisir celle-ci plutôt qu'une autre (ou pas).
The Letters - sosryko - 14/11/2005 Christine, Kendra et les autres, The Letters - Kendra - 14/11/2005 Wow, comme je viens de me faire modérer ! Il ne t'aura pas échappé, Sosryko, que ma blague sur Zorro servait uniquement à tempérer mon propos sévère et n'était certainement pas une petite annonce ;) Et comme il faut revenir au sujet... je le fais de bonne grâce (et qu'on ne dira pas que je suis prise en flagrant délit d'insubordinnation !) Est-ce que quelqu'un saurait où trouver la fameuse lettre signée "Habit", publiée dans l'Observer, où le fameux Habit demande à Tolkien si les hobbits sont des "petits hommes velus" ? J'imagine qu'un de nos bien-aimés geeks doit avoir déniché une copie de cette fameuse lettre, qui occasionna une réponse savoureuse de Tolkien, qui fut malencontreusement (pour lui) publiée dans le même journal. The Letters - Tilkalin - 14/11/2005 Kendra > A côté de ça, sur ce forum (et ailleurs) dès qu'on se met à parler religion, même quand c'est purement documentaire, voir historique, et même pas philosophique ça a tendance à se finir en foire d'empoigne. Sosryko > Tout à fait d'accord. Surtout qu'à l'origine j'intervenais pour exprimer ce qui me semblait être dans Les lettres un exemple de la complexité d'un homme que l'on ne peut réduire à une case X ou Y... ;-) Personnellement, ce (non-)débat est clos. Cordialement, The Letters - Christine - 15/11/2005 Mea culpa. Je suis quand même déçue, voire blessée (chacun son tour...) par le blocage quasi systématique qui surgit dès que le mot "religion" montre le bout du nez. N'ayant pas suivi tous les débats, j'imagine que certains ont du être houleux. Sur ce...
The Letters - Kendra - 15/11/2005 Tiens je vais même renchérir sur la "misogynie"... Alors, je ne suis qu'au début des Lettres (à la 90, puisque je les ai commencées samedi), et je n'ai pas la biographie de Carpenter sous la main. Et si oui, qu'est-ce qui, dans son vécu ou ses convictions, lui a suggéré cette idée ? Là encore ça sonne polémique, mais il est clair que Tonton était pour l'éducation des filles autant que des fils, alors qu'est-ce qui fait qu'il est (et là je cite, mais j'ai toujours pas le numéro de la lettre) "contre le féminisme". N'hésitez pas à me "spoiler" sur la suite des lettres... je les lirais volontiers dans le désordre, mais j'ai peur de ne plus m'y retrouver. et puis j'arrêterai de poser des question après... et je retournerai dévorer quelques pages de ce croustillant ouvrage. The Letters - jean - 15/11/2005 Kendra> Dans les cas personnels que j'ai cité, je n'étais en rien plus agé ou plus gradé, dans les cas que j'ai rencontré dans mon entreprise, c'est vrai que tous les cas concernait des femmes plus jeunes avec des hommes plus agés. C'est simplement factuel, il n'y avait aucune intention démonstrative derrière mes propos et on ne pourrait en aucun cas tirer une loi de quelques exemples unitaires. Sur le fond je me demande s'il n'y a pas une ambiguïté sur le terme "ami". Je suis parfaitement d'accord pour dire que des hommes et des femmes peuvent avoir des relations amicales une certaine forme de camaraderie (au sens moderne et surtout pas étymologique). Mais dans le cas d'une véritable amitié qui est pour moi une relation presque aussi forte, quoique différente, qu'une relation amoureuse, je suis plus prudent. C'est en ce sens que je m'étais senti en empathie avec la lettre de Tolkien que tu citais. Concernant la "misogynie" de Tolkien, si le sujet t'intéresse, je te signale qu'il a été traité de façon approfondie par Alex Lewis dans son livre "Uncharted realms of Middle Earth". Tu peux t'y reporter mais je ne crois pas qu'il ait été traduit en français. Tilkalin> Je suis d'accord pour ne pas poursuivre ici un HS un peu explosif, mais je souhaiterais malgré tout poursuivre cet échange, alors m'autorises tu à t'écrire dans ta bal personnelle? The Letters - Tilkalin - 15/11/2005 Jean > Je suis d'accord pour ne pas poursuivre ici un HS un peu explosif, mais je souhaiterais malgré tout poursuivre cet échange, alors m'autorises tu à t'écrire dans ta bal personnelle? Cordialement, The Letters - Cédric - 15/11/2005 Merci à vous pour cette auto-modération et ce sang-froid (on respire, zen...), il est vrai que nous ne tenons pas à trop dévier du sujet, pas vrai ? ;-) Cédric. The Letters - vincent - 15/11/2005 effectivement, Cédric :-) Mehapito : sur la proportion de lettres adressées à Christopher. Ce n'est pas lui qui a procédé directement à la sélectino ; il me semble que ce choix reflète la réalité : le lien extrêmement étroit existant entre JRR Tolkien et son fils, à la fois sur le plan de l'affection et des intérêts littéraires partagés - confirmés par le travail éditorial de ChTolkien depuis 25 ans ! sur les rapports avec son éditeur, il faudrait reprendre le contexte exact. je ne crois pas que l'on puisse parler de "duplicité" : quand tu vois la consigne donnée par St. Unwin (faire attendre Tolkien puis refuser finalement le Silm), cela ressemble à de l'auto défense :-) amicalement The Letters - Vinyamar - 15/11/2005 Heureusement que j'arrive après ça ! J'ai dû attacher mes doigts pour ne pas répondre au flot de savante ignorance qui s'est déchaîné ici. Enfin bon...
Sinon j'ai bien aimé la lettre d'excuse de Tolkien à Lewis, où l'on découvre que le professeur devait être un bonhomme très critique et parfois cruel sans le vouloir dans son perfectionnisme. On y retrouve un peu de soi... The Letters - Kendra - 15/11/2005 Vinyamar, qu'est-ce qui te permet d'imaginer que je ne rencontre pas les gens de ce forum *dans la vraie vie* ? Le forum est une chose, la vie de chacun en est une autre. Donc oui, j'ai des amis sur ce forum, et des amis des deux sexes. The Letters - Cédric - 15/11/2005 Kendra, ça manque de smileys ton dernier message je trouve :-) Vinyamar te prenait à témoin mais je pense surtout qu'il parlait du cas général ;-) C. The Letters - Moraldandil - 15/11/2005 Si je puis me permettre (désolé d'apporter ma marotte linguistique, mais on ne se refait pas !) il est manifeste que Vinyamar et Kendra ne donnent pas du tout la même extension au terme d'ami. Ce n'est un secret pour personne que l'usage qu'on en fait peut être très personnel, et ce n'est pas un hasard si ce mot a développé de nombreuses locutions telles que "meilleur ami(e)", "ami(e) intime", "grand ami(e)", "petit(e) ami(e)" (assez amusant d'observer le contraste de ces deux derniers), "bon(ne) ami(e)", "ami(e) d'ami(e)", sans parler de sa synonymie variée : camarade, compagnon, connaissance, relation, copain, pote, familier et j'en passe. Il est visible que Vinyamar donne à "ami" un sens plus restreint et plus engageant que Kendra. B. The Letters - marcolas - 15/11/2005 Moraldandil a écrit il est manifeste que Vinyamar et Kendra ne donnent pas du tout la même extension au terme d'ami
Bonne soirée :)
The Letters - vincent - 15/11/2005 j'ai l'impression de Vinyamar, répondant à Kendra, l'a prise comme exemple d'une internaute parlant sur un forum, où, par définition, les rapports ne sont pas les mêmes que dans la "vraie vie" ; mais il ignorait sans doute que Kendra connaissait certaines personnes "dans la vraie vie" aussi... d'où le malentendu. à votre place, je ne prendrais rien de tout cela personnellement. bon, on arrête ? mon résumé ressemble à l'épisode 4267 des "feux de l'amour" :-)) ------------------------------------------------------- oui, Vinyamar, l'importance de Christopher dans le texte est crucial. je ne sais pas si elle se traduit par la présence d'éléments empruntés à sa vie, mais il est clair que l'image du "lecteur idéal" que se fait Tolkien recoupe largement celle qu'il décrit dans les _Lettres_. amicalement The Letters - Anglin - 16/11/2005 Pour 'essayer' de revenir au sujet Vincent (mon 'ami' ;) ), j'avoues que certaines lectures en Français ont soient confirmé à mon sens le ton employé par Tolkien (au sens de l'emotion' qui nous parcoure lorsque l'on écrit quelquechose qui nous tiens à coeur ou non, qui nous ennerve ou nous ravi au contraire) soient - là je parles de ma non aptitude à tout comprendre notamment lorsque le vocabulaire me dépasse un petit peu - mis à jour des sentiments du même type qui m'avaient alors échappés en V.O. . Amicalement, The Letters - Tilkalin - 16/11/2005 A la lecture des Lettres, j'ai été surpris de ne pas trouver une correspondance plus importante entre Tolkien et son frère. Déjà à la lecture de la Biographie de Carpenter, l'impression qu'il n'y avait pas forcément beaucoup de rapports entre eux deux à l'âge adulte m'avait effleuré l'esprit... Cordialement, The Letters - Vinyamar - 30/11/2005 je souhaite poursuivre le débat sur l'amitié dans la rubrique Divers, sur ce fuseau : qu'est-ce que l'amitié ? The Letters - Vinyamar - 30/11/2005 je souhaite poursuivre le débat sur l'amitié dans la rubrique Divers, sur ce fuseau : qu'est-ce que l'amitié ? The Letters - Yyr - 01/12/2005
The Letters - vincent - 03/01/2006 bonjour, pour information : je participerai à un "chat" sur le site du journal _Libération_ (liberation.fr) jeudi 12 dans l'après midi, pour évoquer Tolkien et la parution en français de ses _Lettres_. amicalement The Letters - vincent - 03/01/2006 je viens d'avoir confirmation : chat de 17h à 17h30 sur liberation.fr Vincent The Letters - Laegalad - 03/01/2006 Tiens, à propos des letters, et toujours à propos de la lettre 43, mais sur un autre sujet -- à mes yeux plus choquant. Women really have not much part in all this, though they may use the language of romantic love, since it is so entwined in all our idioms. The sexual impulse makes women (naturally when unspoiled more unselfish) very sympathetic and understanding, or specially desirous of being so (or seeming so), and very ready to enter into all the interests, as far as they can, from ties to religion, of the young man they are attracted to. No intent necessarily to deceive: sheer instinct: the servient, helpmeet instinct, generously warmed by desire and young blood. Under this impulse they can in fact often achieve very remarkable insight and understanding, even of things otherwise outside their natural range: for it is their gift to be receptive, stimulated, fertilized (in many other matters than the physical) by the male. Every teacher knows that. How quickly an intelligent woman can be taught, grasp his ideas, see his point – and how (with rare exceptions) they can go no further, when they leave his hand, or when they cease to take a personal interest in him. But this is their natural avenue to love. Ce qui m'a fait hurler... mais passons. En français, servient a été traduit par "subalterne". Le problème c'est que ça me semble tout à fait ça le sens... tous les dictionnaires que j'ai le confirme. Surtout que la suite va dans le même sens :( En même temps, Tolkien est amateur de sens vieillot... Est-ce qu'il est possible que le mot ait un sens moins négatif et moins vexant ? (ce qui n'effacerait pas l'affront fait par la fin de cette citation, mais tempèrerait un peu quand même...) The Letters - Vinyamar - 03/01/2006 C'est parce que tu aurais voulu 100% d'éloge que tu es choquée de voir un élément qui l'est moins dans cette liste ? Je ne me risquerai pas à parler de l'autorité de l'homme dans une époque où le penser correct a définitivement banni toute différence entre les sexes. Tolkien pense fort mal, c'est sûr. Un détail, je ne crois pas que "servient" avait quand Tolkien l'a écrit le côté très péjoratif de "subalterne". "Subordonné" me semble éviter le côté péjoratif, même si la pensée reste tout autant incorrecte pour notre monde soit disant libéré. The Letters - Vinyamar - 03/01/2006 Et pour adoucir un peu mon précédent message, je voudais plutôt porter l'attention sur l'exemple de professeur que Tolkien donne à la fin. Est-il vrai, croyez-vous, qu'une étudiante est d'autant plus brillante qu'elle porte de l'intérêt à son professeur ? Et qu'aussitôt qu'elle se sent délaissée par lui, elle cesse de progresser ? The Letters - Daniel Lauzon - 03/01/2006 J'aime bien cette lettre, elle porte à réfléchir. Je pense pour ma part que ces propos choquent moins si l'on considère que Tolkien a connu les femmes avant le féminisme et la "libération de la femme". Les comportements qu'il décrit, à ses yeux des qualités, étaient probablement très répandus. Évidemment, s'il croyait que les femmes étaient ainsi par nature, il se trompait probablement à bien des égards. Qui croit encore, d'ailleurs, que la plupart de nos comportements sociaux d'homo sapiens sapiens nous viennent de la nature, et non pas justement de la société ? Peut-être que certains le croient encore, mais leurs perceptions ont quand même bien changé. Personnellement, en tant que "mâle" et pour bavarder (sans plus !), je dirai que je perçois encore malgré tout un fond de vérité dans la fin de cette citation. Les femmes qui m'ont aimées (vraiment) s'intéressaient spontanément à tout ce qui captivait mon attention, et souvent sans avoir elles-mêmes de prédispositions pour ce genre de choses. Je dois dire, à mon grand regret, que l'inverse n'est pas vrai pour moi ! Évidemment, elles avaient toutes des intérêts personnels, indépendents des miens, et étaient parfaitement capables d'apprendre par elles-mêmes. C'est là que bien des choses ont changé ! À mon avis il faut tenter de faire la part des choses. Nos vues modernes ont bien du bon, mais ce n'est pas comme si le "progès" avançait toujours dans le sens de la vérité. Daniel The Letters - Kendra - 03/01/2006 Heureusement que tu prends la peine d'adoucir, sinon on aurait pu croire que tu avais pris Laegalad en grippe. A l'heure qu'il est elle doit vraiment se demander ce qu'elle a bien pu faire pour s'attirer un post avec ce contenu. Sans parler du reste... Surtout qu'elle posait *sincèrement* la question de la traduction. Du moins je peux le savoir vu que j'étais au dit réveillon. En relisant le passage en français, je me demande s'il n'y avait pas un double sens ou de l'ironie, Stephe. J'hypothèse (même si c'est pas français de dire "j'hyopthèse")que Tonton n'appréciait pas qu'on ait inculqué l'état de "subalterne" (on est là pour discuter des traductions, mais je n'ai pas l'impression que Vincent Ferré -bonne année à lui et que l'université ne marrisse pas son coeur inspiré- ait employé ce terme à tort et à travers) et qu'en fait il sous entendait que cet état n'est pas "naturel" (comme il est naturel que les arbres poussent dans la terre) mais acquis pas des siècles d'histoires plus ou moins en défaveur de la femme. Par contre... je ne suis pas de l'avis de Tolkien quand il dit qu'une femme cessera de " rapidement apprendre, saisir les idées, voir où un homme veut en venir" quand elle "lâche sa main". Ce qui était le coeur du débat du réveillon. Mon avis n'a d'ailleurs pas d'importance puisque il s'agit de *traduire*. The Letters - Melilot - 03/01/2006 Toute "différence" entre les sexes, ça, ça va être difficile à bannir, et pour cause. De même que les préjugés et caricatures, d'ailleurs ... mais pour d'autres causes. ;-P Quant à s'interroger sur le fait qu'une femme puisse être intelligente, brillante, autonome et indépendante par elle-même, et non par suivisme amoureux bêlant ... franchement ... à moins d'avoir passé les derniers siècles en hibernation au fond d'un glacier des Alpes, je n'en vois pas l'intérêt. (Sauf peut-être pour les talibans). (Ah non, pardon. Eux, ils ne se la posent pas.) :-D :-D -D Bon, pensons correct. "Le monde se divise en deux catégories : d'un côté les blondes, de l'autre les machos." :-D :-D :-D The Letters - Melilot - 03/01/2006 Oups! Dobeulyou de PC! Il m'a sucré les deux derniers mesages (Daniel et Kendra) avant que je ne poste. Je viens juste de les voir. :-D The Letters - rebeca - 03/01/2006 Vinyamar: "Est-il vrai, croyez-vous, qu'une étudiante est d'autant plus brillante qu'elle porte de l'intérêt à son professeur ? Et qu'aussitôt qu'elle se sent délaissée par lui, elle cesse de progresser ?" Je trouve que là question n'a pas tellement de sens pour moi, parce que cette situation n'est pas du tout spécifique à la relation professeur-étudiante: j'ai l'impression que beaucoup d'entre nous, quand nous voulons attirer l'attention de quelqu'un, nous essayons de nous montrer de notre meilleur côté... (et c'est clair que se sentir délaissé par quelqu'un d'important pour soi, ça peut pas mal couper la motivation pour plein de choses, surtout tout ce qui est en rapport avec cette personne...)
The Letters - Daniel Lauzon - 04/01/2006 > Je dois dire que pour moi, quelque soit le sens que l'ont donne à "servient", En regard du contexte ("the servient, helpmeet instinct" = synonymie plus ou moins proche) et sans l'aide d'un dictionnaire (d'instinct, donc ! ;-)), je traduirais "servient" par "serviable", donc, "l'instinct de serviabilité" (mais ce n'est peut-être pas très parlant). Tolkien percevait les femmes comme des êtres d'une extrême gentillesse. Daniel ;-) The Letters - Laegalad - 04/01/2006 Daniel, Elisa, Mélilot et Rebeca : merci :) J'ai bien fait d'aller me coucher avant de répondre, je me serai énervée, tout à fait inutilement (enfin, j'étais énervée, mais au moins je n'aurai pas pourri plus le fuseau)... Qu'il est dûr le chemin de la tempérance (surtout quand on manque de sommeil)! :o| Daniel : servient = serviable, c'est une question que je me posais, oui :) Vincent, as-tu aussi gardé des notes sur la traduction de cette lettre (et de ce passage) qui pourraient éclairer un peu ? S. -- 12 heures de sommeil, ça aide à retrouver son calme... The Letters - Vinyamar - 09/01/2006 J'ai enfin terminé les Letters (long, car je ne lisais que quelques lettres par soir), et il m'apparaît à la fin du livre une analyse que j'aimerai vous partager. (J'ai envoyé un long mail à Laegalad pour expliciter en détail ce que mon intervention signifiait, sachant qu'elle ne recevrait pas ici bon accueil. J'espère que le malentendu est clos au moins entre nous (si tu as reçu mon email), et c'est pourquoi je diverge à présent et change de chemin). J'ai eu le sentiment, tout au long des Letters, d'une sorte de perte de vitesse de la part du professeur. Mais même ! Ses lettres à ses fans, amis ou enfant n'ont plus la même intensité, n'ont plus la même profondeur. Et plus cela va, plus il vieillit, plus il se met à parler de banalité et à se soucier de choses qui n'en valent pas la peine. On le voit lutter avec son Silmarillon qu'il ne parvienra pas à achever... mais on sent bien en même temps qu'au fond, il ne s'y met pas vraiment. Comme il le dit dans une de ses dernière lettres, il a perdu courage et ardeur. Il faut avoir lu Home X pour savoir aussi où en était Tolkien de ses réflexions. Il était sur le point de tout recommencer, en harmonisant son univers avec les réalités scientifiques (et théologiques) de notre monde. Aurait-il achevé qu'il nous aurait offert un mond sans grande féérie, ce qui le démotivait sans doute lui-même ! Oui, j'ai été saisi par cette courbe descendante qui commence après le succès du SdA. Tolkien se cache, répond à ses fans de manière souvent hostile ou sévère, et ne regarde plus vraiment le monde autour de lui. Parallèlement, il associe de plus en plus souvent le monde réel et son univers, parlant de Morgoth, d'orques, de Mordor (et même de Lúthien) au sujet de choses parfaitement réelles dans notre monde (j'y reviendrai d'ailleurs dans le fuseau "allégorie").
The Letters - vincent - 10/01/2006 c'est intéressant, Vinyamar ; en particulier ce que tu dis de l'évolution vers un monde plus rationnel, que Tolkien a freinée. "[ses lettres] n'ont plus la même intensité, n'ont plus la même profondeur. Et plus cela va, plus il vieillit, plus il se met à parler de banalité et à se soucier de choses qui n'en valent pas la peine." est-ce que tu ne crois pas qu'il s'agit de détachement, et d'une forme de sagesse ? Vincent The Letters - Vinyamar - 10/01/2006 Du détachement, certainement, et c'est un peu ce que je lui reproche justement (enfin, "reprocher", c'est beaucop dire). Il n'est plus habité par la même flamme, il a considéré le monde, il a vu ce qu'il était capable de faire, et il n'en attend plus grand chose (voir sa lettre sur l'histoire perçue comme un long échec, commentée de manière brillante en ces lieux, mais je ne retrouve plus) Est-ce de la sagesse, je ne saurai le dire. C'est certainement de la prudence, mais ce n'est sans doute pas ce que j'attend le plus d'un auteur (en même temps, nous parlons des Lettres, qui ne sont pas une oeuvre publique a priori). The Letters - Hyarion - 10/01/2006 Vinyamar >>> "Il [Tolkien] était sur le point de tout recommencer, en harmonisant son univers avec les réalités scientifiques (et théologiques) de notre monde. Aurait-il achevé qu'il nous aurait offert un mond sans grande féérie, ce qui le démotivait sans doute lui-même !" On pourra noter que l'univers crée par Tolkien, tout imaginaire qu'il soit, n'est pas si irréaliste que celà : l'île de Numenor, par exemple, ne tient pas compte de la dorsale atlantique... et alors ? Il aurait pu tenir compte du sens des courants marins s'il avait raconté en détails une histoire de pirates ou de navigateurs dans son univers, mais il n'a pas eu à le faire... Pour ce qui est d'un réalisme géographique, il ne faut pas oublier que la Terre de Milieu et tout ce qui en dépend, est sensé nous être connu par un certain Livre Rouge - n'est-ce-pas Vincent ? ;-) -, rédigé semble-t-il à la manière d'un manuscrit médiéval : on ne peut reprocher à l'homme de l'Antiquité ou du Moyen Age d'ignorer la profondeur des océans et la théorie de la tectonique des plaques... Oter la part de fantastique et de merveilleux d'une histoire sensée provenir du Livre Rouge la dénaturerait... Du reste, Tolkien, par ailleurs, ne met en scène la magie qu'à une dose finalement assez réduite... et c'est cet aspect "réaliste" que je préfère... Trop d'auteurs d'oeuvres de Fantasy usent et abusent de la magie pour expliquer telle ou telle péripéties. Tolkien a bien fait de rester réservé sur ce terrain, et d'un autre côté, il est heureux qu'il n'ai pas remanié son oeuvre dans un sens plus "scientifique", ou même "théologique" (il a su, semble-t-il, au contraire éviter les excès d'un C.S. Lewis...)... Cordialement, :-) Hyarion. The Letters - sosryko - 10/01/2006 Il faudrait arrêter de taper sur CS Lewis en le jugeant du jugement de Tolkien et parce qu'il n'a jamais eu l'intention de faire du Tolkien. Quant à dire que Tolkien est moins théologique que Lewis, cela ne me semble pas du tout évident. S'il l'est moins dans le genre (et à condition seulement de se limiter au SdA, parce que si on se penche sur le Silm et les Home...), il ne l'est certainement pas moins dans les intentions. The Letters - Pellucidar - 11/01/2006 Vinyamar > "On le voit lutter avec son Silmarillon qu'il ne parviendra pas à achever... mais on sent bien en même temps qu'au fond, il ne s'y met pas vraiment." Dans la Chesterton Review (1) de février/mai 2002, il y a un extrait du livre (2) - apparemment épuisé - de George Sayer (également ami proche et biographe de C. S. Lewis); un passage confirme tes propos : (...) In my later visits he was nominally hard at work getting The Silmarillion into a form suitable for publication. But after a time I began to wonder how much he really did. I can think of two visits at an interval of a month. On the second I am almost sure that he had the same page open as on the first. I have been told that he spent much of his time reading detective stories. I don’t blame him. (...) Je recommande la lecture dudit extrait en entier : passionnant, émouvant et instructif... (1) Téléchargeable gratuitement au format pdf via tolkiensociety.org (305 pages - 4,9 Mb) The Letters - vincent - 12/01/2006 (un mot rapide avant le chat sur le site de Libération) sur servient : amicalement The Letters - Moraldandil - 12/01/2006 Je n'ai pas encore lu les Lettres de façon suivie jusque très loin (j'en suis à la série d'airgraphs à Christopher) donc il est bien trop tôt pour que je puisse ressentir l'effet que décrit par Vinyamar. Est-ce que cette impression n'est pas en partie le résultat de la sélection de Carpenter ? Nous n'avons en fait que peu de lettres antérieures aux années 40, de sorte que nous voyons peut-être moins la "montée de régime" pour reprendre l'expression. Par ailleurs, plus de lettres choisies pour le périodes tardives signifient aussi plus de lettres de moindre qualité. Un détachement toutefois par rapport à sa création est certainement perceptible à la lecture même des derniers tomes de HoME : Home X nous le montre en train de réfléchir sur ce qu'il a déjà créé et d'en faire une critique presque extérieure, voire même d'envisager de tout détruire pour tout recommencer, rationalisé. La réflexion tend à se subsitituer à la vision féérique. Christopher parle dans son introduction de doute potentiellement destructeur. Et sans voir dans Smith une autobiographie déguisée, il y a un ressenti personnel dans cette histoire de rendre l'Etoile pour la passer à la génération suivante. Tolkien écrit sombrement dans la lettre n° 299 que "c'est le livre d'un vieillard, déjà lourd du présage de la "perte"". Et quand Vinyamar se demande : Comme si son oeuvre avait tout dit (avec le Silmarillon auquel il fait constamment référence), comme si sa pensée s'y incarnait (et s'y arrêtait) et qu'il n'avait du coup plus besoin de nous offrir mieux. cela me rappelle que dans le Silmarillion Fëanor affirme - et il n'est pas dénié : Pour les plus humbles comme pour les plus grands, il est une œuvre qu'il ne leur est donné d'accomplir qu'une fois et, dans cette œuvre, leur cœur se met tout entier. Il se peut que je laisse sortir les joyaux, mais jamais je n'en ferai de semblables, et, si je dois les briser, je me briserai le cœur et j'en mourrai, moi le premier de tous les Eldar venus au Pays d'Aman. Je crois qu'une part des difficultés qu'a eu Tolkien à publier le Silmarillion était que cela impliquait de le figer et de le terminer. A la fin de sa vie, l'ouvre occupait une place considérable dans son esprit(comme nous le révèlent ces allusions fréquentes relevées par Vinyamar), il savait qu'il ne ferait plus quelque chose de semblable, et il est facilement concevable qu'il n'ait pu se résoudre à y mettre un point final. B. The Letters - vincent - 14/01/2006 Je souscris à la remarque de Bertrand : il ne faut pas sous-estimer l'effet produit par la sélection des Lettres : il se dit, dans le milieu tolkienien, que la sélection était au départ beaucoup plus importante, mais qu'il a fallu la réduire pour publier un seul volume, et non deux ou trois (malheureusement...). voir aussi la description par Carpenter du travail de sélection, dans la préface. quant à la citation de Fëanor, elle possède clairement une dimension réflexive - je la cite dès l'introduction des _Rivages_, en la rapprochement de la lettre où Tolkien exprime son sentiment d'exposer son coeur en publiant _le Seigneur des Anneaux_. amicalement The Letters - Kendra - 15/01/2006 Une petite question sur la traduction de la note 4 de la lettre 211 "Elwing" est donnée comme "pluie d'étoile". Est-ce pour différencier d'Elros ? Il me semble que les deux signigient plus ou moins "écume d'étoile" ou "embrum d'étoile", et que "wing" signifie "écume", comme dans "vingilot" "fleur d'écume". Mais Edouard Kloczko traduit "winge" par "spray, foam, crest of wave" "spray" est plus proche de pluie très fine (embrun) que d'écume mousseuse. Est-ce que finaleent les deux prénoms ont le même sens, où y a-t-il une différence ? The Letters - vincent - 16/01/2006 Kendra : ces traductions proviennent de l'index du _Silmarillion_. J'ai préféré ne pas y toucher de manière ponctuelle, car je pense qu'une révision d'ensemble du texte serait une bonne chose amicalement The Letters - Feuille de Niggle - 02/02/2006 Est-ce qu'il sera possible d'envisager une version "livre de poche" et, si oui, combien de temps faudra-t-il compter pour la trouver en librairie? -- j'imagine que ça va se compter en années... FdN -- toute triste de ne pas pouvoir les lire :,( The Letters - Feuille de Niggle - 10/02/2006 -- heho? y a-t-il quelqu un par ici qui puisse me repondre? The Letters - vincent - 10/02/2006 bonsoir Feuille de Niggle, tu sais, parfois, une semaine est un délai très court. a priori, il n'y a pas d'édition de poche prévue pour les Lettres (elle ferait combien de pages, d'ailleurs ?!). tu dois faire référence au prix, et tu as raison ; j'ai eu l'occasion d'en parler un peu plus haut, je crois. amicalement |